*Salve JkRowling*
Résumé du chapitre précédent :
Cassiopeia et Harry réussissent à échapper à Voldemort, grâce au Lien entre Harry et Drago. Les deux garçons se font sévèrement réprimander pour les risques encourus. Voldemort, furieux d'avoir perdu Ombrage et de savoir qu'un traitre est dans ses rangs, attaque le Terrier. Les jeunes de l'Armée du Phénix rejoignent l'Ordre et les Aurors sur place pour aider.
Harry est appelé auprès de Voldemort, et il y va. Le mage noir indique à Darren de surveiller ses Mangemorts sur le terrain, et de revenir le lendemain avec Drago et Severus. Lorsqu'Harry retourne au Terrier, l'Attraction se déclenche. Une seule explication : il s'agit d'un Mangemort.
Et il s'agit de Lucius Malefoy. Ne sachant quoi faire d'autre, Harry et Drago font repartir leurs amis, et kidnappent Malefoy. Ils l'enferment à la Maison en lui expliquant ce qui peut se passer pour lui, et lui laissent une journée pour réfléchir. Harry résiste à l'Attraction comme il peut.
Severus ne comprend pas pourquoi l'Attraction s'est déclenchée sur un adulte, et un ennemi qui plus est. Drago et Harry semblent deviner que peut-être, c'est parce que Lucius Malefoy est le père de Drago, et que Drago est trop lié à Harry pour que le Pouvoir d'Amour n'ait associé les empreintes magiques.
Severus explique alors que s'il n'y a que des jeunes sorciers parmi les Amari, c'est parce qu'ils sont encore innocents.
Tous les trois vont au Manoir Malefoy auprès de Voldemort, qui leur ordonne de fouiller les esprits de tous les Mangemorts. Ne doutant pas un instant d'eux, il demande simplement à Severus de vérifier pour la forme dans l'esprit de Darren et de Drago, et vérifie lui-même uniquement l'esprit de Severus.
Pour remplacer Bellatrix toujours inconsciente, Lucius Malefoy maintenant prisonnier, et Dolohov torturé et bientôt tué, aux commandes de ses Mangemorts après lui, Voldemort appelle Rodolphus Lestrange et Narcissa Malefoy, qui s'est récemment montrée plus volontaire et a rappelé qu'elle avait la force des Blacks.
Harry et Drago retournent avec les Amari à la Maison pour offrir le Choix à Lucius Malefoy.
Ce chapitre se déroule : du lundi soir 13 mai au lundi matin 3 juin
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QUATRIEME PARTIE
Chapitre 51 – C'est Ainsi
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Lucius Malefoy entendit la porte s'ouvrir et des pas avancer vers lui. Le soulagement le prit. Quelque était sa décision, l'attente allait se terminer.
Il n'allait plus ressentir cette sensation désagréable à l'intérieur, et des mesures pour la durée allaient être prises. Il se sentait tout engourdi, assis dans la même position depuis la veille, attaché et retenu contre le mur, et désespérait de ne rien voir depuis plus de vingt-quatre heures.
Quand Potter entra, il comprit que la sensation désagréable était une sorte d'étirement qui venait enfin de se réduire. Comme si déjà un lien avait été tissé entre lui et le garçon, que la distance rendait difficilement supportable, et fragile, mais sans pour autant pouvoir être brisé.
Il savait ce qu'il allait dire, il savait ce qu'il allait choisir.
- Lucius Malefoy.
Il reconnut la voix de Potter.
- Avez-vous pris une décision ?
- Oui, répondit Lucius en se redressant fièrement.
- Je vais enlever le bandeau, et vous allez me regarder. Vous ressentirez le Choix, vous pourrez décider dans un sens ou dans l'autre, et cela sera définitif. Il n'y aura aucun retour en arrière, alors soyez sûr de vous.
Malefoy ne répondit pas mais hocha la tête pour montrer qu'il avait compris.
"Qu'on en finisse" pensa-t-il avec impatience.
Deux mains vinrent à l'arrière de sa tête défaire le nœud qui maintenait le tissu devant ses yeux. Il se sentit tout étrange lorsqu'elles effleurèrent sa joue en ôtant le bandeau. La luminosité, pourtant faible dans cette cave mal éclairée, l'éblouit.
Et la première chose qu'il vit fut le regard vert puissant d'Harry Potter.
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Aussitôt, il sentit une vague de magie l'envahir, le traverser. Le suffoquer.
Il prit peur. Un pouvoir d'une force qu'il n'avait pas imaginée s'imposa à lui, et il chercha à lui échapper. Il ressentit une force animée par l'amour, un pouvoir motivé par le partage et la présence d'autrui.
La panique monta. Il avait l'impression que jamais il ne pourrait fuir, qu'il allait être englouti, que jamais il ne pourrait refuser, qu'il...
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Et tout aussi brusquement qu'elle était venue, la magie se retira. Comme à regret. Lucius ferma les yeux et détourna la tête.
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Harry se sentit poussé violemment en arrière, et recula en titubant, la respiration accélérée, la poitrine douloureuse, le cœur battant à toute vitesse.
Il chercha le mur, quelque chose de solide, et s'y agrippa. Hermione réagit la première et couvrit à nouveau les yeux de Lucius Malefoy qui se débattit en se mettant à l'insulter. L'homme était lui aussi secoué par ce qu'il venait de se passer et cherchait à reprendre ses esprits.
A peine son regard fut-il bloqué que Drago accourut et s'agenouilla près d'Harry qui avait glissé sur le sol, une main crispée au-dessus de son cœur.
"Ce n'est pas grave, ce n'est pas grave, c'est mieux ainsi, c'est mieux, ce n'est pas grave" se mit à répéter Drago en sentant la détresse d'Harry provoquée par le Pouvoir d'Amour rejeté.
Ron l'aida à redresser Harry et tous les jeunes présents dans la pièce sortirent et rejoignirent les autres dans la salle de réunion.
- Ce n'est pas une grande surprise, lança Ginny avec aigreur. Jamais Malefoy n'aurait accepté, je n'y croyais pas une seconde !
- Ta gueule Weasley ! cracha Drago en réaction à la violence de son ton.
- Ne me parle pas sur ce ton, Malefoy ! répliqua Ginny énervée.
- Ca suffit, tous les deux ! intervint Ron. Quoi qu'on ait cru ou voulu, il a refusé, et c'est fait, point. Alors ce n'est pas la peine de se disputer bêtement. Et Harry a été affecté en plus alors pas de jugements hâtifs !
Ginny croisa les bras mais ne répondit rien. Neville vint vers elle et essaya de l'aider à se détendre.
Les jeunes sorciers laissèrent quelques minutes à Harry pour se reprendre.
- Comment tu te sens ? murmura Drago à Harry en essayant de l'apaiser.
- Ca va aller, ça va passer, répondit Harry à voix basse. J'ai… j'ai l'impression d'avoir été transpercé de milliers de lames et que quelque chose m'a écrasé à l'intérieur, essaya-t-il d'exprimer.
Drago sourit faiblement. Il ressentait avec lui, il voyait très bien ce qu'il voulait dire.
- C'est mieux ainsi… répéta-t-il à nouveau.
- J'ai l'impression que c'est toi que tu essaies de convaincre, murmura Harry.
Le jeune homme ne répondit pas et détourna les yeux. Harry lui prit la main.
- Ce qui est fait est fait, et nous devons composer avec désormais.
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Harry inspira profondément et se leva en ne pouvant réprimer une grimace de douleur à son mouvement.
- Nous allons aménager le sous-sol pour que Lucius Malefoy y reste enfermé sans être attaché et aveuglé comme il l'est, sans pour autant que cela nous fasse prendre de risques. Nous allons le garder pour l'instant, et il faudra réfléchir à ce que nous ferons. Tant que nous l'avons, nous pourrons l'échanger si l'un de nous a un problème un jour, ou si nous voulons quelque chose de Voldemort. On verra.
Les jeunes hochèrent la tête. Théodore se leva.
- Je veux bien m'occuper de la cave, je pense savoir comment installer une cellule et une bonne sécurité.
- Je t'aiderai, se proposa alors Tracey.
Angelina, Julia, et Charles proposèrent également leur aide, et Harry les remercia.
- Est-ce que quelques-uns d'entre vous voudraient bien aussi m'assister pour ajouter un paramètre aux protections générales de la Maison ? demanda-t-il. Je veux que quiconque n'ayant pas enregistré son empreinte magique, ne puisse pas repartir, sans avoir été explicitement autorisé ou sans être emmené volontairement par l'un d'entre nous.
- Pour que même si Lucius Malefoy se libère, il ne puisse quitter le terrain ? précisa Hermione.
- Oui, tout à fait, répondit Harry.
Hermione, Ernie, Fred, et Georges se proposèrent.
- Repose-toi Harry, lui dit Hermione gentiment, si on a besoin de te demander quelque chose, on viendra te voir, d'accord ?
- Très bien, accepta Harry sans argumenter, ce qui montrait qu'il avait bien besoin de plus se reprendre. Une dernière chose, attendez.
Les jeunes avaient commencé à bouger et parler. Ils reportèrent leur attention sur lui à sa demande.
- Laissons-nous Lucius Malefoy connaître nos identités, voir nos visages, nous reconnaître ? Et tout le monde, ou sauf ceux que cela pourrait compromettre ?
Ils discutèrent tous un peu sur la question pour réfléchir.
- Moi je m'en fiche, lança Daphné. Vous-savez-qui ne s'intéresse ni à moi ni à ma famille, je me fiche de savoir que si Malefoy sortait un jour de là, il pourrait donner mon nom.
La plupart réagirent comme elle, ou disant qu'ils étaient déjà connus, ou que leurs familles se battaient déjà, ou étaient déjà protégées. Restait le cas de Théodore, Blaise, et Drago.
- Je te dirais bien que ça m'est égal, commença Blaise, mais s'il s'échappe, cela détruirait notre couverture. Et s'il s'échappe et que nous sommes devant le Seigneur des Ténèbres, ne serait-ce pas un trop grand risque ?
- C'est ce que je pense aussi, ajouta Théodore. Si nous n'avions pas de rôle à jouer devant le Seigneur des Ténèbres, je ne m'en soucierais pas. Mais puisque nous lui faisons croire que nous sommes ses fidèles, je ne pense pas qu'on puisse risquer de se faire dévoiler un jour ou l'autre par surprise.
Harry hocha la tête.
- Alors fais attention si tu t'occupes de la cave, qu'il ne te reconnaisse pas à la voix, ou de ne pas lui rendre la vue tant que tu es à côté. Pareil pour toi Blaise, si tu as à descendre.
Théodore et Blaise acquiescèrent. Harry se tourna vers Drago.
- Et toi ? demanda-t-il à voix basse.
- Oh, la question ne se pose pas ! réagit Drago. S'il me voit, il comprendra au moins que Darren Prince agit contre le Voldemort, et ça serait bien autant risqué que de découvrir qui tu étais vraiment. Et s'il nous voit ensembles, il le devinera rapidement. Alors non, il ne me verra pas tant qu'il sera ici.
"Et de toute façon, je n'aurais pas voulu…" ajouta Drago juste pour Harry.
"Il faudra qu'il le sache un jour. C'est ton père."
"Un jour. Mais pas encore."
Harry n'insista pas.
- Bien, merci à tous. N'hésitez pas à rentrer au château si vous voulez.
- Harry attends, on a oublié quelque chose. Il faut laisser quelqu'un pour le surveiller, même avec toutes les protections, on ne peut pas le laisser seul ici ! intervint Neville.
Harry parut alors bien embêté, il n'y avait pas pensé un instant.
- On peut demander à Damian de choisir quelqu'un de confiance parmi les gens qui protègent Godric's Hollow, au moins pour l'instant, jusqu'à ce qu'on discute davantage, proposa Lisa.
- Bonne idée, merci ! réagit Harry avec soulagement. Bien, je lui envoie un message, et je resterai là jusqu'à demain matin pour qu'il ait le temps de prendre des mesures. Bonne nuit à tous et à demain !
Ils se saluèrent. Ceux qui avaient des choses à faire partir s'en occuper, et les autres traînèrent un peu dans la Maison avant de repartir à l'école. Il était tard et personne ne s'attarda longtemps.
Harry utilisa le système de communications qu'il avait avec Damian : un message dans une boîte magique, placée dans l'entrée, et qui envoyait ce qu'on plaçait à l'intérieur dans une autre boîte, installée chez le sorcier.
C'était un procédé développé par l'Ordre à la dernière guerre, lorsque les hiboux étaient tous interceptés, et les cheminées condamnées ou surveillées.
Drago et lui se retirèrent ensuite dans leur chambre de la Maison. Harry avait toujours une sensation un peu douloureuse à l'intérieur, résultat du rejet de Lucius Malefoy, et était assez tendu, alors Drago s'employa à le détendre tendrement par des caresses.
Il pouvait sentir une demande presque suppliante d'amour et d'affection émaner d'Harry, à travers le Lien des Amari, qui supportait mal d'avoir été repoussé.
Les Amari étaient Ceux-qui-étaient-aimés, lorsque l'Attraction se manifestait, c'était pour offrir l'amour de la puissance ancestrale, et l'offrir pleinement. Que quelqu'un ait pu refuser un tel cadeau était douloureux.
Et bien qu'Harry de lui-même préférait ne pas avoir Lucius Malefoy dans son esprit, le Princeps en lui, animé par le Pouvoir d'Amour, désespérait de ne pas avoir été accepté.
Drago ressentait tout cela et pour combler ce vide, donna à Harry toutes les marques de l'amour véritable qu'il lui portait. Ils firent l'amour doucement, cette nuit-là.
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Le lendemain matin, ils s'éveillèrent au son répété d'oiseau qui annonçait qu'un message était arrivé dans la boîte.
Damian acceptait de dépêcher quelqu'un pour garder un œil sur Lucius Malefoy pendant que les jeunes étaient à l'école. Comme ils avaient un peu de temps avant le premier cours, ils lui répondirent en l'invitant avec cette personne à la Maison et avalèrent rapidement quelque chose avant d'aller les accueillir au portail extérieur.
- Bonjour tous les deux, les salua Damian. Je vous présente Will Mac'Guin, mon frère. Will, voici Drago Malefoy, et Harry Potter.
Le jeune homme qui leur fut présenté était tout aussi charismatique que son frère Damian, mais avec en plus une sorte d'élégance, et il semblait moins extraverti. Il n'était pas pour autant taciturne, et leur sourit très amicalement en leur serrant la main.
Il ne sembla pas étonné de rencontrer Drago Malefoy aux côtés d'Harry Potter. Harry estima que Damian l'avait prévenu, ce qui montrait qu'il avait une grande confiance en lui, puisqu'il n'avait pas eu peur de lui dévoiler quelque chose d'aussi important.
Il en voulait un peu à Damian de l'avoir fait sans le prévenir, et d'avoir laissé son frère avec de telles informations sans qu'il ait prêté serment ou signé leur parchemin. Mais ce Will n'avait pas parlé pour autant, à l'évidence, et c'était aussi une marque de confiance à lui accorder.
- Enchanté de vous rencontrer, leur dit Will sincèrement.
- Will est entré récemment dans l'Ordre, précisa Damian, et a beaucoup aidé lorsque nous avons évacué des familles et protégé des témoins. Harry, laisse-moi te rassurer si tu t'inquiétais, je ne lui parlé de vous deux que ce matin, avant de venir. Il n'aura pas eu le temps de révéler à quiconque la véritable allégeance de Drago Malefoy…
Et l'homme adressa un clin d'œil à Harry. Harry sourit plus largement, rassuré et amusé. Damian le connaissait, il connaissait sa façon de toujours vouloir prendre toutes les protections possibles pour les siens, et il avait deviné le cheminement de ses pensées.
- Il vaut mieux parler à l'intérieur, dit alors Harry. Damian peut déjà entrer mais je dois vous y autoriser, ajouta-t-il à Will.
Et d'une voix claire il exprima son invitation :
- Entrez, je vous prie.
L'air frémit autour d'eux, et Damian et Will traversèrent prudemment l'entrée du terrain. Pendant qu'ils se dirigeaient vers la maison, Harry exposa quelques règles et faits.
- Vous pourrez entrer par cette porte désormais autant que vous le souhaiterez, excepté si l'on vous en refuse l'autorisation explicitement. Vous ne pourrez pas amener quelqu'un ou repartir avec quelqu'un, et vous ne pourrez pas transplaner, ni de l'intérieur ni depuis l'extérieur. Il vous faudra toujours passer par le portail d'entrée.
Harry avait envie de faire confiance au frère de Damian, qui en semblait tout à fait digne, mais il ne serait pas naïf au point de lui offrir immédiatement d'enregistrer son empreinte magique sur les défenses de la Maison, ce qui lui permettrait d'avoir un accès complet.
- La seule façon de voyager autrement sera si l'un de nous vous emmène volontairement avec lui. Ceci n'est pas valable pour Damian qui, faisant partie des protecteurs du lieu, n'est pas contraint par ces règles. Des questions ?
- C'est très bien pensé, remarqua Will avec un brin d'admiration.
Ils entrèrent dans la maison et Harry fit visiter rapidement. Drago nota alors deux choses : la première était que cela faisait vraiment plaisir à Harry de montrer ce qu'il avait bâti et ce qu'il avait fait de l'endroit.
Et la deuxième était qu'Harry repoussait consciemment le moment où il allait falloir descendre au sous-sol. Il n'y tenait pas mais il allait falloir montrer à Will ce pourquoi il était là.
Ils finirent par sortir dans le jardin derrière la maison.
- Will, dit alors Harry. J'ai toute confiance en Damian, et il a confiance en vous. J'ai décidé de me fier à son jugement, et après ce petit temps passé déjà en votre compagnie, je pense que je peux vous faire confiance également. Je vais toutefois vous demander de signer un parchemin qui vous empêchera de révéler les identités des personnes que vous pourrez rencontrer. Je suis sûr que vous comprendrez ma demande.
- Oui, je signerai, je comprends tout à fait, répondit Will sans hésiter.
Harry décida qu'il l'aimait bien et que Damian avait bien choisi.
- Damian vous a-t-il précisé pourquoi il vous avait appelé ?
- Pas vraiment, il m'a dit que vous aviez besoin d'aide pour quelque chose, et m'a dit que j'allais vous rencontrer.
- Nous avons un prisonnier, un Mangemort, exposa Harry. Mais nous ne pouvons pas rester constamment ici, nous sommes tous élèves, et nous devons rester à Poudlard. Accepteriez-vous de vous installer dans cette maison pour quelques temps, jusqu'à ce que nous décidions davantage quoi faire de lui ?
Harry précisa :
- Il n'y aurait qu'à surveiller qu'il ne s'échappe pas, lui donner à manger et à boire, et veiller à ce que personne ne le retrouve.
- Devrai-je rester en bas avec lui ? demanda simplement Will à titre d'indication.
- Non, on ne vous imposerait pas cela. Certains d'entre nous hier soir ont installé un système d'alarme au cas où la porte de sa cellule serait forcée, et au cas où il y aurait toute activité magique dans le sous-sol.
Drago intervint pour préciser à son tour ce que Théodore lui avait confié avant de partir la veille :
- Ils ont aussi installé un système de surveillance visuelle pour que vous puissiez garder un œil sur lui et l'entrée du sous-sol depuis différentes pièces de la maison. C'est basé sur des procédés Moldus je crois.
- Je dois vous dire que je suis assez impressionné par tous vos dispositifs ! s'exclama le frère de Damian avec admiration.
Harry sourit pour le remercier et Will prit quelques instants pour réfléchir.
- J'accepte, répondit-il sans hésiter longtemps.
- Merci beaucoup. Souhaitez-vous une forme de rémunération ? Nous pouvons vous payer, ou s'il y a quelque chose qui serait dans nos moyens… ?
- Non, je ne fais pas ça pour l'argent mais pour vous rendre service, et agir dans cette guerre contre Vous-Savez-Qui.
- Merci, répéta Harry. Si un jour vous avez besoin de notre aide, sachez que nous vous l'apporterons.
Will hocha la tête. Harry ouvrit la trappe du sous-sol et Drago utilisa quelques sortilèges pour changer son apparence, assez pour ne pas être reconnu tant qu'il ne s'approchait pas trop. Ce n'était pas la peine de prendre du Polynectar juste pour les quelques minutes qu'ils allaient passer en bas.
- Tu-Sais-Qui et ses serviteurs croient que Drago est de leur côté, expliqua Damian à son frère.
- Oui, je m'en doutais, répondit Will avant de se tourner vers Drago. Mr Malefoy, je voulais vous dire que je vous admire pour avoir fait le choix difficile d'aller à l'encontre de sa famille et de risquer votre vie pour une cause dangereuse mais que vous croyez juste.
Le visage de Drago afficha la surprise qu'il avait de ces paroles, et il sentit une douce chaleur l'envahir. Harry sourit de voir que le compliment lui avait vraiment fait plaisir.
Harry lança un Lumos et passa devant.
- Et qui est ce Mangemort ? demanda Damian tandis qu'ils descendaient au sous-sol.
- Lucius Malefoy, répondit Drago avec un ton qui mêlait cynisme, énervement, et amertume.
- Pardon ?! Mais comment… et pourquoi ?! réagit Damian.
- Tu te souviens de ce dont je t'avais parlé, répondit Harry. Les Amari ? Le lien entre nous tous ?
- Oui, oui je m'en souviens. Quoi, tu veux dire que…
- Il a failli en devenir un, mais il a refusé. Mais c'est pour ça qu'on l'a ramené ici au départ, expliqua le jeune homme.
- Harry peut se lier à d'autres personnes, par un procédé magique en rapport avec cette guerre contre Voldemort, expliqua Damian à son frère.
- Et ça va, ce n'est pas trop… bizarre ? demanda Will à voix basse en regardant Drago.
Celui-ci haussa les épaules.
Ils étaient arrivés en bas alors ils firent attention à ce qu'ils disaient.
Drago se concentra sur Harry, dont le cœur s'était mis à battre plus vite. Il pesta intérieurement contre le Pouvoir d'Amour qui aurait pu au moins le laisser tranquille puisque Malefoy avait refusé, mais qui continuait de faire souffrir Harry.
Lucius Malefoy en revanche, ne semblait plus ressentir quoi que ce soit. Drago resta vers l'entrée et ne s'approcha pas trop pour ne pas risquer de se faire reconnaître.
Lucius Malefoy était dans une partie assez restreinte de la pièce, enfermé entre les murs et des grilles. Deux chaînes reliaient ses poignets aux pierres, assez longues pour lui laisser du mouvement dans son petit espace. Une couchette avait été installée avec un fin matelas et une couverture.
Quand il entendit entrer, il se redressa et regarda les visiteurs approcher. Il remarqua que l'un d'eux restait plus loin et vit qu'il s'agissait d'un jeune homme. Il s'interrogea en se rappelant que régulièrement il y avait un jeune garçon inconnu avec Potter, mais qui n'était pas Weasley.
Le maître avait ordonné qu'ils l'attrapent s'ils pouvaient, car il était sûrement lié à Potter, et pourrait être utile, mais personne n'avait jamais réussi à l'approcher.
Lorsque Lucius Malefoy avait enfin eut une chance de combattre Potter à la bataille du Département des Mystères, il avait pu voir le garçon en question de plus près, et il avait vu comment Potter faisait attention à lui.
Mais étrangement, le jeune homme qui se tenait au fond de la pièce ce matin là n'était pas exactement le même. Pas du tout le même, d'ailleurs… Lucius Malefoy aurait voulu le regarder davantage mais il restait trop loin pour qu'il distingue réellement les traits de son visage.
Harry de son côté ignorait le prisonnier, et montrait simplement à Will et Damian la porte de la cellule, rappelant au passage indirectement à Malefoy qu'il ne pourrait pas l'ouvrir tout seul et sans magie.
Il montra ensuite le système d'alarme et de surveillance visuelle, basé sur des dispositifs Moldus. Il ne dévoila rien que Lucius Malefoy jugea utile à retenir pour s'en sortir, mais le Mangemort ne supporta pas qu'ils l'ignorent complètement comme s'il n'était rien.
- Alors Potter, lança-t-il, hautain. Tu comptes me garder là ? Ne crois pas que le Seigneur des Ténèbres ne puisse pas me retrouver ! Où que tu me caches, il me retrouvera !
Harry l'ignora mais Drago ne put s'empêcher de répliquer :
- Faudrait qu'il te cherche déjà pour te retrouver. Et on a cru comprendre qu'il n'en avait pas particulièrement envie !
Lucius Malefoy fronça les sourcils. Cette voix lui disait quelque chose, ce ton ne lui était pas inconnu. Il avança autant qu'il le pouvait et plissa les yeux en direction du jeune garçon qui lui avait parlé.
Harry remarqua son mouvement.
"Drago, remonte, il va te reconnaître. Ta voix et ta façon de parler peuvent t'être associés, il finira par remarquer un détail qui te dévoilera."
Harry sentit alors Drago hésiter sérieusement, entre sa rage qui lui donnait envie de tout dévoiler à son père sous le coup de la colère, et la raison qui rappelait les risques que cela impliquerait.
Il finit par quitter le sous-sol d'un pas énervé. Harry s'empêcha de le regarder partir, de peur que Lucius Malefoy n'y retrouve la façon dont Darren pouvait regarder son fils.
Il termina rapidement d'examiner les lieux avec Will et Damian, toujours tourmenté par les restes de Lien inaccompli, et ignorant Lucius Malefoy jusqu'au bout, il finit par partir, enfin.
Malefoy les suivit des yeux jusqu'à ce que la trappe extérieure soit refermée, le plongeant dans le noir à nouveau. Il frappa les grilles avec colère, mais ne réussit qu'à se faire mal, et retourna s'assoir sur la couchette inconfortable. Le garçon avait touché un point.
Que Voldemort le cherche ou non et se soucie ou non de lui, il n'en avait aucune idée.
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Après avoir réglé les derniers détails et salué les deux frères, Harry et Drago rentrèrent au château.
Ils allèrent en cours assez normalement, essayant de ne pas trop penser aux autres choses. Le reste des Amari essayait aussi de se concentrer sur leur éducation et les examens approchant. Harry et Drago rassurèrent Severus en lui promettant à nouveau de ne plus être imprudents, et de rester le plus possible à l'école.
L'Armée du Phoenix lança un numéro du Chicaneur pour tenir tout le monde au courant des derniers évènements dans la limite de ce qu'ils pouvaient dévoiler, et ensuite pendant quelques temps, Poudlard redevint pleinement une école.
Les jeunes allaient en cours, se retrouvaient pour étudier et pour se détendre ensembles, entre amis, en couples, dans les recoins du château ou au soleil à l'extérieur.
Cassiopeia et les autres professeurs reprirent plus correctement et de façon plus organisée les séances d'entraînements, obligatoires depuis le départ d'Ombrage pour tout le monde, et qui avaient eu du mal à se poser exactement dans les emplois du temps et à cause des derniers évènements.
Tout le monde pouvait sentir l'accalmie extérieure et ils voulaient en profiter pour s'entraîner avec l'esprit plus au calme et moins dans l'urgence.
Caitlin était présente à tous les cours débutants et si elle ne faisait pas encore de magie, elle apprenait à son rythme à se battre et à se défendre sans baguette, comme les autres apprenaient également à faire, et à réfléchir dans des situations à risques.
Quand Cassiopeia ne donnait pas de cours ou ne faisait pas d'entraînements, elle passait du temps avec la petite fille dans la salle aménagée pour cela, et lui faisait travailler souplesse, agilité, rapidité, et lui enseignait de premières notions de corps à corps.
Harry et Drago avaient repris leurs propres entraînements personnels, qu'ils avaient un peu complexifiés avec l'aide de Severus.
Ils travaillaient toujours pour aider Harry à contrôler le pouvoir tiré de la magie noire, et la résistance de Drago face à sa douleur, mais travaillaient désormais plus en détail comment utiliser les pouvoirs issus de leur Lien et de leur statut, pour ne plus user de cette puissance brute, mais pour être capable de la décliner et de la contrôler.
Severus s'était aperçu que généralement, les deux jeunes gens se mettaient à puiser dedans jusqu'à l'épuisement parce qu'ils ne savaient pas comment la gérer, et il les aidait dans ce sens.
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Au Manoir Malefoy, Voldemort était retombé dans sa rage de s'être fait dupé, et passait en revue mentalement chaque Mangemort qui venait devant lui avant de leur lancer des Doloris qui le défoulaient.
Sa paranoïa grandissait et personne n'était à l'abri. Severus était le seul qui parvenait à rester dans ses bonnes grâces, et à chacun de ses retours, Harry était admiratif de voir qu'il avait encore pu tromper le mage noir.
Il était aussi chaque fois soulagé de le voir revenir, et indemne. Il redoutait ce jour où Voldemort se montrerait trop fort et découvrirait tout. Plus Voldemort s'énervait, plus Harry se rendait compte des risques, et plus il réalisait que du jour au lendemain, il pouvait tout perdre, et perdre son père.
Le mage noir n'avait pas rappelé Darren et Drago auprès de lui et Harry savait que Severus y était pour quelque chose, mais plus les jours passaient et plus il se sentait continuellement agacé d'une colère qui ne venait pas de lui, et ses cauchemars revenaient en force.
Drago essayait de l'apaiser, mais les émotions rageuses de Voldemort s'étendaient jusqu'à lui sans qu'il ne puisse toujours les repousser. Il avait aussi à nouveau des visions douloureuses de Voldemort torturant et tuant des gens terrifiés et hurlant à ses pieds.
Drago et lui ne comprenaient pas pourquoi tout revenait autant alors qu'ils avaient bien réussi à fermer l'esprit d'Harry à l'invasion inconsciente du mage noir.
En en discutant avec Hermione, mais aussi avec Severus, il apparut qu'Harry avait peut-être été plus affecté que ce qu'ils pensaient par l'Attraction rejetée.
De plus, depuis qu'ils ne faisaient plus beaucoup d'opérations et se concentraient sur leurs études, l'adrénaline de l'action et du risque était retombée, et la fatigue était tombée d'un seul coup sur la plupart d'entre eux, et Harry plus particulièrement depuis qu'il n'arrivait plus à dormir à nouveau.
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De son côté, Hermione, entre ses révisions, lisait les livres de Dumbledore, avec grande frustration puisque ça ne lui apprenait rien de vital, et parfois même, cela semblait bien loin de ce dont ils avaient besoin.
Ron lui proposait régulièrement de l'assister mais elle lui rappelait gentiment qu'il avait du travail encore à faire s'il voulait assurer ses examens.
Ils retrouvaient Harry et Drago dans la Salle sur Demande de temps à autre pour travailler ensembles et passer du temps les uns avec les autres.
Hermione et Drago avaient trouvé un véritable terrain d'entente du côté des études, et Harry était heureux de voir qu'il s'entendait bien avec Ron même maintenant. Lui-même appréciait d'être aussi avec ses deux meilleurs amis de temps à autres. Le Lien des Amari ne faisait que renforcer la joie de se retrouver et leur amitié.
C'est un soir de fin de semaine qu'Hermione, qui avait fini ses révisions de la journée, lisait à nouveau un des livres légués par Dumbledore tandis que les garçons terminaient leur propre travail, trouva quelque chose.
Elle était intriguée par une page un peu épaisse, et c'est en l'examinant de plus près que soudain, une lumière aveuglante surgit du livre. Eblouie, elle le lâcha.
En quelques secondes, les garçons étaient près d'elle, des airs inquiets sur le visage.
- Tout va bien, je vais bien, les rassura-t-elle.
- Hermione, qu'est-ce que c'est que toutes ces cartes ? demanda Ron qui s'était baissé vers le livre tombé à terre.
- Quelles cartes ? réagit Hermione avec surprise.
Il y avait sur le sol un bon nombre de parchemins couverts de tracés et notes à l'encre noire.
Ils ramassèrent tout, et pendant qu'ils poussaient leurs affaires sur la table pour y étaler les papiers, Hermione examinait le livre à nouveau.
- Les parchemins devaient être cachés dans l'une des pages, remarqua-t-elle. Dumbledore a dû les y placer, sachant que je les trouverai en lisant.
- Je ne comprends pas ce qu'elles représentent, on dirait des plans de lieux, mais je ne reconnais rien, et les formes ne semblent pas exactement réalistes, observa Drago.
- Regardez les symboles ici, ça vous dit quelque chose ? pointa Harry.
- Je crois que j'en ai vu quelques-uns dans l'un des autres livres, murmura Hermione. Mais certains me sont complètement inconnus. Je chercherai…
- Tu as raison, dit Ron à Drago, le tracé est étrange… Comme s'il manquait quelque chose, et comme si ça avait été fait à la main et rapidement.
Ils passèrent plusieurs heures à réfléchir encore.
Hermione se replongea dans ses livres pour retrouver les symboles, Drago prit en main de déchiffrer et traduire les notes qui s'avéraient avoir été griffonnées et dans plusieurs langues, et Harry et Ron demandèrent à la Salle des cartes de la Grande Bretagne pour essayer de faire correspondre les tracés à des lieux réels.
Comme au bout d'un moment il commençait à se faire tard, ils décidèrent d'arrêter là pour la journée. Et reprirent leurs recherches les jours suivants.
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Un après-midi, Harry et Drago passaient du temps avec Severus, comme ils s'étaient mis à le faire depuis leur retour pour de bon à l'école, et le sorcier proposa d'aller regarder les autres souvenirs que Dumbledore avait laissés pour eux au sujet de Voldemort.
Ils montèrent et McGonagall installa la Pensine à l'arrière du bureau pour eux, pour qu'ils puissent en regarder sans être dérangés.
Severus prit une fiole qui contenaient trois souvenirs et les versa tous les trois, estimant que si Dumbledore les avaient assemblés, c'était pour une raison.
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Le premier souvenir dans lequel ils plongèrent les amena à l'extérieur d'un petit village assez sombre. En regardant autour de lui, Harry remarqua une petite colline un peu plus loin, qui lui sembla familière.
Il semblait y avoir une grande maison établie en haut, et quelque chose d'autre sur la pente…
- Dumbledore n'est pas là, remarqua Severus.
- Il y a un nom sur le portail, nota Drago en regardant les grilles qui tenaient à peine debout. G… Gaunt ? Ca vous dit quelque chose ?
Severus fronça les sourcils.
- Où ai-je déjà entendu ce nom ? murmura-t-il.
Un homme était apparu sur le chemin qui menait à la maison délabrée un peu plus loin, un peu en retrait de la route, un peu après la lisière du petit bois lugubre qui se tenait là, et se dirigea vers l'entrée. Il était assez élégamment vêtu et portait l'insigne du Ministère de la Magie.
Severus et Drago lui emboîtèrent le pas, quand ils s'aperçurent qu'Harry était resté en arrière, le regard fixé sur la colline.
- Harry ? appela Drago. Harry !
- Hmm, j'arrive… répondit Harry à voix basse, avant de se détourner lentement.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'ai l'impression de reconnaître mais ça ne veut pas revenir…
- On cherchera plus tard, suivons d'abord cet homme, intima Severus.
Les deux garçons le rejoignirent et attendirent avec l'homme qui s'était avancé jusqu'à la porte et avait frappé. Ils remarquèrent tous alors le serpent cloué sur la porte qui servait de butoir. Harry déglutit, se sentant soudain mal, et Drago ne se sentait pas non plus à l'aise.
- Vous n'êtes pas le bienvenu…
Harry sursauta en entendant la voix rauque bizarre surgir à côté d'eux, suivi de Drago et Severus qui remarquèrent à leur tour la présence d'un homme inquiétant et repoussant, qui sortait du couvert des arbres.
- Bonjour, je suis Mr Odgen, chef de la sécurité pour le Ministère de la Magie, lui adressa le sorcier. Etes-vous Morfin Gaunt ?
- Vous n'êtes pas le bienvenu… siffla à nouveau l'autre homme.
- Excusez-moi, je ne comprends pas ce que vous dites, monsieur, répondit Odgen sans se démonter bien qu'une lueur d'inquiétude soit apparue dans son regard lorsque son interlocuteur s'était avancé d'un pas menaçant vers lui.
Harry se demanda quel était son problème.
- On ne comprend pas non plus, Harry, lui fit remarquer Drago en entendant sa pensée.
- Il parle en Fourchelangue, indiqua Severus dans un murmure.
La porte de la masure s'ouvrit soudain et un autre homme, plus grand que le premier, mais tout aussi laid et sale, apparut.
- Morfin, rentre à l'intérieur, tout de suite ! siffla-t-il.
- Mr Gaunt ? Vous êtes bien monsieur Elvis Marvolo Gaunt ? demanda Odgen.
Le regard d'Harry s'écarquilla.
- Elvis Marvolo Gaunt ?! répéta-t-il.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda Drago.
- Voldemort, il s'appelle Tom Elvis Jedusor. Tom comme son père, et je suis prêt à parier qu'Elvis est le nom de son grand-père.
- Quoi, ce mec-là ?! réagit Drago.
- Qu'est-ce que vous voulez ?! aboya ledit Gaunt à Odgen, empêchant les trois spectateurs de continuer leurs remarques.
- Je suis venu à propos de votre fils Morfin, je suis Mr Odgen, chef de la sécurité pour le Ministère. Votre fils a fait usage de magie devant des Moldus et sur un Moldu, et qui plus est, un usage violent de magie.
Gaunt ricana et se retourna vers l'intérieur de la maison pour regarder Morfin qui ricanait aussi.
Profitant de l'espace dégagé par le mouvement de Gaunt, Odgen avança et entra dans la maison. Elle était toute aussi sale et délabrée à l'intérieur qu'à l'extérieur. Harry frissonna en voyant des serpents vivre librement et Drago eut une grimace de dégout en voyant Morfin caresser avec adoration un énorme reptile enroulé autour de lui.
Un peu plus loin, une jeune fille nettoyait le sol. Voyant Odgen la regarder avec insistance et questions, Gaunt grogna de mauvaise grâce :
- Ma fille, Mérope.
- Bonjour, la salua Odgen.
Mais la jeune fille recula craintivement et se plaça dans un coin de la pièce comme si elle essayait de se fondre dans le décor.
- Bon, mon fils a attaqué un Moldu, reprit Gaunt. Qu'est-ce que ça peut faire ?! Ce n'était qu'un sale Moldu ! On ne va pas se justifier pour avoir attaqué ces sales Moldus souillés !
- Mr Gaunt, essaya Odgen de raisonner tout en gardant difficilement son calme, Morfin a violé la loi des sorciers et il doit en payer le prix. La loi doit être respectée et les transgressions réparées, c'est ainsi.
- Ah, je savais bien que vous étiez un amoureux des Moldus, siffla Gaunt avec mépris. Vous l'avez sûrement déjà arrangé, sa face et sa mémoire, qu'est-ce que vous venez nous faire perdre notre temps avec ça ?!
- Mr Gaunt, reprit Odgen aussi calmement qu'il le pouvait dans ces circonstances, voici une convocation.
Il sortit de sa poche un parchemin officiel.
- Morfin doit comparaître devant le Ministère le…
Gaunt émit alors un rugissement qui fit reculer Odgen et même Harry et Drago firent un pas en arrière. Severus ne bougea pas, habitué aux coups de tête de Voldemort. Il était plutôt intrigué de retrouver des traits du Seigneur des Ténèbres dans cet homme.
- Une convocation ?! Une convocation ?! Mais qu'est-ce que vous croyez ?! A qui croyez-vous parler ?! gronda Gaunt.
Et il se précipita vers sa fille pour l'attraper violemment et la ramener vers Odgen. Harry avait l'impression qu'il l'étranglait, mais c'était parce qu'il avait saisi un collier qu'elle portait.
- Vous voyez ça ?! Vous le voyez ?! C'est un médaillon qui appartenait à Salazar Serpentard ! Et cette bague, vous la voyez cette bague ?!
Il imposa alors sa main, son médius orné d'une bague grossière, sous les yeux d'Odgen qui essayait de reculer.
- Cette bague nous descend des Peverell ! Des siècles et des siècles qu'elle est dans notre famille. Les Serpentards et les Peverell, deux lignées de sang-pur, oui monsieur !
- Ce n'est pas le sujet de…
- Deux lignées de sang-pur ! hurla Gaunt en l'ignorant.
- Je…
- Alors ne venez pas dans ma maison emmener mon fils et me parler comme si j'étais la boue de vos chaussures… termina Gaunt en sifflant davantage qu'il ne hurlait cette fois.
Odgen inspira profondément et s'essuya le front.
- Mr Gaunt, en aucun cas je n'ai voulu vous manquer de respect. Mais la loi s'applique à tous, quelques soient leurs rangs et origines, et…
Des bruits se firent entendre, venant de l'extérieur, distrayant Odgen.
Une charrette passait, avec des personnes qui parlaient fort, et une fille qui riait aigu. Tout le monde dans la maison put entendre leurs propos tandis qu'ils passaient sur le chemin.
- Oh mon dieu, quel endroit dégoûtant ! dit la femme d'un ton supérieur et méprisant. Vous devriez vraiment faire raser cette abomination, Tom !
- Mon père essaie depuis des années, répondit un homme aux airs suffisants. Mais ce domaine ne nous appartient pas malheureusement. C'est un comble, nous possédons tout Little Hangleton, excepté cette parcelle, et c'est celle que l'on aimerait le plus détruire !
Les trois spectateurs échangèrent des regards d'incompréhension.
- Il a bien dit, Little Hangleton ? chuchota Drago comme si cela importait qu'on les entende.
- Oui, là où…
- Où Voldemort a tué son père et ses grands-parents, termina Harry d'une voix grave. Là où il y a le cimetière qui a vu son retour.
- Alors, le Tom qui est là dehors…
- Doit être le père de Voldemort.
- Mais… commença Severus avec incompréhension.
Il fut interrompu par les voix extérieures qui reprenaient.
- Oh par tous les saints ! s'exclama la femme. Il y a un serpent cloué sur la porte !
- Ne regarde pas chérie, c'est le fils, il est complètement fou.
Et les pas s'estompèrent.
- Il l'a appelée « chérie », tu vois, il ne t'aimera jamais ! siffla Morfin à sa sœur.
Mérope était si pâle qu'Harry se demandait si elle allait s'évanouir.
- De quoi tu parles ? siffla Gaunt en entendant son fils.
- Elle le regarde par la fenêtre quand il passe, et pense à lui conssstamment…
- Ce moldu ?! Ce sang de bourbe infâme ?! Tu es peut-être une infamie pour cette famille mais tu fais partie de cette famille, et tu ne la couvriras pas plus de honte en t'entichant d'un sale Moldu ! se mit à siffler Gaunt avec colère.
Il se précipita sur sa fille et se mit à la secouer violemment. Odgen tenta d'intervenir. Morfin regardait la scène dans un ricanement mêlé de sifflements à donner des frissons.
Le souvenir s'estompa et Harry, Drago, et Severus regardèrent le décor changer.
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Le souvenir suivant les amena devant une maisonnette joliment décorée et fleurie.
- J'espère que nous aurons davantage d'explications parce que je suis complètement perdu, avoua Harry. On a vu le médaillon mais est-ce que ce souvenir était à propos de Voldemort ou de l'héritier de Serpentard, ou… ?
- Attendons de voir ce souvenir d'abord et puis peut-être que Dumbledore nous a laissé un message, ou peut-être l'explication viendra dans ce que nous verrons, dit Severus.
- J'aurais envie de me réjouir d'une vision plus joyeuse en voyant cette charmante maison, mais j'ai le pressentiment que quelque chose va venir tout gâcher… dit Drago dans un soupir.
Harry hocha la tête, bien d'accord avec lui. Ils virent alors apparaître Tom Jedusor. Le sorcier était jeune et séduisant, mais ses yeux avaient déjà une lueur rougeoyante.
Il frappa à la porte et une femme ouvrit.
- Ah, Tom ! Venez, entrez, entrez donc !
- Bonjour, Mrs Smith, salua Voldemort très respectueusement.
La femme, légèrement âgée mais voulant clairement paraître plus jeune, habillée avec élégance, se tourna vers l'elfe de maison qu'ils n'avaient pas remarquée, qui désherbait des plantes devant la maison.
- Hokey, tu finiras plus tard, va préparer le thé.
Lorsqu'ils virent le décor les emmener dans la cuisine, tandis que la femme et Voldemort partaient au salon, ils comprirent qu'ils étaient dans le souvenir de l'elfe de maison. Ils pouvaient entendre de loin le début d'une conversation banale et mondaine, et n'eurent pas à attendre très longtemps avant de pouvoir suivre Hokey jusqu'au salon.
La conversation que Jedusor menait avec cette Mrs Smith n'avait pas grand intérêt. Hokey s'était calée dans un coin et s'était fait oublier, ce qui était bien utile à Severus, Harry, et Drago.
Ils profitaient de la discussion un peu futile pour observer l'endroit. Si Dumbledore avait transmis ce souvenir, c'était pour une raison. Et puis, quelques propos attirèrent leur attention.
- Barjow et Beurk recherchent en ce moment des reliques et objets légendaires à récupérer pour les revendre, lança Voldemort avec une fausse indifférence.
- Oh, vraiment ? répondit son interlocutrice, sachant apparemment clairement où il allait en venir.
- Je suppose que vous ne possédez rien de la sorte, n'est-ce pas ?
Mrs Smith émit un petit rire et se leva. Elle revint assez vite avec un coffret de bois décoré, et un écrin de velours noir avec des perles. Les yeux de Jedusor se mirent à briller de convoitise.
- Jamais je ne les vendrai à ces deux malotrus vulgaires et sans morale, mais je peux vous les montrer, à vous, Tom. Vous savez apprécier de telles beautés.
Et elle ouvrit le coffret, puis l'écrin. Severus, Harry, et Drago ne purent retenir des exclamations de surprise. Sous leurs yeux ils pouvaient voir la Coupe d'Helga Poufsouffle, et un médaillon vert et argent orné d'un serpent.
- Le médaillon de Serpentard, qui était chez les Gaunt… murmura Drago. Comment est-il arrivé là ?!
Dans le regard de Voldemort, une lueur de fascination malsaine et de convoitise s'était mise à briller.
- Voilà mes plus beaux trésors, mes plus précieuses possessions, murmura Mrs Smith.
Les murs se mirent à bouger, et le tourbillon emmena les trois sorciers hors de la scène.
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Ils retrouvèrent alors le bureau de Dumbledore, qui était présent, et, à côté de la Pensine semblait les attendre.
Il leur parla :
- Vous avez droit à quelques explications nécessaires pour comprendre ces souvenirs.
Ils écoutèrent attentivement.
- Dans le premier, vous avez découvert la famille de Voldemort : sa mère Mérope, son oncle, Morfin, et son grand-père. Elvis Gaunt est mort de vieillesse peu après l'incident avec Odgen. Morfin est resté longtemps seul dans cette maison insalubre, et est mort aujourd'hui. La bague des Gaunt est restée introuvable pendant des années mais j'ai pu remettre la main dessus. Elle est dans la vitrine de mon bureau si vous souhaitez la regarder.
Dumbledore désigna une étagère et les trois sorciers tournèrent les yeux dans cette direction avant de reporter leur attention sur l'homme qui continuait de parler.
- Mérope s'est enfuie avec Tom Jedusor, le père de Voldemort, après l'avoir ensorcelé avec un Philtre d'Amour. Elle était enceinte lorsqu'elle cessa l'influence du Philtre, espérant qu'il l'aimait réellement malgré l'enchantement, et lui raconta la vérité. Il la répudia et la quitta cruellement.
Harry éprouva de la pitié pour cette femme qu'ils avaient vue et qui semblait avoir eu une vie vraiment difficile.
- Elle avait avec elle le médaillon et le vendit à Barjow et Beurk pour une dizaine de Gallions, continua Dumbledore. Ils n'avaient pas idée de sa vraie valeur et lorsque Mrs Smith vint leur acheter, ils gagnèrent plus que ce qu'ils pouvaient imaginer. Mérope quant à elle, a été recueillie par l'orphelinat devant lequel elle s'était presque évanouie, et donna naissance à son fils, Tom Elvis Jedusor, dans la souffrance. Elle mourut après lui avoir donné un nom, et l'orphelinat garda l'enfant jusqu'à ce que je vienne le chercher.
Dumbledore alors eut un soupir las et triste, avant de reprendre.
- Mrs Smith a été retrouvée morte deux jours après le souvenir que vous avez vu, et on accusait son elfe de maison, Hokey, de s'être fait vieille, et d'avoir confondu une poudre de poison avec le sucre qu'elle versait dans son thé. Mrs Smith avait donc acheté le médaillon, qu'elle avait reconnu, et la Coupe était dans l'héritage de sa famille depuis plusieurs générations.
Voldemort avait donc tué la sorcière pour récupérer les objets…
- Les deux reliques avaient disparues lorsqu'on fouilla sa demeure après sa mort, mais peu de gens savaient qu'elles étaient en sa possession, et personne ne les chercha. Barjow et Beurk ne semblaient pas en avoir connaissance lorsque je les ai interrogés, il est probable que Voldemort leur ait falsifié la mémoire. Il a conservé la coupe et je ne sais pas où elle est aujourd'hui, mais le médaillon est dans mon bureau. Je l'ai récupéré dans une aventure que je vous conterai une autre fois.
Dumbledore eut alors un sourire lointain.
- Je vous laisse réfléchir à tout cela, dit-il ensuite aux trois sorciers en leur souriant directement.
Harry, Drago, et Severus se sentirent alors aspirés, et furent éjectés de la Pensine.
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Ils réapparurent dans la réalité et reculèrent un moment.
- Et bien, c'était… éclairant, marmonna Severus. Mais pourquoi diable Dumbledore voulait-il qu'on voit cela ?!
- Je crois qu'il veut qu'on comprenne bien qui est Voldemort, essaya de répondre Harry. Qu'on comprenne d'où il vient et qui il est.
- Sans oublier qu'il nous a montré que Voldemort voulait quelque chose à propos de ces reliques. Il ne nous a pas montré n'importe quel moment mais bien ceux où l'on rencontrait les rencontrait. Et il a même précisé ensuite ce qu'elles étaient devenues ! Il doit bien y avoir un sens…
McGonagall s'approcha d'eux.
- Vous avez appris des choses intéressantes ? demanda-t-elle.
- Oui, très intéressantes, répondit Harry. Quelle heure est-il, avons-nous le temps de regarder d'autres souvenirs encore ?
- Le dîner est dans une heure, répondit la directrice.
- Oh, Minerva, pourriez-vous envoyer un mot à Miss Mint pour lui signaler que Dumbledore a confirmé la présence du médaillon dans ce bureau ? demanda Severus.
McGonagall accepta et s'éloigna tandis que Rogue attrapait les souvenirs suivants, distingués par leur brillance nouvelle.
- Je suis vraiment impressionné, lança Drago, par le fait que Dumbledore ait été capable de faire s'illuminer les souvenirs dans un certain ordre et seulement selon certaines conditions…
- Je suis bien d'accord, approuva Harry.
- A nouveau, aucune étiquette. Je ne sais si nous allons tomber sur le Seigneur des Ténèbres à nouveau, ou sur autre chose… déclara Severus.
- Allons-y, nous verrons bien.
Et après avoir versé les souvenirs dans la Pensine, ils se penchèrent autour, et plongèrent.
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Ils se retrouvèrent dans un village lumineux, avec des habitants qui semblaient heureux. Des enfants passèrent en courant et riant. Severus remarqua les yeux d'Harry et de Drago qui se mettaient à briller, et sentit son cœur se serrer de les voir espérer aussi fort obtenir cet avenir harmonieux eux aussi.
- Eh, Albus, je te défie de m'attraper !
Ils se retournèrent dans un sursaut. Un peu plus loin, un petit garçon tirait la langue à un autre et s'enfuyait en éclatant de rire tandis que l'autre se mettait à lui courir après.
Un autre rire, plus clair, les fit tourner la tête. Une petite fille, assise sur un banc devant une maison de pierre, frappait dans ses mains avec des éclats joyeux, en regardant les deux petits garçons courir en cercle non loin d'elle.
- Même pas cap', même pas cap', se mit à chantonner celui qui avait déjà parlé en grimpant sur un puits assez haut.
Il avait de doux cheveux blonds et un regard bleu gris. Il devait avoir cinq ou six ans. L'autre petit garçon, qu'il narguait de son perchoir, avait des cheveux châtains et des yeux d'un bleu plus perçant.
La même couleur était sur les cheveux de la petite fille, à peine un peu plus foncés, et elle avait des yeux d'un très joli bleu également. Le deuxième petit garçon devait avoir un an ou deux de moins que le premier, et la petite fille semblait à peine parler et marcher.
- Allez, Albus, grimpe si t'es cap' !
Severus regarda Harry et Drago qui échangeaient déjà des regards.
- Vous avez entendu comme moi ?
- Oui, "Albus", répondit Harry doucement.
- Vous croyez qu'il s'agit… de Dumbledore ? Quand il était enfant ?
Severus allait donner son avis, quand soudain le petit garçon blond sur le puits perdit l'équilibre. Il tourna des bras, cherchant à se raccrocher à quelque chose, une expression d'horreur prenant son visage tandis que son corps tombait en arrière. Il poussa un cri.
Et sentit une main agripper la sienne, stoppant sa chute. L'autre garçon avait sauté pour atteindre le haut du puits, et attrapé son ami en s'allongeant à moitié sur la margelle.
- Albus ! s'exclama le premier avec joie et soulagement.
- Tiens bon ! articula le petit garçon en le tenant fermement. Arianna, va chercher maman ! Vite !
La petite fille, qui était donc la sœur du jeune Albus, descendit péniblement du banc et courut comme elle pouvait à l'intérieur de la maison en appelant sa mère aussi fort qu'elle le pouvait.
Quelques instants plus tard, une femme de haute taille sortait, et comprenant la situation, venait aider les deux garçons. Une fois à terre, le premier enlaça affectueusement le second.
- Tu m'as sauvé la vie ! s'exclama le petit garçon blond. Merci, Albus, merci !
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Et le décor se mit à changer. Pendant qu'il se formait différemment, les trois spectateurs émirent leurs remarques.
- Je n'ai aucune idée de qui pouvait être ce garçon, dit Severus lorsque son fils le regarda d'un air interrogateur.
- Dumbledore et lui devaient être amis, apparemment, dit Drago.
- Oui… mais c'était il y a très longtemps. Je ne sais pas s'il est toujours en vie, rappela Severus. Dumbledore avait une longévité exceptionnelle, même pour un sorcier.
- Il avait une sœur ? demanda Harry.
- Oui, et un frère. Son frère est Abelforth, le barman de la Tête de Sanglier, répondit Severus.
- Vraiment ?! réagirent les deux garçons.
Severus hocha la tête, le regard perdu dans ses pensées.
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Autour d'eux le village se formait à nouveau, légèrement différent, et ils se trouvaient à un autre endroit. Harry fronça les sourcils en ayant l'impression de reconnaître les lieux.
- Abelforth Dumbledore aussi a une sacré longévité… remarqua Drago. Il n'a pas du tout l'air aussi vieux ! Et qu'est-il arrivé à leur sœur ?
- Arianna ? Elle est morte, assez jeune. Il y a de nombreuses rumeurs sur les causes de son décès mais personne n'est sûr. Leur mère a fait dire qu'elle avait été emportée par une maladie, mais les gens racontaient qu'elle avait été victime des expérimentations de Dumbledore.
- Comment ça ? voulut en savoir plus Drago, mais Harry l'interrompit.
- Cet endroit ne vous semble pas familier ?! demanda le jeune homme très sérieusement.
Ils regardèrent autour d'eux et Drago et Severus eurent la même impression.
- Albus !
La voix qui s'éleva derrière eux détourna leur attention. Ils regardèrent un jeune homme blond, à peine jeune adulte, avancer vers un autre jeune homme, qu'ils reconnurent comme étant Albus Dumbledore.
Ils estimèrent que le jeune homme blond était l'enfant du premier souvenir, plus âgé. Mais sa voix n'avait plus les mêmes teintes de taquinerie innocente. Lorsqu'il avait hélé son ami d'enfance, son ton avait semblé, à Harry, alourdi, alourdi par une sorte de… supériorité, d'orgueil.
Le jeune Albus répondit à l'appel avec méfiance et distance clairement affichée.
- ... ? C'est bien toi ?
Harry se tourna d'un seul coup vers son père.
- Est-ce que… chuchota-t-il.
- Oui tu as bien entendu, son nom a été effacé du souvenir, répondit Severus, sérieusement intrigué.
Le jeune homme blond s'avança vers Albus et Drago grimaça en retrouvant dans sa démarche des allures fières qu'il pouvait avoir lui-même.
- Albus, je suis enchanté de te revoir. Comment te portes-tu ? demanda le jeune homme blond avec un intérêt qui semblait sincère.
- Je n'ai rien à te dire, …, répondit Albus en se détournant ostensiblement et partant plus loin.
Une fois encore, son nom avait été effacé, et ils ne purent entendre ni lire sur les lèvres. Le jeune homme blond courut après Albus et le rattrapa. Lui prenant le bras, il le fit se retourner vers lui.
- Tu m'en veux encore, sérieusement ?! lui demanda-t-il avec un amusement clair.
- Vas-t-en, fut tout ce que répondit Albus en se dégageant à nouveau.
- Oh, franchement… Allez, enterrons le passé ! Je suis de retour regarde. Et j'ai des idées pour nous deux, j'ai un projet, je voulais absolument le partager avec toi ! Nous pourrions faire une équipe imbattable et réussir là où personne n'a jamais réussi !
Albus cessa de fuir le jeune homme et le regarda, apparemment intrigué.
- J'ai découvert... commença le jeune homme blond avant de se pencher vers Albus et de lui chuchoter à l'oreille quelques paroles inaudibles pour les trois spectateurs.
Frustrés, ils durent regarder les deux jeunes gens retrouver leur complicité d'autrefois autour d'un secret qu'ils ne pouvaient pas entendre.
C'était d'ailleurs surprenant, et ce devait sûrement être une machination du souvenir à nouveau, puisqu'il venait de Dumbledore, et cela aurait dû leur permettre de tout entendre ce qu'il avait entendu.
Un jeune garçon apparut alors un peu plus loin, et en apercevant le jeune homme blond, s'énerva ouvertement de sa présence.
- Toi ! Vas-t-en, vas-t-en, on ne veut pas de toi ici ! Albus, dis-lui de partir !
- Abelforth, calme-toi, ça va, on discute juste un peu, répondit calmement Albus.
Harry, Drago, et Severus virent briller ses yeux d'excitation, d'anticipation. Ils ne savaient pas quelle était cette grande idée du jeune homme blond, mais elle semblait avoir fait tout changer.
- Vas-t-en, sale serpent ! s'énerva plus fort le frère d'Albus. Ne reviens pas ! Reste loin de nous !
- Qu'est-ce qu'il se passe ? se fit alors entendre une voix douce et féminine.
- Arianna, rentre à l'intérieur ! lui ordonna Abelforth. Et toi ! cria-t-il à l'adresse du jeune homme blond, Ne t'approche pas d'elle ! Si je te vois près d'elle, je te tuerai !
Albus se mit à s'énerver alors contre son frère, lui reprochant d'exagérer, mais Abelforth ne voulait rien entendre. Les cris s'élevèrent entre eux.
Les trois spectateurs regardaient, horrifiés, le regard effrayé de leur sœur derrière eux, et celui brillant et terrifiant du jeune homme blond au rictus satisfait et supérieur.
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Le décor changea à nouveau, rapidement cette fois, et soudain sous leurs yeux défilèrent des scènes à la suite.
Albus et le jeune homme blond qui étudiaient de vieux parchemins ; qui lisaient de vieux livres ; qui débattaient de sujets de magie complexe et difficile ;
Abelforth qui reprochait à Albus son amitié avec ce garçon inquiétant, qui lui reprochait leurs recherches qui lui prenait tout son temps, qu'il aurait dû passer à s'occuper de leur sœur avec lui, leur sœur malade ; Arianna, toussant et pâle, qui fuit la présence du jeune homme blond lorsqu'il entre dans la pièce ;
Albus et lui qui parlent de magie noire ; qui se disputent autour de la magie noir, Albus n'osant pas encore l'aborder, l'autre voulant aller plus loin ; Albus et le jeune homme blond qui se font la tête, se réconcilient, s'amusent, se disputent, débattent, discutent, parlent des heures, se tournent le dos des journées entières pour mieux se retrouver ;
Albus et le jeune homme blond qui se rapprochent et montent des projets d'un avenir grandiose, qui parlent de pouvoir, de puissance sur le monde, et qui se retrouvent fascinés ;
Albus qui regarde le jeune homme blond d'un regard qui ne peut plus tromper ; le jeune homme blond qui le voit, et ne fait rien ; le jeune homme blond qui décide d'utiliser, de manipuler son ami, son "ami" ;
Abelforth qui essaie encore, encore, de ramener son frère, son frère qui ne l'écoute pas, obnubilé par le jeune homme blond qui ne le regarde pas ;
Arianna qui tombe vraiment malade, Albus qui décide de rester à ses côtés avec Abelforth, et le jeune homme blond qui part.
Le jeune homme blond qui revient.
Albus et le jeune homme blond qui se disputent plus fort cette fois, et en viennent à la force. Leurs baguettes sorties, Albus et le jeune homme blond qui se battent en duel.
Un sort qui s'égare.
Arianna qui meurt.
Et Harry, Drago, et Severus furent éjectés de la Pensine.
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Ils eurent besoin d'un moment pour se reprendre, reprendre leur souffle. Les souvenirs s'étaient enchainés dans un tourbillon complexe et lourd d'émotions, de sentiments, de ressentis.
Harry et Drago se rapprochèrent instinctivement l'un de l'autre et cherchèrent le contact.
- Est-ce que vous allez bien ? leur demanda une voix inquiète.
Ils se tournèrent et semblèrent surpris de voir Cassiopeia ici.
- Minerva m'a transmis votre message, je suis venue chercher le médaillon encore une fois dans le bureau. Elle est descendue voir si tout allait bien dans le château.
Severus respira quelques fois profondément et alla ranger les fioles dans l'étagère.
- Nous avons vu des souvenirs… surprenants.
- Avez-vous trouvé le médaillon alors ? demanda Harry pour changer de sujet.
- Non, pas encore, soupira Cassiopeia.
- Avez-vous essayé d'utiliser des mots de passe, ou de reconnaître des mécanismes d'invisibilité, de sécurité, sur différents objets ou recoins de la pièce ? s'intéressa Drago.
- Pas vraiment encore. J'espérais ne pas y avoir recours, j'espérais trouver plus naturellement, mais je vais devoir m'y résoudre. Mais ça va me prendre du temps, j'aurais préféré ne pas en perdre à chercher.
- Il faut penser comme Dumbledore, et penser comme il allait prédire que vous pourriez agir, dit Harry avec un léger sourire.
Cassie lui sourit en retour et hocha la tête avant de prendre un air déterminé et de repartir dans ses fouilles avec exagération, provoquant l'amusement du jeune homme et de Drago.
- Allez-vous détendre, tous les deux, leur dit Severus. On reparlera de tout ça un autre jour, d'accord ?
Ils acceptèrent et le saluèrent avant de s'échapper dans les couloirs.
"On a le temps de repasser par la chambre avant le dîner…" murmura Harry avec suggestion.
Drago sourit malicieusement.
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Dans la Salle sur Demande, l'Armée du Phénix, qui ne s'occupait plus spécifiquement de combats ou missions contre Voldemort, mais qui ne parvenait pas à se détacher entièrement de la guerre, bien sûr, avait été recrutée pour comprendre les cartes qu'Hermione avait trouvées dans un livre de Dumbledore.
Mais au bout de quelques soirs à se pencher dessus, ils commencèrent à désespérer. Ils avaient compris que les symboles venaient d'anciens systèmes druidiques et désignaient des éléments de la nature, des végétaux, minéraux, animaux, etc. mais ils n'avaient pas encore pu tous les déchiffrer.
De son côté, Drago avait pu traduire une partie de notes mais il s'agissait de verbes d'actions à faire apparemment mais sans qu'ils ne comprennent dans quel contexte, ou des notes indicatives de direction en lien avec les cartes qu'ils ne comprenaient pas plus.
Les tracés ne s'accordaient avec rien pour le moment dans la réalité et ils se demandaient s'il s'agissait vraiment de cartes.
Un soir, alors qu'ils étaient assez nombreux à réfléchir dessus dans la Salle sur Demande, au moment de repartir, ils se bousculèrent un peu tous.
Soudain, Ron trébucha, et le Déluminateur tomba de sa poche. Lorsqu'il toucha le sol, il s'ouvrit tout seul, et les lumières de la pièce furent toutes aspirées.
- Ah, il fait tout noir !
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Qui a éteint la lumière ?
- Quelqu'un peut rallumer ?
Le chaos dura quelques instants jusqu'à ce que la voix de Ginny s'élève.
- Eh, taisez-vous, attendez, regardez, les cartes !
Tout le monde cessa son brouhaha sans pour autant perdre son agitation et regarda les parchemins les plus proches. Des exclamations de surprise et de joie emplirent la pièce tandis qu'ils découvraient ce qui était apparu sur les papiers.
Des marques bleutées un peu lumineuses formaient des chemins, des directions fléchées, et des termes indicateurs clairs.
- Excellent ! s'écria Ron. Tout nous était donné mais caché ! Dumbledore était vraiment intelligent, c'est dingue.
- Une personne par carte prend note de ce qui est apparu ! ordonna Hermione.
Personne ne protesta. En quelques minutes, toutes les cartes avaient été dupliquées pour prendre note à l'écrit des tracés bleus.
Une fois tout recopié, Ron utilisa le Déluminateur et les lumières réapparurent dans la pièce. Les marques, elles, disparurent.
- C'est diablement intelligent, murmura Dean. C'est comme chez les Moldus, la lumière bleue pour voir le sang ou certains matériaux.
- Les Moldus ont quelque chose comme ça ? réagit Tracey, sincèrement surprise.
- Pas du tout le même principe ou procédé, mais même résultat. Avec une certaine lumière, on voit des choses qu'on ne pouvait voir avec la lumière naturelle.
La jeune fille émit un sifflement admiratif.
- Alors ? Qu'est-ce que ça nous dit ? rappela Justin avec excitation.
- Attendez, doucement, essaya de tempérer Hermione.
Ils établirent les cartes correctement sur les tables.
- On dirait que les nouveaux tracés sont des directives. Il semblerait qu'il faille aller d'abord à cet endroit, puis à celui-là, et ainsi de suite, si on commence par ce qui semble être la première flèche de direction, étudia Hermione.
- Et ces autres symboles, je pense qu'ils indiquent des actions, releva Drago. Regardez, il y a une flèche circulaire, et en note sur le parchemin d'origine c'était écrit « tourner » en russe, si j'ai bien déchiffré.
- Et s'il s'agissait d'éléments à trouver pour quelque chose ? demanda Ron. Ca parlait de pierres, et de plantes, et d'autres objets ou choses qu'on trouve dans la nature. Peut-être doit-on les trouver, dans l'ordre des marques bleues, et de la façon indiquée.
- Mais pourquoi ? demanda Ernie. A quoi cela nous servira-t-il ?
Son ton indiquait qu'il ne pensait pas que cela avait quelconque utilité et un débat s'ensuivit sur l'intérêt qu'il fallait porter aux cartes et s'il allait falloir partir selon ses directives ou si cela ne serait qu'une perte de temps.
Au bout de quelques minutes, Harry essaya de parler, mais dans leur discussion animée, ils ne l'entendaient pas, et il n'avait pas envie d'élever la voix et agir en chef pseudo médiateur qui se croit plus sage que les autres…
"Euh, s'il vous plaît ?" pensa-t-il alors à l'adresse de tout le monde en espérant qu'ils entendraient d'avantage mentalement.
Il se sentit gêné lorsqu'ils se turent tous et se tournèrent vers lui immédiatement, et il rougit.
- Je voulais juste rappeler que c'est Dumbledore qui nous a amené à réfléchir sur ces parchemins, et donc qu'il avait sûrement une idée en tête, et qu'il y a donc sûrement un intérêt qu'on ne voit pas encore…
La plupart acquiescèrent et approuvèrent, et les plus sceptiques ne répliquèrent rien. Harry était un peu mal à l'aise mais Hermione enchaîna sans laisser l'atmosphère s'installer.
- Bon, je vais me pencher plus dessus, je vous tiendrai au courant. Ceux qui veulent m'aider sont les bienvenus, bien sûr.
Ses paroles sonnèrent la fin de la réunion et certains restèrent un peu tandis que d'autres partaient vaquer à leurs occupations de fin de soirée.
Harry et Drago se retirèrent assez vite et profitèrent de l'obscurité pour aller voler dans des coins reculés du parc, là où personne ne les dérangerait.
Ils n'avaient pas besoin de lumière pour savoir où était l'autre, ils n'avaient pas besoin d'y voir clair pour savoir où ils allaient, ils n'avaient pas besoin d'ouvrir les yeux tandis qu'ils dansaient dans les airs, avec les vents de la nuit et leurs cœurs enlacés.
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Un après-midi, Harry et Drago faisaient la sieste sous un arbre dans le parc.
Ils avaient, comme plus souvent ces derniers temps, laissé sortir Noumenia et elle s'amusait près d'eux. La petite dragonne avait accueilli avec ravissement et enthousiasme de pouvoir voleter à l'air libre, courir après les petites bêtes qui se cachaient dans l'herbe, et s'entraîner à cracher du feu dans leur direction.
Elle aimait aussi beaucoup jouer avec Harry et Drago. Elle volait autour d'eux en les taquinant pour qu'ils essaient de l'attraper, et elle s'enfuyaient toujours avec la fierté d'être assez rapide et agile pour leur échapper.
Mais elle appréciait également particulièrement les marques d'affection, et quand elle était plus fatiguée, elle se blottissait dans le cou de l'un, ou s'enroulait un peu sur le bras.
Ils se reposaient tous les trois ainsi, quand soudain, Harry et Drago réalisèrent soudain chacun quelque chose de différent.
- Je sais où j'ai déjà vu la Coupe de Poufsouffle ! s'écria Drago en se redressant.
- Les reliques de la stèle, ce sont les reliques des Fondateurs ! s'exclama Harry au même moment et dans le même mouvement.
Noumenia voleta, animée par leur nouvelle agitation, et crachota un peu de fumée, comme pour protester d'avoir été réveillée. Ils éclatèrent de rire.
En quelques secondes, leurs esprits avaient partagé leurs découvertes.
- La Coupe est chez les Lestrange, commença Drago. Je l'y ai vue plusieurs fois, sur la cheminée, à côté d'autres coupes de valeur. Voldemort a dû l'y placer là en pensant qu'elle passerait inaperçue au milieu des autres.
- La meilleure façon de cacher quelque chose est de le mettre à la vue de tous, murmura Harry. C'est très malin.
- Il faudra la récupérer. Ca ne devrait pas être trop difficile, on connait les lieux en plus. Et il ne serait pas dur de trouver une excuse ou une occasion…
Harry ne répondit pas et Drago fronça les sourcils en sentant sa gêne.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- On attendra une occasion, ou alors on montera un plan avec les autres, mais peut-être, plus tard, enfin, si…
- Darren, qu'est-ce qu'il y a ?
- J'aimerais éviter de retourner là-bas si on n'y est pas obligé… marmonna Harry.
Noumenia revint se blottir dans son cou. Drago le regarda tendrement et l'embrassa doucement. Puis il changea de sujet.
- Alors, les reliques, donc ?
Harry le remercia du regard.
- Ce qu'Arthur a lu dans le grimoire, à propos des pierres, je ne sais pas si tu te souviens, mais ça parlait de pierres liées à des reliques. Je viens de réaliser, c'est le mot que Dumbledore a employé pour parler de la coupe et du médaillon, et cela doit englober l'épée et le diadème je pense.
- D'ailleurs, pendant que j'y pense, excuse-moi de te couper, mais je ne voudrais pas oublier encore…
- Oui, vas-y ?
- Dumbledore nous a montré les fois où Voldemort avait rencontré deux des reliques, mais on n'a rien vu sur l'épée ou le diadème, et je me disais que cela avait dû se passer pendant qu'il était à Poudlard, non ?
- Oui, sûrement. Mais je ne sais toujours pas ce qu'elles font, ou à quoi elles servent. Seulement maintenant, on sait qu'elles sont évoquées aussi en rapport avec les pierres de l'héritage Prince.
- On enverra une lettre à tes cousins pour leur en parler.
- Mais pas maintenant…
Harry attrapa Drago et roula avec lui dans l'herbe, déclenchant leurs rires. A nouveau, Noumenia fut délogée, et cette fois, elle alla se poser sur une branche basse pour être tranquille. Les deux garçons s'embrassèrent et se mirent à se chamailler comme des enfants.
Ils pouvaient sentir à quel point ils en avaient besoin, et acceptaient tous les deux d'avoir le droit de s'autoriser des moments agréables. Drago était heureux de voir qu'Harry avait finalement accepté qu'il puisse rire ou se réjouir de choses sans devoir se sentir coupable ensuite.
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Les jours passaient, et Voldemort voyait que ses plans n'avançaient pas du côté de Poudlard. Severus ne pouvait pas, en aussi peu de temps, prendre le pouvoir sur l'école.
- Maître, puis-je me permettre une suggestion ? lui demanda Severus un jour.
- Je t'écoute, lui répondit Voldemort avec mauvaise humeur.
Il venait d'apprendre l'échec à nouveau de Narcissa et de Lestrange dans la recherche d'Ombrage après une attaque isolée dans le sud de l'Angleterre.
Lorsqu'il avait lancé ses plans, il avait pensé qu'ils s'exécuteraient assez vite, et qu'avant la fin de l'année il serait maître de l'école, il restait moins d'un mois. Cela n'était pas bien parti.
- Peut-être… pourrions-nous profiter de l'été pour étendre notre influence sur Poudlard. Les élèves seront rentrés chez eux, il y aura peu de défense, et je pourrai convaincre la directrice de me nommer directeur adjoint afin de prendre sa place dès que possible, en passant du temps avec elle pendant les vacances, prétendant vouloir défendre l'école, ce qui me placerait en très bons termes pour la rentrée scolaire.
Voldemort regarda Severus.
- Ce n'est pas une mauvaise idée, murmura-t-il.
- Seigneur, vous avez commencé votre plan d'attaques continues sur le pays, peut-être avez-vous besoin de vous concentrer là-dessus pour le moment, surtout si vous recherchez quelque chose, en plus d'Ombrage. Laissez-moi m'occuper de Poudlard discrètement, et prenez le pouvoir sur le Royaume-Uni. Lorsque vous contrôlerez l'ensemble du pays, les gens penseront que l'école sera le dernier bastion, et en réalité, elle sera prête à tomber sans qu'ils s'y attendent.
Le mage noir eut un rictus. Severus vit qu'il l'avait rendu plus satisfait et s'en félicita. Un Voldemort content était toujours moins dangereux qu'un Voldemort énervé…
- Bravo, Severus, tu continues de me servir fidèlement, et ton intelligence est un véritable atout. Cela fait un moment que je ne t'ai pas proprement récompensé pour tes services. Je sais que tu dis toujours que tu ne désires rien, mais la prochaine fois que nous nous verrons, je veux que tu n'aies pas peur de me demander une faveur.
- Je vous remercie, maître, répondit humblement Severus en s'inclinant devant le mage noir.
- Bien, je laisse donc Poudlard à tes soins pour le moment. En repartant, envoie un message à Rodolphus pour le prévenir de mon arrivée prochaine, et dis-lui de m'informer de l'emplacement de leur camp et de la prochaine cible.
- Très bien maître. Il sera fait selon vos désirs.
- Oui… c'est mieux ainsi… murmura le mage noir pour lui-même.
Severus quitta la salle à reculons, mais Voldemort ne le regardait déjà plus, le regard sur ses plans et cartes, les yeux luisant d'une anticipation de sang et de cris.
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Et ce fut un lundi, ensoleillé en ce début du mois de juin, qui accueillit les examinateurs officiels à Poudlard, prêts à évaluer les élèves qui passaient les BUSES et les ASPICS, tandis que les professeurs de l'école préparaient d'autres salles pour les examens des autres années.
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Explication du titre [C'est Ainsi] :
J'ai choisi ce titre parce qu'il exprime l'idée que certaines choses sont d'une façon et qu'on ne peut les changer : Lucius Malefoy refuse, et personne ne pourra rien y faire, car le Choix est véritable et libre, et qu'on ne peut le forcer. C'est aussi pour rappeler que Lucius Malefoy n'a pas changé lui-même, malgré les opportunités.
Et puis je trouvais qu'il exprimait bien l'atmosphère de ce chapitre.
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Remarques sur le chapitre :
Bien sûr, Lucius Malefoy a refusé. Ca n'aurait pas été bien qu'il accepte, ni pratique d'ailleurs. Et je ne le voulais pas. Mais je trouvais intéressant que la situation se présente ! Alors, comme il s'agit d'un véritable Choix, Malefoy ne subit aucune conséquence.
Mais l'Attraction est motivée par le Pouvoir d'Amour, pour créer un Lien qui va au-delà d'une simple connexion mentale. C'est pour ça qu'Harry, lui, est affecté. Et il est affecté uniquement au niveau du Pouvoir d'Amour, pas sur un plan personnel bien sûr, puisqu'au contraire, il est plutôt soulagé de ne pas avoir Lucius Malefoy dans sa tête désormais.
Je vais repréciser quelque chose, pour que ça soit bien clair :
Drago prend donc du Polynectar à chaque fois qu'ils font une opération, et c'est toujours la même fiole, donc toujours la même apparence qu'il prend.
C'est une question pratique : ils ne sont pas allés chercher des cheveux de plein de jeunes inconnus partout. Et également plus pratique pour l'Ordre et les Aurors, ils ont un seul visage en tête comme second d'Harry.
Voldemort et les Mangemorts ont repéré qu'en plus des habituels Granger et Weasley, il y avait désormais ce jeune homme inconnu aux côtés d'Harry Potter, et qu'il était constamment dans les parages et opérant avec lui.
Ce n'a pas encore été beaucoup développé dans les réunions de Mangemorts qu'on a pu lire, mais ça fait partie des choses qui se déroulent en arrière plan. Voldemort a donc ordonné sans trop savoir pour l'instant si cela sera vraiment important, de concentrer les efforts aussi sur ce gamin, en plus d'Harry Potter, lors des opérations.
Un certain temps se passe ensuite, beaucoup plus tranquille. Je trouve cela à la fois utile, réaliste, et logique : dans toutes les guerres, il y a des moments où il n'y a pas immédiatement d'actions, où les opérations prévues ne se déroulent pas comme prévu, etc. C'est ce qui se passe pour Voldemort. Et cela est tant mieux pour les élèves !
Severus a gagné du temps pour Poudlard, et Voldemort va s'occuper du reste de l'Angleterre. Les jeunes sorciers pourront terminer l'année avec un peu moins de soucis en tête.
Je ne vais pas encore développer sur les souvenirs, les reliques, et ces informations qu'on a autour de ce que Dumbledore a laissé derrière lui pour avancer dans l'intrigue. Je préfère laisser ces pistes ouvertes, car elles seront davantage développées dans le tome 2, et vous avez ainsi le temps de faire vos hypothèses ! Haha !
Simplement, comme souvent, j'ai inclus des éléments de l'histoire originale, des livres, que j'ai repris et que je vais réutiliser dans ma propre histoire !
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Questions de fin de chapitre :
A quoi serviront les objets des Fondateurs ? Quelle importance ont-ils ? Les jeunes pourront-ils récupérer la Coupe chez les Lestrange ? Cassiopeia trouvera-t-elle le Médaillon ? Où est le Diadème ? Quel lien avec l'héritage Prince et les pierres, et quel lien avec le Rituel et le combat des puissances ancestrales ?
Que va devenir Lucius Malefoy ? Voldemort continuera-t-il son plan d'attaque sur l'Angleterre avec succès ? Trouvera-t-il Ombrage ? Que cherche-t-il d'autre ? Finira-t-il par attaquer Poudlard, et quand et comment ?
Comment se passeront les examens pour nos héros ?
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Remarques références :
*Peter Pan (film, 2003) : la phrase 'Qu'on en finisse' est prononcée à la fin du film par les enfants. Ils la crient au capitaine Crochet pour qu'il cesse d'avoir des pensées heureuses, et cesse de voler. Le Capitaine la répète ensuite, juste avant d'abandonner et de se laisser tomber dans la gueule du crocodile. Et ce Capitaine, dans ce film là, est joué par… Jason Isaac, l'acteur qui joue Lucius Malefoy dans les Harry Potter.
*Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (Tome 6) : souvenirs de Dumbledore sur Voldemort, épisode de Odgen chez les Gaunt, et épisode avec Mrs Smith
*Harry Potter et les Reliques de la Mort (Tome 7) : histoire de Dumbledore ; importance des objets des Fondateurs
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Annonce du chapitre suivant :
Intitulé [Première Manche], les jeunes sorciers vivront leurs examens, et les professeurs annonceront quelques évènements surprises pour agrémenter la fin de l'année scolaire…
