Hello tout le monde !
En ce presque dernier jour de l'année, je vous retrouve avec un nouveau petit bonus en réponse à un des défis de madilizzie (merci pour la suggestion ! ce qui ne veut pas dire que je ne relèverai pas les autres ;) )... Moins léger que le précédent, mais ici le but était de replonger dans les méandres de l'esprit de Lizzie !
Jane : Héhé, ravie de t'avoir amusée ! Moi aussi, j'ai pris un bel amusement à imaginer la discussion entre Will et Alex...
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Bonus 4 - Chaud-froid de Lizzie contisé de souvenirs...
POV Will
Je souris distraitement en notant l'air embarrassé de Lizzie, alors que nous nous asseyions à une table tendus d'une nappe épaisse, bordeaux, et dressée de couverts tellement rutilants que nous pouvions observer nos reflets dedans.
"Wow. Effectivement, c'est très différent de ce dont j'ai l'habitude."
Pour la première fois, j'avais réussi à convaincre Elizabeth d'accepter mon invitation à dîner dans un restaurant gastronomique. On était passés pas loin d'une dispute quand elle avait argumenté qu'elle n'avait pas forcément l'envie ou les moyens de payer une fortune pour un repas.
Si je t'invite à dîner ce n'est assurément pas pour que nous partagions la note, Elizabeth, et je trouve extrêmement vexant que tu refuses aussi vivement la moindre de mes invitations, avais-je fini par lui dire, blessé.
Comprenant qu'en agissant ainsi, elle ne faisait que dresser des barrières entre nous – alors que tout ce qu'elle souhaitait était justement d'abattre tout ce qui nous séparait –, elle s'était excusée et avait accepté avec un sourire de m'accompagner. Non sans me faire promettre de l'accompagner aussi dans son restaurant préféré à elle aussi, à l'occasion.
Parce que je ne vais pas renier mes préférences pour tes beaux yeux, Darcy, avait-elle conclu d'un ton taquin.
Je n'avais jamais rencontré pire tête de mule qu'elle.
Mais que ne donnerais-je pas pour voir chaque jour ce sourire dans ses yeux et cette chaleur sur ses lèvres ?
Consciente du rang du restaurant dans lequel nous dînions, elle avait revêtu un de ses rares tailleurs. Vêtue d'un chemisier en soie bordeaux sur une jupe écrue, elle frissonna lorsque le maître d'hôtel la débarrassa de son blaser. D'un geste nerveux, elle passa ses doigts sur ses avants-bras, et remercia l'homme d'un ton bas alors qu'il lui tenait sa chaise.
Elle avait relevé ses cheveux dans un chignon qui se voulait sophistiqué, mais les cheveux d'Elizabeth n'aimaient pas être retenus. Deux mèches s'en étaient échappé, et retombaient en boucles douces sur sa nuque gracile. Ce qui, à mon sens, lui allait bien mieux qu'un chignon strict.
Hypnotisé, je tendis la main pour caresser la courbe de son cou et jouer avec une de ses mèches rebelles.
Lizzie sourit, soudain plus détendue.
"Tu n'imagines pas à quel point je suis ravi que tu soies venue sonner à ma porte à ton retour de Nouvelle-Zélande, Lizzie." Soufflai-je.
Son sourire s'agrandit et se fit taquin.
"Pourquoi ? J'aurais simplement attendu de te revoir lors du mariage, cela aurait changé tes sentiments pour moi ?"
Je souris en me rapprochant d'elle.
Installés à une table ronde, nous n'étions pas l'un en face de l'autre, mais presque côte à côte, pour gagner en intimité. Je saisis sa main, et elle referma instinctivement ses doigts sur moi.
"Cela n'aurait pas changé mes sentiments. Mais nous aurions perdu deux mois. Et je m'en veux déjà suffisamment d'avoir perdu un an et demi avec toi."
Lizzie haussa un sourcil, plongeant son regard intense dans le mien.
"Will... Ne t'en veux pas pour ça. Je n'étais pas prête à l'époque. Tout est de ma faute.
- Rien n'est de ta faute, Lizzie. Je me suis comporté comme un con, et t'ai poussé à me détester si fort que...
- Will, ça suffit ! On ne va pas faire le concours de celui de nous deux qui a été le plus idiot. Nous partageons pas mal de torts, en fait... Tu manquais, à l'époque, pas mal de délicatesse, et pour ma part j'étais fichtrement rancunière." S'agaça-t-elle.
Je ne pus contenir un petit rire.
"J'imagine que tu as raison. Nous étions deux vraies têtes à claques.
- Mmh... Qu'importe, ça nous a mené où nous en sommes aujourd'hui. C'est un mal pour un bien."
Son sourire me réchauffa, et je ne détachai mon regard d'elle que pour répondre au serveur qui venait nous présenter les différents menus et prendre nos commandes.
"Chaud-froid de sole contisé de truffe noire... Minéralité de céleri et salinité de coquillages Pistaches... C'est bien la première fois que je n'arrive pas à comprendre tous les mots d'une carte." Murmura-t-elle.
Amusé par l'air déboussolé de Lizzie, je la conseillai. Une fois n'est pas coutume, elle s'en remit totalement à moi pour choisir ses plats.
"Qu'as-tu ressenti, après être repartie de chez moi ?" Demandai-je de but en blanc.
Elle redressa la tête et m'adressa un regard interrogateur.
"Comment ça ?
- Le soir où tu es venue me voir pour me proposer de t'aider à organiser la soirée de Jane et Charlie... On se revoyait pour la première fois depuis longtemps. Pour la première fois depuis... Ma déclaration.
- Oh."
Pensive, elle se mordilla la lèvre en fixant son regard sur un mur au loin.
"C'est compliqué... Je crois que pour répondre, il faudrait que je revienne sur ce que j'ai ressenti ces dernières années."
Je la fixai, curieux, alors qu'elle passait ses doigts dans ses cheveux, réussissant à sortir une troisième mèche qu'elle enroula autour de son index.
"Tu sais, il y a eu la période où je t'en ai amèrement voulu de ce que tu m'avais sorti au réveillon. Aux deux réveillons, en fait. Je suppose que je n'aurais pas été aussi blessée si je n'avais pas déjà eu un coup de cœur pour toi..."
Elle eut un petit rire en serrant ma main, chassant la pointe de culpabilité qui me vrillait le cœur.
"Ensuite, il y a eu l'épisode Wickham. Quand j'ai compris ce que ce salaud avait fait à ta sœur, j'ai également capté pourquoi tu cherchais à éloigner les autres de lui... Sans pour autant expliquer tes raisons."
Elle souffla, et reprit sa main pour jouer avec sa serviette.
"Bref. On ne va pas revenir là-dessus. J'ai rompu, et je me suis barrée.
- Parce que tu avais peur ? Soufflai-je.
- Parce que j'avais honte."
Je lui lançai un regard chargé d'incompréhension.
"Mais honte de quoi, Lizzie ?
- Tu penses que c'est facile de se rendre compte qu'on a viré un mec bien pour sortir avec un connard ? Je me suis longtemps reproché mon manque de clairvoyance. Oh, et accessoirement, j'avais peur aussi, c'est vrai.
- Wickham t'avait menacée ?"
J'avais conscience d'avoir posé ma question d'un ton un peu trop abrupt, le cœur serré, mais cette révélation me torturait.
Lizzie avait eu peur, et moi, sombre crétin, j'étais à l'époque bien trop occupé à la détester de m'avoir repoussé au profit d'un autre.
Lizzie m'adressa un regard surpris, et secoua la tête.
"Peur de Wickham ? Non. J'avais des preuves assez compromettantes pour ne rien craindre de lui... C'est de toi, dont j'avais peur. De ton jugement."
Blessé, je me raidis, mais elle posa sa main sur mon genou avec un sourire rassurant.
"C'était il y a une éternité, Will. J'essaie seulement de replacer le contexte, ok ? Je doute de réussir à te faire comprendre le fond de mes pensées, sans ça.
- Ok, soufflai-je, malgré tout ennuyé de ne pas avoir su être plus présent pour Lizzie à cette époque-là.
- Bon, donc, sur ça, je me suis dit que c'était une super idée de réaliser mon rêve de gamine et de me casser pour la Nouvelle-Zélande."
Cette fois, je ne réussis pas à retenir un sourire amusé.
"C'était ton rêve de gamine d'aller soigner des kiwis ?"
Son rire s'éleva dans l'ambiance feutrée du restaurant, et nous nous interrompîmes le temps que nos premières assiettes arrivent et que le serveur nous décrive le menu.
"Mon rêve de gamine était de visiter soit ce pays, soit l'Australie. Je ne pensais pas aller y travailler... Mais cela m'a justement permis de faire pas mal de tourisme. S'amusa-t-elle.
- Je t'y aurais volontiers accompagné.
- Will... On se détestait, à l'époque, je te rappelle."
Je grimaçai, atterré. Oui, je suppose qu'elle avait raison. Je la détestais de m'avoir repoussé, et elle me détestait pour mon comportement exécrable.
"Cette année à l'autre bout du monde m'a permis de faire le point. J'ai pensé à toi, tu sais. Bon, tu commences ton plat ? Tu te rends compte que j'attends de voir si tu vas vraiment manger ce truc pour savoir si c'est comestible ?" Pouffa-t-elle.
Elle m'arracha un rire, et je saisis ma fourchette pour attaquer le dôme d'asperge à la crème de langoustine, ou quelque chose du style – obnubilé par ma compagne, je n'avais que trop peu écouté le serveur.
"Donc, voici le contexte." Poursuivit-elle en commençant à manger à son tour. "J'étais dans ma bulle, à des milliers de kilomètres. Je songeais à cet enfoiré de Wickham, ce qui m'agaçait prodigieusement. Ça m'amenait à penser à toi, et la plupart du temps, je dois avouer que je t'en voulais méchamment de ne pas avoir cherché à me retenir un peu plus de sortir avec lui. J'ai cultivé une rancœur certaine envers toi, et je t'avoue que ça m'a aidée à ne pas m'effondrer. Surtout quand j'ai appris que Charlie et Jane allaient se marier, et donc qu'on se recroiserait... C'était bien plus facile de me dire que tu étais détestable, que de me sentir de nouveau honteuse de la façon dont je t'avais repoussé."
Elle haussa les épaules et soupira.
"Mais au fond, je savais bien que je me leurrais. Et que je dépensais mon énergie à cultiver des sentiments que je n'éprouvais absolument pas... Alors quand mon contrat néo-zélandais s'est terminé, je savais que je ne resterais pas là-bas. J'étais prête à faire mon grand retour en France. J'avais déjà obtenu le poste vacant dans le cabinet de véto, merci la mode des entretiens Skype. Pendant mes trois derniers mois, je me suis refusée à réfléchir à ce que je ferais à mon retour, bien que j'aie su que nous étions tous les deux témoins des futurs mariés... Ce n'est que dans l'avion que j'ai pris la décision de ne pas attendre le mariage pour te revoir."
Elle termina son assiette, et plongea de nouveau ses yeux dans les miens.
"Tu n'imagines pas comme ça a été dur de trouver le courage de venir sonner chez toi. Pour ça, j'ai passé deux semaine à essayer d'attiser la soi-disant haine que j'éprouvais à ton égard. J'ai essayé de me mettre dans la tête qu'on se détestait, et ça m'a donné la force de ravaler ma fierté et d'aller sonner à ta porte."
Je ne pus retenir mon rire plus longtemps, et glissai ma main derrière la nuque de Lizzie pour la rapprocher et déposer un baiser fiévreux sur ses lèvres.
"Si j'avais imaginé que je te remercierais un jour de m'avoir assez haï pour venir me chercher. Ironisai-je.
- Moque-toi, je t'en prie. Grogna-t-elle.
- Compte sur moi. Mais pas dans l'immédiat. Tu n'as toujours pas répondu à ma question...
- Sur ce que j'ai ressenti à ce moment... J'y viens. Bon, maintenant tu sais dans quel état d'esprit j'étais.
- En mode combat. M'amusai-je.
- Disons ça. Alors quand tu m'as accueillie..."
Les mots moururent sur ses lèvres, et son regard se troubla.
"Oh Seigneur, Fitzwilliam. Ça a été un véritable coup de fouet. Tu étais là, avec ton regard d'abord moqueur, puis chaleureux, et direct j'étais perdue. J'aurais tout donné pour te détester, et je me retrouvais plus troublée que la vue d'un myope après sa dixième bouteille de bière."
Mon rire attira le regard surpris des quelques autres tablées présentes dans le restaurant, et je serrai mes doigts sur ma serviette pour me calmer.
"Je crois que je ne me ferai jamais à tes comparaisons.
- Retiens juste que j'ai répondu à ta question. Bougonna-t-elle.
- Moyennement. La taquinai-je.
- Je ne serais pas capable d'en dire plus, Will. Sincèrement. Je me sentais complètement à la ramasse. Je m'étais convaincue que l'on se détesterait jusqu'à la fin de nos jours, et dès cette première visite chez toi, nous avons échangé quelques plaisanteries. Will, tout ce que je sais aujourd'hui, c'est que j'ai dû retomber amoureuse de toi à ce moment-là."
Mon sourire se fit plus doux, et je récupérai sa main dans la mienne.
"Lizzie..." Murmurai-je. "Crois-moi, je n'ai pas besoin d'en entendre plus."
Elle me sourit, et nous fîmes une pause alors que le deuxième plat était déposé et décrit sous son regard amusé.
"Et toi, Will ? Qu'as-tu donc ressenti en me voyant apparaître à travers ta caméra ?"
Je souris, me remémorant cet instant précis où, agacé, j'avais appuyé sur l'interphone pour faire cesser cette sonnerie qui me vrillait les tympans, alors que mon mystérieux visiteur ne relâchait pas la sonnette.
Le choc en découvrant le visage de la femme que je n'avais jamais réussi à oublier.
La claque quand elle s'était annoncée avec son surnom habituel, comme si nous n'avions jamais cessé de nous fréquenter. Comme si il ne s'était pas écoulé quelque chose comme dix-huit mois depuis la dernière fois que je l'avais vue.
"J'ai cru avoir affaire à un fantôme. Mais tu étais étrangement réelle... Et tu sentais sacrément bon, pour un ectoplasme."
Son sourire malicieux fit pétiller ses yeux.
"Sincèrement, ça a été dur de me retenir de t'embrasser. Chacune des fois où tu es venue chez moi. Tu n'imagines pas combien de fois j'ai cherché un prétexte pour te demander ton adresse et venir te voir chez toi." Grimaçai-je.
Elle ne retint pas son rire à cette évocation.
"Ma foi, heureusement que tu n'en as rien fait. Maintenant que tu le connais, tu détestes mon appartement."
Je détournai mon regard, ne cherchant pas à la contredire.
Et puis, quelque part, elle avait raison. Je détestais son appartement. Mais pas parce qu'il était ridiculement petit, ou mal localisé, comme je m'étais plu à lui faire remarquer les rares fois où j'y étais passé.
Je le détestais, parce que désormais, je n'avais plus qu'une envie : que Lizzie vienne vivre chez moi.
Évidemment, au bout de seulement un mois de couple, je savais qu'elle me rirait au nez si je lui proposais.
Mais j'y travaillais...
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Et voilà pour essayer de comprendre un peu mieux la Lizzie du début de cette fic, à fleur de peau et perdue entre ce qu'elle souhaitait éprouver envers Will, et ce qu'elle ressentait réellement...
A bientôt pour un nouveau bonus, je pense, mais en attendant...
Portez-vous bien, et je vous souhaite tout le meilleur pour cette fin d'année et le début de la suivante !
