Comme promis, la suite rapidement. J'espère qu'elle vous plaira, même si Lucius n'est pas encore là. Un peu de Ron à la place…

CHAPITRE 15 : Nouveauté

Hermione venait de rentrer de sa journée avec Ginny. Cette journée avait été formidable. Son amie l'avait rassurée et elle avait de surcroit pu penser à autre chose. Malheureusement, elle avait du croiser Malefoy. Enfin, pas le bon Malefoy, pas celui qu'elle aurait pu apprécier voir.

Elle secoua la tête. La jeune femme commençait vraiment à fatiguer. Elle trouvait appréciable de pouvoir voir Lucius Malefoy ! Elle aurait aimé le voir même ! C'était du grand n'importe quoi…

Elle souffla. Mais le pire dans tout ça, selon Hermione, c'était qu'elle avait autorisé Drago à venir la voir chez elle, ce soir ! Et elle ne savait ni quand, ni pourquoi…

Et Ron qui rentre dans même pas deux heures, paniqua-t-elle intérieurement en faisant les cent pas dans sa cuisine, préparant de façon peut efficace leur repas de ce soir. Que faire si Drago était encore là quand Ron arrivait ? Ou pire, et si l'ancien Mangemort arrivait pendant que son petit-ami était là ? Ils allaient s'écharper, le roux allaient lui faire un comédie monumentale et elle en entendrait parler pendant des lustres. Tous ses efforts allaient être ruinés ! Elle avait réussi à passer tant de temps avec Lucius Malefoy sans en inquiéter outre mesure son petit-ami et une unique interaction avec son fils allaient tourner au désastre. Cela n'avait aucun sens…

En soupirant, elle attrapa une carotte et un couteau et se mit à l'éplucher. La magie avait beau être omniprésente dans son monde et Molly avait beau lui avoir appris tous les sorts du monde pouvant lui permettre de cuisiner, Hermione préférait la version Moldu. Cela lui permettait de garder la main, quand elle rendait visite à ses parents. Et surtout, dans le cas présent, ça lui permettait de se détendre considérablement.

Hermione n'eut cependant pas le temps de s'étendre beaucoup plus qu'une petite sonnette se fit entendre. Elle s'essuya donc les mains en voyant la couleur verte des flammes dans la cheminée et agita sa baguette dans cette direction et quelques secondes plus tard seulement, un grand blond s'extirpait du foyer en pestant.

—On ne l'utilise pas beaucoup pour voyager, dit-elle en pinçant les lèvres. Elle n'est pas faite pour ça, pas très haute si tu vois ce que je veux dire.

—T'aurais pu prévenir, Granger !

Hermione s'adossa à son plan de travail et croisa les bras sur sa poitrine en haussant les sourcils.

—Tu m'en as laissé le temps, peut-être ?

Drago grommela un instant dans sa barbe inexistante, avant d'enlever sa cape et de la poser sur le dossier d'une chaise. Hermione prit alors le temps de l'observer quelques instants. Il avait l'air plus mince qu'avant, plus grand aussi. Son visage s'était affirmé, mais il était tout de même d'une élégance sans pareil, bien loin de l'apparence de son père quand elle l'avait revu pour la première fois. Et si elle n'avait pas trouvé ça déplacé, elle aurait plissé les yeux. Elle était persuadée qu'il était bronzé, chose incongrue pour un Malefoy.

Ce détail mis à part, la jeune femme trouva que son ancien camarade de classe ressemblait énormément à son père, bien plus que la dernière fois qu'elle l'avait vu. C'était… assez perturbant, sans qu'elle ne parvienne vraiment à s'expliquer pourquoi. Un peu comme s'il manquait un petit quelque chose dans l'air pour qu'elle considère que les choses étaient normales.

—Qu'est-ce que tu voulais, Drago ? Finit-elle par dire alors qu'ils s'observaient tous les deux depuis un moment déjà. Je n'ai pas toute soirée et je n'ai pas envie que Ron rentre et que tu sois encore là.

—Depuis quand est-ce qu'on s'appelle par nos prénoms ?

Hermione soupira. Ce Malefoy-ci était encore un enfant.

—Je ne sais pas pourquoi tu voulais me voir, mais je suppose que tu n'es pas sans savoir que j'ai entamé des procédures judiciaires au nom de ton père pour le défendre et je pense même que tu veux me voir potentiellement à ce propos. Je suis donc certaine que tu peux comprendre que Malefoy ne signifie plus Drago Malefoy en ce qui me concerne.

—Oui, certes, certes, grommela-t-il en se frottant la nuque.

Si la jeune femme n'avait pas trouvé ça étrange, elle aurait presque pu trouver son vis-à-vis mal à l'aise.

—Encore une fois, Drago, qu'est-ce que tu fais là ?

Hermione retourna à ses légumes. Elle ne comptait pas perdre de temps. Elle n'avait pas assez de considération pour lui pour appliquer toutes les règles de politesse qui auraient voulu qu'elle se consacre entièrement à lui.

—Tu n'es pas censé avoir disparu dans je ne sais quel pays avec ta mère ?

—Ce que je faisais avec ma mère ne te regarde aucunement, Granger ! Se renfrogna-t-il d'un ton sec et méprisant.

Il resta quelques instants silencieux.

—Comment tu sais ça d'ailleurs ? Mon père n'aurait jamais raconté sa vie à quelqu'un comme toi…

Hermione haussa les sourcils et un sourire en coin, plus que moqueur et qu'elle avait sans aucun doute appris de Lucius, apparut sur son visage.

—Ah oui ? Tu crois ?

Drago eut l'air incertain quelques instants.

—Non, il n'aime pas les gens comme toi. Il les déteste…

—Eh bien, sache, Drago, que ton père accepte de me parler et qu'il n'est pas aussi fermé d'esprit que tu as l'air de le dire, sinon j'aurais déjà depuis longtemps arrêté de m'acharner.

Hermione se demanda un instant si c'était vrai. Est-ce que si Lucius Malefoy s'était révélé être un être abjecte et l'était toujours à l'heure actuelle, la jeune femme aurait continué à se battre pour lui ? Elle avait envie de dire oui, car la brune se considérait comme étant une personne juste, une personne qui auraient su reconnaître l'injustice. Une autre partie d'elle se demandait plutôt dans qu'elle mesure est-ce qu'elle ne voudrait pas plutôt croire au fait que Lucius Malefoy était comme il était et que c'était très bien ainsi. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais sa situation actuelle lui plaisait comme elle l'était. Tout cela lui faisait peur il y a quelque temps et pourtant ses visites régulières faisaient maintenant tellement parties de son quotidien qu'elle avait un peu de mal à se l'imaginer sans.

—Soit, admit-il en plissant les yeux.

Drago prit le temps d'observer ce qui se trouvait autour de lui quelques instants, avant de finalement se retourner vers Hermione.

—J'ai entendu parler des procédures que tu as commencé, pour mon père. Au début, je pensais que c'était un lubie, mais après plus de deux mois, j'en entendais encore parler. Les gens disaient même que tu gagnais en influence, en contacts au sein du Ministère et que tu travaillais avec tellement d'acharnement que tu pourrais bien être capable de l'aider. De l'aider vraiment. En lui rendant sa baguette et une certaine liberté d'actions.

Il y avait une certaine lueur dans ses yeux et Hermione était vraiment curieuse de savoir où est-ce qu'il était passé. C'était assez incroyable que les gens aient pu parler d'elle ainsi, que de telles chosent aient pu remonter jusque lui. Pourtant, elle s'abstint de dire quoi que ce soit, un peu sur la défensive. Drago n'avait pas encore dit pourquoi il était là exactement.

—J'aurais donc aimé savoir… Hermione… (On aurait dit que ça lui coûtait de l'appeler ainsi) Est-ce que tu essaies vraiment d'aider mon père ?

—Bien sûr !

C'était trop spontané. Cela sonnait trop comme un cri du cœur. Ce n'était pas adéquat.

Heureusement, Drago semblait trop plongé dans ses propres pensées pour noter quoi que se soit.

—Et tu penses que tu vas y arriver ?

—Oui, dit-elle plus posément, mais tout aussi sincèrement. On arrive toujours à gagner quand on défend une cause juste.

Il eut l'air surpris, autant devant ses mots que devant autant de conviction.

—Tu penses vraiment ce que tu dis ? Que mon père est une cause juste ?

—Ton père, oui, mais aussi tous les autres qui étaient liés de près ou de loin aux mangemorts. Personne ne mérite ce genre de comportement. Être privé de magie, être complètement rejeté du monde où l'on vit, être traité en paria.

Elle décolla son regard de la préparation de son repas et le fixa un instant.

—Tu ne t'en rends sans doute pas compte, mais c'est exactement ce que les enfants nés de Moldus peuvent avoir vécu pendant la guerre. Personne ne le mérite, peu importe les crimes qu'il a commis.

Drago la regarda pendant un instant, les yeux toujours brillants d'une certaine lueur, assez difficile à décrypter. Puis finalement, il hocha la tête.

—Et ce que disent les rumeurs est-il vrai ?

—Je n'écoute pas les rumeurs, répliqua-t-elle en haussant un sourcil.

—Est-ce que…

Il détourna brièvement le regard.

—Est-ce que tu comptes vraiment faire tout ton possible pour rendre justice à tous ceux qui ont été victimes des procès injustes après la guerre ? Mes amis et moi-même, est-ce que tu comptes nous aider ? Ou est-ce que tu comptes aider ceux que tu jugeras dignes de ton aide ?

Et Hermione reconnut cette lueur dans ces yeux. C'était de l'espoir. Si elle n'avait pas déjà été convaincue que ce qu'elle faisait était la chose à faire, ç'aurait suffit à le faire.

—Drago, j'aide ton père, bien sûr que je compte t'aider également.

Menteuse, souffla une petite voix, dans son esprit, tu sais très bien que tu préfères aider Lucius que Drago, que l'argument que tu lui donnes devrait tout sauf le rassurer.

L'ancien Serpentard relâcha soudainement la pression dans ses épaules et Hermione eut l'impression que le soulagement qu'il devait ressentir en ce moment même le rajeunissait considérablement. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais un bruit de clé qui tourne l'interrompit soudainement.

Hermione regarda en direction du salon, paniquée.

—Tu dois partir ! Chuchota-t-elle en le poussant en direction de la cheminée et en jetant des coups d'œil frénétique vers la porte de la cuisine.

Il hocha la tête vivement et prit dans sa main un peu de poudre de cheminette, un pied dans l'âtre, prêt à partir. Alors qu'Hermione s'impatientait clairement, il se retourna vers elle et lui pressa le bras en inclinant la tête.

—Merci.

Et Drago Malefoy disparut dans un éclat de flamme verte, la laissant là, immobile, à fixer là où il s'était trouvé seulement quelques minutes auparavant.

—Hermione ? Je suis rentré !

La voix de Ron la tira de son hébétude et elle se tourna vers la porte juste à temps pour croiser le regard de son petit-ami qui vint à sa rencontre avec un grand sourire un peu benêt et qui l'embrassa affectueusement avant de se frotter les mains.

—Je meurs de faim ! Qu'est-ce que tu nous as préparé de bon ? Ca sent merveilleusement bon !

Il jeta un coup d'œil vers les fourneaux.

—Oh ! Un ragout ! Tu es géniale, rajouta-t-il en lui embrassant la joue avant de s'assoir sur une des chaises et d'agiter sa baguette pour que la table se mette toute seule.

Hermione voulut sourire de tant d'enthousiasme, car c'était le Ron qu'elle trouvait horripilant quand elle l'avait connu, mais qu'elle avait appris à trouver adorable avec le temps. Elle voulut aussi lui faire remarqué qu'il pourrait faire un effort et ne pas utiliser la magie pour un rien mais elle n'en eut pas le temps.

Au moment même où elle voulut ouvrir la bouche pour lui faire un commentaire elle se rendit compte qu'il y avait un soucis.

Lui aussi.

Ils froncèrent les sourcils de concert.

Ron montra la chaise devant la sienne.

—A qui est cette cape ?

Hermione chercha quelque chose à dire, désespérément, mais son esprit restait désespérément vide. Elle se prépara à subir la flopée de questions et sans aucun doute de reproches qui allaient survenir.

Mais rien ne vint, encore une fois.

Au contraire, le regard de Ron s'éclaira alors qu'il s'esclaffait brièvement.

—Laisse-moi deviner, fit-il en se tenant le ventre, c'est une cape que Ginny a emprunté à Harry et qu'elle a oublié ici ? Harry m'a dit hier que c'était sa nouvelle manie, qu'elle trouvait ça « à la mode » de s'habiller avec ses vêtements. Il paraîtrait même qu'elle a déjà réussi à lui en égarer une !

Hermione se retint de soupirer, de hausser les sourcils ou quoi que ce soit d'autre. C'était étrange, certes. Elle ne savait pas pourquoi son petit-ami pensait ça là, maintenant, mais elle n'allait certainement pas s'en plaindre.

—Oui, ça doit sans doute être ça, je ne vois pas ce que ça peut être d'autre.

Et Ron rit de plus belle.

Avant de se lever pour remplir leur deux assiettes.

—Je vais aller mettre ça de côté, pour leur ramener demain, dans ce cas ! Dit-elle rapidement, avant de sortir avec la cape pour la cacher quelque part et la dissimuler avant que Ron ait réellement l'idée de donner le vêtement de Drago Malefoy à Harry Potter.

Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire avec un manteau en cette saison de toute façon ? C'était insensé ! Elle secoua la tête. Elle ne savait pas ce qu'avait Ron ce soir, mais ç'aurait pu facilement tourner à la catastrophe…

Quand elle revint dans la cuisine, le roux se tenait devant son assiette, les couverts à la main et n'attendait visiblement que son feu vert pour pouvoir commencer à manger. Ce qu'il fit à la minute où Hermione s'assit devant lui.

—Bon appétit ! Grogna-t-il en enfournant sa fourchette dans sa bouche. Hum… C'est délicieux !

Hermione sourit en coin. Ron trouvait toujours tout délicieux. Ce qui était très arrangeant, car aucun des deux n'était un grand cuisinier.

—Je suis exténué, continua-t-il la bouche pleine. Aujourd'hui nous avons eu un monde fou à la boutique ! Ca se voit que les vacances scolaires ont commencé, le nombre d'enfants dans les rayons étaient impressionnants ! Le pire dans tout ça, c'est qu'il faut les surveiller… L'un deux à essayer d'essayer les échasses sauteuses en plein milieu du magasin ! Je ne te dis pas le temps que ça a pris de le convaincre lui et son père que c'était une mauvaise idée et que si c'était indiqué comme à ne pas utiliser en intérieur, c'était aussi valable dans le magasin…

Et Ron continua ainsi pendant tout le repas, Hermione ne lui répondant que vaguement, de temps en temps.

C'était quelque chose qu'Hermione trouvait assez fascinant, chez lui. Il pouvait se transformer en vrai moulin à paroles, parfois, et rien en général ne l'empêchait de parler, ou même de lui enlever son enthousiasme.

Alors qu'ils débarrassaient la table en se chamaillant, Hermione aillant retrouvé la capacité de lui faire remarqué qu'il ne devait pas utiliser la magie, elle se dit que finalement, cette journée avait été une bonne journée. Une journée avec sa petite dose de stress, mais une bonne journée.

Ils continuèrent ainsi à batailler un instant, Ron la chatouillant au niveau des côtes, son point faible. Et comme chaque fois qu'ils retombaient ainsi en enfance, tout finit par dégénérer.

Ron l'embrassa, d'abord doucement, puis plus passionnément, et ils finirent par gagner leur chambre, leur lit. Ils finirent par communier, par unir leur corps avec passion, avec énergie.

Quelques longs instants plus tard, Ron roula sur le dos et ils reposèrent un instant comme ça, pantelants, essoufflés et en sueur.

L'esprit vide.

Ou presque.

Pour la première fois, Hermione vit leur acte d'amour, plein de tendresse, pour ce que c'était. Un acte physique, purement et simplement.

—Je t'aime, Hermione.

Une sensation étrange, douce et amère tout à la fois, qu'elle n'avait jamais vraiment ressenti se glissa au creux de son ventre tandis que son petit-ami roulait sur le côté pour la serrer contre lui avec tendresse, lui réchauffant le cœur.

—Moi aussi, je t'aime.

Elle avait l'impression qu'il manquait quelque chose.

Mais quoi ?

A la prochaine ^^