Kate,
Lorsque nous entrâmes dans le hall de l'immeuble le gardien leva la tête et ne manqua pas de nous saluer. Rick avait posé sa main dans le bas de mon dos depuis que nous étions en « sécurité ». Ce détail n'échappa pas à Michael qui esquissa un petit sourire en nous voyant. Il faisait partie de ces gens qui avaient observé notre duo depuis le début. L'attitude de Richard ce soir avait été parfaite, du choix du restaurant jusqu'à son comportement tout en retenue lorsque nous étions en public. Alors lorsque sa main s'était posée sur moi j'avais moi aussi eu un sourire au bout des lèvres. L'ambiance entre nous quatre était parfaite, Alexis et Martha étaient devant nous. Elles appelèrent l'ascenseur. Celui-ci devait être occupé car nous l'attendîmes. Alors qu'Alexis et Martha étaient en pleine discussion, nous étions nous de notre côté très silencieux. Je n'avais pas besoin de le regarder pour savoir que ses yeux étaient sur moi et me détaillaient scrupuleusement. Son regard m'enflammait instantanément et avait pour conséquence de faire naître des envies en moi. Alors que l'ascenseur arrivait et qu'une occupante de l'immeuble en sortait nos regards se croisèrent et nous échangeâmes un sourire. Nous saluâmes la résidante avant de prendre place à notre tour dans la cabine. Rick et moi étions au fond et Martha et Alexis devant.
Nous étions définitivement dans un espace neutre, alors tout en ayant sa main dans le bas de mon dos, il m'embrassa tout doucement sous la joue. Mon cœur battait à toute vitesse compte tenu du flot de sensations qu'un seul baiser me faisait. En l'absence de Martha et Alexis, je pense que j'aurai demandé plus qu'un chaste baiser sur la joue. Il se détacha avec une lenteur affolante de cette dernière, laissant sur son passage une chair de poule sur ma peau. Je ne pus retenir à cet instant un léger tremblement. Etait-ce seulement possible qu'il soit capable de déclencher tout ceci en moi. L'ascenseur termina sa course, il était temps, ma retenue devenant de plus en plus difficile à tenir. Nous entrâmes tous les quatre dans le loft, c'est Martha qui mit un terme au silence.
Richard, merci beaucoup pour ce dîner.
Mais de rien mère, ce fut un plaisir.
Merci papa.
De rien ma puce.
Merci Rick dis-je.
Anything Kate, anything.
Je prenais une certaine liberté en mettant une main derrière sa tête et l'embrassant très légèrement. Là encore je me contenais en raison de la présence de sa mère et de sa fille.
On va vous laisser, n'est-ce pas Alexis dit Martha.
Oui grand-mère, il est tard je devrai déjà être au lit. Bonne nuit vous deux.
Bonne nuit, déclarâmes-nous en même temps.
Bonne nuit les enfants à demain, fit Martha.
Et elles montèrent tranquillement les escaliers, nous abandonnant dans le salon. Je posais la pochette qui m'avait servi de sac à mains. Alors qu'elles étaient encore en train de gravir les marches Rick alla vers la cuisine et me dit :
Je te fais un dernier café.
Tu sais très bien que je ne refuserai jamais un café.
Alors c'est parti.
Il alluma le percolateur, le laissant chauffer pendant qu'il sortait deux tasses. Je le regardais faire ce qui semblait être un geste habituel mais me laissais tout de même apaiser par ce qu'il dégageait. Il avait une aura assez impressionnante. Il finit par me rejoindre et nous prîmes place sur le canapé.
Tu vas bien ? me demanda-t-il.
Je fus de prime abord assez déconcertée par cette question plutôt inhabituelle, mais je comprenais le sens entre cette étape de la soirée en ville et notre altercation de la veille.
Never better, répondis-je. Et toi ?
Attends laisse-moi réfléchir : en vacances, je pars demain pour les Hamptons avec la femme de tous mes rêves. Oui, je pense que ça va plutôt pas mal, répondit-il en souriant.
J'esquissais moi aussi un sourire et lui caressais tendrement la joue. Il trouvait toujours les mots pour rendre une phrase banale totalement mélodieuse et enchanteresse. Pendant que nous savourions notre café il avait posé sa main sur une de mes cuisses, m'envoyant des ondes de chaleur tout aussi instantanément. Alors que nos tasses étaient vides je m'en emparais et allais vers la cuisine, je les lavais à la main. Je ne l'avais pas entendu me suivre alors je fus surprise quand je le sentis dans mon dos, collé à moi. D'une main il me dégagea les cheveux du côté droit et m'embrassa dans le cou suivant un trajet qu'il avait dessiné. Je tressaillais à nouveau sous l'effet de cette tendresse incroyable.
Tu as froid me dit-il à l'oreille.
Je me mordais la lèvre à la douceur de ses propos qui étaient comme une caresse.
Non pas vraiment.
Sa deuxième main était sur mon posée sur mon ventre, me rapprochant à l'extrême de lui. J'eus un autre frisson lorsqu'il passa sa langue derrière mon oreille. Ce nouveau contact me faisait gémir. Il me retournait, nous nous faisions à nouveau face. Alors que j'avais envie de me jeter sur lui et de l'embrasser furieusement, il bloqua mon avancée et m'amena contre le réfrigérateur, j'étais coincée entre l'élément électroménager et son corps. Il rapprocha son visage mais ne m'embrassa pas tout de suite. Avec sa bouche il soufflait très légèrement sur la mienne, me faisant l'effet à nouveau d'une caresse. Mais je n'avais aucune patience, j'avais envie de sentir ses lèvres contre les miennes, de goûter à nouveau à sa bouche, jouer avec sa langue, alors tout en le fixant je me mordais la lèvre très lascivement et lentement sachant pertinemment qu'il ne se contrôlait pas quand je faisais ça. L'effet attendu fut immédiat et il me pressa d'avantage contre le réfrigérateur et cette fois autorisa la rencontre entre nos deux bouches. Nous gémîmes tous les deux à ces retrouvailles et le baiser fut déchaîné. Tandis que je lui mordais la langue il frotta son bassin au mien me faisant sentir son envie naissante. Je gémissais dans sa bouche à cette friction entre nous. A ceci il réagit en inclinant une de mes jambes à 90° degrés contre lui, laissant nos corps s'épouser parfaitement. Je le décoiffais littéralement, tirant ses cheveux. J'arrêtais le baiser sentant que si l'on continuait ainsi je ne serai pas à même de me retenir.
Rick, on ferait mieux d'aller dans ta chambre.
Non…me dit-il dans un râle. Si tu savais le nombre de fois où j'ai imaginé te faire l'amour dans ma cuisine.
Mon état d'excitation gravit un stade supplémentaire à cet aveu. Je le saisissais par le col de la chemise et recollait nos bouches. Le baiser fut bruyant et acharné.
Oh Kate tu me rends fou.
God Rick maintenant.
Un sourire se dessina, il était ravi de ma totale perte de contrôle dans ces instants là. Il continuait ses mouvements de bassin rendant l'urgence du désir encore plus insupportable. Ma respiration était haletante et totalement chaotique. J'avais besoin de lui et maintenant. Je gémissais de nouveau assez longuement, lui faisant comprendre que j'étais au bord de l'explosion. Il lâcha ma jambe et me fit de nouveau bouger dans la pièce. Alors que mon dos rencontrait le comptoir de la cuisine il me souleva légèrement me faisant asseoir dessus et dévorais de nouveau ma bouche. Sans défaire ma robe il me débarrassa de mon seul sous-vêtement. Avec précipitation et tremblement je défaisais son pantalon et baissais son boxer. Il planta son regard dans le mien me demandant l'autorisation implicite. Je lui donnais et enfin il combla ce vide. Notre étreinte fut vigoureuse et il m'emporta très vite dans une nébuleuse de plaisir. Je contrôlais mes réactions, n'exprimant pas totalement l'intensité de mon plaisir dans la mesure où nous n'étions pas seuls. Il réussit à nous faire garder un rythme plus que soutenu pendant de longues minutes jusqu'à l'atteinte de la délivrance totale et ultime. Nous restâmes un certain temps collés l'un à l'autre, reprenant notre souffle tranquillement. Puis quand nous fûmes calmes il m'embrassa dans le cou tout en me faisant descendre du comptoir et me dit :
Je crois que je le verrai plus du tout de la même manière ce comptoir.
Effectivement à y réfléchir moi non plus. Je me contentais de lui sourire et de l'embrasser sur la joue.
Ah oui et cette robe est définitivement magnifique.
J'en avais fait l'acquisition spéciale pour la sortie du premier opus sur Nikki Heat et n'avais jamais regretté cet achat, c'était encore moins le cas ce soir. Je me souviens encore de la préparation pour cette soirée, j'étais avec Lanie et lui avais caché que la robe était nouvelle, elle en aurait trop profité pour me charrier sur mes intentions envers mon écrivain.
Et si je te disais que je l'avais acheté juste avant le lancement de Heat Wave ?
Ca veut dire que tu l'as acheté en pesant à cette soirée ?
Oui à cette soirée, à toi.
Alors je l'aime encore plus ! Ca te dit si on monte.
Oui on ne va pas dormir là tout de même.
Je n'ai pas parlé de dormir moi…me fit-il en haussant les sourcils.
On a de la route à faire, il faut que je dorme un peu tout de même histoire de pouvoir tenir la moto.
Ok boss.
Ne m'appelle pas comme ça.
Pourquoi ? Moi je trouve que ça te va très bien...
Montons.
J'entamais la progression vers l'escalier et il me suivait, j'ouvrais la porte de sa chambre et allumais les lumières, il refermait la porte derrière lui. J'ôtais mes chaussures afin de ne pas faire trop de bruit. J'allais dans la salle de bains histoire de me changer et d'adopter une tenue de nuit.
Kate tu vas faire quoi ?
Me changer, pourquoi ?
En fait j'aimerai réellement t'enlever ta robe. Je l'ai fait tellement de fois mentalement après cette soirée.
Et bien tu n'as qu'à venir dans la salle de bains.
J'arrive sur le champ !
Je souriais, il était totalement attendrissant. Par le passé dans mes relations, mon physique avait toujours était vanté par mes partenaires, mais avec lui c'était différent. Je savais et sentais qu'il aimait mon corps, mais il n'y avait pas que ça. Et sa manière de me le faire savoir était touchante. Il me suivait dans la salle de bains et entreprit méticuleusement de me défaire de ma tenue de soirée, commençant pour me retirer mon collier. Tout doucement il me retira ma robe pour la laisser tomber à mes pieds, se baissant pour la ramasser. Mais avant d'en faire quoique ce soit son regard remonta le long de mon corps et quand nos yeux renouèrent contact il sourit.
Tu es vraiment magnifique.
Il prit un cintre sur le porte-manteau et installa très soigneusement ma robe et se saisit de sa chemise que j'avais laissé dans la salle de bains. Il me la passa et la boutonna.
Merci monsieur l'écrivain.
Mon plaisir lieutenant.
Je l'embrassais furtivement avant de lui dire :
Allez change-toi.
Tout de suite lieutenant.
On n'est pas au boulot là Rick.
Oui mais j'aime quand tu me donnes des ordres.
Ah parce qu'il t'arrive de les suivre ?
Les règles sont faites pour être transgressées ma belle. Et tu es incroyablement sexy quand tu t'agaces. Et puis ça te donne l'occasion de me punir. Avoue que tu adores ça…
Là-dessus tu n'as pas tort.
Je lui souriais avant de prendre ma brosse à dents et de finaliser ma préparation pour la nuit. Pendant ce temps là j'avais un œil sur lui, il s'effeuillait de ses vêtements et je ne ratais pas une miette du spectacle. Il ne garda que son boxer et ne jugea pas utile de mettre de t-shirt ce soir. A son tour il vint se laver les dents. J'ôtais ensuite mon maquillage et mon bracelet laissant le tout à côté du lavabo. Pendant qu'il finissait de se brosser les dents j'allais dans la chambre et me glissais dans le lit. C'était un bonheur que de s'y retrouver, demain nous allions nous lever tôt mais c'était pour partir en vacances alors c'était différent. Il faudrait aussi que j'appelle mon paternel pour le prévenir de notre venue. Il allait également falloir que je lui fasse une mise à jour sur ma situation amoureuse. Il savait vaguement que j'étais avec Josh, mais il ne l'avait pas rencontré et ne s'imaginait certainement pas que j'avais mis un terme à cette relation. Je lui avais déjà (beaucoup) parlé de Rick à un tel point qu'il m'avait demandé si je sortais avec lui de nombreuses fois. Pour lui après avoir lu Heat Wave il était certain que le romancier était amoureux de moi. J'avais été gênée quand j'avais appris qu'il avait lu l'opus de Castle, sachant que j'étais la muse. Il y avait en effet une scène de sexe entre nos alter égo et mon père – comme d'autres – c'était demandé où était la frontière entre la fiction et la réalité. Nous avions eu une discussion où il m'avait avoué avoir été surpris à la première lecture de la page 105 mais il avait relu la scène une deuxième fois et d'avantage perçu la déclaration à peine masquée derrière cette scène torride. De mon côté j'avais toujours vu en premier lieu l'aspect sexuel, car c'était mes pulsions premières envers mon partenaire et je les freinais particulièrement. Du coup les fois où j'avais lu Heat Wave, ce n'était plus Rook et Nikki, mais Rick et moi que j'imaginais. A l'occasion je le relirai peut être à la lueur de ma nouvelle relation avec l'auteur. En me disant à cela je pensais à la dernière fois que j'avais lu le livre, c'était après être venue au loft et notre deuxième baiser. C'était il y a à peu près une semaine, nous avions fait beaucoup de chemin depuis.
A quoi tu penses beauté ? me dit-il en arrivant dans la chambre.
A nous…
Et ?
Il était à son tour entré dans le lit pendant que nous parlions.
Je pensais qu'il allait falloir que j'appelle mon papa pour le prévenir de notre visite et lui faire une mise à jour sur ma vie sentimentale. Et après je repensais à la discussion que nous avions eue à propos de Heat Wave.
Ton père a lu Heat Wave ?
Absolument, il avait lu certains Storm. Alors quand il apprit que j'étais ta « muse » il a voulu voir un peu ce qu'il en était.
Il ne l'avait pas formulé directement mais j'avais compris que cette nouvelle le mettait mal à l'aise. Je tentais donc de le rassurer.
Ne t'en fais pas Rick, pour les scènes entre Rook et Nikki. Il m'avait dit à l'époque que tu étais amoureux de moi pour écrire une telle scène.
Merci se contenta-t-il de me dire. Et tu lui as présenté le gamin à la moto ?
Non.
Pourquoi ?
J'ai arrêté de présenter mes petits amis après avoir eu une relation avec Royce. Mon père l'avait très mal pris. Et toutes les relations que j'ai eues depuis, j'ai toujours su qu'elles n'iraient pas réellement plus loin, parce que je ne voulais pas m'engager.
Et là tu te sens prête à ce que je rencontre ton père ?
Tu es différent Rick, tu l'as toujours été. Mon père sait que tu es dans ma vie, que tu m'as sauvé à plusieurs reprises : d'abord avec tes livres, ensuite plusieurs fois physiquement sur des enquêtes, enfin et surtout en t'immisçant dans ma vie. J'ai retrouvé la joie que j'avais perdue après le décès de maman, j'ai enfin commencé à penser à autre chose que le boulot et ma soif de justice.
Kate…Tu sais tu m'as sauvé aussi en entrant dans ma vie.
Comment ça ?
Avant de te connaître je me lassais de mon existence. L'écriture était sensé être une passion et était devenue un devoir. Ecrire les histoires de Storm devenait une routine, un boulot. Or, cette façon de faire mon métier m'exaspérait. Quand tu es arrivée, j'ai vu du nouveau. Certainement parce que dès le départ j'ai senti que tu étais passionnée par ton métier, cette flamme dans ton regard, ton intensité et ton implication constante. Et dès la première enquête j'ai écrit à propos de Nikki Heat en retrouvant la passion, l'excitation. Et elle n'a pas tari depuis.
Nous étions émus tous les deux par cette conversation. Ces confidences n'appartenaient qu'à nous et reflétaient totalement l'intensité du lien qui nous unissait.
Kate je suis vraiment désolé pour hier soir.
N'en parlons plus Rick. Tu aimes Alexis plus que tout et ta réaction se comprend.
Oui j'aime Alexis plus que tout, mais ce n'est pas une raison pour être odieux avec toi. D'autant que tu as essayé de faire le bien. D'ailleurs, à notre retour je dois avoir une conversation avec elle sur ce sujet. Je pense qu'il serait bien qu'elle voit quelqu'un.
Un gynécologue ?
Oui. D'ailleurs elle aurait du le faire plus tôt, c'est de ma faute je ne m'en suis pas occupé mais le sujet n'est pas facile à aborder de père à fille. Donc je veux bien de ton aide là-dessus si tu acceptes.
Evidemment, mais ça sera à Alexis de décider si elle veut que je fasse partie de ça.
Sans indiscrétion tu y étais allée à quel âge toi ?
Vu que j'ai eu des relations précoces j'ai pris mon premier rendez-vous à 15 ans pour faire des examens et prendre la pilule. J'y étais allée avec une amie plus âgée n'ayant pas avoué à mes parents que j'avais franchi ce cap. Je pense que mon père m'aurait enfermé s'il avait su.
Crois-moi en tant que père on est jamais prêt à apprendre que sa petite fille a perdu son innocence.
C'est certain mais l'essentiel c'est qu'elle la perde avec un garçon qu'elle aime, qui l'aime et qui est respectueux. Et je pense qu'Ashley même s'il s'est laissé emporter par ses hormones est ce genre de garçon. Tu aurais du le voir le lendemain il était mal à l'aise vis-à-vis d'Alexis réalisant qu'il avait fait une bourde.
Et toi tu n'as jamais regretté d'avoir passé le cap tôt ?
Non, même si j'étais un peu jeune je ne regrette pas. Comme j'ai dit à Alexis, l'essentiel c'est que la décision vienne d'elle, que ce soit une réelle envie et non pas pour faire « comme tout le monde », ou encore par pression du garçon.
Tu feras définitivement une mère formidable.
Et il m'embrassait avec toute sa tendresse. Je comprenais bien la portée de ses paroles. Il restait pudique dans l'expression de ses sentiments sachant que je n'étais pas très à l'aise avec, mais nos aveux avaient de nombreux sens et aussi bien Rick que moi en étions conscients. Nous marquions une légère pause entre nos baisers, mais sans cesser de remettre nos bouches en contact quelques secondes après trop avides l'un de l'autre. L'envie que j'avais pour lui me semblait intarissable, c'était totalement nouveau pour moi. Et nous nous unîmes une nouvelle fois naturellement, dans une passion toujours supérieure. La fatigue eut raison de nous après ce nouveau round et nous nous endormîmes l'un contre l'autre.
Richard ,
L'arrivée dans mon immeuble annonçait la fin de la soirée en public, j'allais enfin pouvoir agir naturellement envers Kate. Mais même si je n'avais pas pu parader avec elle au grand jour ce soir, le moment passé « en famille » avait été très agréable. Après tout nous avions tout le temps, la vie devant nous pour avoir des soirées en tant que couple. D'ailleurs, nos vacances dans les Hamptons allaient nous donner plus d'opportunités. D'autant que nous n'étions pas en saison et que l'endroit allait être particulièrement calme. Cependant, où que nous soyons c'était à elle de décider de l'attitude à adopter en public. Elle l'avait fait à Jamaica Bay lors de nos expéditions au magasin de moto et je lui laisserai le choix. Lorsque nous passâmes devant Michael il nous regarda Kate et moi, constatant qu'enfin nous avions franchi le cap. Dans la mesure où nous étions dans l'intimité et la confidentialité du hall d'immeuble je m'autorisais à poser une de mes mains au niveau de la chute de reins de Kate. Si son jean l'autre soir la sublimait, que dire de cette robe qui ne cachait rien de la silhouette parfaite de ma partenaire. Elle me sourit, approuvant par là même mon geste. Je vis ses joues rosir, nous n'étions pas seuls et c'était une première d'avoir de tels gestes envers l'autre, du moins en dehors de mère et Alexis. Ma fille appela l'ascenseur qui tarda à arriver. Pendant ce temps là, je trouvais une occupation en scrutant avec minutie les courbes de Kate. Dans ma tête je repensais à tous les rêves que j'avais fait après l'avoir vu dans cette robe bleue et cela suffisait à m'émousser aussi bien intellectuellement que physiquement. Il faut dire que la cible était réellement divine, sublime, merveilleuse, magnifique. Je ne savais quel mot employer car aucun ne lui rendait justice. Sa beauté était innommable, alors je me contentais de la contempler espérant qu'elle capte à quel point elle était éblouissante, fantastique, fantasmagorique,…, extraordinaire.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur Madame Simoni qui vivait un étage en dessous de mon appartement. Elle nous salua et je vis son regard s'attarder sur Kate, probablement étonnée par une telle beauté. On aurait pu me dire irrationnel, mais j'étais intimement persuadé qu'il n'y avait pas de plus belle femme au monde. De surcroît elle était intelligente, passionnée, empathique. Qu'avais-je fait pour mériter une telle exception de la nature ? Nos yeux entrèrent en contact et nous échangeâmes un sourire, elle savait très bien que je la fixais depuis maintenant de longues minutes. Nous entrâmes dans l'ascenseur afin qu'il nous amène au loft. J'en avais fait des trajets en ascenseur avec Kate, mais celui-ci était différent. Si mère et Alexis n'avaient pas été là, j'aurai certainement pris possession d'elle et de sa bouche, ne pouvant plus attendre de la retrouver.
Mais par pudeur et respect envers les trois femmes de ma vie, je me contentais de l'embrasser sur sa joue. Sa peau était douce et possédait toujours cette senteur fruitée, agissant comme une drogue sur moi. Cette fragrance de cerise ne m'avait plus quitté depuis le jour où je l'avais capté, lorsque nous enquêtions sur la mort de Corbeau et que nous étions proches comme jamais. Je me rappelais parfaitement la scène, mon intervention, son regard. Les gars étaient arrivés à cet instant brisant un de nos instants magiques. Je m'étais toujours demandé ce qui aurait pu se passer s'ils n'étaient pas arrivés. Je la sentis trembler alors que mes lèvres quittaient tout doucement sa joue. J'avais de plus en plus de mal à me contrôler, heureusement l'ascenseur s'immobilisa et les portes s'ouvrirent sur le couloir et nous sortîmes. Quelques minutes plus tard le loft s'ouvrait. Pour ma part je continuais de la contempler et mère parla mettant fin à ma séance.
Richard, merci beaucoup pour ce dîner.
Mais de rien mère, ce fut un plaisir.
C'était une vérité, cette soirée m'avait confirmé que Kate faisait partie de la famille qu'aussi bien ma mère que ma fille l'adoraient et étaient plus que favorables à notre jeune couple.
Merci papa.
De rien ma puce.
Merci Rick me dit-elle.
Anything Kate, anything.
Alors que je la savais pudique, notamment devant ma mère et ma fille elle m'embrassa devant elle en posant sa douce main dans mon cou. Je n'appuyais pas plus sachant que je ne saurai m'arrêter, mais j'apprécier cette démonstration de tendresse.
On va vous laisser, n'est-ce pas Alexis dit mère.
Oui grand-mère, il est tard je devrai déjà être au lit. Bonne nuit vous deux.
Ma mère et ma fille étaient parfaites, sachant s'effacer pour nous laisser de la tranquillité. Elles savaient toutes deux que pour l'instant nous gardions notre relation secrète et donc que les moments intimes étaient rares.
Bonne nuit, déclarâmes-nous en même temps.
Il nous arrivait souvent de prononcer des phrases en même temps, mais bien que coutumier de cette synchronisation parfaite je ne pouvais m'empêcher d'apprécier à chaque fois en souriant.
Bonne nuit les enfants à demain, dit mère.
Le terme employé montrait son attachement à ma petite amie. Elle n'avait jamais gratifié Gina et encore moins Meredith d'un tel qualificatif. Je les suivais se rendre à l'étage et me rendais dans la cuisine. J'étais d'humeur à prendre un dernier café avant d'aller au lit, je proposais donc à ma partenaire sa boisson fétiche.
Je te fais un dernier café.
Tu sais très bien que je ne refuserai jamais un café.
La proposition était plus sur la forme que sur le fond, j'aurai été étonné qu'elle n'en prenne pas.
Alors c'est parti.
Je faisais chauffer l'appareil avant de pouvoir préparer la boisson et me saisissait de deux tasses. Nous avions à présent toute la fin de soirée devant pour profiter de nous, de ce début de vacances qui s'annonçait paradisiaque. Une fois les cafés prêts je la rejoignais au salon lui donnant sa tasse, appréciant une nouvelle fois le sourire qu'elle arborait lorsque je lui tendais une tasse de café. Nous nous installâmes confortablement sur le canapé et je lui demandais :
Tu vas bien ?
Je voulais tout savoir sur elle, ce qu'elle ressentait, comment elle était. Après avoir froncé les sourcils devant ma question elle finit par me répondre :
Never better. Et toi ?
Attends laisse-moi réfléchir : en vacances, je pars demain pour les Hamptons avec la femme de tous mes rêves. Oui, je pense que ça va plutôt pas mal, répondis-je tout sourire.
Elle me gratifia d'un merveilleux et éclatant sourire, ses yeux verts pétillaient littéralement. J'eus un frisson lorsqu'elle me caressa la joue. C'était un geste qu'elle avait souvent, très tendre et affectueux. Je n'aurai pas suspecté ce côté-là chez elle, mais je l'appréciais d'autant plus. Nous retournions à la dégustation de notre café, je posais ma main sur sa cuisse droite ne cherchant pas spécialement à la caresser mais simplement à la sentir sous ma main, apprécier sa présence à mes côtés, rendant l'instant parfait. Elle se leva embarquant nos deux tasses sans prévenir. Je la vis aller vers la cuisine, mais sa proximité me manquant déjà j'empruntais le même chemin m'approchant à pas feutrés d'elle afin de la surprendre. Son corps tressaillait alors que nos corps se rapprochaient, l'effet de surprise était réussi. Je dégageais ses longs cheveux pour pouvoir me loger dans son cou et le parsemer de baisers. Son corps eut une légère secousse si bien que je lui demandais à l'oreille :
Tu as froid ?
Après un petit silence elle me dit :
Non pas vraiment.
Sa voix était envoutante, comme tout en elle. J'avais mon autre main à plat sur son ventre si parfaitement sculpté. Je collais nos bassins, nous ne faisions plus qu'un. Mon envie d'elle culminait déjà, mais je voulais prendre mon temps faire grimper son désir afin de rendre son plaisir optimal. Elle frissonna et gémit alors que je passais lentement ma langue derrière son oreille droite. Son gémissement comme toujours me faisait céder. Dès que j'entendais ce son je perdais toute notion de temps, de lieu. Il fallait que nous soyons à nouveau en contact alors je la retournais et l'admirais une nouvelle fois. Ses yeux étaient déjà assombris par le désir, sublimant si possible sa beauté. Connaissant son côté animal sauvage, je freinais son désir de précipiter le baiser, même si je ne pensais qu'à l'instant où nos lèvres allaient enfin se retrouver. Je l'amenais contre le réfrigérateur de la cuisine, pressant mon corps contre le sien, approchant mon visage du sien au maximum mais sans la toucher. Je soufflais sur sa bouche que je rêvais d'embrasser afin d'attiser son envie. Mais elle ne semblait pas d'humeur à attendre et eut une action qui allait me faire céder. Elle se mordait sensuellement la lèvre inférieure, sachant d'avance que j'étais à sa merci quand elle faisait ça. Je rapprochais nos corps un peu plus, faisant pression maximale sur elle et je cédais à l'envie de l'embrasser. Nos souffles mêlés étaient brulants et la rencontre de nos bouches fut littéralement électrique et démentielle. Un gémissement s'extirpa de nos bouches respectives au plaisir intense du baiser. Alors que je voulais prendre le temps au départ, elle avait réveillé en moi la tempête et l'envie déchaînée. Le ballet de nos langues fut un véritable ouragan. Elle m'électrisa mordant ma langue, me faisant accéder à un stage supérieur d'envie alors j'entamais des mouvements de bassin contre elle. Dans la mesure où elle était plaquée contre le réfrigérateur les sensations étaient décuplées. L'évidence de mon désir ne devait plus avoir de secret pour elle. A travers sa robe je sentais son corps réagir à la pression et l'intensité. Elle gémit longuement et bruyamment dans ma bouche me faisant littéralement perdre pied si ce n'était pas déjà le cas. Je me saisissais d'une de ses jambes pour accentuer le contact entre nous. Elle me fouillait les cheveux, ses mouvements étaient vifs et incontrôlés. Elle arrêta le baiser, haletante et en me regardant me dit :
Rick, on ferait mieux d'aller dans ta chambre.
Il était hors de question que nous bougions, j'avais trop rêvé de la faire mienne dans ma cuisine et dans bon nombre d'endroits. C'est pourquoi essayant de retrouver un semblant de rationalité je lui répondais dans un râle.
Non… Si tu savais le nombre de fois où j'ai imaginé te faire l'amour dans ma cuisine.
Je savais que mon ton et cet aveu sur ce genre de pensées avaient grand effet sur elle. Le résultat ne se fit pas attendre elle s'emparait de mon col de chemise et m'embrassait de nouveau furieusement.
Oh Kate tu me rends fou.
God Rick maintenant.
Si Kate était relativement pudique sur l'expression de ses sentiments, elle assumait ses envies avec une grande aisance, me rendant encore plus fou d'elle dans nos moments intimes. Je souriais donc en l'entendant me dire ça d'une voix qui ne cachait absolument pas son envie, débordante de sensualité. Je continuais de la taquiner de mon bassin, ce qui rendait la situation encore plus incontrôlable pour nous. Sa poitrine se soulevait à un rythme effréné et lorsqu'elle planta ses yeux dans les miens elle n'eut pas besoin de me parler pour me faire comprendre d'accélérer un peu le processus. Mais pour bien s'assurer que le message était passé elle gémit longuement. Ne pouvant pas résister à cette complainte, sans éloigner trop nos corps je la guidais vers une autre partie de la cuisine, contre le comptoir et la soulevant je l'asseyais dessus et ôtais le rempart à sa féminité. Elle était dans un état second et je le vis lorsqu'elle s'attaqua à mon pantalon. Ses mains tremblaient alors qu'elle était toujours en contrôle habituellement. Voulant confirmer sa disposition je l'interrogeais du regard et je lus une supplique dans le sien, me priant de m'unir à elle au plus vite. Je lui donnais ce qu'elle voulait et cette réunion nous fit l'effet d'un soulagement à tous les deux. Ce nouvelle dense de nos corps fut agitée et passionnée. Comme les dernières fois, j'avais le sentiment de vivre un rêve éveillé, d'assouvir mon fantasme absolu. Kate était une femme évidemment très belle, très performante physiquement mais il y avait bien plus dans nos étreintes. Je retrouvais son âme, notre complicité, notre amour que l'on taisait pudiquement depuis longtemps et qui n'avait pas encore été formulé à plat, notre profond respect l'un envers l'autre. Je fermais les yeux au moment où notre désir culmina me laissant complètement partir dans ce torrent de plaisir et d'abandon total. Nous étions haletants tous les deux et nous reprîmes contenance sans se lâcher pendant quelques minutes. J'avais niché ma tête dans son cou légèrement perlé par la sueur d'où émanait une forte odeur de cerise. Alors que je reprenais mes esprits et une respiration plus posée je lui disais :
Je crois que je le verrai plus du tout de la même manière ce comptoir.
En pensant cela je me disais qu'il ne valait peut être pas mieux assouvir mon envie de la salle d'interrogatoire au commissariat, sinon je ne serai peut être pas capable d'y retourner pour interroger un suspect. Elle eut un sourire complice, me signifiant qu'elle partageait mon commentaire. Je la regardais à nouveau, son visage était différent, ses cheveux désordonnés et trempés au niveau des tempes. Elle était toujours aussi radieuse dans sa robe.
Ah oui et cette robe est définitivement magnifique.
Et si je te disais que je l'avais acheté juste avant le lancement de Heat Wave ?
Je n'aurai pas pensé qu'elle ait ce genre de démarche, j'en étais flatté même si j'aurai aimé le savoir le soir même.
Ca veut dire que tu l'as acheté en pesant à cette soirée ?
Oui à cette soirée, à toi.
Alors je l'aime encore plus ! Ca te dit si on monte.
Oui on ne va pas dormir là tout de même.
Sa répartie me fit sourire comme souvent.
Je n'ai pas parlé de dormir moi…lui dis-je quelque peut arrogant mais sachant qu'elle le tolérerait.
On a de la route à faire, il faut que je dorme un peu tout de même histoire de pouvoir tenir la moto.
Effectivement il devait falloir un minimum de concentration pour supporter le poids du bolide et cette dernière semaine n'avait pas été des plus reposantes avec les évènements et nos nuits assez animées.
Ok boss.
Ne m'appelle pas comme ça.
Pourquoi ? Moi je trouve que ça te va très bien...
Montons.
Elle n'essaya pas d'insister plus longtemps. J'étais définitivement avec Kate, elle avait laissé Beckett au poste en partant en fin de journée. Elle monta les premières marches de l'escalier et je la suivais, fermant la porte de ma chambre une fois entré. Alors qu'elle disparaissait dans la salle de bain je lui demandais :
Kate tu vas faire quoi ?
Me changer, pourquoi ?
En fait j'aimerai réellement t'enlever ta robe. Je l'ai fait tellement de fois mentalement après cette soirée.
Et bien tu n'as qu'à venir dans la salle de bains.
J'arrive sur le champ !
J'aimais aussi particulièrement – robe ou pas – assister à son habillage-déshabillage ne me lassant jamais de regarder un corps que je connaissais déjà par cœur, mais toujours émerveillé à chaque fois comme la au premier jour. Alors je la suivais dans la salle d'eau et lui retirais son collier sautoir qui tombait parfaitement dans son décolleté. Difficile de ne pas avoir des œillades pour cette ouverture sur une partie de sa féminité. Puis j'enlevais cette robe gardant les yeux ouverts pour m'exécuter, mais étant d'une lenteur toute calculée pour savourer chaque minute de son effeuillage. La robe tombée, je parcourais son corps avant de la vêtir de la chemise blanche restée accrochée à la patère de la porte de la salle de bain. Nos regards se retrouvèrent et nous nous sourîmes de nouveau.
Tu es vraiment magnifique, lui dis-je.
Je n'arrêtais pas de le lui dire, mais je ne pouvais pas faire autrement. C'était une obligation pour moi que de lui montrer, rappeler à quel point elle était splendide, quelle que soit son habit. Je refermais doucement chaque bouton de la chemise. Une fois mon entreprise finie elle me dit :
Merci monsieur l'écrivain.
Mon plaisir lieutenant.
Elle me déposa un baiser léger avant de me murmurer :
Allez change-toi.
Tout de suite lieutenant.
On n'est pas au boulot là Rick.
Oui mais j'aime quand tu me donnes des ordres.
Ah parce qu'il t'arrive de les suivre ?
Une fois de plus la teneur de nos échanges me comblait, il y avait toujours ce jeu, ces taquineries entre nous.
Les règles sont faites pour être transgressées ma belle. Et tu es incroyablement sexy quand tu t'agaces. Et puis ça te donne l'occasion de me punir. Avoue que tu adores ça…
Là-dessus tu n'as pas tort.
Elle sourit mais coupa court à la discussion en s'emparant de sa brosse à dents pour achever sa préparation avant d'aller au lit. A mon tour je me déshabillais. Elle ne masqua absolument pas son regard en coin, ne semblant rater aucun de mes gestes à cet instant là. Je ne conservais que mon boxer pour la nuit, elle me tiendrait chaud au torse en étant collée à moi. Après son lavage de dents elle se démaquilla avant de quitter la pièce non sans me regarder. Je l'imitais en me brossant les dents. Une fois ceci finit je quittais la pièce et retournais vers la chambre. Elle était dans le lit et semblait complètement absorbée par ses pensées, à tel point qu'elle n'avait pas intégré le fait que j'étais dans la pièce. Je m'essayais à l'interrompre dans ses songes en lui demandant :
A quoi tu penses beauté ?
A nous…
Et ?
Je la rejoignais dans le lit afin que nous puissions continuer notre conversation.
Je pensais qu'il allait falloir que j'appelle mon papa pour le prévenir de notre visite et lui faire une mise à jour sur ma vie sentimentale. Et après je repensais à la discussion que nous avions eue à propos de Heat Wave.
Choc pour moi, papa Beckett avait lu mes livres dont sa fille était l'inspiratrice. D'un coup j'avais déjà un peu plus de pression à l'idée de le rencontrer. Elle était déjà un sacré niveau vu que je considérais Kate comme la femme de ma vie. Je transposais en tant que père je ne sais pas si j'aurai spécialement apprécié de lire ce genre d'histoire.
Ton père a lu Heat Wave ?
Absolument, il avait lu certains Storm. Alors quand il apprit que j'étais ta « muse » il a voulu voir un peu ce qu'il en était.
Ne t'en fais pas Rick, pour les scènes entre Rook et Nikki. Il m'avait dit à l'époque que tu étais amoureux de moi pour écrire une telle scène.
Elle avait parfaitement entendu l'inquiétude que je m'efforçais de masquer. Effectivement je n'étais pas très à l'aise à l'idée que mon futur éventuel beau-père ait lu les scènes issues de mon imagination nous mettant en scène sa fille et moi à travers des personnages fictifs.
Merci lui dis-je. Et tu lui as présenté le gamin à la moto ?
Je changeais un peu de sujet néanmoins pour ne pas m'attarder sur ces inquiétudes, d'autant que les propos de Kate s'étaient voulus rassurants.
Non.
Pourquoi ?
J'ai arrêté de présenter mes petits amis après avoir eu une relation avec Royce. Mon père l'avait très mal pris. Et toutes les relations que j'ai eues depuis, j'ai toujours su qu'elles n'iraient pas réellement plus loin, parce que je ne voulais pas m'engager.
Une petite voix dans ma tête se demandait combien elle avait eu de relations. Contrairement à moi elle n'avait pas fait la page six à chacune d'elle, mais je pensais intérieurement qu'elle avait du faire des ravages dans la gente masculine new-yorkaise.
Et là tu te sens prête à ce que je rencontre ton père ?
Tu es différent Rick, tu l'as toujours été. Mon père sait que tu es dans ma vie, que tu m'as sauvé à plusieurs reprises : d'abord avec tes livres, ensuite plusieurs fois physiquement sur des enquêtes, enfin et surtout en t'immisçant dans ma vie. J'ai retrouvé la joie que j'avais perdue après le décès de maman, j'ai enfin commencé à penser à autre chose que le boulot et ma soif de justice.
Sa sincérité me déboussolait toujours. Je ne sais pas si elle le savait, mais quand elle s'ouvrait ainsi à moi je me disais que j'avais tout gagné. J'essayais de lui rendre le change, car elle aussi avait insufflé un nouvel air à ma vie.
Kate…Tu sais tu m'as sauvé aussi en entrant dans ma vie.
Comment ça ?
Avant de te connaître je me lassais de mon existence. L'écriture était sensé être une passion et était devenue un devoir. Ecrire les histoires de Storm devenait une routine, un boulot. Or, cette façon de faire mon métier m'exaspérait. Quand tu es arrivée, j'ai vu du nouveau. Certainement parce que dès le départ j'ai senti que tu étais passionnée par ton métier, cette flamme dans ton regard, ton intensité et ton implication constante. Et dès la première enquête j'ai écrit à propos de Nikki Heat en retrouvant la passion, l'excitation. Et elle n'a pas tari depuis.
L'émotion était à son paroxysme, je voulais revenir sur les évènements de la veille, m'excusant une nouvelle fois pour le comportement que j'avais eu à son égard.
Kate je suis vraiment désolé pour hier soir.
N'en parlons plus Rick. Tu aimes Alexis plus que tout et ta réaction se comprend.
Intérieurement je pensais « oui j'aime Alexis plus que tout, mais je suis fou amoureux de toi ma chérie ». Je ne le formulais pas ainsi ayant peur qu'elle se referme tout de suite, brisant par là-même ce moment particulièrement intense.
Oui j'aime Alexis plus que tout, mais ce n'est pas une raison pour être odieux avec toi. D'autant que tu as essayé de faire le bien. D'ailleurs, à notre retour je dois avoir une conversation avec elle sur ce sujet. Je pense qu'il serait bien qu'elle voit quelqu'un.
Je voulais lui laisser cette place auprès d'Alexis, d'une part parce qu'il était bien que ma fille puise compter sur une femme pour cette étape et de l'autre car je voulais que Kate sache qu'elle faisait partie de la famille, même si elle n'était pas la mère biologique d'Alexis.
Un gynécologue ?
Oui. D'ailleurs elle aurait du le faire plus tôt, c'est de ma faute je ne m'en suis pas occupé mais le sujet n'est pas facile à aborder de père à fille. Donc je veux bien de ton aide là-dessus si tu acceptes.
Evidemment, mais ça sera à Alexis de décider si elle veut que je fasse partie de ça.
Extraordinaire elle était, elle ne cherchait pas à s'imposer. Pourtant ma fille s'était ouvertement adressé à elle, Kate ne considérait pas ceci pour acquis. J'avais envie d'en apprendre plus sur elle.
Sans indiscrétion tu y étais allée à quel âge toi ?
Vu que j'ai eu des relations précoces j'ai pris mon premier rendez-vous à 15 ans pour faire des examens et prendre la pilule. J'y étais allée avec une amie plus âgée n'ayant pas avoué à mes parents que j'avais franchi ce cap. Je pense que mon père m'aurait enfermé s'il avait su.
Effectivement je n'imaginais que très bien la réaction d'un père apprenant que la chair de sa chair était devenue une femme si jeune.
Crois-moi en tant que père on est jamais prêt à apprendre que sa petite fille a perdu son innocence.
C'est certain mais l'essentiel c'est qu'elle la perde avec un garçon qu'elle aime, qui l'aime et qui est respectueux. Et je pense qu'Ashley même s'il s'est laissé emporter par ses hormones est ce genre de garçon. Tu aurais du le voir le lendemain il était mal à l'aise vis-à-vis d'Alexis réalisant qu'il avait fait une bourde.
Et toi tu n'as jamais regretté d'avoir passé le cap tôt ?
Non, même si j'étais un peu jeune je ne regrette pas. Comme j'ai dit à Alexis, l'essentiel c'est que la décision vienne d'elle, que ce soit une réelle envie et non pas pour faire « comme tout le monde », ou encore par pression du garçon.
Son honnêteté était sans faille, elle n'avait pas hésité à être sincère alors même que la veille j'avais outrepassé les limites apprenant qu'elle avait eu des relations à 14 ans. J'étais un peu plus subjugué par la femme qui était à mes côtés dans le lit.
Tu feras définitivement une mère formidable.
Je l'embrassais voulant lui déclarer tout le respect, l'attirance, l'amour que j'avais pour elle. Les mots de la terre et de l'univers ne suffiraient pas, je me faisais la promesse de lui montrer chaque jour et surtout de ne plus me comporter comme un abruti comme je l'avais fait hier. Nous entamâmes une longue session de baisers. Ils étaient plus doux que tout à l'heure dans la cuisine. Un nouveau désir nous anima et nous eûmes une nouvelle étreinte avec de sombrer dans un sommeil profond, nos âmes et nos corps sur la même longueur d'ondes.
