Bonne année à tout-es ! Je vous souhaite tout le bonheur du monde et tout ce qu'il va avec. ;)

Je poste ce chapitre dans la volée car il s'agit de la dernière partie de l'année 4, la fiche de personnage sera donc à la prochaine année, d'ailleurs y-a-t-il des personnages donc vous voulez la fiche? N'hésitez pas à demander.

Le prochain chapitre sera un FAQ. Questions sur la fic, les personnages, ce que je peux dire sans trop spoiler, et ensuite on repart pour la cinquième année, l'année des BUSES, alors laissez des reviews ! ça sauve des licornes !

ENJOY !

Il était temps.

Tentatives

Partie IV

C'était la première fois qu'Aurélia se rendait à la Tête de Sanglier. Le pub était situé dans une rue latérale à la grand-rue de Pré-au-lard. Le Trio Rouge et Aurélia s'y rendirent au pas de course, en faisant de leur mieux pour ne pas être surpris par leurs nombreux amis. Aurélia avait sorti pour l'occasion sa cape préférée, une large capuche avec des boutons d'or, qu'elle avait reçue quelques Noëls auparavant et avait adaptée. La cape grandirait ou s'élargirait avec elle. Elle portait aussi sa large écharpe rouge et or et suivait les garçons qui avaient aussi mis leurs manteaux noirs ou gris. Quentin avait le nez un peu rouge, même si les températures avaient augmenté en cette fin de mois d'avril, les brises printanières restaient glaçantes. Teddy avait été mis au courant alors qu'il avait rejoints les trois catastrophes au dîner. Le garçon se contenta de rouler les yeux d'un air complètement blasé, et se servit en pommes de terre et haricots verts en soupirant :

« - Va falloir du papier, des plumes et beaucoup de compromis, j'espère que vous en avez conscience ? »

Franchement, il fallait abandonner directement quand un du quatuor avait une idée… C'était peine perdue de s'y opposer.

Phil lui s'amusait beaucoup comme d'habitude. Etant le plus grand du groupe (d'une tête même ! Il atteindrait presque le mètre 80), il avançait plutôt détendu, ses mains dans ses poches, son manteau gris avec un large col qui entourait son visage pour le protéger du froid.

Finalement, le groupe entra dans le pub. L'endroit était insalubre et miteux et il n'y avait pas beaucoup de lumière naturelle qui éclairait la salle unique. La pièce était faite en bois qui s'écaillait, chaque pas était un grincement sur la pierre recouverte de crasse (c'était apparemment possible) mais la porte elle-même était bruyante. L'entrée était ornée de la tête de Sanglier qui surplombait la tête des nouveaux visiteurs.

Quentin renifla en fronçant les sourcils et se pencha vers Teddy qui cherchait des places d'un coup d'œil rapide :

« - C'est moi ou ça sent la chèvre ?

- J'espère que c'est ça, répondit le garçon entre ses dents.

Quentin voulut lever les bras au ciel mais c'était bien trop voyant, alors il toussota avec dignité et se contenta de suivre Teddy à une table circulaire bien isolée des convives louches en pleine discussion ou transactions douteuses. Aurélia et Phil, cependant, adorait.

- On se croirait dans les tavernes dans les romans de chevalerie avant les quêtes, dit Aurélia en s'asseyant.

- Quand arrivent les autres ?

Quentin consulta sa montre.

- Dans cinq minutes. Quelqu'un peut aller commander des biéraubeurres ?

- Je m'en charge, dit Aurélia en se levant.

Elle voulait rencontrer le fameux Abelforth Dumbledore de toute façon, ou du moins voir à quoi il ressemblait.

- Bonjour, sourit-elle au comptoir, je voudrais (elle compta rapidement dans sa tête), 8 biéraubeurres s'il vous plaît.

Abelforth leva un sourcil mais soupira et se tourna pour aller chercher des bouteilles. Aurélia l'étudia un peu du regard. L'homme avait un peu plus d'embonpoint que son frère, la longue barbe était d'un gris foncé et pas blanche comme Albus, mais le même regard pétillant, le même nez arqué tel un aigle.

- 16 mornilles, lâcha-t-il d'un ton ennuyé en posant les bouteilles sur le comptoir.

Aurélia hocha la tête et posa les pièces sur la table avec l'appoint exact.

- Merci, lâcha-t-elle d'une voix un peu enrouée, frappée par une timidité étonnante.

C'est qu'il avait la même voix que son frère le bougre !

Elle prit les bouteilles dans ses bras et les posa sur la table circulaire de retour avec ses amis, quand la porte s'ouvrit encore.

Lisa Hawking était la première à entrer avec son écharpe jaune et noire entourant son cou frêle. Ses longs cheveux blonds normalement en chignon était lâchés, elle avait ses mains dans les poches de son long manteau noir et portait un pantalon quadrillé et grisâtre avec ses bottes en vieux cuir. Elle était suivie par Jean, qui avait un bâton de sucette dans la bouche. Ses cheveux châtains en bataille mériteraient une coupe. Il parlait avec animation à Valerian qui portait un sac de bonbons qu'il avait acheté à Honeyduckes et remettait en place une mèche brune qui tombait devant ses yeux en amandes. Ses pupilles brunes scrutaient les environs, et sa peau hâlée luisait sous les lueurs de bougies flottantes dans les coins. Les trois élèves aperçurent le quatuor de Gryffondors et les rejoignirent.

- Je n'étais pas encore venu ici, lâcha Jean avec un sourire. C'est pittoresque.

- ça tombe en ruines plutôt, renifla Lisa, mais c'est assez discret… bien joué, sourit-elle alors à Quentin.

- C'était mon idée, dit Phil sur un ton charmeur.

Aurélia lui donna un coup de coude avec un avertissement muet.

- Où est Quadra ? demanda Teddy en sortant de quoi noter sur la table alors que les élèves ouvrirent les bouteilles de biéraubeurre.

- Bon sang, j'aurais voulu du Whisky Pur Feu, j'ai besoin de chauffer mes entr… (Valérian croisa les yeux de Lisa) Quoi ?

- Tu es un élève.

- Je suis majeur.

- Et alors ? Tu crois que les clients de cette masure vont en avoir quelque chose à faire ? Reviens sur terre.

Valérian lui tira la langue alors que Lisa tourna la tête vers la fenêtre crasseuse.

- On ne peut même pas voir correctement… marmonna-t-elle… Ah ! Je crois que c'est elle.

En effet la porte s'ouvrit encore et Quadra entra entièrement habillée en noir, et sa bouche dessinée avec un rouge à lèvres noir comme la cendre. Seule son écharpe aux couleurs de serpentard détonnait sur son style vestimentaire. Aurélia sourit légèrement. Quel style !

- Navrée pour mon retard, dit Quadra, cela a été difficile de se débarrasser de Zephyr. Cette teigne voulait tous les détails.

Quentin manqua de s'étouffer avec sa boisson.

- Combien de personnes sont au courant ?!

- Tous les Aces, dit Lisa, c'est d'ailleurs ce que je voulais vous dire… Vous avez perdu la tête ?

- C'est plutôt la meilleure idée depuis le début de cette année, contra Jean en regardant Aurélia qui s'était mise les mains sur la tête sous le choc.

- Je suis navrée mais j'ai jamais eu cette idée, triple buse ! s'écria la Ruva. J'ai émis un vœu, pas une organisation !

- AH bon ?

Jean pencha sa tête sur le côté un brin songeur, alors que Quentin, Teddy, Aurélia et Phil le regardait avec de gros yeux.

- Tant pis. Ce sera fun !

- Mais pourquoi je suis entouré de malades ? Je suis fatigué par vos conneries, se désespéra Quentin.

- En tout cas, quelle idée d'inviter une préfète pour vous aider à organiser un évènement qui brise sciemment plusieurs règles du règlement, s'amusa Quadra en pointant Lisa du pouce alors que celle-ci secouait la tête.

- Tu l'es aussi, je te rappelle.

- Pas tout le temps, sourit Quadra, je partage le rôle avec Ewald. Quand il est le méchant Auror, je suis la gentille Auror qui regarde à l'opposé quand Valerian va s'amuser avec Lucrétia dans la classe vide du cinquième étage.

Valérian s'étouffa sous le coup avec sa biérraubeurre alors que Jean hilare lui frappait le dos.

- Co.. Comment tu… et pourquoi… et… QUADRA !

- Zeph est mon informateur, ce mec a une sacré langue de vipère et une incroyable attention aux détails, dit Quadra.

- Je vais le tuer, se promis Valérian. Je vais lui faire la peau et le jeter dans le Lac.

- Oui oui interrompit Teddy, maintenant si on peut avoir votre attention ce serait génial.

Valérian lança un regard noir à Quadra mais écouta le garçon en rouge et or.

- Bien, reprit Teddy, sachant que Jean a lancé l'idée qui a apparemment (il roula les yeux) eut un franc succès auprès des Aces. Ainsi nous vous proposons un défi à votre hauteur… Aurélia ?

Celle-ci toussota mais sourit :

- Ce sera une battle royale. La règle est simple. Chacun pour soi. On sera dans une salle fermée avec tout le monde lancé et le dernier restant sera le champion incontesté du Survival.

- Dans quelle salle ? sourcilla Lisa, ce n'est pas comme si on avait une salle dissimulée dans le château qui répond à ces critères.

- Et puis dans une salle où tout le monde peut se voir ? dit Quadra en croisant les bras. Il faudrait un dédale de couloirs comme au sous-sol ou un labyrinthe.

- On a, déclara Aurélia.

Silence.

- Pardon ? lâcha Quadra véritablement étonnée.

- On a, répéta Aurélia. On a un labyrinthe et une salle faite pour ça.

- Où ça, s'excita Jean avec enthousiasme.

- On ne le dira pas. Cette unique et seule session sera dans le plus grand secret, personne ne saura rien jusqu'au jour J pour limiter les fuites, dit Quentin en agitant son index.

- Et puis, sourit largement Phil en se penchant en arrière c'est encore plus fun comme ça non ?

Les quatre envoyés se regardèrent alors que le quatuor rouge les regardait avec confiance.

- Très bien dit lentement Valérian. Quand est-ce que vous pensez faire ça ? Car on a nos examens dans quelques semaines, je rappelle. Nous n'avons pas le temps de nous amuser.

- C'est pour cela que nous pensions faire cela l'avant dernier jour de notre scolarité. Juste avant le banquet de fin d'année, sourit largement Aurélia. Considérez cela comme votre cadeau de diplômés.

- Oh sourit Quadra narquoise, car tu penses qu'on sera tous diplômés ?

- Mais avant quelques petites informations complémentaires, dit Teddy en posant un papier sur le bureau. Si vous participez, vous vous engagez à ne rien révéler sinon…

- Sinon ? dit Lisa en levant un sourcil.

- On saura qui aura parlé, répondit Aurélia d'un ton un peu plus froid.

Elle avait décidé de prendre une page du livre d'Hermione Granger. Ce qui était radical mais efficace.

Lisa croisa ses doigts sur la table ronde, puis regarda Aurélia droit dans les yeux. Un silence tendu passa mais finalement la sixième année soupira :

- Vous avez vraiment pensé à tout…

- Intéressée ?

- Sachant que ce sera la fin de l'année donc que les risques de perte de points seront écartés… ça me va. J'enverrais les profs ou autres préfets à l'opposé. Je préviendrais les autres Aces de ma maison et leur ferais signer le papier, puis je le passerais aux autres.

- Regarde-toi, dit Quadra avec un ton faussement ému, briser les règles, venir s'amuser.

- C'est juste car c'est le dernier jour de l'année, répliqua Lisa en se levant sans pouvoir dissimuler un sourire. J'y vais, mais j'approuve. Teddy tu me donneras les détails.

Le garçon hocha la tête en souriant. De tous les Aces, Lisa était celle qu'il appréciait le plus. Lisa s'en alla alors. Quadra finit sa bouteille et regarda sa montre, elle pesta en se rendant compte que Melissa devait sans doute l'attendre aux Trois Balais. Jean et Valérian partirent en lançant un clin d'œil aux Gryffons. Restés seuls, les quatre larrons se regardèrent :

- Et bien… ça s'est mieux passé que je le pensais.

- Car j'ai passé la nuit à réparer vos bêtises, gronda Quentin.

- Tu es sûre pour la Salle sur Demande ? demanda Phil à Aurélia comme s'il n'avait rien entendu. TU adores cette salle et son secret.

- On aura qu'à leur bander les yeux, soupira Teddy en rangeant ses notes. Petit sort de confusion pour les empêcher de retracer leurs pas (Zephyr pourrait nous faire le coup), et hop.

Aurélia sourit jusqu'aux oreilles. Voilà un projet qu'elle attendait avec impatience.

oOoOoOoOo

Les jours passèrent et les lueurs de l'été se rapprochèrent alors qu'on entrait dans le mois de Mai. Cette fois les étudiants du BUSES et des ASPICS étaient tous concentrés sur leurs fiches pour leurs derniers examens blancs, alors que les examens des années inférieures prenaient place un peu plus tard.

Passant plus de temps seul avec le Trio concentré sur leurs révisions, Aurélia étudia le Spiritus Sui avec diligence. Elle reprit aussi son occlumencie avec plus de concentration. Chaque nuit avant de se coucher, elle faisait un état des lieux de son mental. Rien ne semblait trop bouger, c'était parfait. Puis elle parlait et communiquait plus avec ses amis de sa promo. Enfin, ceux qui voulaient bien plus parler…

Les Aces étant tous occupés avec leurs révisions, Aurélia était celle qui dirigeait d'une main de fer le CSD. Elle restait jusqu'à tard pour préparer les séances et avait investi le bureau du club pour ses propres révisions.

Elle rentra finalement en baillant dans sa salle commune la veille des BUSES quand elle vit Teddy qui était concentré sur son livre de Métamorphose. Le pauvre, semblait être sur le pont de faire un AVC.

Aurélia soupira et voulut lui proposer du thé, du chocolat ou une aspirine quand la voix du professeur McGonagall résonna à travers une sirène vibrante dans les murs du château.

« - Votre attention s'il vous plaît, tous les élèves doivent regagner leurs dortoirs immédiatement. Les professeurs sont attendus en salle des professeurs. »

Aurélia se réveilla illico, et se retrouva devant Teddy qui s'était figé comme les autres élèves.

- Aurélia, siffla-t-il en voyant la jeune fille qui avait serré ses poings. Calme-toi.

Aurélia hocha lentement la tête alors que les élèves entrèrent. Valérian arriva en compagnie de sa petite amie Lucrétia et Jane Smithers qui parlait avec l'air grave à son petit ami Olivier Dubois. Izzie West était avec Phil et Quentin qui étaient à la bibliothèque. Les deux garçons se précipitèrent vers Aurélia :

- Que se passe-t-il demanda Aurélia d'une voix blanche ? Qui ?

- Un Poufsouffle apparemment, dit Valérian qui s'était aussi rapproché. On n'a pas les détails cependant.

- On va les avoir, dit Aurélia en serrant les dents et agitant sa baguette. Expecto Patronum.

Son grizzli apparut au milieu de la salle commune avec les murmures impressionnés des premières années et de mécontentement des années supérieures. Mais Aurélia n'en avait cure.

- Message à Elisa Bishop : Il semblerait que ce soit un Poufsouffle qui a été pétrifié. Des détails ? Demande à Lisa Hawking si elle est près de toi.

Puis Magnus disparut et laissa Aurélia le regard ombrageux, et les bras croisés. Teddy lui mit la main sur l'épaule.

- C'est mauvais, dit-elle à personne en particulier. Si l'héritier a attendu jusque là pour agir, cela veut dire qu'il a un plan.

- Les examens, rebondit Quentin. Tant que les BUSES ou les ASPICS n'étaient pas touchés, cela pose un problème au Ministère… Ils prendront des sanctions et ce sera sans doute…

Le putois argenté d'Elisa Bishop interrompit la discussion. Son apparition attira les yeux curieux, de Johnny, Gérald et Lucy, en plus des jumeaux Weasley, Angelina, Alicia… tous les amis proches ou lointain d'Aurélia et Elisa.

- Il s'agirait de Justin Finch-Fletcher… Mais pas seulement. Un autre élève de Serpentard était avec lui.

Aurélia se figea et pâlit sous le coup. Un serpentard ? Quel Serpentard ?

- Théodore Nott. On les a retrouvés dans le couloir du quatrième étage, les miroirs les ont sauvés, continua la voix d'Elisa. Rien d'autre malheureusement, il n'y a rien qui justifie leur présence ou celle du Basilic.

- C'est bizarre, dit Dean Thomas qui écoutait aussi, Nott est un Sang-Pur et une famille sacrément pure, qu'il se soit fait attaquer.

- Plus personne n'est en sécurité, déglutit Lulu.

- Dire que nos exams commencent demain, lâcha Méphisto le regard sombre en secouant la tête.

L'Agent Gratouille se volatilisa alors qu'Aurélia se laissa tomber sur le canapé, le Trio vint vers elle, Thelma aussi s'approcha.

- Auré.

- Je sais, coupa-t-elle. C'est la merde, mais je dois rester calme, mais franchement, je ne comprends plus les actions de l'héritier en attaquant un élève Sang-Pur c'est le meilleur moyen de fermer l'école.

- ça pouvait être une erreur, hasarda Teddy. Finch-Fletchey est un Né-Moldu ?

- Oui, assura Ron Weasley qui écoutait de loin avec Harry qui avait aussi les bras croisés. Il aurait même dû aller dans un collège moldu réputé… Mercon ?

- Eton, tu veux plutôt corrigea gentiment Lucy. Et bien, j'imagine que ses parents vont faire un sacré scandale.

Aurélia préféra se lever pour monter dans sa chambre. Elle était en rogne, elle se sentait mal et le reste de la semaine n'allait certainement pas l'aider à se sentir mieux.

Et en écoutant le professeur McGonagall qui annonça la suspension de Dumbledore au petit-déjeuner, le lendemain… Elle avait raison.

« - Bonne chance, sourit légèrement Aurélia au Trio en leur touchant leur bras à tous les trois. Il n'y a aucune raison que vous vous plantiez. Au pire, vous allez tous déchirer la Défense. Et… ce ne sont que des exams blancs. Les vrais sont dans trois semaines.

- C'est un argument recevable, dit Teddy d'une voix enrouée. A plus tard. Et reste hors des problèmes.

Aurélia sourit légèrement en hochant la tête et partit. Elle avait ses cours et puis elle pourrait aussi travailler sur ses propres révisions. Les examens étaient proches, pour elle ce sera dans exactement deux semaines. Elle avait encore le temps de tout réviser tranquillement.

Le reste du temps passa lentement, Aurélia lut énormément. Pensa au Basilic. Elisa disait qu'elles trouveraient une solution, mais Aurélia ne s'énervait même plus. Elle savait que c'était du chiqué. Elle savait qu'il n'y avait qu'une seule façon claire et nette de choper l'héritier, et Dumbledore parti le plan Dragon pouvait être déclenché. Mais Elisa serait contre, et sans elle ou Harry, il n'y aurait qu'une seule façon d'attraper l'héritier.

L'attirer ou se lancer à sa poursuite dès la prochaine attaque.

Aurélia inspira et expira. Dès l'alarme retentirait, elle s'y mettrait. Elle trouvait que c'était une bonne échéance avant de risquer sa vie pour de bon, et puis le Trio pourrait la couvrir ou lui apporter du soutien. Ou au pire elle irait toute seule et advienne que pourra. Qu'était sa vie franchement ? Elle avait rencontré tant de personnes talentueuses, pleines de vie, de choses à donner et elle ? Elle était un de transfert d'un autre monde. Elle n'était pas indispensable.

Elle n'était pas un martyr, non, se disait-elle en regardant Colin allongé sur son lit d'infirmerie. Elle était juste prête à faire le sacrifice nécessaire. C'était un choix complet et réfléchi.

Elle avait son sac d'urgence prêt sous son lit depuis les vacances de printemps. LE plan Dragon avait toujours été une option fiable. Les potions de soin, les fumigènes, les bandages, le chocolat, son bâton de combat, le glisseur qu'elle avait emprunté pour une durée indéterminée à son frère qui l'avait reçu pour son anniversaire en Mars…

Les jours passèrent, lentement, calmes, une lourde tension qui enveloppait le château. Aurélia attendait en déglutissant. Mais elle continuait à étudier, et malgré l'absence de ses expérimentations en club d'alchimie, elle passa son temps à s'entraîner à la défense, au combat à mains nues, à travailler au bâton de combat et finalement le Spiritus Sui.

Elle put d'ailleurs enfin voir le professeur Flitwick qui lui fit une petite démonstration :

« - Voyez, Miss Ruva, dit le petit professeur en agitant sa baguette, vous maîtrisez bien le Spirat Ventus, mais le Spiritus sui marche sur deux flancs, le son et les impulsions du vent. Pour parfaitement créer cette tempête sonique et qu'elle reste en votre contrôle, il est nécessaire de protéger vos oreilles. Créer une bulle de silence sur vous avait de la lancer pour ne pas souffrir des dommages collatéraux.

Aurélia hocha lentement la tête.

- Professeur, j'ai une question… Si je voulais utiliser juste le vent et pas le son, comment m'y prendrais-je ?

- Vous savez déjà le faire à petite échelle, répondit Flitwick. Le Spirat Ventus devrait être un bon point de départ.

Aurélia hocha la tête tout en agitant sa propre baguette.

- Le son descend…. Vers le sol.

- Parfaitement, approuva la voix aiguë de Flitwick, contrôlez le son et son mouvement pour maîtriser le Spiritus Sui. »

Aurélia sourit légèrement et remercia le directeur des Serdaigles qui récupèra les livres qu'il lui avait transmis. Elle ne savait pas si elle pourrait l'abattre avec le Spiritus, mais elle pourrait au moins utiliser les indications de mouvement. Pulsare, Spirat, Lapso.

Cela serait utile.

Finalement, les examens blancs des BUSES s'achevèrent, ce qui voulait dire que les examens d'Aurélia commençaient. C'était le dernier Vendredi et elle restait avec Lee, Angelina, Alicia, Trinity et les autres pour lire ses fiches ou s'exercer. Phil, lui, était soulagé que ce calvaire touchait à sa fin comme Teddy et Quentin. Ceux qui avaient les ASPICS étaient aussi à la fin de leur formation. Aurélia les regarda avec un peu de tristesse, certains d'entre eux allaient lui manquer… Mais bon, ce n'était pas encore la fin.

En baillant, elle s'étira en arrière sur son fauteuil quand… La sirène tant redoutée éclata :

« - TOUS LES ELEVES DOIVENT RENTRER IMMEDIATEMENT EN SALLE COMMUNE ET LES PROFESSEURS SONT ATTENDUS DANS LE BUREAU DU DIRECTEUR. »

Aurélia sentit une large coulée froide glisser sur son dos. Ça y était, elle ne pourrait pas y couper. Elle s'empara de son sac à bandoulière alors que le chaos prit encore place dans la salle commune et que les élèves entrèrent dans la porte. Dès que le dernier serait entré, elle irait directement aux toilettes, l'école évacuée… Elle pourrait faire exploser cette porte de malheur.

Mais alors qu'elle refit les pas dans sa tête, une forme argentée entra dans la salle commune, et... Aurélia reconnut sans aucune peine, Batman, l'ourson de Trisha Buttermere.

Isaac reconnut aussi la bête et comme Aurélia la vit se diriger directement vers Harry Potter qui était dans un coin de la salle avec Ron et Hermione :

« - Harry ! Elisa a été enlevée par l'héritier ! Il y a un message sur les murs du rez-de-chaussée qui dit que son corps reposera avec la bête. Le professeur Lockart a été envoyé pour la sortir de là avec le professeur Sinistra mais… aucun retour. Je t'en prie, fait… Tu es le seul qui puisse ouvrir la porte.

Ce fut comme si tout était en train de bouger au ralenti. Aurélia vit les yeux verts du Survivant s'allumer dans une lueur terrifiée et pleine de rage destructrice en même temps, elle vit le Trio se tourner vers, elle, elle vit Thelma tenter de l'arrêter alors qu'elle s'était saisie d'un flacon de potion fumigène et sans une seule hésitation,

Elle le fracassa par terre.

oOoOoOoOo

Aurélia sortit en courant comme une dératée de la salle commune et vit le dos d'Harry qui descendait les escaliers à toute vitesse devant elle.

« - Harry ! cria-t-elle.

Le garçon aux lunettes rondes se tourna et vit Aurélia Ruva passer au-dessus de la rambarde des escaliers pour atterrir sans trop de difficultés à son niveau, manquant de se casser une jambe. Mais miraculeusement, elle se rattrapa tel un chat et descendit pour le rejoindre.

- Je viens avec toi, dit-elle d'une voix pressante et décidée.

Harry fronça les sourcils. Il était à la fois confus et hésitant. Il savait qu'Aurélia et Elisa s'entendaient bien, il savait qu'Aurélia savait comme lui où était la Chambre des Secrets, qu'elle était une curieuse et une fondue de Défense mais il ne savait pas pourquoi, et comment... Donc il dit juste :

- Aurélia, je sais que…

- Il y a un coq caché au quatrième étage, coupa Aurélia avec un éclair de colère. C'est sur le chemin. On le prend, on descend, on tue cette chose et on sort Elisa de là. As-tu vraiment une objection ?

Un silence passa. Harry était franchement surpris.

- Ton plan est plutôt simple, déglutit Harry.

- J'ai d'autres atouts dans ma manche, répliqua la tempête violette, comme celui-là : Accio Glisseur.

Un glisseur sortit de sa besace, fait en bois lissé caramel et liséré vert et argent. Assez large pour que deux personnes se tiennent debout dessus :

- Je l'ai emprunté à mon frère, informa-t-elle. On y va.

- Attends, où ça...?

- AURELIA, hurla une voix, que penses -tu faire ? éclata la voix reconnaissable entre milles de Quentin Martins en haut de la cage d'escaliers.

Aurélia poussa un râle de désespoir mais lança le glisseur par terre qui lévita directement. Le Glisseur de Louis, le Jawa était un peu plus lourd que le Spoutnik mais maniable. C'était un Glisseur pour ceux qui n'aimaient pas forcément faire beaucoup d'acrobaties, c'est pourquoi il était très stable. Encore heureux! Vu la blinde que cela avait coûté à Aurélia.

- Merlin, on ne va jamais y arriver ! pesta la Gryffondor.

Elle monta sur le glisseur, régla son sac en bandoulière et tendit son bras à Harry pour l'inviter à monter.

- Je sais que j'ai beaucoup d'explications à donner, mais chaque seconde compte. Je promets de tout expliquer plus tard.

Harry la regarda pendant une seconde, pendant que Quentin vociférait avec Phil et… Valérian sur leurs talons.

- Aurélia Ruva, hurla le septième année

Aurélia ne répondit pas et Harry lui attrappa le bras. D'une impulsion elle fit descendre elle et Harry vraiment très vite dans le couloir du quatrième étage, qui était là ou le QG du Traffic était dissimulé.

- A droite, marmonna-t-elle en glissant à pleine vitesse. Ah la voilà ! Alohomora !

La nature morte s'ouvrit sur la cachette du trafic. Aurélia agita sa baguette et lança un sortilège d'attraction pour attraper la cage du coq.

- Attrape la ! lança-t-elle à Harry qui s'empara de la cage avec dextérité.

Voilà un attrapeur au travail pensa Aurélia avec un peu d'amusement, remplacé très vite par l'inquiétude.

Elle fit demi-tour sans ralentir et accéléra pour descendre au deuxième étage. En même pas quelques secondes ils arrivèrent devant les toilettes mais… un sort non identifié manqua de les faire tomber.

Aurélia freina en catastrophe et échevelée sentit Harry lui attraper la taille pour ne pas tomber.

- Désolé, dit le Gryffondor.

- Pas de souci, mais… c'est quoi ce bor…

Elle s'interrompit en voyant le corps du professeur Sinistra sans vie sur le sol, avec Quentin qui semblait lui prendre le pouls. Aurélia et Harry sautèrent au sol en voyant le professeur Lockart qui avait perdu toute sa beauté légendaire pour une expression crispée dans la monstruosité même disparaitre à l'intérieur des toilettes…

- Quentin ? lança la Gryffondor.

- On s'occupe de lui, lâcha Quentin d'une voix blanche, Valérian… s'occupe de lui. Phil peux-tu envoyer un Patronus ? Il faut prévenir les professeurs.

- Je leur dit quoi ? répondit Méphisto d'une voix tremblante alors que les échos des sorts semblaient résonner sur les carreaux des toilettes.

- Que notre prof de Défense s'est avéré être un innommable connard ? IMPROVISE MEPHISTO, hurla presque Quentin avec angoisse. Vous deux, continua-t-il sur le même ton. Vous avez le coq ?

Harry écarquilla les yeux alors que Quentin secoua la tête :

- Je n'arrive pas à croire qu'on déclenche le plan Dragon. Bref. Allez-y, Méphisto va vous couvrir.

Aurélia et Harry échangèrent un regard. La tempête violette se redressa alors et lança une potion de soin à Quentin. Il lui restait que deux, en espérant que ça suffira. Puis elle se saisit du Glisseur et courut avec Harry dans les sanitaires avec Méphisto sur leurs talons.

- Auré, dit-il avec un souffle. A mon signal, vous y allez !

Aurélia hocha la tête, la gorge sèche alors qu'Harry tenait bien le coq encore sous le sort de mutisme à la main. Elle glissa un regard à l'intérieur… Les toilettes étaient un véritable champ de bataille. Les cabines étaient traversées des craquelures, des lavabos avaient explosés et au milieu de ce chaos, comme un véritable guerrier touché par Mars le dieu de la guerre, Valérian était debout et foutait la misère au professeur de Défense avec un panache énorme. Tous les yeux experts de la pièce étaient unanimes, Valérian dominait et payait ses erreurs que par son manque d'expérience. Cependant son visage crispé et son manque de mouvement lui fera peut-être défaut. Aurélia vit Lockart armer un sort. De la magie noire ?! Il n'oserait pas !

- Allez-y, dit Méphisto.

- Mais…

- AURELIA POUR UNE FOIS ECOUTE CE QU'ON TE DIT, cria Méphisto Pinto. VAS-Y !

Complètement sous le choc du ton autoritaire de son ami, Aurélia obtempéra finalement et courut avec Harry vers le lavabo.

- Non, tenta la voix de Lockart.

- SI, grondèrent les voix de Méphisto et Valérian en même temps.

Un double sort atteint le professeur qui dut se protéger avec un sort de bouclier sort de protection, Aurélia en profita pour se tourner vers Harry qui avait sifflé et ouvert l'entrée de la Chambre. Aurélia sauta sur le Glisseur, Harry se mit derrière elle et en s'accrochant, ils descendirent dans le dédale du serpent.

oOoOoOoOo

- Lumos, siffla Harry en tendant sa baguette avec sa main libre.

La lumière présenta un couloir couvert de carrelage d'un vert tellement foncé qu'il semblait irisé à travers les lumières.

Aurélia et Harry glissèrent à toute vitesse à travers le couloir, qui n'était apparemment pas bouché mais bien direct à la chambre. Harry et elle aperçurent la vieille peau par terre, la jeune fille sentit la bile amère lui étreindre l'estomac. Bon sang pourvu qu'ils arrivent à temps.

Harry la regardait de temps à autre, avec des questions qui fourmillaient évidemment, mais ce n'était pas vraiment le moment, alors il se contenta d'un silence.

C'est alors qu'ils entendirent une voix flûtée les appeler :

- Monsieur Harry ?

Harry et Aurélia virent un elfe de maison traîner le corps sans vie d'un garçon blond dans le couloir. Aurélia atterrit immédiatement et sauta du Glisseur pour se précipiter vers le blessé qu'elle reconnut sans peine car :

- Malefoy ? s'exclama Harry incrédule.

Aurélia était bouche bée une seconde, le temps d'intégrer ce coup du destin et cette fâcheuse ironie.

- Olly, dit Harry, que fais-tu ici ? Est-ce que… Est-ce que Elisa t'a appelé ?

- Madame Elisa a des problèmes dit Olly, elle est coincée avec l'héritier.

- Tu ne peux pas transplaner avec Malefoy, demanda Harry alors qu'Aurélia inspectait le pouls et les pupilles de l'héritier Malefoy sans vie au sol.

- Non, monsieur, les elfes ne peuvent pas transplaner dans l'enceinte du château.

- Il est en vie, dit Aurélia d'une voix soulagée. Olly, c'est ça ? Prends ça.

Elle lui donna un flacon de potion de soin et du chocolat.

- La potion est un philtre de chaleur, la température corporelle a l'air d'avoir baissée, la chaleur va faire repartir son système immunitaire. Le chocolat quand il se réveillera.

Elle lui tendit le glisseur.

- Prend ça et emmène le à l'infirmerie. Ne laisse surtout pas le professeur Lockart s'approcher de lui.

- Tout va bien Olly, dit Harry avec un sourire. Tu peux l'écouter.

L'elfe hésita mais hocha la tête.

- Madame Elisa…

Le coeur d'Aurélia sembla tomber dans ses chaussures. L'elfe ne continua pas sa phrase. C'était véritablement mal barré.

- On va la sortir de là dit Aurélia en se levant et en prenant sa baguette entre les doigts.

Harry hocha la tête avec conviction. L'elfe donna la potion à Draco qui sembla reprendre des couleurs. Puis l'elfe pris son corps qu'il fit léviter sur le glisseur et l'emmena hors de danger. Restés seuls, Aurélia et Harry se regardèrent pendant quelques secondes et continuèrent leur périple en silence. Harry cependant, ne peut s'y résoudre :

- Tu étais préparée… Glisseurs, potions. Le plan Dragon? siffla-t-il

- J'allais y aller moi-même même sans l'enlèvement d'Elisa, lâcha Aurélia d'un ton abrupt. Je n'avais clairement pas l'intention de laisser un Basilic manger mes camarades. C'était... Une assurance.

Harry haussa un sourcil :

- Comme le troll l'année dernière ? Je ne crois plus trop aux coïncidences… Surtout te concernant à présent.

- J'en sais plus que tu ne le crois, murmura Aurélia sans envie de se battre.

- Je vois ça, répondit Harry d'un ton égal.

Aurélia lui lança un regard alors que le garçon s'était assombri. Ce n'était pas le moment de s'expliquer, elle pourrait toujours le faire plus tard.

La conversation s'arrêta là, car elle fut coupée par l'apparition d'un mur où des serpents entrelacés, avec leurs yeux d'émeraudes qui brillaient à la lumière blanchâtre du Lumos.

- On y est souffla-t-elle d'une voix faible.

Aurélia avait pensé des jours et des jours à ce moment. Elle savait qu'on la pensait inconsciente et sans peur, mais ce n'était pas la vérité. Elle était terrifiée. Elle avait une peur immense des serpents et il y avait une énorme chance qu'elle s'évanouisse face au Basilic, ou qu'elle se fasse tuer en trébuchant car vraiment, c'était le type de karma qu'elle avait hérité.

Mais en choisissant les couleurs rouges et or, Aurélia s'est armée de ce qu'il faisait défaut. De courage.

Il n'était plus question de faire demi-tour, elle avait tempêté et avancé cette idée, maintenant qu'elle était en face de son destin, il était temps d'accepter et d'encaisser.

Aurélia Ruva aurait pu être une tempête et un chaos prêt à s'effondrer devant la porte de l'antre de la bête de Salazar Serpentard… Mais non.

Elle n'avait jamais été calme, sereine. Froide. Mais à ce moment précis, ces qualités étaient bien là. Présentes. Ancrées dans sa peau.

Soupirant une dernière fois, elle regarda Harry parler en Fourchelang et brandit sa baguette après avoir remis son glisseur dans son sac. Puis après remis en place, la boucle de son sac en bandoulière sur son épaule, Aurélia et Harry entrèrent dans la chambre des secrets.

oOoOoOoOo

« - Harry Potter, résonna une voix doucereuse comme le miel mais dangereuse comme les crocs d'un loup. Quel honneur d'enfin te rencontrer !

Harry et Aurélia se figèrent en voyant un garçon à la peau pâle et lunaire penché sur un corps qui arracha un hoquet aux deux Gryffondors.

- Elisa, murmura Harry en voyant le corps de la Poufsouffle allongée dans une large flaque d'eau.

- Espèce d'ordure, gronda Aurélia en levant sa tête. Que lui as-tu fait ?

Le garçon sourit largement charmeur, mais sans aucune chaleur dans les yeux, il se tourna vers Aurélia qui avait le regard flamboyant de colère mais le visage exempt d'émotion.

- Les cheveux violets prune… Serais-tu la fameuse Aurélia Ruva ? Ton nom est apparu une ou plusieurs fois. Tu as vraiment été un caillou dans ma chaussure, vois-tu…

- Je te remercierais si tu n'étais pas un tel monstre, Tommy, lâcha Aurélia. Mais je suis navrée car nous allons devoir repartir immédiatement avec notre amie.

Harry cligna des yeux en voyant Aurélia parler. Elle savait qui il était ? Mais qui était cette fille ?!

Tom siffla.

- Tu es à la hauteur de ta réputation.

- Et toi de la tienne, enfin… du futur psychopathe que tu vas devenir, menaça Aurélia.

Harry compris alors. Il avait sa peau normalement plutôt halée, devenir pâle sous la terrible révélation.

- Et oui Harry… sourit cruellement Tom Jedusor, je suis…

- Voldemort, blabla, lâcha Aurélia. Et maintenant, et si tu dégageais d'Elisa pour qu'on puisse la ramener à l'infirmerie ? Elle a besoin de soins, tu sais ?

Tom arqua un sourcil, ennuyé et amusé en même temps.

- Je vois que vous avez apporter de quoi faire le ménage, dit-il en voyant le coq entre les mains d'Harry. Mais croyez -vous que je vais vous laissez détruire mon arme, mon héritage aussi facilement ? Un héritage qui m'appartient et dont je suis le seul possesseur !?

Son sourire se tordit en rictus monstrueusement cruel et sauvage. Merlin, celui-là avait craqué !

Mais il avait raison car Aurélia ne savait pas comment lui couper la chique. Comment récupérer Elisa. Et celle-ci semblait perdre seconde après seconde de ses couleurs… Sans vie. Et si elle était liée au journal ? Mais bon sang que faire ! Il fallait prier pour que tout marche !

Harry était aussi confus, il fallait bouger, ne pas rester les bras ballants. Aurélia tenta alors d'aller vers Elisa, mais apparemment Tom avait une baguette, il lui lança un sort, elle le dévia, puis un autre, elle se protégea, mais elle restait loin du corps d'Elisa Bishop. Quelle merde ! C'était la catastrophe !

C'était ses yeux qui se tournèrent vers le coq, puis…. L'idée. La fulgurance.

Cela la fit même sourire et rire un petit peu. Tom s'en aperçut.

- Ravi que tu apprécies ta mort prochaine, Ruva.

Aurélia le regarda en secouant la tête.

- Nan. Je pensais à la tienne.

Elle baissa son bouclier et lança :

- PULSARE VENTUS !

Qui la poussa en arrière aux côtés d'Harry, elle pointa sa baguette instantanément sur la cage du coq qui caquetait sans aucun son :

- Alohomora ! Je lui remettrais le son au bon moment, appelle le serpent ! Tu parles le fourchelang ! ça va le rameuter !

- Pardon ? gronda Tom, non ! Il est à…

- Maintenant ! insista Aurélia.

Harry arqua un sourcil mais obtempéra et hurla les ordres en Fourchelang alors que Tom grondait en même temps ses ordres pour dissuader le serpent. Ce fut le moment qu'Aurélia attendait…

- Lapso Ventus !

La baguette cette fois en arrière lui donna une impulsion, et l'emmena à donner un coup de pied dans le journal. SECOND POTEAU PAVAAAAAAARD ! Tom hurla en partant en arrière.

Et le serpent apparut finalement, Aurélia eut l'extrême reflexe de se baisser immédiatement et de se laisser guider uniquement par l'ombre de la bestiole.

- Ne le regarde pas, hurla-t-elle alors qu'elle pointa sa baguette sur le coq sorti de sa cage.

- NON hurla Tom qui était revenu plus vite que prévu, sans doute en pompant l'énergie d'Elisa.

Il se précipita sur elle, et l'obligea à se battre, Harry restant sans défense devant le serpent.

- HARRY ! hurla Aurélia en voulant lui pointer son sac, mais Tom Jedusor lui envoya un coup de poing dans la figure qui lui fit voir milles chandelles, profitant de la légère déconcentration de la Gryffondor.

Aurélia s'essuya sa lèvre en sang le découvrant sur ses doigts et vit rouge.

Elle se précipita vers Tom et lui donna un coup de poing qui rencontra une joue qu'elle fracassa. Pas du tout préparé à cette violence, le garçon fut assez confus pour recevoir un magistral coup de pied qui le fit décoller du sol et atterrir par terre. Harry parlait quant à lui au serpent en Fourchelang qui semblait hésiter à l'attaquer.

Tom lui commençait à reprendre la parole, le serpent pencha la tête. Il hésitait vraiment mais le risque était trop énorme !

- Mon sac… première poche, miroir réfléchissant ! ça va lui brûler les yeux ! REPULSO !

Elle fit glisser le sac aux pieds d'Harry qui s'en empara. Tom devint dangereusement énervé et empêcha Aurélia d'en placer une autre, car Tom se jeta sur elle pour lui serrer à présent le cou.

- Ferme-là. Ferme-là !

Aurélia sentit sa respiration la quitter, et la main de Tom lui prendre sa baguette. Non. Pas sa baguette. Il la jeta sur le côté. Bordel. Ses forces la quittaient. Elle perdait connaissance. Non. Non. Elisa. Elle avait besoin d'elle… Pense. Pense. Pierre ?

Elle sentit le sol en pierre alors qu'elle tentait de se dégager.

Pierre. Pierre. Concentre-toi.

Aurélia coupa alors sa respiration et partit en arrière pour…

Donner un coup de pied par terre qui déclencha une petite secousse. Tom desserra un millième de seconde, ce qui lui fallait.

Elle lui donna un coup de boule qui cassa son nez, et hurler en arrière. Aurélia se leva avec difficultés en titubant, le cerveau pas encore apprivoisé en oxygène, elle se pencha vers sa baguette…

Courut en tombant presque sur le corps d'Elisa…

- P.. Protégo Maxima, hurla-t-elle alors que le serpent fondait sur le corps de la Poufsouffle.

- Aurélia ! hurla Harry, en courant vers elle.

Elle abaissa le bouclier en découvrant avec surprise que le garçon tenait le miroir.

- ça a marché !

- je ne suis pas mort, donc oui, répondit Harry avec la voix enrouée. Le coq ?

- Mets le devant nous et tient toi prêt.

Harry posa la cage par terre et Aurélia pointa sa baguette alors que Tom furieux hurlait à la créature aveuglée de les tuer.

- Finite Incantatem, dit-elle en pointant le coq, vas-y !

Harry lui tira alors la queue et le coq lâcha son chant funeste.

La suite se passa comme une vague énorme qui s'écrasait sur une plage tranquille. Le Basilic s'écrasa par terre en hurlant une dernière fois, comme foudroyé par une crise cardiaque. L'animal tomba alors et se fracassa à un mètre des trois élèves. Aurélia vit que les yeux étaient brulés, sans doute grâce au miroir réfléchissant de Roy qu'il fallait vraiment qu'elle remercie avec une pluie de feux d'artifices.

- On en a pas fini dit-elle avec le peu de confiance qu'il lui restait, mais la fatigue qui lui enclenchait les poumons.

En effet un Tom très furieux était debout et fonçait sur eux pour leur faire la peau. Il était encore en pleine forme et avait la baguette de Draco.

Aurélia tourna sa tête vers la Poufsouffle et vit avec horreur que sa joue qu'un bleu sur sa joue gauche se détachait sur sa peau claire, et son nez étaient en sang comme Jedusor… Bon sang, ça venait du combat ?

- Harry, murmura Aurélia avec la voix glacée par la peur. Il faut dé… détruire le journal.

Le garçon hocha la tête et se tourna vers la tête du serpent. Aurélia hocha la tête et dit…

- Bo… Bonne idée. Je vais chercher le journal.

- Et moi, dit Aurélia en se craquant les doigts. Je vais m'occuper de Tom.

Du moins le ralentir le temps qu'Harry récupère le crochet et finisse le job. Tom commença à viser Harry, forcément, Aurélia se mise entre les deux.

- Repello !

Le sale sortilège de Tom fut réfléchi, l'éclair était vert. Aurélia sentit son cœur rater un battement. Bon sang, c'était un sortilège de mort, on ne rigolait plus !

- Repulso ! hurla-t-elle

Tom le bloqua d'un sortilège de bouclier.

- In… Non, Elisa… Pulsere Ventus !

La vague de vent ajouta à la pression qui malgré le bouclier fit glisser Tom en arrière.

- ça suffit siffla le Serpentard, Diffindo Unda !

Une énorme coupure cassa le vent et manqua de couper un membre de la jeune fille qui reçut une large entaille sur le bras gauche. Tom visa Aurélia, directement d'un…

- Avada….

- FLASHBANG !

Elle lança le sort qu'Elisa lui avait lancé lors de leurs entraînements ponctuels. Cela aveugla Tom un court instant, elle en profita pour sortir de son champ de vue.

- Impedimenta ! cria Tom de nulle part.

Aurélia se le prit en pleine figure. Non ! NONONON !

Elle sentit ses membres ralentir, complètement figée. Paralysée. Ça y était. Elle allait mourir comme une merde. Elle concentra tout ce qu'elle avait mais elle transpirait. Il allait tuer Elisa ! Harry ! BOUGE ! BOUGE ! BOUGE !

Tom goguenard émergea et pointa la baguette sur elle :

- Adieu, Aurélia Ru-

Il fut interrompu par un rayon de lumière qui implosa littéralement de son corps ? Des craquelures, comme si une statue humaine avait dépecé par de la lave en fusion. Aurélia sentit la magie s'évaporer et la laisser libre, mais tremblante comme jamais. Et Tom s'évapora dans une lueur.

Le silence qui suivit fut confus, large, tendu et libérateur.

Aurélia sentit ses jambes la faire tomber par terre, alors qu'Harry s'approchait d'elle avec le crochet du basilic à la main.

- TU… Tu vas bien ? s'inquiéta-t-il. Ton bras ?

- Mon.. Mon bras ? répondit Aurélia d'une voix morne.

Elle posa son regard sur son bras ensanglanté.

- Oh.

Harry se pencha vers elle pouvoir si elle allait bien, mais Aurélia semblait plongée dans une nébuleuse et n'en sortit qu'un peu en voyant le corps d'Elisa Bishop devant elle. Puis son visage tourna dans une horreur absolue :

- N… Non !

Elle se précipita à moitié à quatre pattes devancées par Harry vers Elisa qui était encore sans vie.

- Merde ! Merde !

Elle pencha sa tête en arrière pour guetter une respiration, le souffle d'Elisa était faiblre mais présent. Elle était surtout froide, ses blessures assénées par le combat d'Aurélia et Tom se détachaient sur sa peau, et elle avait un coup sur le crâne. Harry pâlit.

- Mon… Mon sac, bégaya Aurélia en sentant les larmes dans sa gorge. J'ai… J'ai des trucs dedans !

Harry prit le sac, et l'emmena à Aurélia qui cherchait sans trop savoir quoi trouver de l'aide.

- J'ai… Je pensais en avoir une en plus, dit-elle en sentant les larmes couler sur son visage. J'avais préparé… j'étais prête !

Elle renversa son sac sur le sol. Son bâton tomba, des bandages, des flacons de taille différente. Elle les regarda :

- Non. Non. NON !

Elle pointa sa baguette sur Elisa :

- Caloris corpus !

Elle posa sa main sur sa peau qui sembla se réchauffer.

- On… On doit l'emmener à l'infirmerie, dit-elle en pleurant et posant les bandages sur la tête d'Elisa.

Elle lui effleura la joue.

- Je suis désolée. C'est ma faute, si j'avais été plus rapide, j'ai pas tenu ma promesse, je suis désolée…

- Aurélia, dit Harry.

Elle se tourna vers lui qui avait aussi ses mains tremblantes.

- Il faut qu'on sorte de lui, dit le Survivant avec une voix à peine assurée. Il le faut.

Aurélia hocha la tête et pris Elisa sur son dos, sa baguette entre ses dents. Harry s'empara du sac et les trois élèves sortirent enfin de la chambre des secrets.

oOoOoOoOoOo

Heureusement pour Aurélia et Harry, les professeurs avaient été dépêchés rapidement, et ce fut Flitwick qui s'occupa de remonter le corps sans vie d'Elisa hors de la chambre secrète. Puis Aurélia et Harry fuirent emmenés à l'infirmerie en urgence. Aurélia fut tellement morne et monotone comme si toute émotion l'avait quittée.

En entrant dans l'infirmerie, Elisa fut immédiatement prise en charge et ce fut avec beaucoup de soulagement qu'Harry et Aurélia apprirent que sa vie était hors de danger :

- Le caleor était un bon reflexe ! apprécia Pomfresh, la chaleur a fait repartir son système et combat les mauvaises influences. Elle a besoin de repos à présent !

Harry hocha la tête alors qu'Aurélia le bras en sang n'avait décroché aucune autre émotion. Pomfresh s'approcha d'elle alors pour s'occuper de son bras.

- Doux Merlin Miss Ruva, il faut nettoyer cela immédiatement !

Elle agita la baguette et fit apparaître la coupure béante. Elle soupira :

- Cela fera un peu mal.

Aurélia ne répondit pas, ses yeux uniquement fixés sur le corps d'Elisa.

- Mr Potter, pouvez-vous nous expliquer ce qu'il s'est passé ? demanda le professeur McGonagall.

Harry lança un regard à Aurélia encore sous le choc, et se contenta de relater les faits. QU'il était sortit avec Aurélia de la salle commune dès qu'il l'ont su via Trisha. Qu'ils avaient pris un coq au cas où (en se gardant de préciser le QG du trafic) tout en traversant le château en Glisseur pour aller plus vite. Être arrivés en pleine bataille entre Valerian et le professeur Lockart. Méphisto et Quentin les avait couverts et être descendus pour trouver Malefoy, puis combattre le Basilic (le professeur Chourave aussi présente étouffa un cri) et sauver Elisa.

- C'était ce journal, qui était responsable de tout.

Harry le montra au professeur McGonagall alors qu'Aurélia regardait encore ailleurs, mais lentement, son cerveau revenait de son repos forcé. Elle se tourna alors lentement :

- Mé… Méphisto ?

Le professeur McGonagall lui sourit légèrement d'un air réconfortant :

- N'ayez crainte Miss Ruva, messieurs Pinto, Martins et Wills vont bien. Ils ont contribué à arrêter le professeur Lockart qui a attaqué le professeur Sinistra alors qu'ils allaient vérifier les toilettes du deuxième étage qui était donc l'entrée de la Chambre. Il semblerait qu'il ait été sous le charme d'un sortilège lancé par l'héritier de Serpentard avec l'ordre de garder l'entrée de la Chambre des secrets.

L'Impero sans doute, réalisa Aurélia. Evidemment, cela faisait plus sens.

- Vos amis sont tous dans la salle commune. Vous allez maintenant rester ici et vous reposer.

- Je vais bien, dit Aurélia d'une voix morne. Occupez-vous d'Elisa.

- Vous allez dormir, jeune fille, insista Pomfresh. Vous avez vécu un choc et vous devez laisser votre corps reprendre son rythme !

- Je vais bien, répondit Aurélia en haussant le ton.

- Miss Ruva.

- LACHEZ-MOI ! JE VOUS DIS QUE JE VAIS BIEN ! ON S'EN FOUT DE MOI, craqua Aurélia. JE N'AI RIEN ! ELISA, COLIN, JUSTIN EUX SONT DANS LA MERDE ! JE N'AI RIEN !

Elle plongea sa tête entre ses mains. Sa bibliothèque avait reçu une secousse dantesque. Cette fois, l'océan était déchaîné.

- C'est ma…

- Elisa ! s'écria Harry

Aurélia leva les yeux et rencontra le regard brun d'Elisa Bishop qui la regardait comme s'éveillant d'un long rêve. La Gryffondor se leva tremblante et lui effleura la main le regard embué par des larmes naissantes :

- Que… Que s'est-il passé ? demanda Elisa.

- Sérieusement Bishop, tu auras ma peau, répliqua Aurélia d'un sourire sous ses larmes qui coulaient le long de son visage.

Puis Aurélia s'évanouit et se vit rattrapée par Harry qui était juste à côté d'elle.

.

.

oOoOoOoOo

Plus tard, Aurélia se réveilla dans l'infirmerie alors que le soleil perçait à travers les rideaux de la salle. Elle se tourna et tomba nez à nez avec sa mère qui la regardait avec un mélange de colère, de fierté et d'inquiétude :

- Ma… Maman ?

- Un Basilic Aurélia ? Vraiment… Mais comment as-tu pu ? Et as-tu pensé à ? UN BASILIC ? VRAIMENT ?

- Allons, allons, sourit légèrement Victorien Ruva à ses côtés. Bon sang ma fille, ne peux-tu pas passer une année sans risquer ta vie inutilement ? Est-ce trop demander ?

- Que faites-vous ici ?

- Le professeur Mcgonagall nous a appelé, dit Victorien en lui prenant la main. Tu nous as inquiétés, crevette.

Aurélia sourit légèrement et vit alors Louis au pied de son lit qui était pâle comme la mort, mais très soulagé :

- Est-ce que tu sais ce que ça fait de recevoir un elfe de maison qui apparait avec mon glisseur tout en m'expliquant que tu es allée TUER un serpent géant ?

- Alors le contexte est légèrement différent…

- Tu as bon dos de faire des blagues maintenant !

Aurélia s'esclaffa un peu, le poids qu'elle ressentait avant de s'évanouir s'était envolé. Sa bibilothèque était un peu plus ordonné et l'océan plus calme… Elle reprenait le contrôle. Elle se tourna alors vers Elisa qui discutait avec mère et Draco plus loin dans les bras da sa mère. Aurélia soupira. Elle n'était pas vraiment blessée, son bras était presque intact, la coupure ayant été faite par la magie noire. Doucement, elle se dégagea de la couverture :

- Miss Ruva, l'interrompit l'infirmière Pomfresh. Ou comptez-vous aller ?

- Mon dortoir ? Je suis fatiguée et les examens sont dans quelque jours ?

Les parents d'Aurélia sifflèrent en chœur.

- Tu ne vas certainement pas rester ici ! et très franchement les examens seront certainement annulés !

- Mais… Maman, je vais bien !

- J'en jugerais ! Tu m'as entendue !

Aurélia hésita, elle tourna encore sa tête vers Elisa, et finalement croisa son regard avec elle. Elisa lui adressa un petit mais tendre sourire. Peut-être que c'était ce qu'il fallait à Aurélia Ruva. Un petit signe que tout allait bien.

Aurélia pris alors la main de ses parents et son petit frère l'étreignit sans rien dire.

- Je vais bien promis-t-elle. J'ai encore quelque chose à faire qui ne mettra pas ma vie en péril, ajouta-t-elle en caressant les boucles de Louis. Je vous le promets.

Les parents d'Aurélia hésitèrent mais avec un soupir la laissèrent partir. Ils la verraient dans quelques jours. Tout irait bien d'ici là.

oOoOoOoOoOo

Après avoir risqué sa vie dans une chambre quasi-centenaire mettant en scène une arme de destruction massive et un mage noir en devenir mégalo, les examens auraient été une véritable promenade de santé. Aurélia était tellement relaxée, qu'elle pensait pouvoir exploser son record de bonnes notes, et même réussir à rendre une rédaction acceptable pour l'Histoire de la Magie.

Mais les exams furent annulés au retour de Dumbledore, apparemment l'année avait été trop chaotique pour permettre la tenue de ces examens. Les BUSES et les ASPICS avaient été repoussés, ce qui fit soupirer de soulagement les amis plus vieux d'Aurélia.

Les élèves vinrent la voir pour les détails suite au départ d'Elisa qui elle était rentrée chez elle pour se reposer, et vraiment Aurélia ne la blâmait pas.

Elle apprit plus tard d'Elisa elle-même via la cheminée portative, que Malefoy l'avait coincée en lui disant qu'il avait quelque chose d'important à lui dire puis l'avait stupéfixée et trainée aux toilettes du deuxième étage. Une fois réveillée, elle se rendit compte que c'était Lockart qui l'avait soulevée, cassée sa baguette et jetée dans la chambre, manipulé par Malefoy/Tom après avoir assommé Sinistra. Après, Valérian, Quentin et Méphisto étaient arrivés avant qu'elle et Harry ne débarquent avant que le professeur puisse modifier la mémoire du professeur Sinistra. Le combat fut rude mais à terme, le professeur Flitwick arriva alors que Valerian avait réussi à assommer Lockart qui fut un décent combattant sous Impérium.

Sous le véritaserum administré par Rogue, ils furent au courant de la vérité et enfin… Lockart fut arrêter pour ses nombreux méfaits. Son procès aurait lieu mi-Juin.

Une fois dans la chambre Elisa avait utilisé un rituel en allemand pour libérer Malefoy de l'emprise de Jedusor et réussit à l'évacuer mais Tom reprit vite l'avantage avec la baguette de Draco... et la suite Aurélia la connaissait.

La rumeur de ce qu'il s'était passé dans la Chambre fit trois fois le tour de l'école. Aurélia fut regardée d'une façon nouvelle. Avec respect, avec admiration, avec crainte… Mais cela ne lui faisait rien, en fait elle préférait même quand on la prenait seulement pour la cinglée de service. Et elle détestait qu'Elisa soit passée sous silence. C'était Elisa qui avait utilisé un sort en allemand pour sauver Draco. Aurélia ne se sentait pas du tout comme une héroïne. Elle avait failli mourir, ses coups avaient failli faire mourir Elisa et Harry ? C'était un gosse de treize ans. Ce n'était pas à lui de gérer ce genre de conneries. Elle avait planté. Et elle s'en voulait énormément pour ça. Le pire aurait pu arriver. Elle n'avait pas été assez forte, assez stratège, elle devait travailler sur ça… car les années précédentes seraient pires.

Alors Aurélia resta plutôt seule lorsqu'elle fut sortie l'infirmerie pendant trois jours. Elle fit acte de présence aux cours, aux clubs, elle était à présent à nouveau en expérimentation en Alchimie.

« - Roy.. ?

Le président serpentard, révisait son épreuve d'Alchimie (car c'était sans doute ce qu'il visait comme métier à long terme), leva sa tête pour rencontrer Aurélia qui se tortillait les doigts devant lui, pas très à l'aise. Embarrassée.

- Je vou… Je voulais te remercier.

Les autres membres du club présent, dont Jean, Lisa, Ruth ou Kain se turent un instant alors qu'ils étaient eux-mêmes en pleine révisions ou expérimentations.

- Tu as été assez punie et puis je t'avais dit que ta suspension était temporaire, répondit Roy d'un ton égal.

- Pas pour ça, répliqua Aurélia en le regardant droit dans les yeux. Tu m'as sauvée la vie. Je suis debout grâce à toi.

Aurélia se gratta la joue mal à l'aise.

- Le miroir réfléchissant de magie que tu as créé ? Ce bouclier est ce qui a permis à moi et à Harry de rester vivants… ça nous acheté du temps pour qu'on puisse le tuer avec le coq… Tu… Merci.

Roy croisa ses mains et posa ses coudes pour regarder Aurélia droit dans les yeux.

- Tu réalises donc mon vrai génie alors que tu allais risquer ta vie inutilement ?

Aurélia lui répondit avec un rictus.

- Absolument.

Jean laissa échapper un petit rire alors qu'Aurelia croisa ses bras. Elle avait encore quelque chose à dire

Elle soupira :

- Je pense que l'alchimie pourrait être plus que de simples expérimentations dans un labo, la pratique de nos découvertes et expérimentation de transmutations peut mener à l'utilisation de la magie de façon différentes et vraiment pérenne. Nos baguettes ne sont pas les seuls médiums à notre disposition.

Un silence passa entre les élèves.

- Peut-être.

Aurélia sourit légèrement. Peut-être était déjà beaucoup dans la bouche de Roy Ackerley. Peut-être était une promesse.

Jean siffla avec un sourire alors que Lisa secoua la tête. Roy n'allait plus vraiment s'arrêter de taquiner cette gamine maintenant.

Le reste du temps, Aurélia le passa en se promenant les pieds dans l'eau au Lac, à travailler sur son mental qui sera certainement son point faible lors des prochains affrontements qu'elle aura à gérer. Elle avait craqué de façon ridicule à l'infirmerie, et personne n'était mort. Il faudra être bien plus solide à l'avenir se disait-elle en faisant des ricochets.

Elle évita aussi Harry, elle ne savait pas vraiment comment expliquer ce qu'elle savait. Comme ce qu'elle avait dit à tout ses amis proches mais… Harry était bien plus proche d'Elisa et elle pensait que c'était plus logique que la Poufsouffle lui donne l'autorisation d'en parler à Harry.

Elisa lui donna mais donna une condition, qu'Aurélia en parle pendant les vacances d'été, en visite chez les Bishop. Aurélia accepta sans attendre, cela lui allait. Elle avait trop à penser juste avant de parler au protagoniste. Elisa l'avait aussi informée qu'elle avait récupéré les crochets du Basilic. Ce qui était une très bonne nouvelle car Aurélia voulait manipuler le poison et créer les armes. Il y avait peut-être quelque chose à faire en Alchimie avec…

Les émules des histoires avaient envoyé beaucoup de courrier. De Morgan qui lui avait envoyé une beuglante en plus de Suzie. Une lettre de Bill était remplie d'inquiétude qui lui fit baisser la tête d'honte. Charlie était plus échauffé mais Gilbert était plutôt curieux. D'ailleurs, les dernières idées commerciales d'Elisa fit penser à Aurélia qu'elle voulait sans doute créer un cinéma sur le chemin de Traverse. Le garçon, ancien Serdaigle travaillant au Département de la Justice dont bien au fait des lois, accepta de la voir pendant l'été pour parler de ce projet. Ce n'est pas comme si Aurélia voulait plonger sa tête dans des lois de propriété complexe, mais au moins cela lui changerait les idées.

Puis finalement le philtre régénérateur avait été administré aux élèves pétrifiés. Colin fut accueilli tel un héros dans la salle commune et par une étreinte commune par tout le groupe des Gamins. Aurélia incluse…

Hagrid était revenu, l'adorable garde-chasse avait été accueilli par les Gryffondors avec enthousiasme. Dumbledore était aussi revenu aux responsabilités. Cela ne lui fit ni chaud ni froid… seulement du dégoût. Elle détestait que cet homme ait le toupet de sourire comme si ne s'était rien passé. Comme si Elisa, elle et Harry n'avaient pas failli mourir suite à sa négligence. Peut-être qu'elle exagérait, peut-être que Dumbledore n'était pas responsable de tout, mais il était le référent et l'adulte. Elle était une gosse. Pas une guerrière et pourtant elle devra le devenir.

Elle devra sans doute tuer pour protéger ceux qu'elle aime. Avant elle le voyait, elle le constatait, elle touchait l'idée.

Maintenant, elle le savait.

Aurélia profita alors de ce repos (enfin presque car les cours continuaient et Rogue n'avait pas la tête à être laxiste), pour faire des séances plus fournies du CDS. Sa nouvelle popularité attira encore plus d'élèves intéressés à le rejoindre l'année d'après, sous le bonheur absolu de Quentin.

Celui-ci se remettait d'ailleurs de l'agression de Lockart, ou plutôt ne voulait pas en parler, car il était témoins au procès de Lockart avec le professeur Sinistra, Valerian et Méphisto. Aurélia savait qu'Elisa était aussi un témoin à charge… et elle eut le résultat de procès par l'Agent Grattouille venu rendre visite à Trisha… EN plein déjeuner :

- Lockart a été condamné à Azkaban, disait la voix scandalisée d'Elisa, il a avoué avoir attaqué une cinquantaine de sorciers tu te rends compte ? C'est à se demander comment Dumbledore les embauche ces clowns-là ! Cinq gallions que l'année prochaine on a un vampire ou un loup-garou !

Aurélia manqua de s'étouffer avec son eau, car évidemment l'allusion à peine marquée à Lupin était parfaite. Bon sang, il serait peut-être l'un des meilleurs profs de défense de leur scolarité ! Il ne fallait pas déconner Elisa !

Mais la tête déconfite de Dumbledore et les rires de la salle, la fit sourire aussi. C'était bien joué.

Puis les vacances furent déclarées plus tôt ainsi que le banquet de fin d'année… Alors Aurélia se planta devant le Trio Rouge les bras sur les hanches :

« - Je vous rappelle qu'on a quelque chose à faire avant qu'on parte.

Un silence morne lui répondit. Aurélia haussa un sourcil. Le Trio n'allait pas vraiment bien en ce moment. Elle pouvait le comprendre, elle-même sortait du même état d'esprit. Certes elle avait fait ce qu'elle faisait le mieux pour gérer son retour à la normale, mais cela travaillait encore Quentin ou Phil.

Teddy était le seul qui n'avait pas été touché par la violence extrême de la fin d'année, et cela le rendait anxieux. Car il ne pouvait pas aider ses amis, trop hors de leur bulle et de leurs conversations muettes. Il était frustré. Que faire quand on ne comprenait pas ?

Quentin soupira et répondit, les yeux mi-clos alors qu'il faisait l'inventaire final du trafic :

- Tu sais je voudrais bien me reposer, Auré. Cette année a été épuisante et mon cœur mené à rude épreuve notamment depuis le déclenchement du plan Dragon.

Le plan Dragon… Quand Aurélia et Quentin en avait parlé, c'était une ultime carte. La carte du tout donner et tout risquer. Aurélia avait un sac rempli de potions, ainsi que tout ce qui pouvait l'aider. Et elle y allait avec le soutien du Trio ou du moins du meilleur combattant, Méphisto.

Mais les choses ne se sont pas passées comme prévues… Et Aurélia voyait sur les visages faussement souriants de ses amis qu'ils étaient encore choqués… Surtout Méphisto et Quentin qui avaient été témoins de la violence de l'impero et Lockart.

- On va bien vous savez, murmura-t-elle.

- Mais ça aurait pu mal finir, siffla Méphisto.

Aurélia les regardait. Quentin compartimentait. Méphisto affrontait en silence. Teddy y réfléchissait. Et elle…

Elle normalement enterrait… Mais pas cette fois.

- Il y aura des souterrains partout, cita-t-elle en regardant Teddy.

Celui-ci leva sa tête vers elle.

- Combien en aura-t-il ?

- Beaucoup. Dit Aurélia avec honnêteté. Plus complexes.

Les trois garçons se regardèrent.

- Chaque année depuis que tu es là on en finit au même point, soupira Teddy Mint. On dirait qu'on n'a pas le choix messieurs.

- A la vie, A la mort, dit Méphisto en regardant Aurélia droit dans les yeux.

Aurélia sentit ses poumons se compresser. Elle tourna la tête lentement vers Quentin qui ne soupira pas, qui ne détourna pas son regard qui la regarda.

- Jusqu'au bout. »

oOoOoOoOo

« - Vous pouvez tous enlever vos bandeaux ! s'écria Aurélia.

Les Aces et Roy qui avait invité enlevèrent leurs bandeaux. Ils découvrirent complètement choqués un véritable labyrinthe. Des murs hauts séparaient des couloirs qui se coupaient et recoupaient, de la brume empêchaient qu'on voit à un mètre, de la musique rock pulsait de n'importe où. La voix d'Aurélia résonnait mais elle était introuvable.

- Bienvenue au Survival ! La règle est simple ! le but du jeu est de survivre ! Il y a des cachettes pour se cacher, nous avons droit à tous les sorts sauf impardonnables ! Si vous êtes K.O ou désarmés vous êtes out ! Et droit aux coups de poings !

- GENIAL, hurla la voix de Tae Hyun !

- Par les couilles de Merlin, on ne voit absolument rien, s'exclama la voix de Jane.

- Janie ? cria la voix hilare d'Izzie, tu es où ?

- SI tu crois que je vais te le dire !

- Mais où avez-vous trouvé cette salle ? demanda Jean complètement dépassé. C'est incroyable !

- Je sens qu'on va bien s'amuser, ricana Vivian Eris.

- VIVIAN EST LA ? PUTAIN LES GENS ON VA MOURIR ! hurla la voix de Phil. Childéric, mon gars, t'es là ?

- Ou.. Ouais ! Qui est là ?

- Tous les Aces sont là, gronda Melissa, ça suffit ! Arrêtez de parler ! je veux entendre le signal de départ !

- Ce jeu est dans mes cordes, siffla Quadra.

- Non mais franchement est-ce que je peux abandonner ? demanda Chuck Gambit en soupirant. Quadra va gagner haut la main, est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

- Rien n'est joué, sourit légèrement Keiran Payne. Les dés ne sont pas jetés. Le sort est…

- On a compris marmonna Roy. Bon sang pourquoi je suis là moi ?

- Car c'est grâce à toi qu'on a survécu face au serpent géant, dit Aurélia, considère ça comme un cadeau !

- UN CADEAU ? ON VA REVOIR LA DEFINITION ENSEMBLE SI TU LE VEUX BIEN AURELIA !

- TU participes demanda Lisa Hawking ?

- Ouais ! Quentin et Teddy sont les juges, je ne suis qu'une messagère. Il nous regarde tous en haut. Coucou Quentin !

En effet les Aces quelque soit leur position virent une petite lueur s'agiter dans les airs.

- A mon signal, dit Quentin, quand vous l'entendrez la brume va disparaitre. Puis elle reviendra de façon intermittente pour pimenter le jeu. Quand Teddy dit que vous êtes out. VOUS ETES OUT. Je ne permettrais pas de- NON ZEPHYR !

Quentin se coiffa avec sa main et sourit largement.

- Etes-vous prêts bande de cinglés ?

- Ne me mets pas dans le panier, renifla Melissa en souriant.

- Meli-Melo, je vais te trouver et te sortir directement, siffla Valerian.

- Bonne chance Valalou.

- ET TOP ! C'est parti !

Alors, que Quentin lançait le jeu, la chanson Blitzkrieg Bob hurla. Aurélia frétilla sur place, elle adorait cette-

- J'adore cette chanson, hurla Izzie West déclenchant les rires.

Mais les sons se turent tout de suite après cet éclat, car le jeu avait commencé ! Les Aces, Aurélia et Roy s'élancèrent dans le labyrinthe. En courant à travers les allées, sa baguette en avant la jeune fille, avait le sourire et rigolait en silence.

Ils avaient passé une heure à faire le labyrinthe en demandant à la Salle sur Demande de s'élargir et créer des passages compliqués QUI CHANGEAIENT tout le temps ! Des murs disparaissaient d'autres, réapparaissaient, se déplaçaient contrôlés par Quentin. Le garçon était le maître de la Salle sur Demande, qui répondait à sa volonté. Puis c'était Teddy qui balançait des potions fumigènes partout dans la salle qui faisait le double d'une salle de classe classique.

Un rayon rouge manqua de la toucher. Aurélia se jeta par terre :

- Incarcerem pasalmodia-t-elle !

Autant partir à la pêche ! Un son étouffé lui répondit, elle tira fortement, et tomba sur Childéric Gowen a qjui elle avait attrapé le bras !

- Je t'ai eu, rigola-t-elle !

- Que tu penses, Rictusempra, réussit-il à lancer.

- Protego ! FLASHBANG ! Confringo !

- HEY UNE EXPLOSION ? Cria Childéric sur un ton outré, c'est réglementaire ?

- Absolument résonna la voix de Quentin.

- Experlliamus, lâcha Aurélia en le visant.

- Childéric out !

- C'est pas du jeu !

- Et pourtant oui ! dégage de là !

Childéric gronda mais leva les bras et partit la tête haute. Aurélia rigola et continua à courir dans les galeries sous le son des Clash, Should I Stay or Should I go ? C'était encore mieux qu'une partie de laser game !

La partie de Survival, dura une heure, Aurélia dura vingt minutes, sortie par Quadra qui s'était glissée derrière elle et lui avait lancée un sort de chatouillis qui la fit s'écrouler de rire.

Puis Melissa, Roy, Quadra, Valerian et Vivian furent les derniers… Rapidement Roy se vit sortir, mais il avait bien duré. A quarante minutes de jeu, Vivian, Quadra et Melissa furent les restantes. Valérian avait été sorti par Vivian qui lui avait jeté un sort furtif pour l'assomer alors qu'il se battait avec Melissa.

Quadra et Vivian étaient les dernières….

Et Quadra remporta le trophée.

« - Vous voyez grommela Chuck. Pourquoi on a participé ?!

- L'année prochaine, je gagnerais dit Vivian !

- Tu rigoles ? renvoya Chuck en fronçant les sourcils. Je vais te faire la peau ! »

Le groupe éclata de rire et alors qu'ils sortirent de la salle sur demande avec les bandeaux sur les yeux (OUI TOI AUSSI ZEPHYR !) et partirent boire de la biéraubeurre offerte par le trafic dans la salle du CSD. C'était parfait, les Aces étaient vraiment devenus camarades, même s'ils étaient tous de maisons différentes… Même Mélissa tenait à Valerian le Gryffondor.

D'ailleurs…

« - Je voulais te demander… je voulais vous demander si vous pouvez m'entraîner pendant les vacances, si vous le pouvez… ?

Aurélia s'était mise devant Melissa, Valerian et Quadra. Serdaigle, Serpentarde et Gryffondor la regardèrent avec surprise. Enfin Valérian avec surprise. Quadra était curieuse et Mélissa haussa un sourcil :

- Je veux être forte. J'ai besoin d'un entraînement dur, sans chichis qui me rendra difficile à battre, expliqua Aurélia.

Quadra se gratta le visage :

- ça va être compliqué avec les examens décalés et ceux pour intégrer la formation des Aurors… pas vrai Val ?

- Je peux essayer de venir le weekend, proposa Valérian. Mais Aurélia tu es déjà très avancée pour ton âge, tu ne devrais pas griller les étapes.

- Je ne suis pas assez coupa Aurélia. J'ai failli mourir en bas !

Certains Aces entendirent les mots d'Aurélia. Valérian pencha la tête en avant, Quatra fronça les sourcils comme Mélissa qui restait muette.

- Que s'est -il passé au juste ? demanda Quadra.

- Un basilic a essayé de me buter.

- Et un élève a été possédé, certainement, mais j'ai vraiment l'impression que tu laisses une information de coté. Plutôt importante, insista Quadra.

- Quadra…

- Non. Si tu veux que je fasse de toi un as du tapinois, il va falloir parler un peu Aurélia. Je ne donne ma confiance qu'à une poignée de personnes et si tu veux en faire partie, il me faut des garanties.

Très franchement Aurélia hésita. Elle jeta un coup d'œil à Mélissa qui la jugeait profondément, mais Quadra suivit son regard :

- Je me porte garante pour elle.

Valérian restait silencieux mais le regard était perçant. Le Gryffondor était déjà une légende, mais maintenant, il était surtout devenu un adulte, confronté au pire d'un homme sensé les protéger. Sans doute qu'Aurélia compris ses sentiments, les ressentant cette fois plus que de raison. Elle baissa alors la voix :

- Le journal était un artefact de magie noire qui a été ensorcelé par l'héritier de Serpentard qui a possédé Malefoy après Bishop. L'élève s'appelait… Jedusor.

Elle disait la vérité. En passant en silence des précisions. Elle ne pouvait pas faire plus pour le moment. Quadra le sentait bien, mais… cela lui suffit.

- Je passerais les mêmes weekends que Valérian.

Aurélia sourit largement, rassérénée et déterminée.

oOoOoOoOo

Le lendemain matin était finalement la dernière journée de cours, qui se passa au ralenti, entre rigolades, jeux et finalement, le banquet de fin. Dumbledore prononça son traditionnel discours de fin d'année qui fit lever les yeux au ciel d'Aurélia qui ne le regardait même pas. Après tout, c'était un discours entendu et ridicule. Même si le Basilic avait été tué, et les victimes étaient réveillées, des élèves comme Gavin ou Brandon Angel n'allaient jamais revenir. Ce monde, cette école normalement sensée être sauve était un piège à cons et une machine à créer de la mort et de la souffrance. Un vivier de guerriers pour un camp ou un autre. Si Aurélia écoutait son ambition qu'elle avait tué par nécessité elle prendrait elle-même le pouvoir. Pas de Dumbledore et son immobilisme, pas de Voldemort et son futur qui ne promettait que destruction.

Aurélia soupira. Encore heureux qu'elle n'était pas une obsédée du pouvoir. Ce n'était pas elle, elle ne visait pas le haut du panier, elle voulait juste vivre selon ses propres termes et que le reste du monde soit sauf.

Finalement Dumbledore toussota encore, ce qui marqua la fin de son discours et passa à la distribution des points de dernière minute, qui était en passe de devenir une tradition sachant que l'école était devenue le terrain des futur Hunger Games (sarcasme) :

- A Mr Quentin Martins, Méphisto Pinto et Valérian Wills, je donne 50 points chacun pour le courage et le sang-froid dont ils ont fait preuve pour avoir secouru le professeur Sinistra.

Le professeur Sinistra avec ses longs cheveux noir corbeau hocha la tête en approuvant. Les trois garçons se regardèrent. Lulu embrassa Valérian sur la joue, Quentin était sans voix, Méphisto normalement blagueur ne montrait aucune émotion alors que la tablée des Gryffons applaudissait à tout rompre.

- A Miss Elisabeth Bishop, je donne soixante points pour avoir fait preuve de discernement et de courage en sauvant un de ses camarades.

La tablée des Poufsouffles applaudit cette fois, Aurélia leva les yeux vers le plafond. Les bannières étaient encore noires et jaunes. Elle sourit légèrement, ils méritaient largement leur victoire, en particulier Elisa.

- A Mr Harry Potter et Miss Aurélia Ruva, je leur donne à chacun soixante-dix points pour avoir secouru leurs camarades, en bravant le danger et leur administrant les soins nécessaires.

Aurélia tourna sa tête si vite vers le directeur que son cou craqua sous le mouvement. Pardon ? Avait-elle bien entendu ?

- On a gagné, comptait les élèves autour d'elle en comptant largement. On a gagné !

- Oh putain de…

Mais le langage châtié d'Aurélia se vit coupé par le changement de couleur des bannières, sous les exclamations de la tablée des Gryffondors qui lancèrent leur chapeau en l'air. Elle se laissa tomber la tête sur les mains, en laissant échapper un râle désespéré. Quelle victoire ? Elle l'avait volée là ! Elisa méritait de gagner avec sa tablée ! Harry et elle avait pu intervenir car elle avait préparé le chemin ! C'est une énorme blague !

Tout le monde lui touchait l'épaule et la pointait en criant son nom et celui d'Harry pourtant. Mais il n'y avait aucun sourire de la part d'Aurélia. Elle avait envie de vomir.

- Quelle blague, marmonna-t-elle.

- Tu m'étonnes, lâcha une voix masculine à côté d'elle.

Aurélia tourna sa tête et rencontra le regard ombrageux de Méphisto. Ils se regardèrent pendant un court instant et d'un soupir commun préférèrent regarder ailleurs. Vraiment, Aurélia voulait vraiment se…

- Je me casse, souffla Méphisto. Tu veux venir ?

Aurélia le regarda et voulu répondre alors que le banquet commença, les victuailles venaient d'être servies et les deux ados pouvaient partir en effet alors que l'attention de beaucoup était sur les mets servis sur les longues tables en bois.

- Pars après moi, murmura-t-elle.

Elle se leva tout de suite après en prenant son sac, Ginny lui lança :

- Tu vas où ?

- Toilettes.

La rouquine roula des yeux pas dupes mais se contenta de repartir se restaurer. Aurélia sortit de la Grande Salle rapidement.

Puis elle s'adossa dans le couloir en soupirant. Méphisto vint la rejoindre quelques minutes plus tard. Elle agita sa main vers le garçon qui la rejoignit.

- Cuisines ? »

Méphisto et Aurélia allèrent très rapidement en cuisine où un elfe très serviable leur fit deux sandwiches au poulet avec des gâteaux, des fruits et une bouteille fermée en verre d'eau dans le sac extensible d'Aurélia. Les deux Gryffons les remercièrent puis partirent direction la Tour d'Astronomie… après un petit crochet au QG du traffic où Aurélia piqua une bouteille de Whisky Pur Feu et deux verres.

Les étoiles brillaient parfaitement en cette nuit d'été. Méphisto et Aurélia se restaurèrent en parlant de tout et de rien, rigolant même, essayant d'oublier un court instant cette honte qui leur étreignait l'estomac. Aurélia leur versa un verre chacun de Whisky et Méphisto sortit un paquet de cigarettes de sa poche, ce qui surpris Aurélia au plus haut point :

- Tu fumes ? Toi ?!

- Valérian fume. En traînant un peu avec lui après les CSD, il m'a filé quelques clopes, dit le garçon en s'allumant une cigarette qu'il garda à la bouche. Je ne te demande pas si tu en veux une ?

- Vaut mieux pas, souffla Aurélia. J'ai tendance à être sensible à toutes les substances, une fois que j'en prends une, je vais pas arrêter.

- Et c'est une mauvaise chose car… ? lança Méphisto narquois.

Aurélia roula les yeux, en secouant la tête, et pris une cigarette du paquet.

- Incendio, dit-elle en faisant apparaître une petite flamme par terre.

Elle alluma sa cigarette comme Méphisto et lâcha quelques volutes de fumée.

- Je suis définitivement une délinquante apparemment, se dit Aurélia à voix haute en tirant une bouffée.

- On dirait que tu as fait ça toute ta vie, s'esclaffa Méphisto.

Aurélia lui répondit d'un rictus.

- Peut-être.

- Hm. Toujours beaucoup trop de mystère autour de vous, Miss Ruva. Cela m'intrigue.

- Qui parle ? Phil ou Méphisto ?

Le sourire du garçon glissa de son visage immédiatement. Sans un seul autre mot il s'adossa au mur et remis en place sa cape de sorcier.

- Quelle différence ?

- Une énorme, dit Aurélia. Je n'ai pas vraiment vu « Phil » depuis quelques temps… Depuis que je me suis réveillée à l'infirmerie.

- Faire semblant m'énervait.

- J'imagine bien, Méph.

Méphisto se tourna vers Aurélia avec à la fois un éclair de colère ou de douleur dans les yeux.

- Tu m'as contaminé tu sais ?

Aurélia déglutit.

- A quel niveau ?

- Tout ça ? C'est de la merde. Il allait jeter l'avada sur moi si Valérian n'était pas intervenu. J'ai failli mourir. Dans cette école où ma mère m'a dit qu'elle était l'endroit le plus sauf de Grande-Bretagne. Quel putain de mensonge.

Il donna un coup de pied au mur, énervé. Aurélia en sursauta un peu. Elle ne l'avait jamais vu comme ça.

- Quentin s'enfonce dans le déni. Teddy ne dit rien, continua-t-il. Mais toi et moi… On sait à quel point tout c'est… du chiqué.

- Tu ne devrais pas trop m'écouter, lâcha Aurélia.

Méphisto leva un sourcil alors qu'Aurélia s'approcha de lui.

- Ne m'écoute pas. Méphisto… Tu es la personne la plus positive que je connaisse. Si tu perds la foi, je n'en gagnerais jamais. Je sais… que j'ai tendance à beaucoup crier et agiter mes bras… Mais ne me laisse pas te désabuser. Tu n'es pas toi comme ça. Tu es bien meilleur que moi.

- Mais tu as raison, insista Méphisto. Tu avais raison depuis le début ! Le danger était en face de nous et…

- Il y aura toujours des souterrains, psalmodia-t-elle. Teddy l'avait dit et c'est vrai. Il y aura toujours du danger, des erreurs, des surprises, des moments qu'on ne contrôle pas…. Mais ce n'est pas grave car l'important c'est… On ne peut pas contrôler le monde mais on peut contrôler comment y réagir.

- C'est pour cela que tu as demandé à Valérian de t'entraîner ? souffla Méphisto.

- Oui.

Le garçon la fixa pendant un instant. Il semblait hésiter sur une autre question, mais Aurélia l'attendait. Elle était assez patiente pour comprendre la crise existentielle de son meilleur ami.

- Tu sais quand tu es revenu… avec le bras blessé… murmura Méphisto…

Il pencha la tête en arrière et regarda les étoiles sans rien dire d'autre. Aurélia s'inquiéta et lui toucha le bras, mais Méphisto semblait être perdu dans des souvenirs très sombres :

- Mon père s'est fait tuer par les sbires de Tu-Sais-Qui Auré. Ma mère ne s'en est jamais remise.

Aurélia retint sa respiration, Méphisto ne parlait jamais de sa famille. Notamment de son père. Elle savait déjà que la tragédie avait frappée Myfawny Pinto, mais son fils… il gardait l'air bravache en temps normal.

- Et maintenant, tout est sur le point de recommencer non ? dit-il en tremblant.

- Que… Qu'est ce que tu dis ?

- Aurélia, ne me prend pas pour une bavboule. Tout s'est détraqué à partir du moment où Harry Potter est arrivé dans ce château et on sait tous qui voudrait sa peau. De plus ma mère est exceptionnellement captivée aux murmures qui circulent dans les couloirs du Ministère de la Magie. On sait qu'il n'est pas mort, il n'y a que les petits politiciens comme Fudge qui croient qu'il l'est car ils se voilent la face aussi…

Méphisto regarda Aurélia droit dans les yeux cette fois, avec le regard sombre et dur.

- Mon père bossait pour l'Ordre du Phénix. Il n'était pas un membre à part entière mais un de leurs informateurs. Il est mort pour leurs idéaux. Il est mort pour la résistance.

Aurélia en eut le souffle coupé.

- Les Aces, dit-il, le Survival, ton entrainement… tu t'apprêtes à te battre. Et on ne pourra rien faire pour t'en empêcher.

Un silence lourd se développa entre les deux jeunes gens. Aurélia tremblait comme une brindille alors que Méphisto arborait un regard qui semblait froid mais… son regard changea dans une lueur un peu folle de chagrin, de peur, une pointe de désespoir.

- Aurélia. Je ne peux pas te perdre comme mon père, est-ce que tu comprends ?

Méphisto mit ses deux bras sur les épaules de la tempête violette qui le dévisageait sans voix.

- Je… D'accord.

Méphisto la fixa. Il ne pouvait pas ignorer le mensonge qui existait. Aurélia irait à la bataille. Il ne pourrait pas la retenir. Il ne pourrait pas la protéger, la seule façon de faire en sorte qu'elle reste et de partir avec elle. De se battre avec elle.

Et c'était son destin. C'était ce qu'il avait choisi en âme et conscience, depuis le jour où il s'était assis devant elle au déjeuner et avait donné son prénom. C'était le jour où il avait tendu sa main.

Parfois, il regardait Aurélia et Elisa parler ensemble, et il tournait sa tête vers Trisha et Cédric. Trisha bouillonnait de jalousie, car les deux élèves étaient dans une bulle qu'elle ne pourrait jamais comprendre mais Cédric… Méphisto se reconnaissait en Cédric.

Une loyauté sans failles. Il suivrait Elisa jusqu'au bout même en sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas la suivre partout. Même en sachant qu'Elisa ne leur dit pas tout.

Et c'était la même chose du côté de Méphisto. Quentin était plus détaché, Teddy était possessif mais lui… Lui il l'avait choisie comme son centre de gravité.

Même s'il n'était pas celui qu'elle choisirait. C'était donc tout cela que Méphisto avait dans sa tête alors qu'il se pencha vers Aurélia et l'embrassa fiévreusement.

Aurélia ne comprit pas ce qu'il se passait sur le moment, paralysée comme voyant ce qu'il se passait de l'extérieur de son corps quand Méphisto lui déposa un baiser sur ses lèvres. Le vide. Complet. L'incompréhension. Et avant qu'elle puisse comprendre ce qu'il se passe, Méphisto s'était déjà détaché et regardait la jeune fille bouche bée la regarder comme si elle s'était fait renverser par un Magicobus.

Cela le fit éclater de rire. Aurélia reprit ses esprits dès que la voix du lion la tira de sa nébuleuse :

- Mais .. !

- Ta tête !

- Ce… ce n'est pas drôle ? C'était une blague ?! Je vais te tabasser Méphisto !

- pas besoin, dit le garçon en levant ses mains. Ce n'était que… comme ça.

- COMME ça ?

- Vraiment Auré. Ne t'inquiète pas. Rien n'a besoin de changer. Tu n'en as pas envie et je ne te ferais jamais choisir.

Aurélia voulut dire quelque chose mais s'interrompit alors que Méphisto la regardait avec un énorme sourire jusqu'aux oreilles. Il arborait une expression réjouie, joyeuse et plutôt libérée. Aurélia ne comprenait rien, elle ne savait pas quoi dire.

Mais son ami, préféra lui ébouriffer les cheveux et ce geste lui rappela quelqu'un. Son visage rougit directement. Son corps la trahissait… Elle…

- Allez viens, dit Méphisto Pinto, Rusard va nous faire la peau sinon.

oOoOoOoOo

Finalement, Aurélia fit ses bagages plutôt rapidement, et passa ses dernières heures dans le château à flâner dans les couloirs. Elle passa vite fait au CSD pour tout ranger. Elle remit en place les chaises, agita sa baguette et nettoya la poussière avant de fermer les fenêtres. Puis elle se tourna et sortit de la salle de classe pour tomber nez à nez avec le professeur Dumbledore.

- Ah Miss Ruva, dit Dumbledore en la voyant avec un sourire joyeux, je vous cherchais !

- Pro. Professeur, s'inclina légèrement Aurélia. Que puis-je faire pour vous ?

Elle avait lâché cette dernière parole avec une froideur évidente, mais le vieillard l'ignora sans lui en tenir rigueur.

- Rien du tout, je voulais vous parler hier soir, mais vous aviez disparue plutôt rapidement.

Aurélia se tendit sous le regard pétillant du directeur.

- Je n'étais pas vraiment à mon aise.

- Vraiment ? puis-je vous demander pourquoi sans indiscrétion ?

Aurélia fronça les sourcils, il ne manquait vraiment pas de culot mais elle préféra croiser ses bras.

- Les points étaient peut-être de trop.

Le professeur Dumbledore fut honnêtement surpris. Elle put voir ses yeux s'élargir avant que sa calme attitude reprenne le dessus.

- Vous ne pensiez pas les mériter.

- Je ne les méritais pas, appuya Aurélia. Je n'ai rien fait.

- Vous avez sauvé la vie de votre camarade, Miss Ruva. Cela est bien plus que beaucoup de sorciers peuvent faire.

- Elisa a sauvé une vie, répliqua Aurélia, Elisa a maîtrisé un rituel pouvant sauver le corps ET l'esprit de Draco Malefoy ! Je l'ai frappée, je lui ai fait du mal ! Si Harry n'était pas là, on serait toutes les deux mortes ! J'y suis allée par arrogance, une fois de plus car je croyais mieux savoir que tout le monde, mais j'ai blessé MON AMIE !

Aurélia trembla, elle n'arrivait pas à croire que cela arrivait. Elle avait pourtant gardé son calme mais… Dumbledore l'énervait tellement.

- Miss Ruva… Je comprends que vous vous sentiez impuissante. Mais vous avez fait de votre mieux. Ne pouvez-vous pas être bienveillante avec vous-même ? Personne n'est infaillible.

TU AS DU CULOT, pensa Aurélia d'une telle force qu'elle en serra les dents.

- Je ne serais bienveillante avec moi que lorsque je considérerais que je le mériterais professeur.

Dumbledore arqua un sourcil.

- Pensez-vous réellement que vous ne faites aucune différence ? Miss Ruva, vous avez évolué en l'espace d'une année bien plus que beaucoup en une décennie. Vous avez créé un club, vous vous êtes faits des amis, vous avez été là pour secourir une des vôtres. Vos proches vous aiment, et beaucoup veulent vous écouter. Vous vous êtes améliorée, vous êtes sur la bonne voie.

Il joignit ses mains.

- Comme à chaque fois vous apprendrez de vos erreurs et deviendrez, une sorcière sur laquelle beaucoup de personnes compteront.

Wow. Okay, apparemment elle avait une pression supplémentaire maintenant… Dumbledore la détaillait puis lui adressa un dernier sourire avant de s'éloigner.

Peut-être que Quadra avait raison. Peut-être qu'il était vraiment un vieillard fatigué.

Aurélia secoua la tête en partant à son tour. Non bordel. Elle ne l'accepterait pas.

Le voyage en train se passa rapidement, trop vite.

Aurélia passa tout le voyage à passer de compartiment en compartiment pour voir ses Gamins, les Aces, sa promo… Elle hocha en croisant Harry puis Trisha qui semblait la détester un petit peu moins ( elle ne se faisait pas trop d'illusions). Puis, il eut des bonbons distribués, une sieste sur l'épaule de Teddy qui lisait une bande dessinée, et finalement, ils arrivèrent à destination.

Aurélia sortit avec son carnet rempli d'adresse et une tape sur le dos de Raashid qui avait apparemment définitivement passé l'éponge (un an !) :

- Oui je t'enverrais une lettre promis-t-elle. JE ne pars pas en Barbades cette année, alors je serais plutôt dispo.

Raashid sourit avec enthousiasme.

- Mais attend, c'est parfait, tu habites à Londres ? Y'a un concert d'un super nouveau groupe qu'on m'a conseillé, les places sont pas chères du tout. Tu veux venir ?

- Bien entendu ! Qui ?

- Coldplay… Je dois y aller, ma mère doit m'attendre de l'autre côté, passe de bonnes vacances !

Aurélia le salua puis eut un clin d'œil de Valérian qui passa avec Lulu. Quadra la salua aussi. Roy vint la voir ensuite avec un rictus :

- Tu n'as pas intérêt à foutre le labo d'Alchimie en feu l'année prochaine.

- Pas de risques, répliqua Aurélia. Bonnes révisions.

Les yeux de Roy papillonnèrent mais le Serpentard partit accompagné par Lisa Hawking. Ces deux-là étaient apparemment voisins…

Le Trio partit finalement avec les Weasley qui l'invitèrent à passer la voir pendant les vacances, ce qu'Aurélia promit, mais elle savait qu'ils seraient peut-être en Egypte pour voir leur grand frère… donc à voir.

Finalement, Aurélia transplana avec son père et rentra chez elle…

oOoOoOoOo

« - Cette idée est dingue, dit Gilbert. J'espère que tu en as conscience.

Aurélia se contenta de manger sa glace sur le parvis de Fortarôme en souriant. Cela faisait quelques semaines qu'elle était en vacances et elle n'avait jamais eu des vacances aussi remplies. Entre les entraînements imposés par Valérian et Quadra (qui avaient fait une liste le temps de leurs révisions et examens), les visites à ses amis (Méphisto était en vacances en Irlande et Teddy était parti en Cournouailles), les lettres (notamment à Bill et Charlie)… Bref, beaucoup de choses à faire et sa cousine Robyn venait lui rendre visite en Juillet avec Morgan.

Alors elle prit le temps de voir Gilbert qu'elle n'avait pas vu en deux ans. Le garçon avait grandi et de la barbe poussait sur son visage. Ses boucles brunes avaient poussé et il était très enthousiaste vis-à-vis de l'idée qu'elle lui soumettait. Surtout que le garçon était sang-pur, et que… disons qu'une projection dans le salon d'Aurélia de Star Wars une heure auparavant l'avait convaincu.

- Une salle de cinéma ne serait pas facile à monter ! Il faut des apports financiers pour acheter un local. Des contacts dans le monde moldu pour récupérer les pellicule, l'aval du ministère, un nom de Sang-Pur pour assurer la pérennité de ton projet.

- J'ai, J'ai et j'ai, répondit Aurélia. Il est possible de récupérer les films en faisant une fausse demande en tant que cinéma franchisé, j'ai cherché et il y a un département dans le ministère qui s'occupe des faux papiers moldus ! Pour largent, je peux demander un prêt à la banque et j'ai assez pour le premier acompte. Quant au nom, on a tendance à me rappeler mon ascendance, mais je pensais… à toi.

Gilbert ouvrit les yeux plutôt grands et croisa les bras.

- J'ai un travail tu sais.

- Tu comptes réellement me sortir cette excuse ? Tu détestes ton job Gil.

- Il paie bien !

- SI tu pouvais vivre de runes et d'eau fraiche sans que ton supérieur te crie dessus ? Tu le ferais. Tu peux continuer à les étudier en gérant le cinéma. On peut faire ça en deux mois et lancer les premières projections fin août. Allez ! On peut le faire !

Gilbert sirota son sorbet pastèque et soupira.

- Donne moi un délai de réflexion.

Aurélia grommela mais accepta.

Plus tard, elle alla chez Buttermere. Son frère était friand de ses confiseries et cet escroc avait demandé un sac de pralines pour le prêt de son glisseur. Aurélia gronda, il fallait vraiment qu'elle demande à Elisa de lui faire un prix pour qu'elle lui en construise un… adapté à elle.

Puis en y allant, elle croisa une silhouette familière. Elle soupira et s'approcha de lui avec un faux sourire quand il l'a reconnut :

- Aurélia c'est ça ?

- Nathaniel, c'est ça ? Que fais-tu ici ?

Nathaniel Simpson éclata de rire et se rapprocha d'elle. L'homme portait son uniforme de Briseurs de Sorts et le badge du Ministère qui montrait qu'il travaillait au Ministère. Il était habillé d'une robe de sorcier alors qu'Aurélia ses vêtements moldus, un jean, des converses et un large T-shirt noir. Ses boucles violettes avaient encore poussées et entourait son visage circonspect. Aurélia leva un sourcil alors que le jeune homme la taquinait du regard :

- J'allais au travail vois-tu. Des artefacts à désensorceler.

- Intéressant, dit Aurélia d'un ton dégagé sans trahir qu'elle était vraiment intéressée.

- Mais je finis plus tôt ? tenta Nathaniel

- C'est sensé me faire quelque chose ?

Il répondit d'un sourire charmeur.

- Je voulais te payer une biéraubeurre ou une glace.

- Pas interessée.

Le sourire de Nathaniel s'élargit.

- Je ne veux pas croire ça.

- On ne se connait pas, répondit AUrélia. Tu payes souvent des glaces à de parfaites inconnue?

- Et pourtant tu diffuses de menaces de mort en mon encontre à l'adresse de mes amis. J'ai pensé que je t'avais fait une forte impression.

Aurélia fronça les sourcils.

- Je ne vois pas de quoi tu parles ?

- Pas de ça Aurélia…. Bill et Gilbert m'ont fait un rapport sur ta personne.

Aurélia pensa alors directement aux Patronus et aux lettres envoyées à ses amis et rougit légèrement. Cela en était assez. Aurélia fit demi-tour. Elle n'avait pas le temps pour ce genre d'idioties.

- Alors ? Une bieraubeurre, insista l'apprenti Briseur de Sorts.

- Pas aujourd'hui, lança Aurélia en marchant au loin.

Un éclat de rire lui répondit. Elle se tourna mais...

Nathaniel avait disparu. Aurélia soupira. En voilà un qui sera fichtrement embêtant... En attendant...?

Elle avait du travail.

Fin de l'année 4


Héhé les amours, les amitiés. Aurélia n'a pas signé pour ça mais ça va un peu la foutre dans la merde dans les prochaines années !