Chapitre 15 : Andrew Lang
Chère M. Lang,
Je vous prie de m'excuser pour cette lettre hâtive, vous m'aviez dit un jour que si besoin était je pourrais faire appel à vous. Vous m'aviez dit que je pourrais vous écrire quand je le voudrais et si je le désirais. Et bien je dois vous dire que ce jour est arrivé. Je me suis faite renvoyais il y a de cela quelques jours.
Vous m'aviez dit de vous écrire si j'étais dans le besoin ou pour obtenir votre aide et votre secours, et je vous le demande aujourd'hui, j'aimerais obtenir un logement ou une aide quotidienne et une main secourable qui je l'espère me sera très utile, dans ce moment de crise et j'ai besoin plus que tout d'un allier qui me comprenne et ne me juge pas.
Quand vous étiez encore en poste, ici, à Downton, vous aviez été si gentil et véritable un ami pour moi, vous aviez également remarqué ma proximité et mon amitié plus que déroutante et la solitude de Madame ainsi que la confidence partagée avec elle, vous aviez remarqué comme j'étais toujours pressé de la rejoindre et vous m'aviez parlé de ce secret tendre qui me liait à elle.
J'ai entretenu avec Cora Crawley une relation plus que tendre et complexe, vous l'aviez deviné et je dois vous dire qu'on a eu une relation plus que platonique et interdite par des gens qui nous condamneraient, vous m'aviez assuré votre soutien et vous m'aviez fait également la promesse de toujours me soutenir.
Alors aujourd'hui je vous demande de l'aide.
Ma lettre et très brève et j'en suis désolée, j'espère que vous me répondrez bien vite, j'ai l'intention d'emmener Cora avec moi et on a l'intention de vivre ensemble, et je dois faire appel à vous.
Excusez-moi de ne pas vous joindre par Télégramme ou appel téléphonique mais je me suis dit que ce serait plus prudemment par courrier rapide que d'avoir eu un télégramme qu'un télégraphe pouvait lire ou une réceptionniste pouvait espionner notre conversation.
Je ne prendrais évidemment pas ce risque.
Amicalement, Mlle Sarah O'Brien
Andrew venait de recevoir la lettre de Sarah, il l'a lue au moins cinq fois, pour être sûr de bien tout comprendre et de déchiffrer et d'être certain et de s'assurer que tout ce qui l'avait fait douter et toutes les confirmations de ses soupçons paraissaient exacts.
Après son séjour dans le service de Downton et son renvoi, pendant la guerre, Andrew avait vécu un temps à Londres décrochant un emploi dans une librairie, mais le bruit des automobiles, et le klaxonne des automobilistes, le bruit des passants, les conversations résonnant dans sa tête comme des bourdonnements, les bus et le métropolitain étaient des bruits assourdissants pour un homme recherchant la tranquillité et essayant de fuir les bruits de la capitale. La vie à Londres n'était pas pour lui, son âge et le temps écoulé et le temps dans les villes n'était pas pour lui.
Ce qui lui fallait et ce qu'il cherchait était le bruit adoucissant et le calme de la campagne, et le bruit doux de la mer des Cornouailles, avant la guerre il y vivait avec sa famille, il avait souhaité y retourner, le calme de la lande et la campagne des Cornouaille était si paisible et calme, et silencieuse dans les vertes prairies, le vent soufflant venant fouetter doucement le visage le temps semblait s'être arrêté, figé dans le temps de la littérature du XVIII Siècle, des romans de Jane Austen.
Et actuellement il y vivait paisiblement, sauf quand des bruits ou les souvenirs de la guerre venait lui rappeler la dure réalité et se faufilant dans son esprit pour le torturer sans pitié.
Le bruit des mitraillettes, des obus, des bombardements de Shrapnel ; ses espèces d'arme utilisant en bille de plomb qui fêlent les têtes, les obus à gaz, les soldats respirant obsédés par l'odeur, craignant des gazés. Le bruit des bombes et des combats, les cris des soldats se jetant hors des tranchées, se jetant dans l'enfer.
Andrew avait développé des troubles de stress, de crises de panique et d'angoisse, de tremblement et parfois même de paralysie. Dans sa tête, dans son esprit Andrew revoyait ses camarades se faire tuer, les bruits assourdissant des obus, les tranchées pleines de rats et de boue, dans ces tranchées impossibles de se laver, jamais il n'avait gardé du linge aussi longtemps sur son dos.
Andrew se souvient avoir sympathisé le soir de noël 1914, avec des soldats allemands, c'est à ce moment-là qu'il avait commencé à se poser des questions sur le bienfondé de cette guerre, si elle était normale et injuste, que les Allemands étaient comme les Anglais ; des êtres humains.
Les Allemands avaient des femmes et des enfants qui les attendaient à la maison, chez eux, ils y en avaient qui étaient jeunes qui attendaient la fin de la guerre pour faire des projets, l'un souhaitant rentrer dans la domesticité, d'autre reprendre le travail de la ferme familiale et d'autre voulant se marier.
Il y avait des Allemands beaucoup plus âgés, l'âge d'Andrew, qui s'étaient engagés ou avaient reçu l'ordre de mobilisation, car ils souhaitaient combattre pour et en faveur du Kaiser, pour réussir à s'approprier des territoires et agrandir l'empire, d'autre s'engageaient car ils étaient compatriotes et aimaient leur pays et se battaient en faveur de la liberté et d'un monde plus juste.
Un jour lors d'un combat, Andrew est tombé sur un jeune allemand la jambe arrachée par des billes d'un Shrapnel, les yeux écarquillés attendant la mort le visage terrifié d'être tué, Andrew voulu le laisser, il se souvient qu'il se nommait ; Kranz.
Mais un des compagnons d'Andrew la vue et le tua sans pitié, Andrew complètement impuissant et terrifié, voulu l'en empêcher, ils se sont battus, et une balle fut tirée, en essayant de vouloir arracher le fusil. L'homme tomba dans ses bras, le sang coulant, lui demandant pitié, voulant qu'il prévienne sa mère et sa femme, le regard vide et le pire de tout dans le souvenir d'Andrew c'est qu'il avait pu voir un regard de pardon.
Cela s'était passé lors d'un combat, l'affaire fut classée comme un accident mais Andrew ne put jamais oublier.
Andrew fut démobilisé en faveur d'une grave maladie, et reçut les honneurs de son pays, c'était quelque chose de pire pour Andrew jamais il ne pourrait oublier, c'est gravé dans sa tête à jamais, il ne se pardonnerai jamais non plus, il parla tout de même avec la famille du soldat qu'il avait tué. La guerre l'avait détruit, même par accident il ne pourrait pas oublier ce qu'il a fait.
Andrew rencontra Sarah O'Brien, à Downton Abbey, celle-ci le prit sous son aile et sous son affection.
Elle le comprenait et lui pardonnait tout ce qui l'avait pu faire, elle savait ce qu'il ressentait car elle avait un frère qui avait vécu la même chose, son petit frère préféré Archie O'Brien.
Archie qui avait était un jeune homme comme les autres, qui avait lui aussi sympathiser avec des Allemands, qui était devenue pasteur, un homme d'Eglise qui ne croyait pas à la violence ni à la guerre, il s'était engagé contre son gré.
Archie avait toujours été un jeune homme timide, d'une manière maladive, et émotionnel.
Sarah avait eu beaucoup d'affection pour son frère. Et elle fut dévastée par sa mort qui ne pouvait être qu'inévitable, vu sa fragilité et son émotion face à cette guerre
Ils s'étaient alors liés d'amitié, Sarah essayant de toute ses forces de protéger Andrew et l'aider à reprendre sa vie en mains, et son contrôle.
Sarah avait confié, elle aussi son terrible secret qu'elle avait tué indélibérément quelqu'un par jalousie, par insécurité, par peur, et ce qui avait causé l'acte était l'impulsivité et ne pas avoir réfléchi.
Andrew lui dit qu'il fallait qu'elle en parlât, qu'elle dévoile son secret à Cora qu'elle avait le droit de savoir et qu'elle ne pouvait pas continuer à vivre comme cela.
Ce qui eut pour effet d'énerver Sarah, de devenir agressive et folle de chagrin et elle lui dit qu'il ne pouvait pas comprendre.
Mais un jour, elle ne pu rester en colère et furieuse et emporter contre Andrew bien longtemps. Elle le considérait comme son frère, son frère préféré qu'elle devait protéger, elle l'aimait, mais d'une manière peu commune un amour fraternel mêlé à de l'amour considéré comme un homme et une femme devraient l'être.
Sarah avait fait une sorte de transfert affectif fraternel d'Archie à Andrew. Et cela pouvait même être aller plus loin, Sarah aimait plus que tout Cora, elle savait qu'elle ne pouvait pas l'avoir ou la désirer aussi complètement qu'elle le voudrait, alors sa protection, son amour, sa possessivité et son réconfort qu'elle avait en Cora, elle aurait voulu être transfert sur Andrew.
Mais au final, entre les deux il n'y eu que de l'amour fraternel.
Andrew se souvient de sa vie avent la guerre ; Il avait été patriote et dévoué à son pays il était fier comme William après lui, de devoir défendre l'Angleterre, il pensait que c'était son devoir de faire et d'y aller. Il avait été joyeux et heureux de partir sur le front ignorant ce qu'il attendait. Il avait été un homme comme les autres travaillant dans le service de la domesticité.
Il avait grandi dans une ferme, au début, petit d'Andrew avait vécu dans un cottage au bord de la mer, ses parents tenaient un petit hôtel qui cuisinaient des huit à la crème. Qu'ils pêchaient dans un petit bateau près d'un port de pêcheurs et les nettoyaient à l'hôtel et les préparaient soigneusement.
Ensuite, en grandissant, Andrew et sa famille s'étaient installés dans une petite ferme.
A la guerre, heureux et fier, habillait de son uniforme, orgueilleux et fier de le porter, gonflant sa poitrine de fierté, sa mère lui demande de faire attention, les larmes dans ses yeux et l'émotion évidente qui l'assaille, un mouchoir de coton blanc porté à ses lèvres pour cacher ses sanglots.
Andrew eu ses soupçons, sur l'affection que Sarah témoignait envers sa maîtresse, il le voyait dans son regard habituellement dure quand on parlait d'elle ou l'évoquait son regard si sévère se brisa, coula comme de l'eau dans une fontaine, et fut remplacé par élan de tendresse et d'amour.
Andrew savait que Sarah était amoureuse de Cora Crawley. Il voulut et prit le risque de la confronter.
Malgré sa colère et sa méfiance Andrew lui dit en prenant sa main, en enroulant ses doigts autour des siens qu'elle aura toujours son soutien et de faire très attention à elle.
Ils gardèrent contact quand Andrew quitta Downton. Et Andrew dit à Sarah qu'elle sera toujours la bienvenue sous son toit.
Le scandale n'avait pas vraiment été au-delà du seuil de Downton, mais était quand même arrivé jusqu'à Andrew Lang grâce à la lettre que Sarah lui avait envoyée.
Quoi qu'il se passe, Andrew défendra toujours Cora et Sarah, et autorisa à faire venir Cora avec elle en Cornouaille pour se réfugier chez lui.
