Salut ! Je sais, je publie avec un retard monstre. J'attendais des nouvelles de ma bêta, Moira-chan mais elle est débordée en ce moment et de ce fait, elle ne corrigera plus cette fiction. Je la remercie cependant d'avoir corrigé jusque-là, elle a fait un travail formidable !

Oilosse : Merci ^^ Celui-là ne sera pas plus joyeux...

Daliko : Merci ^^ J'espère que cette suite va te plaire !

Bonne lecture !


Chapitre 15

L'oncle d'Inasa fut réticent, pourtant il aida tout de même Shoto à retrouver Dabi. Il comprit que l'amant de son neveu avait besoin de ça, de cette traque. Il avait besoin d'un objectif. À dire vrai, retrouver Dabi ne fut même pas difficile. On aurait dit qu'il laissait volontairement des traces. Il carbonisait des gens dans des ruelles et s'improvisait tueur en série. Tout ceci devait beaucoup l'amuser.

Plus d'une fois, pendant ses patrouilles, Shoto crut l'apercevoir dans une ruelle et le suivait. Mais il s'évaporait. Quelques jours plus tard, une nouvelle victime. Dabi ne se laissera attraper que quand il le voudra.

Shoto était très froid avec les gens. Ce fut à cette période que tout le monde commença a vraiment le comparer à son père. Ils n'avaient pas tord. Shoto avait bien remarqué qu'il avait exactement le même regard que son père, le regard qu'Inasa lui-même lui reprochait d'avoir le jour de leur première rencontre. Cela ne lui plaisait pas mais il n'avait pas le courage de se battre contre ça.

Cinq mois après la mort d'Inasa Shoto n'allait pas vraiment mieux. Fuyumi ne voyait d'une légère amélioration. Elle l'entendait encore, chaque nuit, faire des cauchemars, elle le voyait se noyer dans son travail. Pour Shoto, se battre sans Inasa pour couvrir ses arrières était très étrange. Il s'était tellement habitué à la présence d'Inasa, à ne pas avoir à s'inquiéter de ce qui pourrait se trouver derrière lui... cela lui jouait fréquemment des tours et il revenais parfois avec des blessures, ce qui n'arrivait jamais avant.

La recherche de Dabi depuis des mois lui avait donné un but. Il s'était forcé de comprendre l'assassin d'Inasa. Mais c'était difficile voire impossible. Dabi n'avait aucun passé. Shoto ne pouvait le nier : Dabi l'obsédait. Il le trouvait même fascinant par moment. Il était sa distraction, sa drogue. Que fera-t-il après l'avoir attrapé ? Après l'avoir tué (car malgré tous ses cours contre la violence gratuite, Shoto n'avait pas l'intention de laisser Dabi vivre) ?

Un jour, enfin, après des mois de traque Shoto l'aperçu alors qu'il se planquait dans une ruelle. Comme d'habitude, il lui couru après.

Il suivit Dabi sans le perdre de vue pendant dix bonnes minutes. D'habitude, Dabi disparaissait bien avant. Là, ce n'était pas le cas et cela mit la puce à l'oreille de Shoto. Le moment était venu.

Dabi et Shoto se retrouvèrent sur le toit d'un immeuble abandonné. Ils commencèrent à se battre. Shoto n'était guidé et animé que par sa haine. C'était dans cette dernière qu'il puisait toutes ses ressources. Mais la haine le guidait mal. Il s'empressait, ne réfléchissait pas.

Dabi le mit dos au mur en quelques minutes. Mais Shoto s'en fichait. Mourir ne lui faisait pas peur. Un monde sans Inasa était sombre et la mort le rapprocherai de lui. Il était presque résolu à mourir. Mais ce n'était pas ce que Dabi voulait.

Shoto était au sol, Dabi sur lui, main sur sa gorge. Shoto avait quand même eut le réflexe d'agripper à son tour la gorge de son ennemi.

-Mes flammes sont plus chaudes plus vite que les tiennes, tu sais. J'aurai le temps de te tuer, dit Dabi.

-Pourquoi ne pas le faire ?

-Ce ne serai pas intéressant. Avoue que cela t'excites, ce jeu du chat et de la souris.

-Pas le moins du monde.

Il mentait.

-Tu es quelqu'un d'intéressant, Todoroki Shoto. Tu refuses d'abandonner, tu es droit et fière. Je n'ai qu'une envie : te briser. J'aimerai faire de toi une loque. D'après ce que j'ai pu voir quand tu étais à l'hôpital, je ne m'en suis pas trop mal sortis.

Shoto écarquilla les yeux. Dabi l'avait vu. Il ne savait pas comment mais il l'avait observé. Il devint colère. Sa main devint brûlante mais Dabi répliqua immédiatement et sa main devint si chaude que Shoto faillit hurler de douleur. Il ouvrit la bouche pour protester et Dabi en profita pour se pencher vers lui et l'embrasser.

Il voulait le briser et c'est ce qu'il fit ce jour-là. Il l'embrassa et commença à le toucher, il poussa Shoto à lui répondre, à accepter parce que c'était bon. Personne ne l'avait touché depuis des mois. Au début, il se dit qu'il allait laisser Dabi faire pour pouvoir le tuer dès qu'il baissera sa garde. C'était le plan et Shoto pensait qu'il allait pouvoir s'y tenir. Mais Dabi savait s'y prendre. Il savait que Shoto était fasciné par lui et qu'il était son obsession. Il savait qu'il était affaiblit par la mort d'Inasa. Il exploita toutes ces faiblesses pour pousser Shoto à se briser dans ses bras.

Dabi ne baissa pas sa garde une seule seconde et Shoto perdit toute volonté après une lutte acharnée contre lui-même. Ils se retrouvèrent à moitié nus sur le toit de l'immeuble et Shoto laissa Dabi lui faire l'amour. Le pire était qu'il avait aimé ça. Ça avait quelque chose d'excitant mais aussi de répugnant. Il ne savait pas ce qu'il ressentait : Shoto était plus que jamais perdu au milieu de sentiment qu'il ne comprenait pas.

Il ne retint pas Dabi quand celui-ci s'éloigna. Shoto regardait les étoiles dans le ciel. Il n'en revenait pas de ce qu'ils venaient de faire. Mais pire encore, il savait que cela allait se reproduire. Dabi venait de le briser et de le faire sien, c'était encore plus efficace que de l'avoir marqué au fer rouge.

Et en effet, quelques semaines plus tard, Shoto le vit dans une ruelle en face d'un petit magasin où Shoto était allé acheter des piles pour son réveil. Shoto traversa la rue d'un pas las et se retrouva devant Dabi. Le vilain le poussa contre le mur pour l'embrasser. Shoto ne savait pas pourquoi il tenait tant que cela à le briser, pourquoi il l'intriguait. Il était peut-être seulement sa proie. Son obsession personnelle.

Cette relation empoisonnée dura quelques mois. Shoto n'arrivait pas à y mettre fin. Même les photos d'Inasa dans sa chambre le parvenaient plus à lui donner la motivation nécessaire. Quelque chose en lui n'était plus là.

Parfois, Shoto rejoignait Dabi avec un couteau dans la poche, il se disait alors qu'il tuera le vilain quand celui-ci se sera endormis, après l'amour. Mais soit Shoto perdait toute volonté au moment de passer à l'acte, craignant de perdre tout but dans sa vie une fois Dabi mort, soit Dabi faisait semblant de dormir et empoignant le couteau avant que le héro ait pu lui porter le coup fatal.

Et ça l'amusait. Il le regardait alors.

-De toute façon, je sait que tu n'en es pas capable.

Étrangement, ce fut Endeavor qui le sauva de ce mauvais pas. Il vit son fils en compagnie de Dabi un soir, alors qu'ils quittaient un hôtel où ils s'étaient retrouvés pour quelques heures. Endeavor avait vu dans les yeux de son fils qu'il n'aimait pas ce qui se passait, que ce n'était pas de l'amour qui le poussait vers ce vilain.

Il lui en parla le soir-même. Endeavor n'était pas doué pour être un père, mais ce soir-là, il le disputa comme tel. Mais avant de lui crier dessus, il chercha à comprendre ce qui avait poussé son propre enfant dans les bras de ce vilain.

-C'est lui qui a tué Inasa.

-Justement, je comprend encore moins pourquoi tu fais ça.

Shoto avait passé une main sur son visage fatigué.

-Je le cherchais depuis des mois... j'étais obsédé par ce type. J'en suis devenu un zombie. Et puis je l'ai trouvé et... je ne saurai pas expliquer. C'est lui qui a commencé mais je n'ai pas sû résister. Je l'ai laissé aller jusqu'au bout en espérant qu'il baisserai sa garde mais ce n'est pas arrivé.

Endeavor restait étrangement muet à réfléchir.

-Et pourquoi ne pas l'avoir tué depuis ?

-Je n'en sais rien. Je sais que ce n'est pas normal ce qui m'arrive. Mais depuis la mort d'Inasa plus rien ne me semble normal de toute façon.

-Tu te laisse dépérir en espérant pouvoir le rejoindre. Tu attends que Dabi te tue.

-Peut-être.

Mais en même temps, Shoto souhaitait vraiment venger Inasa. Il ne savait plus rien. Son cerveau était sans dessus dessous. Plus rien n'avait de sens ni d'importance. Tout se mélangeait, aussi bien le mal que le bien.

-Tu ne t'en sortira pas seul.

Shoto en avait conscience. Il était assis sur son lit, penaud alors qu'Endeavor le dévisageait en réfléchissant.

Il finit par soupirer et partir dans de longues remontrances : c'est inacceptable ce que tu fais, je ne t'ai pas élevé comme ça, tu ne réfléchis vraiment pas. Puis, dans un mot, il partit et ferma à clé la chambre de Shoto derrière lui.

Le héro était resté dans sa chambre longtemps à réfléchir, à se demander ce qu'il allait faire maintenant. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il s'était allongé sur son lit avec une photo d'Inasa et s'était endormis pour se réveiller après un cauchemars quelques heures plus tard. Il s'était de nouveau réveillé et ainsi de suite toute la nuit.

La faim l'avait réveillé. Il voulu sortir de sa chambre mais la porte était toujours verrouillée. Il avait alors simplement attendu avec le ventre tordu par la faim. Il avait finit par se rendormir.

Il avait soif, il avait faim, il était moralement épuisé. Fuyumi finit par venir toquer à sa porte après ce qui lui parut être une éternité. Elle essaya d'ouvrir la porte.

-Shoto ? Je peux entrer ?

Il avait la gorge si sèche qu'il ne parvint même pas à répondre à sa sœur.

-Shoto ? Tu es bien là ?

Il sentait l'hésitation dans la voix de Fuyumi. Il voyait son ombre bouger sous la porte, la jeune fille semblait se dandiner devant la porte, indécise. Il vit l'ombre se pencher.

-Il y a une clé parterre (un petit silence) c'est celle de ta chambre. J'entre.

La porte se déverrouilla et Fuyumi vit aussitôt son frère. Elle recula sa surprise avant de se précipiter vers lui. Elle avait le téléphone dans la main.

-Tu vas bien, Shoto ?

Il hochât la tête. Fuyumi du voir les lèvres gercée de son frère. Elle fila chercher une bouteille d'eau et prit en même temps en paquet de biscuit dans la cuisine. Shoto bu toute la bouteille d'un coup et mangea un peu. Il fit ensuite attention à l'air inquiet de sa sœur et la façon dont elle serrait le téléphone dans sa main.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Oh... euh...

Elle détourna le regard et s'assit sur le lit à côté de Shoto.

-Papa a eu un accident.

Le garçon cessa de manger.

-... Quel genre d'accident ?

-Le genre très grave... Il est à l'hôpital et... je n'ai pas encore de détails, on m'a juste appelé pour m'informer.

Un accident... Shoto ne réalisait pas encore. Ils partirent avec Fuyumi voir leur père à l'hôpital. Natsuo les attendait déjà, assit sur les siège de l'entré. Il avait aussi le visage rongé par l'inquiétude.

Endeavor avait subit une lourde opération. Sa moelle épinière avait été touchée. Les médecins ne pouvaient rien faire. Endeavor ne pourrait plus jamais marcher et garderai même des séquelles du combat sur les bras. Il avait de larges brûlures sur le corps et cela suffit à Shoto pour comprendre : Endeavor était allé affronter et arrêter Dabi. Mais tout portait à croire qu'il n'avait pas réussi. Dabi lui avait volé son Amour, sa raison et faillit lui voler son père.

Shoto n'eus pas le courage d'aller voir Endeavor seul, il ne voulait pas savoir ce qu'il allait lui dire, il s'en doutait déjà. Mais il reprit son activité de héro et prit la place de numéro un en quelques semaines.


Shoto m'avait tout raconté, ses quelques années, en quelques heures à peine. Il n'a pas pleuré, ce qui m'a tout de même étonné car je sentais dans sa voix à quel point ces événements le chamboulait encore. Il n'arrivait pas à se remettre de la mort d'Inasa, de la tromperie de Dabi et de l'accident de son père dont il se sentait largement responsable.

J'avais mal pour lui. Professionnellement, je devrai me détacher, mais là, c'était l'ami de Shoto qui parlait et c'était l'ami de Shoto qui souffrait avec lui. Si mon passé recelait de choses aussi difficiles, je comprenais peut-être pourquoi j'avais voulu m'en débarrasser.

Je regardais Shoto qui s'était assis à côté de moi. Il avait la tête baissée depuis la fin de son récit. Je ne savais pas quoi dire pour lui.

-Merci d'avoir écouté, Midoriya.

-Je suis là pour ça. Est-ce que... est-ce qu'en parler t'a fait du bien ?

Il sourit.

-Oui. Un peu.

Il soupira et releva la tête vers le plafond.

-Todoroki-kun... je peux te poser une question ?

-Bien sûr.

J'hésitais, n'étant pas sûr qu'il allait me répondre. Ce n'était pas vraiment mon affaire après tout. Mais...

-Si tu n'avais pas envie d'évoquer tout ça... pourquoi avoir accepté de faire cette biographie ? Tu savais que tu allais devoir en parler.

Shoto baissa les yeux vers moi. Il me regarda intensément de ces yeux bicolores que je trouvais chaque jours un peu plus beaux.

-En fait, quand je t'ai rencontré, quand j'ai serré ta main... tu m'as rappelé ce garçon que j'ai affronté au festival sportif, en première année. Je me suis sentis vite à l'aise et je me suis demandé si... si tu aurai sur ma vie le même impact que lui. Je me suis mis à espérer. Et pour infos, quand Fuyumi m'a dit qu'elle avait prit rendez-vous, je comptais mentir, tout simplement.

Il sourit, un sourire assez faible mais tout de même présent.

-Avant de te rencontrer, je n'aurai jamais imaginé parler de ça. Bien sûr, je ne suis pas prêt à me pardonner ou à pardonner à Dabi ce qu'il a fait, mais pour la première fois depuis longtemps, j'entrevois un avenir sans Inasa. Du moins, un avenir où je ne serai pas rongé par la haine et la tristesse.

J'étais heureux de l'entendre dire cela. Depuis ma rencontre avec Shoto, j'envisageais moi aussi un autre avenir, où je cesserai de penser à ce que j'avais perdu, où je cesserai d'avancer sans savoir où aller.

-Je ne suis peut-être pas né sous le bon karma.

Puis, il tourna ses yeux bicolores vers moi. Je me sentais déjà rougir.

-Mais peut-être que quelque chose de bon pourrait m'arriver.

-Oui. Peut-être. Enfin, sûrement je veux dire. Tu le mérite.

-Mais quand ?

-Je ne sais pas. Bientôt ?

-Maintenant ?

Je compris à la façon dont il me regardait ce qui allait se passer. Mon cœur battait plus vite, je frôlais peut-être la tachycardie. Shoto était déjà très proche de moi, il ne manquait que quelques centimètres entre nous.

Shoto les franchit sans la moindre hésitation. Il effleura mes lèvres. Bien que j'en avais envie, je me sentais assez mal à l'aise de l'embrasser alors qu'il venait il y a peu de me parler de toutes ses relations passées. Il venait justement de me confier qu'il ne pouvait oublier la mort de son amant, qu'il avait été manipulé par un autre. Pourquoi m'embrassait-il ? M'aimait-il ? Me désirait-il ? Ou bien, voulait-il juste, en fermant les yeux, imaginer que j'étais quelqu'un d'autre ?


Ce chapitre est très sombre. J'espère que la touche d'espoir à la fin vous aura plu !

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