Oyez oyez !
Y a encore quelqu'un ici ?
Un milliard d'excuses, je n'ai pas posté depuis juin... Mais entre le taf, les vacances, le chômage, la recherche d'emplois, la famille, les amis, et un petit drame personnel dont j'ai eu du mal à me sortir, me revoilà enfin avec un nouveau chapitre.
J'espère qu'il vous plaira, surtout dites moi ce que vous en pensez, je suis toujours curieuse de savoir si ça sert encore à quelque chose que je publie quoique ce soit...
Et allez faire un tour du côté de mes autres fic aussi, si vous avez du temps à perdre :)
bonne lecture
..XXX..
Chapitre 44 – La mort, le maître absolu
Le lendemain matin, je me réveille aux aurores, comme toujours, et m'étire comme un de ces chats dont je suis allergique et que je n'apprécie pas, faveur réciproque soi dit en passant. Je m'extirpe difficilement des draps de soie en un léger bruissement, sentant toutes les courbatures dans chacun de mes muscles, attrape une jupe blanche et un débardeur saphir, me jaugeant du regard dans le miroir en pied.
Mes cheveux m'arrivent déjà à la moitié du dos, ce qui me donne un air de foutue princesse. Les cheveux des Velanes poussent incroyablement vite, faits pour être longs jusqu'à la chute de rein minimum. Mais depuis la disparition de mon père, je refuse de les avoir aussi longs. Je n'en ai plus besoin pour montrer mon rang comme toutes les petites sang-pur de la haute société. J'opte donc pour une queue de cheval, mettant dans un coin de ma tête le fait que Lily devra me les couper, me donnant un air plus sauvage, moins aristocratique.
Derrière moi, j'entends un mouvement, et à travers le miroir, je vois Sirius se tourner vers mon côté du lit, tapoter en vain le matelas en fronçant des sourcils, grogner dans son sommeil, et se retourner vivement de l'autre côté, le drap entre les jambes, l'enlaçant, en soupirant longuement.
Quand je disais à Lily qu'il piquait toute la couverture.
J'enfile doucement mes ballerines, et m'observe encore un instant. Non pas que je sois amoureuse de mon propre reflet, seulement, je me demande toujours à quoi j'aurai ressemblé, si je n'avais pas été Vélane. Aurai-je été moins attirante ? Aurai-je vécu dans ce si attirant anonymat ? Aurai-je pu vivre ma vie en paix ? Ne pas avoir à faire comme si je me fichais qu'on épie mes moindres faits et gestes ? Se serait-on plus intéressé à l'intérieur qu'à l'extérieur ? Les hommes auraient-ils risqué leur vie pour un regard de ma part, auraient-ils tout fait pour que je les remarque ? Les femmes auraient-elles était jalouses ?
Probablement pas au même degré.
-Putain t'es trop…
Je dévie mon regard vers Sirius, toujours allongé, les mains croisées derrière la tête.
-Quoi ? je demande, un peu trop brutalement à mon goût, mes yeux lançant des éclairs.
-Bonne.
Je soupire en levant les yeux au ciel devant son air appréciateur et son hochement de tête. Charmant et débordant de vérité toute crue, toute nue.
-Ton langage, Black ! je fais mine de m'agacer en me retournant lentement, les bras croisés sur la poitrine.
-Oh ça va, si on ne peut plus être franc entre nous…
-Il y a honnêteté et vulgarité, je m'agace.
-Après ce qu'on a fait cette nuit, je pense qu'on mettre de côté l'enrobage et se dire les choses vraiment, élude-t-il avec un sourire satisfait.
-Parce qu'on a déjà été hypocrites l'un envers l'autre ?
-Non, mais les faux semblants, c'est bien avec les 28 sacrés, précise-t-il avec un clin d'œil.
Je me retourne vivement, et lisse d'un geste de la main le pan de mon vêtement en ignorant obstinément le regard fixe que me lance l'imbécile pas fini qui me sert de fiancé et me retiens de sourire.
-Allez, viens me rejoindre ! râle Sirius en levant les yeux au ciel et en caressant le drap à côté de lui.
Je m'approche sensuellement de lui, pose mes mains de chaque côté de son torse et me penche doucement pour fixer mon visage à quelques centimètres du sien.
-Tu peux toujours courir, abruti
Oui, les effusions ne sont toujours pas mon style, faites vous donc une raison. Cela fait partie de mon charme.
Et, alors que je m'apprête à me redresser pour lui tourner le dos, ses bras enlacent ma taille et me font tomber à la renverse sur lui, avant que nous nous lancions dans une bataille de chatouilles, suivie par une bagarre d'oreillers, conclue par une course poursuite dans la pièce, finissant dans la salle de bain.
C'est malin, je venais de me rhabiller.
Je vois très bien à quoi vous vous attendez, mais je me vois dans l'obligation de nier ce fait. Je dirai juste qu'il a eu la présence d'esprit de penser au fait que tout chez moi était affreusement endolori et qu'il me fallait du temps pour 'guérir', si on peut dire. Non pas que je sois fragile, bien au contraire. D'autant plus que je suis une grande sportive. Mais il faut croire que la première fois, le corps doit subir suffisamment de choses, physiquement, émotionnellement, et qu'il a donc besoin de se remettre de tous ses émois en paix avant de remonter en scelle. Sans mauvais jeu de mots, loin de moi l'idée.
Bon, soit, je concède qu'on s'est embrassé de manière trop soutenue, hardie, emballée et fusionnelle, nous câlinant comme des gamins, mais que puis-je dire ? Si lui dit être dingue de moi, je l'ai dans la peau. Pas beaucoup, mais un petit peu. Loin de moi l'idée de lui faire le plaisir de le lui dire.
Niveau self control, on se pose là. Mais ce répit est grandement apprécié de ma part, mon corps ne le supporterait sûrement pas.
Une douche et un enfilage de vêtements plus tard, nous descendons prendre le petit déjeuner avec nos chers camarades. Je note dans un coin de ma tête que Marlène, qui a dormi la première nuit avec Benjy, n'a pas l'air plus qu'une simple amie, comme avant… Au détail près qu'ils ont l'air de minauder 'discrètement'. Discrètement étant ici énoncé de manière on ne peut plus cynique. Pourvu qu'ils ne nous la fassent pas à rallonge comme dans les livres à l'eau de rose ou Dorcas et Remus, Merlin, je ne pourrai supporter autant de suspens…
Moi qui suis pourtant dans la retenue dans mes relations des plus lointaines aux plus proches, je suis tout de même plus téméraire que ces jeunes là. Comment ça, Sirius m'a couru après pendant 2ans ? Et si vous vous souvenez bien de son comportement, fallait venir avec un traducteur de langage Sirius Black, parce que ça ne sautait pas aux yeux. Surtout après toutes ces années à s'honnir tout sauf cordialement.. Soit, c'était une manière de se cacher la vérité, et alors ? On fait comme on peut, lorsqu'on est des adolescents en fleurs, bien trop fiers pour s'avouer ses premiers émois. C'est plus simple de passer cela pour du mépris. Oui nous sommes tordus, mais c'est ce qui rend notre histoire plus 'épique'. Epique étant ici… Bon, je vous laisse l'interpréter comme vous le voulez.
Autant, passé la 4ème année, il était clair que Potter avait un faible pour Lily, une fois le choc passé, à savoir : comment passe-t-on de la haine à l'amour en quelques secondes à peine ? Au début, on se dit que c'est un nouveau moyen de la rendre chèvre. Et puis, vu son insistance à se prendre râteaux sur insultes saupoudrées d'humiliations, on se dit que bon, ça doit être autre chose qu'un jeu stupide.
Et les jours ont passé, tranquillement, entre les matinées repos, les après-midis révisions, et les soirées entraînements made in Maugrey le taré. Oui, je le hais toujours autant. Savoir que nos futurs aurors devront se le coltiner comme supérieur, ça me donnerait envie, à leur place, de trouver une autre carrière. Mais bon, ils sont têtus. Pourtant, faire partie de la brigade magique, c'est aussi bien. Mais non, aurors. Un truc de gryffondor, j'imagine.
De notre côté, Dorcas et moi-même avons reçu notre lettre de convocation par le chef du département des mystères. Car oui, ce n'est pas vous qui postulez, ce sont eux qui viennent vous chercher. Augustus Rookwood, de la même promotion que Lucius et Narcissa (c'est ainsi que je l'ai connu), a parlé de moi, dossier à l'appui, pour me recommander. J'en ai profité pour lui envoyer une lettre et lui demander de glisser un mot au sujet de Dorcas. Il a donc demandé son dossier au Professeur Chourave et visiblement, son chef a eu l'air emballé. Nous le rencontrons donc après nos examens de juin. Soit en juillet. Soit un mois pour travailler sur une proposition de projet de recherche ou d'expérience. En août, remise de diplômes. En septembre nouvelle vie.
Alors que je me penche sérieusement sur d'étude des moldus, Lily se glisse discrètement près de moi, et me tend une fiole.
-Plait-il ? je fais en arquant un sourcil suspicieux
-Tu n'as rien à me raconter, par hasard ? m'enjoint la rouquine avec un sourire en coin
-Tu as l'air bien au courant, je réplique en un haussement d'épaule.
-Prends ça. A boire une fois par semaine, précise-t-elle devant mon air hagard.
-Qu'est-ce ?
-Ecoute Poussin, à part si tu tiens à fonder une famille avant ta majorité, je t'invite à boire mes potions de contraception. Sans vouloir me vanter, tu n'en trouveras pas de meilleure sur le marché.
La vanité et la suffisance de Potter l'ont contaminée. Ou est-ce la mienne ? Non, ce ne peut-être que le croisement de taupe par la vision et de hérisson par les cheveux, qui ont mauvaise influence sur elle. Forcément !
De mauvaise grâce, je me saisis du flacon et le bois cul sec. Dégueulasse.
-Pourquoi n'as-tu pas donné un goût chocolat pour faire passer ? C'est ta manière de me torturer ?
-Moi, je t'ai tout de suite tout raconter dans les détails, fait remarquer Lily.
-Mary, sors de ce corps ! j'ordonne en reculant dans mon fauteuil, les deux index en croix. Kssssss !
-Ne sois pas dramatique. Alors ? Tu me racontes ?
-Il n'y a rien à raconter, je soupire lasse en fermant temporairement les yeux. C'était magique, t'es contente ? Il fait honneur à sa réputation, je ris en repensant au fan club de ses ex qui se vantent depuis plusieurs années de ses prouesses.
-Mais comment ça s'est fait ? insiste-t-elle.
-Naturellement.
-Ne sois pas pudique Lyssa !
-Bon d'accord, je capitule à contre cœur. C'est moi qui ai fait le premier pas.
-Pour une fois !
-Et je lui ai dit que je l'aimais.
-Mais c'est merveilleux !
-Non, ça ne compte pas, j'étais excitée. Et puis c'était en russe, il a cru que je l'insultais.
-Pourquoi t'as fait ça ? s'effare-t-elle, les yeux ronds comme des souaflle
-J'ai ma fierté à cajoler, je me moque. Comment as-tu su…
-Pour des sang-purs, on aurait pu s'attendre à ce que vous lanciez un sort d'insonorisation. James et moi dormons juste à côté.
Misère, malheur, enfer et damnation. Voilà donc la définition d'un sentiment jamais rencontré personnellement : la honte. Je patauge dedans et ne m'en dépêtre pas.
-Vous parlez de quoi ? s'intéresse Mary en s'installant entre nous.
-Rien qui te concerne, je réplique en fermant sèchement mon manuel, maintenant si vous permettez, j'ai une nouvelle forme de magie à préparer.
Et c'est d'un pas digne que je m'éloigne, tête haute.
Avec Hope, nous avons passé 2heures à lancer des incantation de confinement et de limite, de contre sort, de manipulation. Le but étant de créer des murs invisibles empêchant un individu d'entrer ou de sortir d'un lieu(Otum adnarvet esnavit atim), d'entrer dans un lieu bloqué par un confinement(repo oma dal most),de retourner le sort de limite mis en place(Aven safa sa belise, de la mer), de dresser rapidement et durant une période limité un mur invisible entre deux individu(Kembe Po Transi),de détruire les barrières créées par les sorts de limite (Sanguinata Venet a Superem),et le meilleur pour la finle plus puissant contre sort de limite connu (Destruccive glas stav enfala).
Fatiguée, rincée, épuisée, je dois encore faire face aux tests de Maugrey.
Les jours passent, se suivent, et s'enchaînent, se ressemblant, nous enchaînant à une certaine monotonie.
Enfin, le jour de mon anniversaire arrive. Sirius se lance alors dans une discussion que j'aurai préféré évité après m'être envoyé en l'air dans la cabine de douche, son torse pressé contre mon dos, et nos corps se lançant alors dans le même rythme quelque peu sauvage nous menant une fois de plus au Nirvana. L'avantage étant que nous sortions propre : quel gain de temps. Initiative lancée par une première gâterie qui m'incitera à penser que décidément, quand je fais quelque chose, je le fais bien. De là à dire que je suis la meilleure, il n'y a qu'un pas, mais que voulez-vous, les Vélanes ont ça dans le sang.
Revenons-en au sujet de conversation, la conclusion sera qu'il ne faut pas trop en demander à quelqu'un qui n'a aucune diplomatie. Ou alors, je peux changer de petit ami, à défaut de changer de fiancé.
- Je sais pourquoi mes parents ont conclu cette union, ou du moins, je le comprends. Tu es issue de la plus grande famille de sorciers d'Europe de l'Est, un moyen de se hisser dans des sphères toujours plus hautes de la société sorcière et d'asseoir sa puissance, de se faire connaître davantage à l'étranger. Tenter de me faire revenir dans leur camp. Mais ton père, qu'y gagnait-il ? demande-t-il l'air de rien alors que je sèche mes cheveux dans une serviette tiède.
-Hé bien… Déjà, je suis Vélane. Tu savais que si a 21 ans, une Vélane n'a toujours pas de compagnon, elle se laisse mourir, ou met un terme à sa vie ?
-Non… m'avoue-t-il en secouant la tête.
-C'était peut-être également un moyen de s'incruster définitivement en Grande Bretagne : une pierre, deux coups, si on peut dire, j'ajoute en le regardant à travers le miroir de la salle de bain, tandis qu'il entreprend de s'habiller.
-Possible.
-Ou alors… Savais-tu que mes dons de voyance sont héréditaires chez les Grindelwald ? Alors, peut-être a-t-il eu une vision, et a-t-il décidé de donner un coup de pouce au destin.
-Peut-être.
-Et puis, a qui d'autre m'aurait-il refilé qui soit digne de son héritière, sa fille chérie ? Pas à un second né comme Rab. Pas à un garçon violent comme Evan. Donc, parmi les familles les plus puissantes, il ne restait que toi.
-Et tu vas accepter tout ça, sans rechigner ? T'étais la plus dévouée à la cause de la rupture du contrat, observe-t-il en m'enlaçant, le menton posé sur mon épaule.
-Si on doit se marier, je préférerai que ça vienne de nous, pas de nos parents, j'avoue en entourant ses bras des miens. Mais nous n'avons pas vraiment le choix.
Je laisse un silence planer.
-Tu nous vois marié ?
-J'ai toujours été contre, m'avoue-t-il en se redressant alors que je me tourne vers lui, poings sur les hanches.
-Pareil de mon côté.
-Mais pas le choix.
-Pas le choix, je soupire tristement.
Une fois en bas, les autres m'accueillent avec joie et à bras ouverts, en sautillant, criant, riant, sifflant, et me voilà avec le plus merveilleux petit déjeuner d'anniversaire.
Mes amis se sont cotisés pour m'offrir une montre hors de prix, au cadran fin et ouvragé d'or blanc, au bracelet en cuir noir fin, aux chiffres romain et aux aiguilles bleu saphir.
Hope m'offre le plus beau cadeau : un Augurey. Apparemment, une tradition chez les Bjornson.
-Je vais l'appeler Fumseck, j'annonce en caressant l'oiseau juché sur mon épaule.
-C'est pas le nom du phénix de Dumbledore ? s'étonne Potter en fronçant sévèrement des sourcils
-Oui, et il a une rude concurrence. Du coup, je vais appeler mon augurey Junior, pour ne pas prêter à confusion, je conclue fièrement.
Y en a marre quoi ! Toujours à préférer phénix. Les augurey sont mal vus à cause de stupides sorciers, tout comme les Sinistros ou les sombrals. Les augurey souffrent de la réputation des phénix. Pourtant, les phénix sont gros, là où l'augurey est élancé. Et leur rouge et jaune et criard, alors que le vert de l'augurey est beau. Qui échangerait des yeux couleur grenat alors qu'on peut avoir ceux de Lily ? Et puis, le chant mélancolique de l'Augurey vaut les piaillements du phénix, ne nous faisons pas d'illusions. Et puis, la sociabilité des phénix est trop exacerbée pour être vraie. L'augurey est authentique. Pas asocial. Il faut arrêter les amalgames.
C'est comme dire que tous les Serpentards finiront Mangemort mais qu'aucun Mangemort sort d'autres maisons. C'est d'un tel cliché.
Je suis fatiguée de ce monde.
Joie, bonne humeur, fous rires, blagues, tendresse, affection. La plénitude de l'amitié et l'amour est au rendez-vous. Ces instants fugaces sont fortement appréciés.
Nous sommes samedi. Lundi, nous rentrons à Poudlard. La vie continuera.
Nous entreprenons donc nos révisions, et avec Lily, nous nous éclipsons pour préparer le rituel.
J'embarque donc la rouquine avec moi, vers le sous sol de la maison de vacances de mon père, et nous voilà dans une pièce garnie d'une piscine chauffée, fort heureusement pour moi. Nous disposons diverses bougies autour de l'étendue d'eau, et je m'allonge dans l'eau, en position de planche. Lily me stabilise dans cette position, après que j'ai bu le poison qu'elle m'a préparée, suivant l'incantation lancée au poison "A verte insiguinae, a tor a ver".
Je ferme les yeux, les mains jointes au niveau de mon cœur et entame l'incantation, plusieurs fois de suite.
« Nemo animabus, genum, et sanguinem de ista puella. Sanies venetu. Facit hoc corpus sanus. Sanctificare genem de ista involucrum. Nemo animabus, genum, et sanguinem de ista puella. Sanies venetu. Facit hoc corpus sanus. Sanctificare genem de ista involucrum. Nemo animabus, genum, et sanguinem de ista puella. Sanies venetu. Facit hoc corpus sanus. Sanctificare genem de ista involucrum. Nemo animabus, genum, et sanguinem de ista puella. Sanies venetu. Facit hoc corpus sanus. Sanctificare genem de ista involucrum. Nemo animabus, genum, et sanguinem de ista puella. Sanies venetu. Facit hoc corpus sanus. Sanctificare genem de ista involucrum. Nemo animabus, genum, et sanguinem de ista puella. Sanies venetu. Facit hoc corpus sanus. Sanctificare genem de ista involucrum. »
Un vent souffle à travers la salle, éteignant les bougies. Je sens Lily frémir près de moi, baguette à la main, un remède dans la jumelle. Je sens son regard me brûler la peau. Elle est inquiète. Elle a peur, je peux le sentir. Et elle a tort.
J'ouvre subitement les yeux et d'un geste élégant du poignet, Lily me permet de retourner sur mes pieds et de sortir de l'eau. Un sort de séchage plus tard, nous remballons tout notre attirail.
-Tu crois que ça a marché ?
-Nous verrons ce soir, je soupire, mais si le vent s'est levé, j'imagine que c'est pour une raison.
-Tu n'as rien senti ?
-J'étais trop occupée à sentir mon corps trempé.
C'est en silence que Lily rejoint les autres tandis que je me lance dans l'apprentissage des incantations de possession, de contre sort, de brouillage, de restauration, de verrouillage, et d'exorcisme. Le but étant de purifier un corps, de posséder une tierce personne, de renvoyer un esprit dans un corps, de protéger un corps, de brouiller un transfert d'esprit, de renvoyer un esprit parasite, de bloquer un esprit dans un corps ou d'extraire un esprit. Notons que la magie fondamentale offre des possibilités que la magie des sorciers n'a pas. Et j'ai hâte de travailler au département des mystères pour traduire mes incantations familiales ancestrales en enchantements à baguette.
Le soir même, après une énième formation de Maugrey au duel où nous avons brillé, enfin, nous pouvons dîner. Un silence de mort se fait, quasi religieux, on n'entend que le bruit des couverts qui raclent la vaisselle. Certains regards angoissés sont lancés, mais je les ignore superbement. A mes côtés, Sirius a l'air particulièrement maussade, réduisant ses légumes en bouillie de la main droite, sa main gauche faisant de régulières pressions inconscientes sur ma cuisse.
Il est 20h. Et leurs regards en coin sont clairs, ils appréhendent. Mais je reste confiante. Ça ne me tombera pas dessus. Lily était avec moi
-Elle est passé où, ta cousine ? lance nonchalamment Caradoc, qui, comme vous vous en souvenez, ne supporte pas le silence.
J'hausse des épaules sans prendre la peine de répondre. Où est-elle partie ? Probablement se dégourdir les pattes ou chasser pour se nourrir à la source. Bien que les vampires préfèrent vandaliser et voler les banques de sang et les réserves des hôpitaux, il n'y a rien de mieux que de se nourrir à la source une fois qu'on arrive à se contrôler, à s'arrêter avant de tarir la dite source.
Ce n'est clairement pas une vie pour moi.
Les secondes s'enchaînent, les minutes coulent, les heures ne désirent pas passer. Je suis née à 23H, et l'heure est proche. J'ai confiance en Lily et moi, en notre magie, en nos connaissances, mais si ça avait échoué ? Où est Hope ? Vais-je rester seule si cela doit arriver ? Tu parles d'un soutien.
23Heures sonnent à la pendule.
Un cri de douleur s'échappe de ma gorge et je m'effondre au sol, à genoux, recroquevillée. Ma peau me brûle comme soumise à un bûcher. Ce serait un sortilège de Feudeymon, ce serait pareil. Je sens mon épiderme se détruire de lui même, suivi de mes muscles et de mes os qui craquent, se tordent, comme s'ils fondaient, le peu de graisse dans mon corps combuste, et ma frêle silhouette est secouée de tremblements, convulsée. Douleurs immédiates et intenses, mon système nerveux et ma respiration se figent.
Simultanément, je sens mon cerveau souffrir d'affliction perpétuelle, comme une multitudes d'anévrisme en mode 'repeat'. J'ai mal à la tête, je me sens confuse, désorientée. Ça ne s'arrête pas, et je me prends la tête dans mes mains en hurlant. Mais est-ce vraiment ma voix ?
J'ouvre de nouveau la bouche pour pousser un cri, mais rien ne vient. Je tousse, mes poumons s'y mettent, des râles s'échappent de ma gorge. J'ai froid, comme une hypothermie, je suis épuisée, angoissée. Je me sens somnolente, mais impossible que cela s'arrête. La tachycardie s'empare de mon cœur que je sens pulser dans mes oreilles. Mes lèvres et mes extrémités sont cyanosées. Je régurgite, je vomis. Mon poul se fait très filant, trop faible, ma tension artérielle est imprenable, l'arrêt circulatoire se fait complet. La réplétion gastrique est incommensurable. Je panique, je suis essoufflée.
Je frissonne, me crispe, me tend, me tord, et hurle sans entendre le moindre son autour de moi. Je me révulse, je papillonne des paupières, je sens chaque artère, veine, muscle, cellule, atome, parcelle de mon être brûler atrocement. J'étouffe, j'ai le souffle court, mon cœur semble s'arrache de ma poitrine, je suis tendue de nouveau, je frémis, je ressens l'oppression, la froid polaire en moi. Ma vision n'est pas nette. J'ai diverses tâches du bleu, violet, marron, noir, vert partout sur ma peau. Tout picote sous ma peau, je suis tiraillée de toute part, comme si on m'écartelait. Je me courbe dans tous les sens, les spasmes sont inarrêtables, je me sens engourdie.
Mes organes gonflent, explosent, puis se régénèrent pour recommencer. Je sens comme si on m'écorchait vive, comme si à l'intérieur, toute membrane était sectionnée. Je ressens des morsures, mon cœur qui se comprime, ralentit, frisant l'arrêt puis repartir de plus belle, cherchant à s'échapper. Je sens la fissure, la rupture dans mes poumons, le craquellement de chaque os. Je ne suis que lambeaux, fracture. La souffrance et ardue, Jj me sens comme démente, je perds tout contact avec la réalité. Je suis impuissante, oppressée, prisonnière de mon propre corps, enfermée dans la folie. Je craque de partout. J'hallucine totalement. J'entends des voix stridentes crier dans mes oreilles que je tente de boucher en me fracassant la tête contre le sol, tandis que mon cerveau martelle mon crâne pour s'enfuir.
L'affliction me transperce de partout, je suis en détresse, mes tourments sont interminables. La douleur est intense, je vois des éclairs lumineux, des lignes de couleurs vives, ma vue se décuple, puis je perds la vision, mon visage est engourdi, je me sens faible, comme paralysée, et pourtant je suis raide, sensible au moindre bruit, la moindre lumière, la moindre odeur. Les élancements sont lancinants, je vomis, je vois des points noirs, subis des sueurs. Tout en moi est irrité. Je me sens flageoler, ma respiration se bloque. Tout est trop intense, virulent.
L'agonie est intenable. Brisée, cassée, fracassée, abîmée, vide, détruite. Quand cela va-t-il s'arrêter ?
oOoOo
Hope apparaît au seuil du salon. Dehors, la pluie se fait battante, violente, et lorsqu'elle ouvre d'un geste de main furieux la porte fenêtre, un orage se déclare. Sa silhouette a alors l'air d'une apparition inquiétante se découpant de la pénombre extérieure. Un rictus au coin des lèvres apparaît. C'est le moment.
D'un geste du point circulaire vers sa jeune cousine, elle lui romp la nuque, mettant fin au calvaire. Ces sales sorciers imbus d'eux-mêmes, suffisants, n'ont-ils donc rien écouté de son cours ? Ce n'est pas faute de les avoir préparés, prévenus, même ! Mais non, ils se croient supérieurs, en particulier ces sales petits sangs-purs insolents.
Les amis de la jeune trybride entourent le corps inerte de la jeune fille, ne semblant pas comprendre. Hope se racle la gorge, les faisant se tourner vers elle, le regard plein de questions.
-Tu l'as tuée !
Le rugissement colérique de Sirius Black. Satisfaite de son effet, accoudée à la chambranle, Hope croise les bras au niveau de son ventre plat et ferme, un sourire goguenard et une lueur moqueuse dans le regard.
-N'avez-vous donc pas retenu un traître mot de mon cours ? raille la blonde aux yeux topaze. Vous n'avez aucune idée du tourment infligé par l'activation du gêne. Je n'ai fait qu'arrêter son supplice. Inutile qu'elle subisse plus de tourments qu'elle n'en a besoin.
L'amertume dans le regard anthracite du sorcier lui confère un énorme plaisir. La répugnance des garçons, l'abattement des filles... Ont-ils vraiment pensé que cela pouvait être empêché ? Bien sûr, Hope avait entendu les projets de sa cadette et de la rouquine. Un projet fort ambitieux. Quel dommage que Hope ai piraté leur rite. Non pas que cela ait pu marcher. A vrai dire, elles auraient pu tuer Alisa. Et après tout ce qui avait été mis en place pour sa survie jusqu'à ses 17 ans, elle ne pouvait l'accepter. Elle-même avait déclenché la malédiction du loup en sauvant la jeune russe pendant leur enfance. Alors, certes, elle contrôlait désormais ses mutations et l'affliction des transformations était désormais inexistante.
Oui, mais jusqu'à ses 17ans, elle avait dû endurer chaque pleine lune comme n'importe quel loup, chaque déchirement, chaque blessure, chaque élancement, chaque épreuve. Tous les muscles, articulations, organes… en proie à l'horreur … Oui, jusqu'à ce que son gêne ne s'active, lui permettant, à l'image de sa mère, de maîtriser les transmutations, jusqu'à ne plus rien ressentir. Une adolescence gâchée, vraiment. Et ce n'était pas faute, de la part de ses parents, de ses oncles et tantes, de tout faire pour la protéger, pour lui éviter cela. Oui, mais si elle n'avait pas agis… Alisa serait morte.
N'avait-elle pas vécu 5 ans dans la cabane, au fond des bois inhérents à la demeure irlandaise de son oncle, protégée par la magie, afin que sa cousine profite du sacrifice de sa mère ? Il lui fallait un endroit qu'elle considère comme chez elle. Un endroit où vivait le sang de sa mère. Celui des Bjornson. Entourée de ses parents et de l'un de ses oncles, à vivre en reclus. Pourquoi n'étaient-ils pas venus chez eux, en Norvège ? Protégés ? Mais non, Alisa devait apprendre à se servir de sa baguette. Dumbledore avait tranché. Puis, Alisa était allée à Poudlard, et les Bjornson vivant dans le bayou à la limite du terrain Irlandais des désormais Graves, n'y résidaient que durant les vacances. Et cet été là… Ils avaient ignoré le risque, sous estimé l'adversaire. Ce mage noir étaie rusé, déterminé, et les Bjornson n'étant pas encore de retour, l'hériter de Gellert Grindelwald fut piégé, kidnappé, torturé, tué. Un exemple. Cela aussi, il ne fallait pas que Alisa le sache.
Un sacrifice de plus, la malédiction des Bjornson: quiconque s'approche de cette famille sera damné, voilà la triste vérité.
Si Hope était l'espoir des Bjornson, Alisa en était la sauveuse, et rien ne devait se mettre en travers de son destin, et certainement pas une bande de mortels, même doués de dons.
Alisa, impétueuse, débridée, hardie, torrentueuse, turbulente, endiablée, tourbillonnantes, tumultueuse, vertigineuse, déchaînée, frénétique, bouillonnante, explosive, désobéissante. Là où ses sœurs étaient les enfants modèles, conciliantes, suaves, harmonieuses, douces, calmes, satinées, chantantes, charmantes, exquises, moelleuses, soyeuses, amènes, douillettes, délicates, fragiles, enjôleuses, cajoleuses. Là où son frère était plus craintif, discipliné, flexible, passif, docile, souple, pliant, assujetti, maniable, malléable. Des enfants dans un moule royal, destinés à courber l'échine jusqu'à ce que le gêne se déclenche, leur assurant l'éternité, leur permettant d'enfin s'épanouir. Alisa avait fait fi de tout cela. Sa nature était tout autre. Mais surtout, Alisa, elle, était toujours là, égoïste, ne pensant qu'à elle, ignorant le mot conséquence. Différente. Unique. Emportée, animée, emballée, hardie, exubérante, hyperactive, impatiente, effervescente, aventureuse, imprudente, inconsidérée, négligente, entreprenante, irréfléchie. L'aventure. Le feu. Intrépide. Nature de Vélane.
Alors certes, elle avait appris à montrer un masque de glace imperturbable lorsque cela était nécessaire, à être aussi impassible qu'une statue de marbre, implacable telle une peinture au moment opportun. En public, face aux inconnus, inflexible, flegmatique. Comme son éducation sorcière de sang pur le voulait, l'imposait. Mais une fois seule, une fois loin des regards, c'est l'agressivité, l'agitation, l'excès, l'intensité, la fureur, la révolte, les sévices de la vampire qui faisaient place.
Indomptable, Alisa.
Ignorant avec superbe la bande à baguettes, comme elle aimait à se moquer d'eux, Hope s'agenouille auprès de la belle endormie, place un bras dans son dos, l'autre sous des genoux, et la porte jusqu'à la chambre de sa tante et de son oncle. Là, un cercueil attend l'héritière de la dynastie Grindelwald.
A présent, il fallait attendre. Attendre qu'elle se réveille. Et il faudrait lui apprendre, comme Hope l'avait fait avant elle. Couvant sa jeune cousine du regard, déplaçant une mèche de cheveux d'or blanc barrant son visage, Hope ne peut que ressentir une foule d'émotions pour la téméraire sorcière.
Bien sûr, elle entrerait dans une rage incommensurable si elle le savait. Mais comment pourrait-elle le savoir ? Il fallait qu'elle s'y fasse. Le plus simple serait que son entourage sorcier ne la repousse. Mais il semblerait qu'Alisa ait trouvé le moyen de s'entourer de personnes… tolérantes.
Il n'avait pas été prévu que la jeune femme s'attache aux autres humains. Ni que des humains s'attachent à elle. La nature même des Vélanes l'empêchait. Pourtant, il faudrait qu'elle passe à autre chose. Elle n'avait pas vraiment sa place dans ce monde. Peu importe qu'elle soit en partie des leurs. Son rôle ne lui donnait aucune porte de sortie.
Si les sorciers avaient de tout temps eut un faible pour les Vélanes, pauvres être déficients et impuissants qu'ils étaient, s'ils vouaient avanie et répulsion pour les loups garous, ils redoutaient et se défiaient des vampires. Êtres humanoïdes, doués de conscience, capable de censure et d'emprise sur leurs propensions et dispositions les plus brutales et sauvages. Mais également apte à la sauvagerie, la monstruosité, l'insensibilité. Oui, c'était bien le sadisme, la perversion, la malfaisance, la tyrannie des vampires qu'appréhendaient les sorciers. Mais une guerre sanglante leur avait fait passer l'envie de vouloir asseoir une pseudo supériorité sur eux, comme ils ont pu le faire avec les loups.
Et les Accords avaient été signés, instaurant la paix. Plus de tueurs de vampires, et ceux-ci ne tueraient plus d'humains. Chacun à sa place. Paix quelque peu mise à mal par l'attaque contre sa tante, Freya Bjornson. Impossible bien sûr, de punir tout un peuple pour les exactions d'un individu. Même les plus revanchards des vampires ne pouvaient le faire. Tom Jedusor paierait, bien sûr, tôt ou tard… Dans l'ombre, les Bjornson aideraient à sa perte. Garder ses ennemis près….
Mais grâce à Alisa, la première née de la première génération de vampires du monde reviendrait les guider. Les castes royales étaient incapables de se mettre d'accord sans les Bjornson, et maintenir une entente était une lutte perpétuelle pour ses oncles et son père.
Alors, l'intuition de Hope lui disait que ce qui était à venir ne serait pas simple, loin de là. De nombreuses embuches étaient promises sur la route. Et elle s'installa dans le fauteuil, les bras croisés devant elle à attendre le réveil de la jeune trybride.
oOoOo
Les rayons du soleil me brûlent la rétine à travers mes paupières, la peau. Le bourdonnement dans mes oreilles ne me dit rien qui vaille. Tout est flou, imprécis, nébuleux même. Je suis confuse. Tous les sons, je les entends sans parvenir à les dissocier les uns des autres, ils sont… indéfinis, incertains, imprécis.
J'ouvre difficilement les yeux, réalisant qu'enfin, je me souviens. De tout. Du moindre détail depuis ma naissance jusqu'à ce jour. Et si je me souviens…
Je me redresse pour faire face au visage neutre de Hope qui me lance négligemment une poche de sang. L'odeur est enivrante et m'appelle… La faim me tiraille les entrailles, mais non. Je refuse, tout simplement. Je repousse la poche.
-Il faut que tu boives.
Implacable, Hope se lève, récupère la poche et me la tend. Je nie de la tête. Elle peut toujours courir. Elle ne peut pas me forcer. J'ai encore mon libre arbitre.
-Être têtu à 6 ans, c'est charmant, mais à ton âge, c'est désolant.
La poche de nouveau entre ses mains, Hope empoigne une mèche de cheveux à l'arrière de mon crâne et fait basculer mon visage. Malgré moi, ma bouche s'ouvre et le place le bout de plastique dans ma bouche. C'est avec horreur, que je me rends compte, trop tard, que mes crocs sont sortis, ne résistant pas à l'appel du sang.
Je ne voulais pas mourir, mais j'aurai préféré rester morte.
Voilà, je suis officiellement un vampire.
Hope lâche ma tignasse et me laisse tenir la poche désormais vide que je balance avec force contre le mur. J'enjambe souplement le cercueil, l'œil mauvais. Un cercueil, vraiment ? Tu parles d'un cliché digne des contes pour enfants. Elle m'a piégée, cette garce.
-Tu m'en veux pour l'instant, mais tu me remercieras. Tu aurais souffert pendant des heures si tu ne t'étais pas nourrie,m'informe Hope. Toutes ces sensations, ces émotions, ce brouillard, l'enveloppe brumeuse… Tu aurais fini par craquer. Et il y a un régiment de nourriture, en bas,ajoute-t-elle avec un sourire en coin.
-Bien sûr, tu as fait ça pour moi,je raille avec humeur.
-Crois ce que tu veux, Lyssa.
-Nous savons toutes les deux qu'un Bjornson ne fait que ce qui est bon pour les Bjornson, je réplique de manière intransigeante.
-Un Bjornson fait surtout tous les sacrifices pour garder en vie le clan Bjornson, répond Hope d'un ton doucereux qui ne me plaît guère.
Bien sûr, « Pour Toujours et à Jamais », le mantra de ma famille maternelle. Mais est-ce vraiment pire que celui des Grindelwald « Pour le Plus Grand Bien » ?
Mais quelle est la justice ? Les vies si fragiles, c'est ce qui rend la vie si magnifique, qui fait qu'on en profite. En tant qu'immortels, qu'y a-t-il de merveilleux à fouler cette planète, éternellement ? La mort, voilà ce qui est beau.
Comment, de quelle manière, qui a bien pu laisser les héritiers de deux familles aussi affreuses s'unir et procréer ? Finalement, je crois que je préférai quand je n'étais qu'une petite Sang-Pure parmi tant d'autres, à cela près qu'elle était à moitié Vélane. Mais Vampire. LA famille originelle. Mon grand père étant le premier vampire de l'histoire, apparu avant la caste royale. Mes oncles et tantes, sanguinaires, dignes héritiers sans reproches. Et Hope et moi, victimes collatérales de notre terrible ascendance.
Oh, je ne suis pas naïve, ni idiote ! Je sais bien, que je ne peux pas me contenter de poches de sang volées dans des hôpitaux moldus, de couper la soif de sang par l'alcool et les saveurs de la nourriture humaine. Non, il va me falloir apprendre à me contenir pour planter mes crocs sans vider, éventrer mes victimes.
Victime, est-ce donc ce que je suis ? Victime d'une naissance non désirée ?
Je n'aurai pas d'enfant. Je n'imposerai pas cette vie à des êtres qui n'ont rien demandé, ce serait trop égoïse.
Comme j'envie le trépas prématuré de ma fratrie, à présent !
Non. Non, non, non, non, non. Merlin s'est bien amusé, mais je peux me retenir dans mes instincts, me brider les pulsions, me contraindre à ne pas abuser de ma force, mes sens, l'hypnose, la guérison, avoir la mains sur toutes les émotions, sensations. Décider de ma vie, de comment je veux la vivre.
L'enseignement de Hope me sera bénéfique. J'ai des alliés autour de moi, qui ne me lâcheront pas. Du moins, je l'espère. Ma cuirasse, ma carapace, c'est cela qui me préservera des abysses des Ténèbres. J'ai vu la fratrie de ma mère fléchir mais ne pas rompre du poids de leur décision. Mais je suis à moitié humaine. Je peux être meilleure qu'eux, n'en déplaise à Hope. Elle n'aura été qu'une esquisse, et je prouverai que je peux exceller sur le chemin presque humain qu'elle a pris.
Sans un mot, Hope me tend le grimoire de notre grand-mère. Projection astrale. Une incantation qui va nous permettre de projeter notre corps à l'endroit voulu sans se déplacer physiquement. Destination : Rennes, quartier mal famé, là où, en cas de dérapage, un mort ne serait pas étonnant.
Est-ce donc ça, ma vie, désormais ?
-Apparaître, apparabis. Apparaître, apparabis. Apparaître, apparabis. Apparaître, apparabis. Apparaître, apparabis. Apparaître, apparabis. Apparaître, apparabis.
Nous entamons en cœur, un souffle de vent se fait et en une nuée de poussière brillante et aveuglante, nos esprits sont projetés. Nos corps sont désormais présents dans la résidence secondaire du paternel, inanimés, mais également ici, mouvants, à Rennes. Rennes.
Un bar mal famé, des ivrognes, des SDF, rien qui ne manquera à personne.
Faire du charme au serveur, se faire remarquer par les piliers de comptoir. Une victime, titubante. L'attirer dans la ruelle déserte, puante, sale. La crasse et le sang.
L'hypnotiser. Tu ne crieras pas, et quand tu partiras, tu oublieras. Simple, efficace. Facile.
Planter ses crocs dans la jugulaire. L'odeur du sang, le goût du sang, la vie qui s'échappe, les battements de cœur qui de panique, ralentissent.
S'arrêter, avant qu'il ne soit trop tard. Se faire violence, pour se détacher. Volonté sur instinct. Le guérir, avec mon propre sang. Voilà ce que je suis, une arme, une lame à double tranchant : vivante mais morte, qui tue mais qui peut sauver.
C'est donc un paradoxe. Triste, effroyable, sanguinaire, ironique.
Nouvelle nuée d'étoiles. Enveloppées, nous disparaissons. Renvoyées à nos corps.
Hope est fière, satisfaite. Je me sens vide, meurtrie. Qui suis-je, que suis-je ? Un monstre, juste humain. Mélancolie d'une vie gâchée.
- Tu sais, tu ne peux pas t'imposer dans la vie de tes … amis. Si tu ne veux pas qu'ils souffrent, qu'ils subissent la malédiction Bjornson, tu devras les laisser.
Un rictus méprisant étire mes lèvres. Je l'exècre en cet instant, mais au plus profond de moi, je sais qu'elle a raison. Je devrais partir.
Je m'assois à mon bureau et écris à Igor et Antonin. Qu'ils viennent me chercher à la sortie du Poudlard Express. Langue de Plomb, cela existe en Russie également. Je dois me détourner, partir, fuir. Mais je peux profiter des quelques mois qui restent en Grande Bretagne.
-J'irai en Russie.
Annonce décidée, inébranlable, et le regard vampirique, la lueur du garou s'allume dans les prunelles de Hope. Typique des Bjornson, qui n'aiment pas que l'on contrecarre leurs projets. Pour elle, le choix obligatoire était la Suède. Mais pas encore. La viking qui est en moi attendra. Ce sont les slaves, ces Amazones, qui m'accueilleront, pour l'instant.
Je me reprends. Je dois faire bonne figure, pour que personne ne se doute de quoique ce soit. Mes amis m'empêcheraient, me convaincraient. Céderai-je ? possible. Irrémédiablement. Je ne veux pas, je ne dois pas. Il faut penser à eux. Ils s'y feront. Les hypnotiser ? Ce serait égoïste. Et trop facile. Le vrai égoïsme est que je ne veux pas qu'ils m'oublient. Je fuirai, voilà. A quoi bon reprocher la lâcheté des autres, quand je ne fais pas mieux moi-même ? Ironie du Gryffondor mal placé.
Ils s'y feront, passeront à autre chose. Je viendrai à l'occasion, rendre visite à Lily, la seule dont je ne puisse me détacher. Sirius trouvera quelqu'un d'autre. Et le contrat ? Je suis morte, on ne peut épouser un cadavre. Mon cœur se serre. Le vrai amour, n'est-il pas d'accepter de laisser l'autre, être heureux, loin de soi ? Si, bien sûr. Je ne veux pas qu'il meurt, comme les amours déçus des membres de ma famille. Il vaut mieux qu'il vive, loin de moi. Il s'y fera. Moi, en revanche…
- Comment as-tu fait ?
-Quoi donc ? demande Hope, sur le pas de la porte
-Survire, sans compagnon ?
Elle se retourne, et me regarde avec un sourire.
-Mais j'en ai un, figure toi. Et il me tarde de quitter ce pays et ce monde sans saveur, pour le retrouver.
J'acquiesce. Elle sacrifie beaucoup pour moi. A-t-elle réellement le choix ? Puis-je être encore cette éternelle gamine sauvage, égoïste, animale, bestiale ? Je ne crois pas…
Donc, il me faudra trouver quelqu'un d'autre. 4 ans, ce doit être suffisant. Mais peut-on passer de l'Amour de sa vie à un Amour de substitution. L'amour, l'amour, l'amour. A quoi ça sert ? A rien du tout… Mais je n'ai pas le choix.
Actrice, voilà ce que je vais être, pour les 3 mois qu'il me reste.
Alors, Hope s'enfuit sous sa forme de louve. Besoin de se dégourdir les pattes, j'imagine.
Je descends, rejoindre mes amis. Amis.
Peut-on avoir des amis, lorsqu'on s'appelle Grindelwald ? A-t-on des amis, lorsqu'on a du sang de Bjornson qui court ses veines ?
Je secoue la tête, m'arme de mon visage le plus jovial, et ouvre les portes du salon.
Tous ont tourné leur regard vers moi, pleins d'interrogations.
Lily se lève du château de carte qu'elle élève avec Remus et Peter. Elle s'arrête, son visage à quelques millimètres de moi, me sondant du regard. Je lui souris. Son regard pétille.
Brave petite menteuse.
Sirius, resté en arrière, s'est levé, ne sachant visiblement pas quelle posture adopter. Sous sa nonchalance élégante, sa désinvolture pleine de grâce, propre à lui-même, petit prince renié, je lui offre un sourire réconfortant. Il me répond d'un sourire enjôleur et ouvre les bras, invitation muette à un peu de tendresse et de douceur. Spontanément, et sans même réfléchir, je laisse tomber la barrières et vais m'engouffrer dans ce câlin salvateur. Nul besoin de craindre quoique ce soit. Il est là, pour l'instant, et je dois en profiter, tant que je le peux. Le voir, le regarder, l'entendre, l'écouter, le goûter, le boire, le sentir, le toucher, le dévorer, m'étouffer de lui, avant de partir, avant de tous les quitter.
Petite parenthèse paradisiaque dans ce monde de guerre, à feu et à sang.
L'Amour, l'Amitié, nous n'y avons pas le droit. La Famille passe avant tout, 'Pour Toujours et A Jamais'.
Foutue malédiction. Moi qui ai rêvé ces 11 dernières années d'avoir une famille, je me rends désormais compte que cette dernière me consumera, et que je perds celle qui compte vraiment, celle que je me suis construite.
Princesse d'un royaume dévastateur.
-On dit que l'Amour dur pour toujours. C'est de ton 'pour toujours', que j'ai besoin. S'il te plaît, reste. Je ne peux pas te promettre que ne soit détruit. Mais je te promets de ne jamais partir. S'il te plaît… Reste avec moi, pour toujours.
Je lève doucement la tête. Front contre front, yeux plissés, bout du nez qui frôle, enlacés dans les bras l'un de l'autre. Sirius, mon beau, mon merveilleux Sirius, mon étoile, lumineuse, nébuleuse. Désolée de te décevoir, mais 'Pour Toujours', c'est du Bjornson. Désolée de te mentir, désolée de jouer avec toi, désolée pour tout ça, mon cher, mon tendre amour, mais je ne peux. Tu ne peux pas le comprendre, bien sûr, à peine sortis de l'adolescence que nous sommes, mais c'est pour ton bien.
Et pourtant j'acquiesce, et l'embrasse tendrement, en signe d'assentiment. C'est traître, et lâche, mais c'est comme ça. Un Bjornson, ça ne pense qu'à lui, ça ne pense qu'à un Bjornson. Et pourtant, ma décision, cette décision, sera la moins égoïste que j'aurai prise.
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a review est le moyen de paiement de la muse de l'auteur, sa seule réelle satisfaction mise à part le partage de ses idées, et un moteur de motivation.
N'hésitez pas à me donner votre avis.
Bien à vous
