Bien le bonjour à toutes et à tous !

Je vous retrouve aujourd'hui pour le chapitre 14 qui vous annonce un très gros changement, mais je doute que beaucoup d'entre vous lisent les avants propos (je fais la même chose en général, donc ce n'est pas une critique lol)

Réponse aux reviews anonymes :

Carine : hello Carine ! comment vas-tu ? ça me fait vraiment bizarre de te répondre sur celle la ainsi que sur l'autre fic, mais je m'y fais lol
ah ! j'ai réussi à ménager assez mon suspens pour te surprendre ? je suis vraiment heureuse là ! lol
tu as raison ! Vive le flageolet !
bonne lecture,
bisou
Mya


*** bonne lecture ! ***


Chapitre 14 : pour que demain existe encore

Pov Angela

Réussir à cacher à Charlie que sa propre fille est enceinte ? Fait. Réussir à le laisser dans l'ombre, en ce qui concerne la nature de Bella maintenant ? Fait. Avoir une trouille bleue de sa réaction lorsqu'il s'en apercevra ? Fait aussi.

Une semaine s'est déjà écoulée, depuis que Charlie est arrivé à Salem pour pouvoir profiter de ses vacances annuelles, et, aussi, de sa fille ainsi que Jasper, Rose et Emmett et le moins que l'on puisse dire, c'est que garder tous ces secrets met le reste de la famille sur les dents.

Mais, après tout, comment leur en vouloir ? Certes, chacun d'eux adore littéralement Charlie, et je ne pourrais pas leur en vouloir mais voir avec quelle dextérité il se rapproche, de jour en jour, de percer le secret de cette étrange famille que nous formons me donne des sueurs froides.

— Angela ?

Sursautant violemment en entendant mon nom être soufflé, depuis le hamac où Bella fait sa sieste, durant l'absence de son père, parti passer l'après-midi chez Gemma je m'empresse de la rejoindre le plus vite possible.

Depuis cette découverte étonnante, dans le cabinet de travail de la tante d'Elena, nos relations sont plus douces, moins empruntes de colère refoulée, ou de honte de lui avoir menti, pour ma part.

— Que se passe-t-il ? demandé-je, la tête penchée sur le côté, tandis que je m'installe au sol.

— J'ai une question à te poser, mais je doute que tu veuilles vraiment en parler fait elle mine d'être gênée.

— Si c'est pour me demander comment on fait les bébés m'amusé-je je crois que ta question arrive un peu tard ma belle.

— Tout dépend si tu te bases sur ta propre expérience personnelle avec mon père Angela lance-t-elle, d'une voix sirupeuse, tentant de masquer sa grimace.

— Touchée.

Certes, nos relations se sont aplanies, et, ces derniers temps, je retrouve la Bella qui est partie de Forks il y a cinq mois, mais, d'un autre côté, la distance, même fictive, qu'elle met entre nous, à chaque discussion, me met en panique à chaque fois. Pourquoi veut-elle me parler ? A-t-elle décidé de m'interdire de voir son père ?

Encore une fois, ce serait stupide, étant donné que, premièrement, je suis majeure, et elle non, secondement, son père l'est tout autant que moi, et dernièrement, j'ai de sérieux doutes quant au fait que son père apprécie grandement leur relation, quand il découvrira la teneur exacte de celle-ci.

Néanmoins, je sais que, si elle me le demandait, et même si cela me briserait le cœur, je finirais par accéder à sa demande. Pas parce que c'est mon amie, mais plutôt parce que je sais qu'elle serait vraiment gênée par ce qu'il se passe.

Oh, elle le cache bien, c'est une certitude, mais la voir, tous les soirs, s'isoler, à chaque fois que Charlie est dans le coin, ou qu'il cherche à établir un semblant de conversation avec elle me brise le cœur. Elle est venue habiter à Forks pour resserrer les liens avec lui, et elle semble passer son temps à le fuir à cause de moi.

— De quoi voulais tu parler ? secoué-je la tête, pour revenir sur terre.

— Tu n'étais pas loin de la vérité, en parlant de faire des bébés soupire-t-elle, rouge de gêne. Je me retiens, depuis deux semaines, de te demander comment il est possible que je sois enceinte depuis six mois, alors que, tu le sais, je ne suis « active » que depuis à peine un seul.

Mon dieu. S'il y avait un record du monde du rougissement, en cet instant, je pense qu'elle l'aurait décroché haut la main, tant ses joues sont cramoisies, ses yeux rivés sur les touffes d'herbes inégales, et ses mains jouant distraitement sur un fil qui dépasse du hamac.

— C'est une histoire longue et compliquée, qui est, en même temps, d'une simplicité enfantine. A toi de choisir si tu veux réellement savoir.

— Je veux savoir.

A son ton déterminé, et sa tête qui se relève, durant, à peine, quelques secondes, pour planter son regard chocolat dans le mien je sais que je ne couperai pas à cette conversation, malheureusement pour moi. Mais soit, si elle le souhaite vraiment…

— Si tu as bien lu les carnets de la comtesse, tu dois savoir que tu es tombée enceinte en 1692.

Vu le rouge qui semble encore vouloir monter à ses joues, je n'ai aucun doute, quant au fait que ses pensées ont suivi le même chemin que les miennes.

« C'était tellement doux, et tellement beau, de le voir demander pardon, avant de poser ses mains sur mon corps, et de m'embrasser… je me demande ce que j'ai pu faire, dans une vie antérieure, pour avoir la chance que cet homme si profondément croyant soit prêt à abandonner toutes ses croyances et tous ses rêves de devenir prêtre, pour me faire l'amour comme il l'a fait. »

J'ai mis trois jours, après avoir su qui était le dieu de la guerre, pour arrêter de baisser le regard, quand je voyais Jasper, afin d'éviter les images presque choquantes qui se bousculaient derrière mes paupières à chaque fois.

— Je me souviens de ce passage m'offre-t-elle quand même.

— Et tu es morte.

— Et je suis morte, en effet.

Je n'aurais vraiment pas dû le dire ainsi…

— Ce que je voudrais savoir, c'est comment, à l'heure actuelle, je peux être parvenue au terme de mon second trimestre, voir même plus, alors que, physiquement, c'est impossible ! Sérieusement Angela ! Il y a encore deux semaines, je croyais dure comme fer que j'étais stérile, tous les médecins me disaient que j'étais stérile ! Alors comment c'est possible ?

Plus elle s'agite sur le hamac pendant son plaidoyer, et plus je me demande si je vais devoir faire usage de mon corps pour empêcher sa maladresse d'entrer, encore une fois, en action, et lui faire perdre le miracle qu'elle porte en elle.

— Tu étais stérile, c'est une certitude commencé-je. Cependant, ce n'était pas irréversible.

— Parce que, d'après toi, il est possible d'appuyer sur un interrupteur et retrouver cette possibilité de descendance ? cingle-t-elle.

Visiblement, la grossesse ne la rend pas plus calme qu'auparavant, et, encore une fois, je me rends compte que je ne sais vraiment plus comment lui parler pour lui éviter, soit la crise de nerf, soit la crise de pleurs et entre les deux, aucune ne me plaît.

— Ce que je veux dire c'est que, depuis ta naissance, tu étais déjà enceinte.

— Pardon ? s'écrie-t-elle, s'arrêtant dans ses gestes brusques sur le tissu.

— Je te l'avais dit, que c'était compliqué et simple à la fois soupiré-je. Tu es enceinte depuis 1692, mais, à chaque fois, tu finis par mourir environ un mois après. Cependant, à chacune de tes réincarnations, tu es stérile, jusqu'à ce que tu rencontres Jasper, et que tu aies un rapport avec lui. Il a toujours été le déclencheur de cette partie de la prophétie.

— C'est-à-dire ? souffle-t-elle.

J'ai l'impression de me retrouver face à un mur, mais, d'un autre côté, je sais qu'elle fait ce qu'elle peut pour essayer de comprendre. Cependant, aussi bien elle que moi sommes gênées au possible de cette discussion, et j'ai bien peur qu'elle ne finisse jamais si je ne simplifie pas.

— Vois les choses ainsi. Dans ta première vie, tu es tombée enceinte, d'accord ? demandé-je, attendant qu'elle hoche la tête avant de continuer. Tu es morte enceinte, et tout comme pour ta maitrise du feu, c'est « rester dans ton corps ».

Elle semble bien plus réceptive à cette manière de voir les choses, et si elle continue à maintenir son calme comme elle le fait en ce moment, il est bien possible que je parvienne au terme de cette explication sans avoir envie de m'enfuir en courant.

— Quand tu t'es réincarnée la seconde fois, tu étais incapable de tomber enceinte, pas que tu ne le veuilles pas, mais simplement parce que ton corps était déjà « occupé ». Ce n'est qu'en rencontrant, et faisant l'amour avec le Jasper de cette vie-là, que tu as pu retrouver cette faculté-là.

— J'ai bien compris ce point-là Angie, ne t'en fais pas soupire-t-elle. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi, maintenant, et pourquoi de six, et non d'un seul ?

— Parce que tu accumules les mois de grossesses d'une vie sur l'autre, simplement.

— Je suppose que c'est une manière bien peu subtile de me faire, encore une fois, passer pour une sainte grogne-t-elle. Attends un peu que Peter soit au courant… je vais en entendre parler durant des semaines.

— Cela ajoute à ta légende ris-je.

— Foutue légende.

J'éclate franchement de rire, à la voir aussi grognon pour une simple histoire vieille de 300 ans, mais elle semble être, tout de même, réceptive à ce que je viens de lui expliquer, et rien que pour cela, je l'en remercie, parce que je ne me voyais pas poursuivre cette conversation à l'infini.

Pourtant, malheureusement, je sais que cette conversation n'est pas vraiment terminée, parce que, même si, depuis qu'elle l'a appris, elle le cache je sais qu'elle est affreusement inquiète pour ce qu'il adviendra de cet enfant.

« En tout lieu et en tout heure, vous devrez la protéger. Sœur, amie, confidente vous serez une partie d'elle. Vous, mes descendantes, vous serez les gardiennes du Phoenix. Les gardiennes de l'équilibre. »

Cette phrase, je l'ai entendue tellement de fois, lue tellement de fois, dans les carnets de ses vies antérieures, que j'ai fini par avoir ces mots gravés au fer rouge, dans ma tête.

— Angie ?

— Oui ?

— Tu m'as parlé d'une assemblée, mais je voudrais que tu me l'expliques plus clairement, parce que, cette partie de l'histoire me semble encore floue.

Je pousse un profond soupir, en entendant sa question. Mais bon, au moins, il ne s'agit pas d'un prolongement de la conversation précédant, et rien que pour ce fait, je pourrais la bénir. Mais par où commencer ?

— Salem est une enclave pour les différents peuples depuis des années. A vrai dire, depuis que Salem existe, c'est une enclave pour les peuples.

— Qu'est-ce que c'est, une enclave ? fronce-t-elle les sourcils.

— Techniquement, il s'agit d'un no man's land, dans lequel, aucun des peuples, qu'il soit humain ou surnaturel, ne peut en attaquer un autre.

— Pourtant, ils m'ont tué, en 1692, non ?

— C'est compliqué soupiré-je.

— J'ai l'impression que tout est toujours compliqué, quand ça touche à cette foutue prophétie.

Autant j'aime la voir bien plus vive que les deux derniers mois qu'elle a passé à Forks, et où j'ai dû la porter à bout de bras presque autant le fait qu'elle passe son temps à jurer et grogner devient presque long, pour une personne comme moi qui prend plaisir à s'éloigner de toute source de conflit.

— Salem est une enclave depuis la nuit des temps reprends-je, doucement. Durant des années, voir même des siècles, ce fut sûrement la seule terre ou aucune race ne s'est battue. Cependant, un seul être ne peut se battre contre un régiment.

— C'est-à-dire ?

— Chaque peuple voulait faire de ce lieu, qui est chargé d'énergie, puisqu'à égale distance de tous les points du pentagramme leur territoire. Cependant, quand la période de trouble, où les prêtres prêchaient contre le satanisme, s'est mise à enfler, Salem a été touchée, et un peuple s'est levé contre un autre. Les humains, contre les sorcières.

— Et les autres peuples ? Ils n'en avaient pas peur ?

Même si sa question est, certes, fondamentale, elle n'en reste pas moins peu éclairée, quand on parle d'histoire. Combien de vampires sont répertoriés dans nos manuels d'histoire, en comparaison des sorcières ?

Que ce soit Merlin, l'alchimie, les druides et autres la magie a toujours fait partie de la vie des humains, sans qu'ils ne sachent vraiment qu'elle n'avait pas disparue avec cette vague de procès, qui s'est terminée il y a des centaines d'années.

— On ne peut pas avoir peur de ce qui ne porte pas de nom, de ce qui n'a pas de visage, d'odeur ou de consistance philosophé-je. Dans ces temps-là, la magie côtoyait le monde des humains de manière tellement étroite, qu'un voisin sur dix était sorcier, ou descendant de sorcier. Or, en ces temps, rares étaient les métamorphes ou les vampires à venir traîner dans les champs.

— Mais c'est stupide ! s'exclame-t-elle.

— L'homme est stupide par nature ma belle soupiré-je. En groupe l'homme est le plus parfait imbécile que la terre ait portée, alors que seul, il réfléchit, il agit. Or, à l'époque, tout ce que l'humain ne comprenant pas, n'avait qu'un seul nom : la sorcellerie.

Comment se rendre compte qu'on ne réfléchit pas assez intensément avant de parler ? Quand on oublie que l'on parle à une femme enceinte, en proie aux hormones, qui se met à pleurer toutes les larmes de son corps, alors que, quelques secondes plus tôt, elle brûlait de rage.

— C'est injuste sanglote-t-elle.

Que suis-je censée faire, moi, dans un cas comme celui-ci ? Hier soir encore, j'ai pu me rendre compte d'à quel point, ma vie, en comparaison de la sienne, était fantastique, quand je l'ai vu fondre en sanglot parce qu'elle avait terminé la bouteille de shampoing !

Et ne parlons pas des publicités de petits chiots, de hérisson, ou tout autre animal, qu'il soit de compagnie ou autre ! Non, dans ces cas-là, Bella ne fait aucune différence elle éclate juste en sanglots, s'accrochant à Jasper comme si sa vie en dépendait, et promet à Peter et Emmett de les brûler vif.

— Ne t'en fais pas, grâce à toi, Salem a retrouvé sa paix, alors sois fière de toi ma belle souris-je, incertaine de la marche à suivre.

— Vraiment ? hausse-t-elle les sourcils.

Bien, au moins, elle a arrêté de pleurer, et semble plus disposée à avoir une conversation d'adulte qu'il y a quelques secondes !

— Par ton sacrifice, tu as ramené l'ordre sur les terres, et le représentant humain, à l'assemblée des peuples, s'est porté garant de la fin des procès. Il a tenu sa promesse, et depuis ce jour, Salem est une terre sainte, en quelque sorte, pour les différents peuples coexistant en Amérique.

— Parce qu'il existe d'autres enclaves ?

— Bien sûr ! En Europe, tu as le château, et le domaine attenant, qui appartient aux Volturis, mais il s'agit de l'enclave européenne. Certes, Aro et Caius sont bien moins enclins à pardonner des décennies de guerres contre les enfants de la lune que Marcus, mais les terres avoisinantes ont été déclarées terres d'accueil pour les peuples.

C'est assez étrange, de devoir lui apprendre des choses qui, techniquement, font parties de l'histoire de sa famille, alors que, pour moi, c'est inscrit dans ma mémoire depuis mes treize ans, âge auquel la gardienne en action passe le flambeau à la prochaine.

Consciente qu'elle boit mes paroles et ne compte pas m'arrêter avant d'avoir étancher sa soif de connaissance, qui semble intarissable depuis sa plus tendre enfance, je continue ma leçon d'histoire des peuples improvisée.

— Avant reprends-je le château Volturis était aux enfants de la lune. Mais des années de guerres ont fini par les déposséder de leurs terres, et eux, de même que les métamorphes, ont dû se dissoudre en plusieurs meutes, tout autour du globe, comme les Quileutes de la Push, par exemple.

— Donc, si Edward avait l'air d'en vouloir continuellement à Jacob et aux membres de la réserve, c'est parce qu'ils sont ennemis, à la base ?

— Tout à fait approuvé-je. Je t'expliquerais ce point un peu plus tard, mais je vais continuer sur les différentes enclaves avant.

Il est vraiment très intéressant de la voir prendre les choses avec tant de calme, alors que, quand elle a appris que les Cullen étaient des vampires, durant quelques jours, elle a fui Edward comme une voleuse.

— A vrai dire, chaque peuple avait son lieu. Les sorcières avaient Salem, auquel elles étaient rattachées, les métamorphes et les enfants de la lune, avaient les terres italiennes, les vampires avaient le château de Vlad L'Empaleur, et les humains avaient le reste du monde. Cependant, trois autres points sont, et demeurent, des enclaves, à savoir, Moscou, Thèbes et Sidney.

— Les plus grosses villes des trois autres continents donc.

— C'est exact approuvé-je.

— Pourtant, tu m'as dit que l'assemblée regroupait cinq peuples. Or, là, tu ne m'as parlée que de trois, quatre, si l'on compte les humains.

Elle est plus vive d'esprit que je ne l'avais pensé, malgré les hormones, et je suis bien contente de devoir converser sur un domaine que je maîtrise parfaitement, plutôt que sur les raisons pour lesquelles elle se retrouve enceinte en étant vierge.

— Le dernier peuple représenté, dans une assemblée, est celui des originels. Et uniquement depuis 1692.

Je lui laisse le temps de faire les liens toutes seule, puisque, de toute façon, elle y parviendra, j'en suis sûre. Et cela ne manque pas. A peine deux minutes après lui avoir dit, je l'entends glapir, et manquer de s'effondrer de son hamac.

— Les originels sont apparus en même temps que ma première vie ?

— Techniquement, la première « originel », c'est toi Bella.

Elle n'aurait pas eu l'air plus choquée, si je lui avais dit qu'elle portait un ours dans son ventre, et cette fois-ci, je suis obligée de me lever, pour lui éviter de tomber de son fichu bout de tissus suspendu entre deux arbres.

— Mais c'est impossible ! Je ne suis pas un vampire depuis tant d'années !

— Tu as raison, mais dans tes veines coule le sang d'Isabella, tout comme dans chacune de tes réincarnations. Ce qui fait que, en transférant ton sang à Jasper, ainsi que tes caractéristiques et pouvoirs, tu as créé, par Jasper, le premier originel. Ensuite, quand Maria l'a transformé, elle a dû aspirer de son sang, ce qui l'a, à son tour, transformé.

— Je n'arrive pas à y croire ! s'énerve-t-elle. C'est un véritable cercle vicieux !

Je ne peux pas la contredire, sur ce point-là. Si elle n'avait pas transféré son sang à Jasper, Maria n'en aurait pas bu. Si Maria n'avait pas trouvé les caractéristiques de Jasper humain parfait pour ses petites batailles, il n'aurait pas été transformé. Si Bella n'avait pas été la compagne de Jasper, il ne l'aurait jamais revendiqué, faisant d'elle un vampire. Qui a dit que la vie était un long fleuve tranquille ?

— Cela signifie-t-il que Maria a réclamé une enclave ? s'inquiète-t-elle, me prenant au dépourvu.

— Non déclaré-je en secouant la tête. Maria fait, certes, partie de l'assemblée, puisqu'elle était, jusqu'à ton réveil, la seule représentante consciente du fait d'être un vampire diffèrent, mais nous ne nous sommes jamais permis de lui parler de ces terres d'accueil.

— Pourquoi ? fronce-t-elle les sourcils. Je veux dire, hormis le fait qu'elle soit une putain de psychopathe avide de sang.

Je ris doucement en l'entendant jurer. Je ne suis pas sûre que Charlie apprécierait ce côté de Jasper qui a déteint sur elle, mais, moi, en revanche, j'apprécie vraiment de la voir ainsi, bien plus libre et vivante qu'avant.

— Seul le patriarche, ou la matriarche d'un peuple peut demander la cession d'une enclave, durant une assemblée extraordinaire. Et malgré tous les grands airs qu'elle se donne, elle n'est ni une reine, ni un référent pour le peuple.

— Donc, si je le souhaite, je peux en faire la demande, si je comprends bien ?

— En effet, mais je pense que, pour le moment, tu as plus important à faire que de t'inquiéter d'une terre d'accueil pour les membres de ton peuple Bella.

— Comme maitriser mes pouvoirs ? lève-t-elle les yeux au ciel.

— Entre autres. Mais je parlais surtout de trouver un moyen de sauver celui-ci, plutôt que de parfaire ce que, jusqu'à présent, tu arrives très bien à faire.

Je dois bien l'avouer, la voir débarquer, il y a un mois, entièrement en flamme m'a plus impressionnée encore que de la voir m'envoyer dans le décor par une pichenette de vent.

— Qui sont les représentants des peuples, pour le moment ?

— Ce n'est pas figé, et, à vrai dire, tout le monde peut demander une session extraordinaire. Cependant, quand nous choisissons d'en provoquer une, il faut savoir mettre toutes les chances de notre côté.

— Mais, techniquement, que fait l'assemblée, à quoi sert-elle ?

Comme je le disais, elle ne semble pas vouloir lâcher l'affaire, et pour un peu, je retrouverais bien la fillette de 7 ans qui me tenait un discours sur la nécessité de lire de la littérature classique, plutôt que de me perdre dans des livres de philosophie.

— L'assemblée a sept grandes responsabilités commencé-je, récupérant son cahier et son stylo sur l'herbe. Nous accordons notre protection à une personne, ou à un peuple, soit en partant en guerre avec eux, soit en les plaçant dans une enclave, seul lieu ou un autre peuple serait dans l'illégalité, en les attaquant.

— Donc si Maria s'en prenait à nous à Salem, elle serait dans l'illégalité ?

— C'est le cas hoché-je la tête. De plus, nous lançons des « mandats d'arrêt » sur des créatures qui peuvent menacer l'équilibre précaire, le statut quo, de nos mondes. Par exemple, si Aro est vraiment le compagnon de Maria, et qu'ils décident de monter une petite armée contre nous, c'est de notre devoir, de les contrer, pour préserver l'équilibre.

— D'accord. La troisième ?

— Nous pouvons enlever tout pouvoir ou immortalité à un être qui le demande, si, et seulement si c'est pour de bonnes raisons.

Je n'ai même pas à attendre cinq secondes, avant de la voir quitter son hamac, et venir, définitivement, s'asseoir devant moi, fronçant fortement les sourcils, mais gardant cette légère étincelle d'espoir au fond des yeux, que je sais devoir lui enlever.

— Donc vous pourriez rendre Rosalie humaine ? souffle-t-elle.

Bingo…

— Malheureusement non.

— Pourquoi ? s'énerve-t-elle.

— Parce que le fait de vouloir enfanter n'est pas une raison qui puisse menacer les peuples. Nous ne sommes là que pour faire office d'autorité. Par ailleurs, et c'est la quatrième de nos missions, si je puis dire, nous sommes supérieurs ou égales, en certains cas, aux Volturis.

— Alors pourquoi ne pas avoir prévenu les Cullen qu'ils devaient arrêter tout de suite de me donner des indices quant à leur nature, si vous êtes supérieurs aux Volturis ?

— Parce que, que ce soit par Billy ou même Marcus, nous leur avons déjà donné énormément d'avertissements, mais ils semblent penser qu'ils sont plus fort que dieu haussé-je les épaules.

L'espoir qui brillait dans ses yeux est, depuis de longues minutes, totalement éteint, et la franche colère qui vient s'allumer me ferait presque frissonner de peur.

Pourtant, avec son léger ventre de femme enceinte, résultat de son déni de grossesse ses vêtements amples appartenant à Jasper, et son air fatigué jamais je ne me serais attendue à tant de combativité de sa part.

— Tu veux dire qu'ils ont sciemment mis Jasper, Rosalie et Emmett en danger, pour pouvoir jouer à l'animal domestique avec moi ? feule-t-elle.

— Ce que je veux dire tempéré-je c'est que les Cullen dépassent, depuis de trop nombreuses années, les règles qu'ils ont établies avec les Quileutes, et qu'un jour, ils s'en mordront les doigts.

— Quelles règles ? crache-t-elle.

— Celles stipulées dans le traité Bella lui apprend-je. Celles qui sont censées protéger les humains, celles qui leurs interdisent de chasser sur leur territoire, celles qui les forcent à limiter leurs contacts avec les humains.

A l'air ahuri qu'elle arbore, il semblerait que, sur ce point aussi, elle soit déficiente, ou bien, l'a-t-elle tout simplement oublié ce que j'espère franchement pour les Cullen, parce que je ne donne pas très cher de leur peau, dans le cas contraire.

— Quelles sont les autres missions de l'assemblée ? demande-t-elle, tentant de s'obliger au calme.

— Dans un cas où il est impossible de faire autrement, alors nous pouvons accorder qu'un humain soit transformé, peu importe le choix de l'espèce.

— Que veux-tu dire par là ? A choisir, tout le monde prend le vampire, non ?

— Pas forcément détrompé-je. Par exemple, un métamorphe est plus résistant qu'un vampire, mais n'a pas la vie éternelle, même s'il guérit bien plus vite qu'un humain. En revanche, un vampire peut vivre éternellement et est plus rapide, au contraire des sorcières, qui sont, elles, humaines, tout en ayant la possibilité de détruire, et les loups, et les sangs froid.

— C'est logique.

Son murmure ne m'indique, pourtant, pas ce qu'elle peut bien trouver de logique, de rationnel à la chose. Lorsque, moi, on me l'a appris, je me suis insurgé durant des jours, avant de comprendre que, de toute façon, je n'obtiendrais jamais gain de cause, face à ce trait anthropologique.

— C'est un peu un pierre, feuille, ciseau, mais adapté au monde du surnaturel.

Son esprit m'étonnera toujours, amis, pour une fois, je suis parfaitement d'accord avec ce qu'elle pense.

— Quelles sont les autres missions ?

— L'assemblée peut accorder un accouplement inter espèce, tout comme elle est la seule à pouvoir juger un immortel ou un hybride.

— Pourquoi cela est-il soumis à l'accord de l'assemblée ? fronce-t-elle, encore, les sourcils.

— Parce que nous devons contrôler que le surnaturel n'empiète pas sur le monde « normal », afin d'éviter qu'un nouveau Salem ne se reproduise.

Elle se plonge lourdement dans ses pensées, me laissant le temps de me concentrer sur le reste de la conversation, que je vois se profiler immanquablement, malheureusement.

— Vous ressemblez un peu à l'ONU soupire-t-elle.

Elle n'a pas tort, et ce constat me fait rire. Oui, en un sens, nous avons les mêmes priorités que les autorités humaines, et le parallèle est plutôt bien trouvé, quoi que plutôt restrictif, dans ce cas-ci.

Le silence s'épaissit, durant de très – trop - longues minutes, chacune de nous se perdant dans ses réflexions puis, avant même que je ne puisse interrompre cette discussion, je l'entends pousser un profond soupir.

— Tu sais ou cette conversation va nous mener, n'est-ce pas ?

— Je le sais soupiré-je, moi aussi. Cependant, j'aurais préféré qu'elle ait lieu en présence des autres membres de ton clan Bella.

— Mon clan ?

Est-elle si retranchée dans ses préoccupations qu'elle ne s'est pas encore rendu compte que toutes les personnes présentes sous ce toit gravitent autour d'elle et de Jasper, comme s'ils étaient les têtes de file d'un clan vampirique ?

Non, à la regarder, je dirais que, en ce moment, ce qui l'importe, c'est de trouver un moyen de garder son père loin de Jasper, tant qu'elle ne lui aura pas appris pour sa grossesse parvenir à garder le niveau ahurissant qu'elle se force à avoir au lycée et faire que son bébé vienne au monde dans les meilleures conditions. En soit, tout un programme…

— Bella, toutes les personnes qui vivent ici sont ton clan, même Elena, en fait partie, malgré le fait qu'elle soit une humaine.

— Bien sûr que non ! hausse-t-elle les épaules, souriant doucement. Au pire, ils sont le clan de Jasper, les Withlock.

— Mais tu es la compagne de Jasper, tu es donc, pour nous tous, une Withlock ma belle.

Visiblement, elle n'avait pas pris ce fait en considération, si l'on prend en compte l'hyperventilation qu'elle subit, à peine mes mots se sont-ils échappés de ma bouche. Pourtant, vaillamment, elle tente de retrouver son emprise sur elle-même, me rendant admirative de cette prouesse.

— Je suppose que je ne peux pas faire autrement ? souffle-t-elle.

Je secoue doucement la tête, en signe de dénégation, et son soupir s'échappe d'entre ses lèvres. A croire qu'il est plus facile, pour elle, de subir une conséquence, plutôt que de se battre pour en faire une arme.

— Alors aide moi à convoquer une assemblée qui vote pour ce que je vais demander.

— Et que demandes-tu ?

— Je veux la mort de Maria assène-t-elle, la voix dure. Je ne suis pas assez stupide pour ne pas prendre en compte que, le jour où elle voudra réaliser la prophétie, le clan ne sera pas assez puissant, face à elle.

— Tu sais que, si ta demande est rejetée, l'assemblée peut te reprendre tous tes pouvoirs, ton immortalité, et donc, ton bébé, n'est-ce pas ?

La lueur, à mi-chemin entre l'indignation et la peur panique totale, qui brille dans ses yeux me fait croire que j'ai, au moins, gagner une journée mais elle me prend de court en se levant, et en retournant à la maison.

— Je prends le risque lâche-t-elle, alors que nous passons la porte fenêtre.

Autant pour moi ! La prochaine fois, je m'assurerais qu'elle n'est pas, ni suicidaire, ni encline à enlever à Jasper, et à elle-même, la seule chance qu'ils auront de pouvoir, un jour fonder la famille qu'il désire.

— J'espère que tu n'es pas sérieuse Bella ?

Aie… c'est bien la première fois que j'entends Jasper parler aussi froidement à Bella, et, pour le coup, je ressens le même frisson d'angoisse que la plupart des personnes dans la pièce, mon amie mise à part.

Le regard déterminé, le visage de marbre, et le menton relevé, elle est l'incarnation même du déterminisme, et je plains Jasper, s'il souhaite lui faire changer d'avis. La connaissant, même avec toutes les bonnes excuses du monde, elle ne renoncera pas à son petit projet.

— Je suis très sérieuse, au contraire jasper déclare-t-elle, froide. Je veux te sauver, je veux que nous puissions avoir notre bébé, et l'élever ensemble. Mais je sais que, à huit, douze, si nous comptons les Cullen, nous ne parviendrons jamais à détruire l'armée de Maria, et nous finirons par nous faire tuer avant même d'avoir pu l'atteindre.

— Et tu préfères mettre en jeu notre avenir, ton immortalité et tes pouvoirs, plutôt que d'attendre que nous ayons pu joindre certains de nos amis ou alliés au travers du globe, pour qu'ils viennent nous porter main forte ? Jolie preuve de maturité, je te félicite !

Son cynisme n'est pas au gout de Bella, et, à vrai dire, il fait même crisser des dents à plusieurs personnes, si ce n'est Peter, qui arbore ce sourire en coin absolument déconcertant, quand on voit le sujet abordé.

— Au contraire jasper ! s'agace-t-elle. En convoquant l'assemblée, je peux nous donner le temps de joindre les contacts que vous pourrez nous apporter, et peut être même y ajouter certains des autres races ! Tu ne vois pas que c'est une chance ?

— La seule chose que tu vas y gagner, c'est de te faire tuer, et tuer notre enfant ! C'est tout ce que je vois !

— Moi au moins je cherche un moyen de faire avancer les choses !

Les paroles entre eux commencent à dégénérer, mais, comme lorsqu'il est question de la collision entre deux trains, il ne sert à rien de chercher à les stopper, la seule chose que l'on puisse faire, c'est regarder l'accident arriver, en espérant qu'il y ait le moins de blessés.

— Qu'entends-tu par-là ? souffle jasper, extrêmement froid.

— Temps mort les amoureux !

Le cri de Charlotte semble faire exploser la bulle entre eux, et, intérieurement, je l'en remercie. Je n'ai pas fait tout mon possible pour qu'elle arrive à Salem, et qu'elle se rende compte qu'elle était folle amoureuse de Jasper pour rien tout de même !

— Jasper commence-t-elle, prenant le rôle de la médiatrice ce que Bella essaye de t'expliquer, c'est qu'elle a peut-être trouver le moyen de nous donner quelques jours de répit, voir même quelques semaines, si nous obtenons de l'assemblée qu'ils nous fassent adjoindre certains membres de leurs meutes ou gardes.

— Je ne vois pas le rapport grogne-t-il.

— Moi si soupire Rosalie. Tu ne crois pas qu'avec des loups de la tribu Quileute, nous aurons plus de chance face à des nouveaux nés, plutôt que des personnes comme moi, qui n'ont jamais vraiment combattu, ou bien comme Angie, qui aura un mal fou à toucher un vampire au corps à corps ?

Son expertise me lasse songeuse quelques secondes. Je n'avais pas pensé, de prime abord, devoir me jeter dans la mêlée, mais, maintenant qu'elle en parle, je me rends bien compte que je ne saurais pas rester sur le bord, en attendant que mon amie parte au combat, sans chercher un moyen de la protéger.

— Soit concède-t-il, de mauvaise grâce.

— Et toi Bella reprend charlotte tu ne peux pas dire que Jasper ne fait rien pour nous préparer aux combats qui nous attendent. Sans son expertise, et sans sa connaissance des techniques de recrutement et de formation des armées de Maria, nous nous retrouverions comme des cons, face à, peut-être, un millier de vampires nouveaux nés.

Encore une fois, cette simple perspective me fait frémir d'horreur. Cette femme serait-elle assez folle pour transformer un millier d'humains en vampires, juste pour pouvoir éradiquer le dieu de la guerre et sa sainte trinité ? A les entendre, oui. Et c'est bien ce qui m'inquiète.

Si cette femme était juste folle, je pense que je pourrais comprendre. Mais, de ce que j'en ai compris, en plus d'être une sociopathe avide de pouvoir et de territoire, elle n'a aucun problème à s'en prendre à des adolescents à peine sortis de l'enfance.

Quel être normalement constitué chercherait à faire d'un gosse de douze ans un vampire, alors qu'il est à peine sorti des jupons de sa mère, et ne sait sûrement pas comment faire pour combattre les trois jours, sept maximums, que durent la transformation ?

— Je voulais juste que nous ayons un coup d'avance sur Maria souffle Bella, retenant, visiblement, ses larmes. Je comprends bien que je joue gros, et je comprends bien, aussi, que si nous ne parvenons pas à la battre, nous sommes tous mort, et sûrement la race humaine en tant que telle, l'est aussi. Mais je ne peux pas rester là, les bras ballants, à attendre qu'elle vienne et te prenne à moi.

La lueur enflammée, qui se réveille dans ses yeux chocolatés parait adoucir totalement Jasper puis, à peine quelques secondes à affronter son regard, il finit par s'avouer vaincu, la rejoignant à une vitesse surnaturelle, la prenant dans ses bras. Définitivement, je ne m'habituerais jamais à leurs capacités.

— Je sais très bien que tu ne cherches pas à remettre en cause, ni mon autorité, ni mes aptitudes darling soupire-t-il. Ce que j'essaye de te dire, c'est que ce bébé va avoir besoin d'une mère qui parvienne à le mettre au monde, et une mère humaine ne supportera pas cela. En revanche, je suis sûre que, si tu demandais à Rose de le faire, elle serait tout à fait d'accord.

— Toujours aussi charmant mon frère grince-t-elle. Donc, si je comprends bien, tu te fiche totalement de m'envoyer à l'abattoir, du moment que tu puisses garder ta femme pour toi. Tu es sûre que la cupidité d'Alice n'a pas trop déteint sur toi ?

Vu la manière qu'a eu Bella de se tendre, je peux affirmer, sans le moindre doute, que d'amener Alice dans la conversation n'a pas été la plus grande des idées de Rose. Cependant, à voir le sourire malicieux qu'arbore Jasper, il a une idée en tête, et le connaissant assez maintenant, je suis presque certaine qu'elle va lui offrir ce qu'il a demandé, sur un plateau d'argent.

— Non, je peux t'assurer qu'elle n'a pas déteint sur moi. En revanche, ce que je sais, c'est que, si, grâce à cette demande que tu ferais à l'assemblée, nous gagnions la guerre contre Maria, tu pourrais demander à retrouver ton humanité. Et avoir un bébé, puisque c'est l'assemblée, qui contrôle les accouplements ou les grossesses inter espèce.

Oh, il est fort, il est même très fort ! Je ne suis, visiblement, pas la seule à trouver que son argumentation est assez retorse, et qu'il n'a fait que jouer sur la corde sensible, pour que sa sœur accepte de faire ce qu'il veuille mais je ne peux lui enlever son talent.

— Je le ferais soupire-t-elle.

— A la bonne heure ! s'écrie Peter. Et maintenant que ce point est réglé, pouvons-nous passer à l'ordre du jour, à savoir, qui allons-nous choisir, comme représentants ?

Une cacophonie sans nom suit ses mots, et, petit à petit, chacun de nous part s'asseoir à la table de la salle à manger, Bella fermement maintenue dans les bras de Jasper, celui-ci ayant une main sur son ventre légèrement enflé.

— Commençons par le plus simple offre Peter. Pour la sorcière, je pense que le plus simple est de proposer Angela, à moins que tu en connaisses d'autres, qui soit prêtes à nous porter main forte ?

— Je fréquente plusieurs coven, dont trois aux Etats-Unis, mais, je pense, en effet, que vous avez toutes vos chances, si c'est moi qui préside pour les sorcières.

— Il nous faut des certitudes Angela contre Charlotte. Si tu n'es pas sûre de toi, et de la décision que tu rendras, ce jour-là, je préfère que nous en parlions à une autre sorcière, ou à un autre sorcier.

Un fin sourire de contentement se peint sur mes lèvres en l'entendant. De tous les vampires qui vivent ici, Emmett et elle sont les plus prompts à faire confiance, et à ne pas chercher plus loin que ce qu'on leur dit. Or, cette fois ci, elle le fait et, que ce soit moi ou les trois autres, en sommes fiers.

— Je suis la dernière des descendantes de Didyme souris-je. En plus de cela, je suis amie avec Bella, alors, oui, mon vote ne changera pas. Je prendrais toujours son partit, envers et contre tous.

— Pour les originels, Bella me semble être toute désignée, en tant que mère de cette lignée continue Charlotte.

— De toute façon, elle n'ira pas contre son propre avis fait Emmett, levant les yeux au ciel. Ne nous reste plus que les trois catégories qui fâchent. Qui proposez-vous, en temps qu'humain ?

Un silence lourd et pesant s'installe dans la salle à manger, et je vois Bella relever les yeux du tee-shirt de Jasper, se concertant avec Peter durant quelques secondes, avant de soupirer profondément en lâchant un nom.

— Charlie.

Si Emmett, Rose, Charlotte et Peter semblent tout à fait d'accord avec cette proposition, commençant même à chercher comment le mettre au courant sans que sa vie ne soit mise en danger pour Jasper et moi, la pilule est bien moins facile à avaler.

— Il en est hors de question ! gronde-t-il, d'ailleurs, les faisant tous tressaillir.

— Major rétorque, prudemment, Peter c'est la seule solution qui soit envisageable.

— Je refuse qu'un nouveau Swan soit sacrifié pour notre peuple ! Que Bella soit prêt à le faire, passe encore, je suppose, mais je refuse que nous forcions Charlie à perdre la vie, uniquement parce que nous avons besoin de renforts ! C'est un humain, c'est le père de Bella, c'est le grand père de mon enfant, c'est le je ne sais pas quoi d'Angela, mais ils comptent l'un pour l'autre ! Alors je refuse ! Vous n'avez qu'à prendre Elena !

— Il n'en est pas question ! s'écrie Bella. Elle est à peine majeure, et tu voudrais déjà qu'elle meurt ? La folie de Maria t'a-t-elle atteinte trop profondément pour que tu réfléchisses avec autre chose que ton propre cul major ?

Ce ton mordant n'est pas à son goût, mais il parait garder sous bride, assez facilement d'ailleurs, le major nous évitant, heureusement, une nouvelle démonstration de force entre eux. Mes yeux innocents n'en supporteraient pas une de plus.

— Elena est au courant pour les vampires depuis des semaines déjà sourit-il, narquois. Grâce à Angela d'ailleurs.

— Moi ? sursauté-je. Pourquoi ?

— Parce que tu laisses traîner une cape brodée au blason des Volturis et qu'elle est plus futée qu'il n'y parait, sous ses couettes de pompom girl.

C'est Marcus qui va être heureux d'apprendre que j'ai, encore une fois, fait une bourde… Mais, après tout, grâce à cela, il n'y a plus vraiment de secrets, entre nous tous, dans cette maison, et je vais enfin pouvoir les forcer à travailler même quand elle ne dort pas, ce qui va prodigieusement nous aider.

— Cela ne change rien au fait que, tous ici, nous remettrions nos vies entre les mains de Charlie, plutôt qu'entre celles d'Elena, si le choix devait nous être donner reprend, doucement, Rosalie.

— Tu n'as pas confiance en elle ? attaque, dangereusement, Bella.

— Bien sûr que si soupire Rose. Mais Charlie nous a déjà prouvé qu'il se fichait bien de ce qu'étaient les gens, du moment que leurs actes prouvaient leur bonne foi. Regarde, alors que personne ne nous aurait pardonné quoi que ce soit, Charlie nous a accueilli, Jazz, Em et moi sous votre toit, en ne demandant rien d'autre que de ne pas nous sentir gênés.

— D'ailleurs Angela sourit, malicieux, Peter il est quoi pour toi Charlie ? Après tout, Jasper l'a défini comme ton « je ne sais pas quoi », et j'adore mettre des mots sur les choses.

— Et quel mot mets-tu sur toi, dans ce cas ? retorque Bella.

— Un dieu poupée, simplement un dieu répond-il, lui décrochant un sourire aveuglant.

— Le seul dieu que je connaisse, dans tous les domaines, c'est Jasper, mon grand.

Comment la petite fille timide de ces dernières années, que j'ai côtoyée à Forks, a-t-elle bien pu se transformer en la femme sûre d'elle, sur les genoux du père de son enfant ? Je n'en ai aucune idée, mais j'aime ce que je vois.

— C'est parce que tu n'es jamais passée entre mes draps chéris.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Bella est assise sur la chaise de Jasper, et celui-ci retient Peter par la gorge, contre le mur, enfonçant son emprunte dans le mur.

— Tu devrais faire très attention à ce que tu dis lieutenant susurre-t-il. Je ne verrais aucun mal à te décapiter et te faire brûler pour les mots que tu viens de prononcer.

— C'était un jeu major, un simple jeu se défend -il.

— Méfie-toi que le jeu ne tourne pas en ta défaveur Peter. Ce serait tellement dommage que Char se retrouve veuve après seulement cinquante ans de mariage.

Cela sonne-t-il aussi ironique aux oreilles des autres qu'il le fait aux miennes ? A mon humble avis, oui surtout si j'en crois l'air désabusé des trois autres filles.

— Jasper, dépose Peter au sol, il n'a rien fait de préjudiciable soupire Bella.

— Il t'a manqué de respect darling susurre le major, un fort accent du sud dans la voix. On ne manque pas de respect à ma compagne.

— Il n'est pas question de respect là, il est question de marquer ton territoire ! Et sache que je ne suis pas un putain de petit animal sans défense ! Je pourrais le faire cramer juste en pensant à toi, alors sois un gentil garçon, et viens me rejoindre, sinon je mets mes menaces à exécution, et je m'enfuie avec Rose à l'autre bout du pays, et c'est avec elle, que je vais crier toutes les nuits.

Définitivement, j'aurais préféré ne jamais entendre cette phrase. Cependant, une question persiste. Quand donc a- t-elle parlé de se mettre en couple avec Rosalie « la garce » Withlock-hall-McCarthy ?

— Tu vois lieutenant souris jasper, la voix sirupeuse ça c'est ma compagne. Elle a la douceur d'un ange, et le sadisme du diable.

— Je suppose que cela veut dire que je ne suis pas près de pouvoir avoir des nuits silencieuses ? soupire Peter.

— Aussi longtemps qu'elle vivra, je la ferai jouir, et tu pourras en profiter avec ta femme.

— Tu es un frère jasper.

Si je ne les avais pas testées contre mon gré, je n'aurais pas compris de quoi ils parlent mais, malheureusement, entre entendre, et ressentir les vagues de jouissance de ces deux-là, quand ils font l'amour, est presque aussi désagréable que de regarder Emmett et Rose au soleil, et sans lunettes.

— J'ai vraiment l'impression d'être un bout de viande soupire Bella.

— Vois le bon côté des choses la rassure Rose. Avant, tu avais tout d'une poche de sang ambulante. Maintenant, tu dois seulement faire face aux conséquences d'avoir un vampire ayant participé à plus d'orgies romaines qu'à de grosses batailles, dans ton lit.

— C'est censé me rassurer ? hausse-t-elle les sourcils.

— Non, mais ça me paraissant important que tu en sois consciente.

Cette conversation, comme toutes celles, sérieuses, que nous ayons essayées d'avoir, depuis que Marcus m'a amené à Salem ne mène à rien, mais, pourtant, quand Peter et Jasper retrouvent leur place autour de la table, l'ambiance bon enfant laisse place à une atmosphère lourde.

— Je suppose que, maintenant, nous sommes donc tous d'accord pour faire de Charlie le représentant des humains ? demande Charlotte, reprenant le fil de la conversation.

— Oui hochons-nous tous la tête.

— Très bien. Dans ce cas, ne reste plus que les deux dernières catégories.

Chacun se plonge dans ses pensées, cherchant activement, qui, dans nos connaissances, serait le plus prompt à abonder dans notre sens, jusqu'à ce que Bella pousse un lourd soupir.

— Je ne connais pas les métamorphes, si ce n'est Sam Uley, et j'ai de gros doutes quant au fait qu'il veuille bien nous aider.

— Je te le confirme grimace jasper. Il fera même tout ce qui est en son possible pour ne jamais s'accorder avec des vampires.

— Alors qui ? grogne Emmett. Jared, le second ? Cela me parait un mauvais choix, même s'il est bien moins taciturne que Sam ou Jacob, il n'aime pas les vampires, et les Cullen encore moins. Paul ? C'est un putain de combattant, presque autant que Leah, mais en aucun cas il ne sera de notre côté.

— Colin et Brady n'ont aucun poids, dans la meute, et je doute sincèrement qu'ils puissent se faire entendre, lorsque nous aurons pris la décision approuve, silencieusement, jasper.

— Ne reste plus qu'Embry ou Quil, dans ce cas soupire Rose.

Visiblement, aucun de ces choix ne leur plait, et, sincèrement, je suis bien de leur avis, malheureusement. Or, nous n'avons pas le temps de commencer à parlementer avec d'autres meutes.

— Il manque des membres fais-je, soudain prise d'une inspiration.

— Seth ne compte pas secoue vivement la tête le major. Même s'il aurait été de notre côté, je pense, il n'a pas l'étoffe pour s'opposer à Sam.

— Je ne te parle pas de Seth, mais plutôt de Billy souris-je.

— Billy black ? sursaute Bella.

— Lui-même !

— C'est une super idée Angela ! s'écrie Emmett. Il n'a pas autant de griefs contre les vampires que Sam, mais a plus de poids chez les Quileutes que n'importe qui, en étant le chef de la tribu.

— Et cela ne déroge pas aux principes de l'assemblée, puisque son père a fait partie de la dernière renchérit jasper.

Nous sommes interrompus dans notre débat par l'arrivée inopinée de Charlie et Elena, tous deux rentrant de leur après-midi chez Gemma, et, instantanément, un calme improbable s'abat sur notre petit groupe, uniquement brisé par le froncement de sourcils de Charlie, et l'air mal à l'aise de la jeune fille.

— Que se passe-t-il ? bougonne-t-il.

Assez ironiquement, ce n'est pas vers Bella, que tout le monde, Charlie et Elena compris, se tournent, mais plutôt vers Jasper, dont le visage de marbre ne se brise que lorsqu'il finit par lâcher un énorme soupir, fermant brièvement les yeux, et leur faisant signe de prendre place.

— Asseyez-vous, il faut que je vous parle.

Les trois heures qui suivent, Jasper leur explique l'histoire des vampires, leur création, les différences qu'il existe entre un Volturis et un Withlock par exemple, le fait que les Quileutes ne sois pas seulement des indiens, mais aussi des métamorphes, et le fait que, Bella et moi, soyons des sorcières.

A leur décharge, s'ils n'y croient pas, ils restent, tout de même, stoïques, faisant perdurer leur visage de marbre et leur regard concentré. Cependant, dans les yeux de Charlie, je vois s'allumer cette étincelle dure et cinglante, qui promettent, à chacun d'entre nous, des explications en bonne et due forme, quand la comédie sera terminée.

— Prouvez-le.

L'impératif que fait Charlie est froid, cassant même, et chacun d'entre nous se presse d'accéder à sa demande, nous retrouvant tous dans le jardin, pour que Jasper puisse faire une démonstration de son don d'empathie, Char, celui de la distorsion temporelle, Rose et Emmett, leur vitesse, et moi-même un léger sort.

— Et toi Bella ? demande, doucement, Elena.

Avec un faible soupire, elle commence à jouer avec l'eau, la faisant s'élever de la piscine, puis fait une démonstration en faisant, légèrement, voler Elena, avant de s'enflammer, purement et simplement, sous le regard ébahi de son amie, et tranchant de son père.

— Très bien claque, d'ailleurs, sa voix. Dans ce cas, puisque vous semblez m'avoir choisi pour représenter les humains, je vais donner mon avis sur les Quileutes. Je veux Billy.

— Pourquoi ne pas prendre Jacob ? demande, doucement, Bella à son père, baissant les yeux, sous son regard sombre, si similaire au sien.

— Parce que Jacob est un petit idiot trop impulsif, et que, même s'il est ami avec Angela et toi depuis des années, il n'en reste pas moins qu'il est un adolescent dirigé par ses hormones, qui en veut énormément aux Cullen.

— Pourquoi leur en veut-il ? Après tout, il n'est un loup que depuis quelques mois démens-je.

— Parce que Bella s'est amourachée d'Edward, puis de Jasper.

— Je n'en vois pas le rapport contré-je.

— Jacob est amoureux de Bella depuis des années.

Et voilà pourquoi les petites villes comme Forks ne devraient pas exister. En plus de forcer les gens à ne jamais rien garder pour soit, grâce aux « petites confidences entre voisins » elles forcent aussi les gens à tomber amoureux entre eux, et peu importe si la population est inférieure à mille habitants.

— Dans ce cas, pourquoi vouloir que ce soit Billy ? soupire-t-elle. Je veux dire, d'accord, c'est ton ami, mais j'ai de sérieux doutes quant au fait qu'il soit d'accord avec ma proposition.

— Des années après la signature du traité entre les Cullen et la meute d'Ephraïm, lui et les autres membres de sa meute ont vieilli et se sont transformés, une dernière fois, en loup, avant de disparaître définitivement dans les bois, pour ne plus jamais revenir. Billy en a été le seul témoin. Voilà pourquoi il vous aidera, et voilà pourquoi c'est lui que je veux.

— Comment sais-tu cela Charlie ? demande Jasper, fronçant les sourcils.

— J'écoute, lorsqu'il y a les feux de camps, et même si, jusqu'à présent, je pensais qu'il s'agissait uniquement d'histoires pour enfants, pour leur faire peur, je sais maintenant que c'était la vérité.

— D'accord hoche Rosalie. Il ne faut pas oublier, non plus, que Billy respecte Angela et Bella, en plus du dieu de la guerre.

— On a des fans même dans le camp adverse chaton ? rit doucement Bella. Dois-je me faire du souci ?

— Que veux-tu darling, j'ai un charisme hors du commun !

A voir la tête de Charlie, ce n'est pas en continuant, sous ses yeux, leur flirt, qu'ils vont obtenir son aval pour quoi que ce soit, mais, si j'en juge par les mains de Bella qui se tordent dans tous les sens, il s'agit de sa manière de faire passer sa peur.

— Vous m'avez dit que vous aviez une idée, en ce qui concerne le vampire poursuit Charlie. Je suppose que vous voulez prendre Carlisle ?

Immédiatement, sentant le sujet plus tendu, Jasper vient rejoindre sa compagne, passant, d'autorité, ses bras autour de son corps, ses mains rejoignant les siennes sur son ventre, déclenchant la fureur de Charlie.

— Dites-moi que vous vous foutez de moi ?

— Papa, je peux tout t'expliquer ! s'écrie sa fille, se rentrant, d'autant plus, dans le corps de Jasper, serrant plus fort ses mains encore.

— Je te remercie Bella, je n'ai pas besoin qu'on m'explique les abeilles et les petites fleurs cingle-t-il, sa bouche se pinçant douloureusement, tandis que ses yeux semblent lacer des éclairs. Ah j'ai été bien bête de croire que tu étais une fille responsable, une fille avec assez d'estime de soi pour ne pas se jeter sur le frère de son ex, sur mon ami !

Les yeux de Bella se remplissent de larmes, tandis qu'elle baisse la tête et Jasper l'entoure plus fermement encore, les mâchoires serrées, se retenant, visiblement, de s'en prendre à son ami, qui, à cet instant, plante son regard débordant de fureur dans le sien. Humain contre vampire. Père contre gendre. Père contre grand père.

Et autour ? Une clique de vampire qui ne sait où se mettre, et Elena et moi, nous tenant en retrait, n'attendant qu'un seul geste de Bella, pour aller la rejoindre, et l'emmener dans sa chambre.

— J'aurais dû me douter que tu n'étais qu'un petit con, comme cet abruti d'Edward gronde-t-il. Mais pourtant, lui au moins, n'a pas profité d'elle.

— Je n'ai pas profité d'elle Charlie se défend jasper, gardant un calme olympien. Je dirais même que, dans le cas présent, c'est Bella qui a tout initié.

— Tu n'as même pas assez d'honneur pour admettre que tu as profité de son innocence, que tu t'es servi d'elle, alors qu'elle est encore mineure !

— N'as-tu pas fait la même chose ? susurre-t-il, en réponse. N'as-tu pas été le premier homme à toucher Angela ? N'as-tu pas été le premier de nous deux à avoir « abuser » de l'innocence d'une fille ?

Si je pouvais y parvenir, je souhaiterais ardemment qu'un gouffre profond s'ouvre sous mes pieds, et m'engloutisse jusqu'aux entrailles de la terre, pour pouvoir éviter le regard incrédule que me lancent Emmett et Peter, même si, pour une fois, j'aurais préféré voir l'étincelle de malice briller dans leur regard.

— Angela était consentante, et je m'en suis voulu immédiatement se défend -il.

— Sympa soufflé-je.

— Bella l'était tout autant, mais moi, au moins, je ne la fais pas souffrir inutilement en la blessant à chaque parole, pour qu'elle arrête de me regarder de la façon qu'Angela te regarde.

Un silence de mort plane tout autour de nous, et je pourrais presque entendre la respiration erratique de Bella, si je n'essayai pas de me concentrer, uniquement, sur une méthode pour que mes joues cessent de rougir.

Jasper passe un bras sous ses jambes, et un autre dans son dos, la calant contre son torse, avant de se retourner, ne lâchant qu'une seule phrase, avant d'atteindre la baie vitrée, engageant le rythme pour que chacun de nous les suivent.

— Je choisis Marcus, comme représentant vampire. Il est un ancêtre des Swan, et notre ami, à Angela et moi, en plus d'être un bon combattant, et assez pacifiste avec les enfants de la lune.

C'est un bon choix, je dois bien l'avouer. Si j'avais dû choisir un vampire, je n'aurais sûrement pas choisi un Volturi, mais, dans le cas présent, en plus d'être une autorité, c'est aussi la personne qui sera la plus prompte à défendre le point de vue de Bella.

Emboitant le pas de Rose, je n'ai pas encore fait trois pas, que la main de Charlie se referme sur mon bras, me retenant en arrière, alors que tous les autres rentrent, m'adressant un sourire compatissant.

— Toi tu restes ici lâche-t-il froidement.

Ce n'est pas bon cela… Charlie n'est pas le genre d'homme à être froid, ni même mauvais, mais, aux vues de ce qu'il a appris aujourd'hui, je dois dire qu'il a, à mes yeux, plutôt bien encaissé le choc. Dommage que je sois celle qui subisse sa colère.

— Tu le savais, n'est-ce pas ? murmure-t-il, lorsque nous sommes seuls, ne me laissant pas le temps de me défendre. Évidemment que tu le savais. C'est pour cela que tu m'as dit de l'envoyer à Salem. Ce n'était pas pour qu'elle aille mieux, ce n'était pas pour qu'elle parvienne à supporter l'absence de Jasper ! Tu voulais seulement qu'elle réalise ta putain de prophétie !

Ce n'est vraiment, vraiment pas bon, s'il se met, en plus, à jurer.

— Finalement, vous êtes toutes pareilles murmure-t-il, méchamment. Vous êtes toutes vicieuses, malhonnêtes, mauvaises et manipulatrices. Et nous, nous nous laissons, à chaque fois, avoir par vos visages d'anges, parce que nous sommes trop cons pour voir quel type de personnes vous êtes.

La colère enfle comme un raz de marée, brûlant chaque parcelle de bonne volonté que je possède et quand mes yeux rencontrent le regard brûlant de haine de Charlie, un grand éclat de rire, mauvais, m'échappe.

— C'est bon ? Tu as fini ? cinglé-je, cynique.

— Oh non, je n'ai pas fini !

J'aurais dû me douter qu'une fois les vannes ouvertes, il aurait un mal fou à se contenir, mais le voir se retenir à grandes peines de venir me secouer m'inquiète plus encore que la veine palpitant sur sa tempe.

— Tu as passé des jours et des jours à me dire à quel point Renée avait été une horrible épouse, à quel point elle avait été lâche, à quel point elle était une horrible mère, pour nous avoir abandonnés, Bella et moi murmure-t-il douloureusement, avant de reprendre, bien plus fortement mais elle et toi, c'est le même combat ! Tout ce qui compte, et tout ce qui a toujours compté, c'est que nous fassions ce que vous attendiez de nous, sans vous préoccuper de l'après !

C'est à mon tour de maintenir à grande peine ma rage, en l'entendant. De quel droit ose-t-il me comparer à Renée ?

— Si j'étais toi Charlie, je modérerais mes paroles. Certes, je savais ce qu'il allait se passer, quand je t'ai dit d'envoyer Bella à Salem, et je t'ai menti en ce qui concernait ma nature et celle de chacune des personnes dans cette maison. Je suis désolée de te l'avoir caché. Mais ne t'avise plus jamais de me comparer avec Renée, parce que je te le ferais regretter amèrement.

— La vérité t-a-t-elle blessée petite princesse ? sourit-il, narquoisement. N'oublie jamais que, si je le voulais réellement, tes parents pourraient être au courant de ce qu'il s'est passé avant même la fin de la journée.

Et manquer de perdre son travail, tout ce pour quoi la bonne société bien puriste et rétrograde de Forks l'a engagé ? Je doute qu'il aille jusque-là, uniquement pour se venger, et c'est à cause de cela, que les vannes des larmes s'ouvrent, laissant en échapper quelques-unes sur mes joues.

— Mais bordel Charlie ! qu'est-ce que tu ne parviens pas à comprendre dans « je suis désolée de te l'avoir caché » ?

— Je pensais que tu étais son amie, que tu l'aimais assez pour vouloir son bonheur autant que moi, alors que, là, tu ne fais que l'envoyer à la mort ! C'est ma fille putain ! C'est ma petite fille que tu envoies à l'abattoir, pour une putain de prophétie vieille de 3000 ans !

Alors c'est bien pour cela, qu'il est prêt à tout perdre. Pour sa fille. Insidieusement, la partie sentimentale de moi, celle que je tente, par tous les moyens, de cacher en sa présence, se réveille, et ma voix éclate dans la nuit tombante.

— Je vais devoir mourir pour que ta fille survive Charlie ! Parce que c'est ce que les gardiennes font ! Parce que, sans cela, Bella ne pourra jamais voir son enfant grandir, elle ne pourra jamais le voir aller à l'école, se marier, ou même avoir sa propre descendance ! Je vais devoir mourir parce qu'elle le mérite bien plus que moi, de trouver le bonheur et la paix. Cela fait 3000 ans qu'elle attend de pouvoir vivre cette vie-là.

Sa colère, tout comme la mienne, retombe comme un soufflet, et son visage pâlit, tandis que ses bras viennent pendre autour de son corps, son regard ahuri se perdant dans mes yeux tristes et fatigués.

— Comment cela mourir ? souffle-t-il.

De manière totalement indépendante de ma volonté, je me sens rassurée, l'espace de quelques secondes, de voir que mon sort lui importe, tout de même un peu.

— C'est mon rôle, de trouver le meilleur moyen pour que, pendant le combat final, Bella puisse développer le maximum de son potentiel.

— Mais pourquoi cela impliquerait il forcement ta mort ?

— Parce que je me vois mal te tuer, ou tuer Jasper pour qu'elle soit envahie par l'instinct de détruire, l'envie de radier Maria de la surface de la terre.

Il se laisse tomber au sol, expirant tout le souffle de ses poumons, prenant sa tête entre ses mains, tentant, visiblement, de s'arracher les cheveux dans le processus.

— C'est inévitable ? soupire-t-il.

— Cela fait 3000 ans que les gardiennes se tuent à chercher une solution, et je ne fais pas de jeu de mot. C'est la seule que l'on ait trouvé, et qui soit viable pour Bella.

— Donc, ce jour-là, je vais vous perdre toutes les deux ?

Je ne cherche même pas à lui cacher les larmes qui coulent sur mes joues, quand je viens m'asseoir sur ses jambes repliées, passant mes bras autour de son cou, après avoir retiré ses mains de ses joues, mes lèvres effleurant les siennes.

— Ce sera plus simple que de s'endormir Charlie soufflé-je, gentiment.

— Je n'aurais jamais dû accepter que tu entres dans ma vie soupire-t-il.

Je me recule quelque peu, à peine quelques centimètres, plongeant mon regard dans le sien, m'y noyant, durant quelques secondes, avant de lui poser ma question.

— Pourquoi ?

— Parce que le jour où je vais, toi aussi, te perdre, je doute de pouvoir, encore une fois me relever.

S'il me fallait une seule et unique raison d'aimer encore plus cet homme, il vient de me la donner sur un plateau d'argent.

— Tu l'as fait quand Renée est partie, tu sauras le refaire, j'ai confiance en toi.

— J'avais Bella, à cette époque, pour me raccrocher à la vie.

— Et cette fois ci, tu auras son enfant, et le reste du clan, pour veiller sur toi, et te remettre sur les rails contré-je.

— Et jasper, vous y avez penser ? Vous croyez vraiment qu'il va s'en relever, si elle est l'amour de sa vie ?

J'aurais dû y réfléchir à deux fois, avant de me lancer dans cette conversation avec lui. Visiblement, que ce soit le père ou la fille, chacun des deux Swan aiment parler des sujets qui fâchent.

— Le cas de Jasper est un peu plus compliqué grimacé-je.

— Pourquoi ?

— Parce que, à partir du moment où elle mourra soupiré-je il n'aura de cesse que de traquer Maria pour la réduire à néant. Et lorsque ce sera fait, il se tuera.

— C'est du suicide ! Ce n'est pas le genre de Jasper.

Je le trouve beau, animé de cet espoir en l'être humain, et un doux sourire vient fleurir sur mon visage, en le voyant ainsi. Honnêtement, qui, plus que Charlie Swan, respecte à la lettre l'adage « protéger et servir » avec tant de force.

— Mais c'est dans la nature de toutes créatures surnaturelles, de vouloir venger son compagnon ou sa compagne, puis de se donner la mort. Ce n'est pas du suicide, c'est simplement le fait que, lorsqu'ils perdent leur âme sœur, ils perdent leur raison de vivre.

— Mais toi, tu es une créature surnaturelle, non ? fronce-t-il les sourcils.

— En effet souris-je, m'amusant de son fil de pensée.

— Donc, quand ton âme sœur mourra, tu vas, toi aussi, te mettre en chasse pour tuer cette personne ?

— Cela n'arrivera pas !

Il est intrigué, en entendant mon ton sur et ma voix inflexible, mais il finit, quand même, par se laisser légèrement convaincre, ne posant qu'une seule question.

— Pourquoi ?

— Parce que je ne laisserais jamais personne te tuer déclaré-je, comme une évidence.

Certes, j'aurais sûrement dû le dire différemment, y mettre peut-être plus de forme, et le faire sans qu'un clan de vampire n'espionne cette conversation. Mais le moment était tellement parfait, comment aurais-je pu passer à côté de cet instant parfait ?

Je suis Angela Webber, gardienne du Phoenix, dernière descendante de la lignée de Didyme, fille de pasteur, élève modèle, sorcière et totalement, irrémédiablement et irrévocablement amoureuse de Charlie Swan.


A vos claviers mesdames ! dites-moi tout ! qu'en avez-vous pensé ? cette explication sur le pourquoi de la stérilité de Bella vous a paru convaincante ? le système des enclaves est-il bien défini pour vous ? cette découverte par Charlie ? qu'en avez-vous pensé ? et cette dispute/réconciliation entre Angela et Charlie ?

Je vous dis à la semaine prochaine, même heure, même endroit pour la suite,

Bisous

Mya