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Mon travail commença, j'avais beaucoup à faire d'autant plus que j'étais encore jeune dans cet emploi dans lequel l'expérience prend une grande part. J'avais donc moins de temps pour voir mes nouveaux amis, et surtout Drago qui s'était très soudainement désintéressé de moi. Même lors de nos samedis passés en compagnie de Théodore, Blaise et Pansy, il ne prenait plus le temps de venir me chercher ou de passer une soirée dans la semaine avec moi. Notre relation était devenue une simple amitié, il fuyait mes regards et ma présence. J'en parlais à Pansy, alors qu'elle était venue me voir un soir après le travail et elle me conseilla de provoquer une confrontation. Alors le samedi suivant, quand nous nous retrouvâmes pour passer l'après-midi ensemble, je laissais Pansy, Théodore et Blaise jouaient à un jeu sorcier dans le salon et retrouvais Drago dans la cuisine où il se servait un verre de vin blanc. Lorsque j'entrais dans la pièce, il leva son regard sur moi un instant. Il avait l'air accablé. Je fis une remarque sur le fait de boire de l'alcool au beau milieu de l'après-midi à laquelle il ne répondit pas, se contentant de me regarder avec un air sombre.
- « Qu'est ce qui se passe ? » Demandais-je au blond sérieusement.
- « Ce n'est pas si simple à expliquer… » Répondit-il tout en se prenant la tête dans les mains.
Je contemplai son angoisse et son désespoir un instant et me rapprochai de lui pour tenter de le rassurer. Il me regarda sévèrement d'abord, puis un sourire se forma sur son visage. Doucement, je le vis se rapprocher de moi. Ses bras entourèrent les miens. Son regard était fixé sur mes lèvres, il s'arrêta à quelques millimètres de moi, me contemplant de toute sa hauteur. Sa main se dirigea sur ma joue, nos regards toujours plongés l'un dans l'autre. Mon cœur battait si fort que je l'entendais tambouriner à mes tempes. Mais il ne m'embrassa pas. Il se détourna et me laissa seule dans la cuisine, déçue.
Le soir, nous nous rendîmes dans un bar, où nous prîmes plusieurs bierreaubeurres. Je vis Pansy et Blaise chuchoter, se rapprocher, rires ensemble. Ils semblaient complètement coupés du monde. Pendant ce temps Drago, Théodore et moi discutions de manière détendue. Théodore évoquait des anecdotes de travail, puis une jeune femme avec laquelle il travaillait et qui lui plaisait. Drago le chambrais à ce sujet. Au même moment, je vis Pansy et Blaise s'embrasser de l'autre côté de la table. Les deux hommes ne se tournèrent pas dans leur direction et ne les virent pas faire. Deux bonnes heures plus tard, il était temps de rentrer. Pansy et Blaise partirent de leur côté avec un air conspirateur. Théodore nous dit au revoir à son tour, me laissant seule avec Drago. J'avais bu plusieurs verres et je me sentais courageuse, voire téméraire. Quand le sorcier proposa de me ramener, j'insistais pour que nous prenions un dernier verre chez lui. Il fit mine de refuser d'abord, mais quand je m'écriai :
- « Enfin Drago ! Je ne suis jamais venue chez toi ! »
Cet argument sembla le convaincre et il me prit tendrement par la main. Il habitait dans la rue perpendiculaire à la mienne, dans un grand immeuble bourgeois. Nous montâmes les marches de marbre recouvertes de tapis dans le plus grand silence. Ma curiosité était piquée à vif depuis que je m'étais rendue compte qu'il habitait à moins d'un kilomètre de chez moi. Au troisième et dernier étage, il ouvrit la seule porte qui se trouvait sur le palier, tout en haut des longs escaliers en révolution.
La lumière était douce dans l'entrée, qui distribuait cinq pièces. Il ouvrit la porte à double battant qui nous faisait face après que j'ai refermé la porte d'entrée. Pénétrant dans un salon aux dimensions ébahissantes, je regardais autour de moi, médusée.
- « Quand je penses que tu es venu des dizaines de fois dans mon salon microscopiques alors que nous aurions pu venir chez toi !
- Je n'aime pas tellement inviter des gens chez moi. » Répondit-il brutalement.
Je lui dit que je me sentais flattée, et il se mit à rire. Je pris le temps de visiter les autres pièces, il y avait tout ce qu'un appartement possède, dans des proportions affolantes. Une chambre et un bureau, seule pièce dont la porte était restée ouverte. Alors que je regardais les livres et autres décorations qui coloraient la bibliothèque gigantesque du bureau, je le sentis dans mon dos. « C'est parce que je n'aime pas que l'on fouille dans mes affaires que je n'invite personne chez moi. » affirmait-il en effleurant mes hanches. Nous nous dirigeâmes dans le salon pour boire le verre de vin qu'il nous avait servi. Et encore une fois, je le vis fixer son verre d'un air absent.
- « Tu peux me le dire maintenant, ce qui te préoccupe ? »
Je l'invitai encore une fois à se confier, malgré sa réticence. A nouveau, il planta son regard dans le mien, et déclara sans préavis : « Tu me plais. Tu me plais beaucoup. Je… Je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort pour une femme. Je n'ai qu'une envie quand nous sommes ensemble : c'est t'embrasser. »
Je sentais mon cœur sur le point d'exploser, des milliers de petites bulles pétillantes se déployer dans mon ventre. Soudain, nous nous jetâmes l'un sur l'autre. Ses mains exploraient mon corps à différents endroits et je me sentais défaillir. Tout mon corps brulait de passion, le brasier brulait de manière indifférenciée à chaque endroit de ma peau. Dans mon bas-ventre, une boule venait de se former, j'avais envie de retirer toutes les barrières invisibles qui pouvaient nous séparer, de le sentir partout, et surtout en moi. Avec douceur, il se recula un instant pour me regarder, chuchotant : « Ca faisait longtemps que j'en rêvais. ».
Je me relevais et, tout à mon aise, me précipitais dans sa chambre pour sauter sur le lit en riant. Il me suivit, son rire rejoignant le mien. Puis, côte à côtes, le feu recommença son action. Nous nous enlaçâmes. Il me déshabillait et couvrait mon corps de caresses tout en m'installant sous les draps de soie. Nous nous montrâmes tour à tour : passionnés, tendres, féroces, puis doux. Cette nuit fut courte, mais l'énergie ne semblait pas nous manquer pour nous dévorer et nous aimer.
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