Une fois n'est pas coutume, je met encore une éternité à poster.
Je crois que je vais finir par m'excuser à chaque chapitre, parce que ce n'est plus possible comme ça... Enfin, pour ma défense, les études prennent du temps. Et je me suis aussi laissé entraîner dans l'écriture d'un OS parodique qui fait à présent 4 chapitres - non terminés. Vous le sentez, le comique de répétition sur mes "petits écrits"?
Enfin bref, je réponds à mes guests-adorés qui sont toujours présents malgré mon retard considérable, et je vous laisse en profiter!
Guest: Merci pour ta review! Eheh, le mystère reste entier, et je ne peux malheureusement rien te dire pour le moment au risque de spoiler le reste des lecteurs. Mais, tout ce que je peux dire: c'est que certaines personnes ont trouvés (avec de l'aide, n'est-ce pas les deux du fond?) Enfin, voilà la suite, qui n'apportera rien à cette intrigue mais qui te plaira quand même j'espère...
Sur ce, bonne lecture!
Présidentielle.
« Tu sais pourquoi je t'ai convoqué.
- A vrai dire, pas vraiment Grand Pope. »
Shion regarda Saga d'un air parfaitement ennuyé, une lueur de lassitude brillant au fond de ses yeux. Bien sûr qu'il ne savait pas… Il poussa un profond soupir, servit deux tasses deux thé et lui fit signe de s'asseoir en face de lui.
« Bien sûr que non, maugréa-t'il, vous ne savez jamais rien de toute façon… »
Si il l'avait convoqué dans son bureau, loin des autres chevaliers d'or et de leurs frasques fatigantes, c'était pour une bonne raison. Le pauvre Saga, lui, n'en menait pas large, se demandant bien ce qu'il avait pu faire comme bêtise encore, lui qui pourtant faisait tout pour être le meilleur chevalier. Le nom de Kanon lui vint à l'esprit rapidement, et il grinça des dents alors qu'il se demandait si son frère n'avait pas encore une fois essayé de lui porter préjudice. Il était mignon le cadet, mais ses petites farces commençaient à lui courir sur le système.
« Bon, Saga, reprit Shion en lui tendant une tasse de thé. Je voulais savoir si tu t'ennuyais au Sanctuaire.
- Pardon ?
- Je voulais savoir si quelque chose te déplaisait. »
Le Gémeau cligna des yeux, avant d'attraper la tasse d'un geste lent et suspicieux. Si il s'ennuyait au Sanctuaire ? Il ne comprenait pas où voulait en venir son Grand Pope.
« Non, pas du tout non, répondit-il sincèrement. Je ne comprends pas, vous aurai-je contrarié ?
- Pas vraiment, soupira Shion. J'aimerais surtout comprendre ceci. »
Et il lui tendit un petit carton de couleur, que Saga s'empressa de saisir. Il eut un petit silence, et la couleur de peau du Gémeau passa de clair à légèrement rougissant au fur et à mesure qu'il détaillait le papier. Shion sentit ses lèvres s'étirer dans un rictus alors qu'il regardait son chevalier perdre de sa superbe. Ces jeunes pensaient vraiment pouvoir faire leur petite affaire dans son dos ? C'était mal le connaître. Il savait tout – ou du moins presque tout – et même si Saga ne l'avait pas vraiment contrarié, il avait besoin de quelques explications.
« Donc, reprit-il en lui prenant doucement le carton des mains. Depuis quand est-ce que tu te présentes aux élections présidentielles grecques ? »
Saga poussa un soupir à fendre le cœur, certainement plus embêté de s'être fait attraper que s'être présenté aux élections. Il parut réfléchir un instant, comme pour peser ses mots avant de parler et Shion patienta. Il but une gorgée de son thé, se faisant la remarque que de toute manière, il avait toute la journée pour avoir une réponse et qu'il pouvait bien attendre aussi longtemps que nécessaire.
« Alors ?
- D'accord, d'accord… c'est vrai, je me présente aux élections présidentielles.
- Tu sais qu'il faut avoir 40 ans pour se présenter ?
- …
- Ne me dis pas que tu as triché d'une quelconque manière.
- Je n'ai pas triché ! s'insurgea Saga. J'ai… arrangé certaines choses. »
Shion poussa un énième soupir. Non, effectivement Saga ne trichait pas… Il en était incapable. Il manipulait, tuait, et usurpait la place des autres mais il ne trichait pas. Ce qui était tout à son honneur d'ailleurs. Cependant, il devait reconnaître qu'il ne savait pas si il devait s'inquiéter ou si il devait laisser passer. Il y avait peu de chance que le chevalier devienne président de toute façon… n'est-ce pas ?
« Tu as arrangé les choses, répéta Shion d'une voix calme. Je vois…
- Je vous assure, Grand Pope, qu'excepté ce petit écart, je suis parfaitement les règles du jeu.
- Un jeu ? »
Le Gémeau eut un léger tic : son sourcil tressauta légèrement, symbole du fait qu'il était légèrement mal à l'aise. Il but à son tour, et reprit la parole devant un Shion qui ne savait pas si il devait l'encourager à continuer, ou tout arrêter immédiatement.
« Le terme n'était peut-être pas approprié… reconnut-il calmement. Mais j'estime ma candidature extrêmement sérieuse, et je compte bien aller jusqu'au bout.
- Je vois.
- Vous n'êtes pas fâchés ? s'inquiéta le chevalier.
- « Fâché » n'est pas le mot, essaya de le rassurer Shion malgré lui. Surpris, et circonspect je dirai. Mais dis-moi, tu penses vraiment pouvoir diriger un pays tout entier à ton âge ?
- J'ai bien dirigé un Sanctuaire pendant 13 ans. »
… Ce qui n'était pas faux. Outre sa vilaine manie à vouloir tuer tous ceux qui s'opposaient à ses plans maléfiques, il l'avait même plutôt bien dirigé. Shion commença à sentir un mal de crâne pointer alors que Saga le regardait avec toute la confiance et fierté dont-il était capable.
« … Certes, conçut-il. Mais tu peux comprendre que je reste un peu inquiet ! Même si j'estime que tu… es capable de grandes choses, diriger un pays et un Sanctuaire, ce n'est pas la même chose. »
Il ne voulait pas l'encourager dans cette histoire de présidentielle, mais il ne voulait pas non plus détruire toute la confiance qu'avait son chevalier. Shion était conscient : c'est qu'il était parfois sensible le petit Saga. Et puis, plus il discutait avec lui, plus il se disait que Saga à la tête d'un pays entier serait certainement une mauvaise idée. Surtout qu'avec cette histoire d'arrangement pour les 40 ans, il n'était pas sûr que tout finisse bien…
« J'ai parfaitement étudié, si cela peut vous rassurer, se défendit Saga. Je ne fais pas ça sur un coup de tête !
- … Je m'en doute…
- Je connais l'économie, la politique, l'histoire du pays… Et puis, ne pensez-vous pas que ce serait plus facile pour le Sanctuaire d'avoir un chevalier à la tête du pays ? En tant que président, je pourrai débloquer des fonds pour nous. »
Et le pire dans tout ça, c'est qu'il n'avait pas tout à fait tort. Mais Shion ne pouvait se permettre de céder, il se devait d'essayer de le faire entendre raison. Même si il y avait peu de chance qu'il passe les premiers tours, il venait à se dire qu'on parlait de Saga… et que ce dernier savait être très persuasif quand il le voulait.
« Oui, mais… Nous ne dépendons pas d'un pays en particulier, nous dépendons de la déesse et de la Terre. Si tu venais à prendre la tête du pays, cela signifierait que le pays pourrait se servir de nous comme soldat, ou comme moyen de persuasion… ! Et ce n'est pas ce que nous recherchons. Nous sommes parfaitement neutre dans les conflits purement humain. Lier le Sanctuaire à la politique du pays, ce serait nous vendre.
- … Asgard n'est-il pas lié à la Norvège pourtant ? »
Shion voulut se frapper la tête sur la table. Pourquoi est-ce qu'il avait toujours réponse à tout ? C'était insupportable.
« Asgard n'est pas vraiment lié à la Norvège, ils ne peuvent interférer dans les affaires du pays. D'ailleurs, il me semble que le pays n'est même pas au courant de son existence… !
- Donc… soupira Saga avec méfiance, vous pensez que je devrai abandonner.
- … Je pense que tu devrais te concentrer sur autre chose, de peut-être moins… compliqué, lui expliqua Shion en priant intérieurement pour qu'il abandonne l'idée. Regarde Kanon, il a ouvert une pâtisserie ! Même si je suis assez surpris par cette idée, elle n'en reste pas moins… inoffensive.
- Alors là, je n'en serai pas si sûr », maugréa le chevalier.
Le Grand Pope fronça les sourcils et posa doucement sa tasse de thé, à présent inquiet.
« Comment ça ?
- Voyons Grand Pope, on parle de Kanon. Je mettrais ma main à couper qu'il utilise cette… pâtisserie pour faire diversion.
- Mais pour quoi faire ?
- Dominer le monde ? »
Shion arqua un sourcil. Est-ce qu'il se moquait de lui, ou est-ce qu'il était sérieux ? Il observa pendant quelques secondes Saga, et se rendit compte que ce dernier était on-ne-peut-plus-sérieux. Par Athéna, le chevalier des Gémeaux était donc réellement premier degré. Il comprenait mieux pourquoi Dohko revenait de certaines missions avec lui plus épuisé que jamais. Son sarcasme constant devait toujours être pris au pied de la lettre… Grand bien lui fasse, le chevalier de la Balance dépassait parfois le 4ème degré.
Mais là n'était pas la question.
« Bon, soupira Shion, je m'occuperai de Kanon plus tard. Il nous reste encore cette histoire de présidentielle à régler.
- Je vous assure que j'arriverai à tenir toutes mes obligations de chevalier Grand Pope. Je peux faire les deux ! »
Le vieux chevalier fit la moue. Décidément, il était bien campé sur son idée. Il poussa un soupir, attrapa sa tasse de thé et réfléchit à un moyen de le faire changer d'avis. Saga en tant que président grec était tout sauf une bonne idée, et il craignait à présent qu'il se fasse élire plus facilement que ce qu'il croyait. Soudain, il quelque-chose lui frappa l'esprit. Et si… ? Il masqua un petit sourire, et lui dit :
« Tu sais, en tant que président, tu devras discuter avec tes premiers ministres, commença-t'il. Et d'autres présidents.
- J'en suis conscient.
- Des humains. Normaux, et pour la plupart ayant un égo dépassant celui de ton frère. Qui ne croient certainement pas en Athéna, et qui te casseront les pieds sur des histoires de pourcentage de vote et de problèmes commerciaux…
- … Certes.
- Et qui vont certainement se moquer de « tes croyances envers un dieu archaïque et oublié de tous ».
- Athéna n'est pas archaïque ! s'indigna Saga. Et nombreux sont les dirigeants à avoir plié le genou. »
Par Hadès, il s'était renseigné, bougonna intérieurement Shion. Voilà qui allait être compliqué. Cependant, il avait plus d'un tour dans son sac. C'est pourquoi il en rajouta :
« … Et je me demandais, tu en as parlé avec Aioros de cette idée ? Parce que gouverner un pays c'est une chose, mais j'imagine que tu voudras t'entourer de certains de tes camarades… Et puis, sachant que tu devras briser ton serment de chevalier, ça risque de faire des vagues. »
Et là, Saga tiqua. Shion eut un sourire victorieux, et se dépêcha de le faire faner en se cachant derrière sa tasse de thé. Il laissa poindre un silence entre eux deux, puis reprit doucement :
« Tu ne lui en as pas parlé n'est-ce pas.
- Il… hésita Saga. Ça ne le regarde pas. »
La mine boudeuse et les bras croisés, le chevalier évitait soigneusement son regard. Quelque-chose clochait, comme si…
Shion voulut se frapper la tête contre la table.
« Saga.
- Oui ?
- Ne me dis pas que vous vous êtes encore disputés.
- …
- Et que tu te présentes à ces élections pour lui prouver qu'il a tort.
- … … Soit, je ne le dirai pas. »
D'accord, là il comprenait mieux d'où sortait cette histoire d'élection, et pourquoi ça ne tenait pas debout. Bien sûr que Saga ne se serait jamais permis de quitter le Sanctuaire – même si c'était pour diriger un pays – sans raison particulière. Il avait peut-être encore quelques envies de domination, sa fierté était en général plus forte. Et qui d'autres étaient capable de piquer sa fierté au point de lui faire faire une stupidité inconsciemment ? Aioros. Bien sûr, il était sûr que le chevalier ne l'avait pas délibérément poussé à se présenter, mais il avait dû dire quelque-chose qui avait vexé le Gémeau.
« … Donc, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Rien de ce qui ne vous regarde, maugréa le chevalier.
- Saga, tu es à la limite de briser ton serment de chevalier, bien sûr que ça me regarde. Je te repose donc la question : qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Il eut un moment de silence durant lequel le Gémeau se trémoussa légèrement sur sa chaise, mal à l'aise. Un tic, un froncement de sourcil, et enfin il s'autorisa à parler :
« Il m'a expliqué que diriger n'était pas pour moi, et que je n'avais pas l'âme d'un leader.
- Vraiment ? s'étonna Shion ; qui fut surpris d'entendre qu'Aioros pouvait tenir de tels propos.
- … non, mais il l'a sous-entendu. »
Le Grand Pope poussa un long, long soupir. Il se prit la tête dans les mains, tenta de mettre son esprit au clair et s'autopersuada de ne pas en prendre un pour frapper sur l'autre. Aioros, aussi adorable était-il, pouvait parfois être maladroit, mais Saga était premier degré. Et les deux ensemble… Pouvait parfois amener à des quiproquos plutôt cocasses.
Il aurait dû le voir venir, ce n'était pas comme si c'était la première fois.
Ses chevaliers étaient vraiment nuls au niveau relationnel. Il allait devoir leur prendre des cours, sinon l'un d'entre eux allait finir par déclencher une guerre à cause d'un simple mot de travers.
« Tu sais quoi ? finit-il par reprendre d'une voix faussement douce, je suis certain qu'Aioros ne voulait pas dire ça. Tu sais qu'il s'inquiète pour toi, et qu'il est un peu gauche dans ses propos lorsqu'il s'agit de personne à qui il tient.
- On n'a plus 13 ans… bougonna le chevalier avec toute la mauvaise foi dont il était capable.
- Saga.
- … Excusez-moi. »
Ce n'était plus du coaching relationnel mais des thérapies de couples qu'il allait commander. Mais maintenant il comprenait mieux pourquoi les chevaliers de bronze pouvaient être aussi effrayé par les chevaliers d'or : de véritables têtes de mules doté d'une puissance nucléaire et à la sociabilité d'un petit pois, c'était inquiétant. Il poussa un soupir – sûrement le 100ème depuis le début de cet entretien – et avala une gorgée de sa tasse de thé alors que Saga s'apprêtait à prendre la parole.
« D'accord, reconnut-il enfin, la présidentielle n'est pas une très bonne idée.
- A la bonne heure ! s'exclama Shion en reposant sa tasse avec une joie difficilement dissimulée. Même si tu aurais fait un excellent président, je reste persuadé que tu es meilleur chevalier. Et ne penses-tu pas que c'est ce qu'Aioros voulait dire ?
- … Peut-être.
- Tu devrais aller le voir, il doit s'inquiéter… Tu connais son côté chevaleresque, il ne peut pas s'en empêcher. Surtout envers les personnes qu'il apprécie… »
Une rougeur passa sur les joues de Saga, qui croisa les bras avant de secouer la tête d'un air embarrassé.
« Vous… vous avez raison, c'était même totalement stupide, je me suis laissé emporter. Je vous prie de me pardonner pour cet écart.
- Je peux laisser passer, mais j'aimerais à l'avenir que tu évites ce genre de chose. Et puis ce n'est pas comme si les chevaliers compétents couraient les rues ces temps-ci… »
C'était bas de sa part, mais il fallait bien les caresser dans le sens du poil à un moment ou à un autre. Shion avait vite compris : un coup une menace, un autre coup une récompense. C'était la seule façon de les tenir un minimum sans qu'un pays n'explose. Dohko lui dirait certainement qu'il exagérait encore, mais il avait tenu un Sanctuaire pendant une bonne centaine d'année – et plus. À force, il avait compris la mécanique…
Et visiblement, ça marchait si il en croyait la petite lueur qu'il voyait dans les yeux de son chevalier.
Parfait.
« Tu peux disposer maintenant, continua-t'il. Au passage, est-ce que tu as ton dernier rapport de mission ?
- Je vous apporte ça dans la soirée. »
D'un geste élégant et fier, Saga se releva avant de s'incliner poliment devant son supérieur, et quitta la pièce avec ton la stature dont il pouvait faire preuve. Shion le regarda s'éloigner puis, une fois certain que la porte ait bien claqué et qu'il soit bien seul, rejeta la tête en arrière et étouffa un râle en prenant sa tête entre les mains.
Il n'en pouvait plus.
Quelques jours plus tard.
Shion, en compagnie de Dohko, triait la tonne de courrier qu'ils avaient reçu en ce jour. Les sourcils froncés, on pouvait aisément deviner que la tâche n'était pas aussi simple et agréable que ce qu'on aurait pu croire, étrangement. Soudain, le visage du chevalier de la Balance se fit de plus en plus grave alors qu'il parcourait des yeux ce qui ressemblait à un petit carton publicitaire.
« … Shion ?
- Hm ?
- Tu savais que Saga se présentait aux élections présidentielles américaines ?
- … »
Il eut un moment de silence durant lequel Shion dévisageait son ami. Un ange passa, puis deux, et le Grand Pope enleva très lentement ses lunettes pour se frotter les yeux.
Et d'un seul coup, se précipita hors de la pièce.
« Je vais les tuer. »
Dernier blabla:
Merci le discord pour vos superbes idées de plot! Même si à cause de vous j'en ai un peu trop en stock, j'ai de quoi faire en cas de besoin...
En tout cas, encore merci de me suivre! Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente fin d'année, et je vous dis à très vite pour 2020! Profitez bien des fêtes, ne mangez pas trop, ne buvez pas trop et faites attention à vous.
Je tiens à vous remercier sincèrement, tous autant que vous êtes, pour votre présence et vos encouragements dans ce recueil à la parution bien trop lente. Merci d'être là, merci de lire ces bêtises que j'écris entre deux révisions à des heures pas possible, merci pour tout!
Sur ce, des bisous et à la prochaine!
