Coucou! De retour pour un autre chapitre fort en émotion. La partie 2018 est quasiment finie! La suite dans le chapitre ! Rien de plus à dire..

Bonne lecture!


Mars/Avril 2018

"Le bébé de Yuri n'a pas survécu.."

Jean-Jacques pâlit en entendant l'annonce de la patineuse Russe. Il regarda sa femme, qui était choquée, une main couvrant sa bouche.

"Tu entends ce qui est arrivé.. chuchota-t-elle, les larmes aux yeux, en français. Tu te rends compte que pour les Omegas ce genre de perte peut finir par.."

Elle se tut, laissa ses larmes couler. Elle ne connaissait pas des masses Yuri, et elle même n'avait pas d'enfant, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être mal pour lui. L'air froid s'affichait Mila en les observant la rendit plus mal encore.

"En plus.. ajouta-t-elle, dos à son mari et Mila. Tu sais très bien que le mariage de Otabek n'est pas d'actualité! Tu n'aurais pas dû lui faire croire que.."

"Qu'il soit marié maintenant, où dans trois ans, ça change quoi! rétorqua JJ avant de se tourner vers Mila. Nous allons y aller.. Écoute.. ajouta-t-il, en anglais. J'ai déconné, j'suis désolé, je..."

"Cassez vous.. juste, cassez vous.. murmura Mila, lassée. Et surtout, ne dites rien à Altin.. Ça ne le concerne pas.."

"T.. très bien.. je..bredouilla Isabella. Je suis vraiment navré du comportement de mari.. Si je peux vous.. Jean-Jacques Leroy, que fais tu!?"

Celui-ci, le téléphone en main, achevait de composer un numéro. Les yeux sombres, Mila s'approcha de lui.

"Tu comptes faire quoi, enflure.." s'énerva-t-elle.

"À ton avis, je dois prévenir mon ami! Même si cet enfant n'était pas le sien, je lui ai promis de.." rétorqua le Canadien avant de se stopper.

Il regarda son téléphone, sur lequel il avait reçu un message alors qu'il tentait d'appeler le Kazakh, estomaqué.

"Putain.. ils l'ont déjà appelé.. Il est parti rejoindre son régiment.. lâcha-t-il. Il ne devais pas y aller avant le mondial.. Isabella, faut qu'on y aille!"

Son épouse obtempéra, puis alla enlacer la Russe, pour lui murmurer son soutien. Celle-ci la remercia d'un petit sourire, avant de le regarder le couple s'éloigner, pensive...

Quelques heures plus tôt...

"Nous avons un Omega enceint, en pleine crise de panique" lança un ambulancier en avançant le brancard de Yuri, suivit de Viktor et Nikolaï.

Celui-ci, quand il eut reçu l'appel, fut estomaqué. Et voir son petit-fils adoré dans un tel état ne pouvait que le rendre plus mal encore. Les poings serrés, Viktor lui avait brièvement raconté ce qu'il s'était passé, il mourait d'envie d'aller foutre une bonne raclée au crétin qui avait rendu Yuri ainsi.

Il eut beaucoup de mal à rester à l'écart, avec Viktor, durant les examens les plus importants. Au cours de l'un d'eux, le docteur Yurovitch, vint vers lui, indécis.

"Bon.. bonsoir monsieur Plisetsky.. salua-t-il en enlevant son masque. Navré de vous voir de nouveau dans de tels circonstances.."

"Andreï, je t'en prie, qu'importe les salutations d'usage.. Le coupa le vieil homme. Dis moi juste comment va Yuratchka, et comment.."

Le médecin hocha la tête, compréhensif.

"Il a reçu un trop choc émotionnel, qui a perturbé ses fonctions les plus.. primaires pour les Omegas.. expliqua-t-il en se tournant vers Viktor. Vous étiez présent, lorsque c'est arrivé.. donnez moi plus de détails.."

"Un am...non, une connaissance conjointe lui a balancé quelques paroles pas très agréable, en dépit de son état.. raconta l'argenté, avant de poursuivre. Que l'Alpha de Yuri et père de son enfant, bien que pour ça il n'était pas au courant, était parti dans l'armée.. et qu'il s'était marié."

Les yeux écarquillés, Nikolaï jeta un coup d'oeil en en direction du patineur, attendant qu'il continue.

"Il a également été poussé contre une table, apparemment, c'est son dos qui a prit tout le choc.." ajouta ce dernier.

"Ce sale petit merdeux.." s'emporta Nikolaï, avant de se stopper, prit d'une violente quinte de toux.

Paniqué, le médecin s'approcha de lui, ignorant la tête choqué de Viktor.

"S'il vous plaît, calmez vous, Nikolaï.. supplia-t-il. Ça va empirer votre.. état de santé.. vous avez vos médicaments sur vous? ajouta-t-il plus bas. Prenez en un maintenant, je dois y retourner.."

Il attendit que le vieil homme prenne son médicament, hésitant.

"Si jamais.. Il y a des complications, faisant que.." débuta-t-il.

"Faites le nécessaire pour sauver Yuratchka.. Le coupa Nikolaï. C'est lui la priorité.."

Viktor, abasourdi, resta silencieux le temps que le médecin s'en aille, puis vint vers le grand-père de son ami.

"Êtes vous sûr que c'est la bonne solution.. demanda-t-il. Ce genre de décision pourrait le blesser davantage, surtout si ça vient de vous.."

Le vieil homme le fusilla du regard, énervé.

"Je ferais tout pour mon petit-fils.. fit il d'un ton sec. Tu es peut-être un Omega, et je suis navré que tu sois ici malgré ta condition, mais je le ferais passer avant tout.. même si ça signifie qu'elle.. que le bébé.."

Il resta un moment sans rien dire, quoi qu'il dise cette décision le chamboulait également, puis observa Viktor.

"Ce que tu as vu tout à l'heure.. dit il. Yuri n'est pas au courant, et je préfère qu'il ne le soit pas, c'est clair?"

Viktor obtempéra, si Yuri en colère c'était déjà quelque chose, il ne préférait pas savoir pour le patriarche Plisetsky.. Assis dans le couloir,à côté de la salle d'examen, tous deux attendirent, dans le calme le plus total. Au bout d'un long moment, une bonne heure voire plus, Yurovitch ressortit de la salle.

"Tout s'est bien passé.. il n'aura pas besoin de tube pour l'aider à respirer.. expliqua-t-il. Il a besoin de beaucoup, beaucoup de repos. L'écart entre les deux.. agressions ont aggravé son cas. Il devra resté alité à l'hôpital pour le reste de la grossesse. Mais il est peu probable que la petite naisse à terme, si elle survit.."

Il leur suggéra d'aller voir le blond dans sa chambre, où il venait d'être transféré. Cette solution fut accueilli avec soulagement par les deux hommes, qui suivirent le praticien.

Ils arrivèrent quelques minutes plus tard. Une infirmière leur ouvrit la porte, ou Yuri, dans son lit, dormait. Nikolaï eut un coup au cœur en le voyant de nouveau ainsi, fragile..

"Nous lui avons donné de quoi le calmer.. c'est compatible avec la grossesse.. le rassura l'infirmière Bêta. Il ne devrait plus tarder à se réveiller.."

Le vieil homme la remercia. Puis, alors qu'elle était sur le point de sortir, Viktor l'interpella.

"Je souhaiterais que mon mari et une amie très chère puisse venir le voir.. s'informa-t-il. Ce sont tous les deux des Alphas, mais ils sont liés.." précisa-t-il ensuite.

La Bêta, indécise, réfléchit quelques instants avant de regarder de nouveau l'Omega.

"Eh bien.. normalement, ça ne devrait pas poser de problème.. dit elle. Cependant, je dois en référer à mes supérieurs, pour être sûre. Certains de nos patients ne pourraient pas apprécier.."

Compréhensif, le patineur hocha la tête et la remercia, laissant la Bêta s'en aller. Il alla se poser non loin de Nikolaï, qui était déjà installé près de son petit-fils.

Le vieil homme était assis sur une chaise, caressait les courts cheveux de son petit-fils d'un air absent. Viktor le regarda faire, laissa un silence s'installer entre eux.

Une dizaine de minutes s'écoulèrent ainsi, jusqu'à ce que l'infirmière revienne, pour informer Viktor de la réponse positive quand à la venue de Yûri et Mila. Elle en profita pour examiner brièvement le blond, toujours endormi, ainsi que la perfusion, qu'il avait au bras. Elle vérifia que les capteurs sur son ventre étaient bien en place, puis regarda que tout allait bien pour le bébé.

"Tout va bien, pour le moment.. déclara-t-elle. Si il y a le moindre problème, ou que la maman se réveille, faites nous signe avec le bouton près du lit.."

Nikolaï et Viktor firent signe comme quoi ils avaient compris, laissèrent l'infirmière partir. Le silence se fit de nouveau dans la chambre, lourd, angoissant. Nikolaï fut celui qui le brisa, au bout de deux bonnes heures.

"Je ne pensais pas que.. commença-t-il, la voix enroué. Qu'Altin soit du genre à agir comme ça.. J'étais persuadé du bien-fondé de ses paroles.."

Il se sentait coupable d'avoir laissé le jeune Alpha s'approcher autant de son petit-fils, bien que celui-ci n'aurait certainement pas demandé l'avis du vieil homme. Un sourire triste se forma sur son visage. Yuri lui ressemblait bien trop par des côtés, comme ses filles, déterminé, fier. Perdu dans ses souvenirs, il ne fit pas attention à Viktor, qui s'approcha de lui.

"Peut-être qu'il y a une raison, à tout ça, que.. fit ce dernier, tentant de le rassurer. Je vais me chercher un café, vous en voulez un?"

Le vieil homme répondit par l'affirmative, sans bouger de sa place. L'argenté sortit, voulant en profiter au passage pour téléphoner à son Alpha. Le calme se fit de nouveau dans la pièce. Nikolaï jeta un coup d'oeil sur la nuque de son petit-fils, vierge de toute marque, à son grand soulagement.

"Aaah.. il n'a pas pu te marquer.. soupira-t-il. Qui sait ce que ça aurait.."

Il se stoppa dans son monologue. Les doigts du blond, il en était persuadé, venaient de bouger, de manière infime. Il se leva prestement, pour appuyer sur le bouton de l'infirmière, pressé.

"Yuratchka.. Vnoutchok.. l'appelait il, tentant de ne pas hausser la voix. S'il te plaît, ne te rendors pas.."

Il serra les dents, peut-être avait il rêvé après tout, et réitéra son appel. Au bout de quelque minutes, il le vit commencer à bouger un peu plus, ses yeux papillonaient comme endormi. Ses doigts bougèrent un peu plus, s'aggrippèrent au drap quand le blond se réveilla pour de bon. Les yeux écarquillés, il tenta de se relever, de s'asseoir, l'air paniqué, ignorant où il se trouvait.

"Yuratchka, calme toi, je suis là.. murmura Nikolaï, qui lui tenait la main.

Encore à moitié dans les vappes, Yuri laissa son grand-père l'aider à s'asseoir, releva légèrement le lit pour l'y aider. Le blond posa une main sur son ventre, comme pour vérifier que tout était en ordre. Voyant les capteurs posés dessus, il regarda son grand-père, décontenancé.

"De.. Dedoula.. dit il, la gorge enrouée par le traitement infligé quelques heures plus tôt par le blond. Que.. que se passe-t-il?"

Le vieil homme fronça les sourcils d'incompréhension.

"Que veux tu dire? fit il. Tu ne te souviens de rien?"

"Je me souviens être allé à la terrasse du Karlsson, d'avoir parlé à Nekola.. répondit l'Omega. Et ensuite.."

Il se tut, des flashs de sa conversation avec Jean-Jacques Leroy, un ami proche de Otabek, lui revinrent en mémoire. Il eut l'impression que son coeur était comme piétiné, écrasé par le chagrin. Il se mordit nerveusement les lèvres refusait de laisser ses larmes couler. Il laissa son grand-père le serrer dans ses bras et l'enlaça à son tour, tremblant.

"Diedouchka... marmonna-t-il. Je.. Beka, il..."

"Je sais, je sais.. Le jeune Nikiforov m'a tout raconté.." le coupa, avec douceur, le Bêta.

Il ne souhaitait pas que son petit-fils ait à redire cette phrase, aussi simple fut elle, qui risquait de le chambouler à nouveau. Il entendit toquer à la porte, puis celle-ci s'ouvrit. C'était une infirmière, qui venait suite à l'appel de Nikolaï, suivit d'un médecin, qui entrèrent dans la chambre.

"Vous êtes enfin réveillé, monsieur Plisetsky.. constata le médecin, d'un ton neutre. Comment vous sentez vous?"

"En pleine forme, ça se voit pas.. rétorqua Yuri, déjà fatigué des questions stupides qu'il allait entendre. Mais.. comment va-t-elle.. ajouta-t-il, plus bas, en caressant son ventre. Est ce qu'elle est.."

L'infirmière et le médecin secouèrent la tête à la question muette du blond, qui fut un court moment soulagé, ainsi que son grand-père. L'infirmière, pendant ce temps, continuait consciencieusement son inspection, alors Viktor revint dans la pièce, sans bruit.

"Cependant.. fit le médecin, catégorique. Vous devez faire très attention au moindre choc émotionnel.. votre placenta s'est largement fragilisé avec ce que vous avez subi, sans compter cette blessure au dos. Si jamais ça devait arriver, votre fille pourrait naître avec de l'avance, trop d'avance.."

"C'est encore possible qu'elle survive, même en venant au monde prématurément.. ajouta l'infirmière. Mais il y a beaucoup plus de risques pour le moment.. De plus, vous devrez rester ici pour le reste de la grossesse, pour éviter toute complications.."

La tête ennuyé du blond fit de la peine au personnel, sur le point de sortir.

"On sait que ça doit pas être facile, surtout à votre âge.. tempéra le médecin. J'ai vu dans votre dossier que vous étiez suivi par une association spécialisée.. Voulez vous voir l'un des psychologues de ce centre?"

Face à cette suggestion, Yuri jeta un coup d'oeil en direction de son grand-père, indécis. Ce dernier lui tapota la tête, se voulant rassurant.

"C'est ton choix, Yuratchka.. dit il. Si tu en ressens le besoin, c'est ce qu'il y a de mieux à faire.."

"Ou.. ouais, Deda.. murmura le jeune Omega. Je.. oui, plus tard, je voudrais parler à l'un d'eux... le Psycho-Omega. Il m'avait laissé sa carte au cas ou.."

Le medecin fit signe comme quoi il l'avait entendu, et ferait le nécessaire, puis s'en alla. L'infirmière, sur le point de sortir, sembla se souvenir de quelque chose.

"Au fait, il y aurait un groupe de quatre personnes venu pour vous.. fit elle. Deux Bêtas et deux Alphas, ceux dont vous avez parlé tout à l'heure.. ajouta-t-elle en regardant Viktor. Vous voulez que je leur dise de venir?"

Viktor se tourna vers Yuri, pour avoir son avis. Celui-ci haussa les épaules, ne sachant pas de qui il s'agissait.

"Faites les venir jusqu'à la porte de la chambre.. dit Viktor. Nous aviserons à ce moment là."

L'infirmière sortit de la chambre passer le message aux visiteurs inconnus, tandis que Yuri, silencieux, pensif. Quelques minutes plus tard, de petits coups retentirent contre la porte. Viktor ouvrit légèrement la porte,pour savoir qui c'était, avant de refermer.

"Il y a Mila et Yûri, ils ont demande à venir... informa Viktor en regardant le blond. Mais... il y a Jean-Jacques et sa femme avec eux."

Le blond se crispa à l'évocation du Canadien, faisant comprendre à son grand-père que celui-ci est le responsable de son état. Sourcils froncés, les poings serrés, le vieil homme s'apprêtait à sortir, pour mettre les choses au clair avec lui, quand il sentit une main s'accrocher sa manche. Il se retourna, surpris.

"Laisse, Deda, je t'en prie... demanda Yuri. Le vi.. Viktor.. Dis à Mila et ton mari de venir, s'il te plaît.."

"Yuratchka.. murmura le Bêta, inquiet. Que veux tu.."

"Tant que ce crétin sera au courant.. chuchota le blond, en caressant son ventre. Autant en finir vite.."

Viktor, sortit chercher les deux Alphas, revint peu après avec ces derniers. Il referma la porte, snobant Jean-Jacques et son épouse. Mila, à peine rentrée dans la pièce, se précipita vers le jeune alité. Yûri, quand à lui, resta à côté de son époux, qui commençait à ressentir la fatigue.

"Yuratchka... soupira la rousse. Dieu merci, tu es réveillé.."

"Yurio.. fit le Japonais. Comment te sens tu?"

"Comme quelqu'un de crevé par toute cette folie.." marmonna le jeune Omega, en observant son annulaire droit.

La machoire contractée, il jeta un bref regard du côté de la porte de la chambre, avant de le détourner vers Mila.

" Qu'est ce qu'il fout là, cet enflure? lâcha-t-il. Il a pas assez foutu sa merde, peut-être ? "

Il tint davantage son ventre, protecteur, se rassura des petits mouvements qu'il pouvait toujours ressentir. Mila lui sourit tristement ébouriffa ses cheveux.

"Non, apparemment, il veut s'excuser.. lui expliqua-t-elle. Tu veux le faire venir?"

Le blond secoua la tête, pensif, caressa son ventre d'une main, obnubilé par son tatouage. Puis il serra le poing, décidé.

"Je veux plus voir sa sale gueule.. Mila.. fit il. Je.. s'il te plaît.. dis leur que la petite.. qu'elle.. ajouta-t-il, plus bas. Qu'elle n'a pas tenu le choc.."

Tous les visiteurs se tournèrent vers lui, ébahis.

"Quoi!? Mais pourquoi tu veux.. elle va bien, non? s'étonna Yûri. Pourquoi leur dire..."

"Parce que je ne veux pas qu'Ota.. qu'il soit au courant.. répliqua le blond, comme lassé. Je.. j'arrête.. il est marié, maintenant, et il a.."

Sa gorge se noua, il ne put finir sa phrase, un sanglot dans la voix. Son grand-père le serra contre lui, tenta de le rassurer.

"Je veux juste qu'on me foute la paix.. ajouta-t-il. Je suis claqué d'attendre, d'espérer pour rien.."

Il fut évident que les proches de JJ également, à savoir Isabella, Leo et Guan-Hong, seraient les seuls qui ne pourraient savoir la vérité. Les autres patineurs, quand à eux, garderaient le silence, Yuri s'en doutait . Et ils n'étaient pas super potes avec Leroy, donc..

"Écoute.. d'accord, Yuratchka.. soupira Mila, le coeur serré, accédant à sa requête. J'y vais maintenant, pour que tu puisse être tranquillle, ok?"

Le concerné, la tête enfoui dans les bras de son grand-père, hocha la tête silencieusement. Puis la jeune femme sorti, fermant la porte derrière elle...


Environ trois semaines plus tard, base militaire de Cuba..

"Bougez vous! En rang tout le monde! Votre courrier est là! Grodek! Altin!" cria un officier Alpha, près de l'entrée.

Le brun, occupé à préparer ses affaires pour un exercice à venir, cessa toute activité pour se poster devant son lit, immobile. Le préposé au courrier, un jeune Omega vint vers lui, et son camarade, pour leur filer leur dû. Puis il se posa sur son lit, rangea les papiers, pour terminer ce qu'il faisait juste avant.

Il eut rapidement fini, il n'avait eu qu'à tout ranger dans son sac. Pensif, il s'allongea sur son lit, le courrier à la main. Ça faisait déjà un mois qu'il était arrivé sur la base, plus tôt que prévu, peu de temps après le mariage de Jean-Jacques. Il devait, à l'origine participer au mondial, mais il y avait eu cet imprévu.

Il observa son tatouage, à son doigt, le cœur serré. À cause de son départ précipité, il n'avait pas pu récupérer les infos qu'il avait demandé au Canadien. Et quand il avait réussi à le joindre, quelques jours plus tôt, il avait eu l'impression que son ami évitait le sujet. Il retint un soupir, Jean-Jacques pouvait être compliqué parfois, et sortit sa première lettre.

"Otabek-San
Je t'écris depuis le Japon
Ma rentrée à Shiratorizawa va commencer dans quelques jours (et sera bien entamée quand tu auras ma lettre). Tout se passe comme on l'espérait. Ta mère me rend régulièrement visite, quand ce n'est pas moi qui doit faire le trajet. Heureusement, reprendre les études va pouvoir m'aider à l'éviter! Aiman-Chan, quand je l'ai croisé, semblait aller bien. Bulat est retourné à son université, ça la soulage pas mal. Bref, j'espère que tu as pu avoir des nouvelles de ton Omega. Toujours rien de mon côté, il semble avoir disparu.

Salut, à la prochaine!

Hinata Yamagata

PS: Okaa San, Otou San et Aniki te passent le bonjour, et tes parents te demandent de venir à prochaine permission. Trouve une excuse, c'est pour le mariage qu'ils veulent ta présence."

Le brun grimaça à la requête de ses parents. Il ouvrit la seconde lettre, qui s'avérait être du patriarche Altin.

"Fils,
Ton Supérieur m'a dit que ton travail sur place était correct. Continue ainsi. Évite tout contact avec les déchets de l'armée, tu en a assez fait avec l'Omega Russe. Dirige toi vers les Alphas les plus influents. Et les Bêtas valables.
Nous attendons ta venue pour ta prochaine permission.
Fais honneur aux Altin, à ton rang d'Alpha.

Ton père."

Le dénommé Waldek Grodek vint près de lui, curieux, et se posa en face de lui. Plutot grand, il était blond cheveux courts avec des yeux noisettes, et bon vivant. Bêta de bonne famille Polonaise, et avec de bonnes capacités, il avait eu le droit de s'entraîner avec les Alphas.

"Eh bien, tu as du recevoir de sacrés nouvelles, toi.." fit il remarquer d'un ton moqueur.

"On peut dire ça.." murmura le Kazakh.

Il rangea les lettres à l'intérieur de son bagage, puis prit ses affaires et sortit, suivit par le Bêta.

Ils arrivèrent quelques minutes plus tard au terrain d'entraînement où avait lieu le prochain exercice. Ils attendirent, comme les autres recrues, un ordre du militaire en charge de leur groupe, immobiles.

Le brun, durant les instructions de leur commandant, laissa son esprit vagabonder malgré lui. La façon dont Jean-Jacques lui avait parlé, ou plutôt pas parlé, de Yuri l'inquiétait. Il avait pu avoir au moins une photo de la part du Canadien, uniquement le visage du Russe.
En le voyant avec les cheveux si courts, il avait été décontenancé. Et ses yeux émeraudes étaient moins pétillants de vie, comme vide. Otabek espérait que son choix de partir était le mieux, qu'il pouvait protéger son compagnon. Car, en voyant un tel manque d'expression sur son visage, il n'en était plus si sûr..

"Dis donc, Altin.. Si on dérange, dis le nous!" lâcha l'Alpha Commandant, acide.

Le brun sortit de sa torpeur, pour s'apercevoir que tout le monde le regardait. Il secoua silencieusement la tête, l'air impassible.

"Bien... fit le militaire. Allez y!"

Tous les soldats foncèrent vers les armes, qu'ils devaient remonter et démonter plusieurs fois, avant de les utiliser, les tester. Tout se passait bien.. Seul le cliquetis des armes, quand le commandant n'houspillait pas de soldat, se faisait entendre . Otabek était occupé à faire de même, bien que moins concentré que d'habitude, quand..

"À terre!"

Otayuri Otayuri Otayuri Otayuri Otayuri Otayuri Otayuri

Au même moment, dans un hôpital moscovite...

Yuri ouvrit les yeux, le souffle court. Un violent cauchemar, ainsi que des crampes au ventre, venaient de le réveiller. Il prit son téléphone, il faisait toujours nuit, pour vérifier l'heure. Il allait le poser sur la petite table de chevet, quand une contraction, inattendue et douloureuse, lui fit lâcher le portable.

Le bruit tira du sommeil Nikolaï, endormi sur le fauteuil, près de lui. Il vit son petit-fils, à moitié assis dans le lit, machoire contractée, se tenant le ventre. Le vieil homme, en le voyant aussi mal, se releva brusquement pour se tenir près de lui.

"Yuratchka ! Que se passe-t-il!?" s'exclama-t-il, la main du blond serré dans la sienne.

"De.. Diedouchka.. je.. parvint difficilement à dire l'Omega, alors qu'une autre contraction, plus intense, le coupa. Ça.. ça fait mal.. mon.. mon bébé.."

Le visage blême, les larmes roulant silencieusement sur ses joues, Yuri sentit un liquide poisseux couler entre ses cuisses...


Quelques petites mises aux point, et on découvre Beka dans son nouvel environnement (ainsi que sa "fiancée" via un courrier)..

Shiratorizawa : Haikyuu (un lycée prestigieux)

Otou San: Père; Okaa San: Mère; Aniki: grand frère/frangin

Pour tout ce qui est militaire, aucune idée de comment ça se passe donc désolée si je me plante!.. Il est parti loin Beka (une précaution de sa famille..).

À la prochaine !