Salut ! Toute petite vignette que vous pouvez lire pour passer l'temps !
J'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture !
« Vani ?
-Hum ?
-Jamais tu pars en vacances ? »
Le concerné lui jeta un regard moyennement courroucé, c'est-à-dire grosso modo sa tronche habituelle. Nouveau jour, nouveau glandouillage sur le canapé.
« Pourquoi tu demandes ?
-Ben depuis que j'suis là, t'as pris deux semaines de congés, et tu les as passées à jouer à la console en slibard sur le canapé.
-C'était pas la période pour partir.
-En plein mois d'août ?
-J'suis plutôt juilletiste. Et pauvre.
-T'as un bac +5, ça devrait aller pourtant.
-Qu'est-ce que tu veux, j'suis exploité. Et j'aurais fait quoi de toi, si j'étais parti en vacances ?
-Bah, tu m'emmènes ! Ou alors je garde la maison. Dans tous les cas c'est pas un gros souci, je vais pas mourir de faim !
-Disons juste que j'aime pas partir, t'es content ?
-Tu pars jamais ?
-Mêle-toi de ton cul, nan ?
-Moi j'partais tous les ans avec mes parents. Enfin, au début, quand j'étais petit. Après c'était compliqué de trouver quelqu'un pour s'occuper des champs, on avait plus trop les moyens.
-Ils sont agriculteurs ?
-Ouaip. »
D'où l'accident de moissonneuse, déduisit Vanitas. Enfin, accident... Ses parents l'auraient buté parce qu'il parlait trop, ça ne l'aurait pas étonné du tout.
« Viens, l'an prochain, on part en vacances ! s'enthousiasma Ventus avec sa moue de gamin grandi trop vite.
-Nan.
-Même si c'est moi qui paie ? Genre, je gagnes au loto ?
-Tu joues pas au loto. Même si c'était le cas, toujours non. Vas-y tout seul si tu veux, ça me fera de l'air.
-Je respire pas.
-Menteur.
-J'te jure. Je le fais par réflexe, mais une fois j'ai testé, j'ai retenu ma respiration pendant une heure. Je respire pas, j'ai pas besoin. Enfin j'inspire de l'air et je le rejette quoi. La force de l'habitude.
-T'es chelou.
-C'est ta faute.
-J'avoue.
-C'est ça, avoue, ça me fait une belle jambe. Non mais j'm'en fiche en vrai, ça doit être pratique pour faire de la plongée sous-marine. Raison de plus pour partir en vac- »
Vanitas fut sauvé d'une conversation interminable et légèrement angoissante par le bruit de la sonnette de la porte, qui le fit sursauter. Pas encore l'habitude, à part pour le facteur.
« Ah, commenta Ventus. Ça doit être Riku.
-No shit, Sherlock.
-Oh hé, le prend pas comme ça, j'y peux rien si t'as pas d'amis, toi !
-J'ai des amis.
-À part moi, j'veux dire.
-Euh, ouais... »
Avec un sourire mental, Ven se fit la réflexion qu'il commençait presque à l'admettre. Bien, c'était la première étape, sortir du déni. Avec un soupir de légère flemme, il se leva pour aller ouvrir au Passeur, qui avait cessé de se téléporter en plein milieu du salon, justement depuis la semaine de congés en slip de Vanitas. Ce dernier, furieux d'ainsi se faire surprendre dans son intimité, ce qui se comprenait, avait fait fuir l'autre à coup de quelques sortilèges, dont certains lui auraient certainement valu un procès en cour d'assises si Riku était du genre balance.
Vaguement amusé par la chose, Ven lui avait demandé ce jour-là, à moitié pour l'énerver encore plus :
« Beh, ça t'embête pas de traîner en slip devant moi mais Riku ça va pas ?
-C'est pas pareil, Ventus. Toi, tu fais un peu partie des meubles. Je vais pas me sentir gêné devant un meuble.
-Aaaaw !
-C'est pas un compliment.
-Ben, si, ça veut dire que tu me fais confiance ! Un peu comme les chats qui clignent tout doucement des yeux pour montrer qu'ils t'aiment bien !
-Je vois pas le rapport.
-Ben, t'es un peu comme un petit chat en slip. »
Bref, tout ça pour dire que, maintenant, Riku se téléportait devant la porte d'entrée. Les voisins devaient se poser des questions en apercevant constamment un Passeur apparaître sur le seuil de la porte, mais bon...
« Salut ! »
Avant de répondre, l'invité jeta un regard méfiant derrière l'épaule de Ven.
« Il est là ? »
Grands dieux, ce ton de conspirateur ! Ventus soupira. C'était rigolo cinq minutes de les voir se détester, mais les tensions devenaient doucement lassantes. S'il n'avait pas eu une image de garçon sage à protéger, il leur aurait déjà sorti un « Bon, couchez ensemble, parce que là c'est plus possible, faut faire un truc ». Ou peut-être qu'il l'avait déjà sorti devant l'un ou l'autre, il savait plus trop.
« Ouais, y a un leprechaun qui a fait exploser son bureau, du coup il bosse pas aujourd'hui.
-Mais les leprechauns vivent en Irlande...
-Justement, c'est bien pour ça qu'il s'est retrouvé là. Apparemment ils l'ont intercepté à la douane, comme si c'était un objet, et le leprechaun a pas trop aimé. Ce qui se comprend, ça me vexerait aussi qu'on m'enferme dans une cage entre deux pulls Lacoste contrefaits et des sachets de cannabis, tu vois ? Bon, j'essaierais de pas tuer deux mecs dans mon emportement, perso, mais enfin, chacun gère sa colère comme il l'entend... Bref. T'inquiète, rentre. Il va aller se terrer dans sa chambre en feulant comme un vieux chat pas commode et voilà.
-Je vous emmerde tous ! » s'écria la voix de Vanitas.
Quelque part dans la maison, une porte claqua.
« Tu vois, je t'avais dit, sourit Ventus.
-Ton pote a de gros problèmes de sociabilité » commenta Riku en entrant enfin.
Regardez qui parle...
« Ouais, je sais ! On était en train de parler de vacances. Il en prend jamais, t'y crois ça ?
-Ben, y a des gens comme ça...
-Non mais attend, t'imagine, toi, rester dans cette maison vide tout l'été ? Et genre il invite jamais personne ici, j'sais pas, c'est bizarre. »
Un silence. Riku fronça les sourcils, puis, sur un ton plus bas, marmonna :
« Je ne voudrais pas m'avancer, mais j'ai l'impression qu'il te cache des choses.
-Naaan. Il est juste un peu... »
Ventus fit un vague geste, conscient que le mensonge dans sa voix ne s'entendrait pas. Il commençait à se poser des questions, lui aussi. Ce n'était pas seulement son mode de vie : le mage noir évitait clairement certains sujets.
Et Ven se disait parfois que ces coups répétés dans les murs, qui s'élevaient de nouveau, n'étaient probablement dus ni aux rats ni à la plomberie, quoique l'autre en dise.
Je pense que vous commencez à voir où je veux en venir pour certains trucs. Enfin, je sais pas, remarquez.
(Dire que cette fic n'était pas censée avoir de scénario.)
À plus !
