Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter.

Warning : Cette fiction est un slash avec scènes de sexe explicites et parfois assez dures alors si vous êtes trop jeunes ou que vous n'aimez pas les relations entre hommes, cette histoire n'est pas pour vous.

Un petit chapitre pour cette fois. A bientôt !


Mercredi 20 mai 1998 au Vendredi 22 mai 1998

Les soirées suivantes se déroulèrent sans incident, ce que Severus trouva positivement déconcertant. Le cours de Potions avait été une énorme erreur, et bien que le temps passé dans le tunnel ait été d'un certain avantage, Severus savait qu'il l'avait largement gâché en perdant son sang-froid si rapidement par la suite.

Il n'avait pas eu l'intention de presser à nouveau le jeune homme contre le mur et de ravir sa bouche, surtout pas si tôt après avoir appris dans le tunnel qu'il était vraiment trop prématuré d'en arriver à quelque chose d'aussi personnel. Harry aurait très probablement besoin de quelques baisers accompagné d'un Sensatus sur ses lèvres avant d'être en mesure de croire que l'expérience puisse être agréable.

Sensatus avait fait grand bien quand il s'agissait de se régaler de la chair souple et bronzée du cou d'Harry. Il ne le réclamait même plus à chaque fois maintenant, quand Severus le tirait près du feu ou à côté de lui sur le canapé, et se mettait à lécher sa nuque et à mordiller ses oreilles. Bien sûr, il ne gémissait pas tout à fait de la même façon que lorsqu'il était sous le sort, mais cela signifiait juste qu'il le censurait, sachant que c'était Severus qui lui faisait cela. Avec le temps, il s'habituerait davantage à leur intimité et ferait plus que le tolérer. Avec le temps, il halèterait plutôt que de s'en tenir à la respiration profonde dont il faisait preuve chaque fois que Severus commençait à le toucher.

Durant le reste de la semaine, Severus se limita à augmenter le niveau de confort d'Harry vis-à-vis des gestes intimes qu'ils avaient déjà abordés jusqu'à présent. De longs massages devant le feu, du temps passé à apprendre à laisser Severus caresser son dos nu et sa poitrine. Des baisers, à nouveau. Jamais la bouche, même si à mesure que la semaine passait et qu'il tenait Harry près de lui chaque soir, il s'éloignait de son cou pour embrasser ses épaules et son dos, sentant la tension dans la chair qui luttait pour lui répondre avant qu'Harry ne censure fortement ses réactions. Les mains, étalées contre son abdomen pour le tenir serré, ou errant vers le haut pour caresser les muscles de sa poitrine et taquiner légèrement ses petits mamelons.

Et Harry ne résistait pas, pas du tout, pas une seule fois. Pas même le vendredi soir, lorsqu'il les déplaça davantage vers son intimité, qu'il tourna Harry pour lui faire face et l'observa cette fois tandis qu'il répandait du baume sur sa poitrine et le frottait en cercles lents sur sa peau. Harry ferma les yeux. Il les rouvrit quand Severus lui demanda de le faire, même s'il regardait assez ouvertement la tapisserie par-dessus l'épaule de l'homme plus âgé. La tapisserie contre laquelle il avait été sauvagement embrassé… Se souvenir de cela lui rappela chaque palpitation, le besoin douloureux que Severus avait ressenti pour Harry ce soir-là, et il dut se contenir pour ne pas pousser le jeune homme sur le tapis devant le foyer et l'embrasser à nouveau, correctement cette fois des baisers chauds et intenses qui feraient flamboyer de désir ces yeux verts…

Mais c'était ridicule, et Severus le savait. Harry n'avait ressenti aucun désir l'autre fois, il avait seulement été choqué. Il n'était pas encore prêt Severus en avait appris beaucoup dans le tunnel sombre où ils avaient parlé et s'étaient touchés. Il n'était pas prêt, alors Severus devrait attendre, mais parfois, l'attente jouait avec ses nerfs. Il avait craqué, pour quelque chose d'aussi anodin qu'Harry ayant oublié ses livres dans le labo. Une erreur dénuée de sens, mais qui sur le moment, l'avait poussé à bout, et il lui avait soudainement semblé que ce serait une bonne idée de prendre un baiser si Harry ne semblait pas disposer à lui en donner un. Mmmm, et le jeune homme avait un goût tout aussi bon que dans les fantasmes de Severus, une note d'agrumes et de cannelle dans son souffle, des lèvres chaudes et fermes, un corps qui s'inscrivait parfaitement dans la courbe plus grande du sien…

Le soir après ce délicieux baiser, Severus était allé à son bureau après le dîner, et avait arpenté la salle pendant une heure, se disant qu'il n'était pas nerveux de revoir le jeune homme. Non, certainement pas. Il n'était tout simplement pas sûr de la manière dont s'y prendre, après les événements du soir précédent. Il continua d'envisager différents scénarios dans son esprit, les considérant puis les rejetant, pendant si longtemps qu'au moment où il franchit les portes de ses quartiers, Harry était déjà là.

Harry donnait le ton, en réalité. Il était debout, appuyé sur le comptoir de la cuisine, un tas de ces petites graines grises révoltantes près de sa main, un autre tas de graines à moitié mâchées sur une serviette. Il avait jeté un Lumos avec sa baguette magique pour éclairer le livre devant lui, Botanique d'après l'apparence, une main fourrant puis extrayant régulièrement des graines de sa bouche. Une vue dégoûtante. En tout cas, les graines l'étaient. Le reste était assez agréable à regarder, et Severus ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait déjà retiré sa cravate et son gilet.

Harry leva les yeux au bruit de ses pas, en position plutôt décontractée, mais la tension dans ses yeux démentait cette impression. Il feignait la normalité, c'est tout, mais Severus lui en était reconnaissant.

« J'ai fait comme chez moi, Severus, » dit simplement Harry, en haussant un peu les épaules avant de revenir à sa lecture, sa baguette éclairant toujours tandis qu'il la dirigeait vers la page.

Il savait que le jeune homme avait besoin de lunette, mais sa vue n'était sûrement pas aussi faible que cela, si ? Il était Attrapeur, après tout, et un bon. « La lumière ici n'est-elle pas suffisante ? » questionna-t-il, et Harry leva les yeux, amusé.

« C'est comme un surligneur, » dit-il en déplaçant sa baguette pour montrer la pointe légèrement rose. « Cela m'aide à me concentrer lorsque je lis, bien que ça ne marque pas la page. »

« Surligneur, » répéta Severus.

« Une sorte de stylo moldu, » expliqua Harry. « Hum, un stylo est comme une plume… »

« Je sais ce qu'est un stylo, merci, » dispensa Severus. Il se demanda où Harry avait trouvé le sort ce n'était pas souvent qu'un élève en lançait un qu'il ne connaisse pas. Encore une fois, qui voudrait d'un Lumos rose ? « Vous joindrez-vous à moi dans le salon quand vous aurez fini de manger vos… graines ? » Cela n'avait pas été trop mal de sa part, il avait même réussi à ne pas ricaner de ce snack moldu dégoûtant.

« Bien sûr, » répondit Harry, ramenant sa baguette sur sa page, faisant toujours preuve de cette prudente désinvolture. Severus pouvait deviner que c'était fait délibérément. Pour le moment, toutefois, c'était suffisant.

Mercredi, jeudi, vendredi… Harry continua, agissant comme si le baiser n'avait jamais eu lieu, faisant apparemment de son mieux pour être à la hauteur de l'avertissement dans son rêve. Il étudiait ce que Severus lui disait d'étudier, mais cela ne voulait pas dire grand-chose puisque Severus faisait preuve d'assez de bon sens pour ne pas suggérer de nouveau les Potions. L'aspect physique signifiait davantage. Il retirait sa chemise sans protester, déplaçait son corps comme Severus le lui demandait, et laissait l'homme le toucher et l'embrasser. Pendant des heures certains soirs, et sans Sensatus. Et quand ils avaient terminé, il remettait ses vêtements et partait, mais jamais avant que Severus ne lui ait dit qu'il pouvait.

C'était presque étrange. Tant de soumission, si vite, n'était sûrement pas une bonne chose, si ? Severus faisait de son mieux pour le faire avancer, bien sûr, en n'en demandant pas trop à Harry, mais il commençait à penser qu'il y avait plus que son bon jugement. Cela l'inquiétait, car si Harry réprimait de force ses instincts, alors sa maîtrise de soi risquait d'exploser violemment à un moment inattendu.

Comme durant l'invocation, le premier moment où son obéissance consentie aurait une vraie importance.

Lorsque leur vendredi soir toucha à sa fin, Severus tendit à Harry sa pile de livres et lui rappela calmement de ne pas les apporter le lendemain. Harry hocha juste la tête, et dit, « Oui, Severus. » Il se tint parfaitement immobile tandis que Severus posa une main sur sa joue. Le jeune homme avait ce regard vide et contre nature, comme s'il voulait être quelqu'un d'autre.

Quelqu'un qui supporterait d'être touché de cette façon.

Plus troublé que jamais, Severus s'avança, se pencha et posa doucement ses lèvres sur le coin de la bouche d'Harry, comme il l'avait fait dans le tunnel. Cette action avait suscité une réaction assez violente, mais cette fois, Harry ne se raidit même pas. Il resta juste muet, la respiration profonde que Severus reconnut, et se laissa embrasser. Pas même lorsque Severus glissa ses lèvres sèches complétement sur les siennes et les taquina, il n'objecta ou demanda un Sensatus. En fait, il n'avait pas demandé le sort depuis le soir dans le tunnel, alors qu'avant il n'avait eu aucun mal à le demander.

Définitivement, quelque chose avait changé. Severus rompit le doux baiser, et dit à Harry de partir. Après que le jeune homme ait disparu, Severus s'enfonça dans un fauteuil et réfléchit à ce qu'il fallait faire.


A suivre