Bonsoir

alors je sais, j'ai beaucoup tarder avec ce troisième OS qui parle du festival de musique, je suis désolée.

J'ai été prise en novembre par le nanowrimo (que je n'ai pas réussi du tout) et par le calendrier de l'Avent des Auteurs Réunis pour lequel j'ai écrit quelques textes (dont 2 sur ce fandom) et dont je me suis occupée en tant qu'administratrice.

Voici donc la dernière partie de cette histoire de festival.

bonne lecture


Le festival battait son plein et un ange et un démon se frayaient un chemin à travers la foule d'humains se croisant sans cesse.

- Et bien, je ne m'attendais pas à voir autant de monde, souffla Aziraphale en suivant Rampa qui tentait de se rapprocher de la scène.

- Moi non plus, mais en même temps, j'ai lu que c'était tout de même un assez grand festival et très connu alors je suppose que beaucoup de monde y vient chaque année. Tu veux aller sous le chapiteau de musique classique.

- C'est loin ?

Rampa s'arrêta et ouvrit un plan du festival. Il le tourna entre ses mains et regarda devant lui, puis derrière.

- En fait non, c'est celui qui est juste là-bas, dit-il en montrant du doigt un chapiteau beige à environ deux-cent mètres.

Le démon rangea son plan et prit dans sa main celle d'Aziraphale pour se diriger vers la chapiteau de musique classique.

- Nous avons bien fait de venir ici, dit l'ange en regardant le concert de classique se jouer sur la scène. J'aurais été déçu de rater ce festival.

- J'imagine, soupira Rampa et Aziraphale fronça les sourcils.

- Tout va bien, très cher ? demanda l'être céleste, posant sa main sur le bras de son ami qui tourna la tête vers lui.

- Tout va très bien.

Le démon regarda à nouveau la scène et l'ange en fit de même, le sourire aux lèvres. Soudain, il sentit une main se glisser dans la sienne, doucement et il baissa les yeux, puis les releva pour regarder le profil de Rampa, immobile à côté de lui. Il sourit tendrement et referma ses doigts sur ceux de son ami.

- J'ai envie de t'inviter au restaurant ce soir, ça te tente ? souffla le démon, sans pour autant détourner son regard de la scène devant lui.

- Un bon repas me tente toujours, bien sûr, mais je tiens à t'inviter cette fois. C'est trop souvent toi qui m'invite. Enfin, si ça te dérange pas.

Le démon haussa les épaules.

- Bien sûr que non, ça ne me dérange pas. On fera comme tu auras envie.

Les deux entités surnaturelles se turent pendant tout le reste du concert, savourant juste le fait d'être ensemble en écoutant de la musique.


Aziraphale mangea une bouchée de son dessert en gémissant de bonheur, fermant les yeux. Il les rouvrit et vit Rampa qui le regardait fixement.

- Très cher ? apostropha Aziraphale.

Le démon se secoua pour sortit de sa torpeur.

- Tu disais ? demanda-t-il par souci d'avoir raté un truc important.

- Ce dessert est délicieux. Je comprends pourquoi les humains aiment tant les choses sucrées. Comment peut-on ne pas apprécier un tel délice ? Est-ce que je me suis sali en mangeant ? questionna-t-il, étonné que Rampa le regarde toujours si fixement.

- Non, non.

- Tout va bien ?

- Comme d'habitude, pourquoi ?

- Je trouve que tu es… un peu différent ce soir.

Rampa secoua la tête et s'affala sur sa chaise, histoire de se donner une contenance et de reculer par la même occasion.

- Il y a quelque chose de changer en toi, très cher.

- N'importe quoi, siffla le démon, contrarié.

Il tourna la tête pour regarder ailleurs, quelque part dans la salle du restaurant histoire de décrocher ses yeux de l'ange en face de lui.

- J'ai entendu parler d'un plat qui n'a pas l'air facile à manger mais qui me semble être très bon. Un kebab… As-tu déjà goûté une telle chose, très cher ?

- Mmmh, non. Jamais.

- Nous pourrions peut-être regarder s'il y a des restaurants qui proposent cela à Édimbourg.

- On regardera.

- Tu maugrées dans ta barbe, Anthony, fit remarquer l'ange.

Le démon roula des yeux et reporta son regard sur Aziraphale.

- Je te trouve différent, mon ange.

- Comment ça ? s'étonna l'ange, posant sa cuillère à côté de son assiette vide.

- Tu sembles plus… détendu et ça me perturbe. Tu renvoies des émotions, je crois et je les ressens.

- Je croyais que… tu sais, tu ne pouvais pas en ressentir… parce que tu es… tu…

- Je sais. Mais je le ressens et ça m'inquiète. Ce n'est pas habituel pour moi. Alors, qu'est-ce qui se passe ?

- Qu'est-ce qui se passe où ?

- Avec tes émotions ? Ça n'a jamais été comme ça.

- Pourquoi ce serait chez moi qu'il se passe quelque chose ? Peut-être que c'est chez toi que ça a changé. Je n'ai pas du tout l'impression d'avoir changé.

- Mmmh.

Rampa se leva et quitta la table sans un mot. Il attendit que l'ange le rejoigne sur le pas de la porte. Ils sortirent du restaurant et se glissèrent dans la Bentley garée dans le parking.


- Tu sais, Rampa, nous devrions peut-être rentré à Londres. L'ambiance n'est pas comme d'habitude ici, souffla l'ange, debout devant la fenêtre de l'hôtel, regardant la nuit à travers la vitre.

- Tu n'aimes pas être ici ? demanda le démon, debout à côté de l'ange.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, pardon, s'excusa rapidement l'être céleste. Ce week-end loin de Londres est agréable et le festival, m'a beaucoup plu aujourd'hui. Je sais qu'il y a encore demain et lundi et j'aimerais y aller, mais… je trouve que… l'ambiance générale de ce séjour est… Oh, je ne sais pas comment dire, pour être honnête. Mais… tu le sens toi aussi, non ?

- Sans doute. Je crois… je crois, Aziraphale que ça fait trop longtemps qu'on se conduit comme des humains, soupira Rampa.

- C'est à dire ?

- Et bien, on se met à hésiter trop souvent. Nous ne sommes pas humains, nous n'avons pas besoin de tout le temps nous comporter comme eux. Je suis un démon et tu es un ange, nous fonctionnons autrement.

- Je sais mais… c'était facile toutes ces décennies de se fondre dans la masse des humains, c'était notre job et nous l'avons fait comme nous le devions.

- Mais ça y est, là, on peut sortir de ce carcan. On peut vivre, utiliser nos pouvoirs, arrêter de jouer aux humains. C'est ridicule. On est ridicules à faire semblant. J'hésite pour tout et rien depuis quelques temps et ça me met en colère.

- Alors arrête d'hésiter autant si cela te dérange à ce point. Vis comme tu le voudrais.

Rampa se mordit la lèvre en se tournant vers l'ange.

- Si j'arrête d'hésiter j'ai peur de faire des choses qui ne te conviendront pas.

- Oh… ! C'est à cause de moi que tu n'oses pas ?

Le démon haussa les épaules sans répondre clairement.


Il y eut un long silence de près d'une heure entre l'ange et le démon, puis Aziraphale le brisa en ouvrant ses ailes, déplaçant de l'air autour de lui. Il tendit sa main silencieusement au démon qui le regarda du coin de l'oeil, méfiant.

- Chut, suis-moi simplement !

Le démon ouvrit ses ailes, un peu sur la défensive, puis il donna sa main à Aziraphale et tous deux disparurent aussitôt.


- C'est vraiment très beau ici.

- Je sais.

- Tu as aidé à la conception de cette constellation, n'est-ce pas ?

- Mmmmh, répondit le démon en hochant la tête.

- Tu as fait du très beau boulot. Vraiment.

- Merci.

L'ange tourna la tête et ses yeux bleus rencontrèrent un regard jaune qui le fixait intensément.

- Pourquoi m'as-tu amené ici ?

- J'avais envie de quitter la Terre quelques heures, après tout, toi et moi sommes nés ici, au temps où il n'y avait rien. Et puis, tu en avais parlé, alors j'avais envie de voir de plus près.

Aziraphale regarda l'univers qui s'étendait à perte de vue devant eux et il soupira.

- Les anges ne peuvent pas faire naître d'étoiles, ils n'en ont pas le pouvoir. Encore moins les pouvoir de créer des constellations et des galaxies de ce genre. Tu n'était pas un simple ange, n'est-ce pas ?

Le regard de Rampa laissa transparaître une douleur bien enfouie et il ferma les yeux, sentant les larmes monter.

- A quel moment l'as-tu deviné ?

- Quand tu as arrêté le temps à la base aérienne. Aucun ange n'est capable d'un tel exploit et les démons non plus. Il était évident pour moi que tu as été bien plus qu'un ange.

Rampa hocha la tête lentement, puis il sortit sa chemise noire de son jean de la même couleur et montra à l'ange un marque présente à hauteur de son nombril. Une cicatrice en forme de losange allongé.

- J'avais dit qu'il fallait que je te montre quelque chose.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Avant de chuter du Paradis, je me suis accroché à Michael. Je lui ai demandé de me donner une autre chance de prouver que je ne voulais pas rejoindre l'Enfer. Mon but, en allant parler à Lucifer, ce n'était pas d'entrer dans son cercle d'amis, encore moins d'adhérer à ses idées.

- Je sais.

- Mais Michael s'en fichait royalement. J'étais dans le groupe, près de Lucifer, quand le ciel s'est ouvert en deux pour nous jeter du Paradis. J'ai été banni comme les autres et comme je me suis accroché pour rester, Michael a dû employer les grands moyens.

- Il a utilisé sa lance sur toi, c'est ça ? demanda Aziraphale, devinant déjà la réponse.

L'ange sentit son coeur se serrer et les larmes lui monter aux yeux.

- C'est ça. Cette marque, j'ai tout fait pour la garder pour… pour me souvenir que le Ciel ne pardonne rien.

- Je suis tellement désolé.

- C'est pas de ta faute. Tu n'étais même pas là.

- C'est vrai. Je… tu sais à quel point je suis courageux, n'est-ce pas.

Rampa sourit, amusé.

- Ne me dis pas que tu te planquais quelque part dans ton coin.

- Oooh…, l'ange haussa les épaules tout en se triturant les mains, mal à l'aise. Il se peut que c'est ce que je faisais et…. Et Gabriel l'a su et ils m'ont ensuite envoyés sur la terre pour garder la porte du jardin d'Eden. C'était censé être une punition.

- Ouais, j'en doute pas.

- Mais je n'ai jamais prit cela comme une punition, bien au contraire. Être loin du Paradis et des anges étaient une sorte de bénédiction et quand j'ai rencontré les humains et vus tout ce qu'ils pouvaient inventer, c'était encore mieux et puis, il y avait toi. Certes, nous ne nous sommes pas vus si souvent que cela en 6'000 ans, mais je savais tout de même que tu étais toujours là, quelque part et il était bon de te croiser de temps en temps.

L'ange se tut, le rose aux joues. Le démon lui prit la main et ils revinrent sur terre, dans la chambre d'un hôtel à Édimbourg. Aziraphale posa un baiser sur la joue de son ami et celui-ci rougit.

- J'aimerais, très cher, que nous…. Que nous soyons désormais plus que de amis. J'aimerais que… nous essayions d'être ensemble, comme un couple. Tu sais…

Rampa ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes, au summum de l'étonnement, puis le sourire lui vint naturellement aux lèvres.

- Vraiment ?

- Bien sûr, je ne dis pas cela à la légère. Je… je suis prêt cette fois, maintenant. Je ne dirai plus jamais que tu vas trop vite pour moi. Comment… sommes-nous censés officialiser cela ? En nous mariant comme les humains ?

- Ooooh, j'crois pas que c'est pour nous, ça, dit Rampa en secouant la tête vivement.

- Je n'en ai pas vraiment envie, de toute façon. Je ne comprends pas bien l'intérêt de cette union devant la mairie ou devant Dieu. Ça ne compte pas pour moi.

- Parfait, ça ne compte pas pour moi non plus. Tu sais, on peut juste… je sais pas, ne rien changer à ce que nous sommes depuis un an et ça ira très bien ainsi. Après tout, nous vivons déjà ensemble, nous mangeons au restaurant, nous allons au cinéma, nous dormons dans le même lit. Je pense qu'il n'y a pas grand-chose à ajouter.

- Tu as raison très cher, répondit l'ange, souriant. Mais peut-être que… nous pouvons tout de même ajouter cela.

Aziraphale s'approcha de Rampa et posa ses lèvres sur les siennes, tendrement, doucement… et le démon ferma les yeux.


j'espère que ce texte vous a plu

à bientôt pour des autres suites.

KitsuneA