Hello mes petites cuillères ! J'suis heureuse de publier ce soir ! Et ouiiiii en avance je sais ! :P
Ceci est un grand... moment.
Ceci, est le dernier chapitre de "A toi"
Cette histoire qui a fait renaitre en moi cette envie d'écrire, et de partager avec vous toutes ces choses que j'aime tellement.
En parallèle, j'ai commencé à publier sur "Soulmates" Je voulais d'ailleurs vous remercier pour l'accueil que vous lui avez réservé. N'hésitez pas à aller voir, a suivre et à laisser un commentaire si ça n'est pas déjà fait ! #promo
Je vous laisse lire.
On se retrouve en bas.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !
Chapitre 14
Edward était là.
Edward et ses yeux verts perçants, Edward et sa bouche dessinée pour me torturer, Edward et son parfum, Edward et son être tout entier tremblant, là, devant moi, à ma porte.
Il avait l'air… fatigué, en colère, et à la fois, heureux de me voir, et surtout totalement torturé.
Il y eu un silence où l'on se dévisagea.
Une fois encore, mon cerveau tourna à mille à l'heure alors qu'il me regardait comme si cela était la première fois. Cette sensation était douce et amère à la fois.
Je déglutis à cette pensée, me reculais pour le laisser entrer. Un éclair d'hésitation passa dans ses yeux, mais, après quelques secondes, il avança. Son bras me frôla quand il pénétrât dans l'appartement, mon cœur sursauta dans ma poitrine. Son parfum me troubla d'autant plus, maintenant qu'il flottait chez moi.
Pourquoi ne parlait-il pas ? Pourquoi étais-je moi-même incapable de prononcer un seul mot ? Ceux-là semblaient coincés dans ma gorge, m'étouffant sous la pression de mon cœur battant de plus en plus fort dans ma poitrine.
Quand je le vis au milieu de mon salon, vêtue de son long manteau noir, je ne pus m'empêcher de me trouver incroyablement idiote et folle d'avoir tout gâcher. Cette situation me semblait tellement puérile, et irréelle. Comment avais-je pu croire un seul instant que j'arriverais à oublier ? A vivre, à être heureuse sans lui ?
J'avais envie de foncer dans ses bras, de lui crier combien j'étais amoureuse de lui, combien ces quelques heures sans lui avaient été horribles, combien il m'avait manqué et combien je voulais vivre avec lui. Mais l'expression contrarié de ses yeux m'en dissuada. Il n'avait en rien l'air apaisé. Il n'avait pas l'air d'être quelqu'un qui souhaitait me, nous donner une autre chance. Je compris pourquoi quand mes yeux tombèrent sur ce qu'il tenait dans sa main.
Mon cœur sembla remonter dans ma gorge.
- Tu as oublié ça en ramassant toutes tes affaires, finit-il par dire en lançant l'enveloppe sur la table de salle à manger à coté de lui.
J'observais le papier bleu foncé, incapable de le regarder plus longtemps. La froideur de sa voix était insupportable.
- Edward je…
- C'était un cadeau, s'agaça-t-il, l'expression glacée désormais.
Je déglutis douloureusement.
- Je ne peux pas y aller sans toi, avouai-je en retrouvant la profondeur de ses yeux avec difficulté.
Même si cela fut bref, je vis sa mâchoire se contracter. Son regard, lui, ne changea pas.
- Alors mets le à la poubelle.
Il aurait pu me gifler que cela aurait eu le même effet. J'eus du mal a respirer. Le silence s'imposa, lourd, douloureux. Que pouvais-je bien réussir à lui dire pour que la glace le quitte ? Que pouvais-je faire pour, qu'à nouveau, il veuille de moi ? Mon cœur s'accéléra dans ma poitrine.
- Je ne veux pas, réussis-je à dire, tremblant à mon tour.
Il soupira.
- Fais ce que tu veux, ça n'a plus d'importance.
J'eus du mal à ne pas me mettre à pleurer comme une enfant lorsqu'il se dirigea de nouveau vers la porte. Je le suivis du regard, ayant du mal à respirer. Il me quittait. Encore.
- Alors c'est tout ? Murmurai-je, sentant ma voix vibrer de chagrin. Tu es venu seulement pour me ramener ces billets ?
Je le sentis plus que je ne le vis lever les yeux au ciel.
- Que veux-tu que je te dise ? Demanda-t-il ironiquement. Tu es partie. Tu as repris toutes tes affaires, tu es resté silencieuse, pas un appel, pas un seul message Bella. Je crois que le message est plus que clair.
- Tu ne sais pas ce que…
- Je ne le sais que trop. Tu ne veux pas me donner ce dont j'ai besoin. L'impasse est…
- Tu renonces ?
Ma question fit arrêter son mouvement vers la poignée de la porte d'entrée. J'eus d'autant plus de mal à respirer. Il m'échappait, encore une fois, et je n'étais tellement pas prête à le perdre. Pas maintenant, pas encore.
- Je ne peux te forcer à m'aimer Bella, s'agaça-t-il en se tournant de nouveau vers moi.
L'intensité de ses yeux me figea sur place. Ses mots…
- Je… je ne veux pas te perdre, murmurai-je, soudain en proie à mes larmes.
Mes mots le firent frémir. Je le vis déglutir puis il secoua la tête.
- Je veux vivre avec toi. Tu ne le veux pas. C'est comme ça depuis le premier jour, je fais un pas en avant, tu recules de trois. Je ne vois pas comment on peut avancer ainsi.
- Laisse moi du temps…
- Je… je veux que tu vives avec moi. Maintenant.
- Tu es tellement buté…
Ma réflexion le fit sourire très légèrement, mais son rictus n'atteignit pas ses yeux.
- Je suis buté ? s'étonna-t-il.
A mon tour je levai les yeux au ciel. L'atmosphère s'alourdit un peu plus quand mon regard retrouva le sien. L'impasse, encore, s'imposa à nous. Vive, piquante, douloureuse. Je réprimais mes larmes, retenant mon cœur douloureux qui voulait sortir de ma poitrine. On se dévisagea un court instant avant que sa main ne se pose sur la poignée.
- Tu m'as promis que tu ne m'abandonnerais pas.
Ma voix tremblait affreusement et ma gorge se serra à m'en faire mal.
- Isabella…
Son ton lourd de reproche me brisa encore plus le cœur. Il semblait tellement décidé à partir, à me laisser, à tout abandonner… moi y compris.
- Je ne veux pas te perdre, répétai-je avançant d'un pas vers lui.
De nouveau, il se tourna pour me voir. Ses yeux torturés retrouvèrent les miens.
Quelque chose changea en moi lorsque je fis un nouveau pas vers lui.
C'était lui.
Je refusais de perdre ce que mon cœur ressentais lorsque nos regards se croisaient. Toutes ces choses que mon corps ressentait, tout cet amour qui me transperçait… tout cela, tout était beaucoup trop fort pour être brisé. Tout cela était plus fort que mes peurs parce que, c'était lui.
C'était lui, l'Amour de ma vie.
Notion de justesse et d'éblouissement inouïe.
Et ce soir… ce soir, je n'étais pas prête à le laisser partir. Ni ce soir, ni jamais.
- Reste, chuchotai-je, essayant de ne pas pleurer. S'il te plaît.
- Bella…
- S'il te plaît, répétai-je, avançant de nouveau. Tu me l'as promis.
Il ferma les yeux quelques secondes, incapable de me faire face. Les larmes brûlants les miens, j'observais cet homme qui avait bouleversé ma vie, et que je suppliais, ce soir de janvier, de rester, de m'aimer… de ne pas rompre la promesse qu'il m'avait faite un jour de décembre. J'eus l'impression que cela avait eu lieu 100 ans auparavant.
Je m'arrêtais lorsque je ne fus plus qu'à un pas de lui, incapable d'avancer plus tant ma tête tournait. Mon cœur, lui, semblait sur le point d'exploser. Quand ses paupières s'ouvrirent à nouveau, ma respiration se coupa devant la profondeur de ses émeraudes brillants.
- Tu n'as pas le droit de m'abandonner, murmurai-je douloureusement.
Il soupira à nouveau, serrant les dents. Son regard torturé fut la clé qui rompit le barrage de ma conscience et de mes pensées torturées.
- Je… je t'avais dit que j'étais trop névrosée, trop torturée. Tu ne m'as pas écouté. Tu… tu as réussis à me convaincre d'écouter mon cœur… Parce que, tu savais…
Son regard verrouilla le mien, suspendu à mes lèvres, il garda le silence.
- Et tu t'es donné à moi alors que tu te battais toi-même contre tes propres démons. Je sais que je ne suis pas parfaite, je sais que je ne donnes pas assez mais tout ce que je ressens… tu n'as pas idée de ce que ça me fait, ce sentiment que tu ne m'aimeras plus jamais…
Je respirai un instant, tentant de me calmer avant de fondre en larmes.
- Je refuse de te perdre. C'est trop douloureux, j'm'en remettrais jamais si tu pars. Je… nom de dieu Edward tu ne sais pas ce que tu me fais faire !
Il pinça les lèvres, retenant visiblement un sourire, tout en ayant les yeux troublés de toutes ces émotions trop fortes qu'il ressentait visiblement, lui aussi. Rien n'était perdu. Je fermais les yeux une courte seconde, tentant de calmer mon cœur prêt à sortir de ma poitrine.
- Je ne sais pas faire de déclaration d'amour, avouai-je avec émotion. Je… j'en lis, mais je n'en écris pas et je les dis encore moins. Pourquoi est-ce si difficile ? Lui demandai-je avant de serrer les dents sous le poids de tout ce que je subissais.
Il secoua la tête.
Je ne pus retenir un soupire de soulagement, ni les larmes qui m'échappèrent quand, à son tour, il fit un pas vers moi… vers nous.
- Ne pleure pas, supplia-t-il, sa main atteignant ma joue pour essuyer mes larmes avec douceur.
- Ne m'abandonne pas, balbutiai-je difficilement.
Son contact m'électrisa et je fus incapable de retenir le sanglot qui me secoua quand il s'approcha un peu plus, posant son front contre le mien.
- Ne pleure pas, répéta-t-il en prenant mon visage en coupe.
- Reste, reste pour toujours je t'en prie…
Ce que je lus dans ses yeux fit gonfler mon cœur, frissonner mon corps entier.
- Où veux-tu que j'aille sans toi ? Demanda-t-il la voix tremblant de son émotion à peine contenue.
Ses yeux brillants de larmes verrouillèrent les miens. Je soupirai de soulagement à ses mots, mon cœur se gonflant de tout l'amour et l'admiration que j'avais pour lui.
- Je n'veux pas te perdre, dis-je à nouveau, incapable de dire autre chose. Laisse moi du temps, je… je ferais tout ce que tu veux…
Ses pouces glissèrent sur mes joues, essuyant mes larmes d'un geste tremblant et d'une tendresse incomparable.
- Absolument tout… je, je vivrais avec toi, tu auras le droit de m'acheter des vacances où bon te semble (un léger rire le secoua) je… je t'épouserais, on ira vivre sur un île ou n'importe où dans le monde, débitai-je difficilement, mon cœur s'emballant dans ma poitrine, j'm'en fou complètement… mais ne renonce pas, ne m'abandonne pas, je ne veux plus te perdre…
Sa bouche retrouva la mienne dans un élan de tendresse qui me fit gémir. Enfin, sa bouche toucha la mienne, enfin mon corps se réveilla de ce long moment sans le seul être capable de me faire ressentir tout ça… enfin, je respirais à nouveau. Mon cœur explosa dans ma poitrine, mes jambes tremblèrent, mon cerveau s'éteignit lorsque ses mains glissèrent dans ma nuque, ses lèvres faisant vibrer mon être tout entier. Son baiser exprima tout : la colère, la tristesse, le désir, la peur, le désespoir, la joie, l'Amour.
Ce sentiment résonna en moi, amplifiant ce sentiment que je ressentais depuis que mes yeux avaient croisés ceux d'Edward, ce soir de mars dans l'appartement d'Alice, en plein Boston.
On croise des milliers de gens, on les frôle, on leur parle, aucun d'entre eux ne nous touchent, ou tellement peu, on les quittent, on les oublient… et puis, il y a eu lui.
Lui.
Une seule personne, une seule âme, un seul instant et tout à basculé. Tout. Absolument tout. Mon être, mon corps, ma vie.
Lui… Ses yeux, ses mains, sa bouche, ses épaules, sa mâchoire. Sa nuque, ses cheveux, son sourire, sa voix. Son être tout entier. Ses gestes, ses mots, ses pensées. Son passé, son présent, ses voyages, ses rêves... Ce futur que je voulais à ses cotés.
Cet homme, là, ici, maintenant, ses lèvres sur les miennes et mes larmes incapables de cesser de couler.
Son baiser finit par devenir aussi léger qu'une caresse, m'inculquant en douceur tout ce qu'il pouvait ressentir pour moi… Aussi névrosée et perturbée que je pouvais être. A regret, on se sépara, j'aurai aimé l'embrasser ainsi jusqu'à la fin des temps. Mon cœur devenu complètement fou résonnait dans mes tempes.
- Pourquoi pleures-tu ? Murmura-t-il doucement sur ma bouche.
Son nez frôla le mien, mon ventre sursauta. Mes yeux s'ouvrirent dans les siens, libérant un flot de larmes incontrôlables. Tout ses gestes m'avaient horriblement manqués, ses mains sur ma peau, sa bouche frôlant la mienne, son souffle chaud sur mes lèvres, son regard brillant… tout que j'avais cru perdre à jamais… il était là, ce soir, il était là et tout l'amour que je ressentais si fort pour lui remonta dans mon cœur, puis s'éparpilla par vague incandescentes dans tout mon être, brûlant mon âme de la plus belle façon qui soit.
Il fallait que je lui dise, il le fallait absolument. Il fallait qu'il sache à quel point sa personne tout entière avait bouleversé ma vie. Il fallait qu'il sache, qu'enfin, je voulais prendre le risque : parce que vivre une vie sans lui n'était pas inimaginable. Parce qu'être sans lui, ces quelques heures, avait été l'épreuve la plus douloureuse de ma vie.
- Parce que je t'aime, chuchotai-je dans un tremblement. Je t'aime tellement que j'ai la sensation que mon cœur va exploser.
L'éclat de bonheur qui illumina ses émeraudes fut si intense que mon souffle se bloqua dans ma gorge. Ses grandes mains entourèrent mon visage, me faisant trembler contre lui.
- Je t'aime aussi, souffla-t-il avec émotion.
Il y eu un instant, suspendu dans le temps, où nos yeux humides s'accrochèrent pour ne plus se lâcher. Un moment de grâce suspendu au dessus de tout, au dessus de nous. J'eus l'impression de ne plus jamais pouvoir toucher Terre.
Il m'aimait. Il m'aimait.
Sa bouche brûlante retrouva la mienne, ses mains glissèrent sur mon corps, soulevant légèrement mon pull pour toucher la peau de mes hanches lentement. Le frisson qui me gagna me secoua tout entière, mes mains accrochèrent ses cheveux, l'attirant plus à moi encore. Désormais, je voulais toucher sa peau, je voulais le sentir. Le feu s'alluma, éclatant, ravageant mon corps au passage, s'insinuant entre mes hanches, me faisant me cambrer contre Edward quand celui-ci passa ses mains dans mon dos, puis le long de mes fesses pour me maintenir contre lui.
Quand sa bouche quitta la mienne, mes yeux s'ouvrirent dans les siens, comprimant mon cœur devant le feu qui brûlait ses iris. Mes mains glissèrent de sa nuque à ses épaules, appréciant sans m'en cacher la musculature de celles-ci. Je repoussais son manteau noir, qui tomba dans un froissement à ses pieds. Pendant un court instant, on se dévisagea en silence, à bout de souffle, nos corps tremblants de désir et d'appréhension mêlés.
Je finis par me hisser sur la pointe des pieds, mon souffle se coupant quand mon nez caressa le sien lentement, suspendant le temps au dessus de nos têtes. Mes mains s'accrochèrent à sa nuque, les siennes s'enfoncèrent dans mes hanches quand il fit disparaître les derniers centimètres nous séparant en s'emparant de ma bouche avec passion. Nos souffles s'accélèrent d'un même ensemble quand il me souleva contre lui habilement, mes jambes s'enroulant autour de ses hanches automatiquement. Sa bouche ne lâcha pas la mienne lorsqu'il avança dans mon appartement, ni quand il passa le couloir.
Cela était la première fois que nous nous retrouvions ici, en couple. Depuis que nous étions revenus de chez Dina, nous n'avions pas une seule fois quitter son appartement pour le mien. Cette pensée me fit frissonner… Avec Edward, tout avait toujours une allure de première fois. Je me rendis compte que nous n'allions pas dans la chambre quand il m'assit sur un meuble haut : la salle de bain.
S'insinuant entre mes jambes, ses mains remontèrent lentement le long de mes cuisses, brûlant ma peau au passage à travers le tissus de mon survêtement. La semi obscurité de la pièce sans fenêtre accentua le sentiment quelque peu irréaliste qui flottait toujours de nous. Le souffle saccadé, je me redressais tant bien que mal et tirais sur son pull, l'obligeant à s'écarter pour l'enlever. Son regard brûlant rencontra la mien lorsque le vêtement vola dans la pièce.
Rapidement, de par nos gestes désordonnés, nos vêtements disparurent. L'empressement me faisait tellement trembler que je dû m'y reprendre à deux fois pour réussir à défaire le bouton de son jean.
A nouveau, il me souleva contre lui, créant un nouveau contacte entre nos corps qui nous fit gémir. Le feu courrait dans mes veines, sous ma peau, rendant mon corps alerte au moindre geste, au moindre souffle de sa part. Le balancement de ses hanches manqua de me faire perdre la tête lorsqu'il nous entraîna jusqu'à la douche, qui heureusement pour moi, n'était qu'à trois pas.
Au contact du carrelage glacé dans mon dos je gémis lourdement. Ou étais-ce la langue d'Edward dessinant des arabesques dans mon cou ? Mon corps se cambra vers le sien alors qu'il me poussa de ses hanches un peu plus contre le mur pour me maintenir en place, ses mains cherchant autour de nous le robinet pour allumer l'eau.
J'étouffai difficilement un cri quand l'eau tomba sur nous, glacée sur nos corps brûlants.
Tremblant de froid, Edward prit mon visage en coupe, m'embrassant profondément. Son geste me réchauffa tout entière, mais les tremblements de mon corps douloureux par la température glaciale de l'eau ne se calmèrent pas. Son corps s'appuya un peu plus contre le mien, essayant de me protéger de l'eau qui nous tombait directement dessus. Tout son être trembla sous l'eau froide.
- C'était une idée stupide, grogna-t-il, maintenant transi de froid. Pardonne moi mon amour, supplia-t-il sur ma bouche.
- Je t'aime, répondis-je maladroitement, débordée par tout ce que je pouvais ressentir à l'instant.
La pénombre de la salle de bain ne me faisait distinguer rien d'autre que son visage si près du mien, ses yeux noirs de désirs, sa bouche gonflée de nos baisers. Mon corps fut secouer de spasmes incontrôlables dû au froid s'insinuant sous ma peau, me faisant claquer des dents. Son regard était maintenant tellement profond, tellement… aimant.
Tellement lui.
- Je t'aime, murmura-t-il à son tour, ses doigts retrouvant mon visage glacé qu'il caressa avec dévotion.
L'eau froide passa au chaud en quelques secondes, nous réchauffant d'un même ensemble, glissant sur nos corps enlacés, glacés, mais bouillants pourtant de désir l'un pour l'autre. Un rideau de buée envahit très vite ma petite salle de bain, rendant l'air presque irrespirable mais cela n'avait aucune importance. Edward était là, contre moi, m'embrassant, son corps tremblait contre le mien… plus rien d'autre ne comptait alors.
Il me reposa au sol avec délicatesse, l'eau ruisselante, maintenant chaude, sur nos corps encore tremblants de froids. Mes jambes vacillèrent et je m'accrochai à ses bras pour ne pas tomber.
- Ça va ? Demanda-t-il par dessus le bruit de la douche nous entourant.
Je hochais la tête en réponse, pas certaine d'être en état de dire un mot. Ses mains retrouvèrent ma nuque, sa bouche s'empara de nouveau de la mienne. Je ne pus retenir la plainte sourde qui monta dans ma gorge quand sa langue prit le contrôle total de ma bouche et de mon cerveau ramollit.
Très vite, trop vite, sa bouche quitta la mienne, son souffle brûlant se perdant dans mon cou qu'il embrassa lentement, prenant le temps de goûter ma peau. Sa langue traça un chemin brûlant du creux de ma gorge au sillon entre mes seins, faisant trembler mes jambes à nouveau. Ses mains caressèrent mes flancs, sa bouche tortura ma poitrine quelques secondes avant d'embrasser le plat de mon estomac. Il se baissa lentement, continuant de goûter chaque centimètre de peau avec dévotion. J'allais mourir s'il continuait à me torturer de la sorte. Il embrassa mes hanches, se baissant à mesure de son voyage érotique, jusqu'à ce retrouver à genoux devant moi, ses lèvres traînant sur le haut de mes cuisses. Je ne contrôlais désormais plus ma respiration, et le feu dans mon ventre s'accentua quand il posa son front contre ma peau, mon corps secoué de violents frissons : cette fois, ça n'était plus à cause du froid.
J'aurais pu gémir rien qu'à l'image que j'avais de lui à l'instant : à genoux devant moi, le désir et l'amour transpirant de tout son être lorsqu'il releva les yeux vers moi. Malgré la pénombre de la pièce, je n'eus pas de mal à distinguer ses longs cils humides et sombres qui entouraient ses pupilles incandescentes. J'eus du mal à ne pas tomber dans les pommes sous cette vision tout droit du paradis.
- Edward… murmurai-je comme une prière quand ses mains saisirent mes fesses pour me soulever, et me faire glisser lentement vers lui… et sa bouche.
Je me maintins du mieux que je pus dans cet équilibre précaire. Le feu brûlant mes joues, mon souffle se coupa quand il embrassa l'intérieur de ma cuisse. Mon corps se mouva tout seul, me faisant me tordre de désir contre le mur quand son souffle brûlant caressa ma peau beaucoup, beaucoup trop près.
- Edward, couinai-je à nouveau, incapable de me taire.
- Je t'aime, répondit-il en retour, avant d'embrasser ma peau avec toute la délicatesse dont il savait si bien faire preuve.
Plus tard, bien plus tard, allongée sur mon lit, la lumière de ma lampe de chevet éclairant doucement la chambre, je grignotais un raisin en frissonnant sans pouvoir le contrôler.
- Laisse moi manger un peu…
Ma plainte se finit en gémissement quand sa langue glissa sous mon oreille.
- Je ne suis pas rassasié, murmura-t-il contre ma peau, un sourire dans la voix.
Retenant un rire, je me tournais pour lui enfoncer un morceau de pomme dans la bouche. Surpris, il éclata de rire avant de se mettre à mâcher avec conviction.
- Je ne voudrais pas que tu fasses un malaise après tout ces… efforts, souris-je sous ses yeux amusés.
Il secoua la tête, puis se souleva pour s'allonger sur moi, me forçant à m'installer plus confortablement sur le dos. Son sourire s'agrandit, faisant s'accélérer mon cœur. L'assiette de fruits que j'avais ramenée quelques minutes auparavant -histoire d'avoir quelque chose à manger – manqua de se renverser sur le lit dans le mouvement. Mes jambes remontèrent le long de ses flancs, accentuant notre position. Ses yeux retrouvèrent leur sérieux plus vite qu'il en faut pour le dire.
- Je pourrais manger ces fraises sur ton corps, soupira-t-il en jetant un coup d'œil à l'assiette.
- Ou tu pourrais simplement les manger pour reprendre des forces ?
- Avec de la chantilly, sur ton corps, ajouta-t-il, m'ignorant totalement.
Je ne pus m'empêcher de rire, mordant ma lèvre pour me retenir. Il finit par rire aussi avant de se laisser glisser sur le coté, et de soupirer longuement.
- C'est tout ? m'étonnai-je, toujours allongée dans la même position.
Allongé sur le ventre, il se redressa légèrement et posa son menton dans sa main pour me regarder tout en tripotant un morceau de pomme du bout des doigts.
- Tu m'as épuisé, avoua-t-il en haussant les épaules avant de croquer dedans.
Cette fois, j'éclatais de rire en me tournant à mon tour, me retrouvant dans la même position que lui. Il y eu un silence entre nous, mais cela fut agréable. Pour la première fois depuis longtemps, les questions concernant mon avenir avec ou sans lui ne m'assaillirent pas brutalement, et je ne ressentais plus d'angoisse à l'idée qu'il me brise… il m'aimait. Il m'aimait vraiment. Autant, je crois, que je l'aimais.
Nous avions beaucoup parlé. Edward m'avait dit qu'il était allé chez Emmet après notre… dispute. Et qu'Rosalie lui avait presque botter les fesses de m'avoir demandé de vivre avec lui après si peu de temps de relation. Cela me fit sourire.
- Pour Rosalie… je me suis rendue compte de certaine chose, avouai-je, hésitant un peu.
- Dis moi.
- Elle… je la trouve… triste. Elle… elle semble heureuse, enfin elle l'est. Emmet, leurs filles, leur vie… mais je ne sais pas. A plusieurs reprise j'ai sentie qu'il y avait… autre chose.
Les yeux d'Edward se teintèrent légèrement d'un sentiment que je ne compris pas tout de suite.
- Elle et Emmet essaient d'avoir un troisième enfant depuis plus de deux ans, finit-il par dire après un silence. Et… ça ne marche pas.
- Oh. Il y eu un court silence.
J'attrapais un morceau de pomme en réfléchissant à sa réponse.
- Mais… les filles…
- Ils ont dû avoir recours aux F.I.V, pour les deux, révéla-t-il, ses yeux papillonnant de moi à mes doigts.
Ceci expliquait donc ces sentiments que j'avais vu chez elle à plusieurs reprises.
- Cette fois, les médecins leurs ont dit qu'ils ne les suivaient pas… ça a été un coup dur. Alors je crois qu'ils… qu'ils essaient naturellement en espérant que ça finisse par marcher.
Sa révélation me fit mal au cœur. Sa confidence me fit penser à ma propre histoire. Je pensais alors à mon père, à sa visite de cet après-midi.
Je lui racontais tout, notre conversation hors du temps, et tout ce que cela avait provoquer chez moi. Mon enfance, mes souvenirs avaient semblé trouver un sens, et notre relation aussi. Lui en parler me soulagea, et, l'instant d'après, j'eus envie de présenter Edward à mon père. J'étais sûre que ce dernier allait l'adorer. J'attrapai une fraise que je mâchouillais un moment. Je me rendis compte qu'il me dévisageait, mordillant sa lèvre nerveusement.
- Quoi ? Marmonnai-je, la fraise toujours entre mes doigts.
Il battit des paupières, visiblement perturbé.
- Rien c'est… ta bouche, chuchota-t-il, la voix cassée.
Je haussai un sourcil, me sentant rougir malgré moi.
- T'es vraiment pervers, rigolai-je en croquant dans la fraise sans ménagement.
- Seulement quand ça te concerne, admit-il tout à fait sérieux.
Son sourire en coin revint alors qu'il secouait la tête, reprenant pieds avec la réalité. Finalement, peut-être que mon père allait le détester à avoir de telles pensées avec sa propre fille.
- On devrait dormir, marmonnai-je en étouffant un bâillement.
- Vraiment ?
Son sourire s'amplifia quand il effleura ma hanche de ses doigts, me faisant frissonner. Cela était plus fort que moi, mon corps réagissait tout seul au contacte du sien.
- Vraiment… ça serait plus sage… Ça fait quatre fois Edward ! Quatre !
Il leva les yeux au ciel, n'étant apparemment pas du même avis.
- Demain on est dimanche, on aura tout le temps de dormir, contra-t-il fièrement.
Je levai les yeux au ciel à mon tour, avant d'étouffer un nouveau bâillement. Edward finit par renoncer quand trente secondes plus tard, j'étouffai un autre bâillement.
- Petite joueuse ! Se moqua-t-il, ce qui me fit grogner mollement.
Son rire moqueur résonna dans la chambre quand je me blottis sous les draps alors qu'il se relevait pour débarrasser l'assiette de fruit qu'il ramena dans la cuisine. J'en profitais pour faire glisser mon regard le long de son corps fin, appréciant la musculature de ses épaules carrées, son dos et le balancement de ses…
- Fais toi plaisir, balança-t-il par dessus son épaule, me faisant sursauter.
- C'est à moi, marmonnai-je avec un sourire, avant d'enfoncer mon visage dans l'oreiller.
J'entendis son rire de la cuisine. J'étais heureuse. A cet instant précis… j'étais plus heureuse que jamais.
Quand il revint dans la chambre, il éteignit la lumière puis s'allongea à mes cotés avant de me prendre contre lui, nous installant en cuillère. Son corps était bouillant contre le mien. Je frissonnai quand sa bouche se posa sur mon épaule.
- Je t'aime, murmura-t-il avec douceur, sa voix résonnant dans la quiétude de la chambre.
Mon cœur s'emballa à ses mots, je ne pus retenir mon sourire.
- Je t'aime, répondis-je sur le même ton.
Il soupira de contentement en me serrant plus fort.
- Je ne te laisserai plus partir, chuchota-t-il après quelques secondes de silence. Plus jamais.
- Edward…
- Je t'aime, me coupa-t-il. Je ne veux pas vivre sans toi.
Je me tournais dans ses bras, essayant de contrôler ma respiration et les émotions d'une force inouïe qui me secouaient. La lumière des lampadaires de la rue éclairaient faiblement la pièce en lui donnant une couleur orangé, me permettant de voir son si beau visage torturé.
- Je ne voulais même pas que tu partes, avoua-t-il à voix basse, ses mains retrouvant ma joue qu'il caressa avec douceur. Quand je suis rentré et que j'ai trouvé l'appartement complètement vide de tes affaires… je… j'ai cru t'avoir perdu pour toujours.
- Tu m'as demandé de partir…
- Je sais… j'étais en colère… et je sais aussi que je t'en demande beaucoup, je sais que je suis trop exigeant, je sais que tu n'es pas prête à tout ça… je… j'ai compris que peu importe le temps que cela te prendra, je ne veux pas vivre sans t'avoir à mes cotés une seconde de plus. Parce que je t'aime… je t'aime, et rien ne me fera t'aimer moins qu'à cet instant.
Ses émeraudes me scrutaient avec une intensité telle que ma respiration se fit lourde quand les larmes brûlèrent mes yeux.
- C'est juste que… depuis l'accident, je sais que la vie peut s'arrêter d'un moment à l'autre… et je ne veux pas passer à coté de ce qui est important. Tu es ce que j'ai de plus important.
Ma main caressa sa joue dans un geste tendre, sa barbe piqua mes doigts. Ses mots… il n'avait pas idée à quel point je pouvais l'aimer.
- Je sais, dis-je doucement, me rapprochant à nouveau de lui. Je t'aime tellement je… je veux que tu le sache parce que ça veut dire que je t'aime plus que mes peurs sont grandes. Ça veut dire que les risques ne sont rien à coté de ce que je ressens pour toi… Je veux vivre avec toi Edward.
Son souffle se coupa sous mes mots. Il caressa de nouveau ma joue, je sentis son sourire sous mes doigts.
- Qui êtes-vous ? Qu'avez vous fait de ma petite amie morte de trouille ? s'amusa-t-il, me faisant sourire à mon tour.
Mes doigts glissèrent dans ses cheveux au dessus de son oreille que je lissais. Sa petite amie. Sa petite amie.
- Je ne veux plus avoir peur… ces quelques heures sans toi… ça m'a fait ouvrir les yeux. J'ai confiance en toi, et je t'aime… Je crois qu'on doit suivre nos cœurs et être juste… nous. Imparfaits, cabossés… mais heureux, ensemble.
Il posa son front contre le mien en soupirant de bien-être.
- Je suis heureux maintenant, avoua-t-il en douceur, son nez frôlant le mien faisant sursauter mon cœur. Mais je veux prendre le temps dont tu as besoin. Si tu veux qu'on attende un peu… j'en suis capable. Je viendrais seulement dormir tous les soirs chez toi et te harcèlerais si il le faut en attendant que tu sois prête.
Sa remarque me fit sourire et me soulagea en même temps. Il me comprenait, et cela me fit tellement de bien.
- Je n'y vois pas d'inconvénients, approuvai-je en effleurant ses lèvres des miennes.
- Je t'aime, murmura-t-il sur ma bouche.
J'eus l'impression que mon cœur explosait littéralement de bonheur.
- Je t'aime.
Maintenant, je le savais, je le sentais… tout irait bien.
Le lendemain, on traîna au lit la moitié de la journée. Alice m'appela le matin, criant de joie dans le combiné quand ce fut Edward qui décrocha mon téléphone. Elle était heureuse pour nous, pour moi. On parla un moment, ce qui me fit du bien. Je la sermonnai par rapport à Charlie… puis la remerciait. Sans elle… je n'aurai peut-être jamais su tout ça, et je n'aurai sans doute pas réalisé aussi rapidement combien mon amour pour Edward était plus fort que mes peurs… et combien celles-ci n'étaient… rien. L'émotion entre nous fut vive, intense. Elle me fit promettre d'aller manger avec elle le lendemain midi pour « raconter en détails l'opération Ed' » En fin d'après-midi, Emmet invita Edward à partager une bière. Quand ce dernier lui annonça qu'il était avec moi… celui-ci nous invita tous les deux avec enthousiaste. Il ne sembla pas étonné de nous savoir… ensemble.
En nous garant devant leur grande maison, on resta un instant silencieux. La main d'Edward saisit la mienne avec douceur. Comme toujours, son contact apaisa ma peau.
- Tout va bien ? Demanda-t-il. Tu as été silencieuse tout le trajet.
- Oui je… je pensais à la Laponie, enfaîte.
Mon regard capta le sien, soudain intrigué.
- Oui… et ?
Il eut du mal à retenir le sourire qui fleurit sur ses lèvres.
- Je… j'ai quinze jours de vacances fin mars, avouai-je en nouant ses doigts aux miens.
Son sourire s'agrandit, son autre main caressa ma joue, puis ma bouche.
- Viens avec moi.
Il y eu un silence, où il me dévisagea avec une émotion si forte dans les yeux que mon souffle s'accéléra.
- Tu veux toujours de ma déclaration d'amour enflammé ?
Je ne pus m'empêcher de rire sous son regard amusé.
Puis l'atmosphère changea, presque imperceptiblement. L'air crépita autour de nous, mon cœur accéléra sa course alors que mon ventre se nouait délicieusement quand son pouce passa sur ma bouche dans une lente caresse. Ses doigts tremblèrent légèrement, son regard amoureux verrouilla le mien.
- Je veux tout, murmurai-je, émue.
Ses lèvres effleurèrent les miennes à l'instant où mes mains atteignirent son visage pour l'attirer à moi. Était-ce normal, d'aimer autant ? D'avoir le cœur qui bat si fort que l'on a l'impression qu'il va sortir de sa poitrine ?
Emmet et Rosalie nous accueillirent avec bonne humeur, quelques minutes après notre arrivée, à peine étions nous assis dans leur canapé, qu'Alice et Jasper débarquèrent. J'eus un sourire en me disant qu'elle ressemblait à cela, désormais, ma famille. Imparfaite, cabossée, mais plus vraie que jamais.
Après un moment, mon regard croisa celui de Rosalie quand tout le monde s'installa autour de la table basse. Ils servirent des bières à tout le monde, puis on trinqua avec bonheur. Le jus d'orange devant Rosalie ne trompa personne… et surtout pas moi.
- Les gars, commença Emmet d'une voix tremblante, on a quelque chose à vous annoncer…
Edward serra ma main plus fort, j'eus du mal à retenir mes larmes devant l'émotion vive de nos amis, et devant celle de l'homme avec qui je voulais finir ma vie.
Le bonheur irradia dans mon être tout entier. Un jour… cela serait notre tour.
2 mois plus tard
La ville s'étendait sous mes pieds, brillante, un peu plus loin, sous la nuit qui tombait doucement. D'ici, un peu en retrait, tout semblait plus… calme. Je refis un tour, pour être certaine de n'avoir rien oublié. Tout était… parfait, comme je l'avais imaginé durant ces dernières semaines. Jetant un regard à mon téléphone, je respirais calmement, essayant de calmer la boule d'angoisse dans mon estomac. Tout allait bien se passer. Tout irait bien, maintenant, non ?
L'écran de mon téléphone s'alluma, m'indiquant que j'avais reçu le message que j'attendais. Je lissais ma robe nerveusement, pinçais mes lèvres entre elles pour leur donner de la couleur.
Et j'attendis. Encore, et encore.
Les secondes me paraissaient des heures, et, lorsque la poignée de l'appartement tourna, je retins mon souffle. Qu'allait-il penser de tout ça ? Il était maintenant trop tard pour faire demi-tour. Lorsqu'il pénétra dans l'appartement, j'eus presque envie de vomir tant le stress atteignit son apogée. Le cliquetis de la porte qui se referme résonna dans l'habitation vide.
- Bella ?
- Je suis là, lançai-je d'une voix chevrotante.
Bon sang, il allait vraiment falloir que je me reprenne ! Edward avança dans la pièce à peine éclairée, son regard tomba d'abord sur ce que j'avais préparé, avant de glisser sur moi. Dieu, qu'il était beau. Ses sourcils se froncèrent d'incompréhension.
- Qu'est ce que…
- Attends, ordonnai-je, essayant de paraître plus sûre de moi que je ne l'étais.
De mon pied, j'activais l'interrupteur posé à terre. La lumière le fit cligner des yeux. Les dizaines de guirlande que j'avais disposé ça et là s'allumèrent d'un même ensemble. Ravalant le sourire qui naissait sur mes lèvres devant les yeux surpris d'Edward, je me félicitai d'avoir gardé le secret aussi longtemps.
A nos pieds, entre nous, une couverture moelleuse, du vin, du fromage, de la charcuterie, des mignardises sucrées et des fruits. Le tout entouré de bougies et de guirlande pour un effet absolument romantique dont je fus assez (très) fière.
Confus, Edward releva les yeux vers moi.
- Qu'est ce qu'on fait à l'appartement d'Alice ? Demanda-t-il d'une voix calme, ce qui trahissait ses interrogations.
Je le connaissais tellement, maintenant. Je savais que, là, à cet instant, il mourrait d'envie de m'assaillir de questions.
- C'est ici qu'on s'est rencontré, murmurai-je après quelques secondes de silence.
Son sourire en coin apparut, affolant mon cœur.
- Tu te tenais pile où tu es maintenant… et je me tenais pile… là.
Je désignais l'endroit où j'étais, l'émotion me gagnant doucement. Un silence passa, il fronça légèrement les sourcils de nouveau, créant une ride entre ses yeux.
- Ça ne me dit toujours pas ce qu'on fait ici.
Le tremblement de sa voix ne m'échappa pas.
- Je sais que… que j'avance à deux à l'heure, commençai-je avec après avoir inspiré. Je voulais quelque chose de spécial, pour ce soir.
Il y eu un silence puis, quelque chose passa dans ses yeux.
- Ça fait un an, comprit-il soudain, ne pouvant apparemment retenir son sourire.
Je hochais la tête pour acquiescer, ayant maintenant du mal à soutenir son regard qui devint beaucoup, beaucoup trop profond.
- Tu sais que tu n'as pas le droit d'être ici ? Demanda-t-il après quelques secondes où il me dévisagea.
- Je sais, admis-je en me retenant de sourire. Mais… c'était important, ce soir, pour moi… pour nous.
Il hocha la tête à son tour, puis acquiesça un mouvement pour me rejoindre. Mon cœur s'accéléra.
- Attends, lui demandai-je en stoppant son geste. Je… j'ai quelque chose pour toi.
Il s'arrêta, puis attendis. Je lui désignai le bar de la cuisine ouverte sur le salon. Ses yeux tombèrent sur l'enveloppe qui avait été soigneusement posée ici. Je retins mon souffle.
- Qu'est ce que…
Ses mains saisirent le papier couleur crème, ses yeux parcoururent les quelques mots qui y étaient écrites. Il m'interrogea du regard, alors que morte d'appréhension, je ris nerveusement.
- Ouvres Edward. Ça va pas te mordre.
Il sourit à son tour, malgré la lueur de doute flottant dans son regard. Il ouvrit l'enveloppe, et une clé en argent tomba dans le creux de sa main lorsqu'il la renversa.
- Bella…
- Je me suis dit qu'on pourrait… commencer par nous trouver un endroit à nous…
Ses grands yeux verts trouvèrent les miens. Mon cœur loupa un battement. Avait-il été déjà plus beau que ce soir, sous la lumière des bougies vacillantes et des guirlandes autour de nous ?
- Je croyais qu'Alice avait trouvé des nouveaux locataires maintenant qu'elle vit complètement avec Jasper…
- Elle les a trouvés, affirmai-je avant d'avancer lentement vers lui.
Mes jambes semblaient être faites de coton tant elles tremblaient. Le bruit de mes talons résonna sur le parquet de cet appartement trop vide.
- Si… si tu es d'accord, évidement, repris-je, hésitant soudain devant son mutisme.
Lorsque j'arrivais devant lui, après avoir contourner notre pic-nic romantique fabriqué par mes soins, je me stoppais, la boule au ventre. Son parfum percuta mon cerveau en même temps que mon cœur, qui fit une embardée quand son regard verrouilla le mien.
- Alice a donné notre dossier au propriétaire et il est d'accord pour nous faire un bail d'un an, pour commencer. Je me suis dit qu'après on aurait plu qu'à voir si on veut rester ici ou bien ache…
- Oui, me coupa-t-il soudain, en s'approchant de moi rapidement. Je… tu es parfaite, murmura-t-il avec émotion, ses mains s'accrochant à ma nuque.
Je soupirai de soulagement, mon cœur s'accélérant à son touché.
- Tu n'es pas fâché ? Demandai-je d'une petite voix.
Il haussa les sourcils, surpris.
- Fâché ? Pourquoi serai-je fâché ? La femme de mes rêves accepte enfin de vivre avec moi deux mois après que je le lui ai demandé…
Je voulus lui frapper l'épaule, ce qui le fit franchement rire en capturant ma main qu'il embrassa.
- C'est juste que… on s'éloigne un peu de la ville, expliquai-je maladroitement, mais je me suis dit qu'on serait plus au calme ici, et puis… on doit quitter nos appartements respectifs… je sais que tu adores le tien alors…
- J'adore le mien parce que tu y es tout le temps Bella… j'me fou totalement de l'endroit où je vis, tant que je peux te voir te promener en petite culotte chaque matin pour boire ton café froid…
Je me sentis rougir, ce qui le fis sourire.
- Alors… on va vivre ensemble, soufflai-je à voix haute, donnant à mes mots une réalité encore plus forte.
- On va vivre ensemble, répéta-t-il, ses yeux brillant d'un bonheur absolu.
On se sourit un instant, heureux. Complètement heureux.
- Je dois te prévenir que je vais finir par rompre une promesse que je t'ai faite.
- Que… quoi ?
- Je veux t'épouser et te faire deux, peut-être trois enfants, murmura-t-il après quelques secondes à m'observer avec une intensité jamais égalée.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge.
Je me souvins du jour où, quand tout me paraissait encore beaucoup trop difficile, il m'avait promis ne pas vouloir m'épouser ou me faire une ribambelle d'enfants, pour me rassurer, dans la maison de la plage. Je déglutis, sentant ma poitrine s'oppresser sous l'émotion qui me gagna.
- Edward…
- Pas tout de suite, ne pars pas en courant, sourit-il en secouant la tête, attrapant mon visage en coupe. Pas tout de suite mais… un jour. Bientôt, promit-il de sa voix grave, soudain chargée d'émotion.
Je me mordis la lèvre en réponse.
- Bientôt, répétai-je, incapable de retenir le rougissement qui brûla mes joues.
L'épouser ? Avoir des enfants avec lui ? Mon dieu… comme cet avenir était doux et prometteur.
- Mais d'abord, je veux te faire l'amour sur cet immense plaid…
L'instant d'après, ses lèvres s'écrasèrent sur les miennes, et ce fut mon corps entier et mon âme qui se mirent à brûler…
… à jamais.
J'avais promis une petite quinzaine de chapitres… c'est chose faite.
La semaine prochaine, je vous publierai l'épilogue… ça a été beaucoup d'émotions pour moi de l'écrire.
Sachez que je ne me lasserai jamais de vous lire, vous me faites rire, pleurer, parfois rougir aussi. Vous m'apportez tellement.
Merci pour tout,
On se retrouve ici, ou ailleurs.
Tied.
