13 Décembre.

Mais j'ai toujours détesté être raisonnable.


Longueur : Two-shots.

Univers : UA.

Pairing : Yaoi – SasuNaruSasu.

Personnages : IC.

Genres : Romance. / Angst.

Rating : M (Un lime).

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent exclusivement à Masashi Kishimoto.


Résumé : Suite de l'OS d'hier.


— Vous n'étiez pas censé m'offrir un verre, plutôt ?

Naruto fut incapable de répondre, estomaqué par l'assurance presque insolente de ce jeune homme plus que charmant. Il en avait croisé des élèves tous très différents les uns des autres depuis qu'il enseignait le ski. Plusieurs lui avaient fait des avances encore moins discrètes que la manière qu'avait Sasuke de le provoquer. Par principe, il n'en avait que très peu profité et n'avait cédé que deux ou trois fois, toujours en ayant longuement pesé le pour et le contre auparavant. Alors pourquoi aujourd'hui en particulier n'arrivait-t-il pas à se raisonner ? Le petit diable sur son épaule avait assassiné le petit ange, et lui plantait son trident dans la peau sans arrêt pour le pousser à céder à ses pulsions.

— Vous êtes incroyable, Sasuke… finit-il par souffler, sa conscience professionnelle en vrac.

Il fallait tout de même qu'il remette de l'ordre dans ses pensées ! Ce jeune homme était assurément fort bien constitué, et son visage, si délicat, si débordant d'assurance, le faisait fondre. Il avait un faible certain pour les bruns au yeux noirs, et son élève correspondait extraordinairement à son idéal. Mais il était mineur. Plus pour longtemps, d'accord, mais il l'était tout de même, et Naruto ne pouvait se résoudre à outrepasser ses obligations en tant que moniteur. Et puis, ce n'était pas parce qu'Itachi lui avait fait un clin d'œil diablement significatif lorsqu'il était venu inscrire son frère qu'il fallait lui donner raison, n'est-ce pas ?

— Et votre hésitation, c'est censé vouloir dire quoi ? s'impatienta Sasuke. Je vais finir par me vexer…

De nouveau, le cerveau de Naruto tourna à toute vitesse, sans grande logique. Il était mineur, mais… ce n'était qu'un verre, non ? Cela ne les engageait pas forcément sur une pente graveleuse, si ? Si, bien sûr. Mais le petit diable avait corrompu les principes de Naruto. Tant pis pour les conventions, cela faisait trop longtemps que personne n'avait plus fait ressentir une telle envie de liberté à notre moniteur.

— Si vous insistez, ce serait malpoli de ma part de refuser. céda le blond en désignant de la main un grand chalet où s'ouvraient les baies vitrées d'un café à l'apparence confortable. Aucun regret pour le reste de la séance ?

Sasuke haussa les épaules en éludant cette idée. De toutes façons, ce n'était pas lui qui avait payé, et il fallait bien trouver un moyen de tuer le temps jusqu'à quinze heures. Naruto acquiesça avec un large sourire, et se dirigea vers le bâtiment, non sans jeter un coup d'œil discret à Sasuke pour vérifier que celui-ci n'avait pas trop de difficultés à marcher seul.

Mais à mi-chemin, Naruto trouva un moyen de concilier ses principes et sa conscience. Réprimant un sourire sournois, il se dirigea effectivement vers le bâtiment, mais pas vers le café.

— Je vous ai dit que je ne voulais pas y aller… grogna Sasuke lorsqu'il se rendit compte que son moniteur le guidait vers le côté du chalet réservé aux instructeurs et aux équipes de la station, là où était affichée une large croix rouge.

— On ne va pas à l'infirmerie, se défendit Naruto, on va dans mon bureau.

Avant que son élève n'aille s'imaginer des scénarii de films romantiques, il le prévint tout de même que ce n'était que pour pouvoir jeter un coup d'œil à sa jambe gauche, qui semblait avoir subi davantage de la chute.

— Et j'ai une machine à café. compléta-t-il avec un sourire mutin.

Sasuke le suivit sans répliquer, ce qui le fit réaliser à quel point ce qu'il faisait était tendancieux. Il surfait avec la limite d'à peu près tout, et le pire, c'est qu'il ne parvenait aucunement à le regretter.

Lorsqu'ils entrèrent tous deux dans son bureau bien chaud comparé à l'extérieur, la différence de température les brûla presque, et ils se débarrassèrent rapidement de leurs gants et de leurs manteaux.

— Vous faites la même chose avec tous vos élèves ? demanda finalement Sasuke en s'asseyant sur l'un des fauteuils, avec un regard résolument aguicheur.

En se retournant, Naruto croisa les yeux brûlants de son vis-à-vis et sentit son cœur palpiter soudain avec une force qu'il ne lui avait encore jamais connu. L'heure était-elle à l'honnêteté ? Après avoir pris une profonde inspiration, le blond daigna enfin avouer :

— Non, et très sincèrement je me suis refusé à faire quoi que ce soit dans le genre quand Itachi vous a inscrit…

— Quoi ? – Le regard de Sasuke s'était soudain fait curieux, et légèrement agacé. – Vous connaissez mon frère ?

Naruto se sentit soudain décontenancé. Certes, il n'avait fait aucune allusion à ce détail depuis qu'il avait rencontré Sasuke, mais tout de même… Pourquoi donc Itachi aurait-il omis de préciser qu'ils se connaissaient ?

— Il ne vous a rien dit ? demanda-t-il sans vraiment attendre de réponse. Je savais qu'il avait un côté mesquin, mais pas à ce point.

En face de lui, Sasuke passa d'un air vexé à un air amusé dans une grimace charmante.

— C'était vous, au bar ? affirma-t-il plus qu'il ne le demanda.

Une fois de plus, Naruto ne sut quoi répondre. Ce jeune homme était décidément plein de ressources. Cela ne faisait que le corrompre davantage.

— Il m'a dit qu'il s'était fait un super pote au boulot, renchérit le brun, un client qui venait régulièrement, plus pour discuter que pour boire, et qui était apparemment tout à fait mon genre.

Naruto leva un sourcil énigmatique, mais n'eut pas le temps de poser la question qui lui brûlait les lèvres, car Sasuke enchaîna immédiatement en lui demandant ce qu'Itachi avait bien pu lui dire pour le convaincre de le prendre comme élève. Tout en préparant leurs cafés, Naruto répondit :

— Rien de spécial… Que son frère était une bille en ski et qu'il trouvait ça triste. Que j'étais le seul moniteur qu'il connaissait et que c'était pour ça qu'il me le demandait à moi.

— C'est vraiment tout ? interrogea Sasuke.

Naruto se retourna pour l'observer. Non ce n'était pas tout. Itachi lui avait dit autre chose, et son petit frère le savait pertinemment. Il le connaissait vraiment bien…

— Il m'a dit quelque chose que j'ai beaucoup de mal à croire. commença le blond avec un léger sourire, satisfait de constater qu'il avait attisé la curiosité de Sasuke. Selon lui, vous êtes coincé et il voulait que je vous aide à vous bouger les fesses.

À l'entente de ces quelques mots, le plus jeune manqua de s'étouffer, ce qui ne manqua pas d'amuser Naruto.

— Si vous me dites des choses comme ça, autant me tutoyer tout de suite ! protesta le brun, visiblement plus pour dire quelque chose que pour réellement donner son avis.

Plus il en découvrait sur ce jeune homme, plus Naruto trouvait qu'il lui plaisait beaucoup. Après tout, pour son âge il avait l'air d'avoir la tête sur les épaules, et apparemment, il n'avait pas froid aux yeux. Itachi lui avait-il menti pour les pousser à faire connaissance ? En tous les cas, la perspective de tenter quelque chose avec Sasuke n'avait plus l'air d'être une si mauvaise idée que cela. Mais il fallait tout de même qu'il pense aux priorités.

— Pourquoi pas ? fit-il d'une voix calme. Tu me laisses voir ta jambe, alors ?

Sans attendre de réponse, il se dirigea vers son élève et s'accroupit devant lui en dardant vers lui un regard interrogatif. Mi-amusé, mi-exaspéré, Sasuke céda plutôt rapidement compte tenu de ses tendances à l'entêtement. Naruto en fût d'ailleurs le premier étonné. Le brun leva la jambe de son pantalon de ski pour laisser apparaître sa peau déjà tâchée de bleus. Un large hématome commençait déjà à couvrir son mollet. Après vérification, il s'avéra qu'il n'y avait rien de grave ; Sasuke s'en sortirait seulement en ayant mal partout pendant quelques temps.

— Alors… moi je suis quand même curieux de savoir pourquoi ton frère te trouve coincé. ricana Naruto en se relevant.

Il se dirigea vers la machine à café, non sans jeter quelques œillades suggestives à Sasuke, qui semblait chercher ses mots.

— Hm… peut-être parce que pour le moment, je n'ai eu qu'un copain, avec qui ça n'a en plus pas duré long. Et qu'il n'a pas tout à fait tort sur le fait que je ne vais pas facilement vers les autres. – Il laissa filer un silence avant de compléter : – Et puis les gens de mon âge ne m'intéressent pas, je les trouve bien trop gamins.

En récupérant les tasses, Naruto souffla un petit rire badin. Décidément, Sasuke faisait visiblement tout pour le tenter. Ajoutez à cela un charme indéniable, et une satanée envie qui étreignait l'estomac du blond, et voilà pourquoi, en servant sa tasse de café à son élève – qu'il ne considérait plus du tout comme tel –, Naruto s'assit très près de lui. Leurs genoux se touchaient presque, ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux du brun. Il releva un coin de ses lèvres en un rictus à en tomber en pâmoison, et se rapprocher encore davantage pour annihiler la distance qu'il restait entre eux. Toutefois, lorsque leurs genoux s'entrechoquèrent, Sasuke ne put s'empêcher de grimacer en se mordant la lèvre… Il avait simplement oublié les conséquences de sa chute… !

Naruto se retint de lui demander si ça allait, ayant déjà eu largement l'occasion de constater la fierté légèrement déplacée du brun. Mais ce à quoi il ne s'attendait pas, c'est de voir Sasuke s'enfoncer dans le fauteuil avec une pose théâtrale en soufflant :

— C'est bien ma veine… m'faudrait quelque chose pour oublier. marmonna-t-il, les yeux fermés.

Dans l'esprit de Naruto, toutes ses théories avaient levé le camp. Il ne parvenait plus à aligner qu'une seule pensée logique : il avait très envie de Sasuke, surtout quand celui-ci s'offrait ainsi à ses yeux avides. Comme au travers d'un voile, il s'entendit demander :

— Quelque chose comme quoi ?

À nouveau, leurs regards se croisèrent. Mais cette fois, ils brûlaient d'une intensité nouvelle, d'une volonté malheureusement encore briguée par la seule question qui subsistait : qui craquerait le premier ? Ils se jaugèrent ainsi pendant quelques secondes, qui leur parurent à tous deux une éternité, avant que Sasuke ne se redresse vivement sur son fauteuil.

— Ok, j'en ai marre des sous-entendus. s'impatienta-t-il en cherchant un endroit pour poser sa tasse. Et je ne sais pas pourquoi, avec toi j'ai envie d'être direct. poursuivit-il en récupérant le mug de Naruto pour l'en débarrasser. J'ai envie de toi. acheva-t-il en plantant un regard bouillant d'envie dans celui du blond, qui n'avait rien à lui envier.

Ces quelques mots achevèrent de faire voler en éclats les dernières résistances de Naruto. Dans un accès de folie, il agrippa d'une main le col du pull de Sasuke, et de l'autre sa nuque, pour se jeter sur ses lèvres rosies par le froid. Avec une douce violence, ils tentèrent de prendre le dessus sur l'autre, sans vraiment y parvenir. Leurs souffles se mêlaient, puis se séparaient, leurs bouches exploraient passionnément le corps inconnu de l'autre et leurs mains se frayaient des passages secrets entre les replis de leurs vêtements.

Dans la poitrine de Naruto, il sentait que son cœur prenait beaucoup trop de place. Était-ce l'idée d'être si intime avec quelqu'un qu'il connaissait à peine qui l'excitait et le transportait à ce point ? Ou bien toutes ces sensations plus agréables les unes que les autres n'étaient-elles que l'unique fait de Sasuke ?

Il n'avait guère envie de se poser des questions, l'instant était beaucoup trop savoureux. Il fit glisser ses mains jusque sous les fesses de son amant pour l'attirer un peu plus à lui, et adora le regard aguicheur que lui lança Sasuke lorsque celui-ci s'installa sur ses genoux en le dominant d'une bonne tête. Il aimait le manque de certitude que lui inspirait cet homme.

Remontant une main dans son dos, il vint suçoter la peau tendre de son cou pour y laisser sa trace, se fichant éperdument de savoir si cela gênait Sasuke. Il promena ensuite une main baladeuse entre le pull et le pantalon du brun, puis vint doucement effleurer ses côtes avant de trouver progressivement le chemin vers ses tétons. Naruto était en train de les titiller lorsqu'il crût bien perdre la raison. D'un geste expert, Sasuke avait dézippé la fermeture éclair de son pantalon, et glissé une main assurée vers son sexe, stimulé par leur échange un peu fou. Il savait y faire, le bougre… Même entravé par le tissu serré du caleçon, il parvint à faire soupirer et grogner Naruto à sa guise. Tantôt du bout de ses doigts agiles, tantôt de toute sa main, il s'amusait apparemment beaucoup de voir le blond perdre pied peu à peu.

Entre caresses et baisers, Naruto perdit le fil du temps qui s'écoulait. Il savoura les attentions de Sasuke – ainsi que sa dextérité sans faille – et le couvrit lui aussi d'affection. Pourquoi lui plutôt qu'un autre, il n'aurait su le dire, mais la raison lui importait peu. Les émotions que lui faisait ressentir cet homme étaient folles et douces à la fois, et agréablement nouvelles. Lui qui détestait la routine, il fut charmé, autant par Sasuke que par les sentiments qu'il lui inspirait.

Enivré, Naruto enleva son pull au brun pour mieux profiter de la vue plus que satisfaisante. L'embrassant un peu partout, il le serra dans ses bras avant de remonter doucement vers son visage pour croiser son regard, fiévreux. Il ne devait pas être mieux… Ne pouvant y résister plus longtemps, il s'empara de nouveau de ses lèvres en glissant sa main le long de sa mâchoire. Il perdit ses doigts dans les cheveux noirs sans briser leur baiser. Combien de temps leurs langues dansèrent-elles ainsi ? Nul n'aurait su le dire, mais cela n'avait pas la moindre importance. Naruto se sentait extraordinairement bien, pour la première fois depuis longtemps.

Désireux tout de même de ne pas casser la beauté du moment en faisant un faux pas, il laissa subtilement le calme reprendre ses droits, puis, se détachant à peine des lèvres de Sasuke, susurra, les yeux fermés, en frottant subrepticement leurs nez l'un contre l'autre :

— On va peut-être s'arrêter là pour aujourd'hui, non ?

Le brun prit un peu plus de recul, une lueur indéchiffrable dansant dans son regard.

— Ce serait raisonnable, en effet… Mais j'ai toujours détesté être raisonnable. paracheva-t-il en retirant son tee-shirt à Naruto, avant de retourner à l'assaut de sa peau.


Suite et fin de ce two-shots. Il vous a plu ?