Derrière son sourire franc et réconfortant, Maggie masquait la même angoisse qu'elle portait déjà lorsqu'elle était venue récupérer Alex de bonne heure ce matin-là. Son vol avait été l'un des tous premiers à atterrir à l'aéroport international d'Hambourg. Consciente de devoir réconforter son amie – qui était alors dans un état pitoyable - autant que de lui offrir un endroit où elle pourrait se reposer en toute quiétude, Maggie n'avait pas tant insisté que ça pour connaître tous les tenants et aboutissants de cette triste affaire qui avait poussé Alex à s'enfuir comme une voleuse de chez elle.
De toute façon, la française était arrivée trop fatiguée et agitée pour raconter en détail et avec cohérence tout ce qui s'était passé. Mais Maggie avait, entre les lignes, compris l'essentiel : l'existence d'un pseudo-triangle amoureux entre son amie, Genzô et Karl.
Dès son coup de fil de la veille, alors qu'elle rentrait chez elle après être allée encourager Herman pour son premier match de la saison – match où le hambourgeois « cure-denté » avait brillé d'efficacité – Maggie avait eu cette désagréable intuition que si problème entre Alex et Genzô il y avait, il ne pouvait qu'être d'ordre sentimental. Auquel cas, Karl serait forcément impliqué. Et les quelques bribes de conversation que l'allemande perçut aux aurores allèrent dans ce sens.
Jusqu'à ce qu'Alex ait un tant soit peu récupéré, mais surtout réussi à un peu se calmer dans cet environnement favorable, Maggie n'avait pu que s'imaginer d'abracadabrantesques scénarios mettant en scène un Karl-Heinz plus décidé que jamais à conquérir son amie - amie qui s'était sans doute laissée berner par la stratégie sans faille et hautement éprouvée du beau blond. Mais à sa grande surprise, la française la détrompa très rapidement.
Elle avait eu besoin de vider son sac, de parler avec une personne de confiance comme elle n'en avait jamais rencontré à Munich. Tant pis si Maggie l'avait parfois dévisagée éberluée ou incrédule, elle lui dit tout. Depuis son éventail très complet de sentiments éprouvés depuis des semaines toute seule dans son coin, jusqu'à la colère de Genzô après une scène aussi imagée que véridique où la jeune femme avait offert à son petit-ami un aspect de sa nature qu'il ne lui pardonnerait sûrement jamais.
Malgré ses expressions éloquentes, Maggie n'avait presque jamais interrompu Alex dans son récit. Non-seulement cette histoire la captiva, bien que connaissant par avance sa conclusion dramatique, mais en plus, elle lui sembla trop irréelle pour parvenir à saisir un moment où placer une objection. Elle qui connaissait si bien Alex, qui l'avait rencontrée avant même qu'elle ne croise Genzô et n'en tombe amoureuse, à l'entendre parler, ce fut elle qui provoqua Karl !...tout ça avant de prendre conscience de ce laisser-aller sentimental qui s'avéra lourd de conséquences sur son couple.
Mais avec son opinion toute faite sur le capitaine munichois, jamais Maggie ne pourrait croire que le monde s'était à ce point inversé en si peu de temps. Elle avait bien mis en garde Alex à une occasion, mais cette dernière lui avait alors rétorquée droit dans les yeux que c'était de Genzô dont elle était amoureuse - et apparemment, ce fut cette même déclaration qu'elle fit finalement aux deux garçons imbriqués dans tout ce bazar.
Et même si...Même en admettant, dans le pire des cas, qu'Alex ait pu se laisser un peu séduire (ce qui après tout, peut arriver à n'importe qui), après ce qu'elle venait d'entendre, Maggie était convaincue que son amie avait su se ressaisir à temps et adopter une attitude salvatrice.
Cette analyse très tolérante propre à Maggie apporta un léger baume au cœur d'Alex. Elle lui permit de se sentir moins coupable. Mais ce temps de réconfort fut de si courte durée...
Car peut-être mieux que quiconque, ces deux filles-là connaissaient très bien Genzô. Ce dernier n'était déjà pas prédisposé par nature à se montrer particulièrement indulgent face aux relâchements, de quelque nature qu'ils soient – et ce, encore moins s'ils étaient affectifs et le concernaient - mais son éducation japonaise basée sur le respect n'avait fait que renforcer sa fierté et son incapacité à passer outre les manquements à l'honneur. De ce fait, l'une comme l'autre étaient persuadées que s'il s'était agit de n'importe quel autre garçon, dans une telle situation, après une petite dispute somme toute légitime, tout serait probablement rentré dans l'ordre, mais...pas avec Genzô. Et si Maggie ne fit qu'effleurer cette pensée, Alex, elle, déclara avec toute la peine qu'elle éprouvait, que ce garçon-là était trop orgueilleux pour poursuivre une relation comme si rien ne s'était passé.
Voilà pourquoi lorsque le japonais avait quitté aussi subitement l'appartement, Alex n'avait pas pris la peine d'attendre son retour. Et même haut-delà, elle était allée jusqu'à interpréter son départ comme une occasion qu'il lui offrait de pouvoir partir sans avoir à passer devant lui, la tête baissée et honteuse...
Par rapport à ce qu'elle vivait, jamais Maggie ne se serait aventurée à essayer de convaincre Alex qu'elle exagérait probablement un peu le côté destituant de l'affaire. De plus, la française était une romantique pure et dure – malgré les dénégations qu'elle avait toujours porté à ce sujet – donc dans la mesure où elle était sûre d'avoir perdu le seul homme qu'elle pourrait jamais aimer, il n'y avait rien d'anormal à ce qu'elle tourne tout au tragique.
A son interprétation des faits, Maggie n'opposa donc dans un premier temps aucune protestation, tentant même de la soutenir par de réguliers hochements de tête compréhensifs, appuyés par une main compatissante. Cependant, inlassablement animée d'un esprit combattif qui faisait d'elle l'une des meilleures attaquantes de son équipe, Maggie prit instinctivement le contre-pied à cet écroulement personnel et chercha à ranimer l'espoir chez Alex – mais dans la limite du raisonnable, pensant elle-même que la tâche pourrait s'avérer plus ou moins délicate.
Ainsi, alors qu'Alex revenait à la triste réalité après s'être abandonnée un instant à ses tourments, elle remarqua l'expression singulière de Maggie : rien à voir avec cette image de soutien empreint de pitié dont elle l'avait entourée jusqu'à présent. Elle donnait maintenant davantage l'air de réfléchir. Mais ne se sentant plus elle-même capable d'un tel acte, pour ne pas dire qu'elle ne se sentait plus en état de quoi que ce soit, Alex se contenta d'attendre sagement que Maggie redevienne disponible.
Au bout de quelques minutes, l'allemande finit par pousser un soupir révélateur qui, à la surprise d'Alex, dévoila un certain ennui - et les sourcils légèrement froncés de Maggie ne furent pas faits pour l'aider à se calmer. Plongeant tête première dans un état de paranoïa propre aux personnes qui vivent de telles émotions, la française crut qu'elle finirait par se faire brimer pour son comportement. Mais Maggie la détrompa à son tour, car l'opinion qu'elle finit par émettre n'était pas de nature à la blesser, bien au contraire...
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Alex, inquiète.
Maggie fit une moue hésitante et se lança.
- Hé bien, je pensais au fait que finalement, tu étais partie sans réellement savoir comment Genzô envisageait la suite entre vous...
La réaction de la française fut exactement celle à laquelle l'allemande s'était (malheureusement) attendue : incrédule et résignée.
- Maggie, soupira-t-elle, c'était pas la peine...Tu connais aussi bien Genzô que moi et tu sais...
- Comment ça, « pas la peine » ? reprit Maggie avec vigueur. Tu estimes que votre relation n'en vaut pas la peine ?
Alex baissa la tête et la secoua lentement.
- Ce n'est pas ce que je veux dire, et...je crois que tu le sais, fit-elle observer avec une triste douceur. Simplement, c'est comme lancer un bolide contre un mur en se demandant s'il s'y fracassera ou non. Moi, je le savais déjà. C'est tout.
Mais Maggie ne lâcha pas l'affaire. Si encore Alex avait un tant soit peu abondé dans son sens, ou avait simplement réagi à sa petite provocation en s'énervant un peu, peut-être ne serait-elle pas revenue à la charge de manière aussi engagée, mais de la voir aussi fataliste l'agaça. Il s'agissait quand même de l'avenir (affectif) de sa meilleure amie...de sa seule véritable amie ! Amie qu'elle n'était pas habituée à voir dans un si piteux état. De ce fait, tout cela avait trop d'importance pour que tout ne soit pas mis en œuvre pour essayer de sauver ce qui restait sauvable. Même si ça devait passer par une remise en contact en douceur. Même s'ils mettaient du temps à se retrouver. Même s'il fallait au contraire foncer dans le tas. Genzô avait beau avoir des principes, il n'en était pas moins un être humain avec des sentiments. Et il semblait impensable pour Maggie que tous ces sentiments qu'il avait toujours éprouvé pour Alex disparaissent en l'espace de quelques heures ! Ou alors, il faudrait vraiment qu'on lui explique...!
- Tu ne crois pas qu'il serait bon de savoir ce qu'il en pense de vive voix, non ? poursuivit l'allemande. Surtout maintenant, après toutes ces heures écoulées depuis votre dispute. Il a quand même dû finir par rentrer et se calmer, non ?
Alex avait beau être encore plus désireuse que Maggie de savoir ce genre de chose, elle avait trop peur. Elle était trop certaine du résultat pour partir telle une masochiste se prendre un nouveau coup de couteau en plein cœur
- Si tu veux je l'appelle moi, renchérit Maggie, motivée – surtout devant l'absence de réaction chez son amie.
- Surtout pas ! s'exclama soudain Alex. Que ce soit toi ou moi qui l'appelle, ça reviendrait au même...
Maggie soupira. Ce manque flagrant de bonne volonté commençait à l'énerver.
- Bon. Dans ce cas, tu proposes quoi ? demanda-t-elle impatiente en pianotant nerveusement des doigts sur sa cuisse.
- Oh...de toute façon, tu vois bien qu'il ne s'est pas affolé pour savoir où j'étais partie, fit observer Alex en soufflant. C'est donc qu'il ne se soucie finalement plus vraiment de ce qu'il peut m'arriver désormais...
- Tu as regardé ton portable au moins ? contrattaqua Maggie, persévérante.
- Tu sais...il y a une sonnerie. Ça évite d'avoir à regarder en permanence, s'excusa la française.
Mais Maggie ne se satisfit pas de cette réponse. Elle se leva du canapé et partit motivée vers la table de son petit coin salon pour mettre la main sur le manteau qui y avait été posé à la hâte. Elle le souleva et le montra à Alex avec un air interrogateur. Cette dernière acquiesça simplement d'un mouvement de tête et observa, inexpressive, son amie en train de farfouiller dans toutes les poches jusqu'à ce qu'elle mette la main sur le fameux téléphone. Une fois chose faite, elle resta un instant à observer l'écran, perplexe, tandis qu'Alex prêta une attention toute particulière à ce comportement.
- Quoi ? finit-elle par demander, sa voix trahissant sa nervosité.
Maggie la regarda alors en soupirant, condescendante.
- Difficile de savoir s'il a cherché ou non à te joindre avec un portable éteint...
- Mais...je ne l'ai jamais éteint, se défendit Alex en écarquillant les yeux. Je t'assure !
- Et la batterie banane ! Tu es au courant que ça se décharge un portable ? répliqua Maggie avec un petit sourire aux lèvres.
Sur le coup, elle donna presque l'air de s'amuser de la situation. Pourtant, Alex, elle, ne trouvait pas ça risible. Tout ce qui risquait de se passer maintenant, c'était de placer un faible – mais déjà trop grand - espoir dans l'éclairage d'un téléphone, pour constater ensuite, dépitée, que la boite de réception était désespérément vide. Mais Maggie ne voyait toujours pas les choses de cette façon, et préféra tendre une main vers Alex qu'elle agita, quémandeuse.
- Ton chargeur..., demanda-t-elle.
- Mon...?
Alex se mordit la lèvre et porta une main à sa bouche.
- Ne me dit pas que tu l'as oublié ? s'exclama l'allemande.
- Oui ! Oui, je l'ai oublié ! s'emporta Alex. De même que la cafetière ! Qu'est-ce que tu crois ? Que j'ai pris le temps de préparer une liste avant de partir...?
Quelques secondes passèrent durant lesquelles les deux filles se dévisagèrent.
- Bon, décida finalement Maggie avec autorité, j'appelle Genzô ! On ne va pas tourner en rond toute la journée !
- Non ! Non, je t'en prie..., la supplia Alex les yeux tout à coup larmoyants.
- Mais pourquoi ?
Maggie ne comprenait pas cette insistance à refuser qu'elle appelle directement Genzô (elle émit bien l'hypothèse de ne pas vouloir prendre le risque de morfler un petit coup supplémentaire, mais il y avait tellement à gagner en essayant...). Cependant, elle respecta cette demande qu'elle jugeait néanmoins absurde.
Du coup, malgré la connaissance de ce moyen aussi rapide qu'efficace pour « enfin » savoir ce qu'il en était vraiment, Maggie dut se résoudre à trouver une autre solution - quitte à ce que ça complique (et ralentisse) les choses.
- Bon d'accord..., capitula-t-elle en revenant s'assoir aux côtés d'Alex, en passant un bras autour de ses épaules. On va trouver autre chose...
Un silence léger se posa sur la pièce durant quelques minutes, jusqu'à ce que soudain :
- J'ai trouvé ! s'écria Maggie.
Alex sursauta et tourna la tête vers son amie en la dévisageant.
- Je vais appeler Herman ! lança cette dernière, le visage illuminé.
- Mais...
- Y'a pas de « mais » ! s'emporta dangereusement l'allemande. Je vais appeler Herman et puis c'est tout ! Toi, tu te tais ! Tu me fatigues maintenant avec tes jérémiades !
Impressionnée par cette réaction, et pas encore en état de tenir tête à une Maggie visiblement en pleine forme, Alex se plia aux ordres et ne dit plus rien.
Ainsi, Maggie appela Herman en tentant de rester la plus évasive possible quant à la situation actuelle. Mais cela ne fut pas évident. Difficile en effet, comme elle l'avait précédemment signalé à Alex, de dire avec naturel et détachement que la française avait débarqué chez elle à l'aube sans prévenir et qu'elle cherchait maintenant à découvrir si Genzô cherchait ou non à la joindre alors qu'elle-même ne tenait pas à ce que Maggie l'appelle directement pour le savoir.
- Hein ? s'écria Herman encore à moitié endormi, alors qu'il n'avait pas compris un traître mot de ce que venait de lui dire Maggie.
- Bon, commença à s'impatienter l'allemande. T'occupe pas de ça et s'il te plait, contente-toi d'appeler Genzô pour savoir comment il va. D'accord ?
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a Genzô ? s'inquiéta soudain Herman qui ne retenait que quelques mots par-ci par-là.
- Herman ! T'es bouché ou quoi ? Appelle Genzô ! J'en sais rien de ce qu'il a ! C'est pour ça que je veux que tu l'appelles ! Tu as compris ou je recommence ? demanda-t-elle menaçante.
- Non, non, non, c'est bon ! s'écrasa Herman, incapable de rentrer sitôt dans le débat. Je l'appelle et je te tiens au courant...
Leur conversation s'arrêta là. Maggie posa son téléphone sur la table et se tourna vers Alex - qui affichait un air mi-figue mi-raisin.
- Bien, fit-elle satisfaite, maintenant on attend. On peut faire confiance à Herman. Quand il est comme ça, à moitié dans le pâté, il n'a pas son pareil pour foutre la révolution. Surtout lorsqu'il se sent investi d'une tâche délicate et importante...et qu'il n'a rien capté de la situation, confia-t-elle à Alex en étouffant un petit rire. Donc, même si ça n'était pas dans ses intentions, je peux t'assurer qu'on ne va pas tarder à avoir des nouvelles de Genzô.
Alex la regarda inquiète, le cœur battant à tout rompre. Elle espérait tellement que...mais redoutait davantage encore...
Dès la première sonnerie, Genzô bondit sur son portable et constata qu'il s'agissait d'Herman. Déçu, il prit quand-même l'appel.
- Ouais, grogna-t-il.
- Salut vieux ! lança l'allemand de meilleure humeur que peu de temps avant – et surtout mieux réveillé. Je te dérange ? Tu dormais ?
Genzô ricana, amer.
- Non, je ne dormais pas. Quant à me déranger, soupira-t-il, disons que j'espérais un autre appel...
- 'tain ! T'es sympa de bon matin toi ! s'étrangla l'allemand.
Puis, faisant un rapprochement hasardeux avec l'appel mystérieux de Maggie :
- C'est pas à Maggie que tu pensais non ?
- Non. Pourquoi tu me demandes ça ? l'interrogea Genzô perplexe.
- Elle vient de m'appeler, s'expliqua Herman un peu confus. Et elle m'a dit qu'elle cherchait à te joindre...mais qu'elle n'y arrivait pas...ou j'sais plus trop...
L'attention du japonais augmenta de façon exponentielle.
- Pourquoi est-ce qu'elle cherchait à me joindre ?
- En réalité, j'ai pas très bien compris ce qu'il se passait ni ce qu'elle voulait, s'excusa Herman. Mais elle m'a parlé d'Alex et...
- Alex ? le coupa Genzô en criant. Où est-elle ?
Son estomac venait de se retourner. Haletant, il ne tenait plus en place.
- Oh la ! Calme-toi ! sursauta le blond à l'autre bout du fil. Tu m'as fait peur ! T'es pas fou !
- Herman, c'est pas le moment ! s'énerva Genzô. Où est Alex ?
- Ben...j'ai cru comprendre qu'elle était avec Maggie, ici, à Hambourg, mais je cr...
- Je te rappelle ! Merci !
Sans même comprendre ce qu'il se passait ni ce qu'ils avaient tous de bon matin, Herman se retrouva sans personne à l'autre bout du fil. Il bâilla, s'étira, se gratta la tête, déposa son portable sur son buffet et prit la direction de la cuisine avec l'intention d'aller se faire un double, voir un triple-expresso. Soudain il se ravisa : il avait promis à Maggie de la tenir au courant – même si l'idée de se faire à nouveau engueuler au moindre mot prononcé de travers ne l'enchantait guère. Mais bon, maintenant qu'il y était préparé, il le vivrait sans doute mieux. Se ressaisissant donc de son téléphone, il sélectionna le numéro de son irascible amie et valida l'appel. Mais comme il tomba de suite sur sa messagerie, il raccrocha, reposa l'appareil et repartit vers la cuisine en revenant à sa première idée : aller se faire un bon café !
