(J'ai manqué de nommé ce chapitre, "le chapitre du déni". Vous allez vite comprendre pourquoi)

Chapitre 12.

Un instant, Hermione occulta la présence de Snape chez elle. Il était devenu habituel qu'elle sente son parfum chez elle, sa chaleur, qu'elle entende sa voix près d'elle. Et si elle devait être parfaitement honnête, elle l'avait cherché plus d'une fois après leur retour à la réalité.

Alors qu'elle était près de sa commode, en train de ranger quelques affaires, elle alluma son poste de radio qui grésilla et ferma les yeux.

Snape quant à lui, était resté longuement adossé contre le mur de sa chambre. Il s'était contenté de l'observer s'affairer, le regard dans le vide. Il était toujours plongé au fin fond de ses pensées, et elle ne lui en avait même pas tenu rigueur.

Le coin de ses yeux se plissa lorsqu'il la vit balancer nonchalamment sa tête à l'écoute de la musique sortant de son poste. Snape pencha la tête avant de s'approcher d'elle avec douceur.

Elle le sentit arriver, et fit comme si elle n'en savait rien.

Hermione avait eu tout le loisirs de songer à la situation depuis longtemps. Toute conclusion lui étant venu à l'esprit avait été qu'elle n'en avait rien à faire. Elle se fichait bien de leur évolution, du fait qu'elle le trouvait beau, qu'ils s'entendent à merveilleux et qu'elle le trouve drôle à sa manière. Que son regard ait changé envers son professeur de potions ne l'affectait pas.

Elle estimait qu'elle n'avait plus le temps pour ce genre de simagrées. Elle avait trop donné… La vie lui avait appris à quel point sa fin pouvait être proche. Alors, elle s'était promis de chasser les angoisses futiles de son esprit.

Le parfum de Snape parvint jusqu'à ses narines et elle ferma les paupières, envahit par un sentiment de plénitude. Hermione pencha sa tête sur le côté, exposant sa nuque tandis que, dans un élan soudain, il approcha ses bras de sa taille et vint la serrer contre lui. Le dos de la jeune femme reposa sur son torse, et elle soupira d'aise en continuant de danser. Snape plongea son visage dans son cou, sentant les mains de la jeune femme se poser sur les siennes.

Pourquoi était-ce si difficile de lutter ? Pourquoi n'arrivait-il plus à se… retenir ? C'était devenu plus fort que lui, que tout.

« Tout à l'heure, Minerva m'a convoqué, lâcha Snape en posant son menton sur l'épaule de la jeune femme. Vous ne devinerez jamais ce qu'elle m'a dit. »

Hermione leva un sourcil, puis tourna son visage vers celui de Severus qui monta son regard pour le plonger dans le sien. Ils ne se trouvaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

« Elle m'a sortit un tas d'arguments pour me convaincre que nous devrions nous mettre ensemble.

_ Nous mettre ensemble ? s'exclama Hermione d'une voix suraiguë. »

Snape hocha gravement la tête. S'en suivit un long silence durant lequel il s'observèrent. Puis, leurs lèvres tremblèrent en même temps avant qu'ils n'éclatent de rire.

« C'est ridicule, lâcha Snape en serrant de nouveau la jeune femme.

_ Elle est complètement givrée, continua de pouffer Hermione. Où diable a-t-elle eu cette idée ?

_ Albus.

_ Oh je comprends mieux. »

Snape ricana de nouveau, puis posa ses lèvres sur la nuque de la Gryffondor qui frissonna à ce contact. Elle continuait de sourire d'un air amusé.

« Nous sommes amis, c'est tout, déclara-t-elle en reposant sa tête contre lui.

_ Je crois que ça gonflerait sa fierté, m'voyez ? Moi avec une Gryffondor, cela lui ferait beaucoup trop plaisir.

_ Elle pourrait vous narguer durant tout le reste de sa carrière, c'est certain, affirma Hermione. »

Snape garda la même position lorsque la jeune femme se tourna complètement vers lui. Elle passa son bras autour de sa nuque et il n'en pipa mot.

« Alors vous allez arrêter de lutter ? On peut redevenir comme avant ? »

Snape soupira. Il leva les yeux au ciel, puis revit le regard larmoyant d'Hermione qui s'évertuait à vouloir le faire craquer.

« Sevus, dit-elle d'une mine boudeuse.

_ Alors ça, c'est déloyal, lâcha-t-il en plissant le regard.

_ Je ne vois pas pourquoi, répondit-elle en clignant innocemment des paupières.

_ Serpentard, grommela-t-il. »

Hermione continua son regard de chien battu, les pupilles rondes d'imploration. Snape grogna de nouveau.

« Bon, d'accord ! s'agaça-t-il en secouant ses mains dans le vide. Mais vous utilisez des stratagèmes perfides avec moi !

_ N'importe quoi. »

Hermione monta sur la pointe des pieds et posa un baiser furtif sur le nez du maître des potions.

« Vous restez ici ce soir ?

_ Oh, les gens pourraient se poser des questions, lâcha-t-il en pouffant.

_ Oui, c'est vrai. Rentrez dans vos appartements, c'est mal de voir la mariée avant le jour de la cérémonie, ricana Hermione en se détachant du sorcier. »

Snape sourit d'un air amusé avant de se diriger vers la porte de sortie, attendu par Hermione. Celle-ci lui épousseta un peu sa redingote qui comportait deux ou trois cheveux châtains qui ne laissaient aucun doute sur leur propriétaire.

« Alors vous reviendrez demain, on fera une cabane et on réécrira les livres de potions en mangeant des chocogrenouilles, décida-t-elle tandis qu'il sortit dans le couloir attenant à sa chambre.

_ Tant que je ne tombe pas sur le portrait d'Albus pour la 1000éme fois, tout ira bien.

_ Bien, et ne vous cassez pas la figure dans les escaliers sur le chemin du retour surtout. »

Severus soupira en levant les yeux au ciel.

« Oh Merlin vous allez me rabâcher cette histoire encore longtemps ?

_ Ça ne serait pas arrivé si vous aviez dévaler les escaliers en vous asseyant sur la rampe comme je vous avais dit de le faire !

_ C'est très dangereux !

_ Quel rabat-joie ! Vous alliez à des réunions de mangemorts tous les soirs et vous avez peur d'une glissade de rien du tout.

_ 10 points en moins pour Gryffondor, dit-il en haussant les épaules. »

Hermione ouvrit la bouche d'un air outré, alors qu'elle faisait face au visage rempli de fierté du maître des cachots.

« C'est déloyal, déclara-t-elle en serrant les dents. Vous profitez de votre nouveau statut de professeur.

_ J'ai toujours été professeur.

_ Vraiment Serpentard. »

Snape sourit d'un air malin. Puis, il entoura son bras autour de la taille de la jeune femme qui continuait de garder cet air boudeur sur le visage. Il se pencha vers elle, mais elle détourna le visage.

« Oh, vous n'êtes pas sérieuse.

_ Très sérieuse.

_ Je ne peux pas rajouter de points à Gryffondor, surtout après en avoir enlever. C'est dans ma nature profonde. Qu'est-ce que j'y peux ? C'est pulsionnel.

_ Ce sera pulsionnel de fermer ma porte à clefs désormais. Qu'est-ce que j'y pourrais ?

_ Et c'est moi le rabat-joie ? »

Hermione haussa les épaules. Snape soupira d'un air dramatique avant de serrer les dents.

« Bien. 10 points pour Gryffondor. »

Hermione continua de garder sa tête tourné sur le côté sans bouger.

« et 5 points de plus pour Gryffondor. »

La jeune femme ne bougea pas plus.

« Hors de question d'en donner davantage, c'est déjà trop pour mon coeur. Si je donne un point de plus, je fais une crise cardiaque. »

Hermione ne put s'empêcher de sourire. Elle finit par enfin redresser son visage vers le sien, et Snape se pencha pour poser ses lèvres sur les siennes.

Ses baisers furtifs étaient toujours doux, et simple. C'était si agréable. De toute façon, elle le savait : elle n'aurait jamais pu fermer la porte.

« A demain, lui glissa-t-il en se dérobant à elle. »


Le lendemain matin, Snape était en train de sourire comme un idiot tout en se servant des toasts.

« Alors, vous avez conclu ? Demanda subitement McGonagall. »

Le sorcier fit tomber le plat sur la table en un fracas indescriptible et, en tentant de rattraper les dégâts, l'homme venait de tâcher ses manches de, sans doute, plusieurs litres de sirop d'érable.

« Mais ça va pas ! Aboya-t-il en essayant de trouver sa baguette sans en mettre partout. »

La directrice resta imperturbable, plissant le regard à la recherche d'un quelconque indice sur la réponse à sa question.

« Arrêtez vos délires et prenez un calmant, se défendit le professeur de potions. »

Hermione quant à elle se faisait étrangement observer par ses deux meilleurs amis depuis la veille. Depuis… L'incident. Ils ne cessaient de la dévisager en silence, et, alors qu'elle avait encore la bouche pleine de pancakes, elle finit par imploser.

« Quoi ? Qu'est-ce que vous avez à me fixer comme ça ? Je commence à en avoir marre à la fin !

_ Hermione, tenta d'apaiser le survivant.

_ Non, s'agaça-t-elle.

_ Mais…

_ Ça suffit ! »

Les deux garçons se mordirent la lèvre, puis gardèrent le silence plusieurs minutes. Hermione crut en avoir finit lorsque la voix de Ron la sortit de son soulagement passager.

« Mais tout de même, vous êtes ensemble ou pas ? »

Hermione sortit l'air bruyamment de ses narines, signe de sa colère grandissante.

« Pourquoi à chaque fois qu'une femme est ami avec un homme, tout le monde se sent obligé de les caser ensemble ?

_ Mais nous sommes amis et on ne s'est jamais embrassé, lâcha Harry. »

Hermione lança un regard entendu vers Ron et les deux garçons roulèrent des yeux.

« Ça ne compte pas, protesta le rouquin.

_ Bien sûr que si.

_ C'était une fois. Vous, ça a l'air habituel.

_ Mais qu'est-ce qui te fait dire ça ? Se braqua Hermione, effrayée que Ron tape dans le mille.

_ C'était un peu trop naturel pour ne pas l'être.

_ Tu affabule. »

De nouveau, un long moment de vide s'installa entre les compères avant qu'Harry n'ose reprendre la parole.

« Pourtant, vous devriez. »

Hermione se tourna très lentement vers le survivant, affichant une expression de choc sévère.

« Je te demande pardon ?

_ Quoi ? Vous êtes presque ami d'enfance désormais, non ?

_ Mais ça va pas ! On a grandit durant dix jours. Dix multiplié par 24h, ça donne 240 heures et non plusieurs années. Alors de là à lui donner l'appellation d'ami d'enfance.

_ Ceci dit, ce n'est pas plus mal, lâcha Ron. C'est dur de sortir avec un ami d'enfance qu'on pourrait presque considérer comme son frère alors qu'un simple ami, récent qui plus est…

_ Je. Ne. Sors. Pas. Avec. Snape. Articula Hermione.

_ On ne dit pas que tu sors avec lui, mais tu pourrais, suggéra Ron.

_ Vous êtes barj ou quoi ? Nous nous entendons très bien ainsi.

_ Vous vous entendez bien, glissa Fred d'un air malin en s'immisçant dans leur conversation.

_ Severus est un très bon ami.

_ Severus mmmh ? Rajouta Georges avec encore plus d'espièglerie en s'asseyant à côté de son frère jumeau.

_ Oui, Severus, appuya Hermione en les fusillant du regard. Vous voulez que je l'appelle comment ?

_ Mon amour, répondit Fred.

_ Mon trésor, dit Georges.

_ Adorée petit bâtard, continua Fred.

_ Snapinet, renchérit Georges alors que Ron pouffait.

_ Doux salopard de mon coeur.

_ Chaton, ajouta Ron.

_ Mon loup à poil gras.

_ Pomme d'amour.

_ Ma chouquette.

_ Petit sucre.

_ Poussin. »

Harry retint de pouffer en imaginant qui que ce soit appeler Snape « poussin ». Les trois Weasley continuaient de remplir leur répertoire de surnoms, tous aussi ridicules que rabaissants. Ron ne parvenait à se retenir de rire, tandis qu'Hermione serrait les poings, envahit par de violentes pulsions meurtrières.

« Taisez-vous !

_ Mio Caro, lâcha Ron sur un grossier accent italien.

_ Ma pourriture.

_ Vuvus.

_ Ça ressemble à virus, souligna Georges.

_ Ou prépuce, compléta Fred sous l'éclat de rire de ses deux frangins.

_ Oh, mais fermez là ! s'exclama la jeune femme, excédée.

_ Sérieusement Hermione. Tu devrais y songer. Vous êtes tous les deux intelligents, suggéra Harry avec un ton plus sérieux.

_ Ingénieux, rajouta Ron.

_ Et très passionné par ce que vous faites.

_ Il n'y a rien à songer, par Merlin ! »

Hermione se leva, hors d'elle et sortit de la Grande Salle d'un pas vif. Harry tout comme le reste de l'attablée l'observa sortir jusqu'à ce que ses pieds quittent leur champ de vision.

Puis, le survivant se tourna vers les Weasley avec tout autant de rapidité.

« Il va falloir qu'on fasse quelque chose.

_ T'as une idée ?

_ En fait, plusieurs... »