NDA : au risque de radoter, merci à tous ceux qui prennent la peine de m'écrire un review. Nouveaux arrivés ou fidèles du premier chapitre, chaque contribution renforce ma motivation.

D'autant plus que certaines de vos hypothèses tombent juste! Mais je ne vous dirai pas lesquelles :-p Sachez cependant, que pour moi dans le Robin des Bois avec Kevin Costner, c'est bien le méchant qui fait tout le sel du film ;-)

Sur ce, je ne vais pas vous faire patienter, plus longtemps ... la suite!


Le soir même de l'altercation dans la bibliothèque, Severus s'arrangea pour donner rendez-vous à Viviane et Regulus dans la salle d'entraînement. Quand ils arrivèrent, il ne tergiversa pas. « Vous voulez toujours que Sirius Black reçoive une leçon, quitte à affronter les Maraudeurs ? »

- Bien sûr !

- Dans ce cas, on tient peut-être une occasion. Regulus, ton frère vient de me provoquer en duel. On doit se retrouver demain soir, au bout d'un passage, au fond du parc. Sauf que ça sent le coup fourré à plein nez. Alors vous allez m'accompagner, au cas où il ne viendrait pas seul.

- Il va y avoir un souci. La semaine dernière, tu nous disais encore qu'avec notre niveau, à trois contre quatre, on avait aucune chance.

- Je parlais d'une bataille rangée en bonne et due forme. Mais s'ils me tendent une embuscade, on ne jouera pas selon les mêmes règles. Vous connaissez le sortilège de désillusion ?

- Moi, j'ai lu quelque chose là-dessus, mais je ne l'ai jamais pratiqué. Il paraît que ça siphonne vite ton énergie.

« Tout dépend du niveau de camouflage que tu veux atteindre. En plein jour, il faut l'utiliser à pleine puissance, mais dans la pénombre, une version allégée suffit. Or on agira de nuit. » Il agita sa baguette et la lumière des torches s'atténua. « On y verra sans doute pas plus clair que ça. De toute façon, c'est moi qui lancerai l'enchantement. Je l'ai assez pratiqué pour savoir le doser sans m'épuiser. Par contre, il faudra qu'on connaisse nos positions respectives pour éviter de s'atteindre avec nos maléfices. » Il leur remit à chacun un morceau de parchemin. « J'en ai un moi aussi. Sur chacun j'ai inscrit une rune de localisation. On les active avec une incantation qu'il faudra que vous appreniez. Rassurez-vous, elle sort d'un volume de Magie ménagère, et elle n'a rien de compliqué, mais vous devrez la maîtriser d'ici la fin de la soirée. Au travail !

Ils pratiquèrent assidûment, et regagnèrent leurs quartiers plutôt satisfaits. Le lendemain, Severus ne prêta guère attention aux cours. Il fit la sieste pendant la pause déjeuner, et récidiva à la fin des classes. Il se sentait donc en pleine forme, quand il retrouva ses compagnons vers vingt-deux heures trente, dans une salle commune désertée.

« Plus question de revenir en arrière, une fois qu'on aura quitté la pièce. Sinon, on risque de se faire repérer par un professeur ou des préfets en ronde » dit-t-il à mi-voix. « Toujours partants ? »

- Sus aux Maraudeurs !

- Bien. Je vous rappelle le plan. On ne peut pas changer le lieu du rendez-vous, mais on part maintenant pour être sûrs d'arriver les premiers. Si ton frère vient seul, vous n'intervenez pas, je suis de taille à me défendre. S'il s'agit d'un piège et qu'ils débarquent à plusieurs, on s'en tient à ce qui est convenu. Regulus, je te demande d'affronter deux adversaires. Ton premier sortilège devra viser Pettigrow. Tu le neutraliseras vraisemblablement sans coup férir, mais méfie-toi de Lupin. Il peut s'avérer rapide, et il n'appréciera sans doute pas qu'on attaque un de ses camarades. Viviane, tu t'occupes de Sirius Black. Il ne s'attend pas non plus à ce qu'on l'attaque, mais je sais par expérience qu'il encaisse bien. Attends que Regulus agisse, mais ensuite, frappe fort !

La serpentarde acquiesça l'air déterminé. Severus ne doutait pas de la puissance qu'elle emploierait. De toute évidence, elle n'avait pas oublié l'agression de sa sœur. Par précaution, il préférait que les deux frères ne s'affrontent pas. Pour le reste, Pettigrow ne devrait pas poser de problème, et ensuite le combat deviendrait plus équilibré. Désillusionnés, deux des serpentards garderaient même un avantage puisqu'on ne pourrait pas les viser précisément. Il restait un dernier point.

- Potter est à moi.

En disant ces mots, il veilla à ne pas trop laisser transparaître toute son animosité. Il comptait bien profiter de l'occasion pour régler les comptes accumulés depuis des années, quitte à utiliser son sortilège de découpe de la chair. Il ne fonctionnait pas encore très bien, mais ce serait l'occasion d'une expérimentation grandeur réelle. Le binoclard ferait moins le malin, avec une série de balafres en travers du visage !

Ils vérifièrent une dernière fois qu'ils portaient tous leur rune, puis qu'ils parvenaient mutuellement à se localiser. Enfin Severus les désillusionna tous les trois et ils s'engagèrent dans les couloirs. Ils progressaient lentement car si le sortilège les rendait difficilement visibles, il ne gommait pas les bruits qu'ils émettaient. Il avait commencé à apprendre Hominem Revelo, et il envisagea de l'utiliser. À cette heure, toute présence détectée méritait un écart pour qu'on l'évite. Finalement, il y renonça, ne voulant pas se fatiguer inutilement. L'idéal aurait consisté à utiliser l'Odorus, au moins pour sentir venir les professeurs, mais cela impliquait de mémoriser les effluves d'une bonne douzaine de personnes. Il y réfléchirait néanmoins pour l'année prochaine, si jamais il voulait rester au calme dans son laboratoire, au-delà des heures autorisées. En passant devant une fenêtre, il grimaça. La pleine lune brillait intensément à travers les carreaux. Une fois dans le parc, il faudrait qu'ils progressent en passant d'une ombre à l'autre, s'ils ne voulaient pas qu'on les repère.

Ils ne prirent pas la direction de la porte principale, qui de toute façon devait se trouver fermée à cette heure-ci. Tom lui avait indiqué un moyen de sortie nettement plus discret. En arrivant près d'une lucarne, il posa la main sur la poignée et la tourna à l'envers, tout en appuyant avec le pied sur une pierre au bas du mur. Le chambranle entier tourna vers l'intérieur, tandis que la partie inférieure de la cloison basculait à l'horizontal, formant une sorte de pont-levis en direction d'un arbre dont les branches se courbèrent obligeamment. Une fois qu'ils eurent atteint le sol, le bâtiment et la végétation retrouvèrent leur état initial.

La lumière argentée qui baignait le jardin ne leur facilita pas la tâche. Au lieu de suivre le chemin le plus direct, ils durent emprunter un itinéraire tortueux. Arrivé devant le saule cogneur, le Serpentard marqua un temps d'arrêt, impressionné par son allure peu engageante. Par précaution, il lança une pierre.

BAM !

D'un seul coup le feuillage s'anima, formant une masse compacte et hostile, qui catapulta au loin le projectile. Le quatrième année scruta le tronc, à la recherche du nœud dans le tronc sensé calmer l'arbre. Il finit par le repérer, mais, stressé, il dût user de sa baguette à plusieurs reprises, avant de réussir à l'actionner. L'effet fut instantané et les branches redevinrent d'un coup totalement inerte.

Il murmura à ses compagnons qu'une fois dans le passage sous les racines, il annulerait sa désillusion et éclairerait les lieux. Arrivé dans le tunnel, il prit la précaution d'effectuer un mouvement complexe du poignet, avant de redevenir visible. Un faible Lumos lui fournit la lueur nécessaire pour qu'il puisse se déplacer dans les lieux exigus, sans risquer de se cogner aux parois rugueuses. « Mettez-vous derrière moi, et arrangez-vous pour me poser une main sur l'épaule. »

Ils progressèrent lentement, à l'affût du moindre bruit suspect. Le souterrain donnait sur une porte vermoulue, devant laquelle Severus s'arrêta.

- On ne sait pas à quoi s'attendre de l'autre côté, alors tenez-vous sur vos gardes. Je vais éteindre ma baguette, pour que nos yeux s'habituent à l'obscurité.

Dans la pénombre, il en profita pour effectuer la même manœuvre qu'à l'entrée. En gravant discrètement des petites runes de localisation sur les murs, il s'assurait une solution de repli. Outre ses potions médicales, ce soir, il transportait avec lui un des achats effectués dans l'Allée des Embrumes : la poudre d'obscurité instantanée du Pérou. Il ne pensait pas que ses deux compagnons le trahiraient, mais il gardait un doute sur leur détermination. Si jamais ils se retournaient contre lui, ou si, tout simplement ils fuyaient, il plongerait le champ de bataille dans les ténèbres. Lui retrouverait le tunnel grâce à ses inscriptions avant de bloquer la porte à l'aide de sortilèges. Peut-être même utiliserait-il Bombarda sur les parois. En provoquant un éboulement, il bloquerait les Maraudeurs. Il lui suffirait alors de regagner ses quartiers et d'attendre qu'on les sanctionne pour leur absence, sans qu'on puisse remonter jusqu'à lui.

Ils pénétrèrent dans une pièce abandonnée. Des morceaux de meuble gisaient épars, çà et là, recouverts d'une épaisse couche de poussière. Dans la pénombre, il lui sembla distinguer l'embrasure de fenêtres closes. Ils se trouvaient donc à nouveau au-dessus du niveau du sol. Il sentit ses deux compagnons s'avancer dans la salle. Il s'agissait d'une bonne chose. En s'éloignant de lui, ils éviteraient qu'une attaque le visant ne les touche. Pendant qu'ils se déployaient, il se tourna vers le tunnel. Les Maraudeurs, débarqueraient par cette issue. Il se demanda s'ils n'avaient pas également prévu d'arriver en avance. Si ça se trouvait, l'un d'entre eux se trouvait déjà là et l'observait, dissimulé sous la cape d'invisibilité.

Il lança un Odorus. Une puanteur acre lui sauta au visage. Les remugles lui semblaient vaguement familières, mais il ne s'agissait ni de Black, ni de Potter. Qu'est-ce qui se cachait ici ?

Il décida de se servir d'Hominem Revelo. Le résultat le déconcerta. Il y avait quelque chose à proximité, mais impossible de l'identifier. Le souvenir de ses conversations avec Damocles Belby lui revint. D'après l'arithmancie, certains êtres pouvaient dégager ce genre d'impression. Seulement…

« Il faut qu'on dégage ! » Il fit un pas vers la porte, tout en expliquant précipitamment « Je viens d'utiliser un sortilège d'identification. Il n'y a que nous trois comme humains ici, mais j'ai détecté autre chose, sans doute une créature magique. Je ne sais … » La pensée de la pleine lune brillant par la fenêtre de Poudlard le fit frissonner. « Oh non, par Merlin. Pourvu que ce ne soit pas un loup-g… »

Un grognement l'interrompit, concrétisant ses pires craintes. Il leva les yeux juste à temps pour voir le fauve entrer dans la pièce, ce qui lui laissa quelques instants pour le détailler. Vaguement humanoïde, la bête dégageait par sa seule présence une impression de puissance sauvage qui suffisait à le terrifier. Le loup-garou se mit à humer l'air et le serpentard fit appel à toute son occlumencie pour maîtriser ses émotions. Il ne fallait surtout pas que l'animal sente sa peur.

Le fauve tourna la tête en tout sens, visiblement perplexe. Severus réalisa que la désillusion ne cachait que l'image de ses compagnons, pas leur odeur. Et eux ne possédaient pas de techniques pour dominer leurs émotions. Il importait qu'ils ne fassent pas d'erreur qui risquerait de mettre la bête en colère. Il devait créer une diversion.

« Oh, comme il a l'air impressionnant, le toutou. Et il a un très bon flair, oh oui ! Mais en fait, il ne détecte que Severus dans la pièce. » Le stress ne l'empêchait pas de se sentir absolument ridicule. Il se promit, s'il en réchappait, de faire payer Black. Néanmoins cela semblait marcher.

Constatant qu'il avait attiré l'attention loup-garou, qui le dévisageait l'air insondable, il recommença à reculer vers la sortie, tout en parlant. « Et oui, il n'y a que Severus dans la pièce. Et s'il y avait d'autres personnes, elles viendraient le rejoindre, pour décamper avec lui. Parce que le toutou, les nuits de pleine lune, la magie ne lui fait rien. Alors il faudrait être vraiment stupide pour … »

- Stupefix !

Mal ajusté, le sort ne fit qu'effleurer sa cible. Indemne, l'animal se tourna vers l'origine du bruit et bondit sauvagement. Au moment où elle quittait le sol, un nouveau cri retentit.

- Bombarda !

Coup de chance, ou intuition heureuse, le maléfice atteignit le plancher, faisant perdre son équilibre au fauve. Il réussit cependant à atterrir sur ses quatre pattes, distribuant dans le vide de furieux coups de dents et de griffes. Lassé d'une proie qu'il devinait sans pouvoir la trouver, il prit à nouveau son élan. Saisi d'une inspiration subite, Severus braqua sa baguette sur le sol et fit appel à toute sa science de la métamorphose. La bête poussa un aboiement rageur quand elle échoua à bouger. Si elle résistait à la magie, elle interagissait normalement avec son environnement. En transformant le plancher en glu, Severus entravait ses mouvements. Cela n'empêchait pas le loup d'ouvrir une gueule aux crocs luisants et d'essayer de mordre des ennemis invisibles.

Cependant, il se lassa assez rapidement et entreprit de se libérer. Severus devait utiliser toute sa puissance pour le contenir et il s'épuisait vite. À bout de force, il s'écria « Je ne pourrai pas le retenir très longtemps. Dans le tunnel ! Maintenant ! »

Il recula jusqu'à la porte, mais dut relâcher sa concentration pour la fermer. Une masse velue vint s'écraser sur le battant avant qu'il ait fini. Il s'arc-bouta, mais le monstre prenait peu à peu l'avantage. « Venez m'aider, ou il va nous suivre ! » Il sentit deux présences se placer à ses cotés, mais, même ensemble, ils peinaient toujours. Dans l'entrebâillement, on devinait un énorme museau. Severus saisit sa baguette. « Fermez les yeux. LUMOS ! » Il mit toute l'énergie qui lui restait dans le sortilège, et la clarté l'éblouit malgré ses paupières closes.

Il sentit l'animal aveuglé reculer avec un couinement de douleur et la porte se referma avec un claquement sec. D'une main tremblante, il grava sur le bois des runes de renforcement. Il dut s'y reprendre à plusieurs reprises, car la fatigue et la nervosité l'empêchaient de se concentrer, sans compter la pénombre qui ne lui permettait pas de voir ce qu'il faisait. Une fois sa besogne achevée, il entreprit de rebrousser chemin, mais trébucha dans le noir et faillit tomber par terre.

- Il va falloir attendre un peu que je retrouve assez de force pour allumer ma baguette.

Au bout de quelques minutes, il parvint à produire un Lumos minuscule, mais néanmoins suffisant pour éclairer son chemin. « Remettez vos mains sur mes épaules. J'annulerai la désillusion quand on sera dehors. »

Quand il aperçut enfin le saule cogneur, il se sentit tellement soulagé qu'il aurait pu embrasser l'arbre. D'autant plus que les branches restaient calmes. L'action sur le nœud du tronc devait toujours faire effet. Précautionneux, il s'éloigna largement, avant de s'occuper de ses compagnons.

Un simple Finite et ils redevinrent tous visibles. Ils haletaient péniblement, tachant de reprendre leur souffle, les cheveux en bataille et les vêtements déchirés. Il se demanda si lui aussi arborait un air hagard, jetant des coups d'œil de tous cotés, s'attardant sur les racines du saule. Ils devaient tous redouter ce qui pouvait en surgir.

Vivane se tourna brusquement vers lui. « Tu savais ce qui nous attendait ? »

- Bien sûr. J'adore affronter une bête sauvage au milieu de la nuit. Quoi de mieux pour rompre la monotonie d'une année scolaire ?

- Tu te crois drôle ?

- Je fais ce que je peux. Vu les circonstances, je trouve que je ne m'en sors pas si mal.

- Je te préviens, si tu continues …

Un cri interrompit leur querelle. « Rogue ! ROGUE ! »

Froidement, l'étudiante se retourna et cueillit d'un Stupefix, la silhouette qu'on devinait au loin. Aux aguets, ils s'approchèrent lentement.

- Mazette, on pourrait croire que tu lui as envoyé un Petrificus. Tu as fait fort.

- On vient d'échapper à un loup-garou. Tu m'excuseras de prendre mes précautions.

Ils retournèrent le sorcier inerte. « Potter. »

- Tout ça ressemble de plus en plus à une farce foireuse des Maraudeurs.

- Moi aussi , je vais leur faire des blagues. À base de mage noire. On verra si ça les fait rire.

Severus avisa des taches sombres dans l'herbe. « Qu'est-ce que c'est que ça ? ».

Les trois serpentards examinèrent le sol et finirent par distinguer deux rangées d'éclaboussures partant du saule cogneur et finissant en flaque à leurs pieds. La lueur d'une baguette révéla un liquide rouge et visqueux qui suintait des tenues de Regulus et Viviane. Du sang. Ils échangèrent un regard.

- On a pas déchiré que nos vêtements. Quand est-ce que vous pensez que c'est arrivé ?

- Sûrement en se cognant dans le tunnel, les parois sont rugueuses.

- Sûrement. À moins que … vous vous souvenez des coups de pattes que le loup-garou donnait dans le vide ? Et s'il nous a atteints Viviane et moi, quand on était désillusionnés, ?

- C'est une créature magique. Dans ce cas, les blessures ne vont pas cicatriser facilement.

Ils évitèrent tacitement de rappeler que la bête avait aussi donné des coups de crocs. En cas de morsure, elle transmettait sa malédiction. De toute façon, il fallait faire quelque chose.

« On va aller à l'infirmerie » proposa Regulus.

Severus secoua la tête. « Pomfresh m'a dit qu'elle ne savait pas soigner ce genre de cas. Non, il n'y a que l'hôpital de Sainte Mangouste qui peut vous aider. »

- Ça veut dire retourner au château, réveiller un adulte et tout lui expliquer. Ça va nous prendre trop de temps !

- Et si on allait voir Slughorn ? C'est le directeur de Serpentard et il a un accès direct au réseau de cheminette…

- Regulus, appelle Kreatur !

Le jeune aristocrate le regarda sans comprendre « Pour quoi faire ? »

- Les elfes réussissent à transplaner dans l'école. Kreatur peut venir ici et aller ensuite à Sainte-Mangouste.

- Mais à cette heure-ci, s'il quitte la maison et que mes parents…

« Ziggy ! » Les deux étudiants levèrent la tête. Viviane venait de faire apparaître un elfe, au milieu d'une poussière d'étoile. « Vous faites ce que vous voulez, moi, je vais à l'hôpital. »

De guerre lasse, Regulus fit venir Kreatur. « Tu ne nous accompagnes pas, Severus ? »

- Le loup-garou n'a pas pu m'approcher, j'en suis quitte pour la peur. Allez-y, moi je vais rentrer à l'école et ramener Potter.

Dès qu'ils eurent disparu, Severus se tourna alors vers son rival inanimé. Maintenant il pouvait tester son sortilège de découpe de la chair, maintenant il pouvait prendre sa revanche, maintenant … maintenant il réalisait surtout qu'il tremblait si fort que ses jambes le portaient à peine. Il dut s'adosser à l'arbre le plus proche pour ne pas s'effondrer.

Vu son état, il remit sa revanche à plus tard. Il ne réussirait sûrement pas à viser bien droit et il risquait même de rater sa cible. Il imaginait déjà Potter avec une cicatrice en zigzag sur le front, au lieu du visage. Non seulement le binoclard était capable de s'en vanter, mais on pouvait parier qu'il trouverait des gens pour l'admirer.

Il fit léviter le corps. L'effort qu'il dut effectuer lui rappela sa fatigue, aussi renonça-t-il à se désillusionner. Il préféra se reposer encore un peu et ses pensées dérivèrent vers Tom. Il le remercierait pour ses conseils. Sans lui, jamais il n'aurait appris à transformer le sol en glu, ou à utiliser Lumos pour éblouir son adversaire. Il finit par récupérer assez de force pour se mettre en marche.

Quand il aperçut Poudlard au loin, un nouveau problème se posa à lui. Pour rentrer sans se faire prendre, il ne connaissait que le passage par la fenêtre. Or, il ne se voyait pas grimper tout en utilisant sa baguette. Il décida d'abandonner le gryffondor à côté de l'entrée principale. Si près des bâtiments, il ne risquait pas grand-chose, et avec un peu de chance, quand on le découvrirait,on le punirait pour être sorti après le couvre-feu.

Comme il s'approchait des portes, elles s'ouvrirent lentement. Pétrifié, il vit apparaître la silhouette reconnaissable entre toutes du directeur de l'école, Albus Dumbledore.