Titre : Vampire pour le meilleur

Raiting : M

Pairing : Slash HP/LM

Disclaimer : Je n'ai aucun droit sur Harry Potter, mais je prends le gauche ! Ahah… Quel humour ! J'avoue ne plus avoir d'inspiration pour les disclaimers ! xD

Statut : Terminée

Résumé : Comment Lucius Malfoy a-t-il pu prendre un calice sans même s'en rendre compte ? Le bras droit de Lord Voldemort, son plus fidèle Mangemort, celui qui croit à ses idées devra gérer un Survivant rebelle sans pouvoir le livrer à son Maître. Slash HP/LM.

NdA : J'ai essayé de coller de près aux caractères originaux mais évidemment, pour le bien de l'histoire, il y aura quelques écarts.

Bêta : Merci à littleiceleaf de corriger mon histoire !

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Chapitre 14 : Pour le vampire

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Lorsque Petrus rentra dans la maison une heure plus tard, il sentit que quelque chose n'allait pas. Il se précipita au maximum de sa vitesse dans la chambre de Harry et fut surpris par la scène qu'il vit.

Lucius était livide, le visage inexpressif, enchaîné au lit. Le pied en chêne massif était brisé en morceau au sol et apparement, Lucius avait réussi à se libérer les jambes, mais les bras étaient solidement attaché au mur.

Pourtant, Lucius ne se battait plus. Il était juste allongé sur son lit dont les draps blancs étaient imprégnés d'une quantité importante de sang, ses chevilles et ses poignets n'étaient plus que des amas de chair qui ne parvenaient pas à se reconstituer. Mais le pire était son visage. Sur chacune de ses joues, une larme de sang avait coulé, laissant deux sillons carmins brillant à la lumière des torches.

Petrus savait qu'un vampire ne pleurait pas. Il savait parfaitement que les larmes de vampire étaient rares et que pour les obtenir, il fallait faire quelque chose de terrible, d'inhumain, comme tuer un calice…

Aussitôt, Petrus chercha Harry dans la maison, avec sa magie, son odorat, son ouïe, mais il le trouva nulle part.

« Où est Harry ? » demanda-t-il précipitamment en s'approchant de son fils.

« Parti… » répondit Lucius d'une voix morne, bien loin de sa verve habituelle.

« Qu'est ce que tu racontes ?! » grogna Petrus.

« Il est mort. »

« Comment ? » haleta Petrus, bien qu'il s'attendait à ce genre de réponse.

« Il m'a attaché ici… M'a dit qu'il m'aimait et il est parti dans la bataille qui se déroule actuellement à Poudlard. Il y a une sorte de prophétie, disant que l'un des deux doit tuer l'autre… Harry est mort… »

Petrus fit apparaître un fauteuil auprès du lit et s'assit dessus. Il ne délia pas Lucius, car ceci était inutile. Au lieu de cela, il posa sa main sur son torse recouvert d'une chemise maculée de sang.

« Pourquoi m'as-tu fait ça ? » murmura Lucius à son père.

« Je voulais que tu te révèles, que tu sois enfin heureux… » répondit Petrus sur le même ton.

« Je crois l'avoir été… Pendant un instant… Un court instant. »

« Tu sais ce qui va se passer maintenant ? »

« Je vais avoir besoin de son sang. Et dans l'incapacité de m'en procurer, je vais doucement tomber dans la folie. »

« Je ne vais pas laisser ça arriver… Je préfère que tu ais une mort douce par ma main, ayant en tête les souvenirs de ton calice, que de te voir devenir un monstre, et être tué par n'importe qui. »

« Je te l'interdit ! » grogna Lucius avec hargne. « On m'a enlevé mon enfance, mon libre arbitre, mon mariage, mon fils, mon Sang-Pur et maintenant mon calice ! Je vais le faire payer au monde entier ! Je vais tuer des hommes, des femmes, des enfants. Je vais vomir leur sang insipide et me délecter de leur détresse, de leur malheur. »

« Comme j'aimerais te laisser faire, fils… » murmura Petrus. « La race humaine peut être cruelle parfois… Malheureusement, je ne peux laisser une telle chose se produire. Les vampires sont déjà en danger dans ce monde. Malgré notre force, nous sommes inférieurs en nombre et nous ne voulons pas mordre des gens au hasard afin de devenir plus nombreux. Le statut de vampire se mérite, c'est un privilège. Nous nous devons de rester dans l'ombre pour continuer de prospérer comme nous le faisons depuis des centaines d'années. »

« Libères moi ! » hurla Lucius enragé, se remettant à tirer sur ses chaînes.

« Non, fils… » répondit tristement Petrus en esquivant facilement un coup de pied.

Il le laissa s'épuiser pendant plusieurs minutes, le regardant se débattre dans tous sens pour se libérer mais en vain, jusqu'à ce que son corps devienne mou sur le matelas.

« Tues moi maintenant qu'on en finisse ! » finit-il par dire. « Je ne veux pas continuer une minute de plus cette vie désastreuse ! Ces derniers mois ont été, malgré mes réticences, les meilleurs de ma vie… Et il ne le savait pas… »

« Qui donc ? » demanda Petrus, se penchant légèrement en avant.

« Harry… Je ne lui ai pas dit parce que je n'ai pas su le faire. Je n'ai pas su écouter mon coeur, cette faiblesse… C'est quand je l'ai vu disparaître que je me suis demandé pourquoi j'avais si mal. Pourquoi mon coeur remuait quand je le voyais sourire. Pourquoi le simple fait de le voir me rendait plus heureux. C'est ça en réalité… C'est ça d'aimer… »

« C'est ça… »

« Je ne savais pas… Et c'est maintenant que je suis sur le point de mourir, que je sais que le masque peut tomber car ça n'aura aucune incidence, que je peux le dire librement. J'aurais voulu que ce soit à lui… »

« Moi aussi Lucius… » répondit Petrus.

« Je n'étais pas fait pour être un vampire. Je n'ai pas su aimer mon calice comme il le méritait et je n'ai pas su le protéger, » déclara Lucius à voix basse.

« Je pense que tu étais fait pour être un vampire… Mais pas en temps de guerre… Il y avait trop de paramètres à gérer pour un jeune vampire aussi investi dans son monde humain. »

« Tues-moi, père… Et… veilles sur Draco s'il te plait… »

« C'est promis, » répondit sombrement Petrus.

Il leva la main pour la poser à nouveau sur le torse de Lucius et ainsi, prononcer la formule qui bannirait son âme vampire, mais fut arrêté par un claquement sec dans la salon. Quelques secondes plus tard, Severus Snape ouvrait la porte de la chambre avec des gestes précipités. Il s'arrêta sur le seuil et regarda la scène, haletant.

Lucius était attaché, baignant dans ce qui semblait être son propre sang et son père le surplombait. Cependant, il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, que son ami se redressa autant qu'il le pu et chercha à l'attaquer.

« Toi ?! » hurla Lucius. « Pourquoi Harry avait le même cristal que toi ?! Comment a-t-il su quel sort utiliser pour me retenir ?! »

« Tu sais pourquoi… » murmura Severus.

« Père, détaches moi ! Laisses-moi le tuer ! »

« J'avoue que c'est tentant, » grogna Petrus. « J'avais pensé que vous étiez un homme digne des vampires Professeur Snape. J'ai même imaginé- » commença-t-il avant de s'interrompre. « Peu importe… Mais j'aimerais connaître vos raisons… »

Severus soupira et fut tenté de s'approcher pour parler à Lucius, mais un regard du vampire plus âgé le fit se raviser.

« J'ai juré sur la tombe de Lily de protéger Potter… Et le laisser enfermer dans une maison avec deux vampires… J'avais des doutes, mets-toi a ma place ! Je ne voulais pas qu'il s'enfuie, mais je voulais lui donner des armes pour pouvoir le faire si besoin. Mais… Il a apparemment appris quelque chose hier qui l'a fait sortir d'ici sans prendre la peine de m'en informer. »

« Et quelle est cette chose ? » grogna encore Petrus.

« Les amis de Potter sont venus me voir après avoir entendu une information à une réunion. En réalité, ils sont venus voir Lupin et j'étais derrière la porte. D'après ce qu'Albus a raconté, Potter serait un Horcruxe. »

Petrus haleta.

« Un Horcruxe ? C'est terrible. »

« Tu veux dire que je partageais l'âme de mon calice avec le Seigneur des Ténèbres ? » grogna Lucius.

« Oui, » répondit Severus en fronçant les sourcils.

« Et c'est pour ça qu'il est mort ? Pour que le Lord puisse enfin mourir ?! »

« Potter n'est pas mort. »

Cette phrase laissa planer un silence lourd et intense, avant qu'il ne soit cassé par le bruit des chaînes de Lucius qui se débattait à nouveau.

« C'est faux ! » hurla le vampire. « Le lien est brisé ! Il est mort ! »

« Lucius, » répondit Severus avec précipitation. « Je ne te mens pas ! Pourquoi le ferais-je ?! Potter est en ce moment même à l'infirmerie de Poudlard, plongé dans le coma après son combat contre le Seigneur des Ténèbres. Il a pris un Avada, mais comme lorsqu'il était enfant, le sort ne l'a pas tué. Le Lord est mort, et Potter est tombé. Je peux te jurer que son coeur battait encore quand je suis parti il y a quelques minutes à peine ! »

Lucius ne pouvait pas croire les mots de son meilleur ami. Harry était mort. Il l'avait senti et il en était sûr. Il regarda son père qui semblait réfléchir et, même s'il ne voulait pas y croire, il se mit à espérer.

« Petrus, » dit Severus. « Laissez Lucius le voir par lui-même. »

« Uniquement si je viens avec lui, » répondit Petrus. « Je veux être là au cas où ce serait un piège. »

« Je vous jure que ce n'est pas le cas. Vous pouvez venir, les barrières de Poudlard sont tombées. »

Petrus resta muet quelques secondes avant d'attraper chacune des chaines de ses deux mains et de murmurer une longue incantation, masquant la douleur qu'il devait supporter en touchant l'argent. Il aurait pu demander à Severus de se débarrasser de ce métal précieux, mais il ne voulait pas montrer de faiblesse face à un sorcier.

Lorsque Lucius fut libre, il se releva immédiatement, grimaçant lorsqu'il s'appuya sur ses chevilles malmenées.

« Emmènes-moi là bas, » demanda-t-il à son père.

« Ne serait-il pas judicieux de changer de vêtements et de te soigner avant ? » demanda Severus.

« Laissez-moi voir mon calice ! » s'énerva Lucius en replaçant ses vêtements d'un geste furieux.

« Allons-y, » répondit simplement Petrus, soutenant son fils par la taille, le temps que les blessures se referment lentement.

Il les transplana à Poudlard et attendit que Severus les rejoigne pour cheminer vers le château. Cependant, il ne s'attendait pas à voir un jeune homme blond courir vers eux et se figer dès qu'il les vit.

« Père ? » haleta Draco Malfoy.

« Je t'expliquerai tout Draco, » répondit Lucius dans un murmure. « Mais j'ai quelque chose à faire avant ça. »

Une seconde plus tard, Severus apparut devant eux, tenant un petit cristal qu'il mit rapidement dans sa poche.

« Qu'est-ce que- » bafouilla Draco.

« Plus tard, » le coupa Severus. « Je dois conduire ton père à Potter. »

« Potter ?! » s'étrangla Draco. « Tu cherches à le tuer ? » demanda-t-il très sérieusement à Severus. « Tu sais que mon père est le bras droit du Seigneur des Ténèbres ?! »

« Et tu sais que c'est lui qui t'a sauvé la vie le jour ou tu as trahi ? » demanda Severus en commençant à marcher, suivit des deux vampires et d'un Draco hébété.

Lucius, aidé par son père, arpenta le château, laissant parfois couler quelques gouttes de sang sur les pierres des couloirs. Plus il s'approchait de l'infirmerie, plus il commençait à déceler l'odeur subtil de son calice. Elle était gâchée par du sang, de la terre, de la sueur, des potions, mais c'était bel et bien son odeur.

Lorsqu'il fut assez près pour entendre un battement de coeur faible, qu'il pouvait quasiment associer à cette odeur, il accéléra le pas, bien que ses jambes ne le lui permettent pas. Il n'osait y croire, mais pourtant…

Lorsque Severus ouvrit violemment les portes de l'infirmerie, le regard de Lucius se porta aussitôt sur le lit du fond et il aperçut la forme de son calice qui semblait dormir paisiblement.

Sans même se soucier des autres personnes présentes dans la pièce, il lâcha son père et se rua tant bien que mal sur Harry pour le voir enfin, le toucher, le sentir. Le coeur de son calice battait, il respirait profondément, il était vivant.

Derrière lui, l'infirmerie était dans le chaos total.

En voyant l'ancien bras droit du Seigneur des Ténèbres se diriger vers le Sauveur, Albus, Minerva et Remus avaient immédiatement sorti leur baguette, mais s'étaient retrouvés confronté à Petrus et Severus.

Celui-ci était en position de d'attaque, baguette au poing et, étrangement, Petrus était devant lui, en posture de défense.

Albus ne voulant pas attaquer l'homme qu'il considérait comme son fils et celui qu'il savait être un vampire centenaire de par ses vêtements et son attitude, n'attaqua pas mais chercha néanmoins à comprendre.

« Severus, » dit-il calmement sans pour autant lâcher la prise sur sa baguette. « Expliques-moi tout mon garçon. »

« Potter est le calice de Lucius, » répondit celui-ci d'une voix tranchante.

Il y eut un concert de halètement, y compris venant de derrière la porte du bureau où était apparemment cachés les deux membres manquant du Trio d'Or.

« Jusqu'à maintenant, il était chez le père vampirique de Lucius, Petrus, » reprit le professeur de potions. « Ils ne lui ont fait aucun mal durant tout ce temps et j'y ai veillé, croyez bien qu'ils ne vont pas lui en faire maintenant. Lucius a juste besoin de voir son calice qu'il croyait mort. »

Plus personne ne bougeait dans l'infirmerie. Ne résonnait que le grondement sourd de Lucius auprès du lit de son calice. Albus abaissa sa main et se redressa légèrement, alternant son regard entre Petrus et Severus.

« Je pense que nous devons discuter, » dit-il d'un ton apaisant. « J'aimerais connaître cette histoire depuis le début, » finit-il en faisant un geste pour les inviter à s'approcher.

Draco regarda la forme de son père avec incompréhension avant de se diriger vers le groupe, vite rejoint par Hermione et Ronald qui furent invités à sortir de leur cachette par le directeur.

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De son côté, Lucius caressait le visage de son calice, souhaitant qu'il se réveille. Il ne comprenait pas ce qui se passait, pourquoi Harry était toujours vivant. Il était pourtant certain de ne plus sentir le lien, il en souffrait bien assez pour le savoir. Alors que ce passait-il ?

Depuis qu'il avait eu son calice, il avait lu beaucoup d'ouvrages parlant de cette relation et jamais il n'avait vu une telle chose.

Alors pour le moment, il se contentait de regarder et toucher son calice en attendant son réveil. Il savait qu'il faisait des bruits animaux mais, pour une fois, ne les retenait pas. Le trop plein d'émotions l'obligeait à faire appel au vampire en lui, mais il constatait avec stupeur, qu'il était le vampire. Il n'y avait plus ces deux âmes qui se battaient en lui, il n'y avait plus de conflit, plus de transfert. Il n'y avait que lui, Lord Malfoy, vampire de Harry Potter.

Il était en train de passer ses mains sur les joues de son calice avec une sorte de vénération restreinte, lorsqu'il le sentit remuer.

Harry de son côté, reprenait doucement pied. Le combat avait fait rage mais il ne s'en était pas préoccupé, il avait directement foncé pour affronter Voldemort et en finir une fois pour toute. Les larmes coulaient encore sur ses joues lorsqu'il était arrivé en face de ce monstre qui avait gâché sa vie et celui-ci s'était bien moqué de lui. Il lui avait ensuite proposé encore une fois de le rejoindre dans les ténèbres et, plus que jamais, Harry avait été tenté.

Il s'était dit qu'il pourrait vivre en paix au côté de Lucius, qu'il serait heureux, sans menace au dessus de leur tête… Et puis, il avait vu Hermione qui se battait au loin avec la rage d'une lionne, Ron qui la protégeait sans regret, risquant sa propre vie. Il avait vu Bill tomber, la jambe ensanglantée et Fleur le sauver d'une mort certaine. Il avait vu Neville s'acharner sur le corps sans vie de Bellatrix, les larmes coulant comme des torrents sur ses joues.

Pour toutes ces personnes, pour tout ceux qu'il ne voulait pas abandonner, pour tout ceux qui devait vivre à tout prix, Harry s'était lancé dans la bataille et ce que Dumbledore avait prédit s'était produit.

Harry, sans connaître ce sort funeste, mu par un instinct inexplicable, avait lancé l'Avada au même moment que Voldemort et les deux hommes s'étaient écroulés, ensemble.

Le Gryffondor avait cru sa dernière heure arriver, mais étrangement, il avait l'impression de revenir en cet instant. Il avait l'impression de reprendre doucement conscience mais au lieu de s'en sentir heureux, il ressentait un malaise profond.

Le lien…

Le lien était totalement brisé et il le sentait. Cela ne voulait dire qu'une seule chose : Lucius était mort.

Il ne chercha pas à savoir pourquoi où comment, il se mit simplement à gémir faiblement et laissa les larmes dévaler ses joues.

« Harry, » entendit-il murmurer à ses côtés.

Lucius regardait les larmes du Gryffondor sans savoir comment réagir. Il ne ressentait plus sa tristesse et ne savait pas pourquoi il pleurait, ni même s'il pouvait encore l'approcher maintenant qu'ils n'étaient plus liés.

« Harry, » appela-t-il encore.

Celui-ci ouvrit ses magnifiques yeux émeraudes et mit quelques secondes à faire une mise au point sur son vis à vis. Il eut un mouvement de recul lorsqu'il réalisa enfin qui était devant lui.

« Tu n'es pas Lucius. Il est mort. Je le sais, » dit-il avec courage.

« Moi aussi j'ai cru que tu étais mort, » répondit Lucius. « Le lien s'est brisé, je ne sais pas pourquoi… »

Un éclair de soulagement et de compréhension traversa les yeux d'Harry.

« Je suis mort… » murmura-t-il.

« Pardon ? » souffla Lucius.

« Je suis vraiment mort pendant un instant, un très court instant. J'ai vu maman… Elle m'a dit de redescendre car ce n'était pas le moment, elle m'a dit que quelqu'un m'attendait… »

« Je… »

Lucius avait très envie de dire que lui l'attendait, que lui était là, mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus. Harry était maintenant libre et aussi étrange que cela puisse paraître, Lucius voulait faire passer les désirs de son calice - ou ancien calice - avant les siens.

Harry pourrait avoir une vie normale, pas une vie accroché à un homme qu'il détestait. Il pourrait se marier et avoir des enfants. Il aurait une espérance de vie normale et vieillirait avec ses amis.

Lui, maintenant que le lien était brisé, pourrait peut-être se nourrir à une autre gorge que celle-ci. Ou alors, il mourrait de chagrin… C'était plus probable…

Après une dernière caresse sur les lèvres humides d'Harry et des excuses soufflées, il se recula, cachant difficilement son regret et son angoisse.

Il devait trouver Draco. Il avait tellement de choses à lui dire. Il devait lui raconter toute sa vie, de son enfance jusqu'à ce moment. Il devait lui dire que même s'il ne l'avait jamais montré, il l'avait toujours aimé, mais qu'il n'avait pas pu, pas su… Il devait dire à son fils de ne jamais faire les mêmes erreurs, qu'il était assez jeune pour croquer de la vie à pleine dents, profiter, et épouser la femme qu'il voulait, même si c'était la fille Weasley. Lucius et ses ancêtres avaient passés leur vie entière à engranger des fortunes, au détriment de leurs propres sentiments, de leurs propres vies. A quoi cela servait-il si c'était pour mourir aussi misérablement, dans des vêtements hors de prix ?

Lucius devait dire tout cela à Draco. Il ne voulait pas son pardon, ni sa reconnaissance, il voulait juste qu'il sache, il voulait le prévenir, car c'était ce que devait faire un père, non ?

Avant qu'il ne puisse tourner le dos à son ancien calice, celui-ci parla :

« Tu vas me laisser pas vrai ? » murmura-t-il.

« Pardon ? » demanda Lucius.

« Tu n'es plus enchaîné à ton "accident de parcours" alors… » répondit Harry d'une voix morose, prouvant qu'il n'avait jamais oublié l'insulte. « Il n'y a aucune raison que tu restes avec moi maintenant. Tu vas m'abandonner comme les autres… Je le savais… J'ai dit à ma mère que tu avais dit ça uniquement pour m'empêcher de partir, » dit-il ensuite avec hargne.

« Que j'ai dit quoi ? » demanda Lucius surpris et troublé.

« Tu m'as dit que tu m'aimais aussi… » souffla Harry, les joues rouges.

Après quelques secondes d'hésitation, Lucius avança un peu, sans pour autant le toucher, et répondit dans un murmure :

« Non… C'était vrai… »

Harry releva la tête avec un halètement profond.

« Quoi ? »

« Ne me force pas à répéter Potter, » répondit Lucius avec un peu plus de hargne qu'il l'aurait souhaité.

Pourtant, avec tout le courage qui le caractérisait, Harry n'était pas effrayé. Il fixa le vampire avec un sourire heureux mais légèrement mesquin.

« Alors tu ne vas pas m'abandonner ? »

Lucius souffla et s'assit sur le lit.

Il ne comprenait vraiment pas ce qui passait par la tête d'Harry.

« Je te rends ta liberté Harry… Tu n'es plus lié à moi. Tu vas pouvoir enfin vivre comme un jeune homme de ton âge, tomber amoureux, te marier, avoir des enfants, une famille et mourir à un âge descend et heureux. »

« Lucius, » dit Harry en se redressent légèrement. « Je suis déjà tombé amoureux… De toi… Je ne veux pas spécialement me marier, ce n'est qu'un bout de papier comme le disent certains et je ne me vois pas déambuler dans une allée en robe blanche… Je n'ai jamais voulu d'enfant et n'en voudrait certainement jamais. Après ma propre enfance… Je ne saurais pas m'occuper d'eux… Tu me parles d'une famille, mais j'ai trouvé ma famille. Je vois Petrus comme le père que je n'ai jamais connu, Ava comme ma grande soeur un peu bizarre et bien que je ne connaisse pas vraiment les autres, je suis sûr qu'ils deviendront ma famille au même titre. Le côté immortel est ce que je redoute honnêtement le plus… Je sais que toi aussi, car tu ne veux pas voir mourir Draco… En tous cas, si le lien a été fait contre notre consentement la première fois, je veux le retrouver maintenant… »

« Tu… Aimerais que je fasse de toi mon calice ? » demanda Lucius avec surprise.

« Je me sens vide… J'ai besoin de sentir tes crocs dans ma peau, »

Lucius n'hésita pas et plongea sur le lit. Il avait eu un sursaut de générosité quelques secondes plus tôt, mais n'était pas homme à refuser ce qui lui était offert. Il était un Malfoy, un Serpentard et sautait sur les opportunités.

Avec un grognement animal, il lécha la peau qu'il avait pensé ne plus jamais regoûter et plongea ses dents dans la chair tendre de Harry. Il se concentra sur le fait qu'il ne voulait pas le blesser, car les morsures pour des personnes n'ayant pas le statut de calice étaient naturellement douloureuses, mais il savait grâce à Petrus qu'il pouvait la rendre indolore, grâce à l'hypnose et la sécrétion d'hormones.

Il ne savait pas quels effets cela pourrait avoir sur Harry car celui-ci avait tout de même été un calice, même s'il ne l'était plus. Le sang avait toujours un goût divin et il s'en délectait, mais il manquait quelque chose. Quelque chose qui dérangeait aussi le jeune homme selon toute vraisemblance. Il ne sentait plus cette avalanche de sentiments et de sensations, ce qui le rendit légèrement insatisfait lorsqu'il relâcha doucement et assez rapidement le cou de son calice.

Il se recula légèrement, incertain, notant qu'Harry avait enroulé ses bras autour de son cou.

« Nous ne pouvons pas… » souffla Lucius. « Nous sommes trop différent… Nous finirons par nous entretuer. »

« Nous y arriverons… » répondit Harry sur le même ton. « Nous y sommes déjà arrivé… Je ne peux pas continuer dans ce monde… Avec Dumbledore qui me ment et le monde sorcier qui ne me lâchera plus. J'ai besoin de me sentir bien, en sécurité et le seul endroit où je peux l'imaginer est dans tes bras, dans cette petite maison, avec Petrus auprès de nous. »

« Harry Potter, » souffla Lucius en posant son front contre celui de son amant. « Veux-tu redevenir mon calice ? »

« J'aimerais beaucoup, vampire Malfoy, » répondit Harry avec un sourire un peu groggy.

Lucius se redressa, emportant son calice avec lui. Il constata que toutes les plaies qui ne pouvaient que difficilement se refermer toutes seules à cause de l'argent, s'étaient évanouie grâce au sang du jeune homme et qu'il n'avait plus mal nulle part.

« Lord Malfoy, où allez-vous ? » demanda Albus un peu plus pâle que d'habitude maintenant qu'il avait eu l'explication sur la disparition d'Harry.

« Je vais soigner mon calice et lui apporter ce dont il a besoin, » grogna Lucius.

« Tu ne peux pas l'emmener Malfoy, sa place est avec nous, » répondit Remus toutes dents dehors.

« Rem'... » souffla Harry blotti dans l'étreinte du vampire. « J'ai besoin de m'éloigner de tout ça… » dit-il tristement. « Le monde sorcier n'a pas été bon pour moi. J'ai été méprisé, adulé, insulté, ignoré. J'ai des ennemis et des admirateurs, mais je n'ai pas beaucoup d'amis… »

Deux halètements outrés se firent entendre et Harry tourna la tête vers ses deux meilleurs amis.

« Je ne vous oublie pas Ron, Hermione. Vous êtes des amis chers à mon coeur et très précieux mais… Il y a comme une distance non ? Vous êtes ensemble et j'en suis heureux, mais aucun de vous n'a perdu un proche, aucun de vous n'était la cible d'une prophétie, ou les pions dans un échiquier géant, si on oublie notre deuxième année, » dit-il avec un sourire faible. « Vous serez toujours mes meilleurs amis mais pendant quelques temps, j'ai besoin d'être loin d'ici. Nous communiquerons toujours par lettre. »

Chacun d'eux regardait cet étrange couple qu'était Harry Potter et Lucius Malfoy alors que celui-ci portait son calice dans ses bras, droit et fier, inébranlable, attendant patiemment la fin de son discours.

« Quant à vous directeur, » dit Harry en tournant la tête vers lui. « Je n'avais jamais pensé n'être qu'un pion pour vous. J'avais espéré compter un temps soit peu... »

« Bien sûr que tu comptes Harry, » répondit Albus les yeux humides.

« Moins que le reste apparemment… » soupira le jeune homme. « L'avenir du monde sorcier reposait entre vos mains et mon sacrifice en dépendait. Pour le plus grand bien… Je ne peux plus vous faire confiance et je ne souhaite même pas vous voir à l'heure actuelle, » souffla-t-il en s'affalant un peu plus dans les bras forts.

« Rentrons, » dit Lucius avant que le directeur ne puisse réagir.

Il tourna le dos à tout le monde et se dirigea vers la sortie de l'infirmerie avant de s'arrêter et d'appeler.

« Père ? Vous connaissez le chemin. Severus ? Draco ? J'aimerais que vous veniez avec nous… Nous avons beaucoup de choses à éclaircir. »

Sur ces dernières paroles, Lucius reprit sa route, serrant son calice contre lui. Severus s'approcha de Draco et le pris par l'épaule pour le conduire avec eux sous le regard inquisiteur de Petrus.

Les explications à venir ne seraient pas facile. L'avenir était incertain, mais c'était tout ce que Lucius pouvait offrir pour le moment. Il ne pouvait qu'espérer un avenir plus doux, plus agréable et avec un calice Gryffondor. Un avenir qui verrait son fils marcher vers l'autel au bras d'une jolie jeune femme rousse. Un avenir, dans lequel Petrus demanderait enfin à Severus d'être son calice. Un avenir qui le verrait enfin heureux. Un avenir qui lierait Harry Potter et Lucius Malfoy pour le pire, comme le meilleur.

Fin


Et voilà. VPM c'est fini.

Cette histoire a été écrite il y a des années et je suis contente qu'elle soit enfin publiée. Merci encore à littleiceleaf qui l'a corrigé intégralement.

J'ai conscience que le départ d'Harry dans le chapitre précédent parait précipité et brouillon mais c'était un sujet que je ne voulais pas vraiment aborder pour cette histoire. J'ai misé sur le fait que c'était un PDV Lucius, donc on ne sait pas ce qui se passe dans la tête d'Harry. Peut-être qu'Harry voulait partir pour combattre Voldy et que celui-ci l'a contacté au même moment par rêve. Peut-être Voldy à senti que c'était le moment pour Harry ou peut-être qu'il le harcelait depuis des semaines avec des visions d'horreurs. Peut-être que c'est Harry qui lui a ouvert son esprit pour lui montrer qu'il était enfin prêt à l'affronter. Peu importe. Je laisse cela à votre imagination.

J'ai pris plaisir à écrire cette histoire et j'espère que vous avez pris plaisir à la lire.

/!\ Urgent, je recherche une bêta qui pourrait me corriger un texte de 10 pages pour le 25 décembre (voir le 24...) C'est raid au niveau du timing et je m'en excuse mais je n'ai pas eu de nouvelle de la personne qui aurait du s'en charger.

Je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes et à bientôt.