Hola!
Pline m'a donné une citation tirée de "Esprits Criminels" ce matin. Une très belle citation qu'elle a associé à Tony. Elle m'a demandé d'en faire un petit quelque chose.
Pline, voilà donc pour toi. Comme je te l'ai dis, c'est sombre, très sombre. Mais je trouvais que ça collait plutôt bien avec la citation!
Bonne lecture!
Le héros noir
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"Le héros noir a une armure de sang séchée. Il est sale et, à longueur de temps, il nie de toutes ses forces être un héros."
Franz Miller
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L'open space était plongé dans le noir à cette heure plus que matinale. Il y était seul, ombre parmi les ombres, une pâle apparition au teint fantomatique se glissant jusqu'à son bureau pour y déposer ses affaires.
Le dos droit, les muscles encore raidis par cette journée éprouvante, le visage fermé, l'agent très spécial n'était en cette heure matinale qu'une sombre image de lui-même, une personne qui ne rêvait que de se plonger sous sa couette pour oublier cette journée éprouvante. Il était pourtant passé par son bureau, à plus de deux heures du matin, pour aller taper son rapport et boucler cette histoire au plus vite, afin de ne plus jamais en entendre parler par la suite.
Aujourd'hui, il avait tué un homme de sang froid, encore une fois. Un homme qui menaçait d'arracher la vie à une enfant de sept ans. Il avait eu le sang de cet individu sur les mains, sur ses habits, sur ses chaussures. Il avait abattu ce trentenaire d'une balle en plein front, sans ressentir une seule seconde un seul sentiment de culpabilité. En fait, il avait été soulagé. Satisfait. Quand Arlem Georges, cet individu, s'était écroulé à ses pieds une seconde après qu'il ait fait feu sur lui, il avait même esquissé un sourire. Savoir que l'ignoble être humain qui avait fait du mal à plusieurs enfants n'en ferait plus avait été pour lui une satisfaction, savoir que cet individu était mort de sa main presque une fierté.
Il savait que c'était mal. De ressentir cette sensation alors que l'on venait de prendre la vie de quelqu'un, même si ce quelqu'un n'était qu'un ignoble individu. Mais il n'arrivait pas à arrêter de penser que cet ogre l'avait mérité et qu'il recommencerait sans hésitation. Ce qui lui donnait d'autant plus de remords.
Tuer des hommes faisait partie de son métier, mais, d'habitude, il ressentait toujours cette sensation de culpabilité quand il faisait feu.
Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, à l'instant où Arlem Georges avait poussé son dernier souffle, il n'y avait rien eu, à l'exception de la … Satisfaction.
Il s'écroula sur son fauteuil, l'air sombre, son manteau toujours sur ses épaules. Dehors, il neigeait. Quelque part, dans Washington, une petite fille de sept ans devait maintenant se reposer dans les bras de sa maman. Il avait permis à un enfant de continuer à vivre, de voir l'avenir. Sans un seul regret.
Ce qui le minait à présent. Il espérait vraiment ne pas être devenu l'une de ces machines à tuer qui appuie sur la gâchette sans penser aux conséquences. Il voulait continuer à ressentir cette pointe de culpabilité avant de prendre une vie. Même si cette vie ne le méritait pas.
Il en avait besoin. C'était ce qui le construisait et qui faisait de lui l'homme qu'il était. Anthony DiNozzo Junior.
Alors?
