Coucou à tous,
Je n'ai rien de particulier à vous dire, alors je vais me contenter de mon habituel : Enjoy ! ;)
Et bien sûr, merci pour votre lecture !
Leon et Grey consacrèrent les deux journées suivant leur arrivée à remettre en état la vieille maison que leur avait léguée Oul. Ils parlèrent beaucoup du passé, mais discutèrent aussi de l'avenir. Ils songeaient aux futures vacances qu'ils passeraient ici, ils évoquaient des entraînements « spécial mage de glace » tous les hivers.
Se concentrer sur des tâches pratiques et manuelles fut salutaire pour Grey, qui cessa de penser à Natsu à chaque minute qui passait. Se sentir utile et faire quelque chose de constructif, il n'y avait rien de meilleur pour le moral.
Quand ils eurent terminé de rendre l'espace habitable, ils se préparèrent à rendre visite à la tombe d'Oul. Ils ne redoutaient plus autant ce moment que lors de leur arrivée : ils avaient eu le temps d'apprivoiser les ombres du passé, et aussi, à travers leur travail commun, de se rappeler qu'eux, ils étaient toujours bien vivants, que les blessures avaient cicatrisé malgré tout, et qu'il n'y avait plus de rancune entre eux. Leur lien, c'était aussi une manière d'honorer leur maître et tous les efforts qu'elle avait fourni non seulement pour les éduquer et les protéger, mais aussi pour les rendre heureux.
Aussi, ce matin-là, ils se mirent en chemin dans une aurore glaciale et bleutée, juste au moment où les premiers rayons du soleil se déversaient à travers un l'échancrure d'un col montagneux sur les forêts enneigées du plateau. Le paysage était majestueux, intemporel. Alors qu'il marchait, pieds nus pour mieux sentir le toucher tendre et doux de la neige sur sa peau, Grey se rendit compte pour la première fois à quel point cet endroit lui avait manqué. Leon avait raison : ils devaient revenir plus souvent. Enterrer le passé et la fuite en avant vers le futur, c'était terminé. Il voulait vivre avec la totalité de son identité, assumer qui il avait été et ce qu'il avait fait. Il avait trop longtemps vécu dans la peur, dans la culpabilité, tout en le niant et en se forçant à être quelqu'un de plus fort qu'il ne l'était vraiment. Maintenant, il voulait que même ses failles lui appartiennent pleinement. Aller de l'avant, oui, mais pas si ça signifiait oublier d'où il venait.
En ce matin immobile, le silence était irréel. Ils pouvaient entendre leur souffle, les craquements épars dans les bois, et la neige qui s'enfonçait sous leurs pieds, mais rien d'autre ne résonnait dans la pureté froide de l'aube. Au-dessus de leurs têtes, le ciel s'ouvrait, vierge de nuages, d'un bleu dur et pâle, presque translucide. Ils ne parlaient pas, mais le silence entre eux n'avait jamais posé problème. Ils avaient un caractère similaire, même si Grey savait se montrer beaucoup plus exubérant que Leon, et qu'il était à peu près sûr d'être au moins moitié moins arrogant que lui.
« Qu'est-ce qui te fait sourire ? voulut savoir Leon en remarquant son rictus.
— Non rien, je me disais juste que t'étais un gros prétentieux.
— Hein ?! Là, comme ça ?! On marche tranquillement, on va rendre hommage à Oul, et toi, t'es en train de penser que je suis prétentieux ?
— Si ça peut te rassurer, je me dis ça souvent, dans des circonstances très variées.
— T'es vraiment un petit con. Tu l'as toujours été. Si j'avais pas été là pour montrer l'exemple...
— Ha ! Tu vois ? C'est tout à fait de ça dont je parlais.
— Grey... »
L'interpellé haussa les épaules.
« Admets-le, c'est tout.
— Je n'admettrai jamais un truc pareil devant toi. Et à vrai dire, j'ai une furieuse envie de te botter les fesses, mais... On est arrivés. »
Grey releva la tête. Il eut un frisson devant le paysage qui portait encore les stigmates de ce qui s'était passé ici, bien des années auparavant. La tombe d'Oul n'était qu'un petit tertre érigé symboliquement : il n'y avait aucun corps à enterrer, puisqu'elle s'était totalement transformée en glace pour sceller Deliora. Grey se souvenait avoir entassé les pierres avec Leon en essuyant ses larmes, puis déposé des fleurs de glace tout autour du monticule. Son cœur se serra quand il se rappela la manière dont Leon l'avait ignoré, consumé de haine, de rage et de chagrin. Juste après ça, ils s'étaient séparés, et ne s'étaient revus que des années plus tard. Revenir ensemble sur les lieux de leurs adieux, dans les décombres de la ville ravagée par le démon, c'était un drôle de sentiment. Il espéra que les autres survivants avaient eux aussi fini par accepter le passé, et que les nombreuses personnes qui avaient perdu la vie ici reposaient en paix.
Ils s'approchèrent tous deux du petit tertre et comme autrefois, le décorèrent de fleurs de glace. Leurs créations étaient plus solides, plus fines et plus précises qu'autrefois, et tous les deux sourirent en comparant l'image qui s'offrait à leurs yeux à celle qui se superposait dans leur mémoire.
« On est réconciliés, Oul, murmura Leon. Et je ne plus obsédé par la recherche de la perfection.
— C'est ça... marmonna Grey à côté.
— Ferme-la ! Bon... C'est vrai, c'est toujours important pour moi. Mais j'ai d'autres rêves que de trouver plus fort que moi pour le surpasser. »
Grey lui jeta un coup d'œil curieux, mais s'abstint de parler.
« Je veux devenir maître de guilde* ! »
Grey se claqua le front.
« Ah... J'aurais dû m'en douter... soupira-t-il.
— J'ai dit la ferme ! Parce que t'as des rêves plus nobles, c'est ça ? »
Il haussa les épaules, et prit un instant pour réfléchir à la question.
« Je n'ai pas vraiment de rêve, dit-il doucement. Je veux continuer la vie que je mène... Enfin... Pas celle-là. Pas tant que je n'aurais pas retrouvé Natsu. Mais après... Je... J'aime ma vie, c'est tout.
— Heureux de l'entendre. Et je suis sûre qu'elle l'est aussi.
— Elle a tué mon cauchemar comme elle l'avait promis. J'en ai fait bien d'autres depuis. »
Sa gorge se serra. C'était difficile de parler, mais il voulait aller jusqu'au bout, quitte à ce que ce soit embarrassant.
« J'ai appris à les repousser seul, mais surtout, j'ai appris à... demander... demander de l'aide.
— Sacré progrès, en effet, persifla Leon.
— Tu lui disais quoi, déjà ?! Qu'on était réconciliés ?
— Bah, en quelques sortes. Faut pas pousser quand même, si tu dis des conneries, je vais te le faire remarquer.
— Enfin bref ! le coupa Grey en posant de nouveau son regard sur le tertre. Merci pour tout, Oul. On n'a vraiment pas dû être des élèves faciles. Mais la relève est assurée. On est tous les deux bien entourés, et même si ça se voit pas, on est amis, maintenant.
— C'est vrai », approuva Leon.
Ils restèrent quelques minutes en silence, appréciant le moment, sans se presser. Puis :
« T'étais sérieux ? Toi, maître de guilde ?!
— Et pourquoi pas ? Qu'est-ce que ça a d'aussi dingue, hein ?
— Par où je commence ? »
Alors qu'ils débutaient un nouvel échange musclé, ils s'étaient inconsciemment remis en route vers le nord, pour... Eh bien, pour rentrer à la maison.
Quand ils arrivèrent, ils étaient couverts de neige – et de bleus – mais ils se sentaient bien. Pour Grey en tout cas, mieux qu'au cours des trois derniers mois, et surtout depuis qu'ils étaient rentrés de la guerre contre Tartaros. Il avait bien fait d'entreprendre ce petit voyage. Même si, à l'arrière de sa conscience, l'inquiétude ne cessait de le tarauder. Toutes les interrogations soulevées par la dissolution de la guilde et le brusque départ de Natsu le poursuivaient, et il avait les plus grandes difficultés à faire de la place dans son esprit pour penser à autre chose. Et pourtant, il fallait bien qu'il continue à vivre. Quel autre choix avait-il ? Au moins, ici, avec Leon, ça rendait les choses plus faciles. Il ne savait pas quand il trouverait des réponses, et il était déterminé à les trouver, mais pour l'heure, il allait faire un truc dont il n'avait pas l'habitude : prendre soin de lui-même.
Quelques jours plus tard
« Pas assez rapide », sourit Leon dans le dos de Grey.
Celui-ci écarquilla les yeux, et se raidit sous le choc quand la glace heurta sa cage thoracique. Son compagnon n'ayant évidemment pas pour but de le tuer, le coup fut douloureux, mais ne transperça pas sa peau.
« Enfoiré », souffla-t-il entre ses dents.
D'un bond, Leon se repositionna devant lui.
« Grey, tes mouvements sont bons, mais tu n'observes pas assez les miens.
— Et voilà le retour du sensei !
— Quoi ? Mes conseils ne valent rien, c'est ça ?
— Mais nan, je respecterai toujours ton honorable avis...
— Tu peux toujours te foutre de moi, tu sais que j'ai raison.
— Humpf.
— Bon. On arrête pour aujourd'hui ?
— Ok. »
Les deux mages, malgré les températures rigoureuses, luisaient de sueur. On pouvait même voir un peu de vapeur d'eau s'élever autour de leurs corps presque nus. Ils ramassèrent leurs vêtements et retournèrent à la maison.
« Au fait, dit Leon d'un ton faussement dégagé, comment va Akira ? »
Grey se tourna vers lui avec un demi-sourire.
« Pourquoi tu demandes ? »
Leon rougit légèrement.
« Bah...
— C'est bon, je sais que tu as eu une aventure avec. Mais c'était sous laquelle de ses versions ?
— Masculine...
— Ah bon ? Intéressant... Faut dire qu'il fait un très beau mec.
— En fait... Je l'apprécie vraiment bien. Ça m'est égal que ce soit une fille ou un garçon. Tu sais bien, j'aime bien les deux. Et j'aimerais aussi, tu sais... Bah voir comment c'est quand il a son corps de femme. »
Grey s'esclaffa.
« Je vois. Bah tu sais, elle est partie à l'est, paraît que y a une académie d'alchimistes où elle voulait étudier.
— Ah oui ?!
— Tu devrais aller la voir. Ou le voir. Comme tu préfères.
— Mais...
— Si tu t'inquiètes pour moi, c'est pas la peine. Ça va mieux. Maintenant qu'on a fait ce qu'on avait à faire, que la maison d'Oul est habitable, et tout... Je vais descendre au sud pour voir la tombe de mes parents. Et après ça... J'en sais rien. J'improviserai.
— Ça ne me plaît pas trop, Grey. Si tu rentres à Magnolia...
— C'est bon, Leon. Je sais que j'ai peu de chances d'y trouver Natsu, et qui ma guilde n'existe plus. J'ai besoin d'un peu de temps pour réfléchir à ce que je vais faire ensuite, mais ça ira pour moi. De toute façon, je ne sais pas si comme tu l'as dit, Natsu reviendra, mais s'il ne le fait pas, moi, je le retrouverai.
— Bonne idée, approuva Leon.
— Alors ? Rassuré ?
— Ouais... »
Ils arrivèrent à la maison et se jetèrent de concert sur le futon qu'ils avaient ramené du village en poussant des grognements de soulagement. L'entraînement avait été particulièrement intense, ce matin-là. Grey commençait même à s'attacher à leur petite routine, mais, sa colère étant épongée, son chagrin apaisé, il voulait savoir où était passé Natsu. Si présentement son futur lui apparaissait étranger, brouillé et obscur, il avait au moins cette certitude-là. Et pour le moment, ça lui suffisait.
Le lendemain, ils fermèrent la maison à clef et reprirent la route. Malgré les protestations de Grey, Leon tint à l'accompagner jusqu'à la tombe de ses parents. Grey détestait quand Leon jouait les grands frères protecteurs, mais il ne put rien faire pour le dissuader.
Il leur fallut la journée pour rallier le village de naissance de Grey. La petite localité perdue dans les montagnes n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois qu'il était venu. Contrairement à la ville où Oul avait perdu la vie, ici, l'attaque de Deliora n'avait laissé aucune trace. Après le départ de Grey, les habitants avaient tout reconstruit. Aujourd'hui, c'était un village paisible comme il en existait tant d'autres dans le royaume, mais pour lui, même entièrement rebâti, il demeurait son premier foyer. C'était là qu'il avait créé ses premiers souvenirs, là où il avait été protégé, aimé, nourri, par des parents qui n'étaient plus que des ombres dans sa mémoire. Car le père qu'il avait retrouvé à Tartaros n'était qu'une caricature grotesque de l'homme qui l'avait élevé. Un corps survivant avec des débris d'âme. Le père qu'il avait connu était mort depuis bien longtemps. C'était en se répétant cela qu'il avait surmonté sa deuxième mort : ce n'était plus vraiment son père, il ne l'avait pas perdu une seconde fois. Il avait essayé de l'expliquer à Jubia, qui, tout en sachant qu'elle avait fait ce qu'il fallait, avait peiné à digérer la culpabilité. Elle avait semblé comprendre, mais il savait qu'elle n'oublierait jamais.
Ils passèrent devant l'emplacement de son ancienne maison, remplacée par une boulangerie d'où leur parvenait un délicieux parfum de pain chaud. Du coup, ils s'arrêtèrent pour se restaurer. Ils ne parlèrent pas beaucoup, mais cette fois encore, ça n'avait pas d'importance. Et ça laissa le temps à Grey de réaliser, qu'une fois encore, il était reconnaissant à Leon de l'accompagner. Il l'aidait à remettre les choses en perspective, et surtout à se rappeler qu'à déambuler ici, dans les rues de son enfance, il n'était plus un petit garçon. Ce qui aurait pu le détruire autrefois était mort et enterré, les angoisses du passé n'avaient plus la même prise sur lui. Il les sentait remuer en lui, lointains échos de la terreur d'autrefois, mais elles demeuraient des échos. Des remous. Rien de plus.
Après avoir mangé, Leon et lui se remirent en marche vers le petit cimetière situé à une centaine de mètres du village. C'était un lieu étroit et décrépit, mais qui dégageait malgré tout une certaine impression de calme et de sérénité, en partie grâce aux vieux arbres qui veillaient sur les tombes réparties de manière désordonnées entre les quatre murets de pierre à moitié effondrés.
Arrivé devant la tombe de ses parents, Grey s'assit en tailleur dans la neige et regarda fixement les stèles aveugles, qui ne signifiaient rien, juste des morceaux de pierre gravés des noms des personnes perdues à jamais. Il sentit un grand froid l'envahir, comme une réplique de ce qu'il avait éprouvé en arrivant chez Oul. Le sentiment de perte lui agrippa les tripes, dévastateur parce qu'abyssal, et surtout, parce qu'il avait la conscience aiguë du caractère définitif de la mort. Il ne reverrait plus jamais ses parents, quand bien même ils survivaient dans sa mémoire, dans son âme, dans son cœur. Il n'y avait rien qui pouvait réparer ça, rien qui pouvait l'arranger, rendre le regret moins âpre, émousser la tristesse.
Il inspira lentement, doucement. La main de Leon se posa sur son épaule, et la tourmente émotionnelle reflua. Elle ne disparut pas, mais prit un aspect moins menaçant. Encore une fois, Leon l'aidait à faire face.
« Merci, murmura-t-il en essuyant une larme.
— Si tu as besoin de tout laisser sortir, vas-y. Je t'ai vu dans des états pires que ça.
— Ouais, et j'ai pas l'intention que ça se reproduise.
— Grey...
— Fous-moi la paix, Leon. Arrête de parler. Je suis content que tu sois là, d'accord ? Mais me fais pas la morale.
— Pigé. »
Ils laissèrent le silence se réinstaller, et s'il était chargé d'émotions et de mots non prononcés, il avait aussi une qualité légère, presque aérienne. C'était un silence qui faisait de la place pour les émotions qu'on voulait y mettre, mais qu'on ne voulait pas nommer.
Après avoir passé une vingtaine de minutes ainsi, immobile et recueilli, la présence de Leon réchauffant son âme, Grey se leva.
« Ok, dit-il d'une voix un peu étranglée. On y va. »
Leon ne dit rien, et ils quittèrent le cimetière. Une fois dehors, ils se regardèrent.
« Alors, c'est quoi, ta prochaine étape ? demanda Leon.
— Crocus, répondit Grey.
— Qu'est-ce que vas faire là-bas ?
— Rendre visite à des amis.
— Ah, je vois...
— Et toi ? » Grey retrouva son sourire moqueur. « L'est, je suppose ?
— Ouais...
— Bonne chance, Leon.
— À toi aussi. Et ne disparais pas ! Donne-moi des nouvelles.
— Promis. »
Après une hésitation, ils s'étreignirent. Brièvement, mais fort.
« Allez, salut.
— Salut, Grey. »
Leon regarda son condisciple s'éloigner avec une lueur d'inquiétude dans les yeux, puis il haussa les épaules et se détourna. Grey savait ce qu'il faisait. On ne pouvait pas vraiment dire qu'il en allait de même pour lui. Qu'est-ce qu'il allait dire à Akira ? Est-ce que l'herboriste gardait seulement le même souvenir que lui de leur nuit à deux, cet été ? Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti comme ça. À croire qu'il était amoureux...
Deux jours plus tard...
La guilde de Sabertooth avait déjà changé depuis sa victoire aux Jeux Magiques. Des agrandissements étaient en cours.
« Quel mégalo », grommela Grey en pensant à l'énergique maître de guilde.
Le mage de glace s'approcha des grandes doubles portes, et pénétra dans l'immense hall. Il n'y avait pas grand-monde à cette heure de la journée, mais Rogue était là, tout seul dans un coin, penché sur un livre moitié aussi grand que lui. Absorbé dans sa lecture, seule une mèche de cheveux noirs échappée de sa queue de cheval venait régulièrement l'agacer. Il la remit en place et ne leva pas les yeux avant que Grey ne s'adresse à lui.
« Salut, Rogue. »
Il sursauta.
« T'as l'air bien studieux, commenta le mage de glace.
— Grey ?!
— Où est passé Frosh ?
— Euh... Avec Sting et Lector. Une petite mission. Mais toi, qu'est-ce que tu fais là ?
— Je voyageais au nord. Vous n'êtes pas au courant, pour Fairy Tail ?
— Au courant de quoi ? »
Grey soupira et s'assit.
« Bon, alors je vais t'expliquer... »
Rogue écouta attentivement, sans l'interrompre.
« ...c'est pour ça que je suis venu ici. Je me suis dis que vous sauriez peut-être où il est parti. »
Rogue secoua la tête d'un air désolé.
« On n'a pas de nouvelles de lui.
— Je vois... Je vais rentrer à la maison. Qui sait, il y sera peut-être, après tout.
— Rentrer ?! fit une voix derrière lui. Pas tout de suite, pas après tout ce chemin. »
Grey se retourna. Sting l'observait, tout sourire, un chat sur chaque épaule.
« Salut, Sting... Salut Frosh, salut Lector...
— Makarov a dissous Fairy Tail, l'informa Rogue.
— Hein ? C'est quoi cette histoire ?! »
Sting s'assit avec eux, et Grey fit un autre résumé, plus court.
« Et merde ! s'exclama Sting au terme de son récit.
— Tu l'as dit.
— Et donc ? T'es venu pour intégrer notre guilde ? »
Ah ! Il n'avait toujours pas lâché l'affaire à ce sujet. Non que ce ne soit pas agréable d'être désiré.
« Non, je cherche Natsu. »
Il se lança dans une nouvelle explication.
« L'enfoiré ! s'enflamma Sting.
— Il pouvait pas se douter, pour la guilde...
— C'est pas une raison ! »
Sa virulence fit sourire Grey. Après tout, ça faisait du bien d'être un peu soutenu.
« Mais au fait, vous, ça va ? Après cette histoire avec les dragons...
— Ça va », fut la réponse synchronisée, un peu réservée, mais sincère.
Grey hocha la tête.
« Pour Natsu, c'est différent. Il a cherché Igneel toute sa vie... Il n'a jamais abandonné, jamais perdu l'espoir. »
Sting et Rogue observèrent Grey en silence.
« C'est quand même pas une raison, finit par conclure Sting. Et je réitère ce que j'ai dit au début : reste un peu avec nous. Si jamais il est rentré, il mérite bien de poireauter un peu.
— Pas faux...
— Sting a raison, renchérit Rogue. Tu n'as qu'à souffler un peu.
— Je suis pas sûr que vous soyez les gars les plus reposants du monde...
— Certes pas, mais au moins, on est divertissants », se rengorgea Sting.
Grey éclata de rire. Là-dessus, il ne pouvait pas lui donner tort.
En fait de souffler, Grey partit travailler avec Sting et Rogue dès le lendemain. La mission, urgente, requérait des talents comme les siens : il s'agissait non seulement de vaincre un redoutable démon du feu qui terrorisait la région, mais aussi de protéger les habitants des températures infernales et de circonvenir les incendies. Sting avait ajouté : « En plus on sait jamais, c'est peut-être pas un démon, mais Natsu... La plupart des gens verraient pas la différence entre les deux. »
Ce à quoi Grey n'avait pu qu'acquiescer. Même s'il voyait mal pourquoi Natsu « terroriserait » la région. Quoiqu'il lui aurait été aisé de le faire sans le vouloir.
« Tu vois, c'est pour ça qu'on a besoin de quelqu'un comme toi, expliqua Sting sur le chemin. Un mage de glace, et en plus chasseur de démons, c'est toujours utile.
— Pour le côté chasseur de démons, d'accord. Mais pour le reste, cherche plutôt à recruter Jubia. L'eau est plus efficace contre le feu que la glace. En plus, je suis sûr que Rufus a deux-trois tours dans son sac qui feraient l'affaire pour ce genre de cas. Et enfin, je trouve ça insultant que tu me veuilles dans ta guilde juste pour ma spécialisation.
— Ahah, nan, t'inquiète, fit Sting en lui assénant une claque sur l'épaule. C'est aussi parce que t'as un beau cul.
— C'est encore plus insultant...
— Comme si tu n'en étais pas fier... » remarqua perfidement Rogue, l'air de rien.
Grey grommela en guise de réponse.
Ils surent qu'ils touchaient au but bien avant d'atteindre leur destination : le ciel était noir de fumée, et la chaleur des flammes se faisait sentir à des centaines de mètres à la ronde. La sensation serra le cœur de Grey dans un étau. Parce qu'elle était familière, mais aussi étrangère. Ces flammes-là n'avaient rien à voir avec celles de Natsu. Elles ne lui laissaient pas la même émotion, elles ne vibraient pas de la même façon. Elles n'avaient ni la beauté, ni la force, ni la volonté qui imprégnaient la magie du chasseur de dragons. Bien sûr, il n'avait pas vraiment cru qu'il le trouverait ici... Et pourtant, il ne put s'empêcher d'être déçu.
Ils se précipitèrent jusqu'au village, qui se trouvait sur le point d'être englouti par l'incendie. Grey s'empressa de dresser des murailles de glace et déploya sa magie pour refroidir l'atmosphère. Puis, ils se ruèrent dans les flammes, protégés par la magie de Grey. Celui-ci pouvait sentir le démon, il faisait réagir sa magie dans un crissement très particulier qui lui vrillait la tête, comme si on frottait une craie sur un tableau.
« On approche, prévint-il, les dents serrées. Il est fort. »
Sting et Rogue lui firent signe qu'ils avaient compris. Ils commencèrent à rassembler leur magie, et Grey ne put s'empêcher de frémir en se rappelant la force qu'ils avaient déployée lors de la finale des Jeux. Il l'avait aussi sentie lors du combat contre Mardo Geer, mais à ce moment-là, il était tellement concentré sur leur adversaire qu'il ne l'avait pas éprouvée avec une telle intensité. Leur magie vibrait comme un immense instrument à cent mille cordes, et elle avait une façon de pénétrer l'âme comme le fait la musique, elle attisait les émotions de celui qui l'entendait, affûtait ses sens et son imagination. Elle était aussi magnifique que terrifiante.
Le démon apparut au milieu des flammes : c'était une grande créature à la peau écarlate, couverte de tatouages ésotériques, et au visage humain. Deux cornes noires s'enroulaient sur elles-mêmes de chaque côté de sa tête, et il tenait une immense épée à la lame noire et brillante où dansaient des flammèches bleues et jaunes.
« Vas-y, Grey, dit Sting. On te couvre. »
Le mage de glace hocha la tête, heureux d'avoir la confiance des chasseurs de dragons. Ces temps-ci, le baume à l'ego, ce n'était pas de trop. Il invoqua ses katanas de glace et se jeta en avant. Il tournoya sur lui-même et parvint à passer sous la lame que le démon abattait sur lui, et lui laissa deux entailles profondes à la poitrine. Aussitôt, il fit un bond en arrière pour se mettre hors de portée. Au même moment, la lumière et les ténèbres jaillirent, mais le démon esquiva l'attaque et se retourna aussitôt vers Grey, intrigué par sa magie.
« Je n'ai pas rencontré de chasseurs de démons depuis plus de mille ans, dit la créature.
— Ouais, ravi aussi de faire ta connaissance.
— J'étais en train de m'amuser et j'ai été quelque peu contrarié par votre apparition, mais... Finalement, je suis content que vous soyez venus.
— Je suis toujours prêt à faire plaisir », railla Grey en exécutant une petite courbette.
Le démon eut un rire rocailleux, désagréable. Grey eut l'impression de le sentir racler ses entrailles.
« C'est pas la première fois que tu affrontes des démons, n'est-ce pas ?
— Non, répondit le mage de glace, le visage fermé.
— Tu aurais donc dû savoir qu'il ne faut pas nous sous-estimer. »
Grey se raidit. Il jeta un coup d'œil derrière lui, et vit que le démon les avait tous les deux enfermés dans un cercle de flammes qui montaient presque jusqu'au ciel. Il grimaça un sourire.
« Tu crois vraiment que le feu me fait peur ? »
Une bourrasque glaciale claqua dans l'air. Elle fit vaciller les flammes, mais le feu tint bon. Cependant, Grey souriait, le regard fixé sur le démon.
« Détrompe-toi : je ne te sous-estime pas. Mais cela ne change rien au fait que tu vas perdre ce combat. »
Le démon leva son épée noire.
« Approche. »
Grey ne se fit pas prier.
Les épées s'entrechoquèrent avec violence, et Grey fut repoussé jusqu'au mur de feu. Il sentit ses cheveux roussir et sa peau frémir sous la morsure des flammes. Il fit affluer sa magie pour s'en débarrasser, et au moment où il allait revenir à l'assaut, il se figea, le regard fixé sur l'épée du démon. Elle s'était dédoublée : maintenant constituée de deux lames croisées, elle ressemblait désormais à une sorte d'énorme shuriken. Le démon lança son arme. Grey se jeta de côté pour esquiver, mais le shuriken semblait attiré par sa magie et le suivit dans son mouvement. In extremis, il leva ses sabres pour se protéger de l'impact. Il écarquilla les yeux en constatant que le shuriken continuait à forcer ses défenses, comme s'il était doté d'une volonté propre. Pendant ce temps, le démon se rapprochait. Et sortit une troisième arme, un wakizashi doté de la même lame noire et luisante auréolée de flammes.
« Et merde », grogna-t-il tandis que le sabre approchait de sa gorge. Sa brûlure s'imprima sur sa peau, et il ravala un hurlement de douleur tout en repoussant l'arme en se servant de la glace comme de bouclier. Il puisa encore dans sa magie. Une vague d'énergie glaciale monta en lui, et il sentit qu'il devait continuer à la faire monter en pression avant de la relâcher. Un peu comme Sting et Rogue l'avaient fait pendant la finale. Il était un mage de construction, mais il était bien placé pour savoir que parfois, un peu de destruction pure et simple pouvait vous sauver la peau.
Dépêche-toi, Grey. Tu arrives à peine à le repousser. Si tu n'arrives pas à rassembler ta magie assez vite et à la relâcher correctement, tu vas mourir ici, tué par un démon.
Et ça, c'était hors de question. Il se força à se concentrer, fit la paix en lui, vida son esprit des pensées parasites. Il ne sentait presque plus la chaleur, même écrasante. S'il était devenu assez doué pour garder son sang-froid, il fallait qu'il augmente la quantité de magie qu'il pouvait utiliser au cours d'un combat. Il devait être capable manier plus d'énergie, afin d'augmenter la puissance de ses attaques. Alors, malgré le danger qu'il encourait à laisser une ouverture au démon, il continua à rassembler sa magie. Pour repousser la menace la plus immédiate, il enveloppa sa main de glace et attrapa la lame sur sa gorge à mains nues. La douleur le traversa, fulgurante comme une décharge électrique. Il ne rompit pas sa concentration.
Allez... Encore un peu...
Il lui sembla que sa peau craquait sous la pression de l'énergie magique. Ses oreilles bourdonnaient et ses yeux lui faisaient mal, comme si on allait les arracher de leurs orbites. Il patienta encore, la mâchoire serrée.
J'y suis presque !
Il pensa à Natsu, à sa guilde, à son père, à toutes les conneries qui leur étaient tombées sur le coin de la gueule ces derniers mois. La fureur monta. Le refus de revivre ce qu'il avait déjà enduré se changea en pure volonté, renforçant sa magie, la rendant plus implacable, plus féroce. Il allait falloir la lâcher. S'il la laissait encore grandir ne serait-ce qu'un tout petit peu, il ne serait pas tué par le démon, mais par sa propre magie.
Il inspira tout doucement. Le temps se ralentit au moment où il relâcha son contrôle. Le raz-de-marée magique déferla à l'extérieur de son corps, lui arrachant un cri de souffrance. Pendant plusieurs secondes, il ne vit plus rien ni n'entendit quoi que ce soit. Hébété, il se redressa, le souffle court. Les flammes avaient disparu. À quelques dizaines de mètres, le corps du démon gisait à terre. Déchiqueté.
Wow. Je peux vraiment faire ça ?!
Et putain, ça lui avait fait mal, mais ça avait été trop bon ! Jouissif, même !
Il s'inquiéta soudain : son attaque avait-elle laissé Sting et Rogue indemnes ?
« Putain, mec ! Alors ouais, on l'a senti venir, mais quand même ! Tu voulais nous tuer ou quoi ?! »
Bien. Sting, en tout cas, était tout ce qu'il y avait de plus vivant.
Les chasseurs de dragons s'approchèrent.
« Ça va ? demanda Rogue d'un air inquiet.
— Ça va super », répondit Grey en se levant... pour s'effondrer presque aussitôt, sans connaissance.
Il reprit lentement ses esprits à l'infirmerie de Sabertooth. En évacuant brutalement presque la totalité de son énergie magique, il avait soumis son corps à rude épreuve. Il allait devoir apprendre à doser. Pour l'heure, il avait un mal de crâne digne d'un bon lendemain de cuite, et ses muscles le tiraillaient douloureusement.
« T'en as trop fait, remarqua Sting en levant les yeux de son magazine.
— J'avais pas besoin que tu veilles sur moi », râla Grey. Avant d'ajouter : « Mais merci quand même », en détournant la tête.
Sting sourit et haussa les épaules.
« J'avais rien de mieux à faire. C'est l'après-midi lessive et Rogue y tient particulièrement, à son après-midi lessive.
— Hein ?
— Il dit toujours que si ça tenait qu'à moi, on puerait le bouc toute la semaine.
— C'est probablement vrai, non ?
— Humpf... Bref, en tout cas, beau boulot tout à l'heure.
— Je maîtrise pas encore tout à fait ma magie anti-démons. Désolé pour l'explosion magique...
— On a eu le temps de se protéger, c'était rien. Mais du coup t'as fait tout le travail... Alors tiens, les jewels. »
Il lui balança une bourse bien garnie.
« Nan, garde-la, j'en veux pas. C'était pas ma mission.
— Comme tu veux. J'ai encore besoin d'un peu de fric pour la piscine, de toute façon.
— La récompense des Jeux t'a pas suffi ?!
— Je vois grand, Grey.
— Nan, sans blague... »
Le mage de glace leva les yeux au ciel, mais Sting s'esclaffa.
« Remets-toi vite ! Je te laisse te reposer. À plus tard ! »
Grey le regarda s'en aller, puis ferma les yeux. Et sombra presque aussitôt dans le sommeil.
Il ne se réveilla que le lendemain. La bonne nouvelle, c'était qu'il se sentait en pleine forme. Il retrouva le hall de guilde et salua les gens qu'il connaissait des Jeux, et qui semblèrent tous ravis de le voir. Décidément, il aimait bien cette guilde. Si jamais... Si jamais Fairy Tail ne ressuscitait jamais de ses cendres... Il se pourrait bien qu'il considère la proposition de Sting. Mais il n'allait surtout pas le lui dire, sans quoi il allait l'avoir sur le dos toute l'année.
Il rejoignit le maître de guilde et son compagnon qui prenaient leur petit-déjeuner en amoureux, sans se soucier de les interrompre. Les chasseurs de dragons, cela dit, ne lui en tinrent pas rigueur.
« Ça a l'air d'aller mieux ? demanda Rogue.
— Je suis en pleine forme.
— Tant mieux. »
Ils évitèrent d'aborder les sujets qui fâchent – en l'occurrence, Natsu et la dissolution de Fairy Tail – et Grey passa un bon moment. Il adorait Leon, mais il fallait avouer que son ami d'enfance était moitié moins amusant que ces gars-là.
Tout allait bien, donc, quand quelqu'un qui criait son nom le fit sursauter.
« Greeeeeey ! »
Le désespoir et la terreur dans cette voix familière le glacèrent jusqu'au sang.
Happy atterrit sur la table dans un roulé-boulé, envoyant valser les verres et les assiettes.
« J'ai... J'ai fait aussi vite que j'ai pu... commença-t-il en essayant de reprendre haleine. Mais je savais pas où t'étais...
— Happy, calme-toi ! Qu'est-ce qui se passe ? »
Le pauvre chat avait apparemment dépensé toute son énergie magique en volant jusqu'ici en quatrième vitesse.
« Je suis rentré à la maison mais t'y étais pas... expliqua-t-il d'une petite voix. Alors je suis allé à Marguerite mais t'y étais pas non plus... Alors je suis venu ici... »
Grey écarquilla les yeux. Il avait du mal à respirer.
« Happy... murmura-t-il d'une voix à peine audible. C'est... C'est Natsu ? »
Le chat se mit à pleurer. Grey le regarda, incapable de bouger. Le temps s'était arrêté. Il attendait ce que Happy allait dire, tout en souhaitant de toute son âme de ne pas l'entendre.
« Il a disparu ! s'écria le chat. Ça fait deux semaines ! J'ai attendu toute la première semaine qu'il réapparaisse et puis j'ai eu peur... Mais j'ai mis trop de temps à te trouver !
— Attends, intervint Sting. Comment ça, 'disparu' ? »
Happy le regarda en clignant des yeux, perdu.
« Happy, appela Rogue doucement. On va t'aider, ne t'en fais pas. Quel que soit le problème, on trouvera une solution. Prends ton temps. »
Grey eut presque envie de le frapper, mais il savait qu'il avait raison et se força à ne pas bouger. Happy se redressa et prit quelques inspirations tremblantes avant de poursuivre ses explications :
« Il s'est souvenu qu'Igneel lui avait laissé quelque chose dans un volcan. Il a dit que c'était son héritage. Il est descendu tout au fond du cratère. J'ai pas pu le suivre parce que c'est pas possible pour quelqu'un d'autre que lui de respirer là-dedans... Les jours sont passés... et il est pas revenu. Je savais pas quoi faire... Je pouvais rien faire... »
Un silence de plomb succéda à ses explications. Puis, Rogue prit Happy dans ses bras et lui caressa la tête. Grey se contentait de le fixer, tétanisé.
« Ça va aller, reprit le Dragon de l'Ombre. Tu sais ce que c'est, cet héritage ?
— Non... Je sais juste que la magie d'Igneel était là. Elle imprègne toute la région. Elle crée des phénomènes bizarres, elle transforme les gens et les bêtes... C'était une magie pour Natsu. Il est allé prendre son héritage. »
Lentement, Grey se leva.
« Je vais le chercher », annonça-t-il.
Sting et Rogue se levèrent à leur tour.
« Volcan ou pas volcan, n'essayez pas de m'en dissuader, prévint-il d'un ton dur.
— Ce n'est pas ce qu'on allait faire, dit Sting. On vient avec toi. »
Grey les regarda tour à tour, puis hocha la tête. Il prit Happy à Rogue et le serra contre lui.
« Tu n'aurais rien pu faire. Merci d'être venu me chercher. On va le trouver. Je te le jure sur ce que j'ai de plus sacré. »
Le chat acquiesça en baignant son torse de larmes. Grey serra les dents. Il ne pensait plus. Toutes ses ressources mentales étaient concentrées pour lutter contre la terreur qui grandissait dans son cœur. Il aurait besoin de toute son énergie pour le voyage et ce qui l'attendait là-bas. Il ne pouvait autoriser ses émotions à prendre le dessus.
Il sursauta en sentant la main de Sting sur son épaule.
« Laisse-nous juste cinq minutes, Grey. On rassemble quelques affaires et on va chercher nos chats, et on te rejoint. Ne pars pas sans nous. »
Il acquiesça comme dans un rêve. Il navigua à vue jusqu'aux portes de la guilde, Happy toujours dans ses bras.
« On va le retrouver, répéta-t-il. Même si je dois geler tout un foutu volcan pour ça. »
*Pendant que Fairy Tail luttait contre Tartaros, Leon s'est tapé l'intégrale de Naruto. Ça a laissé des traces...
