Prochain Chapitre le 26 Janvier, et on approche de la fin de la fanficiton ! Il ne reste que deux chapitres, et peut-être un mini épilogue et ça sera la fin de Knives and Blood ! Bonne lecture !

Chapitre 14

Fukuzawa/Mori

Les deux marchaient dans un silence quasi religieux, seulement interrompu par les exclamations enfantines de Elise, pas le moins du monde concernée par la situation, et qui cueillait toutes les fleurs qu'elles trouvaient. Fukuzawa observait l'enfant, mais Mori vit bien une once de surveillance dans ce regard. Comme si le Directeur faisait attention à la petite. Cela arracha un petit rire à Mori, et attira donc l'attention de Fukuzawa sur lui.

« Quelque chose vous amuse, Mori-sensei ? »

« Je pense que nous pouvons laisser tomber les formalités, Fukuzawa-dono. Je repensais juste au jour de notre rencontre, et à ta première discussion avec Elise-chan. »

Le plus vieux sembla réfléchir un instant et arqua un sourcil, interloqué. Il se souvenait avoir pensé que la petite fille était abusée par Mori, pour plus tard apprendre qu'elle n'était que son pouvoir. En y repensant, il ne put s'empêcher de sourire en se souvenant de son échange avec la petite fille blonde.

« Qui est-il pour toi ? » lui avait-il demandé.

« Un pervers avec un complexe Lolita, » avait répondu l'enfant, très calme, concentrée sur ses dessins.

« Elise-chan ! » avait pleuré Mori derrière.

« Je comprend, » avec conclut Fukuzawa avec un air très sérieux, mais extrêmement amusé.

« C'est une enfant avec du répondant, » dit Fukuzawa.

« En effet, quel dommage que je n'ai jamais pu voir tes enfants. »

Le ton de Mori semblait si mélancolique que Fukuzawa trouva cela étrange.

« Tu as déjà eu sous ta main cruelle deux de mes enfants, et les traces psychologiques que tu leur as laissé ont mis des années à s'effacer, » rétorqua Fukuzawa.

Mori rit de nouveau.

« Il est vrai que je n'ai pas été le meilleur mentor. Seul Chuuya ne me connut jamais comme le monstre décrit par Osamu et Akiko. C'est après son arrivé que j'ai commencé à utiliser des approches plus … humaines, avec mes apprentis. »

« Natsume-sensei ne nous a pourtant pas maltraités, comment es-tu tombé si bas ? »

Mori resta silencieux, et Fukuzawa n'attendit pas de réponse à sa question. Soudain, Elise, qui était partie plus loin, revint en trottinant, consciente de ce qui la suivait mais non paniquée.

« Rintaro ! » chanta-t-elle. « Je l'ai trouvé ! »

Cinq hommes sortirent des bois juste derrière l'enfant, et se mirent en position de tir.

« Yukichi ? »

« Ils sont à toi, Ogai. »

Le parrain de la Mafia se drapa de son sourire fou, et appela :

« Elise-chan ? Vita Sexualis ! »

Une fumée couvrit l'apparition de la jeune fille proche de son protecteur, désormais habillée comme une infirmière, et armée d'une énorme seringue. Elle se téléporta derrière les cinq hommes et en un rien de temps, tous tombèrent morts sur le sol.

Des applaudissements résonnèrent dans la forêt, et leur responsable se rapprochait des deux Boss.

« Je suis impressionné. Je ne m'attendais pas à rencontrer les deux forces majeures de Yokohama. Fukuzawa Yukichi, Directeur de l'Agence des Détectives Armés, et Mori Ogai, Parrain de la Mafia du Port. »

Un homme sortit des bois, très chic et avec une posture droite, habillé à la dernière mode en Allemagne … des années 1810.

Fukuzawa ne fit que pousser légèrement son sabre hors de son fourreau, et Mori ramena Elise près de lui en la tenant par la main.

« Et à qui avons nous l'honneur ? » demanda ce dernier.

L'homme s'inclina, et parla avec un fort accent Allemand :

« Jacob Grimm, force spéciale de Berlin. »

Les deux Japonais froncèrent les sourcils. Verlaine était vraiment allé chercher de l'aide partout.

« Êtes-vous le responsable de cette forêt ? »

« Non, il s'agira de ma sœur. Son pouvoir lui permet de faire pousser – ou d'allonger – tout ce qu'elle touche, en particulier ses cheveux. Quand au mien, et bien, il est très similaire au votre, Monsieur Mori. »

« Pourquoi nous donner ses informations ? »

« Nous savons tout de vos pouvoirs, je trouve ça injuste que vous n'en sachiez pas plus sûr nous. Mais ne vous inquiétez pas vous perdrez de toute façon. Hänsel und Gretel ! »

Deux enfants apparurent de la même manière qu'Elise, l'un un garçon, l'autre une fille. Tout deux habillés de vêtements en piteux états, leurs cheveux roux, sales et emmêlés sur leur tête. Ils semblaient presque inoffensifs avec leurs grands yeux marrons, si ce n'était pour les couteaux et machettes qu'ils tenaient en main.

« Vraiment navré, mais votre mort est inévitable, » lança Jacob.

Les deux enfants s'élancèrent immédiatement vers les deux adultes, couteaux dehors. Fukuzawa et Mori échangèrent un regard se mirent dos à dos.

Côté Shin Soukoku

Atsushi était déjà partiellement transformé pour renforcer son ouïe et son odorat. Il avait entendu les combats éclatés à gauche à droite, sauf pour Soukoku et Joanne, et tentait de rester concentré sur sa propre mission. Akutagawa était silencieux derrière, Rashômon prêt à agir à la moindre menace. Ils étaient tous deux repassés en mode Détective et Mafieux, hommes en mission, et ne laissaient pas leur vie privée dans le chemin.

Atsushi restant Atsushi, il ne put s'empêcher de s'inquiéter pour les autres. Et Akutagawa le connaissant si bien maintenant, ne put s'empêcher de remarquer cette inquiétude.

« Atsushi ? »

Le tigre se tourna vers lui.

« Tu t'inquiètes trop. »

L'autre sembla surpris un instant, avant de sourire, gêné.

« Désolé. Cette situation est inquiétante, et même en faisant confiance à Dazai et à ses plans, je ne peux pas ne pas penser au pire ... »

Akutagawa approcha et posa une main sur son épaule.

« Ils sont forts, tous. Et ensemble, nous sommes plus forts. Nous vaincrons Verlaine et ses hommes. »

« Et femme, » résonna une voix.

Les deux jeunes hommes se mirent aussitôt en position de combat, Atsushi aux aguets, Rashômon déjà sortit, mais aucun des deux se s'attendaient à voir sortir de terre des cheveux. Ils s'enroulèrent autour de la cheville d'Atsushi et le tigre fut propulsé contre un arbre.

« Atsushi ! »

« Pathétique. »

La personne avait un fort accent Allemand, remarqua Ryunnosuke, et quand elle sortit des bois, il vit en effet apparaître une femme de type Européenne, avec de longs cheveux auburn, et une robe très victorienne, style Allemand.

« Le chien enragé de la Mafia, et le Tigre Blanc de l'Agence. Quelle chance. »

« Qui es-tu ? C'est toi qui est responsable pour cette forêt ? »

Comme pour répondre à sa question, la femme tapa du pied et Akutagawa sentit le sol trembler sous lui, se dégageant à temps pour éviter un arbre, là ou avant il n'y avait qu'un sol dur.

« Wilhelm Grimm, agent envoyée par Berlin, » se présenta-t-elle avec une révérence. « Et oui, la forêt vient de moi. »

Atsushi avait appris quelques petites choses grâce à ses nombreuses missions avec Ryunnosuke. L'une d'elle était qu'il fallait toujours profiter des parlottes de l'ennemi. Avec sa vitesse de tigre il se précipita sur elle, et réussit à lui porter un coup. La jeune femme alla s'écraser contre un arbre, mais à la grande surprise de Shin Soukoku, l'arbre se plia de manière à l'entourer comme un cocon et amortir sa chute. Atsushi serra les dents et Ryunnosuke émit un 'tch' avant d'envoyer Rashômon en appui au Jinko qui était reparti.

Ils avaient vite compris comment ils devraient opérer avec elle : son pouvoir était semblable à celui d'Ivan, lorsqu'ils avaient affronté les Rats et le Décret des Anges. Atsushi commença donc à lui tourner autour, en se servant des arbres.

Wilhelm sortit de l'arbre en grognant.

« Les Japonais ont pourtant la réputation de montrer beaucoup de respect aux étrangers. Il faut croire qu'il y a des exceptions ! Rapunzel ! »

Ses cheveux aussi dur que l'acier s'enfoncèrent dans le sol et tous les arbres disparurent au même moment. Atsushi perdit son équilibre mais fut rattrapé par Rashômon qui le ramena prêt du mafieux.

« Qu'est-ce que c'est que ça ?! »

« Akutagawa derrière toi ! »

Le brun n'eut pas le temps de réagir et les cheveux qui venaient de sortir de la terre autour de lui commencèrent à entourer ses membres et le mettre à genoux. Rashômon tenta de les trancher, en vain, mais Atsushi vint à la rescousse grâce aux griffes du Tigre Blanc.

Il n'y a aucun pouvoir que ses griffes ne peuvent pas trancher.

L'Allemande éclata de rire et propulsa de nouveau ses cheveux, les utilisant aussi pour envoyer des arbres et débris sur les deux jeunes hommes. Akutagawa se sentait faiblir sans savoir pourquoi. Il n'était pas très endurant, mais un combat comme ça ne devrait pas lui poser problème si tôt. Il sentit soudain une douleur aiguë et centrée au niveau de la cuisse et baissa le regard pour tomber sur une seringue.

Le jeune homme la retira mais sa vision se brouillait, et il sentait ses sens se taire peu à peu.

« Cadeau de Verlaine ! » cria Wilhelm.

Atsushi se rendit enfin compte qu'il y avait un problème avec le mafieux et tourna la tête pour tomber sur un Akutagawa à genoux, en proie à un combat interne, Rashômon incontrôlable autour de lui.

« Ryunnosuke ! »

« Oh, plus de noms de famille ? Vous êtes plus proches que ce que je ne pensais ! »

Elle frappa Atsushi avait une pierre, le jeune homme distrait n'avait d'yeux que pour Ryunnosuke et vola quelques mètres.

« Seul Verlaine peut inverser le processus. Vous devez savoir qu'il a fait des expériences ? »

« Qu'est-ce que tu lui as fait ?! » rugit le blanc.

Atsushi voyait rouge. Tous ses sens étaient sur-développés, et tout raisonnement avait quitté son esprit. Ça ne lui ressemblait pas, mais il ne souhaitait que faire souffrir cette femme.

« Rien de bien grave, juste un booste de pouvoir. Sois il en ressortira plus fort, sois il en mourra, » dit-elle en haussant les épaules, désinvolte.

Le détective tenta d'approcher le mafieux, en vain, son corps maintenant inconscient était entouré par Rashômon, qui formait un cercle meurtrier autour de son propriétaire. Mais le pouvoir avait une conscience à lui seule, et Atsushi avait appris à reconnaître ses appels. Et là, il entendit clairement les cris perçants de la créature, qui transpirait autant de rage que de peine.

« Tu vas le regretter, » claqua-t-il, entouré d'une lumière bleue.

La jeune femme eut un mouvement de recule en voyant la forme animal de son ennemi. Atsushi avait reprit la forme qu'il avait acquis durant son combat contre Shibusawa, et n'avait plus rien d'humain. Même son esprit était aveuglé par sa rage et son désir de sauver Ryunnosuke.

Malgré sa puissance trop grande, Rashômon sembla assez consciente pour aider Atsushi, et ce dernier retrouva vite le manteau familier qui couvra ses bras et ses griffes, sentant la conscience du mafieux en lui.

Il entendit la voix d'Akutagawa activer son pouvoir, activa le sien, et lorsque la voix d'Atsushi brisa le silence de la forêt, celle d'Akutagawa résonna en lui :

« KOKUTO ZESSOU ! »

Atsushi s'élança vers Wilhelm, qui tentait de le ralentir en faisant pousser tout les arbres qu'elle pouvait. Mais l'association Shin Soukoku était trop rapide et puissante, et elle se retrouva vite face à la rage du détective. Elle se cacha dans un cocon de cheveux, mais celui-ci fut déchiré en un rien de temps, et elle fut saisit à la nuque.

Atsushi serra jusqu'à ce que la jeune femme perde connaissance sous le manque d'oxygène, et la lâcha. Presque instantanément, Rashômon le quitta et reprit sa course folle autour de Ryunnosuke.

« Ryunnosuke ! »

Il ne pouvait toujours pas approcher, et malgré la merde que ce serait de changer les plans, il avait besoin de Dazai, où il risquait de perdre Akutagawa. Il partit en courant vers la direction de son mentor, espérant arriver à temps.

Au même moment, Elise coupa en deux Hansel et Gretel, et Mori, agenouillé, le bras cassé proche de son corps, sourit vilement en voyant le regard de détresse de Jacob, qui devait avoir sentit la chute de sa sœur, inconnue au deux autres hommes.

Fukuzawa avait été touché à la nuque, et au bras, mais son bras valide se saisit quand même de son arme, et profita de la disparition du pouvoir de l'Allemand pour lui couper les tendons derrière les genoux, entraînant sa chute. Fukuzawa se remit debout et menaça de son sabre l'homme.

« Maintenant on ne bouge plus. »

Mori se remit lui aussi sur ses pieds, remercia Elise qui venait de bander son bras le temps d'être mieux soigné, et s'approcha du Directeur.

« Tout va bien Fukuzawa ? »

« Tu m'as fait bien pire, » souligna l'homme.

Mori rit légèrement et se tourna vers l'horizon de la forêt.

« Le reste ne dépend plus que de notre nouvelle recrue. »

Côté Soukoku et Joanne

Joanne ne faisait que serrer et dé-serrer les poings. Le cuir de sa mitaine craquait sous l'effort, et le bruit tendait Chuuya.

« Joanne, calme-toi. »

Elle garda les points serrés et ne répondit pas.

Dazai avait ses mains dans les poches de son éternel trenchcoat, et marchait à côté du roux. Les rares ennemis qu'ils rencontraient ne faisaient pas long feu, pulvérisés automatiquement par la gravité.

Eux aussi, dans l'immensité de la forêt, étaient dans le silence. Jusqu'à l'arrivée d'Atsushi, paniqué, en sang et blessé, dans une forme du Tigre animal très sauvage.

« Atsushi ?! » s'inquiéta aussitôt Joanne. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Elle se coupa légèrement le doigt et posa la blessure sur une de celle d'Atsushi. Elle avait réagit par instinct, et Atsushi sentait ses plaies se refermer plus vite encore qu'avec le Tigre. Joanne nota l'information pour plus tard, et garda la surprise de sa propre action pour elle, comprenant qu'Atsushi avait besoin de réconfort.

« La manipulatrice de pouvoir ! Elle a blessé Ryunnosuke avec quelque chose, un produit, qui a renforcé la force de Rashômon, elle est devenue incontrôlable ! »

« Elle ? » s'étonna Chuuya.

Dazai était aussi interloqué. Atsushi les regarda, et les secoua :

« On s'en fout de ça ! Il est en danger ! Il est évanoui et pris au piège par son propre pouvoir ! »

Joanne et Chuuya se tournèrent vers Dazai, mais le jeune homme hésitait.

« Dazai-san, s'il vous plaît, il faut juste annuler Rashômon ! »

« Dazai, vas-y ! Je ne vais pas laisser mon subordonné en danger de mort mais je ne peux rien faire ! »

Dazai fit abstraction des deux autres et choppa Chuuya par son col avant de l'embrasser profondément.

« Surtout, attend-moi, » murmura-t-il aux roux.

Seul eux semblait comprendre le message caché derrière cette phrase, mais Dazai et Atsushi repartirent en courant dans l'autre sens, laissant Joanne et Chuuya avancer. Les deux suivirent un chemin qui déboucha sur une clairière en cuvette, centre de l'ancienne ville.

Verlaine se tenait au milieu de cette clairière, bras croisés dans le dos, face à eux, comme si il les attendait.

« Je ne vous pensais pas si peu prudent. »

Une bonne centaine d'hommes armés sortirent à découvert et tirèrent sur le roux et la blanche. Celle-ci ne bougea pas, les balles s'arrêtant à ras de peau. Elle avait une confiance aveugle en Chuuya, et celui-ci venait de lui prouvait qu'elle avait bien raison de lui accorder cette confiance. Les balles retournèrent à l'envoyeur, neutralisant tous les hommes.

« Nous sommes prudents, » répondit Joanne en tendant une main dont la paume était ouverte.

Ses paroles furent suivis par l'arrivé tout les soldats qu'ils avaient rencontrés dans la forêt, neutralisés par Chuuya. Joanne avait prit le temps de tous les couvrir d'une goutte de sang, et ils lui servaient maintenant de pantins.

Verlaine sourit, et d'autres hommes sortirent des bois. Ce fut armés contre armés, et Joanne comprit vite que le pouvoir de Verlaine avait autant de puissance que le sien, mais par la musique. Même tuer, les soldats de son armée se relevaient, manipulés par la musique que même Chuuya et elle entendaient.

« Bon assez. »

Les pantins s'effondrèrent tous, même ceux de Joanne.

« Je ne suis pas là pour ça, je suis là pour toi. Et lui, si je vise haut , » annonça-t-il en désignant Chuuya du regard.

« Nous ne te donnerons pas ce que tu veux, » rétorqua Joanne.

« Je sais très bien que tous vos petits camarades sont aux quatre coins de ma forêt. Ils seront bientôt morts. »

« Ça m'étonnerait, » rit Chuuya, « tu vois, le truc c'est que les étrangers pensent toujours pouvoir prendre le contrôle de notre ville et nous mettre hors jeu rapidement. Les Américains ont échoué, les Russes ont échoué. Maintenant c'est au tour des Européens. »

« On verra. »

Chuuya s'élança au combats. Joanne ne pouvant malheureusement rien faire, resta couvrir ses arrières. Elle attaquait au corps à corps les soldats les plus proches d'elle et les utilisait ensuite comme pantins pour ceux plus éloignés.

Du moins jusqu'à ce que le contrôle qu'elle avait sur eux ne disparaissent à cause du pouvoir de Verlaine.

Elle s'autorisa un coup d'œil vers son mentor et vit avec catastrophe que celui-ci était en peine. Chuuya et Verlaine ne faisaient qu'alterner entre qui avait l'avantage sur qui, mais se fut Verlaine qui l'eut le plus souvent. Cependant, quelque chose semblait étrange dans la façon dont se battait le Français. Il ne portait pas de coup à Chuuya dans le but de le blesser, mais semblait plutôt vouloir le toucher.

Ce qu'avait dit Atsushi lui revint soudain en tête : Elle a blessé Ryunnosuke avec quelque chose, un produit, qui a renforcé la force de Rashômon, elle est devenue incontrôlable !

« Oh mon Dieu non, » souffla-t-elle paniquée.

La mafieuse arrêta ses combats contre les soldats Européens et courrait maintenant en direction des deux hommes, esquivant au mieux les balles qui tentaient de la toucher. Elle ne pouvait pas laisser cette catastrophe arriver. Sans Dazai, Chuuya perdrait contrôle à coup sûr de Arahabaki, et ce serait la fin pour eux.

En parlant du brun, lui et Ranpo avait eu faux sur toute la ligne ! Oui Verlaine voulait forcer Chuuya et Joanne à se servir de la vraie forme de leur pouvoir, mais pas en les manipulant avec ceux qui les entoure, mais en leur injectant une drogue capable d'augmenter leur pouvoir !

« Chuuya ! » cria la jeune femme. « Reste loin de lui, éloigne-toi ! Il veut utiliser la même drogue sur toi que sur Akutagawa ! »

Chuuya tourna la tête vers elle, les yeux écarquillés, et elle vit Verlaine tendre le bras. Elle étouffa un cri derrière ses mains mais une lumière rouge entoura le Français qui s'enfonça dans le sol. Le roux ricana :

« Vous croyiez vraiment que ça serait si facile ? »

Joanne poussa un soupir de soulagement qui s'étrangla dans sa gorge lorsqu'elle capta le reflet d'une lunette de sniper dans les arbres, trop tard, puisque Chuuya émit un grognement lorsque la capsule alla se loger sur son épaule.

« Je savais que ce serait compliqué, » rit Verlaine en se levant, « alors j'ai pris mes précautions. »

« Chuuya ! » Joanne se figea.

Elle ne savait plus quoi faire, ni penser, ni dire, alors que devant elle, le sol entier, la forêt entière se couvrait de rouge. Chuuya, sous le choc, réussit néanmoins à la regarder une dernière fois, les yeux remplis de tendresse, et elle put lire sur ses lèvres « tout ira bien » avant que les pupilles du roux ne disparaissent, que son sourire devienne un rictus terrifiant. Joanne fut éjecter dans les bois sous l'explosion qui secoua tout Yokohama, et s'assomma contre un arbre.

Partout dans la forêt, Mafieux et Détectives virent cette lumière rouge luire au dessus des arbres, avant de eux aussi être soufflés par l'explosion qui suivit. Une fois tous de nouveaux debout, ils comprirent que l'explosion ne pouvait provenir que d'une personne, et se mirent à courir vers la source.

Dazai sentit son cœur s'arrêter. Cette explosion n'avait rien à voir avec ce qu'Arahabaki avait pu créer auparavant. Cette là était beaucoup plus destructrice, meurtrière, incontrôlable …

Il ignora les appels d'Atsushi qui tenait Akutagawa maintenant incapable d'utiliser Rashômon, et se précipita dans les bois, courant plus vite qu'il ne l'avait jamais fait avant. Même pour Odasaku il n'avait pas couru si vite, ne s'était pas senti si désespéré, si anéanti, si peu optimiste. Il laissa sortir le prénom de celui qu'il aimait et espérait pouvoir sauver, ignorant ses poumons brûlants et ses jambes douloureuses, en cri brisé entendu par tous.

« CHUUYA ! »