Joyeux Noël ! Bon, je sais, c'était hier mais tant pis ! Voilà, comme promis, ce chapitre 14 arrive plus ou moins le 26 (j'avais dit 25 ou 26, j'ai pas menti), donc j'ai tenu mes engagements ! Et en parlant d'engagements, je fais celui de vous poster le 15 le dernier week-end de janvier !
Sinon, voilà le début de vacances du point de vue de Cassie, et la suite d'un pdv inédit... Clem ! Ce chapitre a leur deux pdv parce qu'elles passent les vacances ensemble. Parce que j'ai décidé de raconter les vacances de tous les personnages (ou en tous cas les notables), certains à la première personne, d'autres à la troisième, et pour l'un sous forme de lettres. Il y a deux chapitres partagés (pour l'instant, parce que je vais peut-être en regrouper deux autres...), à savoir Cassie-Clem (le 14, que vous pouvez lire juste en dessous) et Charlie-Leïla (le 16). Si ça vous intéresse, j'ai pour l'instant écrit les vacances de Violet (évidemment), Cassie, Clem, Vicky, Charlie, Leïla, Colleen, Tom, Jordan et Ella, donc il me reste Robin (que j'ai commencé) et Oli (qui sera peut-être partagé avec quelqu'un d'autre).
Bref, je sais pas si vous avez lu tout ça, mais en tous les cas : Bonne lecture !
En se réveillant, le lendemain matin, Cassandra regarda autour d'elle. C'était très vide, avec uniquement deux lits occupés. Et même les affaires d'Eden, Violet et Victoria avait disparu, parties pour leurs maisons respectives.
Et, encore plus que vide, le dortoir était silencieux. Habituellement, à la même heure, Eden aurait été en train de s'habiller, Violet remuerait dans son lit, le sommeil la quittant peu à peu, et Victoria, rentrant de sa course quotidienne, caresserait le chat de Clémence, qui serait en train de grommeler contre toute cette agitation.
Mais là, il n'y avait pas un bruit, d'autant que Nuage avait décidé de faire une sieste. C'était étrange, tant ce dortoir lui semblait différent de celui qu'elle connaissait, alors que c'était exactement le même.
Finalement, et puisqu'elle savait que Clémence ne se lèverait pas de sitôt, elle alla s'habiller avant de descendre déjeuner, son estomac lui indiquant très clairement qu'elle avait besoin de manger.
Arrivée dans la Grande Salle, elle se dit que finalement, le dortoir était plein de vie. La plupart des professeurs et élèves étant dans le train, la grande majorité des autres dormant encore, il y avait deux personnes – la professeure d'Arithmancie, Ellen Puth, et un troisième année de Gryffondor, Andrew Norton – assises à l'unique table qui avait été réinstallée.
- Bonjour, miss Swan, la salua Puth. Comment allez-vous ?
- B-bien, merci.
- On a choisi de ne mettre qu'une seule table en raison du nombre très restreint de gens encore au château, expliqua le professeur pendant que Cassandra s'asseyait. En fait, il y a l'infirmière, la directrice, Mr Norton ici présent, qui est en troisième année à Gryffondor, Phoebe, Lewis et Tyler, les triplés Wheeler, tous les trois à Serpentard, en quatrième année, Mr Harris, qui est également à Gryffondor, en septième année, miss Perrin, que bien sûr vous connaissez vous, et moi. Ce qui ne fait que neuf personnes, dont miss Palmgrass qui mange dans son bureau, il aurait donc été inutile de remettre les cinq tables, surtout que celle de Poufsouffle serait restée vide.
C'était typique de Puth, de tout expliquer. Il était d'ailleurs inutile que Cassandra lui indique qu'elle savait déjà qui était Norton, Harris et les Wheeler, tout comme qu'elle lui précise qu'elle se serait vite rendue elle-même compte de qui était encore à Poudlard. Et puis, au moins, Puth était gentille. Répétitive, certes, mais très gentille.
- Votre soirée s'est bien passée ? poursuivit celle-ci, inconsciente des pensées de son élève.
- Ou-oui, m… merci.
Le silence se fit dans la salle. Le professeur continuait de manger en regardant au dehors, Norton tentait de dessiner un visage dans ses œufs brouillés – il s'en sortait d'ailleurs plutôt bien – et Cassandra s'efforçait de retenir la question qui lui brûlait les lèvres. Puis, une fois qu'elle ne put plus supporter ni le désir d'avoir une réponse ni le silence total, elle lâcha :
- P-professeur, que… que va-t-il arri… arriver à L-Leïla, David et… et Amy ?
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Norton en commençant enfin à manger.
- Eh bien… hésita Puth. Voyez-vous, hier soir, il y a eu une… dispute entre miss Williams et Mr Moon. Et, au milieu de leurs propos obscènes, ils se sont mutuellement blessés. Mr Moon a cassé le nez de sa camarade, et celle-ci l'a brûlé avec du thé apporté encore fumant par miss Dwight. Vous demanderez à ceux de vos camarades qui étaient présents si vous voulez de plus amples détails sur l'événement.
A voir l'expression d'intense curiosité du garçon, il était clair qu'il allait se renseigner auprès de ceux qui avaient vu ce qui était arrivé. Il demanderait sûrement à Harris, ou à l'un des Wheeler.
- Et pour vous répondre, miss Swan, sachez que tous trois ont été punis. Mr Moon et miss Williams seront en retenus les cinq vendredis suivant la rentrée, miss Dwight uniquement les trois premiers. Et bien évidemment, ils seront séparés. Ils seront également tous trois contraints de rester au château lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard.
- C'est injuste pour Dwight, remarqua Norton en commençant un autre visage – les jaunes d'œufs au plat en guise d'yeux, une tranche de bacon pour la bouche.
- Pourquoi cela ? Elle a quand même participé à la blessure infligée à Mr Moon.
- Elle obéit à Williams au doigt et à l'œil. Seule, elle aurait rien fait. Mais c'est l'esclave, quoi que lui demande Williams elle le fait immédiatement. Elle ne voulait pas blesser Moon.
- Elle n'était néanmoins pas soumise au sortilège de l'Imperium, elle aurait pu refuser d'obéir.
- Salut, lâcha Clémence à mi-voix en s'asseyant à côté de Cassandra. De quoi ils parlent ?
- De la dispute d'hier, et de la punition. Norton trouve ça injuste qu'Amy aussi ait des retenus et l'interdiction d'aller à la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Il dit qu'elle n'a fait qu'obéir à Leïla.
- Et Puth, elle en pense quoi ?
- Elle dit qu'Amy était tout à fait en mesure de résister.
- Vu qui lui donnait des ordres, ç'aurait été du suicide.
- Je sais bien, mais tu connais Puth. Elle vit dans un monde parfait de gentillesse omniprésente.
- Et puis dans tous les cas, moi je suis totalement incapable d'avoir de la compassion pour quelqu'un comme Amy. Ou n'importe quelle autre personne traînant avec des gens comme Leïla ou David.
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Elle devait vraiment avoir l'air folle, heureusement que personne ne la voyait. Puisqu'elle était présentement en train de tourner sur elle-même en riant aux éclats au milieu d'un couloir – sans tableau, elle avait pris le temps de vérifier.
Mais comme ça, Cassandra était heureuse, elle se sentait bien. Seule, sans personne pour l'insulter ou la regarder de travers. En somme, personne pour la juger. Et il n'y avait sans doute personne non plus pour l'entendre, en pleine nuit.
Elle se mit à courir, descendit les escaliers quatre à quatre, emprunta tous les passages secrets qui se trouvèrent sur son chemin, en riant toujours autant. Elle arriva dans le hall et, d'un sort, ouvrit en grand l'immense porte. Puis elle sortit dehors.
Elle avait froid, pieds nus dans la neige fraîche, mais elle s'en fichait. Elle se sentait, pour la première fois de sa vie, entièrement libre. Elle courait, sautait, tombait, et souriait à la Lune, comme pour la prendre à témoin de son bonheur.
Qu'est-ce que c'était agréable, de faire ce qu'elle voulait. Il n'y avait personne, elle n'avait pas besoin de sauver des apparences, de s'enfermer dans d'insupportables faux-semblants. Elle pouvait tout faire, et elle ne se privait pas.
Elle inspira profondément, et le froid de l'air lui mordit la gorge sans qu'elle s'en soucie le moins du monde. Elle ne se rendait pas non plus compte qu'elle ne sentait plus ses pieds, que ses doigts commençaient à la brûler, que si quiconque apprenait qu'elle avait ouvert la porte et était sortie à cette heure, elle serait sévèrement punie.
Son père, Leïla, ses fausses amies américaines, les regards de haine, les murmures sur son passage, sa solitude, la douleur qui lui transperçait de plus en plus souvent le cœur… tout ça était bien loin de son esprit. Seule comptait à présent sa liberté.
Que les étoiles et la Lune qui la berçaient de leur froide lumière en soient témoins.
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- Joyeux Noël, Clem ! s'écria Cassandra en sautant sur le lit de son amie encore endormie.
Elle venait à peine de rentrer, voyant sur sa montre que la journée allait débuter. Mais elle comptait bien ressortir quand elle s'achèverait. Elle venait de découvrir le bonheur que lui procurait la pureté de la nuit, et elle avait l'intention d'en profiter aussi longtemps qu'elle le pourrait.
Clémence grogna, agacée d'avoir été réveillée. Certes, elle n'était pas particulièrement matinale, mais il était tout de même déjà six heures, et c'était le matin de Noël !
- Oh, tu comptes quand même pas passer la journée à dormir !
- Si, c'était mon intention, soupira la jeune fille. Mais je suppose que tu vas m'en empêcher…
- En effet ! Allez, lève-toi, on va manger !
- Je sais même pas si la Grande Salle est déjà ouverte…
- C'est pas grave, on ira dans les cuisines !
- D'ailleurs, Cassie, j'ai une preuve qu'il est beaucoup trop tôt pour se lever. Le jour de Noël, je pars du principe qu'il n'est acceptable de réveiller les autres qu'après que les hiboux et autres chouettes aient apporté les cadeaux. Sinon, ça veut dire qu'on peut encore dormir, alors bonne fin de nuit.
- Comment tu sais qu'ils ne les ont pas apportés ?
- Ils les déposent au pied des lits. D'ailleurs, quitte le mien.
- On s'en fout, on ouvrira les cadeaux quand on aura mangé ! Allez, viens ! insista Cassandra.
Puis, voyant que son amie ne bougeait toujours pas, elle se leva et retira la couverture d'un coup sec, espérant que ça entraînerait une réaction chez Clémence. Qui, pour le coup, se réveilla vraiment, et pas de bonne humeur.
- T'es folle ! cria-t-elle. Il fait super froid ! T'as gagné, je vais me lever, mais ne me refais plus jamais ça ou je t'égorge et j'utilise ton sang pour repeindre les murs ! Et arrête immédiatement de rire !
A la décharge de Cassandra, il fallait reconnaître que la scène était hilarante. Puisque Clémence était présentement en train de la menacer en débardeur et mini-short, les cheveux dans tous les sens, des marques laissées par les draps sur la joue et, pour parfaire l'ensemble, la voix enrouée. Et même elle dût se rendre compte qu'elle était ridicule, car lorsqu'elle vit son reflet dans le miroir, elle éclata également de rire.
- Bon, lâcha-t-elle une fois totalement calmée, ce qui prit d'ailleurs un certain temps, je vais me doucher et m'offrir une tête à peu près crédible, je te rejoins tout de suite.
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Clémence mettait certes longtemps à trouver tous ses écharpes, gants, manteaux, bonnets – vu l'épaisseur, elle devait porter au moins quatre de chaque – mais au moins elle se douchait vite. Elle ressortit donc de la salle de bain cinq minutes plus tard, à présent propre, coiffée et sans traces de draps.
- C'est bon, on peut y aller, déclara-t-elle – d'un voix normale – quand elle se fût totalement habillée. Même si je maintiens qu'il est bien trop tôt pour se lever.
Finalement, la Grande Salle était ouverte, le professeur Puth y mangeait déjà. En entendant les deux Serdaigles arriver, celle-ci releva la tête et un sourire bienveillant éclaira son visage.
- Bonjour, salua-t-elle, les filles, et joyeux Noël à vous deux.
- Bonjour professeur, un bon Noël à vous aussi, répondirent les deux amies en même temps.
- Vous êtes matinales, à ce que je vois. Les cadeaux ne sont même pas encore arrivés que vous êtes déjà levées.
Clémence glissa un regard appuyé à Cassandra tandis qu'elles s'asseyaient. Ce qui signifiait à peu près « Tu vois, même elle est de cet avis, c'est pas une heure décente pour être debout. Oblige-moi encore à me réveiller aussi tôt, et je mets ma menace à exécution, c'est clair ? »
- Vous avez bien dormi ? Personnellement, j'ai fait un excellent rêve qui se passait dans un avion qui battait des ailes… Oh, mais j'y pense, savez-vous ce qu'est un avion ?
- Oui, j'ai grandit avec des moldus, indiqua Clémence.
- M-moi aussi… d-d'ailleurs je… je suis venue en… en Angleterre en avion…
- C'est vrai ? Je n'en ai jamais pris, personnellement. C'est peut-être pour cela que j'en rêve. Même si bien sûr les vrais avions ne battent pas des ailes, ils planent… D'ailleurs, dans mon rêve, il nous servait de maison… Ça avait l'air…
Cassandra mordit dans sa tartine de beurre en cessant complètement d'écouter. Elle était assez heureuse que Puth ait cette incroyable capacité à nourrir une conversation seule, il aurait sinon été très désagréable de manger dans un parfait silence.
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Jamais Cassandra n'avait reçu autant de cadeaux. Elle ne cessait de regarder le tas au pied de son lit. Habituellement, elle ne recevait que deux cadeaux. Un de son père, l'autre commun à toutes ses amies, qui ne lui avaient bien sûr rien offert cette année.
Son père lui avait, comme tous les ans, envoyé quelque chose qui ne lui avait sûrement demandé ni beaucoup de temps ni beaucoup d'efforts. Clémence aussi lui avait offert un cadeau, Colleen également. Mais les deux principales surprises étaient les cadeaux de Violet et… quelqu'un, elle ignorait qui.
- Clem… appela Cassandra.
- Hmm ?
- Violet m'a envoyé quelque chose.
- Et alors, t'aimes pas les cadeaux ? Parce que si c'est le cas je veux bien le prendre.
- Tu es cupide. Le problème c'est que moi, je ne lui ai rien pris.
- C'est pas grave, Vi offre toujours des trucs à tout le monde. Enfin pas réellement, mais tous les gens qu'elle connaît un tant soit peu. Par exemple, les autres filles du dortoir. Avant cette année, je ne lui donnait rien, et je sais qu'Eden ne le fait pas non plus. Alors t'as pas à t'en faire.
Cassandra, peu convaincue, se contenta de hausser les épaules en soupirant. Elle détestait que quelqu'un lui donne quelque chose sans qu'elle fasse de même. Ça lui donnait l'impression d'avoir une dette à rembourser.
- A pire, t'auras qu'à lui offrir du chocolat à la rentrée. Je sais qu'elle adore ça, et en général il y a quelques jours pendant les vacances où on est libres d'aller à Pré-au-Lard comme on veut.
« Ça, c'est mieux. Maintenant, voyons au moins ce que contiennent tous ces paquets. Et qui m'envoie le dernier »
Son père lui avait envoyé un très vieux livre, qui racontait l'histoire d'un jeune messager arrivant dans un pays inconnu et mystérieux, dirigé par un noble cruel, et y rencontrant une mystérieuse jeune fille. Une histoire d'amour et d'aventure dans un monde à la fois médiéval et fantaisiste. Ce qu'elle lisait en général. Elle était donc assez heureuse de ce cadeau, ce qui était pourtant rare avec ce que lui offrait son père.
Violet lui avait offert différentes friandises, certaines moldues et d'autres sorcières, toutes semblant délicieuses – les dragées surprises de Bertie Crochue mises à part. Il y avait aussi une lettre, rédigée d'une écriture régulière et soignée.
« Chère Cassie,
Joyeux Noël ! Je suis navrée, je n'ai pas vraiment eu le temps de chercher ce que tu aimais, alors j'ai uniquement pris des bonbons, parce que tout le monde aime les bonbons.
Sauf Vicky, maintenant que j'y pense. Enfin, ce n'est pas tant qu'elle n'aime pas ça, simplement elle évite de peur de grossir… Il faudrait tout de même que quelqu'un lui dise qu'elle a encore de la marge… Mais ce n'est pas le sujet, de toutes façons !
J'espère que les vacances à Poudlard se passent bien. Le château doit être assez étrange en ce moment, Lee m'a dit qu'il n'y avait que quelques élèves qui avait choisi de rester pour Noël. Mais au moins, tu n'es pas toute seule, puisque Clem aussi est là.
D'ailleurs, savais-tu que durant les vacances de Pâques, tout le monde devait rester à Poudlard ? Donc, surtout, profite bien d'avoir le château presque pour toi toute seule, cela doit être génial !
Passe de bonnes vacances, et réponds-moi vite,
Violet »
Cassandra reposa la lettre, sidérée. C'était la première fois que quelqu'un lui demandait de se dépêcher de répondre, même ses amies américaines ne l'avaient jamais fait lors de leurs correspondances de vacances. Le fait que Violet l'ait appelée « Cassie » la surprenait aussi beaucoup. Est-ce qu'elle considérait qu'elles étaient amies ? Car, même si c'était assez rapide, Cassandra en aurait été heureuse. Est-ce que Jordan avait aussi interprété leur conversation au bal comme le début d'une amitié ?
Sans doute pas, il avait toujours été plus réservé avec elle. Mais peut-être considérait-il cela comme un commencement, un sorte de pré-amitié ? « Ce serait bien, pour Violet comme pour Jordan. Après tout, quoi que j'en ai dit à Clem, le bal était vraiment bien… Et puis j'ai aussi passé du temps avec Ella et Charlotte... »
Reléguant ces pensées a fond de son esprit – et se promettant d'écrire à Violet dans la journée – Cassandra se concentra sur le cadeau d'expéditeur inconnu. Lui aussi contenait une lettre, et de nombreux livres qui semblait avoir été imprimé deux ou trois décennies auparavant, et lus une centaine de fois chacun. A nouveau, il y avait une lettre.
« Chère Cassandra,
Tu ignores sûrement qui je suis, alors laisse-moi me présenter. Je suis Charles. Quand j'étais à Poudlard, j'y ai rencontré Althea, ta mère. Nous étions dans la même année, tous les deux à Serdaigle, comme toi.
Nous sommes tout de suite devenus amis. Althea était quelqu'un de formidable, elle m'était très chère. Deux ans après notre sortie de Poudlard, elle a rencontré ce moldu, ton père.
Lui, je ne l'ai jamais apprécié. Ne le prends surtout pas mal, mais il ne m'a jamais inspiré confiance. Il a cherché à gagner le cœur de ta mère, comme tant d'autres avant lui. Et il est facile de les comprendre, Althea était belle, gentille, intelligente, drôle… et bien plus encore, tu peux me croire. Ce qui démarqua ton père des autres est que lui réussit à se faire aimer de cette jeune femme qui était pourtant si inaccessible.
Tout est allé très vite entre eux. Ils se sont rencontrés, un mois plus tard ils sortaient ensemble. Encore deux mois, et ils étaient fiancés. Quatre, et ils étaient mariés. Puis, presque tout de suite, ta mère est tombée enceinte.
Elle me l'a dit presque dès qu'elle l'a sû, et m'a demandé d'être le parrain de son bébé. Je ne te cacherai pas que j'ai d'abord été assez réticent. J'avais beau aimer les enfants et adorer ta mère, je haïssais ton père, et je m'en méfiais. J'ignore sincèrement pourquoi, mais je n'ai jamais pu lui faire confiance, il y avait quelque chose en lui qui me dérangeait. Peut-être était-ce sa froideur, peut-être était-ce son manque d'expressions. Ou alors, la façon qu'il avait de regarder ta mère, comme s'il s'agissait d'un trophée.
Toujours est-il que mon hésitation a été de courte durée, et que j'ai vite accepté d'être ton parrain. Mais, malheureusement, ta mère est tombée très malade pendant sa grossesse. Et, tu le sais, elle n'a pas survécu à l'accouchement. Avant de mourir, elle a eu le temps de déclarer qui étaient tes parents, comment tu t'appelais, et de me nommer parrain.
Je suis resté avec elle tout le temps de ta naissance, et jusqu'à ce qu'elle ait rendu son dernier souffle. Quelques minutes plus tard, les infirmières avaient fini tous les examens médicaux qu'elles devaient te faire, et elle t'ont amenée.
Je t'ai prise dans mes bras, et j'ai regardé Althea, et ses draps couverts de sang. Je n'ai pu me retenir de pleurer. Je trouvais horrible qu'elle, qui se faisait une telle joie d'être mère, n'ait pas pu tenir son enfant une seule fois. Je pleurais pour ce triste destin, mais aussi pour ton avenir. Car, sans pouvoir dire pourquoi et peut-être me suis-je trompé, j'étais persuadé que ton père te ferait croire que tu étais, d'une façon ou d'une autre, responsable de la mort d'Althea.
Si par malheur il se trouvait que j'ai raison, sache que rien n'est plus faux. Quand ta mère a appris qu'elle était malade, c'est uniquement la perspective de ta naissance prochaine qui l'a aidée à tenir. Tu es responsable du fait qu'elle soit restée en vie plus longtemps, qu'elle se soit accrochée, c'est tout.
Je suis resté seul avec toi quelques heures avant que ton père n'arrive. Là, il m'a ordonné de partir, de vous laisser tous les deux seuls. Sur le moment, je n'ai pas trouvé la force de protester, même si je sentais que c'était une mauvaise idée. Comprends-moi, ma meilleure amie venait de mourir…
Mais je n'aurais tout de même pas dû. Quand, le lendemain, je me suis présenté à la maternité, on m'a informé que tu étais rentrée chez toi. Mais, lorsque j'y suis arrivé, j'ai trouvé la maison vide. Votre propriétaire y était, pour vérifier qu'elle était toujours en bon état. Il m'a expliqué que ton père avait décidé de déménager car cette maison lui rappelait trop Althea. Mais il n'avait pas dit où il comptait aller…
Je lui ai envoyé de multiples lettres, dont certaines étaient accompagnées de choses ayant appartenu à Althea, comme son collier ou la seule plume avec laquelle elle ait jamais accepté d'écrire, pendant un an. Toutes sont restées sans réponse, alors je le suis mis à chercher par moi-même. Sans savoir pourquoi, j'ai toujours été persuadé qu'il était mauvais pour toi de rester seule avec lui.
Finalement, c'est au printemps dernier que j'ai retrouvé votre trace. Quelques pots-de-vin bien choisis m'ont permis de le faire muter à Londres, l'obligeant à y déménager.
Cela a sûrement été très dur pour toi de quitter tout ce que tu connaissais, mais sur le moment je n'y ai pas songé. Je voulais juste trouver un moyen de pouvoir de protéger de cet homme qui, j'en était certain, était néfaste pour toi.
Et je voulais aussi que tu retournes là où tu es née, là où sont tes origines et ton histoire. J'ignore si tu l'as demandé à certains, mais je suis sûr que beaucoup à Poudlard connaissent Althea Hill. Par exemple, la directrice était une amie de ta mère lorsqu'elles étaient à l'école.
Je sais que les gens de Poudlard ne sont pas du genre à accueillir les étrangers à bras ouverts. Dis-leur qui est ta mère, cela pourrait les rendre bien plus amicaux, elle était très appréciée.
Et, dans tous les cas, je suis heureux de savoir que tu habites aujourd'hui à Londres, même si tu passes la majorité de ton temps à Poudlard. Je sais qu'au moins je suis près de toi, et je peux intervenir si tu as un problème.
Après tout, je suis ton parrain et c'est aussi mon rôle, même si je l'ai bien mal tenu, et j'en suis désolé.
Les livres que je t'ai envoyé étaient à Althea, ton père les a laissé dans votre ancienne maison, et le propriétaire me les a confiés. Je pense qu'aujourd'hui c'est à toi qu'ils doivent revenir. Que tu aies ou non le même amour de la lecture que ta mère, je t'en prie prends-en soin.
Tu peux m'écrire aussi souvent que tu le veux, si tu le veux, et me poser toutes les questions que tu as. Ne t'inquiète pas, une chouette me trouvera sans problème.
Ton parrain, Charles Stride »
Cassandra respira profondément. Elle en avait appris bien plus qu'elle ne l'aurait cru par la simple lecture de cette lettre. Et ses impressions sur cet homme étaient très partagées.
D'un part, elle le haïssait de l'avoir envoyée en Angleterre, même s'il n'avait voulu que son bien. Car, d'un autre côté, il semblait réellement tenir à elle. Et il avait une excellente intuition sur son père.
Mais le plus important, du moins en premier lieu, était qu'il semblait détenir les réponses que son père lui avait toujours refusées. Charles, lui, pouvait lui révéler tout ce qu'elle voulait savoir sur sa mère. Déjà, elle avait appris que celle-ci était anglaise, et avait été à Poudlard, comme elle.
Mais il restait encore toute une zone d'ombre qu'elle doutait de pouvoir éclaircir. Pourquoi son père avait-il à ce point tenu à l'éloigner de son parrain ?
Cassandra soupira. Elle hésitait encore à entamer une correspondance avec Charles, mais elle avait tout le temps d'y penser. Dans l'immédiat, elle devait ouvrir ses autres cadeaux et répondre à Violet. Après, elle s'attaquerait à la lecture de ces ouvrages qui avaient tant plu à sa mère.
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Clémence
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- Debout, Clem ! Allez, lève-toi ! me hurle Cassie.
Je crois que je vais la tuer. C'est la cinquième fois qu'elle me réveille en me criant dans l'oreille ! Elle l'a fait la première fois à Noël, et maintenant ça semble être sa passion dans la vie. Sauf que moi, j'aimerais dormir jusqu'à un peu plus tard que six heures du matin…
Bon, il faut que je me lève, sinon elle va continuer à beugler et je ne crois pas être capable de le supporter. Que celui qui a dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt soit maudit…
- On fait quoi, aujourd'hui ? je bâille.
- De sept heures du matin à sept heures du soir, on peut aller à Pré-au-Lard. Ce serait bien d'y passer quelques heures, au moins. Je dois toujours acheter quelque chose à Violet et j'aimerais aussi trouver un cadeau pour…
- Ton ami secret, je tente, celui qui t'a envoyé les vieux livres qui ont l'air de te fasciner ?
Elle refuse de me dire de qui il s'agit, mais je ne désespère pas de trouver un jour ou l'autre. De toutes façons, elle finira bien pas lâcher l'information à un moment ou un autre.
Allez, maintenant il faut que j'aille prendre ma douche, sinon elle va encore me crier dessus. Je ne sais vraiment pas ce qu'elle a en ce moment, mais elle semble avoir beaucoup plus d'énergie. Il faudrait peut-être voir si elle se rend compte que moi, elle m'épuise.
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Blanche a répondu à ma lettre, enfin. C'est vraiment compliqué de n'avoir que ça pour communiquer, l'orphelinat a au moins l'avantage d'avoir un téléphone. C'est tellement plus pratique… Et en plus, ça m'a toujours fait beaucoup rire de lui parler et de voir les gens passer en me regardant comme si j'avais trois yeux. Car, que ce soit par écrit ou par appel, Blanche et moi parlons exclusivement français. Elle me fait croire que c'est pour éviter que je n'oublie ma langue maternelle, mais je me rend bien compte que c'est plutôt dû à sa nullité en anglais… Mais de toutes façons, le français lui va bien mieux !
- Arrête, Cassie, c'est inutile d'essayer de lire. Tu ne parles pas français, tu risques pas de comprendre ce qu'elle a écrit, je soupire.
Mon amie soupire et retourne à son petit-déjeuner. Elle est assez déçue de ne pas pouvoir apprendre discrètement ce que je dis à ma gouvernante. Mais bon, c'est elle qui a refusé quand je lui ai proposé de lui traduire en échange de l'identité de celui qui lui a envoyé un cadeau.
Et puis, Blanche ne raconte rien de très intéressant, c'est surtout des banalités. Une autre demande d'adoption, cette fois auprès du ministère de la magie français, rejetée. A ce rythme-là, je serais majeure avant d'être légalement sa fille.
Vic' aussi m'a écrit. C'est toujours plus intéressant quand c'est elle, elle a forcément quelque chose à raconter, même parfois sur des gens qu'elle ne connaît pas. D'ailleurs il faudra que je lui dise que j'ai vu Andrew Norton et Phoebe Wheeler s'embrasser dans une couloir, avant-hier. Vu comment Lewis et Tyler sur-protègent leur sœur, il y a sûrement moyen de créer une scène très drôle s'ils apprennent l'existence de ce couple. Et, dans tous les cas, Vic' déteste ignorer quoi que ce soit.
« Chère Clémie,
Il s'est passé un truc qui, je pense, va beaucoup t'amuser ! Figure-toi que Lovisa a inondé la moitié de votre étage en oubliant d'éteindre l'eau de sa douche ! Et évidemment, personne ne s'en est rendu compte, vu qu'elle fini toujours de se laver au moins une heure après les autres. On a entendu miss Parker hurler dans toute la rue !... »
Cassie me regarde étrangement, sans doute parce que je souris. Je déteste sincèrement Lovisa. Ce qui est malheureux, c'est déjà que ce n'est pas le moins du monde réciproque, et ensuite que le hasard a voulu que nous nous partagions une chambre. Et donc, tous les étés, cette idiote me suit partout en parlant constamment, de son insupportable voix criarde. Vraiment, je la hais, et tout ce qui peut lui arriver de mal me fait plaisir. Oui, je sais, je suis ignoble. Et heureusement, Vic' aussi le sait !
Quant à miss Parker, elle n'est pas tellement mieux. C'est une très vieille femme, ou plutôt fille, au visage plus ridé que je ne le pensais possible. Et sa principale occupation est de marcher lentement dans tout l'orphelinat en faisant des reproches à tout le monde, du nouveau qui court au cuisinier qui a mis trop de sel. Elle est d'ailleurs unanimement détestée, mais malheureusement c'est la copropriétaire de l'orphelinat.
L'autre, c'est Delia. Tout le monde l'appelle comme ça, mais techniquement on pourrait dire « miss Parker » aussi. Les deux sont sœurs, et elles ont créé l'orphelinat ensemble. L'une par attrait de l'argent qu'elle pouvait se faire – bien plus qu'on ne le croirait – l'autre par amour pour les enfants. Inutile de préciser laquelle est laquelle.
En fait, Delia ressemble beaucoup à Flora, mentalement en tous cas, puisque Flora n'a pas plus de trente ans. Les deux sont gentilles et souriantes avec nous, elles veulent vraiment nous aider. D'ailleurs, elles font aussi partie de ces gens au visage mangé par des rides laissées par le sourire. La seule chose qu'il leur manque, c'est de comprendre que beaucoup d'entre nous – comme Lovisa ou moi – ne seront jamais adoptés. On est devenus trop vieux, on a plus d'intérêt pour des parents, qui veulent un tout petit enfant à aimer. C'est rare, en réalité, que quelqu'un quitte l'orphelinat autrement que parce qu'il est devenu majeur. Au début, personne ne veut de nous parce qu'on pleure presque tout le temps, on a perdu nos parents et on ne sait pas où on est, après on n'est plus assez mignon pour eux. Même Lovisa et son visage d'ange n'ont plus la moindre chance.
Ce qui n'est pas si grave, puisqu'elle est insupportable. D'ailleurs, Vic' continue là-dessus.
« Et à côté, cette pauvre petite Lova pleurait sans s'arrêter. Tout le quartier a fini par se ramener pour voir ce qui se passait. Au final, Delia a ramené Lovisa à l'intérieur et miss Parker s'est mise à hurler sur tous les passants ! Et cette fois, c'est un bébé qui s'est mis à brailler ! C'était tellement drôle, tu aurais adoré voir ça…
A part ça, il ne se passe pas grand-chose… Ce que je m'ennuie, en dehors de Poudlard et toute seule ! Les petites banlieues tranquilles, c'est vraiment pas mon genre. Je laisse ça à ceux qui aiment avoir une vie bien rangée, c'est pas mon cas ! Je voudrais qu'il arrive enfin quelque chose, mais je peux toujours rêver… Je n'ai jamais surpris de vieux riche en train de tromper sa femme cupide avec une prostituée ayant prévu de le dépouiller quand il dormirait ou de gosse qui se drogue en secret. C'est d'un ennui, je te jure…
Mais j'ai quand même appris un truc intéressant, sur Poudlard. Plus précisément, sur Leïla et David. Tu sais, je t'avais écrit que monsieur voulait apparemment saper le pouvoir de la reine. Et j'ai même quelques sources qui m'ont dit qu'il l'avait trompée avec l'une de ses amies, Katelyn Heston. Essaie de voir si tu peux te renseigner là-dessus, s'il te plaît. Demande à Harris, je sais qu'il reste à Poudlard. Dis-lui que tu viens pour moi, on a couché ensemble deux-trois fois, il est cool et en général il m'aide. Vu qu'il est à Gryffondor comme Heston, il sait peut-être quelque chose. Sinon, va voir Phoebe Wheeler (on est sorties ensemble, je sais pas si tu t'en souviens). Il y a assez peu de chance qu'elle soit au courant de quelque chose, mais ça vaut le coup d'essayer.
Faut que je te laisse, mon père m'appelle. On reçoit un associé à lui, aujourd'hui. Et il m'a obligé à m'habiller assez court, je suis censée essayer de charmer le fils. Qui a vingt ans. Bon, mon propre père me prend pour une pute pour pédophile, mais passons.
Bye, Vicky »
Je ne veux même pas imaginer comment a fini cette soirée… De toutes façons, je sais déjà que Vic' a joué les salopes, elle veut pas risquer de s'attirer les foudres de son père. Quel enfoiré, celui-là ! En attendant, je mènerais mon enquête dans la journée, en demandant aussi aux gens de Pré-au-Lard. Pour l'instant, j'ai quelque chose à révéler à Vic' sur cette chère Phoebe. J'aime bien cette fille, c'est pas la question, mais l'information c'est le pouvoir, particulièrement ici. Et j'aime savoir que ma meilleure amie est très puissante…
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Tombée.
Pour la énième fois, Cassie est tombée. Je comprends, c'est la première fois qu'elle fait du patin. Mais elle a de la chance, la glace du Lac Noir est bien aujourd'hui. Ça me fait bizarre de me dire qu'on a déjà changé d'année, qu'on est le premier jour de celle-ci. Et que, demain soir, le Poudlard Express ramènera tous les autres élèves, profs et personnel en tous genres au château. Elles étaient bien, ces vacances. Les autres m'ont manqués, évidemment, mais au moins il y avait Cassie, je n'étais plus seule.
- J'ai mal… gémit celle-ci.
Bon, elle me tient compagnie, mais il n'empêche qu'elle est vraiment nulle.
- T'es beaucoup trop raide, en même temps. Je te promets, on dirait une statue. Faut que tu sois plus souple, que t'aies pas peur de tomber.
- Je suis déjà tombée. Plein de fois, même.
- Justement, maintenant tu sais ce que ça fait !
Elle me tire la langue. Apparemment, mon excellent argument ne l'a pas vraiment convaincue. Il y a des mystères qu'on ne peut éclaircir… L'échec de mon argumentation en fait partie.
Mais bon, elle peut y arriver, je le sais. Alors je l'aide à se relever, et je ne lâche pas sa main. Au moins, je pourrais l'aider à garder l'équilibre. Mais elle essaie de se dégager. J'avais oublié ce petit détail : Cassie n'aime pas qu'on la touche (sans aucun sous-entendu sexuel). Et bah, désolée ma belle, mais c'est comme ça !
Et puis pour te punir, on va aller à mon rythme !
Finalement, elle arrive à peu près à tenir. J'ai dû la rattraper une ou deux fois, mais elle est restée debout tout le long ! Je pense qu'elle peut même s'en sortir toute seule. Donc je la lâche.
Au pire, elle tombera, c'est pas bien grave… Mais (miracle!) elle reste debout !
- T'as vu, j'y arrive ! s'extasie-t-elle.
- Ça, c'est parce que je suis la meilleure prof du monde !
- Non, t'es nulle.
Adieu, mon cher amour-propre… Elle t'a brisé, elle t'a tué, elle t'a annihilé… Enfin, bien sûr on s'en fiche. Tu es tellement gros que tu peux résister à tout !
- Sinon, et si tu me racontais un peu ce que tu as fait à Noël ?
- On était ensemble, tu te souviens pas ? Tu m'as même engueulée parce que je t'ai apparemment réveillée trop tôt.
Elle essaie de faire diversion, là… Et elle pense vraiment que ça va marcher ?
- Je parle du bal de Noël, Cassie… Et tu le sais parfaitement. Tu n'as pas été très loquace à ce sujet. Mais je sais parfaitement que tu as longtemps parlé avec Vi, puis avec Danounet. Alors je veux les détails, compris ?
- Comment tu le sais ? Soupire-t-elle.
- J'ai mes sources.
Elle en voudra à Vi si elle apprend que c'est elle qui nous a tout révélé. Or, si elles se sont rapprochées, j'ai pas envie que quelqu'un vienne tout gâcher… Encore moins si ce quelqu'un se révèle être moi… Pas envie de me faire tuer par Lileen !
- Violet a dit que si j'étais avec elle, vous ne m'obligeriez pas à aller danser ou voir vos amis. Alors on s'est mises à discuter…
- Et… ?
- Et on s'est bien entendues ! A la fin, je ne bégayais même plus, tu te rends compte ?!
Là, elle a l'air clairement ravie. Je le savais qu'il était arrivé des choses intéressantes pendant cette soirée…
- Et Dan ?
- Bah… il est venu, juste avant que la dispute Leïla-David n'éclate. Il s'est excusé, les deux autres se sont hurlés dessus, et puis j'ai dit que c'était pas grave. Et on s'est mis à discuter, et Violet est allée se coucher…
- Et après ?
- Bah… on a continué à parler. D'ailleurs, il est plus sympa que je l'aurais cru. Et à la fin, alors que t'étais déjà partie te coucher, Ella et Charlotte sont venues. Et, de force, elles m'ont emmenée danser. Jordan, lui, était parti avec une quatrième année qui l'avait invité.
- Il a accepté ?!
Là, je suis sincèrement stupéfaite. Tellement que je viens de me ramasser. Je rêve ou c'est de la moquerie que je vois dans le regard de Cassie ? Surtout que c'est sa faute, il faut pas lâcher des informations comme ça d'un coup… Dan déteste toutes les filles comme ça ! Ou toute fille voulant avoir une interaction autre qu'amicale avec lui…
- Disons que je l'ai un peu forcé… sourit-elle pendant que je me relève. Quand elle est venue, j'ai fait remarqué que j'étais sûre qu'il allait beaucoup s'amuser. D'ailleurs, il paraît que je vais le lui payer.
- T'as vraiment osé faire un truc comme ça avec lui ? Alors que tu ne le connais presque pas ?
- Oui, je m'étonne moi-même parfois !
Moi aussi, elle m'étonne… C'est qu'elle commence à s'affirmer, notre Cassie !
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J'arrive pas à y croire. Elle est morte. La tante de Vic' est morte. Sa si gentille tante, qui m'a déjà emmenée en vacances, qui nous offrait toujours des bonbons, sa tante qui riait, qui ne semblait pas avoir besoin de manger ou de dormir, sa tante est tombée Malade. Et elle est morte.
- Vic', je suis... je sais pas quoi dire... J'arrive pas à imaginer que Gaby est...
Essayer de parler ne sert à rien. Je ne trouve pas quoi dire, il n'y a d'ailleurs rien à dire. Je ne peux même pas prononcé ce mot, si fort et si violent, à voix haute. J'arrive seulement à le penser, et même comme ça il agit sur moi comme un couteau. Plus je le pense, moins il a de sens. C'est qu'un mot vide, une suite de son sans sens, une suite de son horrible et cruelle.
Gaby est... partie, à jamais.
Alors ?
