Marinette avait louché sur la chevalière de Chat Noir en prononçant ces mots. Adrien, interdit, retira ses mains des joues de Marinette, qui se remirent à geler presque immédiatement. Il regarda le vide sous ses pieds.

La grande roue était arrêtée depuis dix bonnes minutes et des techniciens en bas s'affairaient. Il priait de tout son être pour qu'elle se remette à tourner. Il n'osait même plus regarder Marinette dans les yeux.

- Tu étais là, quand Ladybug m'a vu me détransformer, c'est ça ? Demanda-t-il.

Marinette pâlit un peu plus.

Comment pouvait-il ne pas avoir deviné qu'elle et Ladybug étaient une seule et même personne ? Adrien était loin d'être stupide… Pourtant, elle se rattacha à ça, se disant qu'au moins, son identité secrète, bien que fragilisée et en danger, restait en sécurité pour le moment.

- Oui, répondit-elle.

- J'ai toujours fait attention, murmura Adrien.

- J'imagine …, fit doucement Marinette.

Il la regarda enfin, et s'aperçut qu'elle ne l'avait pas lâché des yeux. Il prit sa main dans la sienne :

- Tu m'en veux ?

- De m'avoir caché ça ? Demanda Marinette.

Comment aurait-elle pu lui en vouloir, elle qui gardait le même secret ?

- Non, répondit-elle à sa propre question. Je suis juste surprise.

- Tu n'as jamais rien soupçonné ?

- Pas vraiment. Enfin si, peut-être… Je ne sais pas.

Elle repensa à la première fois qu'elle et lui avaient interagi en tant que Marinette et Chat Noir, pour vaincre le dessinateur. Il l'avait appelé « Princesse ». Adolescents, Chat Noir et Adrien étaient très différents. Plus taquin, plus joueur, plus blagueur, Chat Noir était un charmeur peu subtil. Adrien n'avait jamais été comme ça plus jeune. Cependant, quand Marinette y songeait, il était indéniable désormais qu'Adrien l'était devenu un peu aussi, de la même façon que Chat Noir avait prit les traits de caractères plus calmes et discrets d'Adrien. Ils s'étaient contrebalancés, si bien qu'au final, Chat Noir et Adrien avaient le même caractère…

- Je ne veux pas que ça te mette en danger, murmura Adrien.

- Je suis déjà en danger.

- Tu n'as pas porté le miraculous de la souris depuis deux ans, se rappela Adrien. Le Papillon ne t'a pas embêté une seule fois. Il ne sait pas que tu es multimouse. Tu n'es pas en danger…

Adrien y avait veillé. Tous les soirs, il faisait des rondes pour s'assurer que ses amis étaient en sécurité. Il s'arrêtait davantage chez Chloé, car tout le monde savait qu'elle était Queen B. Il avait deviné avec le temps que Rena Rouge était Alya, que Carapace était Nino, mais pour le reste, il n''en savait rien. Puis, il savait que Marinette était Multimouse. Elle ne l'avait été que quatre fois. Adrien avait détesté ça. Savoir que Marinette, un peu maladroite, toujours un peu paniquée, risquait sa vie parce que Ladybug le lui demandait, lui déplaisait énormément. Ils s'étaient disputés, Ladybug et lui, à ce propos.

Ils avaient arrêté de se parler pendant deux semaines entières.

Depuis sa première transformation en multimouse, Adrien surveillait Marinette. Cela faisait trois ans maintenant que Chat Noir passait tous les soirs voir si Marinette allait bien. Quelques fois, il était même sortit de sa cachette pour venir lui parler. Il avait appris à la connaître différemment. Marinette était si courageuse… Parfois, le soir, il trouvait à sa fenêtre des macarons qu'elle avait laissé pour lui, et un mot joliment écrit qui lui disait de « dégager » parce que tout allait bien et qu'elle n'avait pas besoin de protection.

- Savoir que je suis Chat Noir, ça te met en danger.

- Ce n'est pas comme si j'allais le crier sur tous les toits, soupira Marinette.

- Pourtant on est à la hauteur idéale pour ça, plaisanta le blond.

Marinette sourit, légèrement amusée :

- Comment tu fais pour toujours trouver le côté positif de la situation la plus catastrophique ?

- Je prends exemple sur toi…

Adrien regarda droit devant lui.

- C'est pour ça que tu penses qu'on ne peut plus être amis ? Demanda-t-il.

« Non » pensa Marinette.

- Oui.

Il ne lui en voulait pas.

Un secret comme ça, ça écrasait le cœur et les poumons. C'était lourd à supporter au quotidien.

Il comprenait.


Oh oh oh !

Joyeux douze-douze de décembre !

On se donne rendez-vous demain, pour la suite !

CacheCoeur :)