Bien le bonjour à tous !
Comme vous le voyez j'ai également profité des congés de fin d'année pour avancer l'histoire et écrire ce chapitre !
J'imagine que vous êtes nombreux à attendre enfin la révélation sur la suite de leur vie et vous allez être ravi d'apprendre qu'on y est mais... que c'est pas fini !
Et oui nos deux prodiges ont encore pas mal de péripéties qui les attendent donc...
Je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 12 : Aimer.
Marinette sentit son cœur s'accélérer à mesure qu'elle ouvrait sa première enveloppe. Jetant des coups d'œil à Adrien pour ne pas perdre de vue sa réaction, elle glissa ses doigts dans le papier et sortit une feuille. Le blond fixait sa partenaire qui commençait à lire son contenu et eu un pincement au cœur quand il l'a vit sourire. Ses yeux brillaient de joies jusqu'à croiser à nouveau les siens. Il l'interrogea alors d'un simple mouvement de tête avant de lire sa propre lettre.
- New York, fit-elle simplement.
Enchanté qu'elle soit reçue dans une prestigieuse compagnie, il se décida à ouvrir son fameux papier replié et découvrit alors la première ville qui le désirait.
- Moscou, murmura-t-il presque.
Adrien laissa ses yeux trainer sur son morceau de papier. Jamais il ne fut autant heureux et malheureux à la fois. Intégrer le grand ballet de Russie avait toujours été le rêve de sa mère et il s'était juré de l'honorer pour elle. Partagé entre fierté et crainte, il releva les yeux vers sa danseuse pour découvrir des yeux angoissés et pleins de doutes.
- Hong Kong, continua Marinette.
S'il était vrai qu'un jour Marinette avait souhaité intégrer une compagnie en Chine pour retrouver certains membres de sa famille, aujourd'hui ce vœu était bien loin et découvrir cette destination l'éloignait encore plus de ses chances de finir avec son partenaire. Sentant la chance les abandonner, Adrien ouvrit sa seconde lettre avec espoir. Ses yeux ne firent plus l'effort de lire les lignes de félicitations, il chercha directement sa nouvelle destination afin de ne plus laisser un seul instant de suspens.
Trouvant enfin la ville, Marinette comprit que ce n'était une fois encore pas celle qui les réunirait. Plissant les yeux et les lèvres par découragement, Adrien lui tendit la feuille.
- Londres, ragea-t-il.
Marinette regarda avec désespoir les deux lettres que lui restait Adrien et la sienne. Elle prit une grande inspiration et s'encouragea à ouvrir sa dernière enveloppe alors qu'Adrien avait déjà ouvert et lu l'une de celles qui lui restait.
- Madrid, pesta-t-il en jetant la lettre par terre.
- Paris, ria ironiquement Marinette.
- Il nous reste ma dernière enveloppe… tenta-t-il gardant espoir.
Adrien fut désemparé quand il vit le découragement dans les yeux de sa partenaire. Il s'approcha d'elle et délicatement, il vint poser son front sur sien. Il y avait encore un espoir, un faible il l'admettait, mais il existait. Alors sans plus attendre, il tendit la dernière enveloppe à la brune et d'une main presque tremblant la jeune femme ouvrit.
Les yeux clos, le blond sentit le pouls de la jeune s'accélérer, sa respiration plus bruyante et soudain, elle recula.
Désarmée, désemparée, la main sur la bouche et les yeux meurtris, Marinette tendit la feuille vers celui qui l'avait fait croire à l'impossible. Adrien n'avait pas besoin de lire pour comprendre que c'était la fin, que malgré leur talent personne n'avait voulu d'eux ensemble, qu'à partir de maintenant il savait qu'il allait devoir lui dire adieu et que tout était fini.
Il releva les yeux pour voir Marinette anéantit, pleurant maintenant sans retenu. Toute sa frustration se transformait en douleur. Toute joie ou espoir n'était que souffrance. Toute envie quelque qu'elle soit disparu pour laisser place à la colère.
Elle devait partir. Vite. Avant de devoir rendre des comptes. Avant de n'être qu'une ombre de rage dévastant sa bienséance et son savoir vivre.
Alors sans même un regard à son partenaire, elle partit.
Dévalant les escaliers un par un, courant à en perdre le souffle dans les couloirs de l'opéra Garnier. S'échappant pas la porte des artistes, Marinette couru à présent dans les rues de Paris sans s'arrêter, ne cherchant pas à s'excuser auprès des personnes qu'elle bousculait. Elle voulait disparaître, s'isoler, pleurer et crier sa douleur mais même maintenant alors que son cœur était brisé, elle devait rester une danseuse, elle devait rester forte devant le publique.
Après des minutes ressemblant à des heures, Marinette arriva enfin chez elle. Elle dévala les escaliers menant à sa chambre et claqua la porte derrière elle.
Enfin elle était seule.
Enfin elle se permit de laisser aller ses larmes. Enfin elle put cogner les murs, jeter les chaises, déchirer ses revues des différentes compagnies de danses et enfin… elle put se jeter dans son lit pour crier que jamais elle ne pourrait donc vivre avec Adrien.
Le blond durant tout ce temps n'avait pas pu bouger. A genou dans les coulisses de ce qui devait être leur plus belle soirée, le danseur pleurait, encore et encore, sans s'arrêter, devant les lambeaux d'une lettre où l'on pouvait encore lire un mot « Sydney ».
Bien des heures avaient passé et Adrien s'était résigné à rentrer chez lui. Les yeux fatigués et douloureux, il avança dans son appartement en scrutant chaque détails et chaque objet qu'il avait bougé ou installé pour sa nuit présumée avec celle qu'il aimait. Louchant ironiquement sur sa bouteille de champagne sortie pour l'occasion, il ouvrit le placard où se trouvait bon nombre de bouteilles d'alcool en tout genre. Commençant par du vin il s'installa dans son canapé et ferma les yeux. Il repensa à sa soirée et à quel point elle n'aurait pas pu être pire. Sans prendre le soin de se servir dans un verre, Adrien bu, encore et encore, une bouteille après l'autre. Bière, vin puis gin.
Sa vision commença à se troubler et sa tête partit s'effondrer dans son canapé…
Un son strident le réveilla. Ses yeux s'ouvrirent difficilement et il constata qu'il était presque 4h du matin. Pensant d'abord à une hallucination, il se leva dans l'esprit d'aller se coucher puis un autre son le ramena à la réalité. Il s'agissait de la sonnette de la porte de son appartement. Il s'en approcha d'un pas hésitant puis sans comprendre pourquoi, il ouvrit la porte.
Ce qu'il vit le réveilla une seconde fois mais rien ne pourrait effacer les traits creusés de son visage. Il s'appuya à la porte pour ne pas tomber avant d'inviter son visiteur à entrer.
- Pourquoi es-tu venue ? gronda-t-il.
- J'en sais rien, j'ai bu, beaucoup et me voila.
- Super explication Marinette.
- Je vois que je ne suis pas la seule dans cet état.
- Rien d'étonnant à ça non ?
Marinette avança sans but dans l'appartement, elle aperçut une bouteille encore pleine et se permit de boire quelques gorgées devant le blond qui ne comprenait toujours pas sa présence ici.
- Je peux savoir ce que tu fais vraiment ici ?
- Je suis rentrée chez moi, j'ai détruit toute ma chambre, j'ai bu plus que je n'aurais dû, j'ai pleuré des heures sans m'arrêter et puis je me suis rappelée d'une chose.
- Ah oui ? laquelle ?
Marinette le regarda puis s'approcha, lentement, dangereusement de lui. A seulement quelques centimètre de son visage la brune se mit sur la pointe des pieds et murmura à son oreille.
- Je te dois trois mois de frustration.
Adrien eu un moment de lucidité en se rappelant ce fameux soir au bal où ils avaient convenu de ne pas développer leur relation plus que de raison avant de connaître l'issue du gala. Il serra les dents en constatant qu'elle avait eu raison de ne pas se lancer dans cette relation. Il se rappela aussi de ses propres paroles quand il lui avait dit que si l'issue ne serait pas favorable, elle lui devrait trois mois de frustration.
Marinette recula légèrement de lui, attendant sa réaction en buvant une autre gorgée. Elle se posa machinalement contre le rebord du canapé, n'arrivant elle aussi à ne plus rester stable.
- J'avoue que l'idée de te prendre dans mon lit cette nuit alors que nous sommes tristes et complètement bourrés ne m'enchante pas plus que ça.
La jeune femme le regarda un instant et baissa les yeux. Il avait raison. Elle se sentit bête et irresponsable d'être venue jusqu'ici. Elle posa la bouteille sur la commode voisine et sans dire un mot, elle passa à côté de lui pour rejoindre la porte de l'appartement afin de partir. Sa main se posa sur la poignée et s'apprêta à l'ouvrir quand le poids d'Adrien vint s'écraser sur la porte.
- Mais… reprit-il, je ne vais pas pouvoir supporter de te revoir partir une seconde fois aujourd'hui.
Dos à lui, elle sentit son visage se déposer sur ses cheveux. Il huma son odeur et son souffle provoqua un frisson à la brune qui ferma les yeux à son contact.
- Reste. Ordonna-t-il dans un murmure au creux de son oreille.
La jeune femme se retourna lentement et lui fit face. Seuls quelques centimètres les séparaient, leur souffle se mélangeait et Marinette leva les yeux vers lui.
- Si je reste, fit-elle sensuellement, tu sais ce qu'il va se passer.
- Oui.
- Et… tu le veux ?
- Oui.
Sans demander son reste, Adrien réduisit la distance les séparant et écrasa sa bouche contre la sienne. Ce fut un baiser violent, brutal et sauvage. Marinette vint enrouler ses bras autour de son coup et Adrien la serra agressivement contre lui. Il la tenait fort, comme si sa vie en dépendait, ne voulant la lâcher pour rien au monde. Enfin Marinette était dans ses bras et rien d'autre ne comptait à cet instant.
Il sentit la jeune femme l'emmener vers le canapé mais avec le peu de lucidité qui lui restait, il en décida autrement. Il se baissa légèrement et mit un de ses bras sous ses genoux puis la souleva. La brune poussa un cri de surprise puis ria en voyant le blond perdre son équilibre sur le chemin de la salle de bain.
- Tu veux faire ça dans ta baignoire, ria-t-elle franchement.
- Toi et moi avons besoin d'une douche et une fois lavés, je te ferais l'amour comme jamais.
Les joues de Marinette prirent une teinte rougeâtre et ne put s'empêcher de sourire devant le soudain entrain de son partenaire. Enfin… de son ex partenaire.
Adrien la déposa délicatement sur le sol sans détacher son regard du sien. Il recula d'un pas et ouvrit le robinet de sa douche, laissant l'eau s'écouler. Il eut soudain l'air affamé et déterminé et la jeune femme fut charmée par ce côté animal qui ressurgissait en lui. Le voir la regarder ainsi désinhiba la brune et dans un mouvement fluide et rapide, elle se colla à lui et l'embrassa. Doucement d'abord, puis plus férocement. Adrien profita de ce contact pour commencer à la dévêtir des vêtements qu'elle portait encore lors de leur gala.
La robe s'écrasa au sol suivit de près par le soutien-gorge. Il voulu s'écarter pour l'admirer mais Marinette l'en empêcha en resserrant leur étreinte. Le blond rigola de cette soudaine timidité et en restant parfaitement délicat, il lui saisit les mains et l'obligea à reculer.
Ce qu'il vit le subjugua.
Bien que sous différentes formes les deux amants avaient déjà eu des rapports intimes, il ne l'avait jamais vu nu et jamais en Marinette. Ses yeux descendirent doucement pour finalement rencontrer ses collants et ses dessous encore de trop. D'un air satisfait il lui défit lentement, l'obligeant à ne toujours pas bouger, puis il revint face à elle, encore troublé de la voir dans son plus simple appareil.
- Ce que tu peux être belle… fit-il dans un souffle.
La jeune femme se mit à rougir d'avantage et détourna les yeux.
- C'est de la triche… bougonna-t-elle, pourquoi devrais-je être la seule ?
- Mais j'attends que tu viennes me déshabiller ma lady… susurra-t-il.
La douche continuait de couler et la vapeur de l'eau chaude envahit progressivement la pièce. Marinette s'approcha du blond et défit un après l'autre les boutons de sa chemise devant son regard impatient. Puis elle descendit, profitant de cet instant de domination, elle prit un malin plaisir à torturer son compagnon qui sous la tension, perdit patience.
Dans un grognement, il la souleva et l'emmena dans la douche chaude alors que son pantalon était encore sur lui. La brune rigola franchement et se délecta de cette nouvelle sensation de chaleur se déversant sur elle. Adrien la déposa et enleva rapidement les derniers morceaux de tissus qui lui restaient encore sur le corps avant de revenir vers elle.
Ses cheveux étaient à présent mouillés et l'eau ruisselait sur son corps. La vue de ce spectacle ne fit qu'augmenter l'excitation du blond déjà grande. Marinette le sentit et releva les yeux vers lui afin de déposer un baiser sur ses lèvres. D'une étreinte douce et sensuelle, ils se lavèrent chacun leur tour, se délectant des caresses de l'autre lorsqu'ils se passaient du savon sur leur peau. Marinette prit un grand plaisir à shampouiner les cheveux d'or de son compagnon, qui par reflex, les secouait tel un vilain chien ne voulant pas se laver.
Ils échappèrent un rire, puis un deuxième et finalement l'ambiance sous la douche devint plus amusante, retrouvant petit à petit leur esprit et leur équilibre. Ce fut Marinette qui sortit la première, essayant d'échapper aux chatouilles du blond. Elle attrapa une serviette et partit vers le lit en courant. Adrien fut amusé de la scène et sortit à son tour. Il se sécha rapidement et, sans aucune retenu, partit vers la chambre sans sa serviette.
Il la découvrit allongée, nue, l'attendant patiemment avec un regard sérieux et désireux. Il comprit vite que l'heure n'était plus au jeu et avança vers elle avec une seule idée en tête, l'étreindre.
Le rayon de la lune se reflétait sur elle, ses yeux bleus n'en brillaient que d'avantage. Adrien était subjugué, comment avait-il pu avoir la patience et ne pas succomber ?
- Je pourrais passer des heures à te regarder, tu es sublime.
- Tu es pas mal non plus, ria-telle.
Elle tendit le bras vers lui le sommant de venir à elle pour qu'enfin leur souhait se réalise. Sans perdre une minute il s'allongea près d'elle et huma son parfum.
- J'aime ton parfum ma lady mais… l'odeur de mon savon sur toi est…quelque peu excitant.
Marinette remarqua que les mots se mêlèrent aux gestes et sa virilité regonfla. Elle s'étendit sur le dos et Adrien se mit au dessus d'elle pour l'embrasser doucement puis de plus en plus langoureusement. S'embrasser était bon, délicieux même. Ils avaient attendu tellement de jours avant de pouvoir enfin profiter de l'autre. Adrien refusa, ne serait ce qu'un instant, de penser que ce moment serait peut être le dernier, alors il profita de ses lèvres, durant de longues minutes.
Puis il se mit à la caresser.
Le contact de sa peau ne faisait qu'alimenter l'ardeur de son envie et l'entente du premier gémissement de la brune lui fit perdre la tête. Il connaissait ce son d'une teinte légèrement aigue quand il passait sa main sur certaines zones bien définies. Il avait l'impression de redécouvrir ce corps qu'il avait étreint de nombreuses fois mais cette fois, quelque chose se mélangeait au simple désir.
L'amour.
Il l'aimait tellement, s'en était tellement douloureux et tellement agréable à la fois. Il ne pouvait plus s'arrêter de l'embrasser et de la toucher, c'était comme une drogue.
Marinette ressentit sensiblement la même chose. Sentir son amant près d'elle était ce qui la rendait heureuse, vivante et aimée. Elle n'avait jamais ressentit pareille sensation jusqu'à maintenant. Toutes ses convictions et sa rigueur furent envolées depuis qu'il était entré dans sa vie. Sa solitude face à son sourire n'était qu'un mauvais souvenir. A cet instant elle se sentait entière. Enfin, elle vivait pleinement. Son cœur battait à tout rompre, pour une fois elle ne respectait aucune règle qu'elle s'était fixée, pour une fois elle pouvait vivre l'amour qu'elle ressentait. Même si cela ne devait être qu'une parenthèse, elle se jurait intérieurement de la vivre intensément.
A chaque fois qu'Adrien reculait ses lèvres ne seraient ce que pour respirer, Marinette agrippait sa chevelure dorée pour le ramener à elle. Son corps ondulait sous lui, l'accompagnant dans ses moindres gestes. Elle le désirait, farouchement et ne pouvait plus attendre.
- Adrien, gémit-elle.
Sa plainte ne fit que grandir une fois de plus le désir du blond qui se transforma en prédateur voulant achever sa proie, mais avec patience et délectation.
- Dit moi que tu me veux, ordonna-t-il.
La respiration saccadée et les yeux semi-clos, Marinette leva le pli de ses lèvres d'un air sarcastique et joueur. Elle se cambra, caressant par la même occasion son amant qui sous l'effet de surprise ne put retenir un gémissement de plaisir.
- Je te veux… mon chaton, murmura-t-elle à son oreille tout en la mordant.
Atteignant ses limites, Adrien entra en elle d'un geste vif et précis menant sa partenaire dans un état de plénitude extrême.
Enfin, après des mois de frustration, ils s'unissaient, malgré un dénouement bien sombre pour leur avenir ensemble.
Mais bien loin de cette idée, Adrien et Marinette profitait l'un de l'autre dans cette chambre sombre uniquement éclairée de lumière lunaire.
Le lendemain matin, Marinette ouvrit péniblement les yeux sous les rayons du soleil lui caressant le visage. Elle sentit une chaleur près d'elle et tourna la tête pour apercevoir Adrien qui la regardait amoureusement.
- Bonjour, fit-elle en baillant.
- Bonjour. Tu as bien dormi ?
- Oui, parfaitement bien et toi ?
- C'était la plus belle nuit de ma vie.
Marinette se redressa et vint embrasser ses lèvres. Adrien accueillit le geste avec bonheur et enveloppa la jeune femme afin de la coller à lui.
- Cette nuit a-t-elle rattrapé ces trois mois de frustration, ria-t-elle.
Adrien la regarda un instant, il replaça une mèche derrière son oreille et lui sourit de façon rassurante.
- C'était génial mais… jamais cela ne pourra me satisfaire. La seule façon d'apaiser ma frustration serait de t'avoir avec moi pour toujours.
Marinette baissa les yeux. Ces mots avaient un réel impact sur elle, elle souhaitait tellement que cela puisse en être ainsi.
- Je t'aime.
Ce fût la seule chose qu'elle pût dire. Elle n'avait jamais réussi à lui dire aussi facilement que maintenant, à chaque fois sa raison l'en empêchait pleinement, mais cette fois elle était libre, elle n'avait plus rien à perdre.
Le cœur d'Adrien manqua un battement et le jeune homme l'attira à lui afin de l'embrasser à nouveau, plus langoureusement cette fois.
- Si tu savais à quel point moi aussi, fit-il ému.
- Que fais-t-on maintenant ? osa-t-elle demander.
Le blond prit une minute pour trouver les mots, il ne voulait que son bonheur.
- Je vais partir avec toi.
- Mais…
- Je ne peux pas te perdre, reprit-il. Je vais trouver du travail et on vivra tous les deux.
- Pourquoi ce devrait-être toi qui devrais abandonner la danse ? gronda-t-elle.
- Car tu es bien meilleure que moi.
- C'est totalement faux ! Je ne suis pas d'accord pour que tu abandonnes ton rêve pour moi.
- Mais j'ai d'autres rêves maintenant Marinette !
- Et lesquels !? fit-elle réellement fâchée, attendre mon retour à la maison pendant que moi je réaliserais mes rêves à tes dépends ? Me voir partir en tourné quand toi tu resteras à faire quelque chose que tu n'aime pas ? Me reprocher un jour ce choix, car fatalement notre couple se brisera ? Non Adrien, je ne peux pas accepter ça.
- Alors quoi ? On va chacun à l'autre bout du monde et on se dit adieu sur le tarmac de l'aéroport ?
Marinette le voyait perdre petit à petit la force de ses convictions, elle voyait les doutes s'emparer de lui comme ils s'emparaient d'elle. Elle déposa une main sur sa joue et le regarda dans les yeux pour ne pas défaillir.
- Je ne sais pas si on sera heureux, fit-elle calmement, si partir réaliser ce rêve nous comblera, mais nous avons jusqu'ici dirigé toute notre vie afin d'atteindre ce but. Si nous ne partons pas le faire, un jour ou l'autre on le regrettera et on se le fera payer et… notre amour ni survivra pas. Tu le sais au fond de toi.
- Mais je ne veux pas abandonner ce que je ressens pour toi pour… ça.
- Et moi non plus. Je t'aime mais… je pense que si notre amour est aussi fort alors… il survivra à quelques années. Si nous sommes destinés à être ensemble nous le serons.
- Je n'aimerais personne d'autre comme je t'aime, dit-il tristement.
- Et je n'aimerais personne d'autre comme je t'aime.
Dans un silence morose, ils se regardèrent, intensément. Ce n'était pas un choix logique, ce n'était pas un choix simple mais c'était le choix le plus raisonnable.
- Un artiste vit de l'amour chaton, mais n'a pas le droit de le vivre vraiment complètement. On doit se dévouer à notre art avant tout et un jour notre tour viendra.
- Il y a des exceptions… ma mère et mon père ou Plagg et Tikki.
- Des histoires qui terminent bien mais qui ne commence pas forcement bien, même si pour tes parents ça c'est terminé tragiquement mais avant la maladie ta mère et ton père s'étaient retrouvés.
- Je ne sais pas si je vais y arriver…
- Il faut au moins essayer, se persuada Marinette. En attendant, le mariage a lieu dans quelques jours et notre départ n'est que dans un mois alors…
Elle l'embrassa.
- On peut profiter de ce temps restant pour…
Elle l'embrassa encore.
- S'aimer.
Il lui sourit et les deux amants s'embrassèrent. Ils ne sortirent pas du lit le reste de la journée, ni la nuit suivante, ni même la journée qui suivit, rattrapant inlassablement les mois perdus à s'interdire le bonheur.
Le jour du mariage tant attendu était enfin la. Bien que la cérémonie était organisée de façon sobre et en petit comité, une quarantaine de personne attendait déjà dans l'église. Adrien regardait les personnes s'installer tandis que Plagg faisait son entrée. Il s'approcha de l'autel où Gabriel attendait sagement près de son fils.
- Comment vont mon témoin et mon garçon d'honneur ?
- Comme quelqu'un qui revit cette scène une seconde fois, fit ironiquement Gabriel.
- Fait pas ton rabat joie Gab, cette fois c'est la bonne ! Il est hors de question que je laisse l'amour de ma vie me quitter une seconde fois.
Adrien ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur. Les deux hommes près de lui avait également vécu la triste expérience de favoriser la passion et le travail à l'amour et tous deux n'en avait tiré aucune satisfaction.
- Plagg, père, questionna Adrien, regrettez-vous d'avoir un jour préféré votre avenir professionnel à Tikki et à mère ?
Les deux hommes se regardèrent, surpris de cette question soudaine. Mais ce fut finalement Plagg qui se lança.
- J'ai des regrets dans ma vie Adrien mais… choisir entre la danse et Tikki c'était comme choisir entre deux parts de moi-même. J'ai voulu essayer les deux en même temps mais ça nous a rendus plus malheureux qu'autre chose. Malgré tout, je ne sais pas si nous l'aurions été si nous avions abandonné la danse.
- Si je peux te donner mon avis mon fils, fit calmement Gabriel, c'est que je regrette de ne pas m'avoir entièrement dévoué à ta mère. On pense que la vie est longue et qu'on pourra en profiter plus tard comme certains chanceux tel que Plagg mais… Il y en a pour qui la vie est moins charitable. Même si ma carrière est une réussite, aujourd'hui Emilie n'est plus avec moi pour rire et vivre à mes côtés. Et je me rends compte que c'était elle ma principale source de bonheur.
- On ne peut refaire le passé Adrien, continua Plagg, mais on peut transmettre nos erreurs et notre vécu pour que tu puisses avoir le choix.
- Le choix de faire un pari sur ton bonheur.
Adrien était perturbé, il ne s'attendait pas à entendre les deux hommes se confesser ainsi alors qu'ils étaient en général réservés. Les voir ainsi souffrir d'avoir perdu des années avec l'être aimé était dur, d'autant plus dur qu'il prévoyait de vivre cette même souffrance.
- Néanmoins si vous le voulez bien, finit par dire Plagg, on est à mon mariage alors… évitons tous les sujets tristes pour aujourd'hui.
- Bien entendu, termina Gabriel.
La musique commença et les portes s'ouvrirent. Marinette suivit de sa mère entrèrent dans l'église. Elles étaient vêtues de longues robes lavande avec un joli bouquet de fleurs dans les mains. Elles avancèrent lentement, au rythme de la musique, laissant enfin apparaître Tikki. La rousse était magnifique, une robe sobre mais tout à fait exquise aux yeux de Plagg qui la dévorait des yeux tandis qu'Adrien ne pouvait se défaire de la brune enchanteresse. Arrivant enfin à l'autel, Plagg prit Tikki dans ses bras et, gardant les mains jointes, commencèrent la cérémonie.
Je manque à tous mes devoirs car j'ai oublié de vous souhaitez la bonne année à tous ^^
Cela dit, qu'avez vous pensé de ce chapitre ? Aviez vous imaginé un tel dénouement ? Et maintenant ? Que pourrait-il se passer d'après vous ?
J'attends vos commentaires qui sont ma réelle motivation !
A bientôt !
