Mot du jour : Neige


Si belle.

Elle est si belle.

L'apparence d'une poupée délicate et fragile, l'élégance d'une aristocrate, la grâce d'une ballerine. La beauté à la fois éphémère et figée d'une jeunesse sublimée.

La peau pâle, de grands yeux bleu sombre, des cheveux blond cendré. Une robe bleu foncé, des collants noirs, un bandeau assorti pour retenir sa chevelure.

Elle virevolte dans la neige, perdue dans un rire innocent et heureux, enchaine les pirouettes et les pas de danse, dans un ballet unique et discret.

Comme si elle était seule au monde.

Eduard l'observe, émerveillé, ébloui, hypnotisé par une vision de paradis que personne d'autre que lui ne semble capable de voir.

Pour tous les autres, Natalya est une psychopathe au coeur de glace, qui a dédié sa vie à son frère.

Le représentant de l'Estonie voit tellement plus que ça en elle. Il voit une soeur protectrice et aimante, qui a su discerner les faiblesses invisibles de sa famille. Il voit une femme forte, indépendante, fière et courageuse. Il voit une danseuse accomplie, une espionne hors pair, une enfant joyeuse, une athlète incroyable, et la seule à avoir fait trembler aussi bien Russie qu'Amérique.

Alors lorsqu'il a la possibilité de l'emmener dans un endroit discret où elle pourra enfin être elle-même et sortir du rôle qu'elle s'est imposé, il le fait sans hésiter.

Parce qu'entendre son vrai rire au milieu des flocons vaut toutes les richesses du monde.

Parce que la voir sourire sincèrement vaut toutes les récompenses qui existent.

Parce que lorsqu'elle le regarde, la gratitude que ses yeux expriment fait battre son coeur plus vite qu'il ne le croyait possible.

Parce qu'il est prêt à attendre le temps qu'il faudra pour entendre que ses sentiments sont partagés.