Miou tout le monde !

J'espère que je suis pas trop à la bourre pour poster... Pas grand-chose à dire aujourd'hui, alors prenez soin de vous et profitez de la vie !

Disclaimer : HAHAHA. Nope. Toujours pas à moi.


Le contact de la peau du grec sur la sienne engendra un frisson qui l'envoya à un rien de la jouissance. Haletant, le mage tourna la tête vers lui pour obtenir l'accès à ses lèvres, mais le grec se retira juste ce qu'il fallait pour être hors de portée.

- Je mets une condition, déclara Héraklès.

Il n'avait éloigné que son visage, et sa main commença à intensifier les caresses qu'il appliquait à l'entre-jambe de son allié. La respiration toujours erratique, le mage lui indiqua silencieusement de poursuivre.

- Enlève ton masque. Je veux voir la personne avec qui je fais l'amour.

Une seconde passa, puis Sadiq ôta de sa main libre l'accessoire qui couvrait son visage. Il dévoilait ainsi un visage magnifique, dominé par deux yeux d'un brun presque ambré qui semblaient flamboyer de désir. Le grec parvint presque à rester impassible, mais sa bouche s'entrouvrit légèrement. L'ottoman était un véritable appel à la concupiscence et au plaisir charnel.

- Satisfait ? répondit-il en plantant son regard brûlant dans celui d'Héraklès.

Le grec ne répondit pas, mais se rapprocha pour trouver les lèvres tentatrices de son allié. Sadiq lui facilita la tâche et l'emporta progressivement dans une série de sensations chaudes et puissantes, auxquelles Héraklès n'essaya pas de résister.

Une main glissa sensuellement jusque sur ses fesses, l'invitant à coller davantage son corps à celui du mage. Pendant ce temps, l'autre trouvait le moyen de parvenir derrière sa nuque pour mieux contrôler la force qu'il mettait dans leur baiser.

Et quel baiser. Sadiq jouait avec sa langue comme un virtuose, cherchant à la fois à désorienter et à subjuguer son partenaire. Les rares respirations que les deux nations prenaient ne servaient bien souvent que de prétexte pour mieux retourner s'explorer. En un sens, ils étaient deux aimants irrésistiblement attirés l'un par l'autre, et chaque séparation n'avait pour seul effet que d'augmenter le désir qu'ils avaient de se retrouver.

Aucun des deux ne faisait plus le moindre effort pour se juguler ou réfréner son envie de l'autre et de son corps. Alors que leurs mains caressaient presque frénétiquement le corps à leur disposition, Héraklès grimpa d'un mouvement souple au-dessus du mage. En partie pour lui laisser une plus grande marge de manoeuvre pour ses caresses, et en partie pour une autre raison qui fit rapidement gronder l'ottoman.

- Héraklès... menaça-t-il.

Un sourire moqueur fut sa seule réponse, sans aucun effet sur l'action du grec. Celui-ci profitait de sa position pour frotter leurs érections l'une contre l'autre, en sachant parfaitement que son désormais amant était bien plus proche de la jouissance que lui. La respiration de Sadiq devint de plus en plus erratique, mais il refusait catégoriquement l'idée de laisser le premier round à son allié. Plusieurs siècles de rivalité laissent leurs marques, même dans ce genre de moment...

Alors qu'Héraklès continuait ses mouvements de bassin aussi réguliers que sensuels, il s'interrompit pour un hoquet de surprise et se cambra d'un coup sous l'effet d'une caresse imprévue mais terriblement agréable. Un sourire suffisant aux lèvres, l'ottoman vint lascivement murmurer quelques mots à l'oreille de son allié.

- N'oublie pas à qui tu as affaire.

Le grec tenta de lui envoyer un regard furieux, mais ne réussit qu'à moitié lorsque le mage recommença son mouvement. Obnubilé par son envie de jouer avec le plaisir de Sadiq, il en avait oublié qu'il s'envoyait en l'air avec un magicien. Et même affaibli, n'importe quel mage est capable de faire apparaître des objets simples en toute circonstance. Comme un petit flacon d'huile, par exemple. De là à en enduire discrètement ses doigts pour commencer à stimuler en douceur l'entrée de son intimité...

A partir de là, une forme de défi implicite se mit en place entre les deux alliés et amants, pour savoir lequel des deux parviendrait à faire jouir l'autre en premier. Et même si Héraklès partait avec un avantage certain, il avait également passé plusieurs jours pendant lesquels sa frustration avait été mise à rude épreuve. Et il avait l'impression tenace que Sadiq savait d'intuition où et comment lécher, mordre ou caresser pour stimuler au mieux son plaisir. Comme si son corps n'avait pas de secret pour lui.

Le mage céda toutefois en premier, suite à une série de caresses manuelles aussi déloyales qu'orgasmiques. La sensation de son amant se déversant tout contre son propre sexe eut un effet électrisant sur Héraklès, qui résista moins de dix secondes avant de mêler sa propre semence à celle du mage.

L'un sur l'autre, ils se regardèrent un instant, à la fois shootés par l'endorphine, légèrement frustrés par cette victoire aux allures d'égalité, et toujours pas rassasiés sexuellement. Le grec retourna s'étendre sur les coussins, le temps de reprendre son souffle.

- Tu te défends bien, admit Sadiq en souriant.

- Je sais, répliqua Héraklès. Toi aussi.

Ils prirent à peine le temps de s'essuyer avant de recommencer à s'embrasser et à caresser l'autre. Leur proximité forcée des derniers jours avait eu pour effet d'exacerber leur envie, et il ne fallut pas beaucoup d'attentions pour que leurs sexes se dressent de nouveau.

Sadiq commença à faire descendre sa main, tout en douceur, sur le torse de son amant. Lorsqu'elle arriva sur sa cuisse, son regard changea pour se faire plus intense, plus dominateur. D'un geste, il força Héraklès à s'allonger sur le dos, puis écarta ses cuisses pour se positionner entre ses jambes et commença à frotter son membre sur l'intimité du grec. En soupirant, celui-ci le regarda d'un air amusé et ne put s'empêcher de lancer une pique.

- Impatient ?

- Pas toi ? répliqua le mage avec les yeux brillants.

Héraklès soutint son regard environ cinq secondes, puis ses yeux devinrent fiévreux, et il attrapa la nuque de Sadiq pour le plaquer contre lui.

- Ça fait plus d'un quart d'heure que tu me prépares, fit-il en embrassant son cou. Je commençais à penser que tu n'en avais pas envie.

Le mage ne se le fit pas dire deux fois et pénétra son amant, sans précipitation mais plus vite qu'il ne l'aurait fait en d'autres circonstances. Une fois enfoncé jusqu'à la garde, il eut presque l'impression qu'il allait venir immédiatement. Sous le double effet de la surprise et d'une légère douleur, Héraklès était totalement contracté autour de son sexe. L'ottoman pouvait presque sentir une forme de pulsation dans la chair qui emprisonnait son membre, et cet effet décupla son plaisir.

Héraklès avait enfoncé ses ongles dans le dos de son amant. Il ne s'était pas attendu à une telle réaction et se retrouvait piégé dans un maëlstorm de sensations jouissives malgré une vague douleur. Sadiq lui laissa cependant le temps de s'habituer à sa présence, temps pendant lequel le grec put à loisir observer les efforts que faisait son amant pour se contenir, et l'air extatique qui rayonnait sur son visage.

L'espace d'un instant, d'un battement de coeur, Héraklès réalisa à quel point l'ottoman était beau. Il le réalisa de la même manière que l'on redécouvre une oeuvre d'art familière, en se demandant comment on a pu passer à côté d'une telle évidence pendant si longtemps.

Sadiq sentit une différence dans l'attitude de son amant, mais fut incapable de déchiffrer ses pensées, trop concentré sur son propre contrôle. Très doucement, il se mit à bouger et sentit l'étau de chair qui l'emprisonnait se desserrer peu à peu.

La lenteur des va-et-vients ne dura que peu de temps, juste celui nécessaire à ce qu'ils s'habituent l'un à l'autre. Ensuite, Sadiq commença à accélérer le rythme, tout en restant régulier. Fidèle à sa réputation, le mage cherchait progressivement la vitesse, la force, l'intensité des coups de reins qui provoquaient le plus de plaisir chez son amant. Tout en l'embrassant dès qu'il en avait la possibilité.

Héraklès ne tarda pas à être submergé. C'était comme si Sadiq était capable de déceler chacun de ses points faibles, chacune de ses zones érogènes, chaque minuscule différence qui faisait basculer une sensation d'agréable à incroyable. Chacun de ses gestes semblait à la fois naturel et calculé pour envoyer son partenaire au septième ciel. Le grec eut bientôt l'impression de voir les étoiles à chaque déhanché de son amant.

Le mage se sentait également transporté par le plaisir. Jamais aucun de ses amants n'avait pu le combler comme le faisait Héraklès. Son allié répondait à chacune de ses caresses, devinait ce qui lui plaisait et répondait à son désir avec une passion inégalée. Contrairement à beaucoup d'autres, le grec ne se contentait pas de supporter ses attentions et la présence de son sexe en lui, il intervenait et lui rendait son désir avec ferveur, alternant les caresses et une masturbation de son propre sexe dans une vision qui semblait relever du fantasme plus que de la réalité. C'était bien plus intense que ce qu'il avait espéré. Plus fort émotionnellement aussi.

Le temps d'une seconde, d'un minuscule instant de lucidité, Sadiq se demanda combien de temps il avait cherché quelqu'un qui serait capable de lui donner ce qu'Héraklès lui offrait en ce moment. Quelqu'un qui le complèterait, qui le comprendrait et le comblerait.

L'ottoman se remit à observer son amant, essouflé contre lui, et sentit son propre coeur s'emballer en voyant son visage transformé par le plaisir. Héraklès avait les yeux mis-clos, les lèvres rouges de l'avoir trop embrassé et il serrait les dents pour ne pas gémir. Il incarnait le péché charnel dans toute sa splendeur, et le mage sentit qu'il ne tiendrait plus longtemps avec une pareille vision qui accompagnait ses mouvements.

Héraklès finit cependant par jouir le premier, ennivré par la performance hors norme de son amant. Celui-ci, en sentant les contractions provoquées par l'orgasme du grec, le suivit en quelques secondes.

Sadiq se retira lentement, et s'allongea contre son désormais plus qu'allié. Un soupir de contentement lui échappa, et il porta la main d'Héraklès à ses lèvres pour y déposer un léger baiser, les paupières closes. Le grec le regarda faire et attendit que l'ottoman rouvre les yeux pour lui adresser un regard curieux.

Le mage planta son regard de feu dans celui d'Héraklès.

- Est-ce que tu as la moindre idée de ce que tu viens de me donner ?

- Le moyen de ne mettre ni Zeus ni Héra en colère contre toi ?

Sadiq sourit. Même dans des circonstances pareilles, son adversaire de toujours trouvait le moyen de lui envoyer des piques. Ceci étant, s'il souhaitait jouer...

- Tu ne l'as vraiment fait que pour m'épargner une colère divine ? fit-il en se lovant davantage contre son amant.

- Disons que ça a influencé ma décision, répliqua le grec en souriant.

- Et... tu serais intéressé pour le refaire sans ce genre d'influences, à l'occasion ?

- Tu veux vraiment qu'on ait cette discussion maintenant ?

Le mage grimaça.

- Peut-être pas, non. Petit-déjeuner ?

Héraklès acquiesça pour marquer son approbation, et se redressa lentement pour s'étirer pendant que le mage remettait distraitement son masque. Lorsque celui-ci dissimula de nouveau les traits du mage, le grec détourna les yeux pendant un instant. Il sentait que la vision de deux yeux ambrés qui le fixaient risquait de ne pas quitter son esprit de sitôt.

Un petit-déjeuner et un retour triomphal de chasseur félin plus tard, les deux nations entreprirent de retourner à leur mission, en évitant soigneusement le sujet de ce qui s'était passé un peu plus tôt. Cela n'empêcha pas Sadiq de recevoir une série de feulements après que Kida soit allée se lover dans les bras d'Héraklès. Il décida de les ignorer royalement et retourna plutôt à ce qui les préoccupait désormais le plus. La rencontre et le défi du dieu des morts et des enfers.

- Hadès est un dieu particulièrement intelligent et retors, indiqua le grec. Honnêtement, je n'ai aucune idée du type d'épreuve qu'il choisira. En supposant qu'il accepte de nous aider.

Le mage soupira.

- Espérons simplement qu'il acceptera en te voyant. Et que son défi n'exigera pas trop de mes capacités magiques.

Héraklès secoua doucement la tête.

- Tu parles d'un des trois rois des dieux grecs. Je doute qu'il mette à l'épreuve une des compétences déjà éprouvées par ses frères.

- Où veux-tu en venir ?

- Je veux dire qu'il est très peu probable que son défi repose sur la magie ou la force. Il mettra plus probablement l'accent sur la ruse et la réflexion. Il a un talent certain pour mettre les gens au pied du mur et exploiter leurs faiblesses, ajouta le grec avec un sourire ironique.

- Et Perséphone ?

Son allié se crispa légèrement.

- Perséphone ?

- C'est sa reine, non ? Du peu que j'en sais, la déesse du printemps est connue pour sa douceur et son empathie. Elle pourrait faire pencher la balance en notre faveur, qu'est-ce que tu en penses ?

Le visage d'Héraklès s'assombrit légèrement et il resta silencieux pendant une minute ou deux. Finalement, il prit une grande inspiration.

- Nous sommes en été. Perséphone doit être chez sa mère, Déméter.

- Même Hestia est descendue de l'Olympe pour nous voir, objecta l'ottoman. Elle peut en avoir fait autant.

- En supposant qu'elle retourne aux enfers le temps de cette épreuve, quoi qu'il arrive, n'essaie pas de la persuader de nous aider.

- Pourquoi ?

- Hadès est du genre... protecteur. Avec la réputation que Zeus t'a faite, le dieu des morts risque de mal prendre le fait que tu parles à sa reine, ironisa Héraklès.

- Je vois. Et si toi, tu essaies d'obtenir son soutien ?

- Il vaudrait mieux éviter.

- Pourquoi ? Les dieux t'apprécient, Hadès ne s'enflammera pas si tu t'adresses à Perséphone.

Le grec regarda son allié comme s'il refusait de voir l'évidence, soupira et secoua la tête.

- La déesse du printemps a une influence énorme sur le caractère et les décision d'Hadès, c'est indéniable. Mais l'inverse est vrai aussi. Ils sont mariés depuis plusieurs siècles, c'est plus que suffisant pour que Perséphone ait perdu la naïveté qui la caractérisait autrefois.

Un silence s'installa, pendant lequel chacun se plongea dans ses propres pensées. Héraklès contemplait le ciel, et Sadiq l'océan. Le mage était un peu vexé de ne pas avoir compris dès le départ pourquoi son allié était réticent à l'idée de gagner le soutien de la reine des enfers. Dans tous les cas, mieux valait pour lui qu'il se fie à l'intuition du grec.

- Dis... commença Héraklès.

Un peu surpris, Sadiq se tourna vers lui. Son allié semblait légèrement hésiter sur l'attitude à adopter. Pour l'encourager, l'ottoman posa sa main sur la sienne et lui sourit. Entre ce par quoi ils étaient passé ces derniers jours et ce qui les attendait encore, autant qu'ils se fassent confiance. Au moins un peu.

- Ton masque... s'il ne sert pas à cacher quelque chose, pourquoi est-ce que tu...

- Pourquoi est-ce que je le garde tout le temps ? acheva Sadiq.

Le ton du mage était devenu légèrement sec et il s'était rembruni. Avouer ce genre de secret à celui qui était son adversaire depuis toujours ne faisait pas exactement partie de ses plans. Il se surprit pourtant à répondre sans hésiter.

- C'est un des plus puissants artefacts magiques qui existent encore à l'heure actuelle. En plus de protéger mon identité, il me permet de stocker une quantité presque illimitée d'énergie magique. Dans certains cas, il peut aussi contenir des enchantements simples qui s'appliquent directement à moi, indépendamment de ma volonté. C'est très utile pour des petits détails, comme ne pas le perdre ou ne pas avoir à le nettoyer.

Héraklès enregistra l'information en silence. Bien qu'il tente de garder une apparence impassible, il fut trahi par un miaulement frustré de Kida. La demoiselle n'appréciait guère que sa séance de caresses et gratouilles soit interrompue d'un coup.

- J'apprécierais que tu gardes cette information pour toi, ajouta le mage avec un sourire complice.

- Personne n'est au courant ?

- Trois ou quatre personnes dans le monde, en t'incluant.

- Et tu n'hésites pas à m'en parler ? demanda le grec avec un demi-sourire.

- J'imagine que je dois commencer à te faire confiance.

- Quelle idée, fit Héraklès en levant les yeux au ciel.

- Je sais. Ça doit être le signe que la fin du monde approche.

L'amusement avait remplacé la tension présente dans leur voix, et les deux alliés se détendirent un peu. Juste de quoi oublier momentanément qu'ils allaient rencontrer le dieu des morts dans quelques heures.

-oOo-

Alors que le soleil commençait à décliner pour rejoindre l'horizon, l'ottoman les avait transportés jusqu'à Elis, endroit où il était le plus probable que se situe une entrée des enfers. Une fois arrivés sur place, ils sentirent un vent froid venir du sol. La sensation était spéciale, un peu comme le courant d'air qui passerait dans une vieille cave de château abandonné, mais dans un espace ouvert.

Avant que Sadiq dise un mot, un sentier apparut devant Héraklès. Les alliés échangèrent un regard, puis l'empruntèrent. Autour d'eux, la végétation ne semblait pas être différente des autres endroits qu'ils avaient déjà vus, mais il régnait une étrange atmosphère dans la plaine.

- Héraklès.

- Oui ?

- Je n'aime pas ça. Il y a quelque chose de dangereux avec cet endroit.

Le grec le regarda avec un mélange de sérieux et de résignation.

- On s'approche du royaume des morts. En tant que vivants, nous ne sommes pas exactement censés y aller de notre plein gré.

- Tu arrives à savoir à quelle distance on est, exactement ?

- Pas précisément, non. Mais regarde là-bas.

En parlant, il leva le bras pour indiquer un point à environ deux cents mètres d'eux. Toute la terre autour semblait floue sur un rayon de cinq ou six mètres, comme une aquarelle sur laquelle on aurait renversé un verre d'eau. Le mage fronça les sourcils sous son masque mais ne dit rien.

Ils arrivèrent rapidement à la limite de la zone, qui ressemblait à une sorte de brouillard à la fois très dense et très localisé.

- Normalement, si on avance tout droit, on devrait descendre.

- C'est le chemin qu'ont pris Orphée et les autres ?

- Non. C'est celui qu'Hadès a utilisé après avoir enlevé Perséphone. Et je te conseille d'éviter de parler des mortels qui sont entrés et ressortis des enfers.

- Tu penses que notre hôte n'appréciera pas ? ironisa le mage.

- Sadiq ? demanda Héraklès.

- Oui ?

- Rien ne nous garantit qu'on pourra en ressortir. Alors s'il te plait, ne te mets pas le dieu des morts à dos avant même qu'on le rencontre.

-oOo-

Ils marchèrent pendant environ une heure dans un brouillard de plus en plus sombre, jusqu'à retrouver un endroit qui ne soit plus uniformément flou. Ils étaient dans une grotte immense, uniquement constituée d'une roche noire luisante, et illuminée par un fleuve qui semblait la parcourir à l'infini. Le fleuve était bleu, mais d'un surprenant bleu lumineux surmonté de quelques volutes de fumée transparente.

Un petit embarcadère en bois vermoulu se tenait devant eux, auquel était accroché une sorte de barque en piteux état. Et sur l'embarcadère, se tenait une grande silhouette maigre, enveloppée dans un immense manteau violet sombre qui cachait son visage. Le tissus était déchiré par endroit, et flottait de temps en temps lorsqu'un volute de fumée s'élevait plus haut que les autres. Héraklès s'avança droit vers lui et s'inclina en arrivant à sa hauteur.

- Charon, passeur d'âmes, le salua-t-il.

La créature sembla le juger pendant un cours instant, puis s'inclina également.

- Héraklès, coeur de la Grèce.

Sa voix était rauque et fatiguée, comme si son propriétaire avait trop vécu.

- Je connais les lois qui te sont imposées, commença le grec. Mais il se peut que ton maître nous attende. Acceptes-tu de nous prendre comme passagers pour nous mener à lui ?

- Ta demande est inutile, coeur de la Grèce. Le roi des enfers vous attend déjà.

Il s'écarta en désignant sa barque d'un geste. Les deux nations y montèrent, et le passeur des morts entreprit de remonter le Styx jusqu'au palais d'Hadès. Les volutes transparents prirent une ou deux fois la forme vague mais reconnaissable d'un visage humain terrifié, comme s'ils croisaient une âme terrorisée. Aucun ne fit de commentaire, mais la main de Sadiq trouva celle d'Héraklès. D'une certaine façon, ce contact ténu les aidait à rester dans la réalité.

- Coeur de la Grèce ? finit par relever le mage.

Héraklès haussa les épaules.

- Une façon de m'inclure dans la hiérarchie olympienne. Un peu comme un titre honorifique.

Sadiq ne releva pas davantage, et ils replongèrent dans un silence légèrement tendu.

La traversée leur sembla durer une éternité, mais au détour d'un virage, le palais apparut soudainement, leur coupant le souffle à tout deux.

Le bâtiment était incroyablement haut, et semblait construit avec une roche noire et lisse qui donnait l'impression que les lueurs du fleuve des enfers pouvaient se refléter à l'infini. Il était très différent de l'architecture de type antique qu'ils avaient rencontrée dans tous les temples jusqu'à présent. Ici, les murs étaient plein, les tours élancées et les fenêtres immenses mais opaques. Quelque part entre une place forte européenne, et le château de conte de fée. Avec plus de noir et d'impression de danger mortel.

La barque s'arrêta au niveau d'un nouvel embarcadère, cette fois en bien meilleur état. Charon ajusta l'amarrage, puis s'adressa à Héraklès.

- C'est ici que je te laisse, coeur de la Grèce.

Les deux nations sortirent de l'embarcation, et le grec se tourna vers le vieux passeur.

- Merci de nous avoir fait passer, Charon, fit-il en s'inclinant.

Celui-ci ne répondit pas et repartit de là où il venait, retraversant le Styx.

- Il ne nous attend pas ? demanda Sadiq.

- Je ne pense pas qu'il s'attende à ce qu'on reparte. Ou en tout cas pas grâce à lui.

Cette évidence dite, ils se tournèrent vers l'entrée du palais. Celle-ci était composée d'une double porte immense, qui aurait été du plus bel effet dans le repaire d'un génie du mal. Plus de trois mètres de haut, en bois noir renforcé par une étrange matière aux reflets violets, elle aurait facilement dissuadé une armée d'envahir le palais. Toutefois, elle s'ouvrit suffisamment pour laisser passer un être humain lorsque le grec se présenta devant elle.

À peine Héraklès eut-il franchi la porte qu'un spectre se matérialisa devant lui.

- C'est un honneur, coeur de la Grèce. Veuillez me suivre, le maître vous attend.

C'était un jeune homme, probablement un ancien prince assassiné au vu de la qualité de ses habits et de la tache de sang au niveau du coeur. Il les guida à travers plusieurs couloirs jusqu'à une grande salle du trône. Une fois devant les portes impressionnantes, il s'arrêta, s'écarta et s'inclina de nouveau avant de s'adresser aux invités du Maître des Enfers.

- Veuillez entrer.


Plein de bugnes pour vous !