N/A: Encore une fois, je vous souhaite à tous une bonne année ! Nous reprenons maintenant les aventures de Madara, et le chapitre commence en beauté avec Indra. J'espère que vous apprécierez.

Mais avant cela, une réponse aux reviews:

Yo, Arya ! Tu l'as déjà lu – et écris avec moi – aussi, je dirais juste : merci encore pour ta collaboration ma chère meilleure amie !

Bonjour Naoli ! Merci et meilleurs vœux à toi aussi (je confirme, c'est l'intention qui compte !), j'ai passé de très bonnes fêtes. Le seul mystère est qu'au lieu de prendre du poids, j'en ai perdu. Incompréhensible, franchement. Je suis contente que ces petites anecdotes te plaisent, l'Incident de la Tomate restera un grand traumatisme et sera cité de nouveau un jour. Le vêtement kidnappé sert toujours de doudou à Izuna, et oui il était déjà très attaché à sa sœur. Sinon, j'ai écrit ces moments en famille pour être drôle et mignon, car c'est ce qui rend les personnages humains.

Holà angelacorus ! T'inquiètes, Hashirama va souffrir ; longtemps, atrocement… Et des histoires de jalousie, car sinon c'est drôle.

Hey, Une fan deMadara ! Je suis contente que cet omake t'ait fait rire. La relation entre Madara et Izuna va évoluer. À savoir ensuite dans quel sens. J'écrirais cette fic comme je l'ai déjà en tête (et le pairing restera le même), mais je compte bien faire des OS de côté avec différents couples. J'ai déjà des idées pour un TobiMada, un IzuMada et un OS sans couple, mais relation amicale d'un trio capable de faire trembler Konoha : Tokka, Mito et Madara. Je ne les ai pas encore terminés, mais les lecteurs pourront décider lequel je publierais en premier, quand ils seront prêts.

Bonne lecture !

Naruto ne m'appartient pas.


Chapitre 11 :

Indra

Je reculais, sous le choc.

- Q-Que… ?! Quoi ?! Vous êtes une femme ?!

Les vieux du Conseil font des chichis parce que je suis une fille alors que le fondateur de notre Clan est en fait une femme ? Non mais c'est du foutage de gueule !

Comme si elle m'avait entendue penser, mon ancêtre ricana.

- Oui, une femme. Tu t'attendais à quoi, en même temps ? Tu es ma transmigrante, et cela, tu en avais conscience depuis le début. Comme tu savais qu'à la base, tu devais être un homme… Comme j'étais sensée l'être.

Attends… Si elle dit cela…

- … Comment le savez-vous ?

À mon regard suspicieux, Indra haussa des épaules.

- Tout comme toi, je suis venue au monde en me souvenant d'une autre vie, une vie plus paisible que celle que j'ai mené en tant qu'Indra… Je me souvenais aussi de l'histoire de cet enfant blond agaçant. Je savais depuis toujours que Zetsu viendrait pour moi.

Je l'interrompis, enragée.

- Mais alors… Vous n'avez rien fait ?! Ce… Cette chose… Ce monstre est ce qui a créer la Malédiction de la Haine du Clan Uchiwa ! Il veut nous utiliser pour ressuscité sa putain de mère fausse déesse lapin !

J'étais offusquée, en colère – terriblement en colère – mais plus encore je me sentais trahis. Indra savait. Elle savait ce que voulait faire Zetsu. Elle savait qu'il chercherait à obtenir son pouvoir ; qu'il la contaminerait et contaminerait ainsi tous ses descendants de son chakra répugnant, de la volonté de Kaguya.

Elle savait, et pourtant n'a rien fait.

Elle avait laissé sa famille, son frère et tous leurs descendants souffrir et s'entretuer. Elle aurait pu l'éviter. Alors pourquoi ? Comment avait-elle pu laisser faire une chose pareille ?

Mon ancêtre se tue un instant, avant de dire, l'air grave :

- Crois-tu que je n'ai rien tenté ? De changer les événements ? Mon futur ?

La femme se déplaça, sa tunique blanche ondulant dans son mouvement.

- Je savais que Zetsu viendrait. Je savais qu'il chercherait à éveiller mes sharingan en mettant mon jeune frère en danger.

Elle avait presque craché ces mots.

- Je l'ai sauvé, évidemment. Mais je n'ai rien changé, je n'ai fait qu'empirer les choses.

- Comment cela ?

Indra eut un sourire amère.

- En étant simplement moi-même. Brillante, intelligente, plutôt tranquille et retirée. Mais forte, oh, tellement forte. Assez pour sauver son cadet d'une mort certaine. Mais cela rappelait des souvenirs à mon père, Hagoromo Otsutsuki. Tu as deviné qui je lui évoquais ?

Je n'ai pas le souvenir que le Rikudo ait côtoyé grand monde, à part… Oh.

Mon ancêtre, comme si elle avait deviné ce que j'avais deviné, me lança un regard que je dirais pitoyable pour les standards Uchiwa. Ses yeux étaient fatigués, presque hantés.

Mais surtout, tristes.

- Oui… Quand mon père me regardait, il ne me voyait pas, moi ; il ne voyait pas sa fille. Il voyait sa mère, Kaguya.

Elle ferma les yeux.

- Il ne m'a jamais vu pour moi. Il se méfiait de mon pouvoir, de mon savoir, de mon besoin de solitude, de cette force qui s'était dévoiler lorsqu'Ashura fut en danger.

La plus âgée soupira, les yeux plongés dans le passé puis Indra laissa s'échapper un rire sarcastique.

- Ironiquement, c'est lui qui le premier a agi comme sa mère : Kaguya se méfiait de ses fils, particulièrement de son aîné.

Je fronçais les sourcils.

- Je comprends pourquoi vous êtes partie… Mais pourquoi vos descendants se font-ils la guerre ?

- La raison vient après. Après qu'Ashura est été déclaré Héritier, j'ai préféré partir. Je ne pouvais pas rester dans un village où j'étais méprisée, je ne pouvais pas non plus faire du mal à mon jeune frère.

Elle leva les yeux au plafond.

- Je n'avais simplement pas réalisé à ce moment que la malédiction serait différente.

Compréhensible (sauf la partie de la malédiction). Jusque-là, le raisonnement se tient. Et je me doute d'une chose…

- … Ashura ne vous a pas laissé faire, n'est-ce pas ? Interrogeais-je.

Indra acquiesça.

- Je suis parvenue à rester cachée pendant quelques années, durant lesquelles je me suis marié et ais fondé une famille.

Son visage était devenu doux, et je me rappelais qu'elle me regardait aussi comme ça, ma mère. Okaa-sama nous avait donné, à moi et mes frères, le même regard, lorsqu'elle était encore en vie. Indra avait profondément aimé sa famille.

Pourtant, mon estomac se nouait d'appréhension.

- … Puis la malédiction m'a rattrapée. Ashura m'a trouvé, continua mon ancêtre.

Mon sang se glaça alors que je fixais ses yeux rouges qui prirent une forme de tourbillon. Le jour où Ashura Otsutsuki à retrouver la trace de sa sœur…

Indra a perdu quelqu'un d'important.

Me regardant toujours avec son Mangekyo, sa voix aussi grave qu'elle avait été douce, elle poursuivit son récit, se précipitant comme si elle manquait de temps.

- Je n'ai pas choisi de provoquer ce conflit. Quelqu'un d'extérieur a convaincu mes enfants, comme cette personne avait guider Ashura jusqu'à moi !

Il n'y avait qu'une seule personne qui aurait pu le faire…

- Et en sachant ce qu'il adviendrait dans le futur, je devais faire un choix. Tu devines bien lesquels.

Si elle choisissait de rester en dehors de la boucle, Zetsu ne serait pas appâté par le chakra d'Indra, qui est la moitié des pouvoirs d'Hagoromo. Et alors, les actions du troisième fils de Kaguya seraient incertaines, ce qui serait peut-être pire que la situation actuelle.

- … Je ne pouvais pas laisser mes descendants seuls face à cette chose, mais je ne voulais pas non plus les mettre sous un genjutsu…

Parce que sinon, elle serait devenue comme celle à qui son père la comparait.

- Ainsi, j'ai juré de poursuivre le conflit, même par-delà la mort, afin que mon père le rapporte à Ashura…

- Qui alors déciderais d'en faire de même, continuais-je.

- Et ainsi, nous parviendrions à ce point de l'Histoire. Toi.

Elle me lança un regard inquisiteur.

- Au cours des siècles écoulés, j'ai vu les vies de mes transmigrantes ; leurs victoires comme leurs échecs, leurs joies comme leurs peines, leurs amours comme leurs ennemis, leurs espoirs comme leurs désespoirs. J'ai vu des mariages, des naissances et des deuils. Toutes n'ont pas choisi une vie de shinobis, toutes n'ont pas vécue longtemps.

Indra s'arrêta, regardant sur le côté, dans l'obscurité qui nous entourait.

- … À toutes, je leur ai laissé le choix. Celui de décider qu'elle était leur vision de la paix, et ce qu'elles en feront. Mais aucune d'elles n'avait les souvenirs que nous avons.

La fondatrice de mon Clan se rapprocha de moi, me regardant toujours de ses yeux rouges avec ce tourbillon.

- Donc, je te le demande à ton tour : avec tous ces souvenirs, en sachant ce que tu sais, qu'elle est ta vision de la paix ? Et qu'en feras-tu, Uchiwa Madara ?

Je restais pétrifiée par ses yeux. Loin d'être sous genjutsu, ou intimidée, je restais simplement sous le choc à la lueur de détermination tranquille, de confiance et d'acceptation.

Comme si, peut importe mon choix, elle l'accepterait.

- … Pourquoi ? Demandais-je, incapable de le retenir.

Elle pencha la tête sur le côté et je réitérais ma question.

- Pourquoi me laisser le choix ? Pourquoi alors que votre désir était de faire la paix avec les Senju ?

L'aînée des bijuu souris.

- Je suis morte depuis longtemps, Madara. Je n'ai pas à intervenir dans les affaires des vivants, ou plutôt, je n'ai pas à décider pour eux. Je considère toujours l'ensemble du Clan Uchiwa comme mon enfant, mais tous les enfants grandissent et décident eux même de leur futur. Je ne fais que te donner les cartes, à toi de décider quel chemin tu emprunteras.

Soudain, l'obscurité nous entourant se fit plus oppressante, comme l'étreinte de la mort alors qu'une sensation glacée me parcourrait les veines.

Indra s'était tournée vers l'obscurité, un air froid, mais ses yeux flamboyants de colère.

- Tu ferais mieux d'y aller, dit-elle.

J'acquiesce et pense à la salle de réunion. À mes frères.

Alors que je sentais mon corps partir, retournant à son point d'origine, j'entendis les derniers mots d'Indra :

- N'oublie pas… Notre plus grande malédiction n'est pas d'aimer…

La suite me laissera longtemps confuse.

- … Mais d'être aimé.

POV Rei –

- Si Madara échoue, elle devra se marier, je vous le dis ! Disait Kakudaikyô.

La vieille Aika rétorqua :

- Peuh ! Elle perdra son statut d'Héritière, certes, mais c'est une ninja accomplie, ses compétences seraient gaspillées dans un ménage !

- Je suis d'accord avec Aika, Madara-Hime a toujours été très forte, et en possédant le Mangekyo, elle est devenue encore plus précieuse, rajouta l'Ancien Kôya.

- Elle pourrait l'être en procréant, fit le vieux bouc.

Le vieux Tôpu fronça les sourcils, réfléchissant un instant avant de dire :

- Peut-être qu'effectivement, elle pourrait donner des enfants forts…

- Ah ! Vous voyez ! Dit d'un air triomphant mon oncle éloigné.

- … Cependant, ce n'est pas une garantie. De plus, elle pourrait mourir en couches, ce qui nous ferait perdre une excellente ninja, continua Tôpu.

L'Ancien Kakudaikyô semblait avoir avalé un citron.

- Savez-vous que ce que nous pourrions obtenir en la mariant ?! La noblesse de la capitale nous noierait de demandes pour la main de la princesse du Clan Uchiwa !

- La mariée à un civil ? Auriez-vous définitivement perdu la tête, vieux marchand en perdition ? Fais moqueusement Aika.

- Vous… !

Madara avait toujours les yeux fermés, alors qu'autour d'elle, les Anciens discutaient toujours des chances de réussite de ma sœur. Oto-sama semblait indifférent. Katsuki foudroyait du regard certains tandis qu'Izuna s'amusait à menacer plus ou moins subtilement par ses sharingan ou une pression de son chakra un Ancien en particulier.

Les Anciens sont vraiment agaçants. Mais malgré qu'ils soient tous assez traditionnels, ils respectaient la force. Sauf le vieux Kakudaikyô.

Notre grand-oncle, le frère de notre grand-père maternel, n'avait obtenu son pouvoir qu'uniquement grâce à deux choses : le fait d'être le plus vieux membre de la branche civile du Clan et que sa nièce, Akane, ait épousé le Chef du Clan. Okaa-san était une bonne personne, mais lorsque son oncle a fait pression sur elle pour qu'elle suggère à Oto-sama de lui donner une place au Conseil, elle aurait dû refuser.

Les civils Uchiwa étaient peu nombreux. La plupart du temps, même ceux qui devenaient marchands, avaient au moins une formation ninja de base, et prenaient de temps à autre des missions d'espionnage, d'infiltrations ou servaient de négociateurs lors des rencontres avec des clients. Il ne devait il n'y avoir que deux familles purement civiles, donc n'ayant pas de formation, dans un Clan comptant environ 400 personnes.

Kakudaikyô était né dans l'une des branches des civiles Uchiwa et n'avait jamais exprimer le désir d'être shinobi. En fait, de ce que j'ai entendu dire, lorsque son frère aîné, notre grand-père Nori, a décider de devenir ninja, sa famille l'avait aussitôt mis de côté. C'est son petit frère, Kakudaikyô qui prit à sa place les rênes de leur entreprise familiale.

Autant les ninjas, ou ex-ninja du Clan Uchiwa respectait la force de chacun, sans prendre en compte le genre ou l'origine, ce n'était pas le cas des quelques civils. Ils voyageaient trop pour comprendre complètement la nature profonde des Uchiwa et cherchaient à la place à s'intégrer dans la société civile. Ils étaient particulièrement friands des jeux de pouvoirs de la capitale du Daimyo du Pays du Feu. Facile d'accès, pour nous, qui étions un Clan noble, même si le titre de kôshaku appartenait à la famille du Chef de Clan. Cependant, Kakudaikyô aspirait à plus.

Grand-père Nori est mort lorsque Okaa-san avait 17 ans. Elle avait déjà suivi une formation en ninjutsu médical, et bien qu'étant son tuteur légal, le vieux Kakudaikyô ne pouvait pas la retirer des rangs des guérisseurs sans encourir le courroux du reste du Clan, car toute personne ayant des compétences médicales étaient très appréciées par les ninjas. C'est là qu'une opportunité s'est présenté.

Oto-san a fait la cour à Okaa-san, et ils se sont mariés. Certes, le vieil oncle n'avait pas beaucoup de choix, car personne ne serait assez fou pour refuser quoique se soit au nouveau Chef de Clan, mais c'était tout de même une opportunité pour renforcer sa propre position politique, tant dans l'enceinte du Clan qu'à l'extérieur.

Cependant, il a perdu la majorité de son influence à la mort d'Okaa-san.

Il cherchait depuis à la retrouver. Je ne l'ai jamais dit à Madara, Izuna, Oto-san ou même Katsuki, mais je dus plus d'une fois … Perdre malencontreusement certaines lettres de demandes en mariage ou autre adressés à Madara de la part de personnes recommandés par le vieux Kakudaikyô. Si je l'avais dit à Katsuki, il aurait fait un scandale et tout le monde serait au courant, Izuna parce qu'il aurait assassiné Kakudaikyô sans autre forme de procès, Madara parce qu'elle en assez dans son assiette et Oto-san… Eh bien, je ne pense pas qu'il donnera Madara à quelqu'un seulement pour une alliance politique… Mais je n'en suis plus tout à fait sûr. Et je préfère ne prendre aucun risque.

Mais ça ne l'empêchera pas le vieux croulant d'essayer. Contrairement aux autres Anciens, qui ne méprises pas Madara pour être une fille (Bien qu'ils aient au départ été dubitatifs sur sa force, car les autres clans pourraient ne pas prendre Madara – et donc par extension le Clan Uchiwa – au sérieux, si elle n'est pas forte de manière écrasante), Kakudaikyô s'en contrefiche qu'elle soit capable de massacrer sans soucis des escouades entières de ninjas armés jusqu'aux dents. Elle est une fille et devrait rester à sa place comme toutes les filles de bonne famille, selon lui. Donc s'il le peut, il la fera marier à l'un de ses collaborateurs étrangers, ou à l'un de ses petits-fils.

Ses ambitions sont vouées à l'échec.

Malgré ces quelques années parmi le Conseil, Kakudaikyô n'a jamais compris la culture du Clan. Même si Madara devait perdre son statut d'Héritière, ce qui n'arrivera pas, elle possède maintenant le Mangekyo. Elle restera dans les rangs ninjas et n'épousera qu'un autre puissant ninja (ce que moi et mes frères retarderons le plus longtemps possible). Jamais elle n'épousera l'un des petits-fils civils de notre grand-oncle.

En tous cas, j'espère qu'après toute cette histoire, il cessera d'essayer d'utiliser ma sœur. J'ai d'autre chose plus urgentes à faire que saboter ses plans et d'essayer de me retenir d'envoyer ce vieux bouc inutile dans la rivière Naka afin qu'il s'y noie.

C'est pour cela que je laisse mes frères lui faire peur. Vu qu'Oto-san ne réagit pas, il doit estimer que c'est a) une affirmation de l'autorité de la famille du chef de Clan, b) une manière de se venger des maux de têtes qu'il lui donne et c) qu'il n'avait plus aucun intérêt pour cet homme.

Puis ça arrive.

Ce chakra.

Un frisson gagna les Anciens.

- Qu'est-ce que… ?! Fit mon oncle éloigné.

C'était la même chose que lors de l'affrontement à la rivière.

Madara a ouvert les yeux.

Son Mangekyo sharingan tournoyant dans ses pupilles, elle leva le gunbai puis fit un arc de cercle descendant vers l'arrière, provoquant une brusque bourrasque de vent, renforcée par son chakra.

Ma petite sœur était digne du gunbai.

Les Anciens de la salle semblèrent gelés sous le regard rouge sang.

Et je vis sur le visage d'Izuna un sourire triomphant.

Fin POV Rei –

Au composé Senju

POV Tobirama –

- Tobirama-nii-san ! Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Si Oto-sama te voyait aller le voir, il serait furieux ! Fit Kawarama.

Je retins un soupir avant de me retourner pour voir mes deux petits frères. Mes yeux s'adoucir.

- Je vous ai déjà dit que tant que personne ne le rapporte à notre père, il n'en saurait rien, ainsi pas de problème.

Si Kawarama grimaça à l'idée de cacher quelque chose à l'un de nos parents, Itama se pinçait la lèvre avec angoisse en pensant sans doute à ce qu'ils risquaient s'ils se faisaient attraper.

Mais il fallait que je parle à Hashirama.

Aussi, je leur dis, d'un ton se voulant rassurant :

- Je suis le meilleur capteur de notre Clan. À l'instant même où je pense qu'on pourrait se faire voir par quelqu'un, je sors. Vous n'avez pas à vous inquiéter.

Mes petits frères se détendirent, un peu. Ils savent que je suis le meilleur.

Pour faire bonne mesure, Kawarama rajoute :

- Sois prudent, Tobirama-nii-san.

Je fais un sourire en coin avant de me glisser hors de la maison, pour me rendre, aussi silencieux qu'une ombre, vers un entrepôt un peu à l'écart. Alors que je fais un large détour pour prendre l'accès arrière (que moi et mes frères avions fait nous-même sans en avertir nos parents), je réfléchis aux événements d'aujourd'hui.

Comme dans le passé, Hashirama et Madara se sont séparés en mauvais termes. Sauf que cette fois, c'est bien pire, puisque Aniya est celui qui a tué l'un des frères de Madara. Et vu la profondeur de la rancune de ce dernier, cette version ne pardonnera jamais à mon frère. Cela ébranle tous mes plans !

Déjà, pourquoi dans cette chronologie Madara est une femme ?! Comment ses frères aînés sont-ils restés en vie ? Je ne me souviens pas avoir vu beaucoup de femmes ninja chez les Uchiwa, alors je pensais qu'ils étaient trop traditionnels… Mais alors pourquoi Madara serait-elle l'Héritière ?

J'en suis arrivé à la conclusion qu'elle pourrait se souvenir de ma chronologie. Mais j'ai besoin de le confirmer. Sans compter que si elle s'en souvient, alors elle aurait logiquement tenté d'éloigner Izuna de moi, ou de m'envoyer un Katon comme l'un des jumeaux l'a fait avec Hashirama-aniya.

L'un des pires ennemis d'un shinobi est l'inconnu. Et c'était trop d'inconnu.

Je devais parler avec Hashirama.

J'ouvre la trappe caché et me glisse moi aussi dans l'entrepôt.

- Aniya ? fis-je, plus pour l'avertir de ma présence qu'autre chose.

Un mouvement attire mon regard dans un coin sombre.

- Tobi-chan ?

Je grince au surnom enfantin. Vous pouvez compter sur Hashirama pour donner des surnoms ridicules.

Mon frère se déplace pour se placer sous la fenêtre, sortant de l'ombre pour être faiblement éclairé par la pleine lune. Son visage est bouffi par les larmes et ses yeux ternes.

Je repousse le sentiment de culpabilité qui me prends par la gorge et le rejoint sous les rayons lunaires.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Si Oto-san te voit, tu seras puni aussi. Et alors Kawa-chan et Ita-chan se sentiront obligés de venir nous rejoindre, et il y a plein d'araignées ici. Tu sais qu'Ita-chan a peur des araignées.

Il blague, mais le cœur n'y est pas. Il dit ça pour une autre raison.

En réalité, il ne veut pas me voir.

Je fronce les sourcils.

- Tu sais qu'il faut respecter un minimum la chronologie. Sinon, qui sais qu'elle catastrophe pourrait survenir ? Quelqu'un d'autre aurait pu te voir t'accoquiner avec une Uchiwa.

Le visage de mon frère se durcit légèrement. C'est une tension qui indique qu'il est en colère, mais tente de rester calme.

- Qu'est-ce que cela peut me faire ? cracha-t-il.

Je sursaute, surpris. Puis me fâche :

- Tu aurais pu perdre ton statut d'Héritier du Clan ! Ou pire, perdre la vie, espèce d'idiot !

- Elle en vaut la peine !

- Et si c'était elle qui mourrait à ta place ? je claque froidement.

Hashirama se fige. Son visage pâlit.

Mon ton s'adoucit. Un peu.

- Notre chronologie d'origine n'est pas parfaite, certes, mais elle nous permet de savoir un minimum ce qui se produira dans le futur. Cependant, si nous apportons trop de modifications, nos connaissances seront inutiles ; et nous conduira à la catastrophe. Si je n'avais pas parlé à notre père, quelqu'un d'autre aurait fini par soupçonner quelque chose, et l'ensemble du Clan l'aurait appris. Cela aurait pu mener ou à ton exécution, car Oto-sama ne peut faire aucune exception publiquement, ou alors à la mort de Madara. Et autant je le déteste, autant, je sais qu'il ou plutôt elle est nécessaire à la création de Konoha.

Son regard s'embue de larmes.

- C'est trop tard pour ça, dit-il, et je ressentis le désespoir dans sa voix.

Je me sentis confus en le regardant voûté, pas comme lors d'une de ses crises de dépression, mais comme le « j'ai fait quelque chose d'horrible et je suis la pire ordure de l'univers ».

- J'ai tué son frère, j'ai tué son Aniki… Elle ne me le pardonnera jamais. Et elle aurait raison, j'ai osé me lier d'amitié avec elle alors que j'ai le sang de son grand frère sur les mains… Je suis… Le pire meilleur ami qui ait jamais exister ! Je ne suis même pas digne de m'appeler son ami… !

Et les larmes coulent, me mettant mal à l'aise.

Hashirama a toujours été sensible. Au point de devenir parfois irrationnel. Mais là…

- … Ce n'est pas un peu hypocrite ?

Mon aîné relève les yeux, stupéfait.

- Je veux dire, lors de notre première vie, tu as insisté encore et encore pour que Madara accepte de faire la paix et de fonder un village. Même après que j'ai tué Izuna, son dernier frère, tu l'as toujours voulu à tes côtés. Tu lui as demandé de t'aider pour diriger le village, et plus que cela, de me supporter.

Je fais une pause, me rappelant cette époque, puis reprends :

- Je n'ai jamais regretté d'avoir tué Izuna, nous étions en guerre. Mais ce n'était pas une raison pour oublier ; personnellement, je n'ai jamais oublié que le Clan Uchiwa était responsable de la mort de nos petits frères. Je n'ai pas oublié non plus que Madara t'a demandé, une fois, ou de me tuer, ou de te tuer. S'il ne t'avait pas arrêté, tu te serais suicidé pour lui. Je ne pouvais pas mettre ça de côté comme si c'était un événement négligeable !

Je repense à cette souffrance qui m'avait déchiré.

- Tu lui as demandé d'oublier, de pardonner et de faire face chaque jour à l'assassin de son petit frère. Je n'ai jamais été son ami, certes, mais tu l'étais et pourtant, tu lui as demandé d'avancer, de faire fi de sa souffrance. Tu m'avais encore, mais lui n'avait plus personne. Je le détestais pour ce que j'ai failli perdre, et je comprenais pourquoi lui ne pourrait jamais me pardonner pour ce qu'il a perdu. Et toi, imbécile égoïste, tu n'as jamais cherché à comprendre ! je claque.

Il tressaille, mais trop prit dans ma colère, je l'ignore.

- Je pensais que tu étais simplement un imbécile pardonnant tout et tout le monde, qui étais dans l'impossibilité de comprendre pourquoi nous ne pouvions pas faire la même chose ! Et maintenant tu pleures comme un Genin lors de sa première déception amoureuse en disant qu'elle ne te pardonnerait jamais et que tu comprenais ?! C'est toi qui insistais pour qu'on se pardonne et avance! Tes leçons de morale, c'était du vent ?! Reprends-toi un peu ! Retrouves donc ta stupidité idéaliste naturelle et montres lui que tu es sincère dans tes remords !

Le silence se fit, seul le bruit que font mes respirations sifflantes le brise.

Puis Hashirama rit alors que je roule des yeux.

Quel idiot.

Quand il se calme, il s'essuie les yeux et je fais mine de ne pas les remarquer en fixant un mur. Ou ce que je pense être un mur, difficile à dire dans le noir.

- Je suis un idiot, dit-il.

- Pour une fois, nous sommes d'accord, fis-je.

Il ne s'en offusque pas, souriant simplement, tendrement en me regardant. Un peu triste, aussi.

- Tu as raison.

Je souris finalement lorsque les yeux d'Aniya s'enflamment de détermination.

- Merci, Tobi. Je n'abandonnerais plus.

- Si, il serait agréable que tu abandonnes ces surnoms ridicules.

Je le dis d'un air exaspéré, mais Hashirama ne fit qu'en rire.

à suivre...


N/A : C'était le chapitre 11.

Commentaires :

-Vous avez devenez pourquoi Indra était en colère vers la fin ?

-Ou qu'Ashura a fait ?

-Je me répète, mais Hagoromo est un mauvais parent. Le Rinnegan sans doute.

-Je sais que Madara pense que les Anciens sont tous, ou presque, sexistes. Ils le sont, pour certains, mais respectent tout de même la force des femmes ninjas. Après tout, qui serait assez stupide pour nier leur férocité quand l'une d'elles pourrait vous arracher les membres, ou vous faire brûler ?

-C'est pourquoi les Uchiwa se méfient beaucoup des guérisseuses de leur Clan. Elles pourraient les raccommoder après les avoir tort - punis pour ensuite recommencer.

-Les femmes médecin sont dangereuses. Très.

-Nous avons aussi le point de vue de Tobirama! Et oui, il est réincarné aussi, comme Hashirama et Izuna! Vous l'aviez vu venir ?

-Tobi-chan a d'ailleurs un peu perdu son sang-froid... En même temps, avec un idiot pareil pour frangin...

-Nous verrons davantage leurs petits frères dans les prochains chapitres.

-Et Hashirama reprend du poil de la bête !

Allez, à plus, et laissez des reviews !