Camarades !

De retour avec un nouveau chapitre. Cette fois ci nous naviguons entre Storybrooke et le Royaume de Noël et nous retrouvons nos héros faisant face à leurs problèmes ou à ceux des autres. D'autres se rapprochent.

Bonne lecture,


Cela faisait deux jours que Regina et Zelena étaient parties et leurs compagnons se sentaient perdus. Non pas qu'ils ne sachent pas s'occuper des enfants ou du reste mais l'absence des femmes de leur vie se faisait sentir. Ils se sentaient seuls. C'est pourquoi les deux hommes avaient décidé de se réunir autour d'un café, pour discuter. Juste discuter.

« Je ne comprends pas ce que tu viens fabriquer tous les matins chez Morgan. Je pensais qu'il voulait qu'on le laisse tranquille.

- Je le pensais aussi au début. Mais quand je suis arrivé pour retirer les décorations, il m'a demandé de ne pas le faire et de l'aider à continuer. Il veut également que je l'aide à trouver un cadeau pour sa fille, mais je n'ai aucune idée de ce qui pourrais faire plaisir à une jeune fille, surtout dans ce monde.

- Tu devrais demander à Belle. Ou mieux à ses amis, je suis sûr qu'Henry et Grace seraient ravis de t'aider. En parlant de cadeaux, tu as une idée de ce que tu vas offrir à Regina ?

- Non, aucune idée… j'avais pensé à un bijou mais je ne pense pas que ce soit vraiment approprié, enfin je veux dire c'est un beau cadeau mais j'aimerai quelque chose de plus personnel, moins expansif. »

Hadès sembla réellement réfléchir à la situation. Il avait le même problème pour Zelena. Il avait d'abord songé à lui offrir de belles robes ou des bijoux hors de prix pour compenser la pauvreté dans laquelle elle avait vécu pendant des années, mais s'était aperçu que sa belle rousse ne semblait pas être une amatrice de luxe. Elle aimait les choses élégantes mais aussi les choses simples.

« Ah les femmes, elles sont d'un compliqué. Je ne sais jamais à quoi m'attendre avec elles. »

La remarque d'Hadès lui valu un regard noir de la serveuse qui venait de remplir leurs tasses de café. Il ne s'en formalisa pas tandis que Robin paraissait gêné.

« Il faut que je trouve aussi quelque chose pour Roland. Il n'arrête pas de me parler d'une certaine guerre des étoiles et d'un Dark quelque chose. Je comptais sur Regina pour m'éclairer.

- Mais pourquoi tu ne demandes pas tout simplement aux autres ? »

Hadès ne comprenait pas pourquoi l'ancien voleur refusait de demander de l'aide, après tout il était bien plus proche des autres que lui, comme il l'avait dit précédemment, les enfants seraient sûrement plus aptes à lui donner un coup de main.

« Je ne veux pas passer pour un ignorant. Je suis dans ce monde depuis un certain temps mais je ne comprends pas toujours tout. Si tu voyais la tête que font les autres quand Killian ne comprends pas de quoi ils parlent.

- Et alors ? Je ne comprends pas tout non plus, mais ce n'est pas une raison. Si tu comptes passer le restant de ta vie ici, il va falloir te mettre à la page, sinon tu passeras pour un dinosaure. »

- Un dino-quoi ? Hadès soupira devant l'air hébété de Robin.

- Tu devrais peut-être aller en classe avec ton fils. »

Robin le fusilla du regard, avant de changer de conversation. Au fond de la salle, essayant de se faire discret malgré sa grande taille, Nicholas les observait en souriant.

oOo

Killian et sœur Astrid avaient passé leur journée de la veille à placarder des affiches dans toute la ville, leur demandant d'offrir des dons au couvent, qui seraient utilisés pour financer un projet d'aide et de soutient scolaire. Sous les conseils du Père Noël qui leur avait rendu une petite visite, ils avaient décidé d'organiser un petit concert qui aurait lieu dans quelques semaines, où les volontaires chanteraient des cantiques et chants de Noël variés. Le prix des places était vendu à un prix raisonnable et les plus jeunes volontaires passaient déjà de maisons en maisons pour chanter et gagner un peu d'argent. Aujourd'hui les deux répertoriaient le matériel nécessaire pour le concert, faisant des listes de ce qu'ils devraient acheter, ce qu'ils avaient déjà et ce qu'ils pouvaient emprunter.

Ariel et Aurore s'occupaient de recruter des volontaires pour la chorale et réfléchissaient aux numéros qui pourraient être présentés. La seule ombre au tableau était l'absence de Marco, qui leur aurait été utile pour construire quelques décors. Killian allait suggérer de demander à Snow, elle pouvait faire participer ses élèves, quand deux jeunes garçons entrèrent, précédés par Bleue qui avait l'air surprise. Killian les reconnus aussitôt. C'était les deux adolescents avec qui Nicholas avait discuté au Granny's. Ils portaient tous les deux deux lourds sacs dans les mains et étaient vêtus de vêtements qui avaient connus des jours meilleurs, couverts de tâches de peinture.

« Ces deux garçons se portent volontaires pour nous aider. Ils disent avoir vu les affiches. Ils peuvent nous aider pour les décors.

- Vraiment ?

- Oui – fit Chris ou Peter il ne savait plus – on est doués avec les graffitis alors on s'est dit qu'on pouvait mettre notre passion à profit. Si vous êtes d'accord.

- Vous ne devriez pas être en classe ?

- Non, nous sommes en week-end. C'est pour ça que nous sommes là, pour donner un coup de main. »

Les adultes se lançaient des regards dubitatifs. Étaient-ils sincères ou préparaient-ils un mauvais coup ? Ils n'étaient pas mauvais, même si ils rendaient la vie folle aux gens chargés de l'entretient de la ville mais se repentaient toujours. Au fond ils étaient deux adolescents un peu perdus qui ne trouvaient rien de mieux que de taguer des bâtiments publics pour se faire remarquer. Et le Père Noël semblait croire en eux.

« C'est d'accord. »

Un immense sourire se dessina sur leurs visages. Aussitôt, et comme si ils n'avaient attendus que ça, les deux garçons sortirent leur matériel de graffitis pour leur expliquer ce qu'ils comptaient faire.

A l'aide d'un morceau de toile tendue, les deux garçons s'empressèrent de faire une démonstration de leur talent en peignant un sapin de Noël aux allures plus moderne, dans le style d'art de rue qui laissèrent les adultes mitigés. Oui ils étaient doués, mais est-ce que ce style plairait aux habitants ?

« Ça ne ferait pas de mal un peu de changement.

- Il faut avouer que ce n'est pas laid du tout.

- Autant faire découvrir quelque chose aux autres, ils se débarrasseraient des préjugés. »

Après délibération, Chris et Peter eurent l'autorisation de décorer comme bon leur semblait. Ils allèrent s'installer dans une autre pièce et commencèrent aussitôt à travailler leurs idées, à griffonner sur des feuilles de papier, si bien qu'ils sursautèrent quand Ariel vint les chercher pour le déjeuner.

« Allez venez manger avec nous, vous le méritez. »

Elle ne le savait pas, mais c'était la première fois depuis longtemps qu'ils déjeunaient en compagnie d'adultes, à une table, avec de la nourriture qui ne soit pas chips ou de la pizza.

oOo

« Alors, vous aimez ? »

Après avoir entendu Afortunada qu'elle n'avait pas beaucoup de temps pour la lecture, il avait décidé de lui faire découvrir son univers préféré grâce à une application de livres audio sur son téléphone. Il l'avait observé écouter les deux premiers chapitres avec curiosité.

« Oui, c'est pas mal, mais ça ne commence pas très bien. Ce pauvre Harry n'a pas de chance.

- Ça changera, vous verrez. Sauf vous ne voulez pas continuer.

- Oh si maintenant je veux savoir la suite de l'histoire ! En revanche je ne veux pas mobiliser votre téléphone.

- Ça ne fait rien.

- Vous allez bien devoir le récupérer. Ne vous inquiétez pas, je me débrouillerais, nous avons aussi la technologie ici, même si elle n'est pas aussi présente que dans votre monde. »

Afortunada reposa le casque et continua de déjeuner. Après avoir fait visiter l'entrepôt des traîneaux à August, ils avaient passé le reste de la matinée à contrôler les ateliers. Leur après-midi serait consacrée à choisir quelques cadeaux pour le couvent de Storybrooke et s'assurer que les machines fonctionnaient.

« Que comptez vous faire de votre soirée ? – demanda soudain Afortunada

- Moi ? Oh, euh, je ne sais pas… je vais probablement lire un peu ou bien regarder un film avec les autres.

- Que diriez vous de venir avec moi au marché ? Nous ne l'avons que partiellement visité et j'aimerais vous présenter à mes amis, si vous êtes d'accord.

- Et bien pourquoi pas. J'aimerais bien découvrir un peu plus ce royaume.

- Très bien, alors ce soir je viendrais vous chercher, nous mangerons là-bas. Disons vers dix-neuf heures. »

August n'eu pas l'opportunité de dire quoi que ce soit que la jeune fille passait déjà à autre chose, avant de le presser pour qu'ils aillent choisir ce qu'ils offriraient aux enfants. Il avait du mal à la saisir. Elle était si vive. Comment arrivait-elle à avoir autant d'énergie ? Elle travaillait dur, courait partout, s'assurait que tout était en ordre et gardait le sourire, ne montrait aucun signe d'épuisement, bien au contraire. Une vraie tornade. Une très jolie tornade.

oOo

De son côté, Rumple était sûr le point d'imploser. Cela faisait deux jours qu'il était forcé de répondre à de ridicules lettres d'enfants capricieux. Et ce maudit lutin qui le rabrouait sans cesse ! Pourquoi personne ne voulait comprendre qu'il n'avait aucune envie de faire ce travail. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'on le laisse tranquille. Pourquoi personne ne voulait comprendre qu'il voulait qu'on le laisse tranquille ?

Il attrapa une lettre qu'il parcourut d'un regard désintéressé.

Cher Père Noël

Je m'appelle Nina et j'ai été très sage cette année. J'ai arrosé toutes les plantes de ma mamie et j'ai prêté ma peluche préférée à mon copain Antoine quand on était en colonie parce qu'il avait oublié son doudou.

Cette année je ne veux pas de jouets. J'ai huit ans, je suis grande maintenant. Je veux juste que tu fasses revenir mon frère Nathan. Il a été sage mais pourtant il est partit de la maison quand papa et maman se sont fâchés parce qu'il a fait un bisou à un garçon. Il me manque beaucoup. Alors pour Noël je voudrais que papa et maman ne soient plus fâché contre lui et qu'il revienne à la maison.

Je te fais de gros bisous,

Nina

Le regard du Ténébreux s'attarda un moment sur cette lettre. Elle était si innocente. Il eu un pincement au coeur. On pouvait dire ce qu'on voulait de lui, jamais il n'aurait eu cette cruauté. Oui il avait abandonné son fils et ne valait sans doute pas mieux qu'eux mais il avait cherché Baelfire pendant des années, il l'avait aimé, plus que son fils n'aurait jamais pu l'imaginer. Il l'avait regretté tout de suite. Et il ne l'aurai jamais rejeté. Jamais.

Ma chère petite Nina

Je suis content de savoir que tu es sage. Je suis triste d'apprendre que tes parents sont fâchés avec ton frère. Je vais être honnête avec toi. Je ne sais pas si je peux faire revenir ton frère pour Noël. Ce genre de problèmes… j'en rencontre malheureusement tous les jours, partout dans le monde. Je ne peux pas forcer tes parents à changer d'avis. Mais si tu aimes vraiment ton frère alors parle à tes parents. Explique leur qu'il te manque vraiment. Toi tu ne vois pas de problème à ce que ton frère aime les garçons. Et c'est très bien. Tu sais, le véritable amour existe, peu importe à quoi il ressemble. L'important c'est que ton frère soit heureux. Peut-être qu'un jour il trouvera son prince charmant et ce jour là il sera très heureux. Essaye de le faire comprendre à tes parents. Je ne te garanti rien, mais ne perd pas espoir. Je vois que tu aimes beaucoup ton frère et c'est très bien.

Je t'embrasse,

Le Père Noël

Il reposa la lettre, un sourire satisfait sur les lèvres. Avant de s'attaquer à une nouvelle lettre, il mémorisa l'adresse de la petite Nina. En rentrant à Storybrooke, il ferai de petites recherches.

oOo

« Et voilà ! Tu vois, ce n'était pas si effrayant. Tu es as été très courageux. »

Victor sourit à son jeune patient. Un petit garçon qui avait décidé de jouer les Père Noël en escaladant le toit de sa maison. Heureusement pour lui il y avait eu plus de peur que de mal et n'était tombé que de l'arbre qu'il avait escaladé,d 'à peine quelques mètres, s'en tirant avec seulement deux points de suture.

Le garçon lui sourit, avant de quitter la salle en compagnie de son père et d'une infirmière qui lui tendit un bonhomme en pain d'épice.

Bien, la journée était enfin finie. Il rassembla ses affaires, vérifia qu'il n'avait rien oublié et demanda même à certains de ses collègues si ils n'avaient pas besoin d'aide, mais tous lui assurèrent qu'il pouvait partir tranquille. Il quitta l'établissement le coeur serré. La soirée de la veille avait été horrible. Il avait du se dépatouiller entre un Jefferson totalement anéanti et imbibé d'alcool et une cuisine dans une pagaille énorme. Bon ça il pouvait le supporter, mais voir l'homme qu'il aimait dans un état aussi bas était presque au dessus de ses forces. Après l'avoir couché, fait avalé quelques médicaments et rangé la cuisine, il s'était couché à côté de lui et l'avait pris dans ses bras, le berçant et le rassurant toute la nuit, luttant contre les larmes. Il ne devait pas se laisser aller. Il devait être là pour lui. Le pire de tout avait cette peur qui l'avait pris au ventre quand il avait parlé de la possibilité que Grace puisse leur être arraché. Pas lui être arraché. Leur être arraché. Au fil du temps Victor s'était sentit de plus en plus attaché à elle. Elle était si mignonne, si gentille. Il adorait l'aider à faire ses devoirs ou l'entendre rire avec ses amies depuis sa chambre. Quand ils prenaient le thé ensemble. Quand elle se blottissait contre lui quand ils regardaient un film ensemble. L'idée que tout ça pouvait ne plus exister… ça le rendait malade.

Il du faire un détour par le centre-ville pour faire quelques courses. Quand il revint à sa voiture pour ranger ses achats dans le coffre, il se rendit compte qu'il était garé devant la boutique de fleurs de Mr French. Et à l'intérieur, les Lane.

Sans trop savoir pourquoi, il referma le coffre d'un coup sec et entre d'un pas rapide et décidé dans la boutique. La clochette sonna.

Les regards se tournèrent vers lui. Si Mr French ne sembla pas trop faire état de sa présence, le couple Lane le dévisagea.

« Que voulez-vous ? – ils avaient manifestement compris qu'il était au courant des menaces proférées la veille – Il est inutile de nous menacer. Nous avons un avocat. Vous ne pouvez rien…

- Je ne compte pas vous menacer. Je veux juste vous prévenir que vous ne gagnerez pas. Nous n'avons rien fait de mal. Jefferson est le père de Grace et il vous a toujours été reconnaissant de l'avoir élevée pendant des années. Il le sera toujours. Mais vous ne pouvez pas le séparer de nouveau d'elle. Savez vous à quel point il a été malheureux tout seul, pendant vingt-huit ans. Toutes ses années de solitude à ne pas pouvoir l'approcher, à savoir qui il était réellement. Comment pouvez vous être aussi cruels ? Grace est votre fille, vous l'aimez, nous le savons et elle le sait. Pourquoi la rendre si malheureuse à l'approche de Noël ?

- Vous n'êtes pas normaux. Vous…

- Je suis normal. J'aime Jefferson, plus que je n'ai jamais aimé quelqu'un. Il a été ma lumière dans mon monde sans couleurs. Et Grace… je ne pensais pas éprouvé un tel sentiment d'amour pour elle. Si jamais il lui arrivait quelque chose, je ne vivrais plus. Tout ce qui m'importe, c'est son bonheur.C'est tout ce qui devrait importer. L'Amour. C'est pour ça que vous ne pourrez pas gagner contre nous. Parce que nous nous aimons tous les trois. Parce que nous sommes une famille. »

Il laissa les trois plantés là et retourna illico dans sa voiture. Il tremblait de tout son corps. Il redémarra et jeta un dernier coup d'œil vers la boutique. En tournant au coin de la rue et aperçu le Père Noël qui marchait dans la rue. Il sentit le regard perçant du drôle de vieil homme se poser sur lui et cru déceler l'ombre d'un sourire fier sur son visage. Un sourire qui lui était adressé.