Dans un quartier bien modeste, parsemé d'immeubles ni trop grand, ni trop petit, Hélène n'arrivait pas non plus à dormir en repensant à cette journée des plus surprenantes. Elle repensait au couple qu'elle avait eu devant les yeux. Les tourtereaux étaient si beaux et si harmonieux. Elle avait eu l'impression de voir briller dans les rayons du soleil, le fil rouge du destin joindre leur petit doigt ensemble. De plus, elle n'arrivait toujours pas à revenir de la personnalité de l'institutrice de sa petite soeur. Hinata, celle sur qui des étudiantes jalouses cassaient des oeufs tout au long de la journée, était prête à faire preuve d'un tel altruisme qu'elle l'enviait presque. Plus Hélène la côtoyait, plus son comportement allait à l'encontre de qu'on lui avait raconté. De plus, elle se surprenait à apprécier d'être en sa compagnie. Dans d'autres circonstances, elle était certaine que toutes deux auraient pu devenir de grandes amies. Malheureusement, elle tremblait à l'idée que quelqu'un découvrait son lien avec elle et qu'elle en fasse les frais. C'était pourquoi elle n'en parlait pas et qu'elle priait pour qu'Halya ne l'apprenne jamais. Au fil des minutes, le sommeil pesa sur ses paupières qui finirent par se fermer, imité dans une autre demeure, par un jeune homme aux cheveux dorés.
Le lendemain, rien de particulier ne se passa sous le toit de l'Uzumaki. Les deux amoureux avaient passé la matinée, ou du moins le peu de temps qui restait en ce matin au vu de la grâce matinée de Naruto, ensemble. Bon à demi-ensemble. En effet, encore une fois, le blond s'assurait toujours d'avoir son téléphone à porter de main. Sasuke l'avait surpris encore une fois un peu isolé entrain d'envoyer plusieurs sms visiblement, profitant que sa belle aidait Juugo à préparer de bons petits plats pour le midi. Contrairement à la veille, il haussa juste les épaules, voulant tenir ce qu'il avait décidé. L'après-midi fut consacré aux amis que le quatuor retrouva dans un bar et pour une promenade sous les arbres fleuris du parc. Bizarrement, Sakura en était absente. Ino les informa qu'elle avait annulé sa venue à la dernière minute, en prétextant qu'elle n'avait pas envi de sortir de chez elle et que sa mère avait de toute façon besoin d'elle. Son refus avait attristé et préoccupé la blonde. D'ailleurs, Naruto en avait froncé les sourcils avant de souffler comme déçu d'avoir échoué quelque part. Il en serra son téléphone dans son poing alors que son pouce en frottait l'écran comme s'il résistait à l'allumer.
Ainsi, le temps qui restait avant la séparation les futurs officiers de leurs camarades ne fut pas un enchantement pour Ino et pour le petit-ami d'Hinata. Cette dernière tentait bien de divertir son aimé en le choyant d'attentions, mais à part un sourire, ce n'était pas vraiment d'un grand succès. A force, elle se demandait si elle avait fait quelque chose de mal... ou alors... si une autre personne habitait l'esprit de son aimé comme le suggéraient certains pamphlets de sa connaissance... Et si, cette personne était Sakura. Bon, en tant qu'ami, c'était normal que Naruto s'en inquiète, mais delà en en oublier presque à son existence, c'était un peu exagéré, enfin à son avis. Affligée par cette hypothèse, la Hyuga s'était alors un peu éloignée du groupe seule, mais pas pour longtemps. En effet, Kiba l'avait vue et un peu inquiet, il s'approcha d'elle prudemment. Il fallait dire que depuis qu'elle lui avait demandé de prendre un peu ses distances, le jeune Inuzuka avait respecté la consigne et marchait maintenant sur des oeufs.
"- Ca va Hinata ?
- Ah, Kiba, c'est toi, lui sourit-elle. Oui, ça va. Un peu de fatigue, c'est tout.
- C'est vrai que la fin de l'année universitaire est assez dense."
Un silence suivit cette pseudo discussion qui n'était que banalité. Un observateur étranger ne se serait jamais douté que les deux se connaissaient depuis des années. Ne désirant pas rester ainsi, le maître d'Akamaru tenta de trouver un sujet à aborder.
"- Et avec Naruto, tout va bien ?
- Oui, répondit son amie d'enfance d'un ton peu sûre d'elle. Pourquoi ?
- Je ne sais pas... Une impression qu'il se comporte comme le baka qu'il est et...
- Kiba, si c'est pour dénigrer mon petit-ami que tu es venu me voir, autant arrêter tout de suite, le menaça Hinata. Je t'ai pourtant demandé d'arrêter ça.
- Pardon, s'excusa le jeune homme. Ce n'était pas mon intention, je t'assure... Je t'ai vue triste. J'ai cru qu'il avait encore fait des siennes et...
- Hinata, appela une voix masculine qui fit grogner l'Inuzuka.
- Naruto ! Se tourna la jeune femme.
- Viens," lui ordonna le blond en lui tendant la main tout en défiant son "rival" du regard.
La Hyuga se trouvait au milieu des deux à les regarder l'un après l'autre avant de se concentrer sur son ami d'enfance. Puis, d'un signe de tête désolé, elle fit volte face, lui montrant son dos alors qu'elle lia ses doigts à ceux de son aimé. Ce dernier s'empressa à la tirer vers lui pour l'accueillir contre lui dans un mouvement possessif. Sans un mot, son bras posé sur les épaules de sa belle, il l'entraîna plus loin sans quitter Kiba des yeux pour ensuite le snober royalement. Le maître d'Akamaru mit ses mains dans ses poches en pestant et rejoignit, en tapant dans un caillou de frustration, Shino posté plus loin qui l'accueillit en secouant la tête en signe de désaveu. Par ce geste, il tentait de faire comprendre à son complice de toujours qu'il n'avait pas su y faire et que c'était surtout trop tôt. L'Inuzuka n'ajouta rien, à part soufflant en râlant.
De leur côté, Hinata n'osait pas regarder son petit-ami qui visiblement n'avait pas aimé voir l'autre comme il l'aimait l'appeler quand il était en colère s'approcher d'elle, et cela, elle le savait. Elle allait s'excuser que Naruto ne lui laissa pas le temps, l'embrassant par surprise. Bien que prise au dépourvu, elle ne s'écarta pas, bien au contraire, y répondit. Son blond en fut heureux et pensa "dans tes dents Inuzuka" alors qu'il s'assurait que ce dernier le voyait bien protéger son territoire. Il n'avait pas du tout apprécié le voir s'approcher de sa belle, mais surtout ses insinuations qu'il avait parfaitement entendu. Bon, il était vrai qu'il s'était montré négligent, inquiet qu'il était depuis quelques temps, mais ce crétin n'avait pas le droit de se faufiler ainsi pour le lui piquer ou lui souffler l'idée de le quitter.
En tout cas, cette intervention eut le don de réveiller l'ardeur de l'amour d'un blond qui avait vu son esprit un peu trop pollué par des éléments extérieurs. Les dires de Kiba lui avait fait réaliser que oui, il avait laissé de côté la seule personne qui n'aurait jamais dû être mise sur le banc de touche. Naruto passa donc le peu de temps qui lui restait auprès de sa belle, la faisant virevolter dans les pétales de fleurs et la faisant rire par son espièglerie, oubliant son téléphone. Sasuke qui les regardait auprès de Juugo, avait l'impression de retrouver le Naruto qui connaissait depuis des années, celui qui riait et de qui on riait quand il exerçait ses dons de clown, celui qui se foutait des jugements des autres sur sa façon d'être. La plus heureuse était bien sûre Hinata dont le coeur n'arrêtait pas de battre dangereusement vite tellement la joie l'habitait de revoir son aimé ainsi avec elle. Par contre, une autre personne n'aimait pas beaucoup de voir sa cousine ainsi traitée. C'était une Hyuga et la dignité devrait être sa ligne de conduite et courir ainsi au risque de tâcher sa tenue de boue n'était pas une preuve de dignité.
"- Ca fait plaisir de la voir si heureuse, n'est-ce pas Neji ?
- Si tu le dis, Tenten, mais je ne vois pas en quoi c'est jouissif un tel manque à la bienséance. Naruto ne se rend pas compte des conséquences d'une telle attitude pour elle.
- Neji, arrête ! Hinata ne fait que s'amuser et d'apprécier le temps que son copain lui consacre, affirma sa copine dont le ton passa de la colère à la tristesse. Moi, je l'envie.
- A t'entendre, tu m'accuserais de te négliger et de te rendre malheureuse.
- Tu es bien un génie pour l'avoir compris, car oui, tu as raison. C'est ce que je pense, l'accusa la jeune femme aux macarons. Depuis qu'Hinata est en couple, c'est comme si je n'existais plus. J'ai beau de rabâcher la chose depuis des mois, tu n'en as rien à faire.
- Je suis comme je suis et si cela ne te plaît pas... tu n'as qu'à partir, je ne te retiens pas, se mit en colère le Hyuga avant de regretter ses paroles quand il vit des larmes glissées sur les joues de sa petite-amie.
- Tenten, je...
- Laisse tombé, j'ai compris, le coupa-t-elle. Tu ne veux plus de moi... Très bien, je m'en vais, puisque je suis de trop."
Après ses mots, elle partit en lui tournant le dos en marchant, mais surtout en résistant à son envie de courir pour fuir. Comme elle voudrait le faire pour pleurer d'avoir été quittée ainsi, avec si peu de délicatesse, car pour elle, c'était une rupture. Neji, quand à lui, resta sans bouger, ne comprenant pas vraiment la situation. Ce fut la voix de Kiba qui le sortit de sa léthargie.
"- Et ben, notre glaçon national s'est-il transformé en statue ?
- Que...
- Non, il est vivant, se moqua l'Inuzuka. Que se passe-t-il ?
- Rien, je me suis juste disputer avec Tenten.
- Laisse-moi deviner... à cause de Naruto et d'Hinata sans doute ?
-...
- Je prends ton silence pour un oui, décida le maître d'Akamaru. Moi aussi, je me suis pris un râteau mémorable.
- Tu l'as cherché, je te signale, le nargua le Hyuga qui n'aurait pas non plus satisfait si sa cousine était sorti avec ce coureur de jupon. Et puis pour recevoir un râteau, il faudrait que tu sois épris, à moins que je me trompe, tu ne l'es pas.
- Mmm, qui sait, affirma songeur son voisin.
- Kiba, ne joue pas avoir moi. Je ne suis pas Naruto.
- Bon, ok, désarma-t-il. Je me rends. J'avoue l'avoir été, mais plus maintenant. Disons que tout comme toi, j'attends Naruto au tournant et que pour l'instant il a plus de points négatifs que de points positifs... Les deux nous cachent quelques choses et je n'aime pas ça.
- Tu m'en diras tant.
- Par contre, tu ne devrais pas laisser tout ça mettre en danger ton couple... Tenten est patiente, mais elle a ses limites. Si tu l'aimes, alors tu devrais aller t'excuser.
- Dis celui qui enchaîne les aventures d'un soir.
- Justement... Tu as eu la chance de trouver chaussure à ton pied et ce n'est pas sûr que cela se reproduise si vous rompez à cause de cette histoire. Il n'y aura que des regrets, souffla Kiba en regardant le ciel. Moi, la vie à deux... très peu pour moi... Je veux être libre comme l'air, à l'image d'un oiseau... L'amour, c'est comme une prison."
Neji ne rajouta rien de plus. Bien qu'il ne partageait pas la vision de son ami, il pouvait comprendre ce qu'il avançait. Lui-même, par amour fraternel et obligation familiale, il était prisonnier du devoir de protéger Hinata des autres, mais aussi d'elle-même. Cependant, concernant ses sentiments pour Tenten, qu'en était-il ? Il ne s'était jamais senti emprisonner, bien au contraire. Par sa personnalité de femme libre, elle l'avait libéré du carcan de sa famille en lui offrant une boule d'oxygène, un moyen de s'évader. Au fil du temps, elle lui était devenu indispensable pour supporter toute cette pression mise sur ses épaules, mais alors pourquoi un tel acharnement vis-à-vis de sa cousine et de son petit-ami ? Il ne trouva aucune réponse, Kiba lui coupant sa réflexion.
"- Si tu penses comme moi, reste et laisse-la te quitter ou quitte la. Dans le cas contraire, tu devrais la rattraper avant qu'il ne soit trop tard.
- Je n'ai jamais dit à Tenten que je voulais rompre.
- Peut-être, mais c'est ce qu'elle a compris quand j'ai vu sa tête, le provoqua le maître d'Akamaru. Maintenant, fais ton choix."
Après une micro-seconde d'intense rétrospection, ce fut un sourire sur les lèvres que Kiba vit le Hyuga prendre les jambes à son cou dans l'espoir de rattraper sa moitié. Satisfait d'avoir fait sa bonne action de la journée, il vit son meilleur ami se pointer à ses côtés.
"- C'est vraiment ce que tu penses ?
- Oui, Shino, c'est ce que je pense, lui répondit son compagnon de toujours. Toi aussi non ?
- Pas vraiment.
- Pourtant ta vie est aussi dissolue que la mienne. Bien que tu sors moins que moi, je le reconnais.
- C'est vrai, je m'amuse, à la recherche d'un peu de chaleur humaine que quand j'en ressens le besoin. C'est pourquoi je sors moins que toi. Cependant, je suis prêt à laisser ce genre de vie de côté si je trouve ma perle rare.
- Serais-tu entrain d'insinuer que tu espères la trouver durant une de nos soirées ? Tu dois déchanter souvent alors, se moqua l'Inuzuka. Et puis, en commençant par le sexe, tu prends les choses à l'envers.
- Qui sait, lui renvoya dans la figure Shino. Aucune règle dicte que nous devons finir nos soirées par une partie de jambe en l'air. Cela peut représenter un moyen de rencontrer quelqu'un.
- A t'entendre, cela t'ait déjà arrivé d'avoir juste partagé un café sans plus, continua à se moquer son ami. Laisse-moi rire.
- C'est pourtant le cas, confirma l'Aburame en restant stoïque comme à ses habitudes.
- Mouais, n'était pas convaincu Kiba après avoir été sans voix pendant une seconde. Et bien, ce n'est pas ma philosophie... Je ne crois plus en l'amour.
- A cause de ta mère ?"
Etait-ce à cause de l'histoire de sa famille ? Peut-être. Celle qui l'avait élevée pratiquement seule, du moment où son père était trop occupé à boire, s'était enfermée dans une relation amoureuse qui était devenu destructrice jusqu'à ce que la mort de son mari la délivre. L'amour s'était transformé en devoir, refusant de divorcer pour des raisons qui lui étaient propres. Chez les Inuzuka, on ne divorçait pas, on mourrait marié. Ainsi, suivant les préceptes de sa famille, elle avait souffert de voir l'homme qu'elle avait aimé se détruire dans l'alcool pour finir de perdre la moindre once de respect pour lui, lui qui l'avait trahie, ainsi que les valeurs familiales. Il ne voulait pas se sentir enfermer dans ce risque de vivre la même chose.
"- ... Entre autre ... et quand je me souviens de la souffrance d'Hinata, enfermée dans des sentiments depuis si longtemps pour lui, je n'ai pas envi de cela... Et puis, j'ai quand même un peu eu mal de voir mes sentiments pour elle non réciproque alors... Non, ce n'est pas pour moi.
- Elle a l'air pourtant heureuse et c'est plutôt nous qui les emmerdons, fut pragmatique l'Aburame.
- Jusqu'à ce qu'il lui brise le coeur. Je ne fais que d'être en arrière-garde, près à ramasser les morceaux pour éviter qu'elle fasse une bêtise.
- Hinata n'est pas aussi faible que tu le penses.
- Mmm, douta Kiba. Je ne suis pas croyant, mais comme dis l'expression, que Dieu t'entende."
Sur ses mots, les deux amis en restèrent là avant de se mêler une nouvelle fois aux discussions du groupe et partager un dernier verre avant leur séparation. Pendant que duraient ces conversations, Tenten était passée auprès de Lee qui ne comprenait plus rien à la mésentente entre ses deux amis d'enfance. Il allait interpeller Neji au moment où Kiba l'abordait, mais s'interrompit quand il entendit son téléphone sonner. Décrochant, ses yeux s'illuminèrent.
"- Sakura, salua-t-il. Que puis-je pour toi ?"
-...
- Oui, Naruto est avec moi, enfin avec nous. Pourquoi ?
- ...
- Je ne sais pas pourquoi il ne décroche pas. Il a peut-être éteint son téléphone vu qu'il est avec Hinata à roucouler comme un dingue. Tu devrais voir ça. C'est trop marrant. On dirait de vrais gamins, affirma Lee avant de réaliser qu'il faisait des éloges d'un couple qui faisait souffrir la rose. Euh pardon. Tu n'as certainement pas envi d'entendre ça, mais tu sais, je suis là si tu veux parler ou te changer les idées.
-...
- C'est vrai ! Ok, j'arrive tout de suite," cria presque heureux le disciple de Gaï.
Ce fut ainsi que le groupe perdit un de leur membre qui partit en les saluant à peine sous le regard suspicieux de Neji qui avait stoppé ses recherches de sa copine. En effet, après avoir compris la portée de ses mots dits sur le coup de la colère, il était parti à ses trousses, mais un peu tard pour savoir où elle s'était dirigée. Conscient qu'elle ne devait pas être loin, il avait l'espoir de la retrouver. De son côté, Sakura était heureuse d'avoir un peu de compagnie en l'absence de ses parents, sortis faire quelques courses. Ce qui était étrange, vu qu'elle avait refusé de rejoindre Ino quand elle lui avait rappelé le programme de la journée. En fait, sur le coup, elle n'avait pas eu du tout envi de se retrouver au milieu du monde, mais surtout de leur montrer son visage pâle et marqué par la fatigue et ses idées noires.
Au fil du temps, sa solitude l'avait pesée énormément qu'elle avait commencé à suer à grosses gouttes, sa respiration devenant précipité et incontrôlable alors qu'elle avait l'impression de manquer d'air, son coeur comprimé dans un étau. Reprenant le contrôle de son corps, elle avait réussi à éviter la crise d'angoisse. Elle avait alors pensé à solliciter Ino, mais se rappelant Saï, elle y avait renoncé. Puis l'image de Naruto lui était venu à l'esprit, mais encore une fois, l'ombre d'Hinata fit surface, la stoppant dans sa résolution de composer son numéro. Elle n'allait quand même pas se remettre entre eux. Pourtant, elle avait fini par le faire, mais elle était tombée sur son répondeur. Une part d'elle en fut d'ailleurs soulagée. C'était là qu'elle avait pensé à Lee et à toutes les intentions qu'il lui offrait avec bonté. C'était peut-être égoïste de se servir de ses sentiments à son égard, mais le silence de la demeure et le retour des symptômes de l'angoisse l'avaient alors convaincue de le joindre. Ce fut donc presque heureuse qu'elle entendit la sonnette et qu'elle ouvrit à son ami.
Les deux amis passèrent donc le reste de l'après-midi ensemble, discutant de tout et de rien, Sakura rigolant des pitreries de Lee alors qu'il perdait au jeu vidéo qu'ils partageaient. Alors que l'heure de la séparation allait bientôt sonner, Neji retrouva Tenten. Celle-ci était à l'arrêt du bus entrain d'attendre après avoir déambulé seule dans le parc pendant un moment. L'ayant accompagné, il n'était pas étonné de la voir ici. S'avançant doucement, mais surtout sûr de lui et de son emprise sur la jeune femme, il la prit par surprise en la saisissant pour la plaquer contre lui. Se croyant agressée, elle réagit promptement et d'un mouvement souple, lui fit une clé qui l'envoya sur les fesses devant le regard médusé des personnes présentes sous l'abri. Reconnaissant son petit-ami, le jeune athlète voulut se précipiter vers lui pour s'excuser, mais leur dispute récente l'en empêcha, lui en voulant encore. Le Hyuga dût se relever seul, mais au lieu de se sentir en colère, lui sourit, reconnaissant bien là les réflexes de sa dulcinée. Elle était forte, cela ne faisait aucun doute et il en était fier.
"- Si au moins Hinata possédait ta force, je me ferai pas autant de soucis pour elle.
-... C'est tout ce que tu trouves à dire, lui dit-elle en le foudroyant de ses yeux rouges à force d'avoir pleuré sur le chemin. Encore et toujours Hinata... A chaque fois que nous nous voyons, tu me rabâches les oreilles avec elle. J'en ai marre.
- Je...
- Au final, tu as bien fait de me mettre les barres sur les T en rompant... Au moins je ne souffrirais plus de te voir te préoccuper plus de ma meilleure amie que de moi. Je t'ai donnée plusieurs chances et tu m'as promis de faire attention, mais non, monsieur préfère faire la sourde oreille..."
Tenten continua à vociférer ainsi devant tout le monde, se mettant en spectacle en plus de mener la vie dure aux nerfs de son petit-ami qui n'aimait pas du tout entendre des spectateurs commencer à chuchoter sur leur compte. Prenant son bras, il l'entraîna dans un coin isolé et la serra dans ses bras le temps qu'elle se calme.
"- Je refuse de rompre... Tu t'ais montée un film toute seule.
- Mais...
- J'étais en colère, c'est tout. Je reconnais que j'y vais un peu fort avec toute cette histoire, mais il faut que tu comprennes... Ma famille m'a confié Hinata.
- Mais tu connais Naruto, tu le côtoies tous les jours, alors comment tu peux penser qu'il puisse lui faire du mal... ou qu'Hinata puisse compromettre l'honneur des Hyuga. Je ne saisis pas ce besoin. Est-ce vraiment qu'à cause de ton devoir envers ta famille ou existe-t-il un autre lien ?
- Je vais être honnête avec toi. Je ne comprends pas moi-même d'où cela vient. C'est à la fois un devoir et un besoin viscéral... Et puis, reconnaît que Naruto a changé et cela me fait craindre qu'Hinata en souffre un jour, qu'il n'est avec qu'elle que pour profiter de l'influence des Hyuga.
- C'est vrai qu'il a changé, mais delà à faire souffrir Hinata, il y a un océan... Et de nous oublier encore plus...
- Je... Tenten, je ne suis pas doué pour les excuses, tu le sais, mais...
- Ca, c'est sûr, le nargua la jeune femme en le coupant et en lui tournant le dos.
- Je suis prêt à ce que tu m'aides à passer à autre chose, à accepter de voir les choses autrement pour Hinata et Naruto.
- Tu en es vraiment sûr ? Douta la fille de Yura. Parce que la dernière fois, tu m'as vraiment fait prendre des vessies pour des lanternes et je refuse de retomber dans le panneau.
- Ecoute, je ne peux pas te promettre que cela arrivera du jour au lendemain, mais...
- Non, toi, tu vas m'écouter, se retourna Tenten en le foudroyant du regard. Si c'est pour que tu recommences ton cinéma dans quelques jours ou semaines, ce n'est pas la peine... autant qu'on se sépare maintenant... C'est trop dur de te voir te préoccuper ainsi d'une autre,..., de te partager avec une autre,..., même si cette autre se trouve être Hinata.
- Tenten, je ne veux pas te perdre, affirma avec force Neji en posant ses mains sur les épaules de sa belle. Mon devoir me dicte de protéger Hinata, mais mon coeur t'a choisie toi et uniquement toi, personne d'autre. Il faut que tu le comprennes. Je vais avoir besoin de temps et je ne peux pas y arriver sans toi... Je peux te promettre juste de ne plus te bassiner avec le couple de ma cousine, de ne plus passer tout mon temps à les surveiller, mais ne m'empêche pas d'accomplir mon devoir de loin.
-...
- Je suis conscient que c'est égoïste, mais je veux l'être car je t'aime et tu m'aimes encore, je le sais. Veux-tu bien me laisser une énième chance au nom de tout ce qu'on a partagé ensemble ?
-... Je ne sais pas, Neji, hésita la jeune femme. Je ne sais plus... J'ai peur de ne pas être celle qui te convient et que tu m'abandonnes pour une de ces pouffiasses qui appartiennent à ton monde. Toute cette situation est entrain de détruire mes certitudes."
A ces mots, Neji eut un moment de lucidité. Sa petite-amie était rongée par le doute de ne pas mériter sa place dans son cœur, de ne pas faire honneur à son nom. Penserait-elle donc que les anciens envisageraient une union entre Hinata et lui, entre cousins ? Cela était pratiqué durant les siècles derniers. En fait et cela, il ne l'allait certainement pas le lui annoncer, mais c'était encore tout à fait possible, même à notre époque moderne. La législation autorisait le mariage entre cousins. Deux types d'union étaient en réalité interdits par le code civil.
D'abord les mariages "en ligne directe", donc avec son père, sa mère, ses grands-parents, ses arrière-grands-parents, ses enfants, ou ses petits-enfants. Ensuite "en ligne collatérale", interdiction de se marier avec son frère, sa soeur, son oncle, sa nièce, sa tante ou son neveu. En d'autre terme, dès qu'un lien de parenté directe, c'est-à-dire entre deux personnes ayant un ancêtre commun était établie. Même en cas d'un lien d'alliance, c'était impossible, même après divorce ou veuvage. Ainsi, les personnes divorcées ou veuves ne pouvaient épouser ni un enfant de leur ex-époux, ni un parent de leur ex-époux. Autrement dit, par exemple, il était interdit à un fils issu d'une première union d'épouser sa belle-mère en cas de séparation, et à une mère d'épouser l'ex de son fils. La loi prévoyait que dans certains cas, une fois que la personne qui a créé l'alliance était décédée, une dérogation puisse être accordée par le Président de la République, mais en pratique, elle était très exceptionnelle. Sur le plan civil, le Hyuga le pourrait donc, mais sur un autre plan, c'était une toute autre histoire.
"- Tenten, les lois catholiques refusent une telle union, à moins de posséder au minimum un lien de parenté au quatrième degré, commença à expliquer Neji. De par ma religion, il m'est interdit d'épouser Hinata. Elle est ma cousine au premier degré. Personne, même de ma famille, ne peut m'y obliger ou accorder une telle union. Le seul qui a assez de pouvoir pour le faire, c'est le pape. Il est le seul à pouvoir rédiger une bulle papale qui autoriserait devant Dieu un tel mariage... Mais ma famille n'est pas assez puissante pour avoir une telle grâce. Seul un roi peut avoir une petite chance de se voir apposer le sceau de sa Sainteté si c'était une nécessité absolue.
- Peut-être, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne prévoient pas de te lier à une autre grande famille... Ou que toi-même tu ne l'as pas envisagé.
- Tenten, tu ne peux pas savoir comme je suis heureux et fier d'avoir une petite-amie telle que toi à mes côtés, n'en doute pas. Je me sens libre avec toi, comme jamais je l'étais auparavant, insista le futur polytechnicien qui avait compris qu'il fallait beaucoup plus que des paroles pour la rassurer. C'est pourquoi..."
Neji fit une pause quand il vit que sa belle avait du mal à le regarder dans les yeux, comme si elle avait peur de craquer si elle y plongeait les siens. Il fallait avouer que sa supposition était dans le vrai. La jeune femme était indéniablement amoureuse de ce mufle de Hyuga. Son coeur ne faisait que danser la chamade depuis tout à l'heure, à chaque parole, à chaque éclat qu'elle percevait dans ses pupilles quand il lui ouvrait son âme sur la réalité de son amour pour elle. Il avait le contrôle sur son bonheur et sur tout son être que la perspective de le quitter la rendait malade, mais sa fierté la poussait à résister et le cacher. Enfin, cacher était un grand mot, car l'homme devant elle avait vu juste. Elle l'aimait encore malgré sa négligence, malgré son obsession sur sa cousine, malgré sa froideur et son pragmatisme. Cependant, pouvait-elle encore prendre le risque de lui faire une confiance ?
C'était pourquoi, elle refusait de le regarder pour ne pas craquer, pour ne pas lui montrer ce dilemme qui augmentait à chacune de ses paroles, mais surtout ses convictions et sa fureur qui s'envolaient vers le ciel dès que sa main caressait sa peau. Le Hyuga ne l'entendit pas ainsi. Il avait ce besoin viscéral de voir ses pupilles noisettes, ces pupilles qui lui donnaient envi de vivre, de se donner à fond tous les jours pour la combler, de se réveiller à ses côtés et de découvrir ce sentiment d'impatience à la retrouver après chacune de leurs séparations pour leurs études respectives. Neji lui caressa le pourtour du visage, suivant du bout du doigt, dans un effleurement, le dessin avant de le poser sous son menton. D'un mouvement tendre, il l'obligea à lever les yeux sur lui et à le fixer. Ce fut ainsi que Tenten vit son doux sourire, mais surtout tous ses sentiments au fond de son âme. Dès qu'elle se plongea dans ses pupilles, c'était fini, elle y était prisonnière et elle n'arrivait pas à s'en libérer.
"- Tenten, c'est pourquoi... j'ai rendu visite à tes parents il y a quelques temps...
- Quoi, mais quand, n'en revenait pas cette dernière. Et pourquoi ?
- Tu te rappelles quand tu m'as prévenue que tu passais un week-end avec Hinata alors que je devais suivre mon oncle à une grande réunion.
- Oui, mais je ne vois pas.
- En fait, j'ai réussi à me libérer plus tôt et rentrer sur Konoha pour quelques heures. J'ai alors profité de ton absence chez toi pour faire une demande bien particulière à tes parents..."
Un silence suivit. Neji ne savait plus comment lui annoncer la chose. Le voir devenu muet mit à rude épreuve les nerfs de la jeune femme. Son souffle s'était coupé, ses tempes battaient au rythme infernal de son coeur. Bon sang de quoi parlait son petit-ami ? Fermant les yeux quelques secondes, et soufflant un bon coup, le Hyuga décida de se lancer. Sa dulcinée avait besoin d'être rassurée sur la profondeur de son amour, alors il allait le lui offrir sur un plateau, même s'il aurait aimé le faire dans d'autres circonstances.
Oui, les circonstances n'étaient pas du tout ce qu'il avait rêvé, surtout qu'il ne l'avait pas sur lui. Ce symbole intemporel de félicité, d'espérance et de rêve réalisé et à venir était loin de lui, en sécurité au milieu de ses souvenirs les plus précieux. Faisant contre mauvaise fortune, bon coeur, Neji ouvrit ses paupières pour tomber sur les orbites de Tenten qui brillaient d'incompréhension et d'impatience. Il allait enfin finir sa déclaration qu'il regarda quelques secondes au-dessus de l'épaule de sa bien-aimée et aperçu au loin un groupe de jeunes que tous deux connaissaient plus que bien. Fixant une personne en particulier en son sein, une révélation lui fut faite et d'un mouvement, il prit la main de sa belle en s'élançant en avant. Tirée presque sans ménagement, cette dernière ne résista pas, tellement abasourdie par l'enchaînement des événements.
Par contre, son ressentiment refit surface quand elle constata vers qui son aimé, ou plutôt bientôt ex-copain, l'entraînait. Encore une fois, il se précipitait avec elle. Alors toutes ses paroles étaient du flan, alors qu'elle était entrain de s'imaginer un conte de fée, mais voilà, il l'avait encore préférée à elle. Comme elle avait envi de retirer sa main de celle de cet homme qui la faisait souffrir en ce moment même et de prendre ses jambes à son cou après l'avoir bien défoncé sa joue d'une gifle monumentale. Malheureusement, présentant peut-être les intentions de la jeune femme qu'il emmenait, Neji sécurisa sa prise et la retint prisonnière. Ainsi, bloquée, Tenten se résigna donc à le suivre. Elle fut donc impuissante quand il se stoppa à quelques pas d'une jeune femme aux cheveux bleutés marchant main dans la main d'un grand gaillard à la blondeur du blé. Ce dernier en fronça les sourcils alors que sa compagne, ne comprenant pas ce qui se passait, regardait intriguée le couple devant elle.
"- Alors vous étiez là. On vous a cherché. Lee est déjà parti et on avait peur que vous ayez pris son exemple alors que...
- Hinata, j'ai une faveur à te demander," ouvrit enfin la bouche son cousin en coupant son camarade de promotion.
Cette demande prit de court la Hyuga qui pencha un peu la tête sur le côté, montrant son incompréhension. Elle n'était pas la seule à l'être puisque tout le groupe l'accompagnait dans ce sentiment. En effet, tous avaient bien vu les tourtereaux approchés et les attitudes les avaient interrogés au plus au point. Il avait devant eux un futur polytechnicien affichant un air des plus sérieux et des plus terminés, alors que sa compagne avait plutôt des larmes aux yeux. C'étaient surtout ces dernières qui interpellèrent leurs amis. Tenten ne les avait pas du tout habitués à montrer sa tristesse ainsi. Elle avait plutôt tendance à cogner ou à vociférer à l'image de Temari qui était pourtant un peu plus vindicative qu'elle.
D'ailleurs, celle-ci était sur les starkings blocks, prête à sauter sur celui qui avait osé faire pleurer une jeune femme. Elle attendait juste qu'il soit à bonne distance pour se jeter sur lui. Heureusement pour le Hyuga, Shikamaru fut à sa rescousse en la retenant par le bras et l'obligeant à rester près de lui. La No Sabaku allait protester avant de rester sa voix face au sérieux qu'affichait son petit-ami. De son regard, il lui demandait de lui faire confiance et d'attendre de voir ce que les événements leur montreraient. Connaissant le Nara à posséder un don pour juger n'importe quelle situation à sa juste valeur, Temari se résigna à écouter son conseil et attendit la suite. Ainsi, Neji eut la chance d'échapper à la furie blonde et en fut reconnaissant à son ami.
Par contre, Naruto serrait son poing libre. Qu'allait exiger encore son camarade aux yeux blancs ? Hinata et lui n'avaient rien fait inappropriée. Il avait même résisté à embrasser sa belle à pleine bouche tout le long de l'après-midi. A part la fois où il avait défié Kiba, leurs baisers avaient respecté la bienséance, alors que son désir était tout autre. Il aurait voulu dévorer sa petite-amie. La Hyuga avait senti sa tension quand elle sentit sa main tremblée dans la sienne. Y déposant la seconde, elle le regarda d'un air le suppliant de se calmer et de se montrer indulgent. Répondant à sa supplique silencieuse, le blond lui fit signe qu'il lui accorda. Il se retint donc, reconnaissant au fond de lui qu'il ne se reconnaissait plus à faire preuve d'autant de colère. En temps normal, il n'aurait pas réagi ainsi et aurait laissé couler. Pourquoi une telle réaction de sa part ? A cause de l'attitude exécrable de son ami depuis des mois avec lui et son couple ?
Pendant que Naruto se faisait des noeuds au cerveau, Neji hésitait à lâcher la main de Tenten. Il avait peur qu'elle prenne la fuite dès le moment où elle la libérerait. Se tournant une dernière fois vers elle, il lui caressa la joue d'un geste tendre à laquelle elle répondit en ouvrant les yeux en grand, étonnée qu'elle fût. En effet, il était très rare qu'il lui gratifie d'une telle caresse en public, pudique qu'il était. Toute sa tendresse, il la gardait pour leur moment d'intimité. Confiant et sachant par sa réaction qu'il venait de titiller encore plus sa curiosité, le Hyuga jugea qu'il ne risquait plus rien. Il desserra sa prise et s'avança vers sa cousine. Se penchant, il lui murmura quelques mots à l'oreille, alors qu'à cette vision, Naruto se mit à grogner sourdement comme s'il était Akamaru, avant de se redresser en lui souriant du coin de la bouche. Hinata le regarda un peu abasourdie par la requête de son cousin avant de lui rendre son sourire, les yeux attendris.
Alors que Neji faisait un pas en arrière pour lui donner un peu d'espace, elle leva lentement les bras pour passer ses mains derrière son cou. Là, elle saisit le fermoir d'une fine chaîne qui s'y trouvait. D'ailleurs, son aimé ne rata pas une seule seconde de ce spectacle, intrigué qu'il était depuis longtemps par ce fil d'or que sa dulcinée ne quittait jamais, même quand elle mettait un autre collier. Par contre, elle trouvait toujours le moyen de cacher le pendentif qui s'y logeait. D'un geste précis, la Hyuga ouvrit le cadenas du bijou et enleva doucement le bijou. Ce faisant, le blond vit alors la chaîne se glisser en dehors du haut de sa princesse. A cette scène, il imaginait que c'était ses doigts qui caressaient la peau de sa belle au lieu de ce métal précieux. Se secouant la tête pour s'enlever ses idées un peu mal placées, et puis ce n'était pas le lieu, il vit apparaître deux anneaux, l'un en or blanc, l'autre en or jaune. Quand elle termina, sa petite-amie les plaça délicatement dans la paume et les tendit à son cousin.
Ce dernier les saisit avec beaucoup d'attention comme s'il avait peur de les casser. Tous pouvaient croire alors que c'était des objets très précieux pour les deux Hyuga, des reliques dont ils seraient les gardiens. Tout le groupe retenait son souffle, surtout quand Neji délivra l'anneau en or blanc de la chaîne avant de la rendre à sa parente. Sentant de nouveau son poids dans sa main, cette dernière la serra contre son coeur alors que ses yeux s'humidifièrent tellement l'émotion la submergeait. Visiblement, elle avait compris ce qu'envisageait de faire le compagnon de sa meilleure amie et elle était heureuse pour elle. Touché et malgré qu'il soit totalement perdu, Naruto l'engloba de ses bras et lui embrassa le haut de sa tête. Il la sentit se blottir contre lui et s'abandonner à sa chaleur, lui faisant gonfler son coeur comme à chaque fois qu'il l'avait ainsi et cela devenait de plus en plus rare. Parfois, il se demandait pourquoi il se retenait de le faire plus souvent avant que l'image des anciens et de Hiashi lui parasitent l'esprit.
Ne voulant pas gâcher ce moment qui semblait important, l'Uzumaki la balaya loin de lui pour se concentrer sur ce qui se passait devant lui. En effet, Neji s'était retourné vers Tenten qui n'arrivait pas à calmer son coeur qui battait aussi vite qu'un cheval au galop. D'un geste doux, il lui prit la main avant d'ouvrir l'autre pour lui monter le bijou qui se logeait dans la paume.
"- Très peu de monde le savent mais ma grand-mère et celle d'Hinata étaient les meilleures amies du monde. Elles étaient soeurs de lait. En fait, elles n'avaient pas pu être allaitées par leur propre mère. Etant nées le même mois, elles ont bénéficié d'une nourrice veuve qui leur offrit son lait, alors qu'elle venait de sevrer sa propre fille, dont j'ai oublié le nom et qui devint comme une autre soeur pour elles. Les trois ont d'ailleurs créé une forte amitié fraternelle. Elles ont donc grandi ensemble, pleuré ensemble, ri ensemble et surtout aimé des hommes pratiquement ensemble. L'histoire familiale voudrait qu'au moment de leurs fiançailles respectives, nos grand-mères et leur amie firent forger plusieurs bijoux dont ces deux anneaux, symbolisant leur lien d'amitié. Si les événements devaient les éloigner l'une des autres, ils le leur rappelaient et raviveraient leur mémoire. Se fut assez prémonitoire car les aléas de la vie les firent séparer, leur amie ayant été obligée de disparaître sans que nos grand-mères en connaissent la raison. Cela ne les a pas empêché de se marier le même jour avec l'accord de leurs fiancés. Puis, vint la naissance de ma mère et de ma tante, tout comme nos aïeuls naquirent avec que quelques semaines de différence.
- Je n'arrive pas à comprendre, le coupa Tenten. Pourquoi tu me parles de tout ça en me montrant ce fameux anneau ? Mais surtout qu'est-ce que cela a faire dans notre affaire.
- Je reconnais que ce n'est pas très clair, mais je suis sûre que tu vas comprendre. Fais preuve d'un peu de patience, souffla Neji sans se départir de son air tendre, presque taquin face à l'impatience de sa dulcinée. Ma mère et ma tante furent donc élevées comme des soeurs, tout comme nos grand-mères. A leur majorité, elles reçurent leurs deux anneaux d'amitié. La similitude de ses vies ne s'arrêta pas là car ma mère, à cause d'une maladie qu'elle avait depuis petite, et ma tante du fait de son second accouchement, moururent la même année à quelques mois d'intervalle. Nos grand-mères en furent dévastées, car elles étaient leur unique enfant n'ayant pas eu d'autres du fait du décès de nos grand-pères au cours de la Seconde Guerre Mondiale, et rendirent l'âme à leur tour."
A cette annonce, une larme coula sur la joue de la petite-amie de Naruto. Ce dernier la serra plus fort contre lui, mais toujours avec douceur. Comme elle a dû souffrir de tous ces deuils si proches les uns des autres. Elle aurait pu bénéficier du soutien et de l'amour d'une tante ou d'une grand-mère si le sort ne s'était pas acharné sur elles. Il s'en voulait de ne pas avoir vu sa souffrance. Cependant, qu'aurait-il pu faire à son jeune âge, lui qui avait dû faire face à la méchanceté de cet orphelinat qui n'avait pas eu aucun éthique jusqu'à ce qu'Iruka porta plainte après l'avoir sorti de cet enfer et que la ville y changea le personnel, notamment le directeur qui refusait de voir les mauvais traitements faits à certains enfants.
Pas grand chose, mais il culpabilisait de ne pas avoir compris ou de ne pas chercher à savoir pourquoi à une certaine période de l'année, la morosité avait été sa compagne durant leur scolarité. Une seule chose était sûre. C'était parce qu'Hinata connaissait la souffrance qu'elle devait si bien le comprendre, ainsi que sa douleur. Il lui murmura un petit je t'aime à l'oreille auquel elle y répondit en lui offrant un petit baiser sur la joue, alors que son coeur se remplissait de chaleur comme à chaque fois qu'il lui faisait le présent de ces mots.
"- A la mort de nos mères, nous avons hérité des anneaux, continua Neji. Cependant, je ne voulais rien qui me rappelait ma mère et je l'ai presque jeté à la poubelle. Hinata m'en a empêché en le réclamant. Depuis, comme tu as pu le voir, elle les porte autour du cou ou les met dans un coffre si elle est dans l'obligation de s'en séparer. Ce qui ne se présente presque jamais.
- Oui, je..., intervint sa cousine. C'est peut-être idiot, mais... j'ai l'impression d'avoir ma mère toujours avec moi ainsi. Je n'ai pas voulu séparer les anneaux qui symbolisent leur amitié et leur amour.
- Mais, que viens-je faire là dedans, demanda Tenten qui ne savait plus quoi y penser... En quoi cela concerne mes parents ?"
Sentant l'attention de leurs amis sur son dos, Neji eut un moment d'hésitation. Songeant qu'il serait mieux de ne pas faire cela devant un public qui était pendu à ses lèvres et avec un Kiba prêt à siffler comme un attardé à la moindre occasion, il prit une nouvelle fois la main de sa belle et s'éloigna avec elle à quelques mètres du groupe. Les filles en furent déçues, surtout Ino et Temari qui aimaient les potins, même si la deuxième s'en défendait. Les garçons étaient quelque peu indifférents et attendaient patiemment que cela se finissent, sauf peut-être Saï qui n'avait pas loupé une seule parole de son camarade, comme s'il prenait des notes au cas où il en aurait besoin dans prochain avenir. Ses compagnons n'essayèrent même pas de dissuader leur petite-amie respective de partir tellement elles étaient en admiration devant la scène se produisant devant leurs yeux.
D'ailleurs, Hinata regarda son cousin, un air ému sur le visage et ne désirant nullement quitter les bras de Naruto qui ne se déroba pas à son souhait. Par contre, si elle n'avait pas été aussi absorbée, peut-être se serait-elle rendu compte que d'un mouvement qu'il voulut le plus discret possible, son blond détacha un de ses bras pour glisser sa main dans sa poche arrière de son pantalon pour en sortir son portable. Ce dernier avait émis une courte vibration lui signalant un message. Le lisant par dessus l'épaule de sa belle sans qu'elle puisse le voir, il en sourit en expirant discrètement son soulagement. Ses épaules s'affaissèrent quelque peu, comme si une tension venait de le quitter. Rangeant son téléphone, il enfuit son nez dans les cheveux de sa belle et s'enivra de son parfum, finissant de le détendre. Par contre, certaines personnes l'avaient vu, notamment Sasuke et Matsuri.
Cette dernière n'arrêtait pas de se tendre dès qu'elle voyait Hinata, surtout avec Naruto. Elle était maintenant mal à l'aise quand elle se trouvait avec la Hyuga, toujours dans l'indécision de la croire ou non sur le maintien du silence sur son secret. Elle sursauta même quand Gaara lui prit l'épaule pour l'inviter à partir, ce qu'elle lui accorda d'un sourire crispé. Bien qu'intéressée par les événements, elle ne voulait surtout pas mécontenté son petit-ami qui était complètement indifférent à l'ambiance actuelle. La vie des autres ne l'intéressait guère, à part peut-être celle de Temari, de Kankuro et de Naruto, mais surtout il avait beaucoup de mal à accepter un refus, tel un enfant bien trop gâté. Oh, ce n'était jamais méchant, mais la future infirmière n'aimait pas du tout le voir ainsi, surtout à son encontre. Le couple salua l'aînée de la fratrie et les abandonna.
Quand à Sasuke, il avait froncé les sourcils se demandant à quoi jouait son meilleur ami avant de décider de prendre ses distances, suivi de près par Juugo qui le questionna sur son attitude devenue glaciale. Avait-il fait quelque chose de mal ? Lui avait-on monté le chou contre lui ? Prenant conscience de la crainte de son amant d'être quitté alors qu'il avait tout abandonné pour être avec lui, le ténébreux lui livra ses inquiétudes et ses observations, mais d'un ton qu'il réalisa rempli de ressentiment et de colère dont l'origine était son incompréhension et son impuissance à aider son frère de coeur à ouvrir les yeux sur la survie de son couple avec Hinata. En effet, l'Uchiwa était presque certain que si Naruto continuait dans cette voix, il allait droit dans le mur et qu'un jour, tout prendra fin de façon tragique. Peut-être s'y prenait-il mal, lui suggéra Juugo, mais au lieu d'être écouté, ce dernier reçut un petit-ami sur la défensive. Leur truc avec l'Uzumaki avait été toujours la confrontation. Ils se comprenaient à travers les poings, alors pourquoi cela serait différent cette fois-ci. Le roux laissa donc tomber, mais avec une petite idée derrière la tête et se faisant la promesse de retenter sa chance à un moment plus propice.
Alors qu'il discutait avec Sasuke, Neji s'était enfin arrêté et s'était planté devant sa belle qui avait un peu marre d'attendre le fin de cette histoire. Cependant, elle se retenait de le brusquer et de faire sa tête de cochon. Cela avait l'air super important alors elle n'allait pas prendre risquer tout gâcher et de n'avoir aucune réponse à ses questions. Soufflant profondément pour se donner du courage, le Hyuga lui révéla tout.
"- Tenten, j'aimerai te donner l'anneau qui avait appartenu à ma grand-mère et ensuite à ma mère...
- Quoi ?! Mais pourquoi, le coupa-t-elle tellement elle était étonnée.
Elle n'en revenait pas. Jamais, Neji ne confiait quelque chose qui avait appartenu à ses défunts parents. C'était comme tabou. A moins que...
- Tu crois vraiment que je vais me laisser attendrir par ce bijou de famille, même s'il est magnifique ceci dit, et que je vais oublier ce que tu m'as dit, certes sous le coup de la colère, mais quand même.
- Tenten, si tu me coupes, je ne vais pas y arriver, expira le futur polytechnicien. Surtout si c'est pour me dire des inepties pareilles.
- Des inepties... des inepties... qui me dit que ce n'était pas le fond de tes pensées ?
- Ce que je sais, c'est que si tu es aussi vindicative et sur la défensive, c'est parce que tu appréhendes ce que je vais te dire et que tu n'aimes pas être aussi mal à l'aise dans l'incompréhension... allant jusqu'à oublier mes déclarations de tantôt.
- C'est vrai,..., pardon, s'excusa la jeune femme rougissante en réalisant qu'il avait raison et sa mémoire raisonnant des paroles prononcées. Continue.
- Merci..., la taquina Neji. J'aimerai t'offrir cet anneau en promesse... de mariage...
-... de... de mariage..., bégaya Tenten qui en perdit l'équilibre à tel point que son aimé dût la soutenir pour ne pas qu'elle tomba. Je... Tu me... tu me demandes... en... en fiançailles.
- Pas exactement, lui avoua le neveu de Hiashi avant de continuer face à son visage circonspect. Comme je te l'ai annoncée, je suis allée rendre visite à tes parents pour leur demander une grande faveur...
-... Une faveur ?
- J'ais quémandé leur bénédiction de te faire ma demande en mariage."
A cette annonce plus que surprenante, Tenten en eut le souffle coupé, les yeux s'agrandissant comme une soucoupe et la bouche s'ouvrant et se fermant comme si elle tentait de dire quelque chose, mais sans que les mots puissent en sortir. Alors Neji avait pratiquement tout prévu. Il était déjà aller voir ses parents pour leur parler de son projet.
"- Mais pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?
- Cela fait peut-être très vieux jeu, mais j'ai voulu respecter les vieilles traditions.
- Les vieilles traditions ?
- En effet, confirma Neji en lui expliquant. Le père du soupirant se doit d'obtenir la bénédiction des parents de sa potentielle belle-fille avant que l'annonce soit faite à la future fiancée, voir même aux deux futurs épousés. N'ayant plus de père, j'ai demandé à mon oncle de m'accompagner et...
- Tu as... demandé à ton oncle,..., Hiashi Hyuga, le chef d'une plus grande famille de la ville...? On parle bien de la même personne ?
- Oui.
- Il est venu chez moi pour... réclamer ma main à mes parents... en ton nom ?
- Encore une fois oui, acquiesça le jeune homme devant elle.
- Et ils ont été d'accord ?
- A ma grande joie, tes parents m'ont accordé leur bénédiction.
- Ils ne m'ont rien dit.
- C'est normal, lui répondit-il. J'ai tout de même tenu à ce que ce soit moi qui te fasse ma demande en bonne et du forme le moment venu.
- Le moment venu ? Je ne comprends pas.
- Tenten, nous sommes encore jeunes et nous sommes encore dans nos études, commença à lui expliquer Neji. Bien que par mon héritage, je ne manque pas d'argent, j'aimerai t'offrir une vie grâce à mon travail et non à cause de mon nom.
- Je te reconnais bien là, ria un peu Tenten. Fier jusqu'au bout.
- Mmm, fit un peu la moue son homme. Bref,..., sache que seuls les circonstances et tes craintes m'ont convaincu de t'en faire part maintenant, sinon j'aurai attendu la fin de nos études."
Tenten ne sut quoi dire, se sentant un peu coupable, bien qu'elle pensait avoir été dans son bon droit. Elle venait quand même de faire capoter les plans de son petit-ami, bien qu'une part d'elle continuait à douter. En effet, qui lui disait qu'il ne lui racontait pas de craques pour l'avoir encore sous sa coupe jusqu'à qu'il n'ait plus besoin d'elle pour se satisfaire. Il pourrait très bien rompre ses dires, jugeant au final qu'il méritait mieux qu'une simple professeur de sport. Comme s'il avait lu dans son esprit son questionnement et son hésitation, le cousin d'Hinata continua dans sa lancée.
"- Pourtant, je brûle d'envi de te faire ma demande maintenant. Cependant, je préfère attendre qu'on ait tous les deux une situation professionnelle stable, que tu puisses te consacrer à toi encore un peu avant de penser au nous. Je veux que tu réalises tes propres projets... Bien que je m'interdits de penser à cette éventualité, je refuse de t'enfermer dans des fiançailles longues où tu te sentirais obliger de rester avec moi alors que ton amour se serait en aller. Je veux que tu gardes encore le choix.
- Oh Neji", en fut émue la jeune femme.
Oui, elle était touchée qu'il puisse penser à elle, mais surtout à son avenir. Cela lui prouvait que certes, il était porté sur des traditions séculaires, mais il désirait aussi une femme indépendante, moderne et dynamique. Ce qu'elle tentait de devenir. L'étudiante n'arrivait toujours pas à se remettre de ce qu'elle entendait depuis peu. Elle qui pensait que son aimé voulait rompre, qu'il ne voulait plus d'elle. C'était tout le contraire. Il la voulait malgré son caractère, et sa personnalité garçon manqué. Les larmes montèrent malgré elle, et malgré ses efforts pour les retenir. En fait, elle ne souhaitait pas les retenir. Son coeur était trop heureux pour leur résister. La voyant ainsi, Neji lui caressa la joue tendrement avant de se saisir de la sienne, alors que de l'autre il lui présenta le bien précieux de sa grand-mère.
"- Tenten, me feras-tu l'honneur d'accepter cet anneau, ancien symbole d'amour fraternelle qui est maintenant celui de ma passion pour toi ? Prend-le comme ma promesse qu'un jour, je te demanderai d'unir ta vie à la mienne avec une vraie bague de fiançailles."
Baissant les yeux, indécise qu'elle l'était, elle tomba sur l'objet doré siégeant ainsi entre les doigts du cousin d'Hinata, un bijou à la valeur sentimentale inégalée et inestimable. Jamais il ne lui proposerait de lui confier un tel objet s'il n'était pas sincère. Son petit-ami l'aimait au point qu'il envisageait de construire une vie commune ensemble, avec elle, elle qui venait d'un milieu plus que modeste alors qu'il appartenait à une des plus grandes familles de Konoha. Cependant, cette si longue minute d'attente fit augmenter le stress chez Neji qui s'imaginait sa belle rester sur ses positions et refuser de le croire ainsi que d'accepter. Son coeur loupa un battement quand soudain, en guise de réponse, il sentit la main de Tenten quitter la sienne pour la voir se jeter dans ses bras. Un rayon de soleil, illuminant à ce moment-là son visage, fit briller comme une étoile l'unique larme qui s'échappa sur sa joue. Elle le serrait tellement qu'il n'eut d'autre choix que de lui rendre son étreinte.
"- Dois-je comprendre que tu l'acceptes ?
- Oui, mille fois oui," lui répondit sa dulcinée qui se décala de lui.
Un sourire prit place sur le visage du Huyga avant qu'il ne se baisse vers elle pour lui capturer les lèvres. Face à ce baiser qui s'avéra de plus en plus passionné, tous leurs amis encore présents eurent la même réaction que le cousin d'Hinata en souriant. Cette dernière était très heureuse pour son parent et pour sa meilleure amie. Elle se demandait si un jour, elle aura cette chance. En tout cas, elle l'espérait. De son côté, Naruto, bien qu'en froid avec son camarade de promotion, fut content pour lui et attendait avec impatience de pouvoir faire de même, bien que pour qu'il envisageait, lui, de vraies fiançailles. Cependant, c'était encore trop tôt, enfin, selon les dires de son entourage et pour une fois, il leur avait donné raison, surtout avec ce qui se passait en ce moment. En tout cas, pour l'heure, tous assistèrent à un Neji passant au doigt d'une Tenten larmoyante de joie, l'anneau de sa grand-mère avant de l'embrasser une nouvelle fois, mais plus chastement. Puis, le couple rejoignit le groupe. Là, ils reçurent les félicitations de leurs amis. Bien sûr, les plus enthousiastes furent les filles, avec une Hinata qui étreignit celle qui allait devenir dans un avenir presque certain plus que sa soeur de coeur.
"- Bienvenue au club des presque-fiancés, ma chère Tenten, s'enthousiasma Ino quand cette dernière leur expliqua tout ce qui venait de se passer.
- C'est vrai, se souvint celle-ci en repensant à ce qui s'était passé pour la dulcinée de Saï. Tu es dans la même situation que moi.
- Pas tout à fait, intervint le jeune homme en question en arrivant dans le dos de la blonde.
- Qu'est-ce que tu racontes, Saï, s'offusqua la Yamanaka. Aurais-tu changé d'avis et réfuterais-tu ce que tu as dis à mon père ?"
Pour toute réponse, alors qu'elle se retournait pour faire face à son propre petit-ami, prête à en découdre, elle le vit se mettre un genoux à terre et à lui présenter une boîte de velours rouge contenant un magnifique solitaire en diamant. Devant un tel spectacle, tous s'étaient reculés d'un pas, et abasourdis par ce qui se passait. Le silence fut roi en cet instant, seul le bruit du vent dans les arbres et le chant des oiseaux régnaient autour d'eux alors que les longs cheveux de la principale concernée virevoltaient autour d'elle. Elle n'arrivait pas réaliser ce qu'elle avait devant les yeux. L'émotion fut telle qu'elle mit sa main devant sa bouche pour étouffer un sanglot, ses pupilles brillant de mille feux quand enfin, la lumière se fit en elle.
"- Ino Yamanaka, veux-tu m'épouser ?"
- Saï, je... Oui, je veux t'épouser."
Heureux d'une telle réponse, le nouveau fiancé se leva et tout comme Neji passa la bague à son annulaire et l'embrassa sous les hourras de leurs amis. Les filles se jetèrent littéralement dans l'admiration du bijou alors que les garçons félicitèrent leur camarade. Les plus endiablés furent Naruto et Kiba qui retrouvèrent un peu de leur ancienne complicité dans la joie du moment. Les autres restèrent plus calmes, mais content pour les deux couples.
"- C'est la demande la plus... la plus maladroite que je connaisse, le taquina l'Inuzuka. Mais félicitation, mec.
- Ce n'est pas un peu tôt, resta pragmatique Shino, qui avait un peu la même philosophie que le Huyga dans le domaine. Vos études ne sont pas finies et tu ais loin de survenir à vos besoins pour le moment.
-... Je ne vois pas pourquoi j'attendrai plus longtemps alors que je l'aime... C'est normal de lui demander de m'épouser, ne comprenait pas Saï. J'ai juste ressenti que c'était le moment, alors voilà.
- C'est vrai que tu es du genre spontané, mon vieux, ria Kiba.
- Attends, tu sous entendrais que tu gardais la bague sur toi pendant tout ce temps, s'étonna Ino qui n'en revenait pas de ce qu'elle venait d'entendre.
- Ben oui, répondit son fiancé comme si c'était la chose la plus courante du monde à faire. Depuis que je l'ai acheté en fait et dès qu'on était ensemble. Sinon, elle était cachée dans un coffre chez moi pendant que j'allais en cours. Si elle ne te plaît pas, on peut en choisir une autre, si tu veux.
-... Tu es malade, n'en revenait pas la Yamanaka. Bien sûr qu'elle me plaît puisqu'elle vient de toi. Ce que tu peux être bête parfois.
- Mais tu m'aimes comme ça, lui sourit Saï pour la taquiner.
- Ou... oui, rougit Ino.
- De toute façon, ce n'est pas la taille ou la forme de la bague le plus important, c'est le message qu'elle porte, intervint Neji en regardant Tenten qui acquiesça en caressant l'anneau à son doigt.
- Alors à quand la cérémonie, demanda enthousiaste Temari qui aurait aimé à la place de ses deux amies, mais qui refusait de le reconnaître.
- Je l'ignore" révéla Saï.
A cette réponse, tous se mirent à rire. Alors là, c'était trop fort. Il faisait une demande en mariage et il n'avait pas réfléchi à la logistique et à l'organisation, ni même à la période. Du Saï tout cracher. Ino lui tapa gentiment l'épaule avant de rire doucement avec eux, à l'exemple d'Hinata qui était toujours aussi timide dans l'expression de ses ressentis.
"- Je crois qu'il faut d'abord qu'on aille voir ton père avant toute chose, continua le fiancé en s'adressant à sa belle. Il faut que nous le prévenions. Nous parleront de tout le reste avec lui.
- C'est vrai, tu as raison, reconnut-elle. J'ai hâte de voir sa réaction.
- Donc, allons-y.
- Quoi maintenant !?
- Oui, pourquoi attendre ?"
Ino en resta sans voix et ne put que suivre son fiancé quand il l'entraîna dans les allées du parc en direction de chez elle. C'était à peine si les tourtereaux saluèrent leurs amis qui leur souhaitèrent bon courage de loin. D'ailleurs, ils virent au bout de quelques foulées, la Yamanaka poser sa tête sur l'épaule de son homme, alors qu'il lui prenait la taille tout en marchant. Comme elle était heureuse, se disait-elle, même si elle aurait aimé que Sakura soit présente pour partager avec elle ce moment. C'était le seul point noir de cette fin de journée qui s'était terminée d'une façon aussi féerique qu'étrange.
