Et voilà, 3 chapitres d'un coup pour me faire pardonner de ne pas avoir posté pendant ces vacances !
A bientôt pour des nouvelles de nos protagonistes chéris ! (Peut-être demain ? ou Après-demain ? qui sait...)
Chapitre 15
Pendant que Drago se changeait. Hermione décida d'aller découvrir un peu la ville seule. Il fallait qu'elle se remette de ses émotions. Les films et les livres qu'elle aimait lui faisaient toujours cet effet-là : elle entrait tellement dedans qu'elle avait du mal à se remettre de ce qu'elle avait ressenti en les regardant ou en les lisant. Il lui fallait toujours quelques heures voire même quelques jours pour les livres vraiment poignants. Et que dire de la vision qu'elle avait eu dans sa chambre…pour ça aussi il lui faudrait marcher un peu.
Elle sortit donc dans la rue pour respirer l'air frais de la fin de soirée. Elle se demandait vraiment ce qui lui arrivait. Elle regardait Drago avec d'autres yeux depuis ce voyage. Lui qui pouvait la faire sortir de ses gonds si facilement en Angleterre, voilà qu'il n'avait plus du tout la même attitude… Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Comment pouvait-elle ne serait-ce qu'envisager la possibilité de… Si la Hermione de 13 ans la voyait, elle lui enverrait sans doute un bon poing dans la figure pour lui remettre les idées en place.
Comment pouvait elle penser à ce genre de choses concernant Drago ? Etait-ce parce qu'il était spectaculairement bien gaulé ?
Après près d'une heure de marche au hasard, et n'ayant toujours pas réussi à répondre à toutes les questions qui continuaient d'affluer dans son cerveau, elle décida d'entrer dans un café pour se réchauffer.
Elle commanda sa boisson et s'assit à une table. C'était un authentique Diner américain, avec des banquettes en sky et des tables en formica. Tout rappelait l'Amérique des années 60. Hermione se surprit à apprécier cette ambiance amplifiée par le jukebox au fond de la salle.
Elle ne remarqua même pas que quelqu'un s'était assis en face d'elle.
« Bonjour Hermione » Lança l'inconnu. Il portait une capuche et avait la tête baissée, mais Hermione connaissait très bien cette voix.
- James. Reconnut-elle.
Ce dernier retira sa capuche et la regarda avec un sourire mauvais sur le visage.
- Difficile de te suivre, tu marches vite. Constata-t-il.
- Qu'est-ce que tu veux ? rétorqua la jeune fille, décidée à ne pas se laisser impressionner.
- Ouhh, je vois qu'on a pris de l'assurance, c'est bien. C'est de fréquenter la noblesse sang pur qui te fait croire que tu vaux quelque chose ?
Hermione marqua un temps d'arrêt et s'apprêta à se lever. Elle n'avait sûrement pas entrepris cette marche solitaire pour venir se faire emm… par le premier abruti venu, et surtout pas cet abruti là.
James la retint par le poignet.
- Reste assise, ce que j'ai à te dire va t'intéresser.
Hermione retira vivement son poignet et se tourna vers James, elle croisa les bras et fit mine d'attendre, mais ne se rassit pas.
- Je t'écoute.
James se tourna vers elle et prit un air nonchalant. En vérité il bouillonnait de ne pas arriver à la faire céder. Il n'avait jamais vraiment réussi d'ailleurs.
De là où elle était, Hermione dominait James de sa hauteur. Elle appréciait de rester dans cette position avantageuse car cela lui donnait plus d'assurance qu'elle n'en avait réellement.
« C'est à propos de ton fiancé », Lâcha James. Il prononça le dernier mot avec un air de dégoût prononcé sur le visage.
Hermione ne répondit rien, alors il poursuivit :
- Il n'est pas aussi fidèle qu'il peut bien le faire croire.
Voyant que James attendait une réaction, Hermione lâcha :
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Je dis qu'il est peut-être amoureux de toi, mais il est toujours engagé à quelqu'un d'autre.
- C'est-à-dire ?
- Astoria Greengrass. Répondit James sans plus d'explications.
Hermione haussa un sourcil :
- Oui ?
- Tu sais qui c'est ?
- Je ne la connais pas personnellement.
- C'est la future femme de Drago.
Hermione laissa ses bras retomber le long de son corps. James y vit un signe que la bataille n'était pas perdue. Elle pouvait encore flancher. Il continua :
- Elle lui est promise depuis qu'ils sont bébés. Il ne te l'a pas dit ? C'est un arrangement familial ancien qu'une petite sang de bourbe dans ton genre ne saurait empêcher.
Hermione soupira et croisa à nouveau ses bras.
- Ecoute James. C'est Drago lui-même qui s'est présenté à toi comme étant mon fiancé. Et après tout tu fais partie de la « haute société » toi aussi, dit-elle avec un air dégoûté. Je ne vois pas pourquoi il t'aurait menti.
James scruta Hermione. Elle n'avait pas l'air surprise. Il ajouta :
- Parce que lui aussi, il a besoin de soulager les rigueurs de son rang avec des petites sang de bourbe dans ton genre !
Hermione fit un geste imperceptible, et en un clin d'œil, James sentit s'enfoncer dans son cou la baguette de la jeune fille. Il était coincé dans la banquette qu'elle bloquait de son corps. Impossible de faire un mouvement. Elle s'approcha lentement de lui, et s'arrêta lorsqu'elle fut sûre de lire dans ses yeux une peur véritable. Elle avait pris un air plus féroce que jamais. Elle était tellement en colère que sa mâchoire avait du mal à s'ouvrir pour la laisser parler.
« Ne t'avise plus jamais de me manquer de respect de la sorte, espèce de sale cafard, siffla-t-elle entre ses dents. Je suis la sorcière la plus talentueuse de ma génération, tâche de t'en souvenir lorsque tu essaieras à nouveau de m'intimider. – Elle ne le lâchait pas des yeux tout en parlant. – Ce n'est pas parce que mes amis m'aident parfois que je ne sais pas me défendre toute seule ! Elle enfonça un peu plus sa baguette dans le cou de son ex petit ami. – Compris ?
James déglutit difficilement mais ne parvint pas à sortir un mot. Il fit un signe de tête pour montrer qu'il avait bien saisi.
Hermione rangea sa baguette aussi prestement qu'elle l'avait sorti et se dirigea vers la rue. Le temps que Pithavy comprenne ce qui lui était arrivé, elle était déjà loin.
Hermione se dirigea vers l'appartement de location en tremblant comme une feuille, mais avec une sérénité qu'elle n'avait pas connu depuis longtemps. Elle sentait qu'elle avait regagné la confiance qu'elle avait pendant la guerre, quand il n'y avait pas lieu de s'appesantir sur soi. Elle aimait cette Hermione, sûre d'elle, qui pouvait se débrouiller seule et qui ne se laissait pas intimider. Même si elle ne pensait pas le quart de ce qu'elle avait dit à Pithavy, elle était contente d'avoir réussi à lui tenir tête. C'était le signe qu'elle était capable de beaucoup plus qu'elle n'avait pensé jusque-là.
Lorsqu'Hermione rentra à l'appartement, elle trouva Neville en pleine préparation d'un chili con carne. Le jeune homme s'était découvert une passion pour la cuisine, ce qui ne déplaisait pas à toute la petite troupe qui mangeait sans vergogne tous les petits plats de ce dernier.
Hermione attrapa un tablier et demanda ce qu'elle pouvait faire pour aider.
En une heure le repas était prêt et il y avait même des cookies pour le dessert.
Tout le monde se mit à table, et on décida de passer la dernière soirée sur les bords de l'Hudson pour digérer ce plat gargantuesque.
Toute la petite troupe se retrouva donc à flâner sur les quais de l'Hudson, comme de nombreuses familles et couples à cette heure-là.
Rapidement, les couples se séparèrent du groupe et Hermione et Drago se retrouvèrent tous les deux, à la suite de Pansy et Blaise.
« J'ai croisé James Pithavy aujourd'hui. » Lança Hermione l'air de rien.
- Comment ça, « croisé » ? Demanda Drago
- Oui, je me suis arrêtée à un café et il était là.
Hermione occulta volontairement le fait que James l'avait suivie jusque-là.
- Et qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Hermione hésita à lui parler d'Astoria. Après tout, ils n'étaient pas vraiment fiancés, et les arrangements qui le concernaient ne concernaient que lui. Elle décida d'occulter ça aussi.
- Il a essayé de m'intimider. Lâcha Hermione.
Drago s'arrêta et la regarda. Hermione continua à marcher.
- Oui. Il m'a traité de tous les noms, pour voir si j'allais flancher comme avant.
- Et ? Demanda Drago reprenant sa marche, les jointures de ses doigts redevenaient soudainement blanches.
Hermione se mit à gambader sur le quai, l'air légère.
- Et il n'a pas réussi ! Lança-t-elle, toute contente. Tu m'aurais vu, Drago dit-elle en se tournant vers lui -, je suis vraiment fière de moi ! J'ai été très ferme. Je crois même que je lui ai fait peur !
Drago se détendit instantanément. Cette fille était vraiment surprenante. Un instant elle paraissait une petite chose vulnérable à protéger à tout prix, et l'instant d'après, elle était la femme forte et indépendante qu'on s'attendait à trouver chez une ancienne Gryffondor.
Hermione reprit place à côté de Drago et lui prit le bras. Drago tressaillit imperceptiblement à ce geste. Elle avait vraiment l'air différente ce soir.
- Bravo Hermione. Il le mérite amplement. La félicita-t-il.
Le groupe décida de rentrer, il commençait à faire vraiment froid, et il était tard.
A peine arrivés à l'appartement, tout le monde se dirigea vers sa chambre. Ron fit remarquer que l'âge modeste de 25 ans commençait à les rendre vieux, et qu'ils ne tenaient plus la cadence. Mais personne ne prit la peine d'entamer le débat. C'était un fait : ces longues journées d'automne étaient tellement froides dans cette ville qu'on en revenait complètement exténué.
Hermione alla dans la salle de bain en premier et enfila son pyjama. Drago fit de même et tous deux se mirent au lit avec la barrière de coussins pour les séparer, comme de coutume.
