Il était grand de sortir la suite de cette histoire, je vous pris de m'excuser et j'espère que vous apprécierez et que mon style n'a pas trop changé… Vu le temps qui a passé, j'ai gardé la trame principale, mais je me suis permise de prendre quelques petits raccourcis, j'espère que cela ne se remarquera pas trop.
CHAPITRE 14 : Ginny
C'était les vacances d'été, enfin. Hermione se surprenait à y penser de cette façon, puis elle se rappelait qu'elle n'était plus à Poudlard et que sa formation au Ministère lui garantissait tout sauf des vacances aussi longues que régulières.
Quand elle y pensait, Hermione se surprenait à laisser un étrange sentiment de nostalgie se propager dans chaque fibre de son corps. Elle ne s'était pas rendu compte avant très récemment à quel point elle se sentait attachée et dépendante de Poudlard. C'était une sensation très étrange, deux ans après avoir fini sa scolarité, un an après y avoir vécu une guerre, que de se rendre compte qu'un lieu pouvait lui manquer autant. Elle voulait y retourner, retourner à cette vie si innocente, si dénuée de problèmes d'écolière, quand bien même la sienne ne l'ait en soit pas tellement été.
Elle était un peu jalouse de la génération future qui pourrait-elle y goûter sans problème et pourtant une part d'elle lui disait qu'elle ne serait pas la même personne, qu'elle n'aurait sans doute que peu d'amis, qu'elle ne se battrait pas pour les même causes, pour aucune peut-être même. La part la plus sombre de son cerveau lui glissait même par moment qu'elle aurait pu finir par être simplement une personne assoiffée de pouvoir et de réussites professionnelles.
Une part d'elle-même qu'Hermione s'empressait souvent d'étouffer, car cela lui faisait souvent penser à Bellatrix et à ses inquiétudes que Lucius Malefoy avait réussi à calmer, à la fois par son récit et sa simple présence, sa simple intention.
La jeune femme ne se sentait pas très bien vis-à-vis de tout cela. Un sentiment un peu traître, qui lui laissait un arrière-goût tout sauf agréable, s'était insinué en elle à chaque fois qu'elle se surprenait à penser à Lucius Malefoy, à la gratitude qu'elle éprouvait pour lui, à la sympathie qui la gagnait quand elle y songeait. Une sensation assassine qui lui donnait presque envie de s'insulter, qui lui faisait regretter toutes ses actions, qu'elle devrait avoir honte vis-à-vis de toutes les personnes qui avaient souffert pendant la guerre à cause de lui, honte à cause de Ron qui ne connaissait pas le moindre détail de ce qu'il se passait au Manoir.
Hermione se surprenait réellement à le regretter quand cette voix lui glissait que c'était une sorte de trahison envers son petit-ami. C'était dans ces moments-là qu'Hermione se sentait le plus étrange. Parce qu'elle avait beau y réfléchir intensément, elle ne voyait pas la signification de ce sous-entendu persistant, ni même son origine.
A cause de son obsession pour Bellatrix Lestrange et sa lubie de vouloir défendre l'ancien Mangemort, elle avait bien conscience de s'être éloignée de façon assez significative de Ron et de s'être rapproché de Lucius Malefoy. Le couple se voyait moins, c'était un fait. Ils avaient aussi beaucoup plus de mal à commencer de longues conversations comme ils en avaient l'habitude et quand c'était le cas, Hermione ne pouvait s'empêcher de se dire que cela manquait de mordant, d'implications, de fond. En fait, elle se surprenait à tellement apprécier les joutes verbales, si l'on pouvait appeler ça ainsi, qu'elle entretenait avec Lucius Malefoy et ces moments où il lui laissait découvrir un nouvel aspect de lui, plus humain, presque fragile, que la jeune femme avait pris une grande décision. Peu importe à quel point elle se sentait redevable pour ce qu'il lui avait appris – ce qui était considérablement stupide puisqu'elle-même remplissait sa part du marché – elle avait décidé que dès qu'il n'aurait pu rien à lui dire et dans la mesure où elle n'aurait plus besoin de lui parler pour le défendre devant le Ministère, elle l'éviterait autant que possible.
Et insidieusement, contre sa volonté, elle se sentait coupable de ressentir ça, comme s'il n'était qu'une petite chose fragile qui n'avait besoin que du peu d'attentions qu'elle s'apprêtait à lui retirer. Même si Hermione avait l'impression d'être une vraie girouette par rapport à ce qu'il se passait dans sa tête, elle ne pouvait qu'admettre qu'il s'agirait de pure mauvaise fois que d'ignorer ce fait. Parce que c'était un fait, Lucius Malefoy avait un véritable potentiel humain. C'était un homme comme un autre que la société avait abandonné depuis bien longtemps et qui attendait – même s'il ne l'aurait sans doute admis pour rien au monde – uniquement que quelqu'un vienne le sortir de la caverne dans laquelle son humanité s'était terrée.
C'était en partie ce que son récit sur Bellatrix lui avait appris.
Tout comme il l'avait aidé à se sortir elle-même de cette boucle infernale de peur irrationnelle. Et pourtant, elle avait l'impression que quelque chose ne serait plus jamais pareil, qu'une part d'elle avait entièrement été modifiée par cette expérience, bien qu'elle n'arrive pas à mettre le doigt dessus.
Hermione tentait malgré tout de l'ignorer, depuis quelques semaines. Elle présentait qu'elle avait tous les éléments en main pour comprendre entièrement la situation. En fait, si elle voulait être honnête avec elle-même, la jeune femme les avait.
Durant leur quelques derniers rendez-vous, Hermione avait petit à petit commencé à se rassurer, à comprendre, à seulement ressentir un profond soulagement, une certaine curiosité envers toute cette histoire et une sympathie inexplicable pour Lucius Malefoy.
Elle comprenait, sans problème, que c'était tous les événements que Bellatrix Lestrange avait vécus qui l'avait fait devenir telle qu'elle l'avait connu. Des événements tellement hors de portée d'elle-même qu'Hermione n'envisageait pas que cela puisse lui arriver. Elle comprenait bien que personne n'était à l'abri de ce genre de folie, mais – et il s'agissait peut-être d'un manque de considération – elle se sentait à l'abri.
C'était un mal pour un bien – si l'on pouvait considérer ça comme un mal. Hermione s'était presque débarrassée d'un de ses démons, auquel elle ne pouvait s'empêcher de penser à longueur de journée, elle en avait trouvé un autre, plus incertain, plus terrifiant encore.
—Hermione !
L'interpellé sursauta violemment et son cou craqua quand elle redressa la tête pour fixer la personne l'ayant interrompue dans ses pensées – bien que dans l'état actuel des choses et à cause de ce à quoi elle pensait elle l'aurait bien prise dans ses bras pour la remercier.
La jeune femme sourit largement et se redressa.
—Ginny. J'ai cru que tu n'arriverais jamais !
La jeune rouquine, de deux ans sa cadette, fronça son nez recouvert de tâche de rousseur et s'assit en face de son amie à la table du Chaudron Baveur où elle était installée. Les deux jeunes femmes avaient prévu de passer leur journée ensemble sur le Chemin de Traverse pour fêter leur retrouvaille maintenant que la moins âgée avait fini ses études à Poudlard quelques jours auparavant. Quand elle y songeait vraiment beaucoup, Hermione se demandait parfois comment elle et Ginny avaient été amenées à vraiment devenir amies. Cela n'avait jamais vraiment été le cas avant. Puis, du jour au lendemain, elles s'étaient rendu compte qu'elles pouvaient être plus que de simples connaissances et que quitte à se côtoyer souvent, autant bien s'entendre.
—Crois-moi j'aurais adoré venir plus tôt mais…
Elle soupira.
—Hier Harry et moi sommes allés manger à la maison et nous y sommes restés dormir. Et ce matin Maman a commencé à vouloir nous parler de mariage et d'organisation – parce que tu sais, on lui dit hier qu'on allait le faire… dans trois mois…
Ginny regarda pensivement sa main gauche en la triturant pensivement. Son annulaire arborait un magnifique anneau doré, surmonté d'un minuscule petit rubis. A l'image de ce qu'Harry avait toujours recherché : la discrétion.
—Harry m'en parlait depuis tellement longtemps, je suis tellement contente pour vous ! S'enthousiasma Hermione.
—Si seulement Maman pouvait seulement l'être aussi !
Ginny souffla profondément, comme pour expirer tous ses tracas soudain.
—J'ai l'impression qu'elle est tellement excitée et angoissée par tout ça que j'ai l'impression qu'elle ne réalise même pas que sa petite fille va se marier avec l'homme de sa vie et de surplus son beau-fils idéal !
Hermione sourit doucement.
—Ne t'inquiète pas, je suis sûre que dès qu'elle aura eu assez de temps pour digérer l'information, elle aura tout le temps du monde pour se réjouir.
Ginny eut une petite moue moqueuse.
—Ou de se demander quand est-ce que son dernier fils se décidera enfin à se marier alors qu'il vit en concubinage depuis maintenant un certain temps…
Elle s'appuya un peu sur le rebord de la table, pour se rapprocher de son amie.
—Alors Hermione, quand aurais-je l'honneur de devenir ta demoiselle d'honneur ? S'exclama Ginny avec un enthousiasme un peu trop débordant.
Hermione eut un sourire triste.
—Tu es resté trop longtemps à Poudlard, loin de tout, Ginny.
La rousse fronça les sourcils.
—Qu'est-ce que tu veux dire ? Harry ne m'a rien dit, Maman non plus.
Hermione détourna le regard, un peu gênée.
—Ron et moi ce n'est pas toujours au beau fixe ces derniers temps. On a… un peu de mal à se comprendre, pourrait-on dire…
—Tu veux parler de cet article, qui est paru dans la Gazette ?
—Entre autre, oui.
Ginny souffla un grand coup.
—J'avoue que je ne comprends pas pourquoi tu fais ça. Et je pense que Ron non plus, mais il y a un moment où on doit faire suffisamment confiance à quelqu'un pour lui faire une confiance aveugle et ne plus se poser de questions, la laisser faire ce qui est juste.
Une confiance aveugle… C'est exactement ce que m'accorde Lucius dans le cadre de son procès… Songea Hermione avant de se reprendre et de reconcentrer sur ce qui était vraiment important : sa relation avec Ron et sa discussion avec Ginny.
—Mais est-ce qu'on peut vraiment lui demander d'accepter une chose contre laquelle il est totalement contre ? Demanda-t-elle alors à la plus jeune.
—Tu es l'amour de sa vie, vous êtes faits l'un pour l'autre, ça ne veut pas dire que vous devez être d'accord sur tout ou renoncer à vos convictions !
Hermione sourit tendrement, touchée par les paroles de son amie, mais peu sûre de son opinion à ce sujet.
—Je pense que c'est pour ça que nous nous sommes mis d'accord sur le fait de ne jamais en parler ensemble et sur le fait que je ne dois pas ramener de travail à la maison.
Elle soupira en posant son menton sur la paume de sa main.
—Mais c'est frustrant de passer autant de temps à faire tout ça et de ne pas pouvoir en parler avec mon petit-ami quand je rentre à la maison. Je ne peux en parler avec personne en fait. Tous ont l'air de trouver ça trop malaisant, même à Harry je ne peux en parler que de façon superficiel car il ne veut pas trop s'impliquer vis-à-vis de la famille Weasley.
Ginny haussa les sourcils.
—Et pourquoi ça ?
—Je crois qu'il considère que vous voyez tous ça d'un très mauvais œil et avec le mariage qui va arriver, il ne veut pas créer de tension inutile.
La rousse secoua la tête.
—Je vais lui en toucher deux mots en rentrant…. Mais Hermione, si tu veux parler à ton meilleur ami, il faut que tu le fasses. Personnellement je n'y verrais aucun inconvénient et je ferais en sorte qu'il en soit de même pour le reste de ma famille. Tu en fais quasiment parti et il n'y a pas de raison que tu sois tenue à l'écart… Je crois même avoir lu une lettre où Maman écrivait qu'elle était impressionnée par tous les efforts que tu faisais un jour (elle eut un petit rire) même si je crois qu'elle ajoutait ensuite que tu ferais mieux de penser à convaincre Ron de te demander de l'épouser…
Hermione sentit un poids en moins qui disparut de ses épaules. Les paroles de Ginny étaient très importantes pour elle, comme si elle avait vraiment besoin de les entendre après tout ce temps à se sentir coupable envers la famille Weasley qui avait une opinion pouvant s'opposer à ses convictions. Et pourtant, sans qu'elle ne comprenne trop pourquoi, la jeune femme se sentait toujours un peu mal à l'aise, comme si elle ne méritait pas entièrement cette confiance qu'on plaçait en elle. Elle voulu y réfléchir, trouver la réponse à ce petit désagrément, mais son esprit lui demanda de se concentrer sur le moment présent : elle avait une amie avec qui passer une journée entière sans se poser de question et cette journée avait l'air de s'annoncer lumineuse alors que les deux sorcières sortaient sur le Chemin de Traverse et se faisaient éblouir par les rayons du soleil.
Elles trainèrent tout l'après-midi dans les rues et les boutiques du quartier sorcier, le sourire aux lèvres et se racontant l'année passée. Ginny réussit même à les déloger de chez Fleury et Bots en moins de deux heures, à sa grande fierté.
Hermione trouvait ça ressourçant. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne pensait plus à tous ses soucis quotidiens qui revenaient la hanter presque en permanence. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait l'impression de redevenir une adolescente loin de tout tracas.
Cependant, comme le disait le proverbe Moldu, toutes les bonnes choses ont une fin. Ainsi, Hermione ne fut pas surprise quand au détour d'une ruelle leur permettant de gagner un certain temps en évitant de traverser la rue principale, elle tomba nez à nez avec quelqu'un qui, bien entendu, réveilla en elle ses doutes, ses questions et ses préoccupations.
Néanmoins, la jeune employée du Ministère ne s'attendait clairement pas à cette perturbation-ci. Elle haussa les sourcils et resta un instant sans rien dire avant de finalement se reprendre.
—Mal…
Elle marqua un temps d'arrêt.
—Drago ?
Hermione ne savait pas ce qu'il fichait ici. D'après son père, il était censé être loin d'ici, là où il l'avait envoyé en compagnie de sa mère. Est-ce que Lucius Malefoy lui avait menti ? Ce n'aurait pas été totalement étonnant mais cette simple idée la blessait étonnamment. Une petite voix dans son esprit lui glissa que ce n'était pas une information capitale et que de toute façon, il ne lui devait rien. Elle répliqua mentalement en se disant que de toute façon, Drago était un grand garçon, capable de prendre ses propres décisions et que, peut-être, son père n'y était pour rien. Elle ne pouvait inexplicablement se permettre de l'appeler par son nom de famille. C'était ainsi qu'elle évoquait son père dans sa tête et cela lui rappelait beaucoup trop celui-ci, ne lui permettait pas de les distinguer suffisamment l'un de l'autre.
Hermione se ressaisit quand elle le vit hocher la tête dans leur direction respective, les saluant poliment, et elle sentit Ginny se presser derrière elle pour voir derrière son épaisse tignasse de cheveux bruns qui la dissimulait.
Elle ne sut trop quoi faire, comment réagir, quand le sorcier initia un mouvement dans la direction. Il avait l'air clairement surpris, mais pourtant étrangement content de la croiser là.
—Ecoute, Gran… Hum, Hermione, chuchota-t-il en se rapprochant un peu plus près pour qu'elle seule l'entende. Je comptais justement te contacter dans la soirée. J'aurais quelques petites choses à discuter avec toi, si tu le permets, pourrais-je passer chez toi ?
Elle eut à peine le temps de hocher la tête sans trop y avoir réfléchit qu'il avait disparu dans une rue transversale en rebroussant chemin de quelques mètres.
—Que voulait-il ? s'empressa de lui demander Ginny dès que son amie se fut retournée vers elle.
Hermione ne savait elle-même pas trop.
—Parler, je crois.
La rousse fronça les sourcils, perplexe.
J'espère que cela vous aura plus, même si c'est un peu en décalé par rapport à ce qu'il s'était passé dans les chapitres précédents. La suite arrive très bientôt. J'ai pour but de réussir à finir cette histoire rapidement.
