Enfin s'entraîner correctement

Voldemort tournait en rond.

L'intronisation du 31 juillet avait tourné au fiasco le plus complet. En plus de comprendre que la majorité des enfants de ses Death Eaters avaient fui pour ne pas être marqués, avec en tête les plus prestigieux d'entre eux, Draco Malfoy, Théo Nott et Blaise Zabini qui avaient eu l'audace de se présenter quand même pour se sauver aussitôt, le manoir Malfoy avait explosé, entraînant l'expulsion de tout le monde pour protéger le maître des lieux. Voldemort et sa suite avaient ainsi dû déménager en catastrophe. Ils avaient trouvé refuge dans les domaines de lords bien moins fortunés et les conditions de cohabitation étaient pour le moins chaotiques. De nombreux Death Eaters avaient dû éponger de leur sang la fureur du Sorcier et il fallait déplorer plusieurs morts, ce qui n'était pas pour arranger leur cause.

Et la rentrée n'était pas mieux. Apprenant dans les journaux qu'Alex Potter allait finalement intégrer le programme des Aurors, il avait envoyé une jeune recrue pour le capturer. Mais ses contacts au Ministère lui avaient appris que son Death Eater s'était fait démasquer avant même d'être entré dans l'école, ce qui l'avait mis dans une colère noire.

Alors qu'il ruminait ses idées noires, un Elfe de maison apparut.

-Maître ? couina l'Elfe de maison

-Quoi ?! grogna Voldemort

-Lucius Malfoy et Severus Snape demandent une audience, annonça l'Elfe de maison.

Voldemort se redressa. Les deux hommes n'avaient pas paru devant lui depuis l'explosion du manoir. Ils l'avaient quand même prévenu qu'ils avaient repris connaissance une semaine auparavant.

S'ils étaient là, c'était qu'ils allaient mieux et qu'ils étaient prêts à le servir comme il se devait. D'un geste sec, il ordonna à l'Elfe de maison de les mener jusqu'à lui. Quelques minutes plus tard, il entendit la porte s'ouvrir et il fit face à ses invités.

Pour l'une des premières fois de sa vie, Voldemort fut choqué. Les deux hommes étaient amaigris, les traits plus que creusés. Il voyait une certaine raideur dans leurs gestes et il s'aperçut que la canne fétiche du blond n'était plus purement décorative. Severus utilisait avec parcimonie l'un de ses bras et ne semblait guère tenté de tourner la tête, même de manière infime. Et ça sans compter les plaies à vif qui devaient labourer les deux corps. En clair, Lucius et Severus avaient pris l'explosion de plein fouet. Et ils avaient payé le prix fort. Étonnant qu'avec leur état de faiblesse flagrant, ils aient eu encore l'énergie de venir.

-Lucius, Severus, déclara Voldemort. Je m'attendais à vous voir plus tôt.

-Nous avons fait le plus vite possible, s'inclina Severus.

-Si vous êtes là, cela veut dire que je peux revenir au manoir, présuma Voldemort.

-En fait, non, s'excusa Lucius.

-Comment ?! gronda Voldemort

-Le manoir n'est toujours pas accessible, avoua Lucius. N'étant réveillé que depuis une semaine, les Elfes de maison ne pouvaient pas commencer les réparations tant que je n'en donnais pas l'ordre. Et quand j'ai été assez cohérent pour les donner, cela a pris plusieurs jours pour estimer l'étendue des dégâts.

-Ce qui veut dire ? s'irrita Voldemort

-L'explosion est d'ordre magique, expliqua Lucius. Les réparations prendront beaucoup de temps, sans compter que les protections sont devenues extrêmement faibles.

-Faibles ? sursauta Voldemort

-Elles sont sur le point de disparaître, déclara sombrement Lucius. Et elles n'accepteront que ma présence le temps de la réparation.

-Pourquoi Severus est resté ? demanda Voldemort

-Il est rattaché à la famille Malfoy parce qu'il est le parrain de mon fils, répondit Lucius.

-Mais les protections commencent à s'attaquer à moi, intervint Severus. Il est prévu que je quitte le manoir dès ce soir pour poursuivre ma convalescence à l'Impasse du Tisseur.

-Convalescence ?! s'étonna Voldemort

-Peu après notre réveil, Lucius a fait venir un Médicomage, raconta Severus. Il nous a examiné et nous a prescrit, en plus de nombreuses potions, beaucoup de repos. Notre taux de magie est bien trop faible pour que nous vous soyons utiles. Nous sommes presque Cracmol en ce moment.

-Cracmol ? grimaça Voldemort

-Oui, s'inclina Lucius.

Voldemort garda le silence un moment avant de prendre la parole.

-Je veux vous voir sur pied à Halloween, ordonna Voldemort. Sortez maintenant !

Les deux Sorciers ne se le firent pas dire deux fois et ils s'inclinèrent avant de vider les lieux. Ils se rendirent au manoir Malfoy où ils s'écroulèrent avec soulagement.

-Tu penses qu'il a cru à notre mascarade ? souffla Lucius

-On a tout fait pour, sourit Severus.

D'un coup de baguette, ils effacèrent le maquillage Moldu qu'ils avaient mis.

Contrairement à ce qu'ils avaient raconté à Voldemort, ils avaient repris connaissance très vite. Ils avaient réellement fait appel à un Médicomage qui leur avait prescrit des traitements mais ils étaient déjà guéris, quoique encore assez faibles physiquement. Mais leur plan avait parfaitement marché. Leur but premier en provoquant l'explosion était de jeter dehors toute présence de Voldemort et de ses chiens du manoir Malfoy et de couvrir leur fuite à tous les deux ainsi que celle de Narcissa. La présence de Draco, Théo, Blaise et sa mère n'étaient pas prévues mais ils avaient pu s'en sortir. Barn, l'Elfe de maison en chef du manoir, avait transformé le domaine en une véritable forteresse. Et ils avaient réussi en prime à gagner quelques mois de vacances. Tout bénef pour eux.

-Tu penses qu'il va envoyer quelqu'un pour me surveiller ? demanda Severus

-Il y a des chances, avoua Lucius.

-Je ne vois pas comment vu que je serais à l'école, fit Severus.

-Il y aura les enfants qui n'auront pas tourné le dos à Voldemort, grinça Lucius. Sans compter la Marque des Ténèbres.

-Ne parle pas de malheur, grogna Severus.

-Sinon, qu'est-ce qu'on va faire en attendant ? se demanda Lucius

-Mon programme est déjà près, sourit Severus. Mais toi … une remise à jour ne te ferait pas de mal.

-En quoi ? s'étonna Lucius

-En combat, répondit Severus. Depuis quand tu ne t'es pas battu pour sauver ta peau ? Utiliser toute ta ruse dans un combat ? Depuis qu'il est revenu, avoue, tu ne t'es même pas entraîné, vu qu'on était trop occupé à lui baiser les pieds.

-J'aurais préféré avoir un adversaire à la hauteur, insinua Lucius.

-Je pourrais négocier pour rentrer chez moi deux fois par semaine, accepta Severus. Albus ne me refusera pas ça.

-Tu crois que je pourrais avoir d'autres adversaires ? demanda Lucius

-Qui ? demanda Severus, surpris

-Evans, répondit Lucius. J'ai toujours voulu prendre ma revanche.

-Je vais lui demander, haussa des épaules Severus. Mais de ton côté, tu as plutôt intérêt à bosser !

-Pourquoi ? s'étonna Lucius

-Elle m'a dit qu'elle ne s'était pas tourné les pouces pendant son séjour aux Etats-Unis, sourit Severus. Et depuis que le Souffleur s'en est prise à elle, je peux te promettre que le prochain, elle ne va pas le rater.

Lucius déglutit difficilement pendant que Severus éclatait de rire.

§§§§§

-Bonsoir Alex, sourit le vieil homme.

-Bonsoir professeur Dumbledore, répondit Alex en sortant de la cheminée.

-Albus, mon enfant, rit Albus.

-D'accord … Albus, fit Alex.

Le vieil homme se souvenait du moment où il avait fait sa proposition.

Flash-Back

Le directeur avait demandé un entretien avec le nouveau lord Potter. Il avait formulé sa demande ainsi pour bien montrer qu'il respectait la personne qu'il allait rencontrer et qu'il allait lui parler d'adulte à adulte. Le vieil homme fut introduit dans la bâtisse qui était une vraie ruche à l'approche du bal mondain qui allait se dérouler le lendemain. Prestement, l'Elfe de maison le conduisit dans un salon qui semblait échapper à la frénésie de la maison. Il s'installa confortablement en attendant son hôte qui n'arriva qu'une dizaine de minutes plus tard.

-Veuillez accepter toutes mes excuses pour vous avoir fait attendre, professeur Dumbledore, s'inclina Alex. J'ai été pris dans les préparatifs.

-Pas de soucis, sourit Albus. J'ai pu profiter de ces magnifiques douceurs.

-Elles ont été préparées spécialement à votre intention, sourit Alex en prenant place à son tour.

-C'est une pensée généreuse, fit Albus.

-Du thé ? proposa Alex en faisant appeler un Elfe de maison

-Avec plaisir, répondit Albus.

Ils savourèrent leurs tasses avant que le jeune homme ne prenne la parole.

-J'ai été étonné de votre demande, fit Alex.

-Il est vrai que d'habitude, je passe directement chez les gens, rit Albus. Seulement, ayant entendu que tu préparais ton bal avec soin, je me suis dit qu'il fallait que je te prévienne pour ne pas te gêner.

-C'est vrai que je ne sais plus où donner de la tête, avoua Alex. Mais Harry m'a toujours dit qu'il fallait que je prenne des pauses et sans vouloir vous manquer de respect, vous êtes la parfaite distraction.

Albus rit en voyant l'air de parfait soulagement qu'affichait Alex.

-Que puis-je pour vous, professeur ? demanda Alex

-La question serait plutôt que puis-je pour toi, rétorqua mystérieusement Albus.

Alex se figea.

-Que voulez-vous dire ? fit Alex

-Maintenant que ton père n'est plus là, j'estime qu'il est enfin temps que tu accèdes à un entraînement beaucoup plus adapté à ce que tu seras amené à faire plus tard, expliqua Albus.

-La prophétie, souffla Alex.

-Entre autres, sourit Albus. Tu devras également te battre pour ta vie et ce n'est pas avec ce que tu as « appris » en Duel et certains de tes « professeurs » de Défense que tu pourras y arriver.

-Vous avez la dent dure contre mon cher père, railla Alex.

-Je dois t'avouer qu'il a été une épine dans mon pied durant les sept années que j'ai dû le supporter, déclara Albus. Mais il est là où il doit être et ce n'est pas plus mal.

-C'est vrai, concéda Alex. Que me proposez-vous exactement ?

-J'aimerai te donner des cours particuliers, répondit Albus. Seulement, je ne sais pas ce que tu comptes faire à la rentrée.

-Je suis libre le soir, fit Alex, ne voulant pas donner plus de précisions.

-Si tu acceptes, nous pourrons nous organiser pour nous rencontrer plusieurs fois par semaine, proposa Albus.

-Que vais-je apprendre exactement ? demanda Alex

-Je laisse la partie magie ancienne à ta mère, annonça Albus. Par contre, il semblerait que ton apprentissage en défense ait quelque peu été malmené. Oh, je sais que tu t'entraînes avec ton frère Harry mais il a sûrement des choses à faire et si je peux aider …

-Vous avez toute une école à vous occuper, rappela Alex. Alors, pourquoi ?

-Parce que tu es important, avoua sombrement Albus. Certes à cause de la prophétie mais aussi parce que tu fais partie de la génération qui révolutionnera notre monde qui en a bien besoin. Je sais que je suis trop vieux et qu'on ne me prendra guère au sérieux. Mais tes amis et toi … vous vivrez la guerre et vous savez ce dont a besoin notre pays pour qu'il ne sombre pas totalement. Je me rends compte que l'Angleterre est bien trop derrière les autres pays, accrochée à des croyances fausses et des coutumes inutiles. Je suis persuadé que vous pourrez y faire quelque chose. Et cela passe par le fait que tu doives survivre. Je veux te donner les armes pour.

Alex resta silencieux un moment. Le directeur n'avait pas tort. Son père avait refusé que quiconque ne l'entraîne sans pour autant s'en charger. Voldemort était à sa poursuite depuis son retour et il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. Et sa colère d'avoir vu s'échapper une grande partie de la prochaine génération de Death Eaters n'allait pas arranger les choses. Effectivement, vu comme ça, il avait besoin de toutes les armes pour survivre. Mais entre les cours d'Harry, ceux de sa mère, ceux du professeur Snape sans compter ce que lui apprenait Sirius sur la politique, il sentait qu'il allait vraiment avoir des journées très chargées !

-J'accepte, sourit Alex. Je pense que je vais demander un bon stock de potions énergisantes.

-Je m'arrangerai pour que tu en aies, cligna de l'œil Albus.

Fin Flash-Back

Alex avait dû s'arranger avec tout le monde pour pouvoir bénéficier de ces cours. Severus et Harry avaient convenu d'avoir leurs sessions en alternance, ce qu'il apprendrait dans l'une servirait dans l'autre et vice-versa. Lily avait concédé qu'en un siècle d'existence, le vieil homme devait avoir emmagasiné pas mal de petits trucs pour rester autant au top et elle ne tenait pas à ce qu'il rate cette chance. Elle avait disposé ses entraînements généralement le matin, le jeune homme étant dans une phase où les efforts étaient plus intérieurs.

Et le voilà aujourd'hui dans le bureau du directeur. Ce dernier avait prévenu son équipe enseignante que certains soirs, il devait se retirer pour des soins qu'il ne faisait que trop retardé. Poppy Pomfrey avait été heureuse de les couvrir, surtout par rapport à Minerva McGonagall qui semblait avoir la dent dure contre Albus Dumbledore. En effet, elle estimait que l'homme n'avait rien fait pour éviter la prison à son protégé. Mais elle ne se remettait pas en cause et son supérieur réfléchissait à tous les moyens pour briser cette fidélité malsaine.

Albus et Alex passèrent dans les appartements privés du directeur pour rejoindre la salle de Duel. Sur son ordre, Alex se mit à l'aise tandis qu'Albus prenait place dans un fauteuil.

-Nous allons d'abord établir nos priorités, déclara Albus. Nous allons appliquer le dicton Moldu « un esprit sain dans un corps sain ». Je sais qu'Harry et Lily mettent un point d'honneur à ce que leurs élèves aient une bonne santé physique donc je ne m'inquiète pas là-dessus. Qu'en penses-tu ?

-Je ne connaissais rien au sport, avoua Alex. A part le Quiddicht et même là, je ne le faisais pas vraiment pour le plaisir mais uniquement parce que mon père me l'avait ordonné. Mais en rencontrant Harry, les paroles d'Hermione sur les vertus du sport ont commencé à faire effet et je m'y suis mis. Ça a été dur mais après plusieurs mois de traitement, je sais que j'en ai besoin et qu'il faut que je continue, surtout que je sais que j'aurais un avantage certain sur les autres Sorciers.

-C'est vrai, concéda Albus. Ce n'est pas dans les habitudes des Sorciers Anglais de se maintenir en forme.

-Vous voulez dire qu'ils sont allergiques à tout effort physique, ricana Alex. La magie fait tout à notre place alors pourquoi se fouler ?

-Tu étais comme eux avant, rappela Albus.

-Et je le regrette, affirma Alex.

-Bien, fit Albus. Allons du côté de la magie. L'un des grands problèmes de notre époque est la rivalité entre magie blanche et magie noire. Ton avis, et uniquement le tien.

-J'ai été élevé dans la certitude que la magie noire était mal, déclara Alex après quelques instants de réflexion. La première chose qui m'a fait douter était un objet que mon père avait affirmé avoir fait entièrement. Pour des recherches personnelles, je me suis mis à tester cet objet. Et je me suis aperçu qu'il contenait une bonne concentration de magie noire. Or, c'était un objet que j'utilisais depuis des années et il ne m'a jamais fait de mal. Comment un objet d'apparence et d'usage innocent pouvait contenir autant de magie noire sans faire de mal ?

-Tu avais quel âge ? demanda par curiosité Albus

-J'étais en sixième année, avoua Alex.

Les dernières années avaient été chargées pour le jeune homme, constata Albus. Voir la mort en face puis comprendre que son père n'était pas un homme parfait et enfin reconsidérer tout ce qu'il avait appris depuis des années, cela faisait vraiment beaucoup. Alexandre Potter avait parcouru du chemin depuis cette sombre nuit où Voldemort s'en était pris à lui.

-Et depuis ? demanda Albus

-J'ai eu le temps d'approfondir mes connaissances en magie, déclara Alex. Hermione m'a tout d'abord déniché des sorts de défense et j'ai compris qu'on pouvait se salir les mains sans approcher de près ou de loin la magie noire.

-Comment ça ? s'étonna Albus

-Quand j'ai demandé de l'aide à Hermione, expliqua Alex, elle a trouvé un livre dans une librairie au fin fond du quartier magique nommé « Se battre pour survivre ».

Albus fronça des sourcils. Il connaissait bien ce livre. Un ancien Auror, mutilé lors de la guerre contre Grindelwald, s'était mis en tête de rédiger un recueil où il enseignait toutes les techniques qu'il avait apprises tout au long de sa vie. Dès sa parution, le livre avait créé la polémique, étant jugé par les instances en place beaucoup trop violent. Lui-même avait eu l'occasion d'y jeter un coup d'œil et il avait estimé que ce qu'il y avait dedans n'était pas à la portée de tous, et encore moins de celle des néophytes. Le Ministère avait fait la chasse aux deux mille exemplaires et d'après ce dernier, tous avaient été détruits jusqu'au dernier.

Visiblement, il en restait quelques-uns qui en avaient réchappé.

-Vous avez mis en pratique les sorts, j'imagine, présuma Albus.

-Etant donné qu'il s'agissait d'un livre écrit par un Auror, on s'était dit qu'il vaudrait mieux qu'on teste sur quelque chose de non dangereux, fit Alex. Quand on a détruit notre première cible, on s'est promis de ne jamais tester ça sur un être vivant !

Alex frissonna.

-Au moins, je suis sûr que tu ne testeras rien de dangereux, rit Albus. Continue.

-Je ne sais pas si vous le savez, mais ce livre est très bien écrit, fit Alex. Chaque sort est décrit, la formule, comme les effets. Mais c'est la suite qui est plus flippante.

-En effet, confirma Albus. L'auteur explique comment il a utilisé le sort en question. Et c'est très loin de son contexte habituel.

-C'est ça qui nous a le plus surpris, reprit Alex. Des sorts banals avec des effets destructeurs. Et nous avons vérifié, aucun d'entre eux ne figure dans la classification du Ministère de la magie noire !

-Qu'est-ce que ça te fait penser ? demanda Albus

-Je suis obligé de reprendre Harry, s'excusa Alex. Ses mots étaient : « La magie noire ne dépend que des mœurs d'une époque. Et des Sorciers. Surtout ceux qui ne veulent pas se faire détrôner ».

-Assez vrai, concéda Albus. Tu constateras que de nombreuses familles dites de la Lumière conservent des techniques et des pratiques que le Ministère cataloguerait immédiatement de magie noire. Or, leurs usages sont loin de ce que pourraient penser les plus pessimistes d'entre eux. Le Ministère ne pense qu'à ce qu'on pourrait faire de pire avec, pas ce qu'on en fait réellement.

-Mais vous faites la distinction ! fit remarquer Alex

-Tu ne peux pas changer des années de croyances, sourit Albus. Ce n'est que lorsque j'ai rencontré la génération de ta mère que je me suis rendu compte que cette distinction n'avait vraiment plus lieu d'être.

-Comment ça ? sursauta Alex

-Les Nés Moldus de l'âge de Lily sont tous issus de la génération née après la Seconde Guerre Mondiale Moldue, expliqua Albus. La plupart d'entre eux savaient que pendant cette guerre, des Moldus envahis par les armées nazies ont collaborés ouvertement et volontairement pour emprisonner voire tuer de leurs compatriotes. Et au contraire, des Allemands, également sous l'emprise nazie, ont tout fait pour aider ceux qui étaient persécutés sous le régime. Pendant l'une de nos discussions, Lily a fait un parallèle intéressant entre cette situation et la magie. Et je me suis aperçu qu'elle n'avait pas tort du tout.

Tous les deux gardèrent le silence quelques instants.

-Que souhaites-tu apprendre ? demanda finalement Albus

-J'imagine que « survivre » n'est pas une réponse ? déclara en souriant Alex

-En effet, rit Albus.

-Je veux savoir me défendre tout seul, hésita longuement Alex. Je ne tiens pas à ce que des personnes se sacrifient à ma place. Ou bien qu'on sacrifie des personnes à ma place.

-Curieuse formulation, fit Albus. Peux-tu développer ?

-Les Weasley, soupira Alex. Molly, Ginny et Ron sont prêts à tout pour mettre la main sur ce que je possède. Y compris manipuler les gens pour me faire porter le chapeau.

-Tu parles au présent, nota Albus.

-J'ai fait échouer leur plan de me faire épouser cette garce et de donner la majorité de ma fortune à ce trio infernal, haussa des épaules Alex. Vous croyez vraiment qu'ils vont en rester là ?

-J'ai eu l'occasion de parler avec Arthur, songea Albus.

-Moi aussi, fit Alex. Il en a discuté avec lady Weasley, sa tante Muriel. Elle a toujours détesté Molly donc il se doutait bien qu'elle allait lui faire payer le fait de s'être introduit dans la famille. Arthur m'a dit qu'elle comptait bien la faire renier de la famille avec ses deux bâtards. D'ailleurs, Muriel a demandé des tests de paternité sur eux.

-Vraiment ? s'étonna Albus. Je ne la pensais pas aussi rancunière.

-Il semblerait que si, sourit Alex.

-Quand ? demanda Albus

-Je ne sais pas, avoua Alex. Mais je serais bien curieux du résultat.

-Je suis au regret de dire que je suis dans le même cas que toi, sourit Albus. Que comptes-tu faire d'eux ?

-Je ne sais pas, soupira Alex. Mais je ne les laisserai pas m'approcher d'aussi près.

-Il n'y a que toi pour savoir si c'est une bonne décision ou pas, fit Albus.

Ils partirent sur les détails de leurs futurs cours.