Note de l'Auteure: Tout d'abord, bonne année ! Ma résolution ? Ecrire plus ! (Enfin essayer...)

Ensuite, j'aimerais réitérer les warnings de cette histoire au vu de certains évènements dans les chapitres qui vont suivre, notamment les mentions de violence physique et psychologique, harcèlement, addiction, anxiété sévère.

Merci encore à MinnieMey, Fleur d'Ange et DI5M pour vos commentaires et à ma bêta pour la correction de ce chapitre ! Bonne Lecture !


XIV. Witches Better Beware

« Donc si je comprends bien, tu es devenu le petit-ami de Pansy Parkinson ? » demanda Harry d'une voix incertaine.

Ron Weasley hocha la tête distraitement, occupé à avaler de larges bouchées de porridge à la hâte.

Quelques minutes plus tôt, il avait fait une entrée remarquée dans la Grande Salle, main dans la main avec Pansy Parkinson. Ils avaient échangé un long baiser devant les regards effarés de leurs condisciples.

« Juste comme ça ? » insista Harry qui n'arrivait visiblement pas à concevoir l'idée.

« Hm hm. » acquiesça Ron. « Il faut que j'y aille, j'ai oublié mon grimoire de Botanique dans le dortoir. On se rejoint en cours ! »

Il attrapa son sac, termina d'un trait son verre de jus de citrouille et se dirigea vers la sortie de la Grande Salle.

Harry resta silencieux plusieurs minutes comme s'il tentait de résoudre une équation particulièrement compliquée.

« Je ne comprends pas. » déclara-t-il finalement. « Ginny, ça ne te choque pas ? »

« Je n'ai aucun commentaire à faire à ce sujet. » répondit Ginny.

Pourtant, ses lèvres plissées et son regard hostile témoignaient de sa réelle opinion sur le sujet.

« Mais je ne m'en fais pas, car leur amourette ne va probablement pas durer. » poursuivit-elle en haussant les épaules.

« Comment peux-tu en être aussi sûre ? » interrogea Harry.

« Harry, tu as vu le spécimen ? Ron pense que je suis fatigante. Qu'est-ce qu'il en sera de cette fille ? C'est une petite diva pénible et capricieuse. Je leur donne un mois maximum. » assura Ginny, visiblement très confiante.

« La différence entre elle et toi, c'est qu'il peut l'emballer à la fin de la journée pour la faire taire. » observa Harry avec amusement.

Ginny grimaça de dégoût.

« Répugnant, Harry. » objecta-t-elle avec aversion. « Vous m'excuserez, il faut que j'aille voir Draco. »

Harry observa Ginny s'éloigner en direction de la table de Serpentard.

« J'ai l'impression que c'est le monde à l'envers. Que fait-on des traditions ? Du temps où les Serpentard et les Gryffondor se détestaient cordialement ? » interrogea Harry, secouant la tête avec nostalgie.

« Ils viennent d'arriver, Harry. » répondit Hermione, comme si cela coulait de source. « Et Ginny ne sort pas avec Malfoy, du moins pas à ma connaissance. »

« C'est ce que je croyais aussi. Mais j'ai l'impression que ce n'est qu'une question de temps. Ils ne se sont pas lâchés d'une semelle pendant la fête de Davis. »

« Comment ça s'est passé, d'ailleurs ? » interrogea Hermione, l'air distrait. « J'ai complètement oublié que tu y étais allé. »

« Mon mariage sera probablement moins grandiose. » répondit Harry en levant les yeux au ciel.

« A ce point ? » s'étonna Hermione.

Harry hocha la tête.

« Qu'est-ce que tu as fait de ta soirée ? » interrogea-t-il.

Instinctivement, elle jeta un regard bref en direction de la table des professeurs.

« Hermione ! » s'exclama soudainement la voix d'Harry.

Prise de panique, Hermione se tourna vers lui.

« Ne me dis pas que tu as encore passé ton samedi soir à étudier ? » la réprimanda Harry.

Hermione faillit s'étrangler de rire.

« Je plaide coupable. » répondit Hermione d'un ton amusé.

Pendant qu'Harry lui donnait une leçon de morale intitulé ''comment être une adolescente de son âge'', ses pensées divaguèrent vers le souvenir de son samedi soir. Techniquement, il ne s'agissait pas vraiment d'un mensonge.

Encore une fois, elle avait retrouvé Sirius dans son bureau avec l'intention de continuer à travailler sur son projet spécial de DCFM. A peine avait-elle franchi la porte qu'il l'avait attirée contre lui pour un baiser fiévreux. Ils avaient passé des heures sur le vieux sofa de son bureau à s'embrasser langoureusement. Hermione avait quitté la pièce le corps brûlant et le cerveau émoustillé sous l'effet de ses étreintes.

Elle avait l'impression de perdre la tête lorsqu'elle se trouvait en sa compagnie. La sensation était étrange, effroyable et terriblement excitante à la fois. Il réveillait des sensations physiques chez elle qu'elle n'avait jamais connu.

Elle coula un nouveau regard vers la table des professeurs et cette fois son regard croisa le sien. Le cœur d'Hermione rata un battement face à l'intensité de ses yeux sombres. Elle tourna la tête, rougissante, massant distraitement sa nuque. Elle repensa aux baisers qu'il avait tracé le long de celle-ci. Ses baisers étaient vraiment d'un autre monde.

Elle avait senti son corps réclamer avantage mais il s'était montré ni pressant ni insistant avec elle et Hermione appréciait l'attention. Flirter et embrasser un professeur était une chose mais faire plus ? Si elle franchissait cette limite, il n'y aurait pas de retour en arrière.

Pourtant, Sirius ne serait pas son premier partenaire. A quinze ans, Hermione avait cherché à comprendre ces sensations nouvelles qui agitaient parfois son corps. Elle avait épluché des ouvrages entiers pour comprendre les dessous de la sexualité. Elle avait géré cela comme un projet scolaire supplémentaire, résolue à en connaître tous les détails. Elle avait appris énormément durant ses lectures, toutefois, sa frustration avait grandi à l'idée que ses connaissances restent uniquement théoriques.

Puis pendant l'été de sa cinquième année, la première occasion s'était présentée. Hermione habitait à Fort Wickdale, un petit village moldu du nord de l'Ecosse. Ses parents y avaient emménagé quelques années plus tôt pour ouvrir leur cabinet dentaire. Fort Wickdale était un village reculé et rien ne s'y passait généralement. Le supermarché le plus proche était à cinq kilomètres.

Grandir dans un endroit de ce genre n'avait pas été facile pour Hermione. Sa famille était souvent source de discussions parmi le village. Et pour cause, ce ''couple mixte avec la petite fille mulâtre'' déchaînaient les passions. Hermione n'avait jamais compris pourquoi – les Granger représentaient le cliché parfait de la famille moyennement aisée britannique. Ils s'étaient toujours fondus dans la masse dans la grande ville.

Même si les premiers mois à Fort Wickdale s'étaient révélés compliqués, avec les années, ses parents avaient gagné le respect du village du fait de leur profession. Accessoirement, les villageois étaient terrorisés à l'idée de voir des professionnels de la santé quitter la région. La mère d'Hermione gardait un sourire poli face aux remarques passives agressives des habitants de Fort Wickdale sur ses ''cheveux compliqués et indomptables'' ainsi que son prénom difficile à prononcer.

Si la plupart des adultes savaient, le plus souvent, faire preuve de retenue, il n'en était rien pour les enfants. Lorsqu'elle était entrée dans la petite école primaire de Fort Wickdale pour la première fois, elle était rentrée en larmes le soir-même. Régulièrement, elle était moquée pour sa chevelure bouclée et volumineuse qui empêchait ses camarades de voir le tableau en classe, ses dents trop grandes pour la moyenne et ses origines exotiques. Au fil des années, les remarques étaient devenues plus vicieuses.

Elle avait appris à apprécier la solitude, lassée d'être sans cesse l'objet de moqueries.

Son seul ami pendant cette période avait été Jamie Parridge, un autre souffre-douleur. Jamie était un petit garçon efflanqué avec des taches de rousseur si nombreuses qu'il avait presque la même couleur de peau qu'elle pendant l'été.

Elle avait vaguement gardé contact avec lui après son départ pour Poudlard et le voyait parfois pendant l'été lorsqu'elle rentrait à Fort Wickdale. Pendant le fameux été de sa cinquième année, suite à sa nouvelle obsession au sujet de la sexualité, Jamie lui avait paru comme une excellente personne pour pratiquer.

Après tout, ils étaient amis depuis longtemps et elle se sentait assez en confiance avec lui pour sauter le pas.

Sa première fois avait été bizarre et maladroite. Bien différente de ce qu'elle avait lu dans les dizaines d'ouvrages parcourus pendant l'année scolaire. Ils avaient été tous les deux gauches et sans expérience. Hermione se souvenait distinctivement d'avoir trouvé la chose particulièrement décevante. A cause de la description de certains livres, elle s'était attendue à quelque chose de grandiose. Une expérience mentale, physique et émotionnelle, causant un plaisir extrême et un abandon total.

Ils avaient essayé une seconde fois mais la nervosité de Jamie avait eu raison de lui et il avait eu quelques problèmes de fonctionnement. Hermione s'était alors lancée dans une longue tirade pour lui expliquer les causes et les effets de l'impuissance masculine, tirée de ses lectures sur la sexualité. Loin d'être rassuré par son explication, le visage du garçon avait pris une teinte écarlate et il avait paru particulièrement humilié. Il ne lui avait plus adressé la parole après ces évènements et elle avait perdu son seul ami à Fort Wickdale.

Elle avait connu son deuxième partenaire avant son entrée en septième année. Charles faisait un stage dans le cabinet dentaire de ses parents. Ils avaient passé leurs soirées ensemble pendant l'intégralité de l'été. Charles ne connaissait ni le village ni les environs et il avait paru content de pouvoir occuper ses soirées après les longues journées de travail au cabinet dentaire. Hermione, elle, avait été ravie à l'idée d'avoir quelqu'un à qui parler à Fort Wickdale, en dehors de ses parents. Charles avait quatre ans de plus qu'elle. Il venait de la grande ville et les filles du village n'avaient eu de cesse de jeter des regards pleins d'admiration mêlés à de la jalousie à Hermione lorsqu'elles le croisaient en sa compagnie.

C'était elle qui avait fait le premier pas. Il l'avait fait dans le bureau inoccupé du cabinet de ses parents, où un troisième dentiste s'installait deux mois dans l'année pour les aider. L'expérience avait cette fois été bien plus satisfaisante et elle s'était retenue de faire des remarques, après l'expérience désastreuse avec Jamie. Après ses deux mois de stage, Charles était retourné à Glasgow pour continuer ses études et ils avaient perdu contact, depuis.

Une chose était sûre, jamais elle n'avait ressenti l'ampleur du désir qu'elle nourrissait envers Sirius Black. Hermione s'étonnait de se languir constamment de son toucher. Son corps était en feu et traversé de palpitations incontrôlées lorsqu'il la touchait.

C'était exactement pour cette raison qu'elle devait être sur ses gardes. Elle était habituée à penser avec sa tête et non son corps et elle ne voulait pas prendre de décisions irréfléchies sous l'effet de ce désir qu'elle ne maîtrisait pas.

« Hermione, dis-le-moi si je te dérange. » lança la voix d'Harry, la sortant de ses pensées lointaines.

Elle reporta son attention sur son meilleur ami qui l'observait, un sourcil levé.

« Tu es bien dans la lune ces derniers temps. » fit-il remarquer.

« Désolée. » s'empressa-t-elle de déclarer. « Tu as terminé ton devoir de Sortilèges ? »

Parler des devoirs était une technique facile pour s'assurer qu'Harry arrête de lui poser des questions compromettantes. Il se confondit en justifications peu convaincantes avant de lui demander timidement s'il pouvait emprunter le sien afin de s'en inspirer. Hermione leva les yeux au ciel mais consentit à lui prêter son devoir terminé depuis la semaine précédente. Elle avait même ajouté un travail de recherche supplémentaire qui allait plus loin dans l'analyse du thème.

Lorsqu'elle passa dans le Hall pour rejoindre son premier cours de la journée, elle croisa une bande d'élèves devant le tableau des scores de Miss Fondatrice. A chaque moment de la journée, un attroupement d'élèves surexcités observait les points de chacune des candidates.

Le matin-même, elle avait entendu Lavande Brown et Parvati Patil raconter à tout le monde qu'Éloïse Midgen avait déclaré forfait pour des raisons inconnues.

Puis, plus tard dans la semaine, Susan Bones dût être évacuée en urgence de l'école après avoir avalé un gâteau offert par un admirateur secret. Apparemment, la boite ne précisait pas que la pâtisserie contenait des noix. Il provoqua une réaction sévère à l'allergie aux arachides de Susan Bones. L'infirmière ne fut pas en mesure de lui venir en aide et on fut forcé de l'envoyer en urgence à Sainte-Mangouste.

En rentrant dîner, Hermione s'arrêta devant le tableau des scores où un groupe de filles étaient agglutinées.


Miss Fondatrice

"Tableau D'honneur"


Daphné Greengrass – 265 points

Mandy Brocklehurst – 230 points

Millicent Bulstrode – 220 points

Tracey Davis – 195 points

Pansy Parkinson – 165 points

Ginevra Weasley – 160 points

Lavande Brown – 135 points

Hermione Granger – 120 points

Sally-Ann Perks - 80 points

Luna Lovegood – 55 points

Éloïse Migden – Éliminée/Forfait – 0 points

Padma Patil – Éliminée/Forfait - 0 points

Susan Bones - Éliminée/Forfait - 0 points


Seamus Finnigan, l'hôte principal de la radio Poudlard FM, faisait un commentaire quotidien sur l'avancement de l'élection.

« Encore du croustillant cette semaine chez l'élection Miss Fondatrice. Au sommet de la pyramide, Daphné Greengrass et Mandy Brocklehurst se mènent toujours une lutte acharnée pour le titre. Millicent conserve quant à elle sa place sur le podium. L'award du bond de la semaine est décerné à Tracey Davis qui a gagné 45 points en moins de vingt-quatre heures et qui atteint désormais la quatrième place du classement. Certains diront que sa fête d'anniversaire l'a aidée à passer ce cap. Probablement des jaloux qui n'ont pas été invités. J'y étais et je peux vous dire que vous avez tout raté ! Lavande Brown a perdu 50 points cette semaine chutant de… cinq places ! Du jamais vu dans la compétition. Comme vous le savez, j'accueille régulièrement certaines des candidates sur nos ondes. Aujourd'hui, c'est Luna Lovegood qui nous fait l'honneur de participer. Alors Luna, un commentaire exclusif à faire à nos auditeurs sur ton classement actuel ? » demanda la voix de Seamus.

« J'étais en treizième position il y a encore quelques semaines. Je suis maintenant en dixième. » répondit la voix rêveuse de Luna Lovegood.

« Tu réalises qu'il ne reste plus que dix candidates ? » fit remarquer Seamus.

« Oui, mais c'est une amélioration. » assura Luna.

Il eut quelques secondes de silence à l'antenne.

« Nos auditeurs admirent ton positivisme. » lança finalement la voix de Seamus. « C'était votre flash news quotidien sur l'élection Miss Fondatrice, sponsorisé par Epilvite, la gamme de produits qui fera de vos poils un lointain souvenir ! Et maintenant passons à notre courrier du cœur… »

Hermione leva les yeux au ciel en écoutant la voix provenant du poste de radio portable de Lavande Brown. Tous les jours, à la même heure, une bande d'élèves se réunissait autour du petit poste pour écouter le commentaire quotidien de Seamus sur Poudlard FM.

Elle avait eu l'espoir immense que cette élection devienne enfin quelque chose d'intéressant. Les opportunités mentionnées par McGonagall au début de l'année avaient semblé excellentes. Au fil des semaines, elle avait vu sa motivation baisser chaque jour un peu plus. Hermione avait l'impression de passer inaperçue derrière ses compétitrices. Elle ne voulait pas faire campagne en se basant sur des stupidités, comme les autres.

Une chanson des Bizzar' Sisters résonna sur le poste de radio, l'arrachant de ses pensées. Hermione jeta un regard à l'horloge de la salle commune, placée au-dessus de la cheminée.

Son cœur fit un bond lorsqu'elle vit l'heure et elle s'empressa d'attraper son sac et de se diriger vers le trou du portrait.

Quelques minutes plus tard, elle fut accueillie par le visage séduisant de Sirius Black. Cette fois, il resta à une distance polie et ne l'embrassa pas pour la saluer. Même si elle ne voulait pas l'avouer – elle en fut un peu déçue.

Après tout, il fallait à un moment ou un autre qu'ils avancent réellement sur ce club de DFCM. Leurs dernières rencontres avaient consisté en une séance de baisers passionnés et peu d'avancement sur le plan scolaire.

Hermione fut distraite pendant la majorité de la soirée. Il fallut que Sirius fasse des signes devant son visage à plusieurs reprises pour attirer son attention. Finalement, il s'interrompit, visiblement découragé.

« Hermione, tu n'es pas concentrée. » fit-il remarquer.

Se tutoyer avec Sirius avait été étrange au début – plus étrange que de l'embrasser pour dire vrai.

« Je suis désolée, je suis un peu distraite, aujourd'hui. » s'excusa-t-elle.

« Que se passe-t-il ? » insista-t-il. « Tu es visiblement préoccupée. Laisse-moi t'aider. »

« Tu vas trouver ça stupide. » assura Hermione avec un soupir.

« A moins d'en juger. » répliqua-t-il.

« C'est à propos de l'élection. J'étais persuadée que cette année serait différente. Qu'ils cherchaient une personne différente. Pas une autre princesse superficielle sans intérêt. » admit Hermione d'un ton découragé.

« Je te l'ai dit Hermione, tu as quelque chose que les autres n'ont pas. Mais la différence entre ces filles et toi, c'est qu'elles croient en leur chances et qu'elles comprennent qu'il faut s'adapter. » dit-il avec patience.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » objecta Hermione, un peu heurtée.

« Tu ne peux pas attendre que tout le monde te remarque sans rien faire pour te faire remarquer. » déclara Sirius. « Tu as des forces, utilise-les. »

Hermione garda le silence, réfléchissant à ses paroles. Il était vrai qu'elle n'avait pas été aussi proactive qu'elle aurait pu l'être. Les autres candidates se faisaient voir, mettant en place des stratagèmes parfois douteux.

« Il va falloir que tu commences à être un peu égoïste. C'est une compétition. » rappela Sirius.

Il avait raison. Elle méritait sa place autant que ces filles. Elle aussi pouvait remporter l'élection.

Sirius avait cette habilité à lui faire ressentir des émotions positives – la sensation d'être désirée, d'être unique. En sa présence, sa confiance en elle grandissait et elle avait l'impression d'être à la hauteur.

Hermione posa soigneusement sa pile de parchemin sur le sol puis elle se tourna vers Sirius, croisant ses yeux sombres. Cette fois, ce fut Hermione qui initia le baiser, pressant ses lèvres contre les siennes avec ferveur. Lorsqu'elle s'écarta pour reprendre son souffle, elle ne manqua pas la lueur de convoitise dans les yeux de Sirius.

Sans rompre le contact visuel avec lui, Hermione prit une grande inspiration puis elle esquissa un geste vers son propre chemisier, le déboutonnant lentement. Le vêtement tomba à ses pieds et elle se pencha de nouveau vers Sirius.

Elle était prête.


Destinatrices : ''Pouvoir aux femmes''


Pansy écrit :

Vous avez remarqué que Granger se pavane comme si elle était la propriétaire des lieux ces derniers temps ?

Daphné écrit :

J'ai du mal à comprendre pourquoi, son classement n'est pas fameux.

Millicent écrit :

Elle vient de gagner une place dans le classement.

Pansy écrit :

Dépasser Lavande Brown n'est pas un exploit. Quoique… C'est vrai qu'elle prend de la place.

Millicent écrit :

Tu as la mémoire bien courte, Pansy. Je te rappelle que Lavande Brown était devant toi il y a encore quelques temps.

Tracey écrit :

D'ailleurs comment a-t-elle fait pour perdre cette quantité de points en si peu de temps ?

Daphné écrit :

McGonagall l'a entendue prononcer des mots indignes d'une vraie lady. D'ailleurs, je ne savais pas que Brown avait un vocabulaire aussi fourni. Je suis encore sous le choc.

Tracey écrit :

Ça ne lui ressemble pas, pourtant.

Daphné écrit :

A sa décharge, Pansy l'avait provoquée. Elle l'a traitée de – je cite les termes exacts ''une grosse ringarde qui fout la gerbe''

Millicent écrit :

Du Pansy tout craché.

Daphné écrit :

Brown lui a répondu d'aller faire quelque chose de particulièrement vulgaire et qui, sérieusement, semble physiquement impossible mais j'applaudis son imagination. McGonagall est passée à ce moment exact et l'a entendue. Vous connaissez la suite.

Pansy écrit :

Je dis tout haut ce que les gens pensent tout bas. D'ailleurs, le monde ne serait pas ce qu'il est si tout le monde faisait preuve de mon honnêteté.

Tracey écrit :

Tu n'es pas honnête, tu es juste méchante, Pansy. Mais on t'aime comme ça.

Pansy écrit :

Ce n'est pas de la méchanceté si c'est la vérité.

Millicent écrit :

Comment fait ton petit ami pour te supporter, Pansy ?

Daphné écrit :

Je ne me remets toujours pas du fait que tu sortes avec le frère de Weaslette. C'est du pur génie. Elle doit enrager.

Tracey écrit :

Quand est-ce que tu nous le présentes, au fait ? Nous n'avons pas apposé notre sceau d'acceptation sur cette union. Tu es supposée respecter la tradition.

Daphné écrit :

C'est toujours elle qui a quelque chose à redire sur les choix amoureux des autres.

Millicent écrit :

Elle ne va pas vous répondre, les filles. Je suis à côté d'elle et ils ont commencé à se bécoter. Ils en ont probablement pour deux bonnes heures.

Daphné écrit :

Vous leur donnez combien de temps ?

Tracey écrit :

3 mois.

Millicent écrit :

Wow, tu es positive Cece ! Moi je le leur donne trois semaines, elle aura ses prochaines règles à cette date. Elle devient un monstre quand elle les a.

Tracey écrit :

Je ne sais pas ce qui est pire – qu'on parie sur la vie amoureuse de Pansy ou que tu connaisses aussi bien son cycle menstruel, Millicent.

Millicent écrit :

On voit que tu n'es pas sa voisine de dortoir ! J'évite le dortoir pendant cette période – elle est juste horrible. J'ai toujours peur qu'elle pète un plomb et me poignarde dans mon sommeil.

Daphné écrit :

Personnellement, je leur donne deux mois.

Tracey écrit :

Pari tenu !

Daphné écrit :

Celle qui perd paye la tournée au prochain brunch.


Millicent ferma son journal lorsqu'elle entendit le grincement de la lourde porte donnant accès au sommet de la Tour d'Astronomie. Elle vit Terrence Higgs s'approcher d'elle, tout sourire. Il brandit un sac transparent.

« L'encens de Trelawney. » annonça-t-il d'un ton victorieux.

« Tu es vraiment l'homme de la situation. » déclara Millicent, un air d'approbation visible sur son visage.

« J'espère que ces heures supplémentaires de Divination Avancée ont vraiment valu la peine. » répondit Terrence.

Il leva sa baguette dans l'air et un cercle semi-transparent, semblable à un sort de protection, s'érigea autour d'eux. Ils se retrouvèrent enveloppés dans une bulle transparente.

« La traque de McGonagall continue ? » demanda Millicent avec amusement.

Elle observa Terrence tandis qu'il plaçait les bâtons sur un porte-encens avant de le poser au sol.

« Oui, mais elle a l'air d'avoir baissé la garde. » répondit-il. « Théodore dit qu'il faut patienter encore une semaine ou deux et ça devrait être bon. On pourra recommencer à se défoncer en toute tranquillité. »

Depuis l'article scandale de Rita Skeeter dans Sorcière Hebdo et ses révélations sur la présence de substances illicites dans l'enceinte de l'école, McGonagall s'était lancée dans une traque sévère avec Rusard, le concierge de l'école.

Théodore Nott, qui fournissait des substances diverses et variées aux élèves de l'école, appelait ces temps difficiles ''La Grande Prohibition'' d'un ton dramatique. En attendant, il s'était lancé dans la concoction et la vente de potions artisanales. Malheureusement pour Théodore, les affaires n'avaient pas décollé. Quand Flora Carrow s'était retrouvée à imiter un canari pendant son cours de Sortilèges, il avait dû revoir sa préparation secrète.

« C'est tellement discriminant. » acheva Terrence d'un air blasé.

« C'est vrai qu'on ne de fait mal à personne. » renchérit Millicent.

Dans la bulle protectrice, la fumée de l'encens s'était rapidement diluée et Millicent inspira une bouffée de l'air.

« Planant. » commenta Terrence.

La fumée de l'encens ne se dissipait pas dans l'air lorsqu'ils expiraient mais restait dans la bulle. Sans doute à cause de cette méthode d'ingestion, l'encens sembla les frapper plus fort et plus vite que d'habitude.

Millicent se détendit, plongée dans des pensées lointaines. Son amoureux secret comme se plaisait à le prénommer Pansy avait été un peu distant ces derniers temps et elle n'était pas certaine de savoir pourquoi. Elle n'avait jamais eu de problèmes à se montrer entreprenante avec les garçons. Mais cette fois, c'était différent et elle n'avait pas envie d'apparaître comme une idiote désespérée. Elle l'appréciait vraiment, probablement même plus.

Il faut savoir se faire désirer, c'est la base, prétendait souvent Pansy.

Elle adorait donner des conseils non sollicités en relations amoureuses à qui avait le malheur d'en parler. Millicent n'avait jamais porté attention à ses conseils douteux mais pour une fois, elle ne trouvait pas son conseil si mauvais.

Il lui avait à peine adressé la parole ces derniers jours et elle n'était pas certaine d'avoir fait quelque chose pour causer son éloignement.

Certes, elle n'avait pas arrêté de voir d'autres garçons à côté mais ce n'était pas comme si la relation qu'ils avaient était exclusive. Ils n'avaient pas encore eu cette conversation.

Elle soupira. Ses relations amoureuses avaient toujours été compliquées. Elle évitait de trop s'attacher aux garçons qu'elle fréquentait. Il était plus facile de rester sur le charnel, et ne pas s'embrouiller avec des sentiments. Elle avait l'impression de ne pas être émotionnellement capable d'assumer une relation. Comment était-ce possible avec toutes ces pensées macabres qui lui pourrissaient l'existence ?

« Je suis vraiment loin. » commenta Terrence.

Sa voix ramena Millicent à la réalité. Ses membres semblaient planer à quelques mètres du sol. Elle était si légère. Ils restèrent deux heures ainsi, couchés sur le sol dur du haut de la tour, fixant les étoiles brillant dans la nuit noire.

Comme quasiment à chaque fois, leur séance de défonce termina en bécotage, et Millicent retint son souffle lorsque Terrence esquissa un geste pour retirer sa petite culotte. Elle rejeta sa tête en arrière tandis que ses doigts la caressaient lentement.

Puis il s'arrêta brusquement et s'écarta d'elle avec un hurlement, faisant sursauter Millicent. Elle se redressa, effarée. Terrence toussait bruyamment, la main posée sur sa bouche et son nez.

« Tout va bien ? » demanda-t-elle, confuse.

Il remonta son pantalon à la hâte, le visage écarlate, puis s'empressa de ramasser ses affaires sur le sol.

« Je…je…j'ai oublié que j'avais un truc à faire. » articula-t-il.

Son visage était pâle – comme s'il était malade et il se précipita vers la porte de la Tour, manquant de s'étaler par terre au passage.

Elle secoua la tête, encore estomaquée par ce qu'il venait de se passer. L'encens l'avait probablement frappé plus sévèrement que d'habitude. Trop intoxiquée pour pouvoir y réfléchir davantage, elle se rhabilla à son tour et rejoignit les escaliers de la Tour.

Le lendemain, elle se réveilla plus tard que d'habitude et constata que Pansy avait déjà quitté le dortoir. Après sa douche, elle rejoignit la salle commune de Serpentard. Elle croisa les sœurs Carrow qui gloussèrent bêtement à son passage.

A son entrée dans la Grande Salle, elle fut parcourue par un sentiment désagréable. Des têtes se retournaient sur son passage, des petits rictus moqueurs apparaissaient au coin des lèvres, et des chuchotements étouffés se faisaient entendre.

Elle repéra ses amies installées au milieu de la table de Serpentard. Alors qu'elles semblaient en grande conversation, elles se turent lorsqu'elle arriva. Millicent prit place aux côtés de Daphné.

« Je rêve ou tout le monde est bizarre, aujourd'hui ? » lança Millicent, l'air déconfit.

Aucune réponse ne parvint de la part de ses amies.

« Qu'est-ce qu'il vous arrive, ce matin ? Et pourquoi tout le monde me fixe comme si j'avais une maladie grave ? » insista Millicent.

Elle vit ses amies s'échanger des regards gênés.

« Est-ce que vous allez me dire ce qui vous prend pour l'amour de Merlin ? » s'exclama Millicent, dont l'irritation commençait à grandir.

Cette impression d'être une bête de foire la mettait extrêmement mal à l'aise. Sentir que les regards étaient fixés sur elle sans explication était frustrant. De toute évidence, quelque chose n'allait pas.

« Comment te dire ça Millie… » commença Daphné d'une voix hésitante. « Ça peut arriver à tout le monde. Je suis sûre que si tu y fais un peu attention, ça ne sera plus un problème. »

« Tu parles en gobelin, Daphné. » coupa Millicent, l'air agacée.

Pansy posa son verre de jus de citrouille, levant les yeux au ciel, comme si elle était fatiguée de voir Daphné tourner autour du pot.

« Terrence Higgs a raconté à tout le monde que tu sentais une certaine odeur sous la ceinture. » répondit-elle.

« Une odeur ? » répéta Millicent, choquée. « Quelle odeur ? »

« Ça dépend des versions. Certains parlent de doxy en décomposition, d'autres de goules des cavernes. Tu sais comment se passent les ragots. Les versions sont toujours exagérées. » commenta Pansy.

Tracey adressa un regard accusateur à cette dernière.

« C'est…C'est complètement faux. » balbutia Millicent, mortifiée.

« Il est rentré dans la salle commune hier soir, on aurait dit qu'il avait vu un mort. Il a vomi dans l'un des pots de plantes. » continua Pansy. « Urquhart lui a demandé ce qui n'allait pas et il a parlé de votre…interaction. Urquhart l'a ensuite raconté aux jumelles Carrow et tout le monde le sait, depuis. »

« Franchement tu aurais pu lui dire avec un peu plus de tact ! » accusa Tracey en fronçant les sourcils.

« Hey, je ne fais que répéter ce que j'ai entendu ! Elle allait le savoir tôt au tard ! » protesta Pansy.

Elle haussa les épaules.

« N'empêche, on me traitait de méchante quand je te conseillais d'aller te faire dépister et voilà dans quelle situation tu te retrouves. Franchement, vous devriez écouter mes conseils, plus souvent. » renchérit Pansy.

Millicent tourna la tête et constata que des regards étaient rivés sur elle. Elle croisa le regard de Terrence qui détourna la tête avant de se pencher sur la table, comme s'il était saisi d'un haut-le-cœur.

Ils avaient forniqué des dizaines de fois, et il ne s'était jamais plaint de quoi que ce soit. Il avait probablement fait une mauvaise réaction à l'encens de la veille.

« Ça doit être tellement humiliant. Je crois que je me serais jetée de la Tour d'Astronomie si j'étais à ta place. » révéla Pansy d'un ton dramatique.

Millicent se releva d'un bond, humiliée. Elle quitta la grande salle en trombe, les regards et les chuchotements audibles sur son passage.

/

Daphné aurait sans doute pris le temps d'éprouver de l'empathie pour son amie face à cette situation humiliante si elle n'avait pas des problèmes personnels plus pressants à régler. Sa demi-sœur Astoria était arrivée la veille à Poudlard, en fin de soirée. Elle était actuellement dans le bureau de McGonagall afin de régler certaines formalités.

« Vous pensez que je suis allée trop loin ? » demanda Pansy.

« Sans blague, Pansy. » ironisa Tracey en secouant la tête. « Tu ne peux pas faire preuve de tact au moins cinq minutes dans ton existence ? »

« Au moins, je suis honnête avec elle. »

Tracey leva les yeux au ciel. Personne ne serait capable de faire comprendre à Pansy que ses remarques étaient inappropriées.

« Tu sais si Asticot s'est déjà faite répartir ? » demanda Tracey en se tournant vers son amie.

Daphné secoua la tête.

« Pas encore. McGonagall lui laisse vingt-quatre heures pour le faire. »

« Tu sais quelle maison elle va choisir ? » demanda Tracey avec curiosité.

« Aucune idée. Mais si elle sait ce qui est bien pour elle, elle ne demandera pas à se faire répartir à Serpentard. » assura Daphné, des menaces audibles dans sa voix.

« Imagine si c'était le cas. Toutes les choses horribles qu'on pourrait lui faire pendant son sommeil. » s'extasia Pansy avec excitation. « On pourrait par exemple lui raser la tête pendant qu'elle dort. »

A leur dernière rencontre, le soir du dîner avec son père et Blaise, Daphné avait été très claire avec sa demi-sœur sur les mois à venir. Elle comptait bien lui faire payer ses indiscrétions avec son ex.

« Tu ne vas plus t'en sortir entre elle et Weaslette. » commenta Tracey.

Daphné hocha la tête, avec un moment de réflexion.

« C'est marrant, ça fait un moment qu'on n'a pas entendu parler de Weaslette. »

« Elle a dû comprendre la leçon qu'on lui a donné. » répondit précipitamment Pansy. « Elle a probablement lâché l'affaire. »

Daphné fronça les sourcils, peu convaincue. Ginny Weasley semblait être le genre de fille qui était incapable d'abandonner. Daphné avait du mal à croire qu'elle ait déclaré forfait. Elle avait toutefois d'autres chats à fouetter et ne pouvait pas se préoccuper du silence soudain de Weasley.

Elle repéra Astoria à sa sortie de la Grande Salle, en grande discussion avec deux filles de sixième année.

« A Ilvermorny, nous avons des cours différents et le programme est beaucoup plus flexible. » expliquait-elle avec enthousiasme.

Elle s'interrompit en voyant Daphné s'approcher.

« Hey, sœurette ! » s'exclama-t-elle.

En temps normal, Daphné ne lui aurait pas adressé la parole mais elle était curieuse de savoir dans quelle maison sa demi-sœur avait été répartie. Daphné jeta un regard entendu aux deux filles qui semblèrent comprendre le message et s'empressèrent de s'éloigner.

« A bientôt, Astoria ! » salua l'une d'elle avant de s'éloigner.

« Je vois que tu organises déjà ta secte. La collecte de membres se passe bien ? » demanda Daphné d'un ton méprisant.

« Non, sœurette, je n'aimerais pas te voler la vedette. Après tout c'est ton école, pour l'instant. Ensuite, si les élèves veulent un autre type de leadership, je n'y peux rien. » ajouta Astoria d'un ton faussement complaisant.

Daphné réprima son envie de répliquer. Malgré son air ingénu et son ton innocent, elle savait qu'Astoria faisait tout pour la provoquer.

« Ne m'appelle pas comme ça en public. » cracha-t-elle. « Je ne suis pas ta sœurette. Ce n'est pas parce que mon père a eu un moment de faiblesse, qu'il a sorti ta mère de l'égout dans lequel elle se trouvait et qu'elle a écarté les jambes sans retenue que ça fait de nous des sœurs. » assura-t-elle d'un ton vicieux, le regard empli de hargne.

« Humm biologiquement parlant, si. » fit remarquer Astoria d'un ton guilleret. « Tu es juste furieuse que je sois l'autre héritière de Papa. Il faut que tu apprennes à partager, Daphné. Tu ne peux pas tout avoir. »

« Oh crois-moi, la première chose qu'on fera lorsqu'on parlera d'héritage, c'est te faire passer un test ADN. » assura Daphné d'un ton venimeux.

Astoria sembla déstabilisée par cette remarque et sa réaction réjouit Daphné. Sa demi-sœur la regardait avec circonspection, comme si elle n'était pas certaine que Daphné soit sérieuse.

« Alors, tu t'es déjà fait répartir dans une maison ? » demanda Daphné, après avoir savourée ses quelques secondes de victoire.

Astoria hocha la tête avec enthousiasme.

« Poufsouffle. » annonça-t-elle fièrement, levant une écharpe en tricot aux teintes jaunes et noires. « C'est la maison la plus cool. »

« Poufsouffle ? » répéta Daphné avec dédain. « Tu ne connais pas la définition de loyauté. »

Astoria semblait sur le point de répliquer mais elle se ravisa lorsque Blaise arriva à leur hauteur.

« Salut Blaise. » dit-elle d'un ton mièvre.

« Salut. » répondit rapidement ce dernier, lui adressant à peine un regard.

Il se tourna vers Daphné.

« Je t'attendais pour aller en cours. » dit-il.

Daphné hocha la tête, adressant un dernier regard empli de mépris à sa demi-sœur avant de suivre Blaise en direction des escaliers.

« J'ai pensé qu'il serait mieux de mettre un terme à votre conversation. Je ne savais pas combien de temps vous pouviez discuter avant de vous entretuer. »

« Tu es tellement prévenant, mon amour. Mais je ne m'abaisserai jamais à l'attaquer en public. Elle ne mérite pas que je passe mes prochains weekends en retenue. » assura-t-elle entre ses dents.

Daphné n'était pas stupide. Elle comptait bien faire souffrir sa demi-sœur. Il lui fallait juste trouver un moyen fourbe, discret et durable. Si elle jouait bien ses cartes, on ne pourrait pas remonter jusqu'à elle et son père n'aurait rien à lui reprocher.

Sans surprise, Daphné ne vit pas Millicent de toute la journée. Elle ne se présenta à aucun cours qu'elles avaient en commun. Tracey et Pansy se disputèrent toute la journée. Tracey reprochait à Pansy d'avoir manqué de tact au sujet de l'affaire. Pansy répliqua que Millicent avait besoin d'amies honnêtes, pas d'hypocrites qui préféraient tourner autour du pot. Daphné n'intervint pas dans leurs chamailleries et écouta d'un air distrait la chronique de Seamus Finnigan qui retentissait dans le poste de radio de la salle commune.

« Daphné ? » s'éleva une voix distante, la sortant de sa léthargie.

Elle leva les yeux et son attention se porta sur Archie Urquhart, un Serpentard de sixième année.

« Je peux te parler une seconde ? En privé. » ajouta-t-il à voix basse en jetant un regard entendu en direction de Pansy et Tracey.

Elles avaient cessé de se disputer à l'arrivée d'Urquhart et l'observaient désormais avec curiosité. Daphné hocha la tête et suivit Urquhart vers le trou du portrait. Ils marchèrent vers les cachots en silence et lorsqu'ils s'arrêtèrent à l'ombre d'une alcôve. Urquhart jeta des regards autour de lui, ne semblant pas à l'aise.

« Tu vas en venir aux faits, oui ou non ? » s'impatienta Daphné, croisant les bras.

Urquhart ouvrit sa robe de sorcier et en extirpa un fascicule qu'il tendit à Daphné.

« Qu'est-ce que c'est ? » interrogea Daphné avec curiosité.

« Ce que tu m'as demandé sur Ginny Weasley. » annonça-t-il.

Quelques semaines plus tôt, elle avait missionné Urquhart pour lui apporter le dossier scolaire de Ginny Weasley. La mère d'Urquhart occupait un poste à responsabilités au service de l'Éducation Magique au Ministère et avait accès à une multitude d'informations confidentielles sur les étudiants du Royaume-Uni. Évidemment, il ne l'avait pas fait de bonté de cœur. Daphné avait dû lui faire du chantage pour qu'il s'exécute. Deux ans plus tôt, elle l'avait surpris dans le couloir menant au dortoir des filles de Serpentard. Il espionnait des élèves de deuxième année par le trou de la serrure.

Daphné esquissa un geste pour s'emparer du dossier mais Urquhart le tint fermement. Daphné leva un sourcil interrogateur.

« Tu m'as dit qu'on serait quitte si je te donnais ça. Et si je t'aidais à piéger Éloïse Midgen, à la fête, aussi. » insista-t-il.

« A moi d'en décider. » répliqua Daphné d'une voix glaciale avant de tirer sur le dossier d'un geste sec.

Elle ouvrit le fascicule et commença à le parcourir des yeux. Après quelques minutes de silence, Urquhart l'interrogea :

« Alors ? J'ai fait ce que tu voulais, hein ? Nous sommes quittes ? »

Daphné referma le dossier d'un geste ferme puis un sourire malveillant apparût sur ses lèvres. Le contenu était plus intéressant que ce qu'elle avait imaginée.

« Oh Urquhart, nous sommes plus que quittes. » assura-t-elle avec satisfaction, une lueur sombre animant son regard.


J'espère que cela vous a plu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! A très vite,

Fearless