Je récapitule : je suis en train de me faire étrangler par un loup-garou très fort et très en colère à environ 10 ctm du sol.
Je voudrais bien vous dire pourquoi mais j'ai jamais vu ce type de ma vie. J'ai la vue qui commence à s'obscurcir, mes poumons réclament désespérément de l'air. Le sang dans mes veines brûle. Je bats des pieds dans un geste désespéré. Dieu, que quelqu'un vienne m'aider !
- Réponds ! Il rugit, pourquoi tu as tué la gamine ?
La gamine ? Quelle gamine ?
- Tu as voulu tester des proies plus intelligentes, c'est ça ?
Il resserre ses doigts sur mon poignet et la douleur est fulgurante dans mon bras. Le bruit d'os cassé est écœurant même à mes oreilles bouchées par mon sang.
Un son proche du sanglot sort de ma bouche et il claque mon crâne contre le mur. Suffisamment fort pour envoyer un flashe de douleur derrière mes yeux. Le liquide épais et collant coule contre mon cou. Ma main qui tient son poignet épais faiblit, je sens mes dernières réserves de force se vider.
Il y a beaucoup de façons dont j'imaginais ma mort mais mourir étranglé par un autre loup-garou n'en fait pas partie. Un loup-garou dont j'ignore encore le visage. Mes doigts se relâchent enfin et mon bras intact frappe le mur.
Je pense à Angie dans la voiture, j'ai à peine l'énergie pour espérer qu'il ne lui fasse rien. Il me lâche, je vois juste une masse de cheveux blonds avant de m'écraser au sol comme une grosse merde.
La lumière filtre à travers mes paupières, quelqu'un touche mon cou pas si doucement et je siffle de douleur. Ça tire de mes vertèbres à ma clavicule, putain il me la briser. Cette merde guérit mal et il va falloir la recaser à nouveau. J'avais déjà vécu ça avec Jacob quand il s'est...
- Angie ! J'ouvre les yeux et mes rétines m'insultent de tous les noms.
Un ensemble de billes très bleues me regarde avec une curiosité et une colère non dissimulée.
- Où est ma sœur ? Je croasse.
- Je ne fais pas de mal aux petites filles contrairement à certaine personne ici, il me rassure.
Le soulagement tombe dans ma poitrine et la rage grandit dans mes tripes. C'est qui ce type ? Puis je me rends compte que je ne suis pas sur le sol du lycée, en fait je ne suis même plus dehors. Je suis dans une caravane, je le sais parce que Vasile vit dans une après l'histoire avec Ariane.
Je tente de me relever et mes poignets me brûlent. Je capte immédiatement en regardant la bande qui me retient à la barre au-dessus de ma tête. Des menottes en argent imprégner par la magie des sorcières. Il est tout rouillé, tout vieux mais ils font leurs boulots. Je n'en avais jamais vu avant.
- Enfoiré, je siffle en tournant mon attention vers le connard qui m'a attaché.
Il est accroupi devant moi mais je peux facilement dire qu'il est plus grand que Paul et plus large. Ce type est un géant très blond et très barbu avec un look bucheron. Il doit être du même âge que Vasile dans les 24-25 ans. C'est le genre de type sur lequel on se retourne, il a une présence très franche et très dangereuse. A d'autre moments je dirais qu'il est très beau, bien plus que Paul ou Vasile, le beau gosse de notre famille.
Il ne cille pas à mon insulte, il cligne juste des yeux et pose sa main sur mon tibia.
- Qu'est-ce que tu veux, putain ?
- Tu le sais très bien ! Il gronde bas.
- Je n'ai rien à voir là-dedans, je me défends. C'est un loup, juste un loup, il y en a quelques-uns dans le coin rien de plus.
- Tu crois que je vais gober ça ?
- Fais ce que tu veux connard mais détache-moi, je siffle alors que l'argent brûle ma peau.
- Certainement pas…
- T'as pas la moindre idée de ce qui vas t'arriver si tu ne le fais pas, je le préviens.
Sa main vole avec une rapidité que je n'ai jamais vue pour un loup-garou aussi massif que lui. Ses doigts tirent sur mes cheveux m'obligeant à relever la tête et la peau qui n'a pas eu le temps de guérir s'ouvre à nouveau. Il me domine totalement sans ce levé. J'en ai marre d'être petite.
- Tes petits amis vampires vont me tomber dessus ? Il demande doucement.
Sans réfléchir je lui crache dessus. Je dis bien sans réfléchir. Et c'est une très mauvaise idée parce que je me retrouve à nouveau avec sa gigantesque main autour de mon cou. Et il serre fort, je gémis et bats des pieds si violemment que ma tunique remonte haut sur mes cuisses.
Ce n'est pas pour rien qu'on dit que l'étouffement fait partie du top des pires morts. J'ai beau faire ma maligne, j'ai envie de pleurer et de demander après mon père, il n'y a juste que mon orgueil qui m'en empêche. Ma disparition n'a pas dû passer inaperçu. Paul va me retrouver. J'espère juste que je serais en vie.
- Comment tu as fait pour supprimer ton odeur ?
Sa voix est douce, toute douce et c'est encore plus terrifiant. Je peux voir dans ses yeux qu'il n'aura aucun regret pour me tuer. Il n'aura aucun cauchemars, aucun remords s'il décidait de serrai plus fort et de me briser la nuque ou de me laisser crever en me broyant ma seule voie respiratoire.
Et puis il relâche. Je tousse et crache, un filet de salive tombe sur mes cuisses. Je me rends compte avec une putain de haine que mes joues sont mouillés. Magnifique, je pleure.
- Je pourrais te tuer ici et maintenant sans autre forme de procès, mais je veux savoir pourquoi tu l'as fait et comment tu fais disparaître ton odeur, il m'informe avec un ton qui me glace aux veines.
- Je fais partie de la meute à Seb en Pennsylvanie…. il serra garant pour moi, je hoquette. J'étais avec mon cousin en train de faire les jardins dans la réserve la nuit où la fille a disparu, je sanglote. Il s'est pris du plomb dans le cul, une femme qui est au courant de ce que nous sommes le lui a enlevé.
Il s'éloigne de moi en ayant vraiment l'air surpris. Ma poitrine monte et descend, je rends compte que ma tunique est déchirée. La dentelle de mon soutient-gorge ne cache pas grand-chose, je n'ai jamais été pudique, je n'ai jamais eu honte de mon corps, vivre de la manière que les gens comme moi ne nous le permet pas mais pour la première fois de ma vie je voudrais couvrir mon corps.
Il semble le remarquer aussi, son regard s'attarde une demi-seconde en trop sur ma poitrine et il grogne en fronçant les sourcils. Le type se mord les lèvres sous son épaisse barbe et enlève sa chemise.
- Oh mon Dieu, je pleure plus fort en comprenant et je gigote dans tous les sens en ignorant la douleur que les menottes envoient.
- Arrête, bordel ! Il demande doucement d'une manière différente qu'avant avec ses deux mains ouvertes devant moi. J'enlève juste ma chemise pour te couvrir, je ne te ferais rien de ce genre !
Je renifle ma morve en me calmant juste un peu, pas vraiment rassuré mais il pose le tissu sur moi sans un geste de travers.
- Tu es de la meute à Seb ? Il demande, et tu n'étais pas seule à la pleine lune ?
Je hoche la tête en me mordant la lèvre jusqu'au sang pour ne pas sangloter.
- Aucun d'entre vous n'a mordu qui que ce soit ?
Encore une fois je secoue la tête. Putain, Maya, où est ton courage ? Il avance sa main et je tente de pousser ma tête dans le mur pour éviter qu'il ne me touche. Son pouce essuie mon menton et suce le sang qui était dessus.
- Et les vampires ? L'odeur étrange dans la forêt ?
Je respire profondément plusieurs fois, ce qui me fait prendre conscience qu'il y a aussi du sang qui coule sur mes bras, la peau à surement du s'arracher autour de mes poignets.
- C'est des sortes de loups métamorphes indiens et …et les vampires sont végétariens, ils …ils ont fait un pacte avec leurs ancêtres, je révèle en me maudissant mais se type me terrifie. Tu seras peut-être encore en vie pour qu'ils t'expliquent une fois qu'ils te seront tombés dessus.
- Des loups et des vampires végétariens ? Tu te fous de ma gueule ? Ses sourcils sont hauts sur son front.
- Tu n'es pas au bout de tes surprises, je ricane. Seb va te tuer quand il va apprendre ce que tu m'as fait et mon copain ? Tu vas souffrir, je lui assure.
- Un loup-garou a tué la fille à Port Angeles et il n'a pas d'odeur, il me révèle.
- Ce n'est pas possible…
- Je suis garde-chasse, j'ai passé la pleine lune en dehors de l'état. J'ai pris mes fonctions il y a deux jours. J'ai vu ce qui reste du cadavre et j'ai vu l'endroit. Ce n'était pas un loup, et il n'y avait pas d'odeur. Ce qui a fait ça était intelligent, trop pour être un vargulf.
- Il n'y avait pas d'appel, il n'y a pas d'autre loup-garou que moi et mon cousin, je crache, ne te donne pas d'excuse pour être un psychopathe !
Le regard qu'il me donne me fait tremblait sur place.
- Je m'appelle Adam, je viens du Montana….
- Et tu t'attends à ce que je te tombe dans les bras comme dans un livre rose ? Je crache.
Il ferme les yeux et respire profondément puis les rouvres en tournant la tête sur le côté. J'ai aussi entendu. Je souris un peu démoniaque. Adam se relève de toute sa hauteur et roule des épaules. Je ne me suis pas trompé, ce type est encore plus grand et balaise que Paul ou Jacob, il plante ses pieds au sol et attend patiemment en regardant la porte. Il a une prestance et une assurance que beaucoup d'Alpha envierait. Même Seb et surtout Sam. Il est resté d'un calme froid et calculateur, une qualité rare et nécessaire pour mener une meute.
Stupidement je me demande pourquoi je ne lui ai pas envoyé une vague de paix. Pour ceux qui n'ont pas suivi c'est comme des phéromones calment que les femelles de mon espèce utilisent pour adoucir les mâles dans certaines situations. Ah, c'est bon je me souviens, il me terrifie à mort !
- Ahhh, hurle Paul en défonçant la porte et en se jetant sur Adam.
Pas très discret comme entrer mais efficace. J'ai assisté à beaucoup de combats, entre loup-garou le plus souvent mais je dois avouer que ce que j'ai sous les yeux est d'une tout autre espèce. Si Adam tient à son intérieur, il peut faire une croix dessus.
Paul est littéralement sur le dos du blond avec son avant-bras à la gorge, Adam le pousse contre la table/bar qui cède à leurs poids (pauvre chose) et mon copain est au sol. Mon kidnappeur balance un coup de tête en plein dans le nez de Paul. Adam utilise ce moment pour se retourner et se mettre à califourchon sur lui. Paul envoie une pêche sur son menton ce qui le fait volé sur la table basse.
Ma vue est obstruée par Jacob qui s'accroupit devant moi. Je n'ai jamais été autant soulager de le voir.
- Jacob ! Je sanglote de soulagement.
- Ça va aller, il met ses mains sur les côtés de ma tête et m'embrasse le front.
- Il faut trouver les clés de ses choses, je fais un geste vers le haut.
- Je vais les brisés…
- Non !
- Putain de merde ! Il gronde en mettant sa main dans la bouche, c'est quoi cette saloperie ?
- Les clés pitié ! Les clés, je renifle.
Jacob se retourne et je suis son regard Adam est retenue par Sam et Embry qui ont des regards sales. Adam les regarde avec défi sans montrer de la peur. Paul, lui est retenu par Jared et Peter qui respire profondément. Il a les mains qui tremblent, serré en poings le long de ses côtes pour ne pas faire de bêtise. Il tourne la tête vers moi et se jette sur le sol pour me prendre dans ses bras. Je pleure dans son cou alors qu'il me caresse les cheveux.
- Les clés connard, grogne dangereusement mon frère.
- Dans ma poche arrière, répond Adam très calmement.
- Ne bouge pas ou je te brise le bras, menace Embry.
- Alors elle ne mentait pas, hein ? Continue le blond. Vous êtes une sorte de loup…
- On va s'occuper de toi plus tard, lui promet Jacob en me libérant.
- Tu viens de quelle meute, connard ? Crache Peter, je suis curieux de connaître ton alpha, voir s'il tolère ce genre de truc.
Les yeux de Paul deviennent noirs en voyant la chemise d'Adam sur moi.
- Est-ce qu'il...
Il y a un grognement bas et indigné qui vient d'Adam.
- Je ne ferais rien à ta place, crache Sam.
Je secoue la tête et il soupire de soulagement en me prenant dans les bras. Je siffle de douleur quand ma clavicule mal guérie tire sous la pression.
- T'es un homme mort, claque Jacob avec que Paul ne dise quoique ce soit.
- Je n'en ferais rien si j'étais vous, dis une voix.
- Ça ne vous regarde pas Cullen, tonne Sam.
- Au contraire, il a kidnappé Mlle Miles parce qu'il croyait qu'elle était à l'origine du meurtre de la fille. Une fille morte sur notre territoire.
- Il n'y a pas de meurtre, c'est des loups, crache Peter.
- Je peux vous assurer que non, répond Cullen Senior.
- Pourquoi on devrait vous croire ? Claque Paul.
- Le cadavre n'a pas d'odeur.
Je ferme les yeux en entendant la phrase du vampire, il vient de confirmer tout ce qu'a dit Adam.
- Putain de merde, rugit Jacob.
Mon cher frère à raison. Putain de merde.
