Bonjour à tous !
C'est enfin les vacances et je vous offre ce chapitre en avance. En effet, j'ai eu le temps de le finir et je ne pourrais pas le poster demain. En général, le 14 juillet est passé sur la plage puis devant le feu d'artifice sur une terrasse et celui-ci ne fera pas exception.
Bonne lecture et bonnes vacances à tous. Dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre.
Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
Chapitre 55 : Le visage du démon
Cela faisait exactement trois jours que l'article sur la brune avait été publié. Trois jours depuis que de déplaisantes rumeurs circulaient sur le caractère absolument épouvantable de la brune.
Celle qui écrasait ses ennemis avec une cruauté croissante, lançant des attaques venimeuses et utilisant des mots acides n'avait pas décoléré depuis. Les idiots dénués d'instinct de préservation étaient toujours dans son collimateur, mais ils avaient beaucoup de chance pour le moment.
Heureusement pour Sketter, la journaliste disposait d'un répit. Ce 24 novembre, Harmonie avait des choses plus importantes à faire que de traquer et d'éliminer une simple journaliste. Affronter un terrifiant dragon de cinq tonnes était plus urgent, du moins lorsqu'on savait correctement trier ses priorités.
Le matin de l'épreuve, alors que le soleil ne s'était levé que depuis trois heures, les quatre champions du Tournoi furent convoqués dans le parc du château. Ils furent vite séparés des autres étudiants qui se dirigeaient massivement vers une grande structure émergeant derrière le terrain de Quidditch.
Harmonie et les autres furent conduits dans une tente jouxtant une grande arène aménagée pour l'occasion. La brune jeta de discrets coups d'œil vers les autres champions dont les visages graves et pâles indiquaient qu'ils se sentaient mal à l'aise, même s'ils n'étaient plus terrifiés par l'idée d'une confrontation avec l'inconnu.
Ludo Verpey les attendait devant la tente, mais son visage affichait une expression qu'il était bien le seul à partager. Il était tout excité, impatient de voir les quatre là faire la démonstration de leur courage et de leur audace.
A l'intérieur de la structure de toile, on entendait le murmure de la foule qui semblait impatiente, avide d'action et la brune avait la désagréable impression d'aller à une corrida, sauf que ce serait elle qui serait mise à mort.
- Voici nos champions et championnes ! s'extasia t-il avec un enthousiasme peu contagieux. Je suis sûr que vous attendez avec impatience votre épreuve, non ?
L'expression sur le visage des quatre indiquait qu'ils en avaient assez de ce baragouinage. Ils n'avaient pas spécialement envie d'aller affronter le dragon, mais ils avaient également hâte que ce soit terminé. Ils préfèreraient esquiver ce qu'il y avait entre les deux, mais ils n'avaient pas le choix.
- Vous allez entrer chacun votre tour dans une arène et devrez prendre l'œuf d'or, gardé par une créature. Il y a différents, euh, modèles. Vous verrez lors du tirage.
Un œuf en or ? songea la brune, effarée. Est-ce qu'ils essayent de nous transformer en saucisses grillées ? Il est bien connu qu'une dragonne est très territorialle, particulièrement protectrice envers son nid. De plus, ces créatures adorent tous les objets précieux, gardant jalousement leurs trésors, tuant ceux qui s'approchent de leurs butins qu'ils connaissent par cœur.
Combiner ces deux points, l'amour de l'or et la protection des œufs était complètement fou ! Encore heureux que les organisateurs avaient déclaré vouloir éviter qu'il y ait des morts cette année, songea t-elle avec cynisme. Qu'y aurait-il pu y avoir de pire que des dragons ?
En fait, après une brève seconde de réflexion, la brune savait qu'il y avait pire. Elle n'aurait pas voulu tomber sur une manticore ou sur un Nundu.
Verpey tenait un large sac de cuir mal tanné et le tendit à la brune.
- Honneur aux dames et à la plus jeune, dit-il sans se départir de son sourire malvenu.
Inspirant un bon coup, Harmonie tendit une main hésitante et elle piocha une petite figurine, représentant un Suédois à museau court. Un animal dont le souffle pouvait incinérer les os en quelques secondes.
- Putain, jura t-elle, en voyant le numéro autour du cou de l'animal, le deux.
Au final, Diggory eut la chance de tomber sur un Vert gallois, le moins dangereux de la fournée. Delacour eut droit à un aggressif Boutefeu chinois, tandis que Krum tomba sur le Magyar à pointes, le pire de tous. Pour avoir vu un de ces animaux écraser un Pansedefer ukrainien, il savait à quel point il était dangereux.
- Vous avez un vestiaire pour vous changer et revêtir votre uniforme de champion, les prévint Verpey. Vous n'avez droit qu'à votre baguette pour combattre, rien d'autre. Nous vous laissons réfléchir quelques instants sur la façon la plus adaptée pour procéder, puis nous viendrons chercher Miss Delacour dans dix minutes.
La brune s'enferma dans son vestiaire, encore tremblante, avant de s'appuyer contre un mur, chassant la crise de panique qui menaçait de la saisir. Prête à tout pour mobiliser son esprit pour ne plus qu'il se focalise sur l'angoissante tâche, elle observa la tenue des champions.
L'uniforme se composait d'une longue cape noire aux armoiries de leur école, surmontées par son propre nom. Les manches longues étaient légèrement amples, pour ne pas la gêner dans ses mouvements et le bas de sa cape était ouvert, lui permettant de réaliser de grandes foulées. La brune portait des bottes confortables et adaptées à sa pointure, alors qu'elle gardait sa main droite dissimulée dans sa manche. Heureusement, il n'y avait aucune interdiction traitant des protections dissimulées sous sa cape et elle en profita pour conserver sa cape en peau de basilic, spécialement traitée pour résister aux flammes.
Harmonie observa la fiole qu'elle avait préparée, conservée dans son uniforme ordinaire et soustraite à la vue des juges. Le liquide blanchâtre qui exhalait une odeur douceâtre était un philtre de vitesse pour accélérer ses mouvements. Décidée, elle avala la fiole au goût amer, laissant le produit descendre dans son estomac et s'insinuer dans ses veines. La brune fit disparaître le récipient de verre d'un coup de baguette, ne laissant aucune trace de ce dopage. Elle pria pour que la potion continue de faire effet jusqu'à son passage.
Fleur passa la première, disparaissant raidement entre les deux battants de toile.
Ne rien voir semblait être le pire, tant les commentaires faisaient fonctionner l'imagination de ceux qui ne voyaient pas la scène et qui commençaient à angoisser en entendant les hurlements de la bête et les clameurs de la foule. Les commentaires excités, voire hystériques de Verpey, n'aidaient en rien à les calmer.
Quelques minutes plus tard, alors que les champions muets faisaient tous les cent pas dans la tente, on annonça la victoire de Fleur, dont la cape roussie indiquait qu'elle avait été touchée par l'extrémité des flammes.
Verpey revint, accompagnée de la demi-vélane qui semblait presque en état de choc. Harmonie angoissait de plus en plus, alors que son tour venait. Le dernier grand reptile qui l'avait attaquée l'avait laissée avec un bras en moins.
Fatalement, elle dut emprunter le même chemin, ce couloir de la mort qui conduisait à une galerie souterraine, elle même débouchant sur une arène rocheuse. Pour l'instant, elle occupait une zone périphérique située en contrebas de la plate forme de duel, hors d'atteinte du dragon. Devant elle, des escaliers de pierre la menaient vers le champ rocheux et vallonné, dont le centre était occupé par le nid de la mère.
La brune observait les visages curieux du public silencieux, ainsi que des juges, avançant prudemment vers les marches. Accroupie, elle resta au ras du sol, ne laissant émerger que son visage, en se dissimulant du mieux qu'elle pouvait derrière les pierres. Rapidement, Harmonie localisa immédiatement la femelle de quatre tonnes, enchaînée au centre de la place, guettant ses œufs en grondant. Parmi ces oeufs gris et semblables à des pierres, elle distingua l'œuf scintillant de mille feux.
La dragonne attendait, mesurant une quinzaine de mètres, tandis que ses pattes griffues broyaient la roche, indiquant sa rage. La bête aux écailles bleues gardait les ailes dépliées, en une posture intimidante, tandis qu'elle gardait son ventre collé au sol, évitant d'exposer cette section fragile aux attaques.
Toujours hors de vue de la bête, la brune lécha un doigt pour connaître le sens du vent. Elle constata avec soulagement que le dragon ne pouvait pas la sentir, mais qu'il captait l'odeur venant des tribunes. Harmonie regarda le champ de roches, observant les abris possibles pour se dissimuler aux yeux de la bête.
Discrètement, elle leva la tête pour voir l'animal. Celui-ci semblait ne pas trop prêter attention à elle, observant ce qu'il percevait comme plus menaçant, à savoir les hautes tribunes d'où émanait désormais un vacarme assourdissant, fait de sifflets, d'acclamation et d'encouragements.
- Accio œuf d'or, chuchota t-elle en pointant le gros objet doré, mais rien ne vint.
Bien sûr, soupira t-elle avec déception. Ca aurait bien trop simple si les organisateurs n'avaient pas pensé à cette éventualité.
Harmonie changea de stratégie et décida de passer à l'offensive. Le seul point faible de la bête, c'était les yeux et la panique qu'on détruise son nid. Lentement, la brune visa la tête de la bête.
- Aero obscuratio ! dit-elle en envoyant un sort de cécité, plongeant la tête de la créature dans le noir.
Immédiatement, la dragonne apeurée réagit, hurlant et crachant des flammes brillantes d'un bleu éclatant.
Harmonie courut vers le nid, lançant un sortilège d'explosion sur le flanc droit de la créature, qui se détourna immédiatement vers le lieu de l'éclat menaçant, lançant une nouvelle série de flammes.
Satisfaite de sa diversion, Harmonie courut à toute allure, le philtre de vitesse lui donnant l'impression qu'elle avait des ailes. Lorsque la brune toucha l'œuf, à moins d'un mètre de la panse bouffie de la mère encore retournée, elle réprima une grimace. Les flammes avaient chauffé le métal et elle jeta un sort d'Aguamenti pour le refroidir, avant de s'en saisir.
- Potter a attrapé l'œuf d'or ! s'exclama Verpey, sous les acclamations de la foule. Elle a été plus rapide que Miss Delacour ! Dès qu'elle aura rejoint la sortie, l'épreuve sera terminée !
Malheureusement, alors que la brune s'éloignait, son sort de cécité se dissipa en raison de la puissance magique de la bête, qui luttait contre l'aveuglement.
La dragonne regarda son nid et hurla de rage lorsqu'elle fit que l'orbe doré avait disparu. La bête suédoise claqua de la mâchoire, scrutant les environs. Lorsqu'elle vit la brune qui se débinait avec son trésor, elle poussa un nouveau rugissement accompagné d'une gerbe de flammes. La brune esquiva le jet incandescent, se ruant derrière des rochers acérés qui déchirèrent sa cape. Dans sa hâte de se mettre à l'abri, elle laissa tomber l'œuf et le dragon s'en aperçut.
Harmonie n'avait pas le temps de viser les yeux de la bête en mouvement. Elle choisit la manière forte, lançant un sort d'explosion sur la carapace bleutée de la créature ailée. Profitant de la diversion qui lui donnait quelques secondes, elle se rua vers l'œuf pour le récupérer, avant de fuir vers la sortie.
Harmonie resta à découvert un instant de trop, alors que la dragonne enchaînée lança une nouvelle rafale de flammes. Harmonie la vit venir et lança un sort d'Aguamenti, avant de sauter en contrebas de l'arène, dans la partie inférieure située hors de portée de la créature.
Malheureusement, alors qu'elle tombait dans la zone sûre, l'extrémité des flammes brillantes la frappèrent, alors qu'elle tombait hors d'atteinte de l'animal.
A ce moment, un terrifiant hurlement de souffrance fut entendu. Les spectateurs retinrent tous leur souffle, sous tension, alors que la brune poussait un nouveau cri déchirant, provenant de tout les tréfonds de son être.
Immédiatement, Dumbledore, Mme Pomfresh et Croupton descendirent vers la partie sécurisée de l'arène. Peu de gens auraient soupçonné que le vénérable directeur de la prestigieuse institution puisse courir aussi vite. Harmonie avait peut-être terminé l'épreuve, mais ses cris déchirants indiquaient qu'elle avait été gravement brûlée.
Les deux autres champions qui attendaient encore dans la tente étaient à deux doigts de craquer nerveusement devant l'attente, lorsqu'ils entendirent ce rugissement de souffrance. A ce moment, ils tremblaient comme des feuilles, alors qu'ils imaginaient les pires scénarios possibles.
Les craintes s'accumulaient dans leurs esprits, lorsqu'ils virent Dumbledore et Mme Pomfresh traverser leur tente en coup de vent, sans s'adresser à eux. Les yeux des deux garçons s'écarquillèrent, lorsqu'ils revirent le personnel passer, portant un brancard transportant la brune qui gémissait, poussant des râles d'agonie.
Malgré cette vision qui les horrifia, leur faisant prendre conscience du danger qu'ils encouraient, Cédric Diggory et Viktor Krum savaient qu'ils n'avaient pas le choix. Le tournoi ne pouvait être annulé et ils devaient affronter la bête.
Mme Pomfresh amena la brune dans la tente de soin, commençant immédiatement à soigner sa patiente qui avait sombré dans l'inconscience. Elle grimaça en retirant les loques carbonisées qui s'accrochaient à la chair purulente et boursouflée de l'adolescente. Heureusement pour sa santé, Harmonie n'avait été atteinte que sur la moitié gauche du corps.
Harmonie ne le sut pas immédiatement, mais elle resta dans le coma une semaine entière. L'infirmerie fut emplie de visiteurs qui essayèrent de l'apercevoir, mais des rideaux magiquement bloqués empêchaient qu'on la voie. Krum passa également deux jours à l'intérieur de ces murs blancs, les os de sa jambe droite ayant été broyés d'un coup de la queue de l'animal qu'il avait aveuglé avec un sort de conjonctivite.
Lorsque la brune se réveilla, elle se trouva devant une vision familière, celle d'un plafond immaculé. Malgré ses paupières lourdes, elle se força à ouvrir les yeux et à essayer de discerner d'autres détails. L'odeur de désinfectant de cette pièce sinistrement aseptisée la prit à la gorge, alors qu'elle comprenait ou elle se trouvait. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas passé de temps dans cette pièce.
Petit à petit, alors qu'elle se réadaptait, elle sentit que son être était tout engourdi. Levant la tête hors de son oreiller, Harmonie s'aperçut que tout le coté gauche de son corps était entouré de bandages, qui passaient autour de son cou, de sa taille et de sa poitrine.
L'infirmière, qui avait un don pour savoir quand ses patients étaient réveillés, arriva quelques minutes après. Mme Pomfresh regarda la brune avec soulagement, avant de lui poser quelques questions pour savoir ce dont elle se souvenait et éviter une amnésie récessive.
Harmonie revoyait clairement les événements qui se succédaient rapidement, revivant les dernières secondes de l'affrontement. Elle se souvenait de l'adrénaline pulsant dans son corps, lorsqu'elle se jeta à corps perdu dans la zone sûre, alors que les flammes bleutées l'atteignaient et mordaient sa chair.
- Vous avez eu beaucoup de chance, déclara Mme Pomfresh, c'est même un miracle. Beaucoup de sorciers sont morts contre ces dragons. Votre cape vous a sauvée la vie et les dégâts ont été limités à une partie de votre corps. Vous souffrez cependant de brûlures sévères et je vous soigne depuis une semaine. Je vais changer vos pansements, mais vous ne devez pas bouger.
Harmonie resta immobile, tandis que les pansements tombaient au sol, couverts de traces de sang caillé et de croûtes noircies. La brune ne regarda même pas son corps, bouger la tête était déjà à la limite du soutenable. Elle laissa l'infirmière faire son travail, nettoyant les blessures avec un produit cicatrisant pour apaiser les brûlures.
Au moins, songea t-elle, ses yeux étaient intacts.
Elle passa deux autres semaines, immobile, alors que ses blessures étaient lentement nettoyées. Finalement, l'infirmière la regarda dans les yeux pour lui annoncer la vérité.
- J'ai soigné toutes les blessures internes et restauré vos nerfs. Physiologiquement, vous êtes rétablie. Le problème, c'est que les blessures causées par un feu magique sont comme la magie noire, elles laissent des traces indélébiles.
- Vous voulez dire, croassa Harmonie d'une voix larmoyante, que je suis défigurée à vie ?
Le silence de l'infirmière fut édifiant.
Harmonie fixa le miroir et demanda à se voir.
- Je dois voir les dégâts, dit-elle d'un ton neutre. Retirez ces bandages.
L'infirmière hésita, mais le regard que la brune lui donna l'incita à accéder à sa demande. Elle fit tomber les morceaux de gaze et la brune écarquilla les yeux. Sa peau était noircie par endroits, tandis que de nombreuses parties d'elle même étaient couvertes d'escars et de chair roussie et cloquée.
Elle jura, passant une main sur son visage marqué de plaques sombres et disgracieuses, tandis que sa chevelure noire avait significativement raccourcie. Sa coupe dépareillée donnait un aspect étrange, mais lorsqu'elle plissait les yeux, elle remarqua que la tension sur sa chair plissait des zones plus claires, accentuant son regard noir.
Elle passa sa langue sur ses lèvres déchirées et asymétriques, avant de regarder son bras et sa jambe gauche, tous deux couverts de croutes carbonisées.
Harmonie emprunta de nombreux bandages, dissimulant ses membres et revêtit son uniforme. Elle récupéra sa demi-cape en peau de serpent, pour ne pas gacher ce qui pouvait encore être réutilisé.
Baguette en main, elle fut conduite chez Dumbledore. Il voulait s'entretenir avec elle sur son état.
Lorsqu'elle s'installa devant le bureau du vieil homme, on eut cru qu'il avait vieilli de dix ans. Rogue aussi avait de larges cernes sous ses yeux de charbon et son teint était plus cireux que jamais.
- Miss Potter, déclara Dumbledore, je suis navré de ce qui vous est arrivé. Je sais que mes mots n'apaiseront pas forcément votre douleur, mais je vous promets tout mon soutien. Vous avez fait preuve de grand courage et portez ces marques sur vous. J'aurais préféré que vous n'ayez jamais à participer à ce tournoi, mais il m'est impossible de revenir si loin en arrière. Tout ce que nous pouvons faire, c'est vous aider à surmonter cette épreuve. En ce qui concerne le tournoi, vous avez obtenu trente points sur cinquante. Nous avons également récupéré votre œuf qui servira pour la prochaine énigme.
La brune sembla se moquer totalement de cette nouvelle. La personne qui avait mis son nom dans la coupe avait bien failli réussir à la faire tuer. Elle avait survécu, mais au prix de son corps.
- Miss Potter, ajouta Dumbledore, n'ayez pas honte de vous. Vous êtes courageuse et ne laissez personne vous convaincre du contraire. Ne vous isolez pas, n'oubliez pas ceux que vous aimez.
La brune resta impassible, avant de sourire de façon illisible.
- Comme je l'ai déjà dit, dit-elle avec calme, je ne laisserais pas le regard des autres m'influencer.
Rogue prit la parole, tendant un flacon d'onguent.
- C'est une lotion apaisante, dit-il en croisant son regard. Si vos brûlures vous font souffrir, appliquez-en avec un coton sur vos plaies. Si vous vous sentez prête, nous nous reverrons demain. En dehors de nos cours, la porte de mon bureau vous est toujours ouverte.
Harmonie avait raté de nombreuses heures de cours. Heureusement, en tant que championne, elle était dispensée de passer les examens finaux.
Deux heures plus tard, les Serpentard voyaient la brune apparaître de nouveau au milieu de la salle, marquant son territoire avec son aura.
Elle fit sensation, apparaissant comme une blessée de guerre, affichant sans honte ses blessures. Tout criait au respect en elle, alors qu'elle les fixait avec son air supérieur.
- Quoi ? grimaça t-elle, tordant les brûlures qui zébraient son menton. Je vous surprends ?
La brune se retourna vers Daphne Greengrass et sourit, offrant un spectacle d'une terrifiante laideur, l'aspect physique de la brune révélant la profondeur de la corruption de son âme.
- Tu ne pensais tout de même pas te débarasser de moi si aisément ? ajouta t-elle avec sarcasme, se penchant vers la blonde au point que ses mèches sombres caressaient le visage doux de Daphne. Honnêtement, après un Avada et un Basilic, tu espérais vraiment qu'un dragon te libère de mon existence ?
La brune poussa un rire amusé, mais totalement dénué de chaleur.
- Je suis dure à tuer ! siffla t-elle à l'oreille de la blonde qui feignait encore l'impassibilité.
La brune avait toujours ces petits sourires sur le visage et les autres préféraient fixer la partie brûlée de son faciès, celle ou ses expressions étaient dures à lire. Son autre face, intacte, était toujours plus abjecte, alors que sa démence la rendait chaque jour plus abominable.
- C'est bon de te revoir, ajouta Drago en ne sachant pas ou poser le regard, ne voulant ni la vexer, ni l'observer avec précision. On savait tous que tu reviendrais. Ginny t'attend dans ta chambre, si tu la cherches.
Harmonie lui adressa un petit signe de tête, avançant raidement pour se replier dans ses quartiers, alors que ses cheveux disymétriques flottaient derrière elle, plus irréguliers que jamais.
Dans sa chambre, elle vit que Ginny était assise sur le grand lit, l'air maussade.
- Maîtresse, sanglotait-elle en glissant ses mains dans son décolleté. Pourquoi ne revenez-vous pas ? Vous êtes mon univers.
Le conditionnement mental de Ginny avait si bien marché, qu'elle était perdue sans celle qui régissait son existence. Elle avait beaucoup pleuré et avait visité l'infirmerie tous les jours.
- Je suis ici, annonça calmement la brune.
Ginny sursauta et se retourna, les yeux brillants. Elle n'en croyait pas ses yeux, alors qu'elle revoyait sa maîtresse se tenir debout. Harmonie était défigurée, mutilée, mais elle était toujours vivante.
Ginny se jeta à ses pieds, soulagée. Ses larmes sincères poussèrent la brune à lever son visage et à la regarder.
- Ne pleure pas, ajouta t-elle. Ne t'avais-je pas dit que je serais toujours là pour toi ?
Ginny fut infiniment soulagée de la revoir. Elle la regarda avec vénération et reprit la parole.
- Magnifique maîtresse, n'y a-t-il rien de possible pour vous soigner ?
- Non, dit-elle en se changeant et en rejetant ses bandages. Du moins pas dans l'immédiat, ajouta t-elle en ayant une idée. Mais pour l'instant, j'ai besoin de toi, dit-elle en tendant une fiole à la rousse. J'ai besoin que tu me soignes.
Ginny vit sa maîtresse se dévêtir devant elle, exposant son corps meurtri à sa vue, alors que la rousse pâlissait à la vue de cette chair carbonisée et grillée qui marquerait Harmonie à vie, défigurant davantage sa petite silhouette osseuse.
Avec un soin particulier, l'esclave rousse nettoya le dos de sa maîtresse, prenant garde à ne pas appuyer trop fortement sur les larges brûlures.
- Maîtresse, demanda t-elle avec tristesse. Comment faites-vous pour supporter ça ?
- Parce que j'ai fait une promesse, répliqua t-elle avec fermeté. Je ne tenterais plus jamais de me suicider.
Harmonie s'endormit, apaisée, veillée par Ginny qui se comportait avec une attitude protectrice, presque maternelle.
Le lendemain matin, Harmonie retrouva enfin Hermione hors des cours, avant que les classes ne commencent. La née-moldue fut soulagée de la revoir vivante, même si elle s'inquiétait des dégâts qui seraient causés à l'âme de la brune, inévitables conséquences de ce type de traumatismes.
Harmonie la rassura, lui proposant de passer un moment de détente dans le parc dès la fin des cours.
- Bien sûr, ajouta Hermione en esquivant son regard.
Harmonie ne laissa rien paraître, mais elle eut un pincement au cœur. Au moins, Ginny ne l'avait pas regardée avec dégoût.
La brune arriva en retard à son cours de Botanique et elle fit sensation. Seuls les Serpentard l'avaient déjà vue, mais les blaireaux étaient encore plus facilement impressionnables.
Elle arriva légèrement en retard, en raison d'un passage à l'infirmerie pour se refournir en onguent. En même temps, elle organisait sa nouvelle mise en scène, choisissant d'arriver en retard pour que tout le monde se tourne vers elle.
Lorsqu'elle frappa aux portes de la serre, attendant l'ordre du professeur Chourave, elle entra en poussant la porte d'une main, tenant son sac en bandouillière, maintenant sa cape qu'elle n'avait pas fermée. Ses bandages étaient visibles, alors que sa tenue asymétrique déstabilisait ces sorciers bien pensants et voulant l'ordre. Elle ne portait qu'un gant à la main droite et l'une de ses bottes était plus courte que l'autre. Enfin, la moitié de son visage était marquée du rictus ignoble qu'elle arborait dans ses pires instants de malveillance.
- J'étais à l'infirmerie, dit-elle en tendant le mot de l'infirmière, avant de se diriger calmement vers sa place avec les serpents.
Lorsqu'elle marcha dignement, elle se montra digne, hautaine même et entendit l'insulte prononcée par l'un des blaireaux. Elle ne dit rien, faisant comme si elle n'avait rien entendu, avant de regarder sa partenaire du jour, Parkinson, entretenir la plante exotique qu'ils devaient étudier et dessiner à la loupe.
Lorsqu'elle alla chercher le terreau supplémentaire, afin de recouvrir les remuantes racines de la plante, elle découvrit que l'un des précédents élèves, qui n'appartenait pas à sa maison, faisait encore preuve de rancune. La grille isolant la Tentacula avait été ouverte et la plante s'était jetée sur elle, renversant tous les pots sur son passage.
La femme potelée qui les encadrait se rua vers la brune, mais la plante mordit en premier.
Harmonie n'avait esquissé qu'un seul geste pour se protéger. Elle avait levé son bras droit, laissant la plante mordre son membre d'argent massif.
Sous les yeux incrédules du professeur Chourave, Harmonie tira avec violence, retirant son bras en brisant les dents acérées de la plante, qui ne conserva que des morceaux de tissus aggripés à la base des crocs.
- Miss Potter, dit-elle avec étonnement, montrez moi votre bras. Vu la façon dont vous avez tiré, vous avez du vous arracher la chair. Je ne veux pas voir vos blessures s'aggraver.
- il n'y a rien du tout, dit-elle en révélant ce nouveau secret. L'émail de la Tentacula Vénéneuse n'est rien comparé à l'argent de mon bras.
Ce n'est qu'à la fin de l'heure, qu'elle attrapa discrètement un blaireau avec son bras aussi froid que son cœur.
- Tu m'as appelée Gueule d'enfer, dit-elle en l'étouffant. C'est bien cela ?
Le pauvre imbécile bafouilla, virant au violet, alors qu'elle n'avait pas l'intention de le lâcher.
- Ecoute-moi bien, gronda t-elle en plongeant ses yeux morbides dans ceux du Poufsouffle, on dit que l'enfer à un visage. Si jamais j'entends encore une insulte sur moi, en particulier ce type de surnom, je te jure que ton enfer, ici, il aura mon visage !
Harmonie le rejeta à terre, alors qu'il inspirait l'air avec un sifflement viscéral. Se massant la gorge, son premier réflexe était de l'attaquer dans le dos, mais il se retint. S'il voulait vraiment la faire payer, il devrait collaborer avec les ennemis qu'elle s'était déjà faite. Mais il savait que dans le cas contraire, elle serait absolument impitoyable. Il ferait mieux de se taire et d'être très discret, s'il voulait passer entre les mailles du filet.
Pour une fois qu'un de ces imbéciles savait lorsqu'il fallait se coucher. Elle n'allait pas s'en plaindre.
D'ailleurs, Digorry l'attendait à la sortie de la serre. Lorsqu'il la revit, croisant son visage pour la première fois depuis qu'il l'avait vue inerte sur ce brancard, il pâlit légèrement.
- Potter, dit-il en déglutissant et en détournant le regard, je viens pour te dire merci de l'avertissement pour les dragons, je ne saurais pas ce que j'aurais fait sans toi. Sinon, tu sais quoi faire avec ton œuf ?
- Aucune idée, avoua t-elle. En ce moment, j'ai une autre préoccupation d'ordre esthétique.
- Je vois, dit-il avec gêne. Si tu ne sais pas quoi faire, poursuivit-il en chuchotant, essaye de l'ouvrir dans ton bain.
La brune sourit légèrement, offrant un spectacle inhabituel, même si ce rare sourire était éclipsé par le rictus de ses plaies.
Oui, les gens honnêtes se sentaient toujours redevables et ne comprenaient même pas qu'ils se faisaient manipuler.
« Scarface, la balafrée, l'amputée, le déchet … Plein de charmants surnoms de la part de mes opposants et de mes ennemis. Le blaireau roux que vous trimballez derrière vous s'est montré particulièrement créatif. Mais ne culpabilisez pas, ce n'est pas vous qui m'avez poussé sur cette route, je l'ai moi-même choisie. Au final, j'ai compris pourquoi les ténèbres m'attiraient. Contrairement à toutes vos belles idées, la raison première est qu'elles masquaient ma véritable nature, à l'inverse de votre lumière. Mon visage est également un masque, puisque la véritable moi, c'est cette créature tapie en embuscade, que personne ne voit avant qu'elle ne vous saisisse à la gorge. Mon vrai visage est l'ombre, pas cette aristocrate froide et hautaine que vous croyez percevoir. Vous espérez tous me percer à jour, mais vos pitoyables tentatives sont vaines, parce que je vous comprends mieux que vous-mêmes et je lis en vos cœurs. J'ai toujours eu une longueur d'avance et au jeu de deviner les intentions, vous ne pouvez pas gagner. »
Harmonie Potter à Albus Dumbledore, 30 novembre 1996.
