Bonjour à tous! J'espère que vous allez bien et que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année! :D Je vous souhaite tout le meilleur, plein de succès et de réussite, de bonheur, de joie, bref, de tout ce que vous pouvez souhaiter pour cette nouvelle année 3 Je voulais aussi vous remercier pour votre soutien et pour votre fidélité, ça me touche vraiment beaucoup 3 L'aventure des Ors continue, et on retrouve le dernier groupe qui continue son avancée! Mais la route est toujours semée d'embuches! D:

Lentement mais sûrement, on se rapproche de la fin...

Sur ce, je ne vous retiens plus!

Enjoy!


Au beau milieu de la huitième prison, David et Victor s'immobilisèrent et le Lion souffla:

-Tu as entendu ça?

Victor hocha lentement la tête, soudain un peu plus pâle:

-Je crois que c'était Keith.

David réprima un frisson:

-Tu crois que… Qu'il est arrivé quelque chose?

Bref silence, comme pour tenter de se convaincre tous les deux du contraire. Mais le Sagittaire laissa échapper un souffle tremblant, incapable de mentir à son ami ni de se mentir à lui-même:

-Quelque chose de grave, oui.

David déglutit péniblement, et une perle de sueur glacée roula le long de sa tempe comme il se forçait à serrer les poings:

-On devrait faire demi-tour, ils ont certainement besoin d'aide.

-Je sais… Mais nous devons absolument avancer, nous ne sommes plus qu'à quelques prisons de notre objectif, on ne peut pas reculer maintenant.

-Mais les autres ils…

-David, il est trop tard. (Victor ferma les yeux) Nous ne pouvons plus rien faire sauf continuer avancer.

Le Lion pinça les lèvres et serra les poings avec tant de force que ses articulations en blanchirent. Il détestait ce genre de situation. Il détestait être si impuissant, incapable d'en venir en aide à ceux qui en avaient tant besoin. Bien sûr, la mission passait avant tout, mais il ne parvenait pas à croire qu'une Déesse vantée comme étant aussi aimante et tendre pouvait cautionner ce genre de comportement. Pourtant, il savait depuis qu'il avait ouvert les yeux aux Enfers qu'ils ne pourraient compter que sur eux-mêmes. Après tout, ils avaient été comme séparés, et ils ne pouvaient pas s'attendre à ce que les autres leur viennent en aide.

C'était déjà pour ça qu'ils avaient décidé d'avancer malgré leurs doutes et malgré l'angoisse qui leur avait noué le ventre. En fait, c'était même David qui avait proposé de se mettre en route et de libérer le chemin de leurs frères s'ils devaient être derrière eux. Victor, livide mais droit, avait hoché la tête et ils avaient traversé la septième prison sans que cela ne représente une véritable épreuve. Oh ils avaient bien affronté quelques soldats des Enfers en chemin, mais ce n'était rien comparé à ce qu'ils avaient imaginé en pensant à ce qu'ils devraient vivre en se rendant directement sur le territoire ennemi.

Ils se tenaient donc au milieu de la huitième maison, le Cocyte. Mais quand ils se mirent à frissonner toutes deux quand l'écho du cri de Keith résonna autour d'eux, ce n'était pas à cause du vent glacé qui soufflait sur la plaine désolée. Ils savaient en arrivant ici qu'ils risquaient leur vie ici, mais d'entendre un tel cri, un cri si désespéré et douloureux, ils étaient en train de réaliser que rien, absolument rien, n'était certain. Les autres avaient peut-être tous été décimés.

Peut-être qu'ils mourraient dans quelques secondes.

Ils pouvaient ne jamais revoir la lumière du jour.

Ils échangèrent un regard hésitant, mais Victor secoua légèrement la tête:

-Nous devons avancer.

David ferma les yeux un instant mais parvint à souffler:

-Je sais…

Ils détestaient devoir penser ainsi. Ils détestaient l'idée d'abandonner leurs compagnons à leur sort tandis qu'eux étaient encore en vie et saufs. Mais ils n'avaient pas le choix.

Ils se remirent donc en route, surveillant les environs du mieux qu'ils pouvaient et ce malgré le vent glacial qui fouettait leurs visages et gelait leurs os. C'était étrange, plus David avançait dans les plaines du Cocyte, plus il avait l'impression que l'endroit lui était familier. Pourtant il n'avait jamais visité de pays aux vastes étendues gelées. L'idée lui paraissait encore un peu étrange, mais il comprit qu'il devait s'agir d'un souvenir de son armure, un souvenir des esprits des générations précédentes qui murmuraient parfois son nom. Il s'apprêtait à poser la question à Victor quand son frère d'armes s'immobilisa subitement, les yeux écarquillés et les lèvres ouvertes sur une exclamation muet:

-Qu'est-ce qu'il y a?

S'enquit David en se rapprochant encore un peu plus, un nuage de buée glacée s'échappant de ses lèvres. Victor se reprit du mieux qu'il pouvait avant de souffler:

-Il y a… Il y a des gens dans la glace.

Le sang du Lion se figea dans ses veines et il baissa les yeux à grand peine:

-Putain de merde…

Le Pope avait beau les avoir prévenus, ils ne purent s'empêcher de grimacer quand ils comprirent que, sous leurs pieds, la glace avait englouti des centaines d'hommes et de femmes ayant osé défier le Dieu des Enfers. David déglutit péniblement: c'était donc là qu'ils iraient une fois morts? C'est là qu'ils rejoindraient les Chevaliers des générations précédentes?

Pile comme il pensait cela, alors qu'il allait se détourner et encourager Victor à continuer leur route, son regard fut attiré par une maigre lumière. Presque rien dans ce blizzard, juste assez pour que son oeil vif le remarque. Là, sur le côté, parmi les visages figés des défunts, il parvenait à observer des silhouettes étrangement familières. David plissa les yeux et fit un pas en avant, ce qui inquiéta immédiatement Victor:

-Qu'est-ce qu'il y a?

-Rien, j'ai juste une impression de déjà-vu.

-Attends, ne t'éloigne pas trop.

-T'en fais pas, je veux juste regarder.

Il continua d'avancer prudemment sur la glace, les yeux fixés sur la silhouette d'un jeune homme aux boucles claires. Il entendait à peine Victor l'appeler, se concentrant pour remarquer qu'un tout jeune garçon (un enfant?) se tenait aux côtés de l'homme qu'il percevait derrière la tempête. Un garçon qui semblait rire… A moins que ce ne soit le vent qui lui joue des tou-…

Une sorte de hurlement s'éleva dans tout son corps et il tendit tout le haut de son corps en arrière, si vite qu'il ne le comprit pas tout de suite lui-même.

Un bras perça le blizzard et frappa violemment, pile là où David aurait dû se trouver s'il n'avait pas évité le coup in extremis. Les sourcils froncés, le Lion accentua le mouvement, rencontra le sol de ses mains et jeta ses jambes en arrière, en profitant pour frapper le bras bardé de noir qui craqua distinctement malgré les cris de la tempête. Et quand il sentit que son pied gauche avait fait mouche, David visa un peu plus à droite avec son autre jambe. Légère résistance métallique, craquement d'os, et un casque alla rouler sur le sol derrière lui. Un grognement s'éleva juste à côté de lui, l'encourageant à continuer.

Il se jeta en avant et frappa, presque à l'aveugle à cause de la tempête qui continuait de les entourer. Mais l'ennemi bloquait soudain tous ses coups, allant jusqu'à riposter d'une manière telle que David peinait à les esquiver. Mais même s'il mourrait d'envie de donner à fond et d'affronter cet ennemi invisible, un bruit de lutte dans son dos l'alerta.

David grommela mais renonça: il avait promis de veiller sur Victor, il ne pouvait pas foncer à l'aveugle dans un combat comme ça. Alors, il termina son mouvement acrobatique, atterrit accroupi sur le sol et recula jusqu'à ce que son dos rencontre celui de Victor:

-Attention, on a de la compagnie juste devant. Je viens de lui casser le bras et il est seul, on devrait pouvoir s'en…

-Il n'est pas seul.

David tiqua et jeta un coup d'oeil par dessus son épaule. Victor se tenait en garde, son arc déjà bandé et une flèche dorée perçant le nuage de neige qui les entourait. Et là, devant lui, à quelques mètres de là, se trouvait un homme. Un homme vêtu d'une armure sombre et dont les cheveux roses caressaient le visage souriant mais incroyablement déterminé:

-Merci à vous, Chevaliers, vous venez de me faire gagner une joie somme. (Puis, se décalant légèrement et levant la main à ses lèvres pour en faire un porte voix, il appela) Ca va, Sylphide? Rien de cassé?

Un grognement s'éleva face à David, et un coup de vent chassa les nuages glacés qui leur masquaient la vue. Un bras serré contre sa poitrine, un homme vêtu d'un surplis verdâtre gronda:

-Je te jure que si tu l'ouvres, je te tue.

Le Spectre aux cheveux roses laissa échapper un petit ricanement et désigna son confrère du pouce:

-Voyez-vous, cette tête de mule était persuadé qu'il pouvait s'occuper seul de l'un d'entre vous, alors qu'on nous a donné des consignes très claires.

-La ferme, Valentine!

L'échange était presque anodin, presque risible si pris dans un autre contexte, et pourtant, une goutte de sueur froide dévala la colonne vertébrale du Sagittaire, sans qu'il ne quitte Valentine des yeux, attentif à chaque mouvement. Il aurait voulu être seul face à lui, ne pas devoir penser à cette voix qui s'élevait dans son dos et qui risquait de causer sa perte. Victor se força à souffler, à empêcher ses jambes de trembler, et il se recula légèrement, allant chercher un contact plus direct avec le dos de son frère d'armes:

-Je suis Valentine de la Harpie. Sylphide du Basilic et moi-même sommes chargés de vous arrêter ici même.

Souffler, s'occuper de son ennemi uniquement et faire confiance à David pour qu'il affronte l'autre et protège ses arrières.

Victor savait que son frère d'armes pensait la même chose: ils devaient absolument se faire confiance et travailler ensemble sans se soucier du Spectre qui se trouvait dans leurs dos. Ils n'avaient pas le choix: ils devaient avoir une confiance aveugle en l'autre… Et ce malgré leur amitié toute récente et les coups bas qui l'avaient précédée.

Une vague de doutes lui noua soudain la gorge, mais il secoua la tête et se força à les chasser, à se focaliser uniquement sur cet adversaire qui lui faisait face.

Valentine, lui, ne semblait pas douter. Au contraire, il dégageait une confiance rare. Une aura pleine d'assurance mais aussi de concentration et de puissance. Ce n'était absolument pas une façade destinée à masquer un niveau médiocre, non. Cet ennemi était puissant. Et Victor était certain que celui qui faisait maintenant face à David était tout aussi puissant.

-Bon, et si on passait directement au moment de votre défaite cuisante? Nous n'avons pas que ça à faire.

Sans attendre, le Spectre leva les bras et frappa, imité par son frère d'armes:

-Greet the Live!

-Annihilation Flap!

Victor sut qu'il ne pourrait pas tirer à temps, que la flèche serait simplement perdue et que l'attaque de son ennemi ne serait pas arrêtée pour autant. Alors, il se jeta sur le côté, certain qu'il pourrait ensuite trouver un meilleur angle pour…

-Lightening Bolt!

Le Sagittaire écarquilla des yeux horrifiés et désemparés quand il se rendit compte que David n'esquivait pas. Mais absolument pas. Ce qui faisait que les deux attaques fusaient droit sur lui sans qu'il ne puisse y échapper!

-David, bouge!

Mais il était trop tard pour éviter les deux attaques. Si bien que quand il le comprit, il était trop tard. David écarquilla les yeux tenta de lancer une autre attaque en arrière, réalisa que c'était peine perdue et qu'il avait négligé la première attaque,… Les deux attaques le heurtèrent de plein fouet, avec une force telle qu'une épaulière d'or valsa dans l'air. Un cri étouffé lui échappa comme il roulait sur le sol et que des gouttes carmines allaient tâcher la glace bleutée.

-Mais c'est pas vrai qui m'a foutu un imbécile pareil?!

Victor voulut se jeter à ses côtés, l'aider à se relever, mais le Lion s'était déjà à moitié redressé et le foudroyait d'un regard empli de trahison et d'incompréhension:

-Mais putain, c'est quoi ton problème?!

-Non, toi c'est quoi ton problème?! (Rétorqua Victor, une veine irritée pulsant sur son front) A quel moment tu restes au milieu d'une attaque, espèce de crétin?!

-J'essayais de le battre en vitesse, pâle type! D'où tu te bouges quand on t'attaque de face?! C'est comme technique de survie débile?!

-Ah parce que t'as vu que je pouvais arrêter des attaques avec une flèche toi?!

-J'étais derrière toi, t'aurais pu prévenir que tu me laissais tout seul dans la merde!

-Mais comment tu ne l'as pas senti enfin?! Est-ce que tu as seulement un instinct de survie?!

-Répète un peu pour voir!

Interdits, les deux Spectres échangèrent un regard sceptique tandis que leurs deux adversaires se hurlaient dessus et menaçaient presque de s'attaquer l'un l'autre. Sylphide haussa les épaules:

-Si on les laisse faire ils vont peut-être s'entretuer?

-Tu veux parier?

Le Spectre du Basilic grogna:

-J'ai déjà perdu assez d'argent comme ça, t'auras plus rien.

Valentine haussa les épaules:

-J'aurai essayé.

N'empêche… C'était quand même la première fois de sa carrière que des ennemis se battaient entre eux, presque jusqu'à en venir aux mains. Il était surpris, surpris mais aussi méfiant: ça pouvait très bien être un piège, une manipulation pour les surprendre. Et pourtant, ces exclamations semblaient étrangement sincères. Dans quoi s'étaient-ils encore fourrés? Pourquoi n'étaient-ils pas tombés sur des adversaires normaux?

Il tiqua et il sentit que Sylphide se tendait aussi à ses côtés: il n'aimait pas ce genre de situation. Il voulait que tout se déroule normalement, un combat classique suivi d'une victoire écrasante. Alors, sans avoir besoin de concerter son frère d'armes, il se mit de nouveau en garde: le Lion avait subi l'attaque empoisonnée de Sylphide, il ne ferait pas long feu. Et l'odeur de peur qui se dégageait du Sagittaire laissait sous-entendre qu'ils n'auraient pas trop de mal à le vaincre. Il fallait mettre fin à cette stupide rébellion:

-Attention!

Mais comme il lançait une nouvelle fois son Greed the Live, alors que l'attaque allait frapper le Sagittaire de plein fouet, une silhouette bondit en avant et agrippa le Chevalier d'Or pour rouler sur le sol. Les deux Ors échangèrent un regard, prièrent pour avoir la même idée en tête, et se lancèrent en avant. David frappa du poing, directement vers le coude déjà brisé de son adversaire, mais Sylphide se dégagea à temps et riposta d'un violent coup de tête. Le Lion poussa un grognement de souffrance mais s'empêcha de reculer, continua de frapper, d'empêcher son ennemi d'utiliser une nouvelle attaque.

De son côté, Victor esquivait plus qu'il n'attaquait: il ne parvenait pas à tirer une flèche dans ce genre de combat rapproché et individuel: il lui fallait de l'espace, un peu plus de temps. Heureusement, il savait qu'il pouvait compter sur sa ruse. Sans ranger son arc, certain qu'il distrairait son ennemi, il se jeta en arrière et tendit le poing:

-Atomic Thunder B-…

Son cri s'éteignit sur une exclamation à la fois douloureuse et surprise quand quelque chose de lourd le heurta de plein fouet. Il crut d'abord que l'autre Spectre s'était jeté sur lui et allait le blesser, mais quand il comprit ce qui venait de le faire rouler sur le sol et manquer son attaque (mais surtout de le ridiculiser), il sentit que l'énervement prenait le dessus. Sylphide ne lui avait pas sauté dessus: il lui avait littéralement lancé son frère d'armes. Alors, comme il se redressait du mieux qu'il pouvait, il repoussa vivement David:

-Mais j'y crois pas qu'est-ce que tu fous?!

-Excuse-moi d'avoir reçu deux attaques et d'avoir été empoisonné en plus de tout! Je fais de mon mieux!

-Oh purée ça va être glorieux comme combat, j'en ai déjà marre. On va crever ici parce qu'on sait pas communiquer, j'en reviens pas.

-Tu sous-entends que c'est de ma faute?!

-C'est clairement ta faute!

-Oh vraiment?!

Mais comme il s'apprêtait à hausser le ton, des voix s'élevèrent soudain autour d'eux, des voix qui semblaient essayer de les guider. Et quand des souvenirs qui n'étaient pas les siens apparurent en flash devant lui, David laissa échapper un soupir:

-Et si on s'occupait de ça autrement?

Victor fronça les sourcils mais il n'eut pas le temps de poser plus de questions: une nouvelle attaque fusait droit sur eux et ils durent se jeter sur les côtés pour l'éviter. Un nuage de fumée les masqua aux yeux de leurs ennemis, et Sylphide ne put retenir un léger sourire:

-C'est presque trop facile.

-Reste sur tes gardes, on ne sait jamais à quoi s'attendre avec les Chevaliers d'Athéna.

Le nuage prenait du temps à se dissiper, mais ils savaient qu'ils ne pouvaient pas prendre le risque de tuer les deux Ors: ils devaient absolument les mettre hors d'état de nuire, puis les ramener auprès de…

Un éclair de lueur dorée jaillit soudain du nuage de fumée, et les deux Spectres se remirent en garde: prêts à leur asséner un dernier coup. Mais l'attaque fusa vers eux avec une rapidité telle qu'ils ne le virent pas avant qu'il ne soit trop tard:

-Lightening Bolt!

Valentine écarquilla des yeux horrifiés quand l'attaque lumineuse fusa droit sur lui, mais il ne parvint pas à l'éviter. Il n'eut la vie sauve que grâce au Annihilation Flap de Sylphide, lancé juste avant que le Lightening Bolt le frappe:

-C'est impossible! Il ne peut pas se relever aussi vite! Pas après avoir été empoisonné et après avoir reçu nos deux attaques combinées!

C'était impossible, oui, et pourtant, David s'était relevé, les yeux brillant soudain d'une lueur dorée terrible malgré son visage trempé de sang et son épaule démise. Valentine sentit un filet de sueur froide glisser le long de son dos quand il eut l'impression de voir deux silhouettes faites de poussière d'or encadrer le jeune homme face à eux. Et quand, à ses côtés, deux longues ailes de lumière s'ouvrirent en claquant dans les airs, Sylphide ne put s'empêcher de reculer d'un pas:

-Ce sont les autres… Les esprits des morts les guident!

Le cœur étrangement calme, David grommela:

-Franchement tu m'en dois plusieurs là, salopard!

-Tais-toi et dégage-moi la voie que je puisse tirer.

Le Lion aurait aimé pouvoir lui faire remarquer qu'il était blessé, lui, et qu'il avait déjà fait beaucoup, mais il s'en empêcha et se jeta en avant. Bouger avec autant de rapidité était devenu difficile, c'était comme si ses membres devenaient un peu plus lourds à chaque seconde qui passait. Mais il avait comme l'impression que deux mains étaient posées sur ses épaules, lui transmettaient leur force. Jamais il ne s'était senti aussi fort, invincible. David inspira longuement, expira avec la même lenteur pour ralentir les effets de l'une des attaques (laquelle, il ne savait pas dire), et il tendit le poing, frappant le sol si fort que la glace se fendit.

Les deux Spectres bondirent sur le côté pour éviter l'attaque, mais ils comprirent trop tard qu'il s'agissait d'un piège. A peine réceptionné sur le sol, Sylphide avait compris qu'il avait choisi le mauvais côté. La flèche d'or brilla face à lui comme un murmure aussi distinct qu'un cri s'élevait:

-Golden Arrow.

Avec un bruit net, la corde de l'arc se détendit et la flèche le frappa en plein coeur, avec une telle violence qu'elle transperça son surplis et même son corps pour aller se planter dans la glace et la faire exploser en gros blocs. Les yeux écarquillés, Sylphide tomba en avant, mort avant même d'avoir pu réaliser qu'il avait perdu. Valentine poussa un hurlement et se rua en avant, échangeant plusieurs coups avec David qui parvenait à ne pas reculer. Le combat était acharné, il pouvait voir que ce Spectre était un redoutable adversaire, mais il ne s'était jamais senti aussi sûr de lui, aussi sûr de son cosmos et de son pouvoir.

Mais il sentait aussi que les effets du poison risquaient de se manifester plus vite qu'il ne le pensait, si bien qu'il bondit soudain dans les airs et tendit le bras:

-Lightening Plasma!

L'attaque lumineuse le heurta de plein fouet, et quand le nuage causé par la violence du choc se dissipa, le Spectre gisait sur le sol, les yeux révulsés.

David poussa un soupir, alla jusqu'à tenter de pousser un cri à la fois stupéfait et ravi,… Mais ses jambes se dérobèrent sous son poids et il serait tombé à genoux sur le sol si Victor n'était pas arrivé in extremis pour le soutenir, juste avant que ses mains ne rencontrent la glace:

-Ca va, je te tiens. Est-ce que tout va bien?

Haletant, le souffle soudain court et la douleur enflant soudain dans ses membres brisés (comment n'avait-il pas senti que son bras droit tout entier était inutilisable? Et depuis quand saignait-il de la tête?), le Lion parvint à laisser échapper un soupir mi rieur mi agacé:

-Ca irait mieux si tu m'avais pas laissé encaisser deux attaques d'un coup.

Victor leva les yeux au ciel et passa le bras de David autour de ses épaules pour l'aider à se relever:

-La prochaine fois, contente-toi de faire comme tout le monde et esquive avant d'attaquer. Pas l'inverse.

-La ferme, c'est une technique, t'y connais rien!

-Le fait est que je suis indemne et toi tu es blessé.

-Parce que tu m'as pas soutenu ni même prévenu de ce que tu manigançais.

Victor leva les yeux au ciel, et une fois qu'il se fut assuré que David n'était pas en danger, il grommela:

-Ca va, je suis désolé. La prochaine fois faudra un peu plus communiquer.

-C'est clair qu'attendre la dernière minute c'était dommage. Mais maintenant on saura ce qui marche.

-Toi qui joue au héros et te prend toutes les attaques?

-Je vais finir par regretter d'avoir fait la paix avec toi, donc franchement, la ferme.

A vrai dire, bien que chaotique, ils devaient admettre que ce combat avait été étonnamment plus "simple" que ce qu'ils avaient craint. Mais ils n'osèrent pas parler des murmures qui avaient guidé leurs mouvements, de peur de paraître ridicules. Ils avaient vaincu, c'était le principal. Et s'ils devaient encore affronter des ennemis, Victor pourrait assurer la défense de son frère d'armes. Il savait qu'un Atomic Thunder Bolt pouvait s'avérer incroyablement dévastateur.

Pourtant, alors qu'ils avaient laissé le Cocyte et ses étranges murmures derrière eux, alors qu'ils traversaient les trois sphères normalement habitées et gardées par les Juges, ils ne croisèrent plus personne. Pas un soldat des Enfers, pas un Spectre,… Pas une âme. Si bien que quand ils arrivèrent à la Giudecca, ils s'attendaient à se retrouver directement devant le Dieu des Enfers.

Arrivés devant la lourde porte, ils échangèrent un regard légèrement hésitant: devaient-ils avancer jusque là? Ne devaient-ils pas attendre leurs frères d'armes? Non, non ils devaient absolument continuer d'avancer: Athéna et ses cinq Chevaliers de Bronze se trouvaient là, endormis, prêts à être libérés: ils ne pouvaient pas reculer.

Victor adressa un regard hésitant et légèrement tremblant à son voisin mais David se mordit légèrement la lèvre avant d'hocher la tête: les effets du poison commençaient à se dissiper, il pouvait encore se battre s'ils devaient en arriver là. Ils libéreraient leur Déesse. Ils pouvaient y arriver. Alors, posant chacun une main sur la lourde porte, ils l'ouvrirent.

Un grand courant d'air fit voler leurs capes dans leurs dos et ils durent porter un bras à leur visage pour s'en protéger tant il était violent. Puis, ils pénétrèrent dans la Giudecca. Le bruit de leurs pas semblait absolument assourdissant, si bien qu'ils furent tentés de marcher sur la pointe des pieds, comme des enfants qui voudraient éviter d'être pris sur le fait. Il y faisait froid, sombre et froid, mais ils parvenaient à observer leur environnement: un long couloir noir, une ambiance imposante,… La dernière étape de leur croisade ressemblait étrangement au Temple du Pope. Mais en bien plus effrayant.

Ils se rendirent compte qu'ils retenaient leur respiration quand un même soupir étonné leur échappa: le long couloir débouchait sur une grande salle, un peu plus lumineuse. De hauts escaliers semblaient grimper vers le ciel et leur sommet était masqué par une tenture presque transparente, juste ce qu'il fallait pour qu'ils remarquent que, contrairement à ce qu'ils avaient craint, personne ne trônait sur le siège qui les dominait maintenant.

Ils étaient seuls dans le repaire d'Hadès.

Et ce n'était pas normal.

Victor fronça les sourcils et tenta de chercher une explication, une issue même:

-Profitons-en, allons tout de suite libérer Athéna tant que personne ne nous surveille.

David hocha la tête et, guidés par les faibles cosmos (si faibles comparés à ce que la statue d'Athéna dégageait) qui émanaient d'une pièce reculée, ils en poussèrent la porte. Personne, juste six cercueils de pierre couverts de sceaux qui semblaient les attendre. Un frisson d'excitation et de soulagement secoua les épaules de Victor qui ne put retenir un sourire:

-Ca y est, on a réussi! On va pouvoir les libérer et gagner la-…

Le bruit d'un liquide qui s'écrase sur le sol le coupa instantanément et il baissa lentement des yeux horrifiés vers son frère d'armes, son sourire figé par le choc:

-Qu'est-ce que…

Un violent haut le cœur secoua le corps du Lion qui avait porté la main à sa bouche. Mais un flot de sang s'échappa de nouveau de ses lèvres, glissa entre ses doigts brisés pour tomber en cascade sur le sol. Mortifié, Victor ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait. Il remarquait juste que les yeux de David étaient cernés de noir et que du sang s'échappait de ses tympans, de ses yeux et de son nez quand il tomba en avant, inconscient.

Le Sagittaire laissa échapper un souffle horrifié et il s'agenouilla vivement pour secouer son ami:

-David? David, qu'est-ce que tu as? C'est le poison? Oh, David!

Ok, pas de panique. Dégager sa gorge et sa poitrine, pratiquer un massage cardiaque, le sauver, le…

Un véritable électrochoc remonta le long de sa colonne vertébrale et il sentit son cœur s'arrêter avant de repartir à toute allure.

Il y avait…

Quelqu'un…

Ou quelque chose…

Dans son dos…

Juste…

Au-dessus…

De lui…

Malgré toutes les voix qui lui hurlaient de fuir, de courir et de ne jamais se retourner, malgré la peur panique et ancestrale qui lui nouait soudain le ventre, Victor se retourna lentement, les pupilles rétrécies sur le coup de la terreur et ses dents claquant de manière incontrôlable.

Deux ombres géantes le dominaient de toute leur taille, et comme les étoiles qui couvraient leurs fronts se mettaient à briller, Victor sentit ses jambes se mettre à flageoler:

-Qui aurait cru que vous parviendriez jusqu'ici, stupides détritus? Vous avez vraiment cru pouvoir vous jouer de nous, des Dieux?

Il ne s'était encore rien passé, il n'avait pas encore été même attaqué, mais le Sagittaire sentit des larmes de pure terreur glisser le long de ses joues tandis qu'une seconde voix, plus sérieuse, répondait posément:

-Je savais que mettre le Seigneur Hadès en sécurité à Elysion était la meilleure chose à faire. Après tout, il n'a pas le temps pour votre stupide rébellion.

-Oui, autant nous laisser nous amuser un peu.

-Il est grand temps de vous rappeler quelle est votre place, mortels.

Un grand sourire mauvais étira les lèvres du premier comme le second se contentait de darder un regard dédaigneux sur eux, et Victor sut qu'ils allaient mourir ici, à quelques mètres seulement de la victoire.

Personne ne faisait le poids face à ces deux ennemis.

Personne ne pouvait même espérer vaincre Hypnos et Thanatos réunis. D'une même voix, les Dieux Jumeaux soufflèrent:

-Dis-nous, insecte, comment veux-tu mourir?

$s$s$s$

Aliénor et Tarek continuaient leur avancée, et puisque leurs frères avaient réussi à vaincre les ennemis qui se dressaient sur leur route, ils n'avaient pas encore eu à se battre. Ils continuaient simplement de courir, d'économiser leur énergie et leur cosmos pour l'ultime combat contre le Dieu des Enfers. Ils n'étaient plus loin de leur objectif final: malgré l'horreur qui leur avait serré le coeur, quand Keith et Hiroki, la voix rauque et les yeux rougis, leur avaient dit de continuer leur route et d'avancer sans eux, ils n'avaient pas eu la force de les contredire.

La demande de leurs deux frères d'armes brisés ressemblait plus à une prière personnelle qu'à un désir d'accomplir la mission: eux ne pouvaient plus avancer. Ils ne pouvaient pas simplement laisser Pablo derrière eux. Ils ne le pouvaient pas. Ils ne pouvaient pas continuer, parce qu'en perdant leur ami, ils avaient perdu une partie de leur âme. Et même s'ils espéraient que certains de leurs frères finiraient par les rejoindre, Tarek et Aliénor avait compris et respecté le souhait de leurs compagnons.

Ils avaient choisi d'avancer et de les laisser faire leur deuil.

Ils pourraient s'occuper de la suite et rejoindre ceux qui les précédaient, s'il y en avait.

Tarek jeta un regard en coin à sa sœur d'armes: quand ils étaient arrivés auprès de Keith et Hiroki, quand ils avaient observé le massacre et compris que Pablo était tombé, ils n'avaient pu s'empêcher d'échanger un regard horrifié. Lui-même avait senti son estomac se retourner et il avait dû porter une main à ses lèvres tant il était choqué. C'était un cauchemar, pire qu'un cauchemar. C'était comme être de retour dans les rues d'Alep, de retour de cet enfer qu'avait été sa vie. Il fallait mettre fin à ces horreurs, il fallait absolument que cela prenne fin.

Il devait avouer qu'il était tout de même surpris de la force mentale d'Aliénor. Malgré le choc qui avait éclairé ses yeux, la jeune femme continuait d'avancer sans manifester aucun doute, sans trébucher, sans jamais regarder en arrière. A vrai dire… Même s'il savait que la détermination de sa soeur d'armes ne connaissait aucune limite, il avait été surpris qu'elle choisisse d'aller droit vers leur ennemi plutôt que de s'assurer que les autres étaient en sécurité. Là où il avait manifesté une légère hésitation, le Gémeau avait simplement hoché la tête et était repartie. Ce fut peut-être pour ça que, malgré lui, Tarek lança:

-Tu es sûre qu'on a bien fait de les laisser derrière? On aurait peut-être dû rester avec eux.

-Ils sont en sécurité, ce Spectre de Hanuman a dit à Keith qu'hormis deux Spectres au niveau du Cocyte, plus rien ne se dressait sur notre route.

-Comment peux-tu être sûre qu'il dit la vérité?

-Keith lui fait confiance, Hiroki fait confiance à Keith. J'ai confiance en eux.

Tarek ne put s'empêcher de froncer les sourcils: Aliénor qui avait refuser de tisser de véritables liens avec ses frères, elle qui n'avait confiance qu'en son propre pouvoir,… Cette même Aliénor faisait maintenant aveuglément confiance à deux personnes qu'elle avait à peine côtoyé? C'était trop troublant, même pour lui. Comment avait-elle développé ces liens? Quand? Avait-il raté quelque chose? Ou bien…

Le Taureau secoua la tête et se concentra sur le chemin devant eux, sur la mission qu'il fallait accomplir:

-Tu as raison.

Aliénor hocha la tête:

-Dépêchons-nous.

Elle accéléra la cadence, faisant voler ses cheveux de feu dans son dos, et Tarek lui emboita le pas. Ils traversèrent une longue plaine désertique, percée de quelques puits qu'ils évitèrent soigneusement tout en restant sur leur garde: même si Tarek voulait faire confiance à tous ses compagnons, il devait admettre qu'il ne pouvait pas simplement avancer sans s'inquiéter. Le Spectre ne leur avait pas parlé directement: il était inconscient quand ils étaient arrivés à son niveau, si bien qu'ils devaient croire le Poisson sur parole.

Ce n'était pas qu'il doutât de lui, il trouvait juste que tous ces éléments mis ensemble l'empêchaient de se fier aveuglément à ses compagnons d'armes. Pourquoi s'étaient-ils retrouvé séparés alors qu'ils auraient dû être ensemble? Pourquoi les Juges s'étaient-ils dressés devant eux ainsi, en ayant l'air de les avoir patiemment attendus? Pourquoi? Comment cela se faisait-il? Pourquoi se sentait-il si hésitant, soudain? Trop d'inconnues dans l'équation, trop de doutes qui faisaient leur nid dans son cœur. Et il détestait ça.

Il devait rester concentré, repousser les doutes, faire confiance à Hiroki et à Keith…

Mais aussi à Aliénor. Il ne pouvait pas commencer à douter d'elle, pas maintenant, pas après tout ce qu'ils avaient vécu,… Pas après avoir pris sa défense devant les autres… Pas avec ce qui lui serrait maintenant le coeur…

Non, rester concentré. Penser au reste plus tard. Chaque chose en son temps. Transformer son corps en arme, fonctionner par automatismes. Une chose à la fois.

Ils parvinrent à la huitième prison, le fameux Cocyte. Et s'ils s'attendaient à y trouver deux Spectres, ils ne pensaient pas les voir gésir* sur la glace.

Morts.

Interdits, les deux Ors restèrent en garde, sondant les environs avec leur cosmos, puis, Aliénor baissa les poings, les yeux plissés et les sourcils froncés:

-Quelqu'un est passé avant nous.

-Je crois qu'il s'agissait de David et Victor.

Elle hocha la tête et avisa un chemin que formait de nombreuses gouttes de sang sur la glace et vers les sphères normalement gardées par les Juges des Enfers:

-L'un d'entre eux est blessé. Nous devons nous dépêcher de les rejoindre, ils ne pourront jamais libérer Athéna ou vaincre Hadès à eux d-…

Son instinct l'avertit en même temps que son cosmos. Aliénor bondit en arrière et évita in extremis une attaque qui l'aurait certainement mise hors combat si elle l'avait reçue de plein fouet. Elle se réceptionna sur la glace, les sourcils froncés et les poings levés. Un nuage de fumée s'élevait devant elle, mais elle parvint à remarquer que la glace semblait retournée, pile à l'endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant.

Les sens en alerte, prête à agir, elle sonda une nouvelle fois les lieux, cherchant cet ennemi caché qu'elle n'avait pas remarqué. Où pouvait bien être ce salopard? Plus haut? Derrière eux? Peut-être le Spectre dont Keith leur avait parlé?

La fumée se dissipait quand elle appela d'un ton ferme:

-Tarek, est-ce que tout va bien?

Elle détesta le silence qui suivit sa question.

Et elle détesta encore plus la réponse de son frère d'armes:

-Je suis désolé, Aliénor.

Le Gémeau tiqua mais empêcha un soupir choqué de franchir ses lèvres. La fumée se dissipa lentement, comme au ralenti, comme lui laisser l'occasion de se détourner de la vérité. Mais elle l'affronta, soutint le regard déterminé de celui qui lui faisait face, les pieds campés dans le sol et les sourcils froncés:

-Je ne peux pas vous laisser atteindre cet endroit. Et tu feras le suspect parfait.


*Jpp l'infinitif de ce verbe me tend toujours


Tin tin tiiiiiiiiiiiiin! *gif de la marmotte choquée* La vérité éclate au grand jour! Shocking! Mais quelles peuvent-être les raisons de ce personnage? (faut que j'arrête) D:

J'espère que ce chapitre vous aura plu! Plus que deux avant l'épilogue, j'espère que le tout vous plaira ^^

Je vous remercie encore pour votre soutien et je vous dis à bientôt pour la suite 3