Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 56)Moments de tension
Tout en surveillant ce qu'il se passait au dehors sans pour autant se découvrir Peter retenait son souffle tout en se maudissant de ne pas avoir la présence d'esprit de demander une arme au shérif lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Il avait vraiment été en dessous de tout sur ce coup là, ce qui n'était vraiment pas en son honneur et risquait de lui valoir de sérieuses remontrances de la part de son supérieur si ce dernier venait à en être informé. Reese Hughes pouvait se montrer conciliant mais il était également sans pitié face à certaines erreurs.
Enfin, il aviserait de la conduite à tenir s'il s'en sortait, dans le cas contraire plus rien n'aurait d'importance.
Les portières du véhicule s'ouvrirent sur les silhouettes de deux hommes en uniforme qui se dirigèrent vers l'entrée sans manifester le moindre sentiment. Ils n'étaient ni tendus comme des gens sur le qui vive ni particulièrement joyeux, ce qui fit que Peter préféra rester sur ses gardes et ne pas dire à Elizabeth et au couple qu'ils pouvaient revenir.
Il s'efforçait de rester objectif, ces hommes étaient probablement vraiment des agents envoyés pour s'assurer que tout allait bien, mais jusqu'à en avoir confirmation, il préférait se montrer prudent.
Si seulement il avait pu se munir d'une arme, il se sentirait beaucoup mieux, hélas, de simples touristes ne le seraient pas, c'était certain, donc il ne pouvait pas l'être.
Il ne tarda pas à voir ses craintes sembler se confirmer, les hommes au dehors avançaient en étudiant le terrain, cela pouvait être la procédure qu'on leur avait demandé de suivre, mais il avait de sérieux doutes. Pour une intervention de ce genre on envoyait en général des gens connaissant les lieux, or ceux là se comportaient comme s'ils n'étaient jamais venus. C'était suspect et Peter n'aimait pas les comportements suspects.
Dans la pièce où elle s'était réfugiée avec le couple Elizabeth pesait le pour et le contre, elle ne voulait pas ajouter à l'angoisse déjà perceptible des gérants du lieu, mais elle n'avait pas non plus l'intention de rester les bras croisés alors que son époux risquait peut être sa vie face à des gens mal intentionnés, gens qui ne s'arrêteraient pas avant d'avoir éliminé jusqu'au dernier témoin, elle en était consciente. Être l'épouse d'un agent du FBI avait des inconvénients mais aussi des avantages, on ne reste pas mariée à l'un d'entre eux pendant des années sans acquérir certains réflexes.
Elle se mit donc à étudier la pièce dans laquelle elle se trouvait, à la recherche de quelque chose qui pourrait servir d'arme et qu'elle pourrait apporter à Peter ou utiliser elle même. L'idéal serait sans doute d'en trouver plusieurs et de se préparer à devoir s'en servir.
Elle arrêta son choix sur un tisonnier et une pince à feu, ce n'étaient pas les ustensiles les plus impressionnants qui soient, mais ils étaient en fer forgé donc lourds et potentiellement dangereux s'ils étaient bien maniés.
Après un regard aux gérants qui la regardaient avec un air alarmé elle s'efforça de sourire et de se montrer aussi détendue qu'on puisse l'être en pareille circonstance.
- Je vous emprunte ces objets quelques minutes, je vous promets de les ramener dès que possible.
- Madame Burke, est-ce que nous sommes en danger ? Questionna l'homme.
C'était exactement la question qu'elle aurait aimé éviter, mais puisqu'elle avait été posée, elle n'avait plus trop d'autre choix que d'y répondre et elle ne voulait pas leur mentir, ils avaient le droit de savoir qu'ils étaient peut être en danger.
- Je ne sais pas encore, mais je vais m'en assurer. Ne bougez surtout pas d'ici.
- Je posais la question parce que si tel était le cas, je crois que le contenu de l'armoire derrière vous serait plus approprié que nos ustensiles pour le feu. Ajouta l'homme en tirant une clef qu'il portait autour du cou.
Elizabeth reposa le tisonnier et la pince à feu, prit la clef et se hâta d'ouvrir l'armoire en question, comme elle s'y attendait elle contenait des armes, ce n'était pas pour rien que le Vermont, qui comptabilisait neuf armes pour cent habitants, avait été classé 35ème en 2010 dans le classement des états en ce qui concernait le nombre d'armes par habitants, loin devant New York qui ne comptait que trois armes pour cent habitants, ce qui n'empêchait pas que New York soit un endroit bien plus meurtrier. (1)
Il y avait une belle collection de fusils de chasse, pas moins de six, et quelques autres armes, toutes étaient visiblement très bien entretenues. Il y avait également un stock de munitions.
Elle arrêta son choix sur un Smith et Wesson .44 magnum qui était tout aussi bon pour la chasse que pour se défendre. Elle s'assura qu'il était chargé, referma l'armoire et rendit la clef à l'homme avant de se précipiter pour le remettre à son époux.
Peter posa un regard surpris sur l'arme puis leva les yeux sur elle.
- Où as tu trouvé ça ?
- Nos hôtes ont une pleine armoire d'armes, ils ont eu la gentillesse de me laisser y accéder. C'était ce revolver ou un tisonnier. Répondit Elizabeth en prenant place sur le sol à ses côtés. Je crois que tu seras plus habile avec une arme de ce genre.
Elle évitait de regarder dehors, autant pour ne pas se faire remarquer que pour ne pas déprimer par avance.
Peter assura le Smith et Wesson dans sa main, il pesait lourd mais ce poids même était rassurant en cet instant. Il était heureux de tenir à nouveau une arme.
- Je le crois aussi. Dit il à son épouse.
Alors qu'il jetait un rapide regard à l'extérieur, constatant ainsi que les deux hommes n'étaient plus en vue, Neal les rejoignit et grimaça à la vue de l'arme.
- On en est déjà là ? Demanda t'il avec un ton mi sérieux mi moqueur. Nous allons bientôt rejouer la bataille de Lincoln ? (2)
- J'espère bien que non, et sans vouloir te vexer, si nous devons échanger des tirs je préfère être à OK Corral, cela a duré moins longtemps et au moins il y avait des représentants de la loi. Répliqua Peter préoccupé par la disparition des deux arrivants.
Il espérait qu'ils se contentaient de faire le tour pour reconnaître les lieux et qu'ils n'allaient pas tenter une percée par l'arrière. Il n'avait pas eu le temps de faire un tour complet de la bâtisse, il ne savait donc pas combien d'issus elle pouvait bien compter. En cas d'irruption par derrière il serait pratiquement impuissant et les deux hommes au dehors devaient le savoir.
- Je dois bien l'admettre. Mais au final la cavalerie a fini par arriver. Sourit Neal.
- Et bien, je ne tiens pas à devoir attendre trois jours. Commenta Peter plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Neal resta un long moment silencieux après cette réponse et Peter laissa échapper un soupir.
- Désolé Neal, ce n'est pas ce que je voulais dire... maugréa t'il.
Neal prit une profonde inspiration et se détourna pour masquer son expression. Peter n'avait pas besoin de devoir endurer plus pour le moment, ils auraient tout le temps d'en reparler plus tard.
Cela avait été assez désagréable, mais il avait déjà vécu pire avec Peter. Au moins cette fois il savait que ce n'était pas vraiment dirigé contre lui, c'était les circonstances et la tension qui rendaient Peter nerveux.
Il essaya d'étaler, même si cela n'était pas si évident. Lui aussi se sentait tendu et les mots prononcés par Peter avaient ranimé une vieille souffrance.
- Si je peux me rendre utile... lança t'il pour penser à autre chose.
- Je crois que pour le moment il vaut mieux éviter qu'on te trouve avec une arme entre les mains. Répondit Peter à regret. Même si tu serais un atout certain en cas de fusillade, je doute que les autorités locales apprécient d'apprendre que j'ai laissé un criminel prendre une arme.
- Peter ! Protesta Elizabeth d'un ton choqué.
Neal serra les dents, ce que venait de dire Peter était plein de bon sens mais il avait tout de même un peu de mal à l'accepter malgré tout. Il décida qu'il en avait assez enduré pour le moment. Puisqu'il ne pouvait pas aider il valait mieux qu'il s'éloigne avant qu'ils ne se mettent à se disputer Peter et lui.
- Très bien, je remonte dans ma chambre puisque je ne sers à rien. On ne sait jamais, les autorités locales pourraient s'offusquer de ma proximité avec une arme à feux. Après tout je suis un bon tireur même s'ils ne sont pas censés le savoir. Ce que tu ne manqueras pas de leur préciser à la première occasion je présume. Après tout on est jamais trop prudent au FBI, on doit se couvrir dans toutes les situations. Laissa t'il tomber.
Il se redressa souplement et se dirigea vers l'escalier.
Elizabeth adressa un regard de reproche à son mari. Peter crispa les mâchoires à son tour.
- Chérie, j'ai dit cela pour le protéger lui aussi. Affirma t'il. J'en parlerai avec lui lorsque tout danger sera écarté. Pour le moment je préfère que tu retournes avec les autres.
- Tu ne veux pas que j'aille rejoindre Neal à l'étage ? Demanda Elizabeth.
- Non, il vaut mieux le laisser tranquille.
Elizabeth se retira sans commenter l'affirmation mais Peter savait qu'elle ne l'approuvait pas.
Il reprit sa surveillance avec plus de nervosité encore. Il constata avec un fort soulagement que les deux hommes étaient revenus sur le devant de la maison. Soit ils n'avaient pas trouvé d'ouvertures pour faire irruption dans la maison soit ils n'étaient pas là pour donner l'assaut. C'était déjà un soulagement.
Elizabeth rejoignit le couple qui se garda bien de poser des questions. La femme était blottie contre son mari lequel l'entourait de ses bras pour la rassurer.
Elizabeth s'installa dans un fauteuil et chercha un sujet à aborder, elle n'en trouva aucun qui lui semble convenable et préféra garder le silence. L'heure n'était vraiment pas aux bavardages futiles et elle n'avait aucune envie d'aborder le principal sujet.
Neal grimpa dans sa chambre comme il l'avait dit mais il n'y resta pas. Il ouvrit la fenêtre avec précaution et regarda au dehors sans se montrer. Un sourire satisfait se posa sur ses lèvres, une avancée du toit allait lui permettre de bouger et ce n'était pas pour lui déplaire. Il avait fait le mur plusieurs fois avant ses dix huit ans, sans que ni sa mère ni Helen ne s'en doutent, il avait donc une certaine expérience en matière de sortie par les fenêtres, qu'il avait continué à cultiver par la suite. Il n'avait peut être pas le droit de manier une arme mais il pouvait agir autrement. Ce qu'il avait bien l'intention de faire, il n'avait aucune intention de rester assis sur un lit pendant que Peter risquait sa vie en bas. Il était plus que temps de voir s'il n'avait pas trop perdu la main.
A suivre
(1) D'après wiki. Liste des États américains par possession d'armes à feu ainsi que Liste des états américains par nombre de meurtres par année.
(2) Toujours selon wiki. Guerre du comté de Lincoln. Affrontement entre deux bandes dans le comté de Lincoln le 15 juillet 1878 et les jours suivants.
