« C'est vraiment pas mal... commenta Lily en déambulant dans un grand appartement du chemin de traverse que James avait trouvé dans la gazette du sorcier.
- Il manque deux chambres... marmonna Sirius, les bras croisés.
- Vous voulez des enfants ? les interrogea Doris Crockford, une ancienne poufsouffle à peine plus âgée qu'eux qui leur faisait visiter l'endroit. »

Les deux camarades se jetèrent un coup d'oeil perplexe avant d'éclater de rire et d'expliquer à la jeune femme qu'ils n'étaient absolument pas en couple, ce qui sembla fortement la ravir.

« Je le trouve très bien cet appartement, et je pense que James aimerait aussi.
- James aimerait, certifia Sirius, mais il manque deux chambres. »

Lily leva les yeux au ciel et se promena dans le grand salon qui donnait une vue sur la rue passante. Elle aimait le fait que l'appartement se trouve sur le chemin de traverse. C'était animé, vivant, et c'était tout ce qu'elle voulait, tout ce qui plaisait aussi à James.

L'endroit était lumineux et étonnement haut de plafond, ce qui lui donnait un charme fou et expliquait la taille démente des fenêtres. La cuisine n'était séparée du salon que par un grand bar en chêne autour duquel elle imaginait déjà les quatre garçons en train de s'envoyer whisky-pur-feu sur whisky-pur-feu, et le parquet... Merlin, le parquet était magnifique.

Elle se tourna vers Sirius qui avait l'air parfaitement insensible aux coups d'oeil suggestifs que lui envoyait Doris, et elle s'avança vers lui d'un air déterminé.

« C'est le quatrième que nous visitons aujourd'hui, et je crois que c'est le bon...
- Il manque deux chambres, répéta t-il en arquant un sourcil.
- Arrête avec ça. On achètera un grand canapé.
- Hmmm... On vous recontactera, il faut qu'on en parle, trancha Sirius. »

Ils saluèrent Doris qui sembla regretter que le jeune homme s'en aille si tôt, et ils se retrouvèrent à déambuler sur le Chemin de Traverse.

« Peut-être que si tu fais de l'oeil à Crockford, on pourrait avoir une diminution sur le loyer, plaisanta Lily en donnant un coup de coude à Sirius.
- N'y compte même pas, dit-il sur un ton neutre en mettant ses lunettes de soleil.
- Elle est plutôt sympathique... Physiquement, je veux dire.
- Sympathique physiquement ? reprit-il en lâchant un rire. Je n'avais jamais entendu ça, Evans. C'est bien trouvé, mais ça ne suffit pas.
- Toi, tu ne te contentes plus de ça ? s'étonna t-elle.
- Je ne me suis jamais contenté de ça. Doris et moi on s'est parlé pour la première fois il y a une heure, et elle est déjà obsédée par moi. Elle va tomber amoureuse, la pauvre. Je ne peux pas gérer ça.
- Tu as vraiment une vie compliquée, se moqua Lily. »

Sirius était particulier, mais elle s'était attachée à lui. C'était plutôt inattendu, à vrai dire. Il n'était pas exactement le genre de personne vers qui elle allait, mais en apprenant à le découvrir, il l'avait surprise et elle avait commencé à nouer des liens d'amitié avec lui qu'elle savait indéfectibles. Oh, ils se chamaillaient souvent, s'envoyaient des remarques bien placées la plupart du temps, mais c'était seulement leur façon de se montrer qu'ils tenaient l'un à l'autre. C'était étrange, certes, mais c'était eux.

« Regarde toi, toute heureuse, lui fit-il remarquer alors qu'elle marchait à côté de lui d'un pas léger.
- Quoi ?
- On est bien loin de la semaine dernière, hein ? »

Elle déglutit et ralentit un peu, ses yeux tombant sur ses chaussures. Elle avait espéré de toutes ses forces que Sirius n'avait pas raconté à James comment s'était déroulés les quelques jours qu'elle avait passé sans lui à Poudlard et qu'il ne comptait pas remettre cela sur le tapis, mais visiblement, il n'était pas du même avis.

« Je préfère te voir comme ça, avoua t-il en lui lançant un sourire amical.
- Tu n'as rien dit à James, n'est-ce pas ?
- Tu m'as dit que tu ne voulais pas l'inquiéter. Je respecte ça.
- Merci.
- Toutefois... commença t-il en esquissant une moue pensive. Je pense que tu devrais discuter avec lui. McKinnon et moi, on était là quand tu avais besoin, mais ce n'est pas pareil, et je suis sûr que c'est le genre de truc qu'il veut que tu partages avec lui. »

Lily grimaça. Malgré l'attention que Sirius lui avait portée cette semaine là, la façon dont lui, Marlène, et ses amis l'avaient défendue auprès des autres, les rumeurs avaient continué à circuler et les insultes n'avaient pas cessé. Si Lily avait trouvé cela compliqué quand James était encore avec elle, elle s'était rendue compte que c'était absolument insoutenable quand il n'était pas là.

Elle était entourée, mais elle s'était sentie plus seule que jamais. C'était pour cette raison qu'ils avaient inventé ensemble cette histoire de vol de plumes. Elle n'avait pas le cœur d'écrire à James. Elle n'avait rien à lui raconter, à part des choses susceptibles de le rendre malade de colère. Elle aurait pu lui écrire des kilomètres de parchemin sur le fait qu'il lui manquait horriblement, mais il aurait su que quelque chose n'allait pas, alors elle avait préféré s'abstenir pendant quelques jours.

« A quoi bon ? Ils auront tous oublié cette histoire après les vacances. Je n'ai pas envie de lui faire de la peine pour quelque chose qui n'aura bientôt plus aucune importance.
- Comme tu veux. »

Sans prévenir, il l'attrapa par le poignet et la fit transplaner jusqu'au manoir où James les attendait. Il était dans sa chambre, calé contre sa tête de lit, les cours de Runes de Lily à la main lorsqu'ils débarquèrent. Il lâcha ses cahiers quand Lily s'assit en tailleur sur le matelas et que Sirius attrapa sa chaise de bureau sur laquelle il se laissa négligemment tomber.

« Alors ?
- Le dernier, celui du Chemin de traverse, était super ! Je crois que c'est celui qu'il nous faut ! s'exclama Lily avec enthousiasme.
- Il n'y a que deux chambres... Bougonna Sirius, esquivant le livre de runes que Lily projeta dans sa direction.
- Et le reste ? les questionna James.
- Le reste est bien, et grand, et beau, mais il n'y a que deux chambres...
- Merlin, Sirius, je t'ai dit qu'on mettrait un grand canapé ! s'écria Lily avant de reprendre. Le seul hic, c'est que le loyer est assez élevé...
- Je t'ai dit que ce n'était pas un souci. S'il vous convient à tous les deux, on le prend.
- Tu devrais peut-être le voir avant...
- Et comment ? Je suis cloîtré ici, soupira t-il.
- Est-ce qu'on ne peut pas avoir une dérogation pour ce genre de chose ? l'interrogea Lily.
- Il en est hors de question ! entendirent-ils crier alors qu'Euphémia passait dans le couloir. Et on laisse la porte de la chambre ouverte quand on est à l'intérieur, s'il vous plaît ! »

James souffla bruyamment et agita sa baguette en direction de la porte qui s'entrouvrit légèrement, ignorant les moqueries de son meilleur ami.

« Je vous fais confiance. Si vous me dîtes que c'est bien, on le prend.
- James, c'est un appartement, pas un bouquin de divination à cinq gallions, lui fit remarquer Lily.
- Premièrement, je n'achèterai jamais un bouquin de divination à cinq gallions. Deuxièmement, je n'achèterai jamais un bouquin de divination tout court, et troisièmement... Je me fiche un peu de l'appartement en lui-même. Je veux juste la fille à l'intérieur.
- Tu veux dire Doris Crockford ? l'interrogea Sirius, faisant rire Lily.
- Doris Crockford ?
- C'est la personne qui nous a fait visiter, expliqua Lily. Elle est tombée amoureuse de Sirius. Le coup de foudre au premier regard. C'était chaud. Je me sentais presque mal à l'aise... Carrément de trop...
- N'en rajoute pas Evans, pouffa Sirius en lui renvoyant le livre qu'elle lui avait lancé quelques minutes avant.
- J'en rajoute à peine. Tu les aurais vu tous les deux... Lui il se la jouait cool et détaché, comme d'habitude, et elle... Je voyais presque les filets de bave tomber de sa bouche.
- C'est l'effet que je fais, il faudra t'y habituer.
- Alors si je comprends bien, on prend l'appartement pour nous, et Doris Crockford pour Sirius ? demanda James à Lily en riant.
- C'est à peu près ça, répondit-elle.
- Je ne veux pas de Doris Crockford.
- Ah oui, c'est vrai, il n'en veut pas parce qu'elle est déjà trop amoureuse de lui... Au bout d'une heure de rencontre, précisa Lily.
- Ça ne me paraît pas invraisemblable... commenta James que Sirius gratifia d'un clin d'oeil et d'une tape dans la main pendant que Lily se frottait les yeux de dépit. »

Elle avait étalé ses jambes sur celles de James et quelques feuilles de cours étaient tombées du lit. Elle préférait ne même pas penser au jour où il les lui rendrait et au temps qu'elle passerait à les remettre dans le bon ordre...

« Ne t'inquiètes pas, je te les rendrai rangées par date, lui dit-il comme s'il avait lu dans ses pensées.
- J'espère bien...
- Sinon quoi ? l'interrogea t-il avec un sourire en coin.
- Hé... Je suis toujours là, intervint Sirius.
- Ah, oui, se rappela soudainement James en reportant son attention sur son meilleur ami. Alors ? Qu'est-ce que tu en dis, pour l'appartement ?
- Je pense que vous devriez le prendre... Même s'il n'y a que deux chambres.
- Vraiment ? Et toi, Lily ?
- Je te l'ai dit, je le trouve super, appuya t-elle alors que Sirius hochait frénétiquement la tête.
- Bon, très bien. J'écrirais à Doris Crockford alors. Est-ce que je lui glisse un petit mot de ta part, Patmol ? se moqua t-il.
- Ferme la, Cornedrue. »

Ils ne quittèrent la chambre de James que pour aller dîner. Fleamont et Euphémia semblaient plus fatigués que jamais, et cela brisa le cœur de Lily qui voyait James les observer d'un air triste. Ils avaient décidé d'aller se coucher tôt, et James quitta le salon peu après eux, décrétant qu'il avait besoin de prendre un bain, laissant sa petite-amie et Sirius de nouveau seuls.

Ils disputèrent quatre parties d'échecs avant que Lily ne décide qu'elle en avait assez de perdre, ce qui était assez rare pour elle, et acceptable que jusqu'à un certain point. Surtout quand ses défaites allaient de paires avec les moqueries de Sirius qui l'amusaient et l'irritaient en même temps.

Elle monta les escaliers qui menaient aux chambres et longea le couloir jusqu'à atteindre la sienne avant de se tourner légèrement vers la porte de la salle de bain. De la lumière passait en dessous mais elle n'entendait pas un bruit, alors elle décida d'aller frapper. Aucune réponse. Inquiète, elle entrouvrit légèrement la porte et constata que James était endormi dans l'immense baignoire, partiellement recouvert de mousse.

Elle jeta un rapide coup d'oeil dans le couloir derrière elle et quand elle constata que la voie était libre, elle se glissa dans la chaude pièce pleine de buée et s'assit sur le bord de la baignoire. Ses doigts s'enfouirent dans les cheveux du jeune homme qui ouvrit aussitôt les yeux.

« Je croyais que tu dormais, lui dit-elle, surprise.
- Non. J'avais besoin d'un moment.
- Tu veux que je m'en aille ?
- Reste un peu, lui répondit-il en refermant les yeux et en affichant un sourire paisible. »

Elle se pencha pour l'embrasser puis elle se redressa, faisant glisser sa main de ses cheveux à sa joue qu'elle caressa tendrement pendant plusieurs minutes.

« Je vais y aller. J'ai promis à tes parents que ce genre de chose n'arriverait plus sous leur toit...
- Ils dorment sûrement... murmura t-il.
- Une promesse est une promesse, décréta Lily en se levant. »

Elle prit son temps, et quand ses doigts glissèrent sur le torse immergé de James, elle le vit respirer un peu plus rapidement. Elle jurait qu'il avait autant envie de l'attirer dans la baignoire qu'elle avait envie d'y sauter, mais elle déposa un simple baiser chaste sur ses lèvres et se glissa hors de la pièce. Elle s'attendait à tout, sauf à se trouver nez à nez avec Sirius.

« Qu'est-ce que tu fais là ? l'interrogea t-elle sous la surprise.
- J'habite ici, lui rappela t-il. Je voulais aller prendre ma douche, mais visiblement la salle de bain est occupée... Doublement occupée... ajouta t-il avec un sourire en coin qui la fit rougir jusqu'aux oreilles.
- Je... J'étais juste... Je vérifiais qu'il apprenait bien ses runes, mentit-elle sans réfléchir.
- Ses runes ? Dans la baignoire ? Merlin, Lily, personne ne t'a donc jamais appris à mentir ? Tu es sûre que vous n'étiez pas plutôt en train d'étudier le corps humain ? s'enquit-il en lâchant un bruyant rire. »

Lily le fixa longuement, muette comme une carpe, les joues toujours aussi colorées, puis elle lui flanqua une tape sur l'épaule, et deux, et trois, et ce jusqu'à ce qu'il s'enferme dans sa chambre en la traitant de folle furieuse.

Quand James émergea de la salle de bain, la jeune femme était en train de jeter des sorts sur la porte de la chambre de son meilleur ami qui semblait avoir tout prévu pour éviter qu'elle ne pénètre sur son territoire et lui flanque une autre raclée.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? lui demanda t-il, son regard jonglant entre la porte et la baguette de Lily.
- Rien du tout ! répondit rapidement Lily.
- Cornedrue ! Emmène la avec toi et enferme la ! lui cria Sirius de derrière la porte. »

James éclata de rire et, moins pour satisfaire le souhait de son meilleur ami que le sien, il attrapa Lily par le bras et la raccompagna jusqu'à sa chambre. Il l'embrassa furtivement sur le seuil, c'était à peu près tout ce qu'ils s'étaient autorisés comme intimité ces derniers jours... Un baiser, un "bonne nuit", et ils se séparaient.

Elle entreprit de fermer la porte, mais il dut voir qu'elle n'en avait aucune envie puisqu'il appuya sa main dessus et entra avec elle.

« Porte entrouverte quand on est tous les deux, lui rappela t-il avec ennui quand elle s'apprêta à la claquer.
- Merlin merci, l'appartement est libre dès les prochaines vacances, soupira Lily en se laissant tomber sur son lit. »

Il s'allongea à côté d'elle et son cœur manqua un battement quand il l'attira contre lui. C'était toujours le cas quand il faisait ça. Cela lui donnait l'impression qu'il avait besoin de l'avoir tout près, et rien qu'à cette pensée, elle perdait les pédales.

« Tu te rappelles de la dernière fois où on était là tous les deux ? l'interrogea t-elle en se mordant légèrement la lèvre. »

Il ne répondit pas mais lui lança un regard qui signifiait clairement qu'il se souvenait de chaque petite chose qui avait eue lieu ici, et elle se mit à sourire en roulant juste assez pour caler sa jambe droite entre les siennes et laisser son bras reposer paresseusement sur son torse.

« Je suis tellement impatiente d'avoir la réponse de Doris... murmura t-elle.
- Je ne l'ai même pas encore contactée, lui fit-il remarquer en riant.
- Je sais, mais je suis tellement stressée à l'idée de terminer ma scolarité et de ne pas avoir d'endroit où vivre que...
- Avec ce que j'ai dans mon coffre, on pourrait payer deux siècles de loyer sans bouger le petit doigt, crois moi, on va l'avoir, la coupa t-il. »

Un peu rassurée, elle soupira et posa un baiser sur son épaule. Elle sentait sa main dans ses cheveux roux, et elle savait qu'elle pourrait s'endormir à tous moments. Ça n'avait pas été le cas à Poudlard. Elle avait beaucoup trop pensé à lui pour son propre bien et en avait négligé son sommeil, mais elle ne savait pas bien ce qu'elle pouvait y faire. Elle l'avait dans la peau.

« James... A propos du match contre Serdaigle... Commença t-elle, le sentant se tendre un peu sous ses doigts. Je n'ai pas arrêté de repenser à ce moment où tu m'as dit que tu voulais brûler tes balais et arrêter le quidditch... »

Elle marqua une pause et leva les yeux vers lui, mais les siens étaient braqués sur le plafond, et son visage était totalement neutre. Sa main s'était arrêtée de bouger dans ses cheveux, et Lily aurait peut-être dû prendre cela pour un signal d'alarme, mais à la place, elle poursuivit.

« Tu as dit que je t'avais calmé, mais tu n'as rien dit à propos d'avoir changé d'avis... Et je voulais juste que tu saches que j'espère vraiment que tu l'as fait. Je l'espère, parce que tu es fait pour ce sport, ajouta t-elle en se redressant jusqu'à se retrouver assise sur le lit pour pouvoir mieux le regarder. »

Il semblait bien décidé à ne pas croiser ses yeux verts ou à lui montrer une quelconque réaction, alors elle lui donna une petite tape sur le torse, ce qui eut le mérite de le faire se redresser aussi tout en poussant un « hé ! » scandalisé.

« Écoute ce que je te dis ! le réprimanda t-elle. Je ne m'y connais peut-être pas autant que toi, mais je suis dans les tribunes. J'entends les gens scander ton nom, j'entends les gens s'enthousiasmer de tes performances, et je te vois. Je te regarde d'en bas, et ce que tu fais est dingue. Tu t'amuses quand tu es là haut, et je déteste le fait qu'une unique défaite gomme tout ce plaisir que tu te procures et que tu nous procures quand on te regarde.
- Lily, je...
- Et en plus, j'adore tellement le fait même d'être « la petite-amie du capitaine de l'équipe de quidditch de Gryffondor » que je refuse catégoriquement que tu abandonnes, ajouta t-elle sur un ton léger, le faisant éclater de rire.
- J'étais juste contrarié... J'ai dit ça sous le coup de l'énervement, expliqua t-il finalement. Je ne laisserai jamais tomber l'équipe. Ton statut de première dame est sauf.
- Merlin merci. Je n'aurais pas supporté de n'être plus que la petite-amie du préfet-en-chef de Poudlard.
- Il n'y a rien de mal à ça. Je suis le petit-ami de la préfète en chef de Poudlard, et je me porte très bien, lui fit-il remarquer en tapotant sa cuisse.
- Ah ! Je ne sais pas comment tu fais. J'ai entendu dire que cette fille était détestable ! s'exclama t-elle, lui déclenchant un sourire fou qui lui donna des vertiges.
- Et pas très belle, de surcroît... C'était compliqué au début, mais on s'y fait... ajouta t-il malicieusement. »

Ne s'attendant pas à une telle remarque, Lily laissa échapper un rire spontané avant de se reprendre et de lui lancer un regard faussement assassin en lui montrant la porte du doigt.

« Adieu, Potter. C'est un motif pour lequel tu dormirais sur le canapé, si on habitait actuellement ensemble.
- Il y a une deuxième chambre dans notre futur appartement, pointa t-il avec un air supérieur qui lui fit lever les yeux au ciel.
- Tu devrais être embêté de ne pas dormir avec moi, et tu soulignes juste le fait que tu auras quand même un lit de secours ! C'est inadmissible ! Vas-t-en ! lui ordonna t-elle en l'attrapant par le bras pour essayer de le faire descendre de son lit.
- Parce que je pensais qu'il était évident pour toi que j'en aurais le cœur brisé ! répliqua t-il en lui faisant les yeux doux. »

Elle avait beau le tirer de toutes ses forces, il ne bougeait pas d'un millimètre, et il n'avait pas non plus l'air d'en avoir envie, et elle était en train de se faire avoir par son jeu de charme, et elle en était profondément frustrée.

« Regarde toi, ô majestueux capitaine de quidditch ! reprit-elle avec grandiloquence. Tu n'as rien à faire dans le lit d'une préfète au physique ingrat !
- Mais je l'aime ! protesta t-il en tirant sur son bras, la ramenant sur le lit avec lui. »

Le jeu prit fin soudainement, et Lily ne comprit pas immédiatement pourquoi. Elle était retombée à quatre pattes sur le matelas, son visage était à quelques centimètres du sien, et à l'intérieur de ses yeux noirs qui s'étaient figés dans les siens, elle put distinguer une petite lueur de panique qu'elle mit une minute à déchiffrer.

Il venait de lui avouer qu'il l'aimait, et étant donné la tête qu'il faisait, il n'avait pas plus prévu de lui dire qu'elle avait prévu de l'entendre. James était tactile. C'était son truc. Il montrait plus qu'il ne disait, et cela allait très bien à Lily jusque là, mais maintenant qu'elle l'avait entendu prononcer ces petits mots qui s'étaient écrasés sur son cœur, elle s'interrogea sur son aptitude future à pouvoir vivre sans.

« Tu l'as dit ! l'accusa t-elle subitement en plantant son index sur son torse, un demi-sourire victorieux sur le visage.
- Hmmm ? J'ai dit quelque chose ?
- Je me demandais quand tu allais le dire, et tu l'as dit ! répéta t-elle sans pouvoir s'empêcher de rire. »

Elle appuya ses deux mains sur lui et le fit tomber à la renverse sur le matelas. Elle resta au dessus de lui, ne le quitta pas des yeux, incapable de taire la joie intérieure qui la submergeait et qui le faisait sourire aussi. C'était stupide. C'était idiot. Ce n'était que quelques lettres, une parole et elle n'aurait jamais songé que cela aurait un tel effet sur elle, mais voilà, il venait de lui pulvériser le cerveau. Dans le meilleur sens du terme possible et imaginable.