Ce n'était qu'une simple broche en argent.
Elle était magnifique. Finement gravée et aux couleurs vives et chatoyantes. Elle était d'une élégance rare et son symbole représentait le savoir. Les contours de l'emblème n'avaient pas été colorés et c'était sans doute plus dans un but esthétique qu'une simple distraction. Il était séparé en quatre parties égales, abritant chacune deux couleurs et un animal différent.
D'abord le rouge et le doré, symbole de courage et de vivacité, représenté par un fier lion dressé. A ses côtés, le vert et l'argent, signe de ruse et de malice. C'était un serpent agressif, montrant ses crocs. Ensuite, venait le bleu et le bronze, la sagesse et la soif de connaissance. Un aigle.... Aile déployée et serfs aiguisées. Enfin, dans la dernière case, attendait le blaireau, loyal et travailleur. Jaune et noir étaient ses couleurs.
Ce n'était qu'un emblème. Celui d'une école. Et d'ailleurs, pour certains, elle n'était que cela.... Une école. Un lieu d'apprentissage où on peut passer de très bon moment. D'autre encore, l'avait en horreur. Combien ne haïssent pas la période de leur vie où ils étaient le plus vulnérable et mal dans leur peau? Mais pour d'autres....
Pour certains, au-delà d'être une école, c'était une maison. Un lieu sécurisant et chaleureux où ils se sentaient chez eux. Enfin. Une bulle, un cocon où ils se sentaient bien et irrémédiablement entouré.
C'était surtout pour cela que cette broche était particulière. Parce qu'il s'était senti bien à Poudlard. Cela avait été sa maison pendant sept années de sa vie. Sept longues années....C'était sans doute aussi pour ça que Théo retournait la broche dans ses mains avec fébrilité. Son visage était en sueur et ses yeux, écarquillés et impatients. Allant de la broche aux mangemorts présent dans la pièce avec lui.
Le Maître avait décrété que la guerre n'avait que trop duré et qu'il était temps d'écraser la vermine pour de bon. Voldemort voulait Potter à ses pieds et Théo n'était plus certain que le Survivant puisse vraiment les aider. Une liste d'objet leur avait été remise dont la broche avait été la plus facile a trouver. Certes, des milliers de broches à l'effigie de Poudlard existaient mais celle-ci était l'une des premières. Elle avait plusieurs centaines d'années.... Et le plan leur avait été dévoilé à eux.
Eux, c'était Bellatrix, Rodolphus et son frère, son propre père, Avery, Dolohov et lui.
Il en était resté estomaqué. Littéralement à bout de souffle. Et la seule pensée cohérente qu'il avait eut avait été qu'il devait absolument prévenir Potter. Même s'il devait mourir, même si c'était la dernière chose qu'il allait faire, même si sa couverture devait tomber..... Il devait les prévenir parce que la fin de la guerre allait se jouer bientôt. Très bientôt.
Mais même s'il savait ce qu'il devait faire, il ne savait pas comment le faire. Il ne pouvait pas simplement sortir comme une fleur de la salle avec la broche en main alors que tout les regards ne regardaient qu'elle, non?!
Une énième goutte de sueur perla dans son dos et il la senti dégringoler le long de ses reins. Il se tendit imperceptiblement lorsque Bellatrix s'approcha de lui, d'un pas conquérant et prédateur. Merlin, que cette femme le dégoutait..... La pièce était silencieuse, sûrement de trop, selon lui. Ils se confrontaient tous du regard, chacun cherchant à dompter l'autre juste pour se prouver qu'il pouvait le faire. Par orgueil. Juste pour montrer qu'ils n'avaient pas peur. C'était une histoire d'honneur. Et de méfiance. Et Théo commençait à se lasser de cette perpétuelle défiance....Ne pas baisser les yeux, ne pas montrer ce que l'on ressent, ne pas dire la vérité, être fin et subtil.... Ce jeu commençait vraiment à le peser.
Bellatrix afficha un large sourire une fois à ses côtés, et elle le darda quelques secondes de ses grands yeux bleu et fous. Sa peau semblait plus pâle que jamais et ses longs cheveux noirs ne faisaient qu'accentuer sa lividité. Théo réfréna une grimace quand la main de la femme passa dans ses cheveux, caressa doucement sa joue et se posa doucement sur son épaule. Elle se rapprocha davantage et posa sa tête sur son autre épaule. Il lui lança un regard interrogatif mais n'ôta pas sa main.
-A quoi tu joues, Bella? Lança-t-il simplement.
-Je suis impressionnée, Théodore. Lança-t-elle de sa voix mielleuse.
-Et de quoi, donc? Siffla-t-il avec humeur.
Elle ne répondit pas tout de suite, trop occupée à retracer les contours de la broche de sa main libre. Elle fit ensuite une moue ennuyée en le regardant avec intérêt.
-De ceci voyons, souffla-t-elle en désignant l'objet qu'il tenait entre ses mains. Je ne pensais pas que se serait toi qui le trouverait en premier....
-Et pourquoi ça, Bella? Rétorqua-t-il.
Elle éclata d'un rire strident et enfantin et son bras libre vint agripper l'autre épaule de Théo. Elle était maintenant face à lui, presque pendue à son cou.
-Tu es si jeune... Remarqua-t-elle en se rapprochant de son visage.
Théo la repoussa bien avant que ses lèvres ne puissent rencontrer les siennes. Jamais les lèvres d'une telle folle ne le toucheraient.... Il en était révulsé à la simple idée. Il ne pouvait pas penser à Bella comme à une femme. Ca n'en était pas une! C'était une vipère, une veuve noire, une pute et une cinglée.... Mais certainement pas une femme.
-Arrêtes-ça, Bella! Tonna-t-il d'une voix grave et elle éclata de rire, encore.
-Tu sembles bien nerveux, mon petit Théodore.... Couina-t-elle en reculant de quelques pas.
-Évidement que je suis nerveux, idiote! Tu ne le serais pas, toi, si tu tenais cela entre tes mains?! Te rends-tu seulement compte de ce que cela sera?! Siffla-t-il sèchement.
-Je le sais. Lança-t-elle, de l'admiration dans la voix. Et je suis pas nerveuse....
-Non.... Railla-t-il en la coupant.... Juste foutrement excitée....
-Tu veux que je le tienne, mon petit Théo? Lui proposa-t-elle en se rapprochant encore une fois de lui.
-Non! D'ailleurs, le Maître m'a désigné pour que j'aille lui porter... Lança-t-il, trop heureux d'avoir trouvé une excuse pour sortir de la pièce avec l'objet.
-Ha oui?! S'étonna Bella.
Et Théo su qu'il était démasqué. Bella ne souriait plus stupidement et son air de prédatrice en manque s'était transformé en un rictus sadique. Le bleu de ses yeux semblait danser autour de ses pupilles tels des flammes. Il ne fut pas le seul à remarquer le changement parce que son père se rapprocha d'eux ainsi que les frères Lestranges.
-Tu veux que je t'accompagne? Souffla-t-elle d'une voix qui ne laissait aucun doute.
-Non. Merci. Ca va aller. Il veut que j'y aille seul.... Lança-t-il en se dirigeant vers la sortie, le dos droit et la tête haute.
Maintenir l'illusion le plus longtemps possible.
Gagner du temps.
Ne pas laisser tomber le masque si la situation ne l'exige pas expressément.
Fuir sans se retourner si le masque est tombé.
Ne pas présumer de ses forces. Un espion mort est moins utile qu'un résistant en vie.
-Tu sais, Théodore, c'est étrange que le Maître t'ait demander ça....Lança-t-elle d'une voix rugueuse.
-Et pourquoi ça?
-Parce qu'il m'a demandé la même chose....Susurra-t-elle d'une voix empreinte de folie.
Le coeur de Théo se mit à taper douloureusement contre sa poitrine et contrôler sa respiration devint une épreuve de chaque instant. Mais il ne laissa pas tomber le masque... Il devait encore jouer. Parce que s'il craquait maintenant, il ne s'en sortirait pas.
-Que veux-tu que je te réponde, Bella? Rétorqua-t-il sèchement. Je ne suis pas assez présomptueux pour déclarer comprendre le Maître. Peux-tu en dire autant ? Siffla-t-il d'une voix mauvaise. Tout ce que je sais, c'est qu'il me la demandé.... Lança-t-il clairement.
La jeune femme ne sembla pas convaincue et fit dodeliner sa tête de droite à gauche avec indécision.
-Tu sais à qui tu me fais penser quand tu dis des choses comme cela, Théodore? Lança-elle.
-.....
-A notre cher Severus.
-Ne me compare pas à ce traître, espèce de pauvre folle! S'écria-t-il avec rage et indignation.
Un sourire amusé et presque joyeux se figea sur les lèvres pulpeuses de la sorcière. Théo sentait le sang battre contre ses tempes à chaque battement de son coeur. Il pouvait sentir la peur envenimer son sang, se répandre dans ses veines.
-Définitivement Severus. Conclu Bella avec un immense sourire. T'aurais-t-il appris à clore ton esprit en plus des règles du jeu, Théodore? Lança-t-elle ensuite d'une voix plus basse.
-Je t'interdis de sous-entendre que mon fils soit un traître, Bella! Trancha enfin son père d'une voix grave.
-Tais-toi Adhemar! Siffla-t-elle d'un ton venimeux. Notre cher petit Théo n'est-il pas assez grand pour se défendre tout seul? Susurra-t-elle.
-Je n'ai pas de compte à te rendre, Bella. Lança-t-il d'une voix égale en se tournant vers la porte. Enfin.
-Alors, puisque le Maître nous a confié cette mission à tout les deux, tu ne verra aucune objection à ce que je t'accompagne, n'est-ce pas Théodore?
-Bien sur que non. Répliqua-t-il durement. Dépêches-toi un peu avant qu'il nous punisse pour notre retard! Lança-t-il encore en prenant la porte.
Il pouvait sentir son regard dans son dos, lui brûler la nuque. Aussi doué soit-il avec une baguette, il était loin du niveau de Bellatrix. La femme avait beau être un monstre de sadisme et de férocité, elle était vraiment bonne en duel. Il ne pouvait pas la défier au détour d'un couloir... Il perdrait à coup sur. Sans compter les renforts qui ne manquerait pas d'arriver en nombre.... Mais il ne pouvait pas attendre non plus! La garce l'avait percé à jour, il en était sur! Et elle profitait de son avantage pour le mener proprement à son bourreau.... Elle dévoilerait ses doutes à son Maître avec plaisir, il n'avait aucune illusion sur les intentions de Bella. Elle était, sans aucun doute, la mangemort la plus fidèle....
Le chemin se fit en silence et tout ce que Théo pu entendre pendant un moment, fut les battements sourd de son coeur dans sa poitrine. Ses méninges fonctionnaient à haute vitesse mais aucune solution ne lui semblait clairement la meilleur. Aussi, il décida de tenter sa chance dans une dizaine de mètre.
Ils ne se trouvaient nulle part ailleurs que dans le manoir Malfoy. Celui-ci était devenu le repaire du Lord depuis que le ministère était tombé. C'était sans doute une bonne idée vu le luxe de l'endroit et le peu de chance pour que quelqu'un pense au Manoir des Nobles comme repaire. Le bon point était qu'il connaissait parfaitement le manoir de son meilleur ami. Il fut simplement reconnaissant que le Lord n'ait pas envisagé de changer d'antre après la trahison de Drago et la capture de Lucius.
Aussi, il savait que dans une dizaine de mètre, sur leur gauche, se trouverait une porte. Une porte qui menait sur un petit bureau entièrement clos. Petit bureau dans lequel se trouvait une vieille commode sur un tapis usé et grandement effiloché aux couleurs passées. Tapis sous lequel se situait une trappe qui conduisait directement vers le salon principal. Celui-ci devrait être désert à l'heure qu'il est et même s'il ne l'était pas, Bellatrix n'aura pas le temps de donner l'alerte. Il pourrait aisément sortir par-là.....
Cinq mètres.
Théo respira profondément et tenta de maîtriser son angoisse.
Deux mètres.
Pour une étrange raison, il avait toujours eu un peu peur de Bellatrix. Elle n'était pas saine d'esprit et il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre d'elle et de son esprit tordu.
Un mètre.
D'une main discrète, il se saisit de sa baguette sous sa robe.
-Avada Kedavra! Lança-t-il en se retournant d'un geste rapide et habile.
Le sort rata sa cible, Bellatrix avait roulé sur le côté avec dextérité mais cela lui avait laissé le champ libre et Théo se précipita sur la porte, l'ouvrit et s'y engouffra. Il la referma prestement derrière lui.
-Colla Porta Maxima! Prestego! Héla-t-il et un bouclier s'étendit devant la porte, écoulant une lumière pâle sur le bois ancien.
Il entendit les multiples sorts de Bella frapper contre la porte, en vain, avant qu'elle ne comprenne enfin que cela ne servait à rien. Ses pas s'éloignèrent rapidement dans le couloir mais il ne prit guère plus de temps avant de pousser la commode et de soulever le tapis. Il ne put s'empêcher de souffler de soulagement quand il vit la trappe poussiéreuse. Lestement, il la souleva à son tour révélant ainsi un large percée dans le sol. Sans hésitation, il s'y laissa glisser et parcouru le tunnel sombre en de grandes enjambées.
Au bout de quelques minutes, il arriva devant à une façade en bois. A côté de lui se trouvait un chandelier et Théo savait que la façade coulisserait s'il actionnait le chandelier vers le bas. Mais avant de le faire, il tenta de reprendre maîtrise de sa respiration. Il reconstitua un masque parfait d'insensibilité et respira profondément. Un petit voix en lui ne pu se retenir de crier de joie à l'idée que c'était sans doute la dernière fois que ce masque serait accolé à sa peau. Après quelques secondes, il tira le chandelier vers le bas.
Le mur de bois coulissa laissant entrer dans la galerie une lumière chaude et d'un pas franc, il entra dans la pièce. La chance ne semblait pas vraiment être de son côté puisque quelques hommes se tenaient encore dans le salon, installés négligemment dans les sofas.
Ils le regardèrent étrangement pendant un moment avant de retourner à leur conversation. Théodore était un mangemort renommé, froid et talentueux. Au-dessus de tout soupçons pour la plupart des autres mangemorts.....
-Levez-vous! Dépêchez-vous! Tonna-t-il d'une voix autoritaire.
-Et pourquoi ça? Demanda un des hommes avec arrogance.
-Parce qu'un traître est dans le château et que le maître sera très conciliant avec celui qui l'attrapera.
Théo se joignit au groupe quand il sortit prestement de la pièce. Au bout d'une dizaine de mètre, il bifurqua sur la gauche au lieu de continuer tout droit. Il ne rencontra plus personne par la suite et respira plus tranquillement une fois à l'extérieur. Il suffisait maintenant de passer les barrières anti-transplannage. Elles devaient se situer tout autour du manoir, dans un rayon d'une vingtaine mètres. Il pouvait y arriver! Il y était presque!
-Doloris! Hurla une voix criarde dans son dos.
Il n'eut pas le temps d'esquiver et reçu le rayon dans le dos. Son corps fut immédiatement pris de spasme douloureux. Il s'agitait sur le sol alors que Bellatrix approchait, triomphante, la baguette toujours tendue vers Théo. Il pouvait presque voir son sourire obscène flotter sur ses lèvres alors que ses yeux fous se délectaient de sa souffrance. Elle baissa tout de même sa baguette et il sentit son corps s'affaisser sur le sol, comme désarticuler.
Ses poumons le brûlait à chaque inspiration et tout ses muscles lui criaient leurs protestations. Sa tête tournait et un gout de bile rendait sa bouche pâteuse. Quand il leva les yeux, ce fut pour Bellatrix le regarder avec une folie qui faisait peur à voir. Ses grand yeux bleu semblaient animé d'une flamme de joie immonde et écœurante.
-Tu croyais vraiment t'en sortir si facilement, sale traître?! Cracha-t-elle littéralement en le toisant.
Il ne répondit pas et tenta de se remettre du sort plus que puissant de Bellatrix. Les sorts de douleur de la jeune femme était redoutable pour une raison évidente.... Elle désirait plus que tout la souffrance des autres. Théo s'était souvent demandé ce qui pouvait conduire une personne à ce genre de comportement....
-Diffindo! Lança-t-elle encore et Théo plaqua sa main contre son bras où une entaille profonde s'était formée.
Il ferma les yeux un moment, hésitant entre ne rien faire et résister. Si le choix ne vous paraît pas difficile, il en était tout autrement pour Théo. S'il ne faisait rien, s'il restait juste là à attendre, il retrouverait Pansy. Où? Il ne le savait pas mais qu'importait? Il voulait juste la rejoindre, où qu'elle soit. Et quand il la retrouverait, après l'avoir embrassé à l'en étouffer, l'avoir couvert de baiser, pleurer tout son saoul dans ses bras, l'avoir disputé pour l'avoir laissé, elle lui aurait retourner une gifle magistrale pour avoir laissé tomber....
Il serra fortement sa baguette dans sa main, l'image toujours si nette de Pansy derrière ses paupières closes. Il ne pouvait pas laisser tomber. Abandonner le combat, ce serait rendre inutile sa mort, son sacrifice. Et quand il rouvrit les yeux, le sourire timide de Pansy dansait toujours devant ses rétines.
-Le Maître se fera un plaisir de te monter comment les traîtres sont puni...Ricana-t-elle.
-Je te hais Bellatrix. Lança-t-il simplement en se redressant. Je te hais. Tu es sans doute la pire des créatures que je connaisse.... Lança-t-il.
-Quoi?! Siffla-t-elle sous l'insulte.
-Mais tu sais, reprit-il avec dédain, en fait, tu me fais pitié. Parce que je suis sur que même Rodolphus te maudit.... Avada kedavra! Lança-t-il rapidement.
Bellatrix, prise au dépourvu, l'évita de peu mais elle ne pu esquiver le rayon de stupéfixion qui fonçait droit sur elle. Elle tomba lourdement sur le sol. Théo regarda avec indécision le corps raide sur le sol mais les cris venant du manoir le sortir de ses songes. Il tourna le dos à Bellatrix, couru jusqu'aux limites des barrières et transplanna.
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-Tu leur fait vraiment confiance? Demanda enfin Drago à Harry.
-Oui, Drago, je leur fait confiance. Répéta Harry pour une énième fois, l'air agacé.
-Je ne plaisante pas, Harry! Ils ont fouillés ta chambre! Explosa Drago.
-Quoi?! Coassa Ron en se redressant de son siège.
L'attitude de Ron avait clairement changé depuis qu'il avait appris que Harry était le dernier horcruxe. Il semblait plus calme mais aussi, d'une certaine manière, plus anxieux. Sans doute, comme Drago et Severus, voyait-il la fin de la guerre d'un œil plus sombre. Son changement avait forcément dû être remarqué mais personne n'avait vraiment posé de questions. La colère de Ron vis-à-vis semblait s'être dissipées et tout le monde s'en contentait. Pourtant leur rapport ne semblait pas encore tout à fait redevenu comme avant.... Ron paraissait étrangement mal à l'aise devant Harry.
-Ils n'ont pas vraiment fouillé ma chambre, ils voulaient juste en savoir plus sur les horcruxes....Tempéra Harry.
-Et la différence? Demanda sèchement Fred.
-La différence, c'est que je leur fais confiance. Point. Conclut Harry.
-Bien, siffla Drago, alors ça ne te fera rien si je te dis que Cylan était à deux doigts de plonger tête la première dans ta pensine, n'est-ce pas?
Harry tourna rapidement sa tête vers lui, les sourcils haussés.
-Pourquoi tu ne l'a pas dit avant? Demanda-t-il et Drago haussa les épaules. Tu as tendance à leur confiance aussi. Résuma Harry avec un léger sourire.
-Pas du tout!
-Si, répliqua Harry, et de toute manière, je serai très mal placé pour leur faire la morale....Lança-t-il avec désinvolture.
-Et c'est tout? Cracha Fred. On te dit qu'ils allaient fouiller dans tes souvenirs et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est plaisanter?
-Ce sont mes souvenirs, Fred, et je n'ai rien mis de compromettant dans la pensine. Soupira-t-il.
-Rien de compromettant? Souffla Ron.
-Rien du tout. Juste quelques moments douloureux. Lui répondit Harry calmement.
-Tu leur fais confiance, bien. Lança Drago. Moi, je fais confiance à Aaron et je veux qu'il soit intégré à l'Ordre.
-Cylan, Sam et Léa ne sont pas des anciens mangemorts. Contra Harry, les sourcils froncés.
-Pour ce que l'on en sait.... Siffla Fred.
-C'est vrai, approuva Drago, et je peux soumettre Aaron à la légimencie, si tu préfères. Ou au véritaserum.
-Va pour la légimencie. Opta Harry.
-Et s'il est ok? Demanda Drago, un fin sourire sur les lèvres.
Harry planta son regard dans les orbes orageuses de son ami. Il ne pouvait pas faire autrement que d'accepter. Si son ami prenait le risque de faire confiance à Salaheddine, c'est qu'il le sentait digne de cette confiance. Au nom de quoi, ses pressentiments seraient-ils plus fiables que ceux de ses amis?
-Alors, il pourra entrer dans l'Ordre. Au même titre que Cylan et compagnie...Lui assura-t-il et Drago hocha la tête, satisfait.
Fred grogna pour la forme tout comme Ron qui préféra se taire. Sa conversation avec Harry avait eu tendance à le rendre moins loquace.
-Et donc? Tu leur a dis quoi? Demanda ensuite Fred.
-La vérité. Lui répondit Harry. Pratiquement tout le monde sait ce qu'est un horcruxe, non?
Fred n'eut pas le temps de répondre car les portes claquèrent bruyamment. Severus apparut alors, le visage inquiet et la mine grave. Harry fronça les sourcils devant l'attitude de l'homme et se redressa rapidement.
-Severus? Que se passe-t-il?
-C'est Théodore....Lança-t-il d'une voix étrange.
-Théo? Il va bien? Questionna alors Drago.
-Il est à l'infirmerie. Un doloris et une coupure assez profonde au niveau du bras...Répondit-il négligemment.
-Sa couverture est tombée. Affirma gravement Harry.
-Certes, souffla Severus, mais je pense que c'était vraiment nécessaire.
-Pourquoi? Interrogea Ron, septique.
Prestego: Pres / chose + protego
