Mardi 4 Avril 2000


Je ne répondis pas, je ne pouvais lui répondre.

Le film se finit quelques minutes plus tard lorsque finalement les deux personnages finissent par s'entendre.

On sortit pour déboucher dans la rue. On marchait silencieusement, ma main dans la sienne.

-Tu n'as pas répondu, me rappela-t-il.

Je ne répondis pas, je gagnais du temps, passant ma main libre dans mes cheveux.

-Lynn? m'appela-t-il.

Je le regardai dans les yeux pour lui répondre.

-Je suis désolée.

-Pourquoi ? Tu as raison, ancien Mangemort, loup-garou, orphelin, énonça-t-il.

Il était amer, plus que je ne l'avais jamais connu.

-Ce n'est pas pour ça, me défendis-je avec humeur.

Comment pouvait-il dire toutes ces choses. Alors que c'était moi qui me sentait tellement vide depuis…

-Toutes les raisons que tu annonces, je m'en fiche. Mon père est un loup-garou et je l'aime. J'ai été orpheline. Tout ce que tu dis, je m'en fous. Je ne veux tout simplement pas me marier. Ce n'est pas une question de sentiments ou de statut social. Tu es le meilleur homme que j'ai jamais rencontré et si ce n'est pas avec toi, ce ne sera avec personne. Mais je ne veux pas.

Il me fixait sans ciller.

-Ne doute pas de moi, je t'en prie, suppliai-je.

Je pris son visage entre mes mains, priant pour qu'il ne me rejette pas. Je fermai les yeux. Je sentis son visage s'étirer. Il souriait.

-Tu n'es jamais comme les autres, hein ?

J'acquiesçai en souriant. Il m'embrassa et nous continuâmes à marcher.

On finit par transplaner pour rentrer, tout le monde dormait. Je fis escale dans la chambre des enfants pour vérifier que tout allait bien puis me dirigeai vers la mienne.

Il m'attendait, assis sur le lit fixant la fenêtre. Il ne s'était pas déshabillé. Je fermai la porte et il me regarda. Je m'assis au bout du lit. J'enlevai mes chaussures, puis mes bas. Je défis mon chignon et le rejoignis. Je posai la tête sur son torse.

-Je t'aime, murmurai-je.

-Je sais, répondit-il en caressant mes cheveux.

Je relevai la tête vers lui et sourit. Il m'avait embêtée dans le cinéma avec des chatouilles. Chacun son tour. Je m'assis et commençai à l'embrasser dans le cou, sur les joues. Partout sauf sur la bouche.

Il se mit à rire et instinctivement, on mit chacun un doigt devant notre bouche en chuchotant: ''chut !''. Puis on se mit à rire.

-Je crois que j'ai encore 15 ans, ris-je en le regardant.

-Tant mieux, je vais pouvoir te prouver que non, rit-il à son tour en approchant son visage du mien. Est-ce qu'à quinze ans tu faisais ca ?

Il m'embrassa fougueusement, une main dans le creux de mes reins pour me rapprocher de lui. On sépara nos lèvres de quelques millimètres. Je pouvais toujours sentir son souffle.

-Bien sûr que oui, tu n'étais pas le premier blondinet.

Je le faisais exprès. Il le savait. Je le savais. Mais on adorait notre jeu à ce moment précis.

-Et ça? murmura-t-il dans le creux de mon oreille.

Il passa une main sous ma robe pour caresser mon dos. Il m'embrassait en me poussant pour m'allonger sur le lit.

-Alors ?

-Déjà fait! mentis-je en prenant sa chemise à deux mains pour le rapprocher de moi.