Samedi 27 septembre 1995

Dortoir Gryffondor 10h49

La matinée étant déjà bien attaquée, les salles communes étaient presque vides de toute chaleur humaines. Les élèves se baladant dans les couloirs en train de chercher de nouveaux ragots, à la bibliothèque, ou bien encore profitant d'un dernier rayon de soleil du mois de septembre.

Quant à Lucy, elle s'était recroquevillée dans son lit, les larmes voulant à nouveau couler. Heureusement pour elle, son dortoir était vide de toute vie, elle pouvait donc passer un moment seul avec ses pensées, ayant trop de questions en tête. En primaire, elle n'avait jamais aimé les mathématiques, et surtout les problèmes où elle ne trouvait jamais la réponse logique qu'il fallait, ainsi, aujourd'hui elle comparait ses problèmes à ceux des maths. Une prise de tête infinie pour un maigre résultat erroné ou tout juste bon.

De ce fait, pensant réellement qu'elle pourrait être seule, elle fut surprise en entendant quelqu'un toquer à la porte. Mais elle préféra ne pas répondre, au contraire, elle se mit dans son lit, tête enfouie sur son oreiller. La personne toqua encore plus fort et, malgré qu'elle ne répondit pas de nouveau, elle entendit la porte de son dortoir se fermer. Elle replongea sa tête dans son lit, ne voulant pas savoir qui venait d'entrer, la maudissant au passage de vouloir pénétré dans son antre. Cependant, elle entendit encore une fois la porte s'ouvrir, suivie par chuchotement, puis la porte se referma et elle sentit quelqu'un s'asseoir sur son lit.

- « Je suis désolée » murmura cette personne.

Lucy fut étonnée d'entendre sa voix, mais continua son mutisme, comme à son habitude.

- « Tu réagis toujours comme ça. Tu veux toujours ne rien dire, tu préfères rester muette, ignorer les gens. Tu ne te confies plus à moi, d'accord je peux comprendre, vu notre relation. Mais tu as des amis qui s'inquiètent pour toi quand même. C'est Hermione qui est entrée avant moi, continua Aliénor. Tu es ma petite soeur, je devais prendre soin de toi, et je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait exprès au début, enfin, après notre relation est compliquée ... Lucy, pardonne-moi, ce hurlement ... »
- « Ne te concerne pas » marmonna celle-ci.
- « Je ne pourrais pas être là pour toi tout le temps, mais je vais me comporter comme une vraie soeur. Si tu aimes Fred, je ne me mettrai pas entre toi et lui, il tient beaucoup à toi. D'accord, je l'ai embrassé, mais il ne m'a pas rendu ce baiser, et depuis, la seule phrase qu'il m'a dit c'est " ou est Lucy ? ", il s'inquiète, vu comment tu es rentrée dans la salle commune. De la boue, des yeux rouges, et tu étais toute trempée. D'ailleurs, tu l'es toujours, tu aurais pu te changer quand même ! Ton lit va être tout sale ! » S'énerva Aliénor.

Lucy était passée par diverses sensations durant le discours de sa soeur : coeur qui se pince, culpabilité, tristesse, mais sa dernière phase lui permit de rire, rire comme si elle ne pouvait plus s'en arrêter. Cependant, elle fut ravie d'apprendre l'intérêt que portait Fred à son égard. Mais elle avait honte, Aliénor l'aimait, et elle avait tout gâché pour des sentiments - même pas encore la -, juste pour une attirance qui n'était peut-être même pas réciproque. Ou alors avait-elle réellement des sentiments ? Elle ne savait rien, elle avait peur de savoir cette réponse qui la terrifiait. Lucy se révéla, pour regarder sa soeur droit dans les yeux, avec encore l'envie de rire.

- « Tu ne joues pas le rôle de ma soeur, mais tu veux jouer celui de maman ? »

Aliénor rigola de plus belle, comprenant que sa soeur avait raison. La scène qui se déroulait était ridicule, et les deux soeurs pensaient la même chose.

- « Aliénor, tu n'es pas obligée de jouer ce rôle, cela fait longtemps que nous jouons plus. »
- « Je sais ... Mais, nous avons gâché assez de temps à jouer au chat et à la souris » sourit doucement Aliénor.
- « Laisse tomber Aliénor, cela sonne un faux » continua Lucy en roulant des yeux.
- « Tu as surement raison » soupira celle-ci. « Mais tu es ma soeur, et si tu as besoin de moi, viens me voir. »
- « Eh bien, j'ai une colle ce soir par Ombrage ...» souris Lucy, tandis qu'Aliénor rigola.
- « Je ne peux rien faire pour toi, désolée. »

Les soeurs Beckett rigolèrent dans un rire uni, chose qui n'était plus arrivée depuis bien des années, malgré des rires communs, celui-ci était à la différence sincère et rempli de tendresse entre soeurs. Toutefois, Lucy arrêta peu de temps après son rire, elle voulait parler de ce fameux sujet tabou, elle prit une grande inspiration, et essaya de respirer du mieux qu'elle le pouvait pour lui poser la question qui changerait tout.

- « Tu aimes Fred ? »
- « Oui » murmura Aliénor en soufflant après plusieurs secondes.
- « Je vois ...» dit Lucy tout en baissant la tête, peinée.

Aliénor et Lucy ne parlèrent pas pendant de nombreuses minutes. Lucy voulut replonger sa tête dans son oreiller, mais sa soeur arrêta son mouvement.

- « J'ai déjà aimé Lucy » Cette dernière releva la tête, surprise de la suite de la conversation. « Anthony fut mon premier »

Anthony était le premier amour d'Aliénor, mais à cause de sa condition de moldu, sa relation prit fin et il devint par la suite une simple relation d'été. De nombreuses disputes avaient eu lieu, dues au secret d'Aliénor, et la fin de leur relation avait sonné lors de sa cinquième année à Poudlard. Depuis, ils se revoyaient seulement l'été comme des amis, un peu trop proches. Un amour de vacances, qui prenait fin à chaque rentrée de Poudlard. Mais l'été dernier, il avait déménagé, laissant Aliénor seule avec son amour de Poudlard : Fred Weasley.
Anthony était le contraire de Fred : blond aux yeux bleus, premier de la classe, il aimait rire, certes, mais pas au point de faire des farces, il était délégué de sa classe et faisait même partie d'une association. En soi, un vrai petit modèle concernant l'éducation, l'étude. Aliénor l'avait aimé dès la première fois que leurs regards s'étaient croisés, mais elle culpabilisait à chaque fois de ne pas lui dire la vérité sur sa famille, sur elle, sur les sorciers, compliquant ainsi leur relation.

- « Écoute » continua Aliénor déterminé à poursuivre cela avait qu'elle ne change d'avis , « J'ai déjà eu mon premier amour et je sais à quel point c'est important. C'est une sensation merveilleuse, et je n'ai pas envie de te gâcher cette expérience. »
- « Je n'aime pas Fred. »
- « Si, tu l'aimes, et je ne peux te reprocher cela. C'est quelqu'un de bien. Si tu veux vraiment être avec lui, alors vas-y. »
- « Aliénor ... » murmura cette fois-ci Lucy.
- « Je ne veux pas sortir avec lui, si cela doit empirer notre relation qui est déjà au plus bas » sourit faussement Aliénor.« Je suis ta grande soeur, il me faut comporter comme telle et non comme deux ennemis se battant pour un garçon. »
- « Alors, moi non plus. » Sourit Lucy, mais qui, au fond, ressentait une grande peine, tout comme sa soeur. Mais elles portaient toutes deux un masque et il fallait le briser, surtout pour ce qui était de l'affaire de Fred.
- « Promis ? »
- « Promis. »

Aliénor sourit et fit quelque chose qui surprit sa soeur, car elle ne s'y attendait pas : elle la prit dans ses bras. Lucy ne répondit pas à cette étreinte, bien trop étonnée pour cela. Depuis quand ne s'étaient-elles pas enlacées ? Des semaines ? Non. Des mois ? Pas encore. Des années ? Oui, c'est plus plausible. Aliénor laissa sa soeur et quitta son dortoir dans un soupir.

Les deux soeurs avaient aimé ce petit moment, même sous la torture elles ne l'avoueraient jamais, mais c'était un moment qui n'était pas arrivé depuis la rentrée de Poudlard de Lucy. Néanmoins, toutes deux savaient très bien qu'une fois qu'Aliénor avait passé la porte, les sourires, les promesses de soutien ou ne seraient que du vent, un vent froid d'automne mêlant pluie et feuilles.

Aliénor partit en direction de la bibliothèque, tandis que Lucy se recoucha, ne voulant affronter personne. Seulement, un hibou vient la réveiller une heure plus tard. Elle sourit en reconnaissant celui-ci, les petites tâches marron de ce hibou sur un poil noir n'appartenait qu'à une seule personne à sa connaissance : Cormac. Elle ouvrit le tiroir de sa commode près de son lit pour en sortir des petits biscuits qu'elle tendit au hibou qui la mordit presque de sa gourmandise.

" Lucy, viens me retrouver dans le parc de Poudlard, il faut que nous parlions de ce hurlement. Si tu n'es pas là dans les trente minutes, je vais dire à tout le monde que tu es amoureuse de Fred Weasley. Cela serait une catastrophe pour ta petite réputation de fille insensible. Non, allez viens, s'il te plait, je m'inquiète. "

La jeune Beckett ne put s'empêcher de rire à cette lettre de son meilleur ami. Cormac n'avait jamais failli dans son amitié, il a toujours été présent, la faisait rire quand elle n'allait pas bien, la faisait sortir de son lit lorsque la nostalgie était trop présente, il l'emmenait même faire les boutiques en lui offrant une glace ou un chocolat chaud lorsqu'elle boudait. Néanmoins, vu qu'il trainait souvent avec des sixièmes années ou bien encore avec Dean et Seamus, Cormac et Lucy n'avaient que très peu de moments à eux réellement. Alors elle voulait profiter de chaque instant, de chaque moment, en mettant le plus souvent son caractère difficile de côté.

Elle se décida donc à aller prendre une douche chaude pour se réchauffer un peu ; elle avait froid à cause de ses vêtements humide. Puis, une fois lavée, elle descendit, toute propre, un grand sourire aux lèvres tout en ayant embrassé son petit chat Snow avant de descendre , qui dormait sous son lit ; et d'avoir mis l'adresse d'Edward dans sa commode.

Lorsqu'elle arriva dans la Salle commune, George se dirigea vers elle pour lui parler. Mais ayant compris qu'il venait de la part de Fred, elle décida de créer une diversion pour que celui-ci ne se concentre plus sur elle pendant un moment. Elle lui montra donc Angelina de la tête en lui disant qu'elle le dévorait du regard. Le plan de Lucy marcha, celui-ci tourna la tête et Lucy Beckett en profita pour partir.

Quelques minutes plus tard, elle arriva vers Cormac qui lui demanda des explications sur son état. Elle lui expliqua donc son cri de désespoir et sa discussion avec Aliénor. Elle n'osait pas parler de la rencontre avec son fameux grand-père, elle avait peur de sa réaction. Cependant, Cormac savait au fond de lui qu'elle lui cachait quelque chose, mais la connaissant, il savait également que la brusquer ne mènerait à rien, il valait mieux attendre. Comme pour le printemps, attendre sagement que les bourgeons éclosent. En effet, Cormac considérait Lucy comme un bourgeon qui ne souhaitait que de s'ouvrir au monde, mais il suffisait d'un coup de gel pour que le bourgeon ne s'ouvre jamais.

- « Que vas-tu faire ? Tu vas laisser Fred choisir, ou tu ne vas vraiment rien essayer ? »
- « Je ne sais pas ... »
- « Tu m'as déjà parlé de ta relation avec ta soeur avant Poudlard, avant la magie. Tu ne souhaites pas retrouver cette complicité d'antan ? »
- « A quoi bon ? La magie m'a tout enlevé. »
- « C'est faux, tu m'as connu moi »sourit-il.
- « Ce n'est pas pareil et tu le sais. La magie blanche ne m'a rien apporté de bon. »
- « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » Lucy ne répondit pas, préférant baisser la tête, presque honteuse. « Tu ne penses pas à te convertir en faisant de la magie noire ? » s'offusqua Cormac.
- « Pourquoi pas, et je ne me convertirai pas, c'est pas pareil. Seulement, il existe plusieurs formes de magie, plusieurs possibilités. La magie blanche n'est pas aussi blanche que cela à mon goût » continua Lucy dans un ton monotone comme ci tout ceci était normal
- « Je ne sais pas si Lord Voldemort est revenu réellement ou non, je ne sais pas s'il faut croire Potter. Mais si c'est le cas, surveille tes paroles Lucy. Elles pourraient avoir de graves conséquences. »

Cormac était un bon vivant, il aimait rire et avait un humour de second degré plutôt fort. Bien sûr, ils avaient déjà eu des conversations sérieuses, mais c'est la première fois qu'elle le voyait ainsi. Il était devenu tout rouge, autant sur ses joues que sur ses oreilles, ses poings étaient serrés et on pouvait même voir une veine voulant sortir sur son front. Il était aussi énervé qu'inquiet pour sa meilleure amie. Oui Cormac était très sérieux, et serait prêt à agir s'il le fallait. Il ferait tout pour protéger sa meilleure amie.

- « J'ai rencontré quelqu'un qui m'a expliqué que .. » commença à avouer Lucy
- « Non, tu es fatiguée, tu as l'esprit ailleurs depuis que tu as des sentiments pour ce rouquin mal lavé. Tu es perdue, alors on aura cette conversation quand tout sera réglé de ton côté » dit-il en bougeant la tête de droite à gauche en signe de négativité.
- « Mais ce quelqu'un me connait, Cormac, il ne me ferait pas de mal. »
- « Tu le connais depuis combien de temps ? »
- « Quelques heures ... » rigola t-elle dans une petit rire gêné « Mais il a pris soin de moi depuis ma naissance. »
- « Arrête Lucy, je ne le permettrai pas. Tu es quelqu'un de bien » s'emporta Cormac.
- « Tu ne t'es jamais demandé si la magie blanche n'était en fait pas ce que l'on voudrait nous faire croire ? Un mensonge, une manipulation ? » dit-elle déterminé
- « La magie noire a tué plus de gens que la blanche, alors excuse-moi d'en douter. Tu m'as parlé de la prophétie, de ta grand-mère qui te mentait, des mangemorts qui ont voulu tuer ta soeur pour te kidnapper par la suite et toi, tu oses faire confiance à un inconnu qui te baratine ? » Le silence s'en suit entre les deux protagonistes qui réfléchissait de leur côté. Puis Cormac décida de couper cette tension en parlant calmement mais fermement « Arrête d'être naïve »
- « Il avait de bons arguments. »
- « Il est temps qu'on rentre et que tu te reposes, Lucy. » répondu son meilleur ami exaspéré
- « Je veux seulement avoir des réponses, c'est tout. La magie blanche m'a fait souffrir, alors peut-être que la magie noire .. »
- « Te tuera, coupa Cormac. « Ce n'est pas le destin que tu veux pour toi ou tes proches ? »
- « Non, mais ... »
- « Alors, arrête tes imbécilités. Tu te fais manipuler » coupa de nouveau Cormac. « Je t'interdis de te renseigner là-dessus. Je n'ai pas envie de t'appeler plus tard mangemort Lucy ! »
- « Tu es extrême là.. »
- « Ou alors mage Beckett, ou je ne sais quel autre surnom de ta condition de mage noir. »
- « Extrême aussi. Il n'y a pas de mal d'être curieux sur ce sujet. »
- « Si, quand cette magie fait souffrir des gens. Tu m'as dit que ton grand-père est mort à cause de cela ? »

Un long blanc suivit, Lucy n'osant à peine regarder Cormac, et ce dernier la fixait pour essayer de déceler la moindre information sur ses pensées, ses convictions réelles.

- « Tu as raison, j'ai besoin de me reposer. C'était par simple curiosité. » finit-elle par dire en mentant à moitié
- « Ah, tu me rassures ! » sourit Cormac, qui toutefois n'était pas dupe « . Allez, j'ai faim, on va manger avant que le festin ne se finisse ? »

Cormac se leva et tendit la main à Lucy, celle-ci la prit, mais ne put s'empêcher via son geste de revoir son grand-père en faire de même pour l'aider. Elle avait menti à Cormac, c'était plus qu'une simple curiosité, mais elle devait avouer qu'il avait raison sur certains points : la magie noire avait tué beaucoup de personnes, contrairement à la blanche. Mais au fond d'elle, elle voulait en savoir plus, elle voulait connaitre la vérité. Étonnamment, durant le reste de la journée, une autre personne partageait cette envie : Harry Potter. Celui-ci est venu lui parler de la vision de leur professeur de divination, il lui révéla qu'elle croyait les dire de celle-ci. Lucy, étonnée, accepta tout de même d'accepter ce possible fait, surtout après ces derniers événements, et tous deux se dirigèrent vers la bibliothèque, sous le regard ahuri d'Hermione Granger qui envisagea la possibilité de la véracité de son professeur qu'elle trouvait " folle " . Ainsi, elle leur apporta de l'aide en leur conseillant divers livres sur la divination et tout ce qui l'entoure. Elle n'aimait peut-être pas la matière, mais en troisième année, elle dut quand même faire ses devoirs, en tant que bonne élève qu'elle était, elle ne pouvait pas ne pas lire des livres sur cela.

Vendredi 4 octobre

Poudlard

Plusieurs jours étaient passées et étrangement, les élèves de Poudlard purent même voir une nouvelle harmonie dans le sein de la maison Gryffondor. Depuis, les soeurs ne s'étaient pas disputées une seule fois, certes, leurs discussions étaient encore assez rares, mais on pouvait les voir s'échanger quelques sourires entre elles. Et, plus étonnant encore, les élèves virent Lucy trainer de plus en plus avec le survivant, chose qui n'arrivait jamais auparavant.

Cependant, plus rien n'allait dans la vie de Fred, du moins dans son coeur. Étonnamment, il vit Aliénor revenir vers lui en s'excusant de son geste, mais en même temps, elle s'était éloignée pour se rapprocher de Lee et resta avec Emma, sa meilleure amie, bien qu'elles ne soient pas dans la même maison, Emma appartenait à la maison Serdaigle. Fred comprenait sans comprendre sa distance, ne sachant quoi penser de tout cela.

Quant à Lucy, il ne sut pourquoi, mais celle-ci l'évita autant que possible. Parfois il la voyait, dans les couloirs, changer de direction, se cacher derrière les statues, même lorsqu'il y avait George elle se comportait bizarrement : bafouillant, évitant son regard, et toutes ses questions vis-à-vis de son recul par rapport à Fred. Quelque chose se passait, les jumeaux en étaient convaincus, mais personne ne savaient quoi.

Cette distance que les soeurs Beckett avaient instaurée envers Fred lui avait refroidi le coeur, mais cela lui permit de comprendre qui l'attirait réellement. Et ce depuis le soir de ce mystérieux hurlement.

Selon les dires de son jumeau, il aimait avoir son harem constitué des soeurs Beckett, d'où sa mise boudeuse, ce qui avait le don d'énerver Fred. Bien sûr George ne pensait pas un mot de tout cela, mais il aimait l'embêter sur ce sujet-là. Voir son frère se décomposer en voyant cette fameuse soeur l'ignorer ou lui sourire à peine attristait George. Fred, c'était son tout, une partie de lui. Ainsi, lorsqu'il souffrait, George souffrait également, lorsqu'il était heureux, George l'était tout autant.

George, qui sortait depuis peu avec Angelina, essaya à chaque fois de pousser Fred à aller la voir, mais le courage du lion pour cette lionne s'envolait à chaque fois.

Cependant, la chose était sûre, entre Aliénor et Lucy, Fred avait fait - il y a déjà bien des jours - son choix.

Le lion allait essayé de se rapprocher de la lionne, tel un félin voulant surprendre sa proie : doucement, tapis dans l'ombre, attendant son heure. Ou alors est-ce le mal qui attendait ce moment ?