Cadeau pour Lorinea !
(PS : ma chère, on ne se connait pas, on ne s'est que très peu parlé, mais on partage tellement de goût que j'espère avoir l'occasion de correspondre avec toi x) (Quelqu'un qui connaît Yousei Teikoku ET qui aime Détective Conan *cœur sur toi* *^*) )
J'espère que ça te plaira =D
« Je me présente, je suis Enoch. » Fit l'étranger au visage rappelant bien trop celui de Bob.
« Je me présente, je suis inquisiteur » Répondit sèchement Théodore en ignorant la main tendue.
Défiant du regard le paladin qui le dominait du haut de son cheval, Enoch sourit, laissant ses yeux briller d'un éclat flamboyant. Il était d'abord venu pour voir le fils du Duc, mais finalement, il avait trouvé autre chose. Une âme à briser, à corrompre. Il sentait, sous cette carapace d'homme sans sentiment, une soif de justice quasi destructrice, des douleurs passées, des cicatrices encore à vif.
Le démon le voulait. Et il finissait toujours par obtenir ce qu'il désirait.
Il sentit le regard de son fils dans son dos, visé sur lui. Il tourna la tête pour l'observer. Son fils fuyard, qui n'a pas encore su exploité toutes ses capacités… Il avait l'air d'apprécier le paladin, s'il en croyait les yeux encore plus durs qu'il avait à son égard. Ha, il n'avait pas encore appris à parer son esprit contre un démon. Il lui fit un sourire en coin, et se délecta une dernière fois de la vue de sa prochaine cible.
« Au plaisir de vous revoir, inquisiteur. »
.
.
Cette nuit là, la bande d'aventurier se trouva un endroit paisible pour dormir, laissant leurs corps épuisés par leurs aventures abracadabrantes de la journée aux bons soins de Morphée. Bob pris le premier tour de garde, et le passa ensuite à Théo avec méfiance.
« Méfie-toi. Je sens quelque chose de trouble. J'ai tenté un sort de détection, mais je n'ai pas vraiment réussi. Tout ce que je peux te dire c'est que c'est malveillant, mais pas agressif.
-Et t'aurais pas pu me réveiller plus tôt ?
-Theo, j'ai dit : « malveillant, pas agressif ». Ce qui est, en soit, un net progrès par rapport à nos habitudes. J'ai préféré vous laisser prendre un peu de repos. Reste juste sur tes gardes, c'est tout.
-Ouais, ok. Vas te reposer, je gère.
-Merci. »
Bob passa la main sur l'épaule de Theo, s'y attardant un court instant avant de s'enrouler dans sa cape et de s'allonger. Quelques minutes plus tard, le paladin perçut son souffle devenu plus profond et régulier. Il soupira, espérant que ce qu'avait repéré le mage n'allait pas leur exploser à la gueule. Ou être une araignée… Encore.
Un bruit dans les fourrés le sortit de ses remontrances silencieuses envers un dieu trop peu clément. Il se leva, tirant son épée au clair, tendu et prêt à en découdre. Il ne réveilla cependant pas ses compagnons, souhaitant voir d'abord si la menace était réelle.
Il aurait dû les appeler tout de suite.
Il se sentit soudainement mal, sa tête lui tourna violemment, le forçant à mettre genoux à terre, tête basse, alors qu'il voyait des pieds s'avancer vers lui. Sa gorge était nouée par un poids qui lui pesait sur la poitrine, et pas un mot n'acceptait de franchir ses lèvres.
Les jambes ennemies flanchèrent, l'intrus s'accroupissant devant lui alors qu'une main qui caressa les cheveux. Il fit un faible mouvement de bras pour essayer de le repousser, mais son poignet se retrouva pris dans un étau. Gardant son bras scellé dans une poigne trop puissante pour être humaine, l'adversaire vint poser sa seconde main sur la joue du paladin.
Souviens-toi Papa, interdiction de les toucher !
Se rappelant de l'injonction de son ami alors qu'il découvrait le visage de son assaillant, Theodore comprenait soudainement l'origine de cette interdiction. Il avait l'impression d'être en feu, sa joue le brûlait, et il avait du mal à aligner deux pensées cohérentes à la suite. Il reconnaissait là un sort de confusion, dont la violence sur sa psyché était surement amplifiée par le contact interdit entre un démon chaotique mauvais et un paladin loyal bon.
Deux extrêmes qui ne devaient surtout jamais se rencontrer. S'ils étaient de même puissance, la magie qui se serait dégagé de ce touché blasphématoire aurait pu être dévastateur, anéantissant toute la région si ce n'est plus. Mais comme le démon était infiniment plus fort que lui, mentalement et physiquement, il allait se consumer ou être corrompu.
« Enoch… Lâchez-moi… parvint-il à articuler, douloureusement
-Oh ? Tu parviens encore à parler ? Tu es encore plus solide que ce que je croyais. On va pouvoir faire de grandes choses ensemble, de très grandes choses. »
Il lâcha le visage du paladin, sans pour autant relâcher le poignet protégé par le gant doré, lequel soupira de soulagement en sentant la brûlure le quitter. Il avait presque envie de le remercier de ne pas l'avoir laissé mourir.
« Enfoiré. » Emit-il à la place, dans un chuchotement, sa poitrine oppressée ne lui permettant pas de parler plus fort.
Le sourire d'Enoch laissa entendre qu'il avait entendu ses pensées.
« De rien, tu es certes un ennemi, un obstacle, mais je ne tue pas mes futurs associés.
-Vous pensez que je vais vraiment accepter ? Je vous tuerais. Dès que je le pourrais, je vous tuerais.
-Mais tu en es incapable pour l'instant. Tu es trop faible.
-Je m'entraînerais.
-Tu t'entraîne déjà dur. Tu devrais être bien plus puissant… Accepte mon aide, et tu pourras exploiter ta véritable force. »
Il ignorait si c'était à cause de la douleur dans sa poitrine, le sort de confusion ou la violence de leur contact, mais Theo se sentit épris de doute. Il travaillait à être Paladin depuis son plus jeune âge, et il était à peine plus fort qu'un débutant. Il avait la supériorité au niveau de l'intellect, de l'expérience et de la stratégie, mais ça ne se ressentait que trop peu dans son physique et dans ses sorts.
« Ce que tu propose… C'est contre-nature…
-Les lois changent, y compris les lois naturelles. Et on peut les changer ensemble. Accepte mon aide.
-Et Bob ? souffla-t-il, prônant cet ultime argument en rempart contre sa reddition totale.
-Tu risques de le perdre, en effet. Il va t'en vouloir. Puis il nous rejoindra à son tour.
-Je… »
Comment expliquer à un démon qu'on s'est entiché de son fils, au point de refuser une offre alléchante, d'une aide dont il avait l'impression d'avoir désormais besoin.
Mais Enoch savait déjà.
Et il savait aussi comment régler ce léger « détail ». Le paladin serait sien. Son âme corrompue. Sa marionnette. Et s'il fallait pour ça qu'il y mette un peu du sien, il n'y avait pas problème.
Il suffisait de manipuler un peu l'esprit de l'inquisiteur.
Alors, ignorant la supplique dans le regard du paladin vulnérable et le cri muet sur lequel ses lèvres s'ouvraient, il posa à nouveau sa main sur la joue pâle.
La brise caressait son visage, les rayons du soleil réchauffant sa peau… Il devait être déjà tard… Avaient-ils eu droit à une grasse matinée ? Ce n'était pas le genre de Theo pourtant, il…
Bob se releva d'un coup, s'arrachant violemment des derniers limbes oniriques pour écouter l'horrible pressentiment qui serrait son ventre.
« Theo ?! »
Son regard se promena avec empressement sur le campement.
Shin et Grunlek s'éveillait avec difficulté, ayant du mal à quitter la douce torpeur de leur trop long repos, bien qu'amplement mérité. Et nulles traces de Theo.
« Bordel. »
Il se leva soudainement, lançant un sort de détection sur la zone. La présence malsaine n'était plus directement dans les parages, mais de lourds résidus de mana laissaient entendre qu'une magie terrible avait œuvré cette nuit.
« Bob ? Qu'est ce qu'il se passe ? questionna le nain en s'approchant de lui, inquiet.
-Theo. Je crois qu'il s'est fait avoir. Avoua-t-il, le cœur au bord des lèvres alors que les pires scénarios s'imposaient à son esprit.
-Théo ? Mais part qui ? On aurait entendu s'il s'était passé quelque chose ! lança Shin, désormais bien réveillé.
-Pas si c'était purement magique.
-On l'aurait sentit.
-Pas si vous étiez trop fatigués.
-Tu l'aurais senti.
-Pas si… Pas si c'est un démon que je connais bien. Je ne me serais pas méfié, dans mon sommeil, de sentir son aura. »
Le regard effaré de ses deux compagnons firent écho à la surprise du sien. Il savait ce qu'il s'était passé maintenant. Et qu'il ne pouvait rien y faire.
« Papa, qu'est ce que t'as fait ?... »
Théo s'éveilla dans une prairie, loin de tout ce qu'il connaissait.
Il était un peu perdu, un peu confus. Ses souvenirs semblaient enveloppés d'un voile brumeux et lourd, c'était comme regarder un film à travers de la soie.
L'essentiel lui revenait, heureusement, mais c'est comme s'il avait manqué quelque chose. Quelque chose d'important…
« Oh, on se réveille, mon cher apprenti ? »
Il secoua la tête, sa vue se troublant. Oui… Il avait accepté, la veille, de devenir l'apprenti d'Enoch, le père de Bob. Il ne savait plus ce qui l'avait convaincu. Il ne savait plus grand-chose d'ailleurs. Il avait été paladin, mais venait de renoncer à sa carrière pour suivre les enseignements du démon. Il n'avait même pas pris le temps de saluer ses amis en partant… Même pas Bob. Pourquoi n'avait-il pas dit au revoir à Bob ?
Il leva les yeux sur le visage souriant qui le regardait, et la réponse s'imposa à son esprit.
Son cœur fit un bond, son estomac fit un looping. Oui, voilà pourquoi. Car Enoch était l'homme le plus brillant, le plus attirant, le plus intelligent et le plus dangereux qu'il n'ait jamais rencontré. Car c'était aux côtés de cet homme qu'il voulait combattre, et c'était à lui qu'il voulait jurer protection et fidélité.
Le souvenir de sa promesse envers Bob vint troubler cet élan. Il venait de le trahir en partant ainsi, en l'abandonnant ? Pourquoi avait-il si soudainement changé d'avis ? Son cœur était donc aussi inconstant que celui d'un enfant ?
Une main se glissa dans ses cheveux, le forçant à relever la tête.
« Ne pense pas à ton ancienne vie, tu es ici, avec moi, maintenant. »
Il hocha la tête, perturbé par cette soudaine proximité. Enoch était si proche… Son odeur envahissait ses narines, l'enivrant à lui en faire perdre la raison. Il ne sentit même pas la brûlure sur sa joue, la chaleur qui transperçait son corps se confondit avec le torrent de désir qui l'emportait soudainement.
« Ici. Avec moi. Maintenant. Répéta Enoch en se penchant d'avantage, bien conscient de la réaction qu'il provoquait –volontairement- chez son apprenti.
-Oui… »
Des lèvres s'écrasèrent sur les siennes alors qu'il se laissait tomber en arrière.
Il réalisa qu'il n'avait plus son armure sur lui, lorsqu'il sentit le corps de son maître onduler sur lui alors qu'il lui maintenait les poignets contre l'herbe.
Un premier gémissement s'échappa de sa gorge, rapidement suivit d'une supplique fort peu religieuse.
« Jures-tu de m'appartenir, de ne jamais me désobéir ? souffla le démon d'une voix d'outre-tombe en se penchant sur son oreille, la mordillant au passage.
-Oui… S'il vous plait, je…
-Acceptes-tu ma puissance en échange de ton obéissance et de ta servitude totale et absolue ? »
Non… Non attendez… Je ne dois pas vendre mon âme au diable, Bob me tuerait, il…
La poigne s'affermit sur ses bras, et, tandis que le corps tant désiré glissait de plus en plus lascivement contre le sien, la tentation de céder à la luxure se fit incontrôlable.
« Une dernière fois, Theo. Acceptes-tu ma puissance en échange de ton obéissance et de ta servitude totale et absolue ?
-Oui…
-Tu es désormais à moi, pour toujours et à jamais ? »
Des larmes qu'il ne comprit pas s'échappèrent du coin de ses yeux alors que l'envie se faisait insupportable.
« Enoch… S'il vous plait…
-Répond. »
Le ton intransigeant, dans une situation aussi confuse, acheva de briser ses derniers remparts.
« Oui. »
Enoch laissa un sourire malsain fleurir sur ses lèvres.
« Bon petit. Laisse-moi te montrer ce que donne la gratitude d'un démon. »
Un an.
Cela faisait plus d'un an que Shindha, Grunlek et Balthazar cherchaient sans relâche leur compagnon, vivant de quelques quêtes acceptées et remplie sur la route.
Ils avaient gagnés en expérience, torturé et tué plus d'un démon. Bob avait même essayé d'invoquer son père en ayant la confirmation qu'il était derrière tout ça. En vain.
Pire encore, sur leur chemin, ils avaient croisés plus d'un village dévasté. Et la description des coupables leurs avaient fait froid dans le dos.
Un démon et un paladin.
Ça ne pouvait être qu'eux.
Un an qu'ils s'interdisaient d'abandonner, un peu plus proche à chaque fois. Suivant la piste de pairies desséchées et d'arbres morts. Preuve qu'à ces endroits s'étaient commis un acte contre nature : l'union charnelle de l'enfer et de la lumière.
Un an, trois mois, et ils y étaient enfin parvenus.
Le village, au pied d'une montagne, était enneigé. Noël était arrivé.
Blessés, épuisés, ils tentaient le tout pour le tout.
« Enoch ! Dit nous où il est ! » hurla Bob, hors de lui, se préparant à lancer un de ses plus puissants sorts.
Le démon, partagé entre la déception de voir son fils s'ériger ainsi contre lui, la tristesse de devoir s'opposer à sa propre chaire, et la fierté de voir les immenses progrès de Balthazar fait en trois ans, soupira et essuya la sueur qui coulait de son front. La rage qu'il avait déclenchée chez eux en leur enlevant Théo les avait poussés dans une aventure telle qu'ils avaient tous énormément gagnés en force et en puissance.
Il était très content de lui.
« Rejoignez-moi, et vous le retrouverez. Vous êtes plus fort désormais, mais il l'est infiniment plus que vous.
-Papa. Je ne me répéterais pas. Libère-le. »
Le démon vit du coin de l'œil l'archer créer une flèche de glace, et le nain se concentrer sur son bras. L'ultime offensive n'allait pas tarder. Et il risquait de ne pas pouvoir y survivre. Il était temps pour lui de dégainé son atout.
« Quand bien même je vous dirais où il est, je vous assure qu'il ne désire plus vous rejoindre. C'est lui qui m'a demandé de vous affronter seul, il ne veut plus vous voir.
-Tu mens !
- Très bien, demande-lui toi-même. Tu peux confirmer mes dires, n'est-ce pas, Théo ? »
Les trois aventuriers se figèrent, et tournèrent lentement sur eux-mêmes pour voir sortir, dans leur dos, leur vieil ami, celui qu'ils avaient tant cherché.
Théo avait bien changé, son armure ne brillait pas du même éclat, et son regard était plus sombre. Ses cheveux, ayant gagnés en longueur, étaient réunis en une queue de cheval qui dégageait son visage, révélant les multiples cicatrices qui partaient de son cou pour se perdre dans son armure.
« T… Théo ? balbutia Shin, sa flèche tombant à terre.
-Bonjour. »
Ils ne surent que répondre. Le paladin posait successivement les yeux sur eux, l'air assuré, contrastant avec la confusion qui régnaient parmi ses anciens collègues.
« Ça faisait longtemps.
-Quinze mois… -chuchota Bob, ses poings se crispant- Quinze putain de mois qu'on te cherche ! Et tout ce que tu trouves à dire c'est ça ?! Où étais-tu ? Pourquoi tu ne t'es pas enfui ?! Pourquoi tu ne nous as pas laissé un message, une piste ?! On aurait pu te sortir de son influence plus tôt.
-Non, vous n'auriez pas pu. Et tu le sais très bien. »
Bob baissa la tête, hésitant entre exploser et fondre en larme.
« Il t'as manipulé Théo. Il t'a corrompu. Tu aurais pu te battre.
-Je n'en avais pas envie.
-Si ce n'était pas pour toi, tu aurais pu te battre pour moi ! »
Le silence régna dans la place enneigée, seulement troublé par les flocons qui commençaient leurs longues chutes, se déposant avec délicatesse sur les âmes en peine qui occupaient temporairement le centre de la ville.
« Je n'en avais pas envie, Bob. »
Ce fut trop. Avant que Grunlek ou Shin purent réagir, Balthazar relâcha sa concentration, libérant un cercle de flammes aussi bref que soudain autour de lui, faisant fondre la neige en une fraction de seconde, et se rua sur le paladin, incapable de se contenir, et trop épuisé pour se servir d'autre chose que de ses poings.
D'un mouvement de bouclier, Theo le propulsa, sans émotion, contre la statue centrale du village, représentant Enoch en sauveur. Le choc le fit perdre connaissance, et le mage s'effondra aux pieds de la sculpture.
Tournés vers Théo, et surpris d'une réaction aussi violente, les deux derniers aventuriers ne virent pas le regard noir qu'Enoch lança à son disciple.
Il n'est pas mort, je l'ai seulement assommé pour éviter de le blesser en combat. Je connais la valeur qu'il a à vos yeux. - Justifia télépathiquement Theo, avant d'ajouter – Que dois-je faire des deux autres ?
« Tue-les. » Souffla Enoch à haute voix, avant de se diriger vers Bob.
Il ne regarda même pas le combat, trop occupé à bander la tête sanglante de son fils, et à veiller sur sa respiration et son pouls. Il avait relâché imprudemment son attaque dans laquelle il avait mis tout ce qu'il lui restait de magie… Son Balthazar était mal en point.
Derrière lui, il entendait les tentatives de Shin et Grunlek pour raisonner Theo, n'osant le toucher directement. Plusieurs flèches furent décochées, aucune meurtrière s'il en croyait le ton toujours égal de son paladin. Puis un bruit métallique – le bourrin du groupe venait surement de tenter d'assommer son ami – suivit du cri d'agonie d'un nain qui recevait une épée en travers de la gorge. Il perçut les hurlements de Shin, qui s'excusait alors qu'il décochait de nouvelles flèches, et s'en agaça. Il ne parvenait pas à écouter la respiration de Bob avec tout ce tintamarre.
Le silence se fit enfin après un bruit d'éclair, et des pas lourds parvinrent dans son dos.
« C'est fait. Comment va-t-il ?
-Il s'en remettra. Tu peux encore soigner ?
-Je peux essayer. »
Le paladin s'agenouilla auprès de son ancien ami, apposant ses mains sur le corps inerte. Des filins ambrés s'échappèrent de ses doigts, courant sur les vêtements puis sur le corps, refermant sommairement quelques blessures. De quoi mettre ses jours à l'abri du péril qui les guettaient sans pour autant parvenir à le réveillé.
Theo le lâcha et recula en titubant. Avoir fait appel à ses dons de paladin l'avait secoué, et avait éveillé d'anciens souvenirs enfouis.
Remarquant le trouble chez son apprenti, et rassuré quand à l'état de son cher descendant, Enoch vint vers lui, posant sa main sur la joue, comme à chaque fois.
« Merci, Theo. »
Leurs lèvres se rencontrèrent alors qu'autour d'eux un courant d'énergie se dégagea, celui de la nature qui protestait contre cette union, celui de l'ordre du monde qui tentait de ramener Enoch à la raison.
Et, alors que Theo se laissait aller dans les bras de son maître, Enoch savoura le goût de la peau du coup de sa marionnette préférée.
Personne ne détournerait de lui ce paladin. En un an, il avait bien compris ce qui avait attiré son fils chez cet homme, et il devait admettre qu'il s'en était entiché plus que de raison.
« Je t'aime, Theo. » Susurra le démon à l'oreille de son cher apprenti, comme il le faisait toujours.
Et comme toujours, le paladin ne répondait pas, s'abandonnant simplement à celui qui lui avait acheté son âme.
