Voilà le chapitre suivant !
Nuit du Samedi 26 Octobre au 27 Octobre 2019
Les coups répétés contre la porte de son placard tirèrent Harry du sommeil.
- Debout ! C'est l'anniversaire de Dudley, aujourd'hui ! cria la voix perçante de la Tante Pétunia depuis l'autre côté du battant.
Il se redressa dans son lit et attrapa ses lunettes à tâtons. Harry les ajusta sur son nez en baillant.
- Harry Potter doit retourner à Poudlard, Monsieur.
Perplexe, il baissa les yeux vers Dobby, l'Elfe de Maison qui s'inclina devant lui. L'Elfe était habillé d'une robe de sorcier ajusté grossièrement à sa petite taille et une écharpe verte et argentée drapait son torse en diagonal.
- Dobby, je dois d'abord apporter des devoirs à Hermione, marmonna le Survivant.
Les grands yeux affolés de l'Elfe se posèrent sur lui, il répéta :
- Harry Potter doit retourner à Poudlard.
Harry sortit de son lit et ouvrit la porte de son placard. Amos Diggory le fusilla du regard depuis son fauteuil roulant :
- Vous n'avez pas sauvé mon fils ! Le vôtre paiera pour la mort de Cédric !
Harry ouvrit la bouche pour protester mais aucun son ne franchit ses lèvres. La température avait brutalement chuté de plusieurs degrés, il faisait terriblement froid. Il devinait la présence de Détraqueurs non loin de lui et plongea la main dans sa poche pour récupérer sa baguette magique.
- Harrrryyyyy Pottttteeeer… susurra une voix glaciale et familière dans son dos.
Harry se retourna immédiatement en brandissant sa baguette. Voldemort le toisa, un sourire doucereux aux lèvres. Il écarta légèrement sa longue cape, dévoilant Albus couché sur le sol, immobilisé par un sortilège.
- Regarde, Harry Potter… Regarde et admire ton échec.
Harry voulu lever le bras pour aider son fils et réalisa trop tard qu'il était lui-même ligoté à la pierre tombale de Cédric Diggory par des cordelettes argentées.
- Albus !
- Papaaa ! Papa au secours !
L'adolescent se tortillait dans ses liens invisibles. Voldemort leva sa baguette.
- NON ! hurla Harry.
Un jet de lumière verte.
- Lily, prends Harry et va t-en ! cria une autre voix quelque part dans sa tête. Cours ! Je vais le retenir !
L'éclat du Retourneur de Temps qui tombe de la main inerte d'Albus.
La douleur effroyable qui explose soudain sur son front.
- Harry ! Harry !
Le Survivant haletait, les mains plaquées sur son visage. Sa cicatrice le brûlait, il avait l'impression qu'une tige métallique chauffée à blanc s'enfonçait dans tout son crâne.
- Harry, que se passe-t-il ? lui demanda la voix inquiète de Ginny.
- Les rêves, bredouilla-t-il. Les rêves sont toujours là. Il est toujours là !
Sa femme posa la main sur son épaule :
- Qui est toujours là ? Qu'est-ce que tu as vu ?
- Voldemort ! Et Albus ! Il est en danger.
Dire ces mots à haute voix fut comme un électrochoc pour Harry. Il se leva d'un bon de son lit et attira ses vêtements à lui d'un coup de sortilège d'attraction.
- Je retourne à Poudlard, il faut que je le voie ! Je dois m'assurer qu'il va bien et le protéger.
Ginny ne protesta pas et acquiesça. Les sourcils froncés, elle se leva à son tour, le visage résolu :
- Je t'accompagne.
Albus et Scorpius avaient réussi à sortir dans le Parc de Poudlard sans se faire repérer par les Professeurs et les Fantômes. Ils parvinrent sans encombre aux alentours du terrain de Quidditch.
- Ici, ça ira très bien, décréta Delphini en levant son sortilège de Désillusion. Nous sommes assez éloignés du Château pour pouvoir agir sans nous faire repérer.
- Comment allons-nous procéder ? demanda Albus en regardant autour de lui d'un air un peu inquiet à l'idée de se faire pincer tout de même.
Scorpius ouvrit la bouche pour répondre, mais la jeune femme le devança :
- Oh, c'est simple. Nous allons nous mettre en triangle autour de lui, il faut mettre une certaine distance entre le Retourneur et nous, histoire qu'on ne se prenne pas des éclats dans la figure. Ensuite, nous lancerons tous les trois en même temps le Maléfice Explosif.
- J'espère que ça sera efficace, murmura Scorpius.
La jeune femme lui adressa un gentil sourire :
- Si ce n'est pas le cas, on trouvera autre chose. Mais je pense que ça suffira amplement.
- Un plan simple mais ça devrait être redoutablement efficace ! approuva Albus en reculant déjà. Scorpius, c'est toi qui a le Retourneur, à toi de le placer.
L'adolescent acquiesça. Il sortit l'artefact de sa poche et le posa dans l'herbe en espérant que ce nouveau plan allait se dérouler comme prévu. Ensuite, ils n'auraient plus qu'à dire au revoir à Delphini, elle n'allait tout de même pas camper à l'Ecole toute la nuit, n'est-ce pas ?
Il recula de plusieurs pas, tandis que Delphini faisait de même et bientôt ils furent en position.
- Prêts ? demanda la jeune femme, légèrement tendue.
- Prêt ! répondit Albus en brandissant sa baguette.
Scorpius se contenta de hocher la tête.
- Un, deux...
En même temps, ils levèrent le bras. La manche ample de Delphini glissa jusqu'à son coude et Scorpius aperçu une forme noire sur son bras. Il reconnut immédiatement ce dessin peu commun et se tourna vers Albus pour le mettre en garde. Trop tard, son ami lança le sortilège à l'instant où la jeune femme s'écriait :
- ACCIO RETOURNEUR DE TEMPS !
Le sort d'Albus rencontra le sol tandis que l'objet se posait gracieusement dans la main de Delphini.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda l'adolescent perplexe.
Scorpius rejoignit son ami en courant :
- Accio Retou…
- Expelliarmus !
Le sortilège de la jeune femme fut plus rapide, la baguette de Scorpius s'échappa brusquement de sa main, en même temps que celle d'Albus. Ce dernier regarda ses doigts vides, puis son amie, l'expression de son visage trahissait sa totale incompréhension.
Scorpius fronça les sourcils :
- Le tatouage sur ton bras, c'est un Agurey, pas vrai ?
Elle acquiesça en souriant, faisant tourner la baguette de Scorpius entre ses doigts :
- Bien vu.
- Un Augurey ? répété Albus d'une voix blanche en tournant les yeux vers son camarade. Mais c'est pas l'emblème que tu voyais dans l'autre monde… ?
Un crac sonore résonna dans l'air.
- Oups… susurra Delphini en laissant tomber la baguette magique brisée de l'adolescent par terre.
- Cours ! souffla Scorpius en poussant Albus en direction du Château. Il nous faut de l'aide !
Les deux adolescents détalèrent en courant.
- Fulgari !
Albus se sentit brutalement poussé en avant par une puissante force invisible et bascula dans l'herbe. La chute lui coupa momentanément le souffle. Il entendit Scorpius tomber également, avec un hoquet de douleur. Il voulut se redresser pour l'aider et réalisa avec effroi que ses mains étaient liées par des cordes argentées qui menaçaient de lui broyer les poignets s'il essayait de s'en défaire par la force. Il roula sur le dos pour regarder Delphini qui laissait négligemment tomber sa baguette magique à lui, également brisée. Elle soupira :
- C'était presque trop facile. Je m'attendais à devoir vous jeter énormément de sortilèges, mais vous avez été si faciles à contrôler, bien plus faciles qu'Amos en tout cas. A présent, nous allons remettre tout cela en ordre une bonne fois pour toute…
Un beau sourire aux lèvres, elle regarda le Retourneur de Temps dans sa main et commença à modifier la date.
- Qu'est-ce que tu fais ?! s'alarma Albus en se redressant tant bien que mal sur les genoux.
- Nous allons nous rendre à la Troisième Tâche et faire en sorte que Cédric ne touche pas le Portoloin. En agissant de la sorte, nous devrions ressusciter le monde vu par Scorpius.
Effrayé, l'adolescent blond imita Albus et la dévisagea en demandant d'une voix blanche :
- L'enfer. Tu veux ressusciter l'enfer ?!
- Je veux un retour à la magie pure et dure, nuance. Je veux la renaissance des Ténèbres.
- Voldemort… commença Scorpius.
- … Est le seul véritable maître du monde des sorciers. Il reviendra et vous allez m'aider.
Albus secoua vivement la tête et s'écria :
- On n'arrêtera pas Cédric ! Nous ferons en sorte de l'aider à gagner le Trophée en même temps que mon père !
L'air soudain agacée, Delphini détourna son attention du Retourneur de Temps et brandit sa baguette magique dans sa direction :
- La prophétie doit être réalisée ! Scorpius a vu le monde tel qu'il devrait être et nous allons nous assurer de son retour.
- Quelle prophétie… ? demanda l'adolescent blond immédiatement interrompu par son ami qui fusillait Delphi du regard.
- Nous ne t'obéirons pas ! Jamais ! Si tu veux nous forcer, il faudra que tu utilises l'Imperium !
Scorpius gémit :
- S'il te plait, ne lui donne pas des idées !
Un éclat inquiétant brilla dans le regard de Delphini qui s'assombrit davantage :
- Pour réaliser la prophétie, il faut que ce soit toi et non une marionnette à ton image. Le sortilège de l'Imperium pourrait contrecarrer le plan, donc tu obéiras de toi-même.
Albus fixa la baguette magique pointée dans sa direction et redressa fièrement le menton :
- Je n'ai pas peur de toi !
Il mentait, bien sûr, mais il refusait de laisser voir sa frayeur à celle qu'il avait tant appréciée ces deux derniers mois. La douce et gentille Delphini qui rigolait avec lui, lui offrait des cadeaux… Il s'était laissé berner comme un imbécile heureux. Il aurait dû écouter Scorpius, encore une fois et ne jamais accepter toute cette aventure. Dire que son ami se retrouvait embarqué là-dedans contre son gré…
La baguette de la jeune femme délaissa soudain Albus pour se tourner vers son camarade qui retint son souffle.
- Non ! cria Albus en rampant sur les genoux pour essayer de s'interposer entre eux.
- Endoloris !
Le jet de lumière rouge frappa Scorpius. Horrifié, Albus eut l'impression de se retrouver dans l'un de ses cauchemars lorsque les cris de douleur de son ami résonnèrent dans le Parc de Poudlard.
- Arrête ! hurla-t-il. Arrête, Delphini ! Pitié !
Haussant un sourcil, la jeune femme releva sa baguette. Les cris de Scorpius cessèrent. Albus tourna la tête pour le regarder, son ami gisait au sol, le souffle haletant, les yeux débordant de larmes et plus pâle qu'un linge.
- Tu vas m'obéir, Albus, ou dois-je recommencer jusqu'à ce que tu cèdes ?
Elle pointa à nouveau sa baguette vers le malheureux Scorpius qui ferma les paupières en serrant les dents.
- Potter ! Malefoy ! J'arrive !
Bamard, le Professeur de Métamorphose arrivait en courant dans leur direction, doté d'une énergie dont Albus n'aurait jamais soupçonné l'existence. Les sourcils froncés, le Professeur pointait déjà sa baguette magique vers la jeune femme qui poussa un soupir agacé.
Albus ouvrit la bouche pour dire au Professeur de se méfier, la voix de Delphini résonna, glaciale :
- Avada Kedavra !
Le sortilège impardonnable percuta Bamard en pleine poitrine. Il bascula en arrière, le visage figé dans une expression de surprise éternelle, tué net sur le coup. Albus sentit le souffle lui manquer et regarda le corps, bouleversé.
- Vous deux, vous m'êtes utiles, pas les autres, déclara la jeune femme en s'avançant vers eux.
Les deux amis échangèrent un long regard effrayé et se demandèrent en même temps comment ils allaient s'en sortir vivants.
L'extrémité de la baguette de Delphini se posa sur la gorge d'Albus, elle le toisa avec un mépris qui lui noua les entrailles et murmura :
- Tu vas faire tout ce que je te dis… Sinon ton cher et unique ami mourra comme cet imbécile.
Ses yeux noirs se posèrent sur les deux adolescents, elle continua :
- Nous ramènerons le Seigneur des Ténèbres et l'Augurey se tiendra à ses côtés. Nous allons réaliser une partie de la prophétie, tous les trois : « Lorsque le temps sera retourné. Lorsque l'autre sera épargné, lorsque des fils invisibles assassineront leurs pères, alors… »
- L'autre… ? répéta Scorpius en essayant de gagner du temps.
C'était un risque, si un autre professeur arrivait, il risquait de subir le même sort que Bamard, mais peut être pouvait-il aussi réussir à désarmer Delphini et à l'arrêter…
- Cédric est l'autre. Quant aux fils, il s'agit d'Albus évidemment… mais aussi de toi, Scorpius. Quelle joie d'apprendre que Drago faisait partie de la résistance, je me ferai une joie de transmettre l'information à Voldemort afin qu'il se débarrasse rapidement de lui.
Elle recula sa baguette magique et tapota le Retourneur qui se mit à trembler dans sa main. Avant même que les deux adolescents aient le temps de réagir, la jeune femme saisit leurs mains et les posa de force sur l'artefact maudit.
