Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada, sauf pour ceux qui sont à moi... ^-^

Note : Salut, et très bonne et heureuse année à tous ! J'espère que 2020 vous apportera tout ce que vous souhaitez, et bien plus encore … En ce qui me concerne, cette nouvelle année devrait être assez particulière, avec plusieurs changements en perspective, ce qui n'a rien pour me rassurer... Mais j'espère que je pourrai encore trouver le temps d'écrire la suite de mon histoire, afin de pouvoir la terminer comme je le souhaite...

Je voulais aussi profiter de ce message de bonne année pour vous remercier encore, vous qui prenez le temps de lire mon histoire, et de me laisser vos commentaires de temps en temps. Chacun d'eux me touche et m'encourage à écrire, alors n'hésitez pas à en laisser ... Car je crois que j'ai un besoin (cruel) d'encouragements pour continuer ... ;)

Sur ce... Voici la suite de cette histoire, avec un chapitre dans lequel nos héros tentent de reprendre leurs esprits après les derniers événements qu'ils ont vécus, ce qui n'est pas facile pour certains... Pour info : petit passage Yaoi (mais toujours très très sage ;)

Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que vous apprécierez (au moins un peu…)


Chapitre 14

12 septembre 2001

Athènes

Hikari entend des cris. Quelqu'un l'appelle au secours, juste là, dans cet amas de pierres et de gravas. Il commence à dégager les ruines, et les cris se rapprochent. Ils sont de plus en plus forts, terrifiés, douloureux.

Il relève la tête vers son maître, qui le regarde sans bouger. Il ne comprend pas pourquoi il ne l'aide pas à creuser, pourquoi il reste là, à le dévisager, sans rien faire.

Mais peu importe, il doit continuer à dégager les pierres, le plus vite possible. Après plusieurs minutes, il voit enfin une main apparaître. Une main aux doigts fins et longs, couverte de sang, et blanche. Tellement blanche.

Il la serre pour indiquer sa présence, mais elle reste inerte, froide, glaciale même.

Il dégage les derniers gravas, et elle apparaît, étendue au milieu des ruines. Elle paraît si fragile dans sa robe blanche. Ses longs cheveux éparpillés autour d'elle l'entourent d'un halo diffus, qui souligne son caractère divin. Ses yeux sont clos, et elle ne respire plus. Elle semble avoir abandonné la volonté de vivre. Son cosmos a disparu, plus aucune chaleur ne se dégage d'elle, et son visage reflète une douleur immense, un chagrin vide et lourd.

Le chevalier Pégase prend alors sa Déesse dans ses bras, pour l'envelopper de son cosmos. Il lui crie qu'elle doit revenir, qu'elle ne peut pas les abandonner, qu'il a besoin d'elle, qu'ils ont tous besoin d'elle, que l'Humanité a besoin d'elle. Il lui caresse le front et les cheveux, mais elle ne bouge toujours pas, et elle froide. De plus en plus froide.

Il voit ses propres larmes tomber sur ses joues, et elle ne réagit pas. Elle est morte. Il ne veut pas le croire, mais Athéna n'est plus là. Elle est partie.

Il se redresse en la portant toujours dans ses bras, et se dirige vers son maître. Il veut lui tendre Saori, mais quelque chose l'en dissuade. Le regard de Seiya.

Il ne le reconnaît pas, il ne le reconnaît plus. Ces yeux ne sont pas les siens. Non, il en a la certitude : son maître n'est plus ici lui non plus. En tout cas, son esprit n'est plus là. Et il ne comprend pas qui habite le corps qui se dresse devant lui, et qui dessine ce sourire insupportable sur le visage du Sagittaire...


Sanctuaire

Hyoga assiste à la scène qui se déroule devant lui avec stupeur. Comme si les événements de la veille n'avaient pas suffi... Seiya est hors de lui, et sa colère semble incontrôlable.

« Comment pourrons-nous continuer à nous regarder en face après ça, dis-le moi, Shun ?! Je veux l'entendre de ta bouche !

- Seiya, calme-toi, tu dépasses les bornes ! s'exclame le chevalier du Lion, sur un ton excédé. Shun n'est pas responsable de ce qui s'est passé. Personne ne l'est, si ce n'est les terroristes qui ont réalisé ces attaques, et ceux qui les ont commanditées.

- Mais justement, Ikki ! Nous les connaissions, nous savions où les trouver, et nous avions conscience qu'ils allaient passer à l'acte tôt ou tard. Et nous n'avons rien fait ! s'emporte encore davantage le Sagittaire.

- Seiya a raison, Ikki. Nous sommes en partie fautifs, et j'en porte l'entière responsabilité, concède Shun, avec des sanglots dans la voix. Et ce d'autant plus que, comme je te l'avais dit à peine quelques heures avant ce drame, j'avais la conviction qu'une telle chose allait se produire. Et je n'ai pas su agir pour l'empêcher. J'ai échoué, lamentablement, dans mon rôle de chevalier protecteur de l'Humanité, comme dans celui de représentant de notre Déesse.

- Non, Shun, ce que tu dis n'est pas juste, et tu ne mérites pas de t'accabler de la sorte, le coupe Saori, sur un ton ferme mais bienveillant. Et Seiya : je suis d'accord avec Ikki, tu dois modérer tes propos et contrôler ta colère. Nous sommes tous hors de nous et révoltés par ce qui s'est produit ces trois derniers jours, mais nous nous devons de passer outre et de considérer les choses avec lucidité.

- Je me fiche de votre lucidité et de votre besoin de contrôle absolu ! s'écrie le gardien du neuvième temple, avec toujours plus de révolte dans la voix. Ce que je sais, c'est que j'ai vu plus de deux milliers d'innocents perdre la vie hier, et nous n'avons rien pu faire pour l'éviter. Et je ne l'accepte pas, je ne le supporte pas !

- Je ne te demande pas de l'accepter, poursuit Athéna. Je te demande de contenir ta rage à l'intérieur de toi, et de ne pas la déverser sur les autres. Tu n'en as pas le droit, et tu le sais !

- Oui Seiya, il faut que tu écoutes Saori, et calme-toi, je t'en prie », interrompt le chevalier de la Balance, en s'écartant du mur contre lequel il était adossé depuis leur arrivée dans la salle du trône.

« Et Shun, tu ne peux pas porter sur tes seules épaules le poids de ce qui s'est passé. Je pense que nous avons tous une part de responsabilité dans les événements de ces derniers jours, en tout cas, en ce qui me concerne, je ne peux que le reconnaître. Seiya n'a peut-être pas tout à fait tort, d'ailleurs. Nous aurions probablement dû intervenir pour affaiblir Al-Qaïda, et mettre à mal leurs projets destructeurs. Mais cela aurait-il suffi ? Je n'en suis pas certain... Car j'ai l'intime conviction que de telles attaques avaient été préparées de longue date, c'est une évidence, et ce n'est pas en agissant en Afghanistan ces dernières semaines que nous aurions pu les éviter.

- Oui, Shiryu a raison, approuve Hyoga, en s'avançant vers le Sagittaire. Et il faut que nous gardions la tête froide, et que nous nous concentrions sur ce que nous allons faire demain, plutôt que de nous lamenter sur ce qui s'est produit hier. Seiya, tu entends ?! C'est à cela qu'il faut penser : à l'avenir ! »

Ce dernier serre les poings et se dirige vers la sortie, sans jeter le moindre regard à ses amis, à ses frères d'armes.

« Ne nous tourne pas le dos, Seiya, je t'en conjure ! s'écrie Saori.

- Ce n'est pas ce que j'ai l'intention de faire, ô ma Déesse. Et sois rassurée, je comprends vos reproches, et je me contente donc d'obéir à tes ordres. Je pars pour contrôler ma colère, et ne pas vous infliger davantage mes états d'âme et mes remords. »

Et il sort, sans se retourner.

Il renvoie son armure, qui lui pèse terriblement, et dévale les interminables marches en courant. Il ne s'arrête pas quand il atteint son temple, et poursuit sa course folle le long d'un sentier qui mène tout droit vers un rocher surplombant la mer.

Arrivé au bord de la falaise, il s'immobilise juste à temps pour ne pas être happé par le vide, et contemple les vagues qui se déchaînent à une cinquantaine de mètres en-dessous de lui. Il n'a pas desserré les poings une seule seconde, et du sang s'écoule maintenant le long de ses doigts.

Il sait que ses amis ont raison, que Saori a raison. Mais il sait aussi qu'il ne parvient plus à se contrôler, malgré toute sa volonté, malgré toute sa force, qu'il sent pourtant intacte, et même toujours plus grande.

Il en a parfaitement conscience, et ce constat lui semble insoutenable, inacceptable.

Il se laisse tomber à genoux, et plaque ses mains contre le sol. Il serre la terre entre ses doigts, et en saisit une pleine poignée qu'il jette sur le côté.

Il ne se supporte plus. Il déteste ce qu'il est en train de devenir. Il hait ce qu'elle est en train de faire de lui.

Il passe ses doigts salis par le sang et la poussière sous son T-shirt, et d'un mouvement hésitant, presque terrifié, il la touche du bout de son index. Il la frôle à peine, et ce contact lui arrache un cri de douleur.

Sa cicatrice est toujours là. Elle ne veut pas le laisser tranquille, et elle prend de plus en plus de place sur sa poitrine et dans son cœur.

Et Seiya ne peut s'empêcher de se demander pourquoi elle est revenue, maintenant, après plus de quatorze ans.

Et surtout, il ne comprend pas ce qu'elle peut attendre de lui...


Athènes

Marine arrive à la clinique, et elle s'efforce de faire le vide dans son esprit avant d'aller retrouver son fils.

Jabu, Seiya et presque tous les autres sont revenus ce matin, et le récit qu'ils ont fait des événements de la veille l'a profondément affectée. Mais par-dessus tout, le désarroi et le chagrin qu'elle a pu percevoir sur leurs visages l'a convaincue d'une chose : ils culpabilisent tous de leur impuissance à avoir empêché l'horreur.

Elle doit toutefois également reconnaître qu'elle s'est sentie extrêmement soulagée de le revoir, lui. Le chevalier du Scorpion. Elle n'a pas eu le temps de lui parler, mais le sourire que Jabu a eu pour elle lorsqu'ils se sont croisés l'a réconfortée, et lui a réchauffé le cœur. Et elle s'est juré d'aller le retrouver ce soir dans son temple, dès qu'elle sera de retour au Sanctuaire.

Mais pour l'instant, c'est auprès de son fils qu'elle se rend.

Elle passe le sas permettant d'accéder au service des soins intensifs, et poursuit tout droit sans prêter attention aux numéros des chambres. Elle n'en a pas besoin. Elle connaît parfaitement les lieux désormais.

Soudain, elle se met à courir dans le couloir. Elle vient d'entendre son fils hurler, et elle sent qu'il est terrifié.

Elle pousse la porte de la chambre sans la moindre délicatesse, et se rue auprès d'Hikari, qui se tient assis dans son lit. Celui-ci tourne son visage dans sa direction, les yeux pleins de larmes.

« Où sommes-nous ?

- A Athènes. Nous sommes à la clinique de la Fondation Graad. Mais tout va bien Hikari, tu n'as rien à craindre.

- Et où est Seiya ? Où est mon maître ? »

Marine ne répond pas tout de suite. Elle ne sait pas comment présenter les choses. Les événements se sont bousculés à une vitesse folle ces derniers jours, et elle ne veut pas brusquer son fils dès son réveil.

« Seiya va bien, ne t'inquiète pas. Il est revenu de mission ce matin, et il se trouve au Sanctuaire. »

Le jeune Pégase semble rassuré par cette réponse et tente de se lever.

« Non, Hikari, tu dois rester couché pour l'instant. Tu ne dois pas…

- Que se passe-t-il ici ? interroge un homme en blouse blanche qui vient de pénétrer dans la chambre.

- Bonjour Docteur, vous tombez bien. Hikari vient de se réveiller, et il a l'air un peu désorienté, répond Marine d'une voix calme bien que teintée d'inquiétude.

- Cela n'a rien d'étonnant, poursuit le médecin en s'approchant de son patient. Mais il semblerait que vous ayez très bien su lutter contre vos blessures, mon jeune ami », lance-t-il à l'encontre d'Hikari.

L'homme contrôle les signes vitaux du chevalier, et retire les bandages de ses bras. Il donne l'impression d'être satisfait par ce qu'il constate, et passe ensuite à l'inspection de son visage.

« Votre capacité de cicatrisation est vraiment étonnante. Vous n'avez déjà presque plus aucune trace de vos si nombreuses brûlures. Par contre, et cela je ne me l'explique pas, la blessure sur votre visage ne guérit pas aussi bien. »

A ces mots, Hikari frôle sa joue du bout des doigts.

« Non, je ne vous le conseille pas, l'interrompt aussitôt le médecin en replaçant le pansement. Vous avez encore besoin d'un peu plus de temps pour vous remettre de cette blessure. D'ailleurs, je vais demander à l'infirmière de venir refaire votre pansement. »

Le jeune homme obéit docilement, mais demande sur un ton décidé :

« Quand est-ce que je pourrai sortir ?

- D'ici quelques jours, je pense, répond l'homme en blanc.

- Il en est hors de question ! Je veux sortir demain ! s'écrie Hikari, en essayant de se lever à nouveau. »

Marine a le réflexe de s'approcher de lui pour le soutenir. Elle s'adresse alors au médecin d'une voix qu'elle veut conciliante :

« Mais Docteur, si vous pensez qu'Hikari va mieux, ne pourrait-il pas quitter la clinique plus tôt, si je vous garantis que quelqu'un s'occupera des soins qu'il doit encore recevoir ? »

Le jeune Pégase lance un regard reconnaissant à sa bienfaitrice, bien qu'il semble également surpris par une telle proposition.

«A vrai dire, si vous pouvez effectivement assurer le suivi des soins, je pense qu'il n'y a aucune contre-indication réellement justifiée à l'encontre de cette demande, si c'est vraiment ce que vous désirez.

- Oui, c'est ce que je souhaite, rétorque Hikari, avec fermeté.

- Alors dans ce cas, je vais signer votre autorisation de sortie pour demain. Mais vous devez me promettre de suivre mes instructions en ce qui concerne la prise en charge de vos dernières blessures.

- Soyez rassuré, Docteur, j'y veillerai personnellement, insiste le chevalier de l'Aigle, en adressant un sourire bienveillant à son fils.

- Entendu. Je vous envoie l'infirmière tout de suite pour qu'elle vous explique l'ensemble de la marche à suivre », conclut le médecin, en quittant la chambre sans prêter davantage attention à ses occupants.

Hikari regarde Marine un long moment, sans parler. Il a la certitude qu'elle semble vraiment se préoccuper de lui, et il n'en ressent pas la moindre gêne, ni aucun étonnement. Bien au contraire. Il trouve même cela naturel, évident.

Il ne comprend pas vraiment pourquoi, mais il se sent très proche d'elle, de plus en plus proche, et il est heureux de la savoir auprès de lui. Comme si elle avait toujours été là, quelque part, tout près.

Il lui sourit, et elle répond à son sourire, affectueusement, tendrement.

Il se rend alors compte que même s'il est resté longtemps, très longtemps, sans pouvoir observer son visage en raison de ce masque horrible qu'elle s'obligeait à porter, il connaît parfaitement chacun de ses traits. Il les connaît par cœur, comme s'ils étaient gravés dans le fin fond de sa mémoire, depuis aussi loin qu'il s'en souvienne. Depuis son enfance. Depuis toujours.


New York

Aleix regarde par la fenêtre de l'appartement, et il n'en croit pas ses yeux. Le paysage de désolation qui s'ouvre devant lui semble tellement irréel, invraisemblable. Et cette poussière, grise, épaisse, étouffante, qui recouvre la ville à perte de vue, accentue encore davantage l'impression de chaos qui s'en dégage. On se croirait en Enfer.

Le Capricorne n'a pas dormi de la nuit. Les images de la veille l'obsèdent toujours, et l'angoisse et la terreur qu'il a ressenties n'ont toujours pas quitté ni son esprit ni son cœur.

Il revoit chaque instant, il revit chaque seconde, encore et encore dans sa tête, dès qu'il ferme les yeux.

Mais malgré tout cela, malgré l'horreur insoutenable de ce qui s'est produit, il ne peut s'empêcher de se sentir heureux. Car il est toujours là, auprès de lui, et il sait que rien ne sera jamais plus comme avant.

Oui, Aleix n'a plus peur, il n'a plus de doutes. Il n'a plus que des certitudes. Il est convaincu qu'il a fait le bon choix, et que tout ira bien. Impossible qu'il en soit autrement tant il est persuadé de ce qu'il ressent, de ce qu'il veut, de ce qu'il désire.

Il se souvient de tout, de chaque détail. De la peur gigantesque qui l'avait envahi quand il avait compris que la Tour allait s'écrouler sur eux, et de la chaleur inimaginable qui s'était emparée de son corps tout entier quand il avait pris Vjeko dans ses bras à ce moment-là. Du choc de leurs deux cosmos lorsqu'ils étaient entrés en résonance, et de la force incommensurable qui s'en était dégagée, leur permettant de s'échapper du piège infernal dans lequel ils s'étaient enfermés. Et du soulagement, immense, qu'il avait ressenti quand il avait reposé les pieds sur le sol, avec Vjeko dans ses bras, toujours vivant.

Ikki et Shiryu les avaient rejoints aussitôt, alertés par l'explosion de leurs cosmos avant même que la Tour ne s'effondre. Puis ils étaient retournés dans l'autre Tour auprès de Seiya et de Hyoga, jusqu'à ce que celle-ci s'écroule, seulement trente minutes plus tard.

Ils n'avaient rien pu faire pour l'empêcher. Ils avaient été impuissants face à ces amas d'acier, de béton et de verre destructeurs et incontrôlables. Ces vagues grises, étouffantes et froides, qui semblaient mues par une volonté propre : celle de tout anéantir dans leur chute, de tout engloutir dans leur propre disparition.

Certes, ils étaient parvenus à sauver des innocents, de nombreux innocents même, mais ils n'avaient pu les prendre en charge tous, et un grand nombre avait péri, dévorés par les Tours. Et leurs corps étaient maintenant prisonniers de ces restes fumants et nauséabonds, sans aucun espoir de retrouver le moindre survivant. Aucun être humain normal ne pouvait avoir survécu à une catastrophe pareille.

Et face à la désolation qui régnait devant eux après l'effondrement des deux Tours, tous les chevaliers avaient eu la même impression, lourde et insupportable, de ne pas avoir accompli leur devoir, et cette sensation leur laissait à tous un goût de cendres dans la bouche. Et parmi eux, c'est le Sagittaire qui semblait le plus affecté, sans aucun doute.

Aleix prend une profonde inspiration. Lui aussi a du mal à accepter leur échec. Lui aussi a du mal à contrôler la colère qu'il sent vouloir s'emparer de lui quand il repense à tout cela.

Il se souvient alors des mots que Shiryu a eu avant de repartir pour le Domaine Sacré avec les autres chevaliers d'Or : « Même si nous ne pouvons l'accepter, ou parvenons difficilement à le comprendre, nous ne pouvons malheureusement pas tout contrôler. Car nous ne sommes pas des Dieux. Nous ne sommes que des hommes, presque comme les autres, ou, en tout cas, si peu différents, finalement ».

Mais cette idée n'est pas facile à intégrer, et Aleix sait que les mots de son maître auront du mal à trouver un réel écho chez plusieurs de ses camarades.

Le Capricorne se détourne enfin de la fenêtre, et se dirige vers la cuisine. Il a besoin d'un café. Le père de Dragan lui a expliqué le fonctionnement de la cafetière, avant de partir pour l'hôpital où son fils a été pris en charge. Celui-ci ne souffre heureusement d'aucune blessure physique grave, mais le traumatisme qu'il a subi restera probablement incrusté en lui pour longtemps, si ce n'est pour toujours.

Il verse le liquide noir dans une tasse, et porte le breuvage fumant à sa bouche. La chaleur et le goût amer du café lui font du bien. Il ferme les yeux, et se concentre sur le cosmos de son ami.

Vjeko dort dans la chambre juste à côté. Il s'est écroulé dès leur arrivée dans l'appartement de Dragan et de son père la veille au soir, épuisé par les efforts qu'il a dû fournir. En l'absence de son armure, son corps porte davantage de stigmates des événements de cette terrible journée, et il lui faudra un peu de temps pour s'en remettre totalement.

Mais Aleix peut percevoir son cosmos malgré tout. Ce cosmos si familier qui a fusionné avec le sien il y a quelques heures. Ce cosmos qu'il chérit tant, et qu'il ne veut plus sentir loin de lui.

Il termine son café, et repose la tasse sur la table de la cuisine. Il se tourne vers l'évier, et ouvre le robinet pour s'asperger le visage. Il passe ses mains mouillées dans ses cheveux, et frotte son épaisse tignasse noire vigoureusement, pour se réveiller un peu. Il attrape le torchon qui se trouve juste à côté, et se sèche le visage.

Quand il retire le tissu de devant ses yeux, Vjeko se tient devant lui. Juste là. Ses yeux bleus le fixent intensément, et il lui sourit. D'un sourire discret, presque timide, mais d'une profonde sincérité, et surtout, tellement beau. Il lui sourit à son tour tout en reposant le torchon sur le côté.

Son meilleur ami s'approche lentement de lui, le regard toujours rivé dans le sien. Il saisit son visage entre ses mains, avec force et tendresse à la fois, et l'embrasse, sans la moindre hésitation. Aleix ferme les yeux et s'abandonne à la sensation exquise de ce baiser. Il a l'impression de renaître, ou plutôt, de vivre enfin réellement.

Il pose ses mains par-dessus celles de Vjeko, et appuie davantage leur baiser. Il se laisse submerger par le désir que déclenche en lui le contact de ces lèvres si longtemps attendues contre les siennes. Il se laisse envahir par le plaisir qui secoue son corps tout entier quand il sent sa langue effleurer la sienne dans une caresse délicate et sublime. Une caresse dont la douceur indescriptible le trouble infiniment, le rendant imperméable au monde autour de lui.

Il avance sa langue à son tour, pour aller à la rencontre de celle qui lui procure déjà tant de plaisir, pour la frôler, l'apprivoiser, la satisfaire. Il veut répondre à chaque sensation qu'il perçoit, pour que Vjeko comprenne à quel point il est heureux, à quel point il le désire lui aussi.

Ils libèrent leurs mains en même temps, et Vjeko le saisit par la nuque pour le rapprocher encore davantage de lui. Aleix fait courir ses doigts longs et fins dans ses cheveux, pour accompagner son mouvement, et resserrer son emprise. Il se sent partir, il ne contrôle plus rien, il ne pense plus à rien si ce n'est à ces lèvres qui le frôlent, à ces mains qui le caressent, à ce corps qu'il sait si proche, et qu'il voudrait encore plus près de lui, toujours plus près.

Un bruit de clefs dans une serrure et un grincement de porte obligent les deux chevaliers à se séparer.

Le Phoenix recule et s'assied à la table de la cuisine. Le père de Dragan les rejoint, et pose un sac de courses en papier sur le dessus du frigo. Celui-ci n'a pas remarqué la présence de son jeune compatriote, et s'adresse directement au Capricorne, avec un fort accent slave dans son anglais sinon absolument parfait :

« Comment va Vjeko ?

- Si tu veux, tu peux me le demander directement, répond l'intéressé.

- Ah, tu es là ?! Je ne m'attendais pas à te trouver déjà debout en rentrant. Comment te sens-tu ?

- On ne peut mieux ! Et Dragan, comment va-t-il ?

- Physiquement : bien, et même très bien, grâce à toi ! Je te serai éternellement redevable pour ce que tu as fait, Vjeko, pour les risques que tu as pris pour le sauver, et pour m'avoir permis de le garder auprès de moi. Hvala, iz dubine moje duše(1).

- Nema na čemu, prijatelju(2). Mais tu n'as pas à me remercier, car je n'aurais jamais pu continuer à me regarder en face si je n'avais pas tout tenté pour le secourir, ajoute le Phoenix, en baissant la tête. »

Un long silence s'installe dans la pièce, avant que Vjeko ne reprenne la parole :

« Mais Dragan aura besoin de toi, j'en suis certain. Une telle horreur va laisser des traces, surtout après ce qu'il a vécu chez nous, en Croatie. Et il lui faudra du temps, beaucoup de temps, pour oublier. A lui, comme à nous tous », conclut finalement le jeune chevalier, en adressant un sourire discret mais empli de tendresse à son frère d'armes, toujours appuyé contre le rebord de l'évier.

Aleix le regarde sans dire un mot. Son ami a raison. Ils auront tous du mal à effacer de leur mémoire les événements de cette journée. Même s'il sait que pour lui, pour tous les deux, ce jour-là aura malgré tout une signification particulière.


Athènes

Acrisios éclate de rire. Il a enfin retrouvé son meilleur ami, et celui-ci semble ne rien avoir perdu de son caractère enjoué, en tout cas en apparence. Il trouve le moyen, ou peut-être plutôt le courage, de faire de l'humour sur l'état physique dans lequel l'explosion l'a laissé, et cela ne le surprend pas.

« Et oui Acrisios, il faut croire que j'étais jaloux de ton style depuis toutes ces années, et que je n'ai pas pu me retenir de tout faire pour avoir la même tête que toi, dès que la première occasion s'est présentée à moi. Et comme ça, on pourra désormais nous appeler « les balafrés », ou « les amochés ». Je pense que je préfère « les balafrés », ça a plus de classe, tu ne trouves pas ?

- Je ne sais pas... Personnellement, je pencherais plutôt pour... ni l'un ni l'autre ! Et je ne me considère pas comme un balafré, figure-toi. D'ailleurs, j'ai toujours été beaucoup plus beau que toi, malgré ma cicatrice, et je crains que cela ne soit encore plus évident maintenant, déclare l'apprenti des Gémeaux, sur un air moqueur.

- Dans tes rêves, Acri, et dans tes rêves seulement ! J'étais et je serai encore beaucoup plus séduisant que toi, et ce n'est pas une malheureuse égratignure sur mon visage qui changera quoi que ce soit à cela. Désolé de te décevoir », rétorque le chevalier Pégase en riant.

Le jeune homme esquisse une légère grimace, en portant sa main sur ses côtes. Ce simple rire a suffi à relancer la douleur qui tiraille encore son flanc, et cela le fait souffrir plus qu'il ne l'aurait cru. Acrisios lui lance un regard compatissant, et il n'aime pas l'idée de provoquer de la pitié chez son meilleur ami.

« Doucement Hikari, tu es encore convalescent, ne l'oublie pas, rappelle Marine, sur un ton protecteur.

- Ça va, ça va, je peux gérer quelques misérables petits bobos.

- Je n'en ai pas le moindre doute, mais tu ne souffres pas de blessures ordinaires. Il faudra te ménager encore un peu pendant plusieurs jours, sinon tu sais que les médecins voudront que tu reviennes à l'hôpital, ajoute le chevalier de l'Aigle.

- A ce sujet, Marine, je suis étonnée qu'ils aient accepté de le laisser sortir aussi vite, interroge Shaina, qui était restée silencieuse jusque-là.

- C'est parce que j'ai apporté la garantie que nous lui procurerions les soins dont il a besoin au Sanctuaire, précise la japonaise à son amie. Et il faut croire que j'ai su être suffisamment convaincante.

- Oui, ou alors c'est que tu as tapé dans l'œil du médecin, et qu'il n'a pas voulu te contrarier...

- Pas du tout ! Il a simplement confiance en moi, enfin je crois.

- Évidemment qu'il a confiance en toi ! la coupe Hikari. Et d'ailleurs, moi aussi j'ai confiance en toi. Je sais que tu t'occuperas parfaitement de moi, même si je suis persuadé que cela ne sera absolument pas nécessaire. »

L'italienne lance un regard complice à sa meilleure amie. Il semblerait que les relations entre Marine et son fils soient sur la bonne voie. En tout cas pour l'instant. Mais Shaina ne peut s'empêcher d'être inquiète pour sa consœur, et d'appréhender la réaction du jeune Pégase lorsque cette dernière lui aura avoué la vérité. Elle espère sincèrement que tout se passera bien, pour lui, comme pour elle.

A cet instant, trois coups rapides résonnent sur la porte de la chambre, et une tête ébouriffée apparaît dans l'embrasure.

« Salut, je peux entrer ? Alors Hikari, il paraît que tu as enfin fini de te prendre pour la belle au bois dormant ?!

- Bonjour Seiya ! s'exclame l'intéressé. Oui, comme tu peux le constater, je suis de retour parmi vous. J'en avais marre de rêver de toi !

- Oh, me voilà flatté, vraiment. Mais je ne mérite certainement pas un tel honneur, et de toute façon, je suis beaucoup mieux en chair et en os ! » plaisante le Sagittaire, en passant une main dans ses cheveux. Il lance un clin d'œil complice à son ancien disciple, avant de s'adresser aux autres personnes présentes dans la pièce :

« Bonjour Marine, Bonjour Acri ! Ah, et salut Shaina ! On dirait que tu as beaucoup d'admiratrices, Hikari... ajoute-t-il, sur un ton toujours amusé.

- Ou plutôt beaucoup de gens qui se soucient de lui, rétorque le chevalier de l'Ophiuchus, en décroisant nerveusement ses longues jambes.

- Bien entendu, je faisais juste un peu d'humour, c'est tout ! »

Un large sourire égaie à nouveau le visage du jeune Pégase, qui parvient à étouffer un rire incontrôlé, juste à temps pour éviter la survenue d'une autre vague douloureuse.

Celui-ci prend alors un air plus sérieux, et demande, après un bref instant d'hésitation :

« Mais dis-moi, Seiya, quel était l'objectif de la mission de laquelle tu es revenu ce matin ? »

Le Sagittaire reste d'abord silencieux, visiblement surpris par cette question. Il lance ensuite un regard étonné à Marine et Shaina, avant de répondre finalement au jeune curieux.

« Je vois que les nouvelles vont vite... Mais je n'ai pas envie de t'embêter avec ça. En tout cas pas aujourd'hui.

- Je t'en prie, je voudrais savoir, le presse l'adolescent.

- Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler ! » souffle le Sagittaire, sur un ton soudainement sec et catégorique.

Hikari n'insiste pas davantage, car il comprend immédiatement que son maître semble particulièrement agacé, et sensiblement affecté par ce qu'il vient de vivre. Et même s'il n'a pas la moindre idée de ce qui peut être à l'origine de cet état d'esprit, il devine que quelque chose de grave a dû se produire. Quelque chose qui semble avoir laissé une trace noire sur le cosmos de son maître.

...^...

Shaina jette un œil au réveil posé sur la table de nuit, et se lève, en secouant ses jambes qu'elle sent engourdies par ces trop longues minutes d'inactivité.

« Bon, Acrisios, il est temps pour nous de partir. Hikari a encore besoin de repos, et il se fait tard. Nous devons rentrer au Sanctuaire, affirme l'italienne d'une voix ferme et décidée.

- Oui, et d'ailleurs, je vais repartir avec vous, déclare le Sagittaire.

- Vous m'abandonnez tous alors ! Mais toi, Marine, est-ce que tu pourrais rester encore un peu, s'il te plaît ? Je crois que l'infirmière voudrait te faire passer les médicaments et le matériel pour la poursuite de mes soins, avant ton départ.

- Bien entendu, Hikari. Je resterai le temps qu'il faudra, répond la jeune femme. »

...^...

Shaina scrute les numéros des étages qui défilent sur le cadran de l'ascenseur. Seiya se tient à côté d'elle, il la touche presque, et sa main vient juste d'effleurer la sienne. Alors, elle se concentre, prend une profonde inspiration, et cherche à faire le vide dans son esprit.

Ikki. Il faut qu'elle pense à Ikki, et à combien elle a été heureuse de le voir ce matin, quand il est revenu de New York avec les autres. Et c'est vrai qu'elle l'a été. Infiniment.

Le savoir loin d'elle, et dans une situation aussi délicate, lui a fait prendre encore davantage conscience, si elle en avait besoin, de l'importance que le chevalier du Lion a pris dans sa vie et dans son cœur.

Elle a été inquiète pour lui, rassurée quand elle a compris qu'il allait bien, et profondément peinée quand elle a saisi combien il avait été affecté par les événements terribles de la veille, au moins autant que les autres Ors.

C'est à lui et à lui seul qu'elle doit penser. Elle le sait, et elle n'a nul besoin de s'en persuader.

Mais pourtant... Elle a aussi éprouvé une immense inquiétude pour son Sagittaire, toujours lui. Et le fait de constater à quel point il semble perturbé par ce qu'il a vécu ces trois derniers jours renforce ses craintes à son égard.

Car elle peut sentir au travers de son cosmos, ce cosmos qu'elle connaît si bien, qu'il n'est pas dans son état normal. Que quelque chose s'est brisé en lui, et que cela l'a changé. Elle le devine, elle le perçoit, et cela la tourmente et l'effraie.

Parce que, même si elle essaie de se convaincre du contraire, elle sait qu'elle ne veut pas le perdre. Pour rien au monde. Elle ne le supporterait pas...

...^...

Seiya fixe les portes de l'ascenseur. Il n'aime pas se sentir enfermé dans cette boite de conserve. Encore une, et encore plus petite que ce satané métro ! Pourvu qu'Acrisios et Shaina soient d'accord pour prendre un taxi, pense-t-il.

Shaina... Il a remarqué que l'Ophiuchus l'avait dévisagé un long moment dans la chambre tout à l'heure. Et étrangement, il doit reconnaître que cela ne lui a pas déplu...

Il ne s'était pas intéressé à elle depuis bien longtemps, en tout cas pas au-delà des quelques coups échangés lors de leurs rares entraînements en commun. Mais ce soir, il n'a pu s'empêcher de l'observer, et de remarquer la beauté de ses grands yeux émeraude, et la finesse de ses traits.

Cela fait des années qu'il connaît son visage, depuis qu'il est gamin même. Et c'est bien ce qui avait d'abord causé la rage de la jeune femme à son égard. Jusqu'à ce qu'elle lui avoue son amour.

Il avait été touché par sa sincérité et par la profondeur de ses sentiments, bien qu'il ne les ait jamais partagés. Et même si elle n'en a jamais rien dit, il est certain de lui avoir causé de la peine. Et il s'en est toujours voulu pour cela.

Mais ce soir, les choses lui semblent différentes. De toute façon, tout lui semble différent désormais. Il ne peut plus le nier. Et cela le terrifie.

...^...

Hikari observe ses mains et ses bras, presque avec étonnement. C'est vrai que ses brûlures ont guéri à une vitesse folle. Les pouvoirs du cosmos sont réellement stupéfiants, comme le lui a enseigné son maître, qui lui-même l'avait appris de son maître... Le chevalier de l'Aigle, qui est auprès de lui, depuis des jours, et ce soir, encore.

« Marine, comment était Seiya, en tant qu'apprenti, je veux dire ?

- Ah, je m'attendais à cette question ! Cela me surprend même que tu ne me l'aies pas posée plus tôt, répond la jeune femme. Eh bien, il avait une très grande force, et faisait preuve d'une extrême persévérance et d'un immense courage ! Son cosmos était très puissant, et il n'avait peur de rien, ni de personne. Comme aujourd'hui. En fait, il n'a pas beaucoup changé depuis ses six ans... »

Marine prend un court instant de réflexion, avant de poursuivre :

« Et, il faut que tu saches que tu lui ressembles énormément. Oui, tu m'as toujours beaucoup fait penser à Seiya. Mais il est vrai que vous êtes tous deux sagittaires... Ceci explique probablement beaucoup de vos points communs. »

Hikari écoute la jeune femme avec attention. Il aime tellement le son de sa voix... Encore une autre chose qu'il apprécie chez elle.

Mais pourquoi se sent-il aussi proche d'elle ? Pourquoi se sent-il aussi bien lorsqu'il est avec elle, lorsqu'elle pose ses grands yeux bleus sur lui, lorsqu'elle lui sourit ?

Pourquoi a-t-il le sentiment d'être heureux, d'être en sécurité, d'être aimé ?

D'être aimé comme s'il était auprès de... sa mère...

« Marine... hésite l'adolescent.

- Oui, Hikari, que veux-tu savoir de plus au sujet de ton maître ?

- Non, ce n'est plus de lui que je voudrais parler...

- Alors de quoi s'agit-il ? poursuit le chevalier de l'Aigle, d'une voix toujours douce et attentionnée.

- Pourquoi restes-tu à mes côtés depuis trois jours ? »

Marine ne répond pas immédiatement. Elle veut prendre son temps pour apporter une réponse à cette question, qu'elle n'est pas étonnée d'entendre. Elle plonge ses yeux dans ceux d'Hikari, et lui dit :

« Parce que je tiens à toi, et que tu m'es cher.

- Mais pourquoi ? Pourquoi as-tu toujours fait preuve de tant d'attention à mon égard ? Car je me souviens de tes si nombreuses visites à l'orphelinat quand j'étais enfant. Et je me souviens du bonheur et du bien-être que je ressentais à chaque fois », précise le jeune Pégase, en intensifiant davantage son regard.

La jeune femme ne peut réfréner un sourire en réaction à cet aveu, qui la trouble et la remplit de joie.

« Marine, réponds-moi, s'il te plaît. Je veux savoir... Je veux savoir depuis toujours !

- C'est parce que tu es mon fils, Hikari. »


A suivre...


Merci de m'avoir lue... Et encore très bonne et heureuse année à tous !


(1) "Merci, du plus profond de mon âme", en croate.

(2) "De rien, mon ami", toujours en croate.

(et pardon si j'ai fait une erreur de traduction...)