Chapitre 14
Lorsque la deuxième porte métallique s'ouvrit devant lui, faisant rentrer un air délicieusement frais et salvateur, Hideyuki roula hors de sa cabine et se retrouva dos contre terre à contempler les nuages paresseux, reprenant son souffle. Il respirait difficilement, la douleur dans ses poumons était indescriptible et sa tête le lançait abominablement. Mais il était en vie.
Et soudain la peur surgit. Lui était encore en vie, pour le moment, mais les autres?
_ Hide! hurla Natsumi non loin de lui.
Au moins sa petite sœur n'avait rien, se dit-il, cherchant à se redresser mais n'y parvenant pas. Il entendit Rumiko crier également, et un grognement qui n'appartenait qu'à Genzo. Quelqu'un se mit à tousser, et Natsumi cria un "Masa!" paniqué.
Des pas précipités résonnèrent, de plus en plus proches, et soudain Rumiko surgit dans son champ de vision, s'agenouillant à ses côtés, l'air angoissée.
_ Hide, comment tu te sens? Qu'est-ce qui s'est passé?
Il voulut parler mais aucun son ne put franchir ses lèvres. Ses poumons torturés n'expulsaient pas assez d'air, et sa respiration était toujours difficile. Il secoua faiblement la tête. Rumiko pinça les lèvres et posa sa main sur son front.
_ Ça va aller, ne t'en fais pas. On va trouver ce qui vous est arrivé.
Un brusque remue-ménage près de lui annonça l'arrivée de Natsumi, soutenant un Masao très pâle qui toussait à fendre l'âme. Ce dernier s'écroula à côté de Hideyuki qui avait l'horrible sensation d'être paralysé, et continua à tousser. Puis Rumiko se leva et quelques secondes plus tard ramena Genzo qui avait l'air perdu et désorienté.
_ Bon sang, mais qu'est-ce qui s'est passé? voulut savoir Natsumi, au bord des larmes, soutenant toujours Masao en position assise pour soulager ses violentes quintes de toux.
_ Du gaz, souffla celui-ci entre deux quintes.
_ Et différent pour chacun d'entre vous, devina Rumiko en examinant les garçons. Moi je n'ai rien eu.
_ Moi non plus, dit Natsumi, bouleversée. On peut les soigner?
_ Tu as quelque chose dans ta trousse de secours?
_ Je... je vais regarder.
Hideyuki vit du coin de l'œil sa soeur, paniquant complètement, plonger dans son sac et en extraire sa trousse. Elle l'ouvrit et examina son contenu.
_ J'ai... un anti-tussif. Tiens, Masa. Prends-en une bonne dose.
Rumiko aida son cousin à avaler une large gorgée de sirop, et les quintes de toux de l'ado blond se calmèrent un petit peu.
_ Gen? s'enquit Rumiko, inquiète. Que t'arrive-t-il?
_ Je... je me sens... bizarre, bredouilla le géant qui vacillait, s'aidant de ses mains pour ne pas s'étaler par terre. J'ai... le cerveau... comme dans du coton... je suis léger...
Il se mit à rire brutalement, d'un rire sans joie qui glaça le sang de Hideyuki. Ce dernier ne pouvait toujours pas parler, ce qui le frustra. Mais les sensations commençaient à revenir dans ses mains et ses pieds. Peut-être son état n'était-il que temporaire?
Rumiko essaya de parler à son frère, mais il était toujours secoué par un rire nerveux, si bien qu'elle dut se résoudre à le gifler. Genzo s'arrêta net, se frotta la joue, et sembla revenir à lui.
_ Merci, dit-il finalement, gêné. Je... je ne sais pas ce qui m'a pris.
_ Ce n'est pas grave, Gen, le rassura Rumiko avec un sourire. Tu ne contrôles rien.
_ Non, en effet, admit son frère, dépité.
_ Hide? demanda Natsumi, se rapprochant de son frère mais surveillant Masao du coin de l'œil. Tu peux bouger? Et parler?
Sa voix ne fonctionnait toujours pas, mais il remua ses mains et ses pieds, et bientôt il put s'asseoir, soutenu par Rumiko. Il essaya de parler mais seul un borborygme se fit entendre, alors il renonça. Il se posait de multiples questions.
_ Bon, qu'allons-nous faire? s'interrogea Rumiko. Natsumi n'a rien de plus pour vous soigner, et d'ailleurs on ne sait même pas ce que vous avez inhalé.
_ Peut-être que... commença Masao.
Mais il fut brusquement interrompu par une forte musique surgissant de nulle part, et Hideyuki reconnut le thème musical de Panem dans le film Hunger Games. Iwagaki est un grand malade, pensa-t-il avec dégoût. Il savait que la musique précédait une annonce marquant le début des jeux. Et en effet...
_ Bienvenue, chers concurrents! résonna la voix amplifiée d'Iwagaki tout autour d'eux. Je suis ravi de vous accueillir aux tout nouveaux jeux de Shintaro! Vous inaugurez cette arène, et j'espère que vous saurez apprécier tout ce qu'elle recèle! Comme vous l'avez constaté, trois d'entre vous ont inhalé du gaz, un gaz différent pour chacun d'entre vous ainsi que l'a justement deviné la charmante Rumiko.
Hideyuki eut la confirmation qu'ils étaient bien filmés et écoutés en permanence, et échangea un regard significatif avec ses acolytes qui hochèrent légèrement la tête. Le malade mental continua sa logorrhée:
_ J'ai voulu ainsi pimenter un peu votre course à la survie. Vos trois éléments les plus forts sont désormais atteints par des neurotoxiques qui leur seront fatals dans un délai de vingt-quatre à quarante-huit heures, selon la constitution de chacun.
Il vit Natsumi et Rumiko échanger un regard affolé, et lui-même n'en menait pas large. Il allait mourir dans les heures qui allaient suivre, ce qui l'inquiéta non pas pour lui, mais pour sa sœur et sa cousine qui allaient se retrouver toutes seules entre les griffes d'un psychopathe. Mais la sinistre voix poursuivit:
_ Toutefois, vous avez une petite chance de guérison. Après tout, j'aime le sport, donc je vous laisse la possibilité de gagner. J'éprouve un amour véritable pour les prédateurs sauvages de notre chère planète, aussi vous ai-je fourni douze spécimens à côtoyer. Chacun d'entre eux est muni d'un collier auquel est fixé un petit étui. Trois étuis contiennent les antidotes aux gaz inhalés par trois d'entre vous, et les neuf autres contiennent un indice sur la composition de ces antidotes. Car évidemment ce sera à vous et vos brillantes cervelles de trouver quel antidote administrer à qui. Mais attention! Chaque dose d'antidote est conçue pour une seule personne. Vous n'aurez pas le droit à l'erreur. Ensuite, si vous parvenez à survivre, vous pourrez nous affronter, mes hommes et moi. Bonne chance!
La voix se tut. Le sadisme de leur ennemi époustoufla Hideyuki qui n'aurait jamais pu envisager un tel scénario machiavélique, mais l'espoir naquit de nouveau en lui. Tout n'était peut-être pas perdu. Mais ils allaient devoir se plier aux règles de leur tortionnaire, ce qui le faisait enrager. Et en plus, Masao, Genzo et lui étaient fortement diminués, donc le poids allait reposer sur les épaules de...
Et là il réalisa. Sa petite sœur et la fille qu'il aimait allaient devoir faire face à de dangereux animaux pour les sauver, au péril de leur propre vie. Et ça, il ne pouvait pas l'accepter. Il tapa dans ses mains, ce qui attira l'attention de ses comparses, fixa Rumiko et Natsumi tour à tour et secoua la tête. Ne faites pas ça, pensa-t-il très fort, espérant que sa sœur lirait dans son aura.
_ Que veux-tu qu'on fasse d'autre? s'énerva Natsumi qui avait visiblement reçu le message cinq sur cinq. Tu veux qu'on se cache dans un coin et qu'on vous regarde mourir? Laisse-moi te dire que c'est hors de question, Hide! Rumi et moi on fera ce qu'il faudra pour vous sauver.
_ Eh, je suis là! protesta Masao d'une voix cassée. Je ne suis pas encore mort, et ma toux s'est calmée. Tant que ça dure, je vais chasser le fauve avec vous.
_ Il n'y a pas que des fauves, lui rappela sombrement Genzo qui fronçait les sourcils, essayant de se concentrer. Mais je ne me rappelle plus...
_ Des ours, se remémora Rumiko, observant le paysage autour d'elle. Des loups, et des félins. Il va falloir les trouver.
_ Ce sont plutôt eux qui vont nous trouver, dit Natsumi, un air déterminé sur ses traits. Mais on doit être prêts. Les loups seront ensemble, et ils sont trois, si je me rappelle bien. Les autres animaux sont des solitaires, mais ils sont beaucoup plus gros. Il nous faudra être très prudents.
_ Bon, dit Masao après une énième quinte de toux. Par où on commence?
Hideyuki regarda autour de lui, examinant le paysage pour la première fois. Ils se trouvaient dans une clairière juste à côté du bâtiment de départ, et trois chemins s'enfonçaient dans les bois touffus qui la cernaient.
_ Aucune idée, fit Rumiko, lui jetant un coup d'œil en biais auquel il répliqua en haussant les épaules. Allons-y à l'instinct.
_ Alors Hide, dit Natsumi avec un faible sourire d'encouragement, tu passes devant.
Ce dernier, aidé des filles, se releva et constata avec satisfaction que ses jambes, bien que flageolantes, le portaient. Mais sa voix avait bel et bien disparu. Il devrait s'en accommoder. Masao se releva également, et il posa sa main sur l'épaule de Hideyuki.
_ Ça va aller, Hide?
Celui-ci hocha la tête et haussa un sourcil interrogateur.
_ Oui, ça va aller pour moi aussi. Genzo?
_ Je... je vais rester concentré, dit le géant, toujours un peu dans les vapes. J'ai... très envie de dormir... mais je vais avec vous.
_ Courage, grand frère, dit Rumiko, passant sa main dans le dos du géant. On veille sur vous.
_ C'est le moment de sortir nos armes, je crois, dit Natsumi, l'air sombre. Mais je n'en ai pas.
Hideyuki lui tendit son sac. Il était bien trop faible pour tenir une arme, encore moins tirer avec. Mais il réclama par signes la corde de Genzo, et ce dernier la dénoua de sa taille et la lui tendit après l'avoir ré-enroulée. Il fit un noeud coulant, ses mains tremblant désagréablement, mais satisfait de pouvoir au moins se rendre utile en essayant de jouer au lasso.
_ Tu es sûr, Hide? lui demanda Natsumi, hésitante, en sortant son revolver de sa boîte et en lui rendant son sac.
Il acquiesça et lui sourit. Elle lui rendit son sourire, un sourire très crispé mais dont il se contenta, et se tourna vers les chemins. Il ferma les yeux et laissa son instinct le submerger. Il avait un véritable don, il le savait, hérité de son père mais renforcé par l'intuition sans faille de sa mère. Il pensa brièvement à ses parents qui devaient se faire un sang d'encre pour eux. Les reverrait-il?
Concentre-toi, se morigéna-t-il. Tu n'es pas seul dans cette galère. Il fit le vide en lui, et un élan irrésistible le poussa vers la gauche. Il tendit le bras, désignant la direction à prendre, et Masao dit:
_ À gauche. Vers l'est, donc. On te suit, Hide!
Ils se mirent en marche. L'avancée était assez laborieuse. Hideyuki, bien qu'un peu mieux, avait toujours du mal à respirer et l'impression que ses jambes étaient en carton. À côté de lui, revolver pointé en avant, Masao était secoué de quintes de toux toutes les trente secondes, ce qui n'en faisait pas un tireur très efficace. Et derrière lui, Rumiko marchait en tenant la main de Genzo qui piquait dangereusement du nez et voulait parfois s'arrêter sans raison.
Leur progression était aussi ralentie par les obstacles qui se dressaient sur leur chemin. Des arbres couchés, des buissons épais et épineux, des murs de parpaings érigés au milieu de nulle part, des trous creusés et parfois dissimulés.
Le jour diminuait également très vite, et la lumière se raréfiait. Hideyuki était conscient que la plupart de leurs prédateurs chassaient la nuit, et qu'ils seraient plus vulnérables. Il tremblait de rage. Il voulait hurler de frustration, de douleur et de désespoir. Il avait conduit sa sœur et ses cousins dans un traquenard qui leur serait peut-être fatal, et il s'en voulait terriblement.
Soudain Natsumi fut à ses côtés et dit tranquillement:
_ Arrête ça. Je vois ton aura, tu le sais. Ne te sens pas coupable. On a voulu être là, nous aussi. On va gagner, tous ensemble. On va vous guérir, Masa, Gen et toi. Ne perds pas espoir.
Mais il eut du mal à garder espoir. Tout était de sa faute, il le savait. Et s'il arrivait quelque chose à l'un d'entre eux...
_ Ça suffit, Hide! lui jeta-t-elle plus violemment. Arrête tout de suite de te torturer! On est...
Elle se tut brusquement, et Hideyuki fit signe à tous de s'arrêter. Une masse imposante avançait précautionneusement dans les fourrés devant eux. Il prépara sa corde, et à côté de lui sa soeur leva le revolver chargé des fléchettes tranquillisantes spécialement adaptées pour armes à feu du Professeur. Du coin de l'œil il vit ses cousins se déployer sur les côtés, prêts à attaquer.
Et soudain, le silence. La bête s'était arrêtée. Trop silencieuse pour un ours, seule donc pas un loup. C'était un félin qu'ils allaient affronter. Et les plus petits d'entre eux, le lépoard et la panthère, pouvaient grimper aux arbres, ce qui n'arrangeait pas leurs affaires. Hideyuki savait qu'en règle générale, les animaux sauvages ne s'attaquaient pas aux humains. Cependant il y avait fort à parier que ceux qu'ils allaient rencontrer avaient été sous-nourris exprès, pour qu'eux-mêmes apparaissent comme des proies tentantes.
Aux aguets, il attendait, tendu. Et soudain le félin bondit. La lionne. Elle fit un bond formidable, au moins huit mètres, et il dut pousser sa sœur qui était figée de terreur. Elle tomba au sol, et il s'écarta juste à temps. La lionne passa entre eux. Puis il entendit un coup de feu au moment où elle touchait le sol, et elle émit un petit rugissement. Hideyuki vit l'impact de la fléchette sur son flanc. Masao avait fait mouche. Ils n'avaient plus qu'à tenir quelques secondes.
En fait, ils attendirent près de trois minutes, évitant les coups de pattes de la lionne furieuse qui bougeait de moins en moins, et Genzo évita une blessure d'un cheveu. Mais finalement elle s'endormit. Alors Rumiko s'approcha, caressa délicatement son pelage, émerveillée, avant de se diriger vers son cou et d'ouvrir l'étui.
_ Je l'ai, dit-elle, s'écartant à regret.
_ Combien de temps elle va dormir? demanda Natsumi, toujours un peu appréhensive.
_ Trois jours, répondit Rumiko, ouvrant la capsule dans sa main.
_ Quoi? s'écria Masao. Trois jours? Mais... tu es sûre qu'on ne l'a pas tuée? Et comment est-ce possible d'endormir un animal trois jours?
_ Tante Kazue a conçu cet anesthésiant, expliqua-t-elle d'un air distrait. Oncle Ryo me l'a dit. Le but était de mettre un gros animal hors d'état de nuire suffisamment longtemps pour avoir le temps de quitter son territoire à pied avant qu'il ne se réveille. Et la lionne va bien. Elle respire normalement, ne t'inquiète pas.
_ Je ne veux pas avoir le décès d'un membre d'une espèce menacée sur la conscience, c'est tout, se défendit le blond qui se remit à tousser.
_ Et c'est tout à ton honneur, sourit Rumiko. Bon, vous voulez l'indice?
_ On t'écoute, dit Natsumi, l'air enfin plus calme.
_ "Le rouge est la couleur du soleil levant.", lut-elle.
_ C'est tout? grimaça Masao, se faisant l'écho des pensées chaotiques de Hideyuki.
_ Oui, dit Rumiko, tournant la mince feuille de papier dans tous les sens. C'est tout. Il va nous falloir un peu plus d'indices.
_ Alors on y va, dit Masao, résolu, après un nouvel accès de toux. Le temps nous est compté.
Hideyuki hocha la tête en signe d'acquiescement, et chercha Genzo du regard. Et il vit ce dernier assis contre un arbre, endormi, dodelinant de la tête. Son cousin allait mourir en s'endormant, songea-t-il un peu envieux. Masao allait s'étouffer, ce qui serait tout bonnement horrible, et lui serait paralysé. Il sentirait la mort venir, si chacun de ses organes se figeait lentement, songea-t-il avec un peu d'effroi.
Se rabrouant mentalement, il se dirigea vers son cousin au bois dormant et le secoua durement. Genzo émergea difficilement, et murmura:
_ Hide, j'ai besoin de dormir. S'il te plaît.
Il secoua la tête et gifla doucement son cousin qui avait les paupières tombantes. Ce dernier se réveilla, le regarda longuement et lui chuchota en frissonnant:
_ Ne me laisse pas m'endormir, je t'en prie. Je risque de ne pas me réveiller.
Il lui serra l'épaule, lui indiquant qu'il avait compris. Puis il l'aida à se remettre sur ses pieds, et la petite troupe s'ébranla. Ils avançaient toujours vers l'est, à l'opposé du soleil couchant, et Hideyuki s'arrêtait souvent, à l'affût du moindre signe de présence d'un animal. Mais il se passa plus d'une heure sans que rien ne vienne perturber leur progression.
Et d'un coup, Masao et Natsumi, qui avaient pris la tête, disparurent, poussant un cri. Hideyuki se précipita, terrorisé, Rumiko et Genzo sur les talons, et s'arrêta au bord d'une fosse. Les deux cousins étaient trois mètres plus bas, et Natsumi se tenait la cheville en retenant tant bien que mal un gémissement de douleur. Masao se pencha sur elle, toussant fortement de nouveau:
_ Nat... kof kof... Ça va... kof?
_ Nat! Masa! appela Rumiko, remplaçant Hideyuki, malade de ne pouvoir émettre un son. Ça va?
_ Oui, dit Natsumi entre ses dents serrées, les joues baignées de larmes. Mais je crois que je me suis fait une entorse.
_ Moi ça va... kof kof... j'aurai un gros bleu... kof kof... sur le genou... kof.
_ Ouf, je suis rassurée, dit Rumiko alors que Hideyuki déroulait la corde de Genzo et que les deux garçons tiraient pour remonter Natsumi.
Hideyuki, concentré, ne décela l'attaque qu'au dernier moment. Il sentit la présence d'un animal dans son dos au moment où Natsumi atteignait le bord, et dut lâcher la corde pour se tourner et faire face à l'ennemi. Il vit que Genzo, lui, heureusement puissant, ne lâcha pas la corde et put attraper Natsumi et la tirer vers lui avant qu'elle ne retombe dans la fosse.
Et Hideyuki se retrouva renversé par un énorme tigre qui lui atterrit dessus. Le félin, qui devait peser dans les deux cent kilos, par chance n'avait pu anticiper le mouvement du garçon et ne l'écrasa pas totalement. Hideyuki avait son bras gauche coincé sous le fauve qui rugit et se débattit pour reprendre ses appuis et pouvoir lui sauter à la gorge.
Un deuxième coup de feu retentit, et le tigre du Bengale, touché, fit un mouvement circulaire avec sa tête, qui entra en contact avec la tempe du jeune homme. Avant de sombrer dans le néant et de sentir le poids du fauve peser plus fortement sur son bras douloureux, il entendit un double cri horrifié:
_ Hide!
