Dés : volcan – pont – sac


Vider son sac.

Wei WuXian avait l'impression d'être un volcan. Un volcan prêt à rentrer en éruption. Tout ça à cause de Lan Zhan. Son Lan Zhan. Cela faisait si longtemps qu'il l'aimait qu'il ne comprenait pas comment il faisait pour le garder pour lui. Ce n'était pas son truc de ne rien dire sur ses sentiments, mais quand il voulait tout lâcher quelque chose en lui le retenait. La peur peut-être. Et s'il perdait Lan Zhan pour de bon ? Et si celui-ci décidait de prendre la tangente ? Et s'il était dégoûté ?

Avouer ses sentiments, c'était comme traverser un pont bancal suspendu à trois mille mètres du sol et sans rien pour s'accrocher. Mais Wei WuXian était arrivé au bout de ce qu'il pouvait supporter. Son silence lui pesait. D'autant plus que Lan Zhan était si proche de lui quand ils marchaient, que des fois il aurait pu l'embrasser rien qu'en se tournant vers lui. Ils dormaient aussi parfois ensemble, quand ils ne trouvaient pas d'auberge où s'abriter, pour se tenir chaud, ou quand il n'y avait qu'un seul lit disponible là où ils s'arrêtaient.

Ça devenait vraiment trop dur pour Wei WuXian. Il avait trop envie de prendre Lan Zhan dans ses bras, de toucher ses cheveux, son bandeau et ses joues, de l'embrasser. Il voulait simplement être encore plus proche de lui.

Il ne pouvait plus se taire et tant pis pour ce que dirait Lan Zhan. Tant pis s'il s'enfuyait à dix mille kilomètres, Wei WuXian avait trop besoin de vider son sac. Alors cette nuit-là, alors qu'ils se retrouvaient une nouvelle fois à partager le même lit, d'un seul trait, il lâcha :

— Jetaimelanzhanettantpispourcequetenpense.

Lan Zhan ne réagit pas tout de suite, et Wei WuXian ne savait pas s'il l'avait entendu ou même compris, ou bien s'il était en train de réfléchir pour savoir comment le jeter du lit. À la place, Wei WuXian crut le voir rougir, et Lan Zhan s'approcha tellement de lui qu'il sentait sa respiration contre ses lèvres. Il sembla attendre quelque chose, et finalement, ne l'obtenant pas, il posa sa bouche sur celle de Wei WuXian.

Et voilà, le volcan rentra en éruption. Wei WuXian eut vraiment l'impression de brûler. Il attendait ça depuis si longtemps et pourtant il n'aurait jamais imaginé que ça puisse être si parfait. Les lèvres de Lan Zhan, ses caresses maladroites dans ses cheveux, leurs yeux fermés, leurs langues qui finissent par s'emmêler.

— Je t'aime aussi, fit Lan Zhan quand ils se séparèrent.

— Depuis combien de temps ? demanda Wei WuXian.

— Depuis très longtemps.

— Avant ou après ma mort ?

— Avant.

— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? interrogea Wei WuXian.

— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? rétorqua Lan Zhan.

Wei WuXian fit la moue. Et Lan Zhan l'embrassa à nouveau, pour qu'il arrête de bouder. Ce qui fut plutôt efficace.

Fin.

L'autatrice : pour la nouvelle année, voici un petit texte.