Hey !
Et voilà pour l'OS de ce soir ! Un couple moins probable que celui d'hier, que je me suis vraiment éclaté à écrire. J'espère que j'ai pas laissé trop de fautes d'ailleurs, j'ai relu assez vite.
Merci à Ima pour ses reviews !
Bonne lecture !
Pairing : Demyx/Zexion/Vanitas
Les orphelins
Les rues gorgées de lumières merveilleuses éclairent leurs pas d'une joyeuse lueur, alors que Demyx empoigne la main d'ses deux camarades. Ici tout est gris, orange, bleu aussi, un coucher de soleil en noir et blanc sous une lampe blafarde. C'est la fête, l'année qui s'éteint, les cadeaux qu'on échange et les gens précipités qui courent dans la rue en r'gardant leur montre comme le lapin de l'histoire qu'Zexion leur lit réguliè fait froid jusque dans les os, même quand Vanitas daigne partager la couverture. Mais la rue, la rue sale, gelée, la rue criarde et enivrée de précipitation, elle est à eux. C'est leur maison.
« - Et pour Noël, cette année, j'veux des oranges ! » le plus mal coiffé de la bande s'exclame en désignant les étalages d'un commerçant trop occupé pour les remarquer.
Y a bien sa bonne femme assise dans un coin, sur son tabouret, qui zieute vite fait qu'personne chipe rien. Mais y s'en méfient pas.
« - Bah non, on a pas les sous. » Van lui fait r'marquer en plongeant ses paluches dans ses poches vides et trouées.
« - Pas b'soin de sous. On les vols.
- Faut courir vite.
- J'ai une idée.
- Qui va foirer comme les autres ?
- Nan, une idée bien cette fois ! Une qui va marcher, j'te promets ! »
Il avait promis aussi, pour la descente chez l'vieux boucher. L'aurait dû voir le gros chien qui gardait la porte, et qu'a bien failli les croquer avec ses dents aiguisées et ses babines toutes baveuses qui dégoulinent.
« - Mouais.
- Allez ! Tu veux manger dans les poubelles pour Noël, toi ?
- C'pas comme si on avait l'choix.
- Bah on l'a ! Alors écoutez-moi ! »
Ienzo dit rien, jamais. Il a les lèvres cousues pour l'éternité, motivé par un pacte de silence dont lui seul connaît l'origine. Il ouvre la bouche qu'en d'rares occasions, quand ses mains posées autour d'un livre en tournent les pages pour conter une histoire que les deux ignorants peuvent pas lire eux même. Il a appris tout seul comment déchiffrer les mots, en écoutant à la fenêtre d'la grande école en pierre, c'te vieille bâtisse où les marmots s'précipitent pour avaler le savoir. Il en est ivre lui, de connaissance, il s'en gave tant qu'il peut et il les digère sur une bonne nuit de sommeil, sa main dans celle de Demyx.
« - Moi j'vais parler au m'sieur là, pour lui dire que j'ai perdu ma maman et qui faut qu'y m'aide pour la r'trouver. Y va p't'être pas l'croire mais pendant qu'y m'regarde, Ienzo tu prends les oranges et tu les passes directement à Van qui s'en va, comme ça même si on te vois, y l'arreteront pas lui. Et comme t'auras rien sur toi, ben y t'arreteront pas non plus.
- Y peuvent pas l'arrêter, c'est un enfant. » Van rétorque, assuré.
« - Quand même.
- Ça va pas en prison les enfants.
- Nous ont dit qu'y z'y vont. »
Vanitas hoche la tête, parce qu'ils ont rien d'autre à faire de toute façon, qu'il gèle sous leurs pieds et qu'il aime bien r'nifler la peau des oranges. Même si c'est des clémentines en vrai, juste l'aut' gamin sait pas les appeler comme y faut.
Ils s'approchent du stand comme trois chapardeurs qu'ils sont bien, et Demyx sort ses plus beaux yeux de malheureux, la pupille qui tremble et les mains perdues sur le tissu de son pantalon tout sale. Sa lèvre fragile disparaît sous ses dents qui mâchouillent. Il fait sa plus belle voix, quand il dit Monsieur. Celle qu'est tellement haute qu'on dirait qu'c'est une fille qui parle. Si avec ça, l'vieux craque pas, c'est que l'humanité a plus d'cœur.
« - Eh ! Qu'est-ce qu'y a, petit ?
- C'est ma maman. » Il couine comme un chaton qu'on va noyer. « Elle était avec moi et elle a dit qu'elle allait chercher la viande chez le boucher mais j'me suis perdu quand j'ai suivi l'autre monsieur qui faisait les bulles, et je sais plus où elle est.
- Et bah elle droit encore y être, chez le boucher.
- Mais j'sais pas où il habite. »
L'monsieur soupire en passant sa main sur son front. Personne remarque sa bonne femme qui sort son téléphone dans le dos du gars, murmure quelques mot avec ce sourire de fouineuse qu'a démantelé le complot. Ienzo a soustrait trois oranges clémentines à l'étalage, et le p'tit corbeau s'apprête à filer avec.
« - Ecoute, on va l'attendre ici ta maman, hein ? Elle peut pas être bien loin, sûrement qu'elle te cherche aussi. On verra bien s'y a pas une dame qu'appelle son gamin dans la rue d'ici une ou deux minutes.
- Mais si elle est partie sans moi ?
- Eh ben pardi, on ira voir à la police, ils doivent bien pouvoir la retrouver. »
Ah non, la police, c'est pas une bonne idée, mais alors pas du tout.
« - Je vais la chercher sinon, elle a dit que-
- Ah non p'tit chat, j'peux pas t'laisser r'partir tout seul, si c'est pas une drôle d'idée ça ! Y a des gens louches dans le coin, faudrait pas qu'il t'arrive un malheur.
- Mais il va pas m'arriver de malheur m'sieur, moi j'sais m'défendre !
- Et comment ? T'as même pas les griffes d'un chaton, p'tit. Contre un mauvais bonhomme, j'donne pas cher de ta peau.
- Je mord !
- Avec tes crocs d'marmot ? Tu vas pas faire long feu, sans vouloir te vexer.
- Mais je-
- Demyx ! »
Cette voix. Oups. Oups de chez oups. Il se r'dresse d'un coup, sa trogne frappée par l'horrible surprise.
« - Où est-ce que tu étais passé !
- Vous en faites pas, madame, on vous l'a retrouvé ! »
Et soudain, le gamin pâlit. Vanitas voudrait bien s'enfuir avec les oranges, mais la grande dame qui approche l'effraie trop pour qu'il ose ne serait-ce qu'essayer. Même Ienzo se tient à carreau, son petit livre plaqué contre son torse d'enfant. Il se mord la lèvres. Ses grands yeux d'enfant calme prennent la couleur trouble de la peur.
Alors là, c'est la bêtise du siècle.
« - Excusez-moi, Axel ! Je ne pensais pas qu'il s'échapperait de la maison pour …
- Mais vous en faites pas ! C'est des gamins, ils aiment bien s'amuser, vous savez.
- Oui, mais quand même.
- Allez, y a pas mort d'homme ! Tant qu'ils sont entiers, ces bestiaux. »
La dame soupire, soulagée. Elle attrape la main de son fils avant de s'exclamer.
« - Mon dieu, ces vêtements ! Demyx, je t'ai déjà dit de ne plus les porter, ils sont affreux ! On t'a acheté un nouveau pantalon la semaine dernière !
- Mais maman, je peux pas mettre un pantalon nouveau pour le jeu !
- Mon dieu mon dieu, qu'est-ce que les gens vont penser …
- Ils vont rien penser, vous torturez pas la cervelle ! C'est des gamins en train de jouer, ils en voient tous les jours, vous savez ?
- Mais quand même …
- Allez, vous en faites plus et rentrez. Puis vous inquiétez pas pour les mandarines, j'vous les offre. Pour Noël. »
Il fait signe à Larxene pour chercher son approbation, mais elle ne semble pas s'en inquiéter. Sûrement une manière de lui dire oui.
« - Merci Axel, vraiment, je ne sais pas ce que j'aurais fait si vous ne m'aviez pas appelée …
- Bah, vous habitez pas loin, j'vous les aurais ramenés. Ils sont pas si terribles ces morpions. »
C'est à ce moment que la pauvre femme pense enfin à tourner la tête et qu'elle aperçoit les deux autres, aussi mal vêtus que son propre bambin. Vanitas serre les agrumes sous son pull, et Ienzo la fixe avec les yeux les plus innocents du monde. Ah. Oui. Le fils du voisin, et celui de son collège qui habite dans la rue d'à côté. Toujours la même bande, elle aurait dû s'en douter. Ces petits sacripants.
« - Vous aussi, qu'est-ce que c'est que ces vêtements ! Et c'est de la boue que vous avez sur les joues ? »
Elle l'espère. Il faut mieux ça qu'autre chose.
« - Mais maman ! » son garçon geint. « C'est pour le jeu !
- Et vous ne pouvez pas jouer plus proprement ?
- Non ! Ils ont pas de douches dans la rue les orphelins, tu sais bien ! »
Encore elle soupire, et elle se demande ce qu'elle a fait au bon dieu pour écoper d'un chenapan comme ça. Mais comme c'est son fils et qu'elle l'aime quand même gros comme une montagne, elle lui passe tout et elle attrape la main du petit Ienzo avant de saluer Axel, puis de prendre le chemin de la maison.
« - Dès qu'on arrive, c'est la douche ! Sinon, je raconte tout à vos parents.
- Oui m'dame. » Van répond sans faire de vague.
Demyx, qui a déjà oublié le savon qu'on vient de lui passer, avance joyeusement dans la rue. Il abandonne vite la main de sa mère pour se précipiter vers le portail de la maison, et se jette sur son gros chien qui aboie derrière. Il fait un câlin à la bête avant de grimper les escaliers, ignorant les remarquer de celle qui l'a ramené.
« - Et je ne veux plus jamais te retrouver dans cet état ! Sinon, Ienzo et Vanitas ne viendront plus dormir à la maison !
- Mais si !
- Alors plus de bêtises, Demyx ! »
Boudeur, le gamin croise deux bras furieux contre son petit torse. Il tourne un regard qu'il veut méchant vers sa maman, fronce les sourcils et s'écrie soudain, tendant la main vers ses deux camarades.
« - Toute façon quand on sera mariés, on dormira tout le temps ensemble dans notre maison ! Et tu pourras rien nous dire ! »
Et il plante tout le monde au salon, grimpant le reste des escaliers d'un petit pas dur et pressé.
A demain !
